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Full text of "Revue de l'instruction publique (supérieure et moyenne) en Belgique"

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Revue de 
l'Instruction 
Publique en 
Belgique 



I 




REVUE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

EN BELGIQUE. 



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REVUE 

DE 

INSTRUCTION PUBLIQUE 

(SUPÉRIEURE ET MOYENNE) 
EN BELGIQUE 

PUBLIÉE SOCS LA DIRECTION 

de MM. J. Gantrelle, L. Roersch, A. Wagener. 



TOME XXVII, 



GAND 

IMPRIMERIE EUG. VANDERHAEGHEN , RUE DES CHAMPS, 62 

1884 



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^4 

TABLE DES MATIÈRES %£j.&^ 

DU TOME XXYiy V ^l 



QUESTIONS I) ENSEIGNEMENT, LETTBES ET SCIENCES. 

Pages 

Étude littéraire sur la disposition des mots dans la phrase latine, 
par J. Gantrelle . . • • • . . . 1 

Note sur un point de l'enseignement de la physique élémentaire, 
^jpar H. Schoentjens • . . 14 

Note sur le Pseudo-Aristote, de Xenophane, Zenone, Gorgia, chap. 
3, par P. Hoffman 21 

Réponse de M. Struman à M. Paul Fredericq 25 

Origine Gallo-romaine de la dynastie Carlovingienne, par M. Thil- 
Lorrain 77 

Société pour le progrès des études philologiques et historiques 149, 361 

A propos d'une nouvelle édition de la mostellaria de Plaute, 
par P. Thomas 160 

I. La formule « patres conscripti » et l'époque de l'admission de 
la plèbe au Sénat romain , par P. Willems 221 

L'hexamètre et l'Alexandrin. Lecture faite à la Société pour le 
progrès des Études philologiques et historiques le 19 avril 1884, par 
M. Delbœuf. {Suite et fin) 245, 293 

Olla Patella, par Atro. Scheler. (Suite et fin) 259 

Catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de 
Bruxelles, par H. Omont 311, 374 

Note sur deux passages de Juvénal, par R. De Block .... 368 

L'inscription d'Adramytium, par P. Willems 384 

COMPTES RENDUS. 

Programmes de gymnases allemands, par M. De Ceuleneer (suite) 41 
III. G. Krakauer. Commodus und Pertinax. Breslau. 1883. 12 p. 
4°. (Wissenchaftliche Beilage zum Programm der Kôniglichen Ober- 
Realschule) , 41 



M543033 

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n. 



IV. D r Moritz Munier. Die Palaeographie als Wissenschaft und 
die In8chriften des Mainzer Muséums. Mainz. 1883. 29 p. et 1 pl. 4° 
(Progr. des Gr. Gymnasiums zu Mainz.) 43 

V. Joh. Kreutzer. De Herodiano rerum romanarum scriptore. 
Pars. I. Bounae. 1881. 38 p. 8°. — Joh. Kreutzer. Zu den Quellen 

der Gescbichte des Kaisers Septimius Severus. Bonn. 1882. 20 p. 8°. 48 
Geschichte der Griechischen Literatur bis auf Alexander den 

Grossen, von D r Karl Sittl. Erster Theil. Munich, Ackermann, 1884 

(anti-daté). 360 pp. in-8°, par P. Thomas 51 

Histoire de Belgique, par Jules Roland, régent à l'école moyenne 

de Namur, par P. J. Wouters 57 

Fred. Godefroy. Dictionnaire de l'ancienne langue française, par 

AUG. SCHELER 62 

Geschiedenis van Leuven, geschreven in de jaeren 1593 en 1594, 
door Willem Boonen. Thans voor de eerste maal uitgegeven op last 
van het stedelijk bestuur door Ed. Van Even, par Eugène Hubert. 96 

Les époques littéraires de l'Inde, études sur la poésie sanscrite, 
par Félix Nève, professeur émérite de l'Université de Louvain, etc., 
par L. R 106 

Université de Liège. — Travaux du cours pratique d'histoire na- 
tionale de Paul Fredericq , professeur ordinaire à la Faculté de phi- 
losophie et lettres. — Premier fascicule. Dissertations sur l'histoire 
des Pays-Bas au XVI e siècle, par P. J. Wouters 109 

Bloemlezing uit Nederlandsche dichters van Hooft tôt op onze 
dagen, bijeengebracht en van biographische en taalkundige aantee- 
keningen voorzien, door Pol. De Mont, leeraar van Nederl. taal aan 
't athenseum van Antwerpen, par J. Vercouillie 172 

Cours supérieur d'arithmétique, par P. L. Vandenbroeck , profes- 
seur de mathématiques , à l'usage des établissements d'instruction 
moyenne et des écoles normales. Deuxième édition, par E. Gelin . 184 

Biographies, par M. Thil-Lorrain, par J. Chot 193 

Méthode intuitive pour la représentation réelle des corps par 
Edmond De Taeye, par M. Thil-Lorrain 197 

Chrestomathies françaises à l'usage des jeunes gens de l'enseigne- 
ment moyen de l'un et de l'autre sexe par Van Hollebeke. Ouvrages 
adoptés par le conseil de perfectionnement, par T. L 199 

La Botanique à l'usage de la division supérieure de l'école primaire 
par Oscar Henrion, instituteur à Chênée, par T. L 201 

Die Stundenplaene fur Gymnasien, Realgymnasien und lateinlose 
Realschulen in den bedeutendsten Staaten Deutschlands, zusammen- 
gestellt von G. Uhlig, zweite vermehrte Auflage 202 

Annuaire pour l'an 1884, publié par le bureau des longitudes. Avec 
des Notices scientifiques, par P. Mansion 203 

Annuaire de l'Observatoire de Mont souris pour l'an 1884. Météoro- 
logie, Agriculture, par P. M 206 



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m. 



Annuaire de l'Observatoire royal de Bruxelles, 1884, 51® année, 



Manuel d'Arithmétique élémentaire, par J. Servais, professeur à 
l'athénée royal et à l'école normale d'institutrices de Bruxelles. 
Théorie et Applications. Cinquième édition, par P. Mansion . . . 208 

Bremikers logarithmisch-trigonometrische Tafeln mit fùnf Deci- 
mastellen. Vierte Stereotyp-Autiage besorgt von D r A. Callius, pro- 
fessor am Kônigstàdtischen Gymnasium in Berlin, par P. M. . . 212 

Rénovation de l'histoire des Francs, de Victor Gantier, par Thil- 
Lorrain , 268 

Cours de langue Flamande à l'usage des wallons, par D. Claes, 
professeur de langue flamande à l'athénée royal de Namur, par V. 0. 276 

Cosmographie stellaire par J.Liagre, lieutenant général en retraite, 
secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique, etc. Ouvrage 
couronné par l'Académie royale de Belgique (concours De Keyn) et 
adopté par le Conseil de perfectionnement de l'instruction moyenne 
comme livre de lecture et pour être donné en prix dans les athénées 
royaux et les écoles moyennes de l'État . . • • 278 

Cours d'histoire de Belgique, à l'usage de l'enseignement moyen 
du 1 er et du 2 d degré, par A. Lallemand et F. A. Mouzon, — par 
P. J. Wouters • 320 

Studien und Forschungen auf dem Gebiete der homerischen Ge- 
dichte und ihrer Literatur von D p H. K. Benicken, par P. T. . . 330 

Étude lexicographique et grammaticale de la latinité de Saint Jé- 
rôme, par Henri Goelzer, maître de conférences à la Faculté des 
lettres de Paris, Docteur ès lettres, par P. Thomas . . . . . . 331 

Manuel d'archéologie étrusque et romaine, par Jules Martha, 
ancien membre des écoles françaises d'Athènes et de Rome, maître 
de conférences à la Faculté des Lettres de Lyon . 335 

Elementi di Geometria ad uso dei licei per Aureliano Faifofer, 
professore nel Liceo Marco Foscarini. par P. Mansion 336 

Éléments de Géométrie, par A. M. Legendre, revus et mis en 
rapport avec les méthodes scientifiques modernes, par Girard, capi- 
taine en premier du Génie, professeur à l'école militaire, ancien 
professeur de mathématiques supérieures et de Mécanique. 

Mémoire sur la Géométrie, précédée d'une théorie générale des 
sciences déductives , par Girard, capitaine en premier du génie, pro- 
fesseur à l'école militaire de Bruxelles , par P. M 343 

Précis d'arithmétique théorique et pratique (texte flamand et texte 
français) par C. Bergmans, docteur en sciences physiques et mathé- 
matiques, professeur à l'athénée et à l'école normale des sciences de 
Gand, par P. M 343 

Platos ausgewàhlte Dialoge erklart von C. Schmelzer. Vierter 
Band : Apologie. Krito, par Hoffman 397 

Inscriptions grecques relatives aux travaux publics, par De 
Ceitleneeb 406 



par P. M 



206 




IV. 



ACTES OFFICIELS. 

Ministère de l'instruction publique. — Administration de l'en- 
seignement moyen. — Cours destinés à former des professeurs de 
langues modernes et des professeurs aptes à enseigner en flamand 
l'histoire et la géographie. — Admission d'élèves 68 

Administration de l'enseignement supérieur. — Concours de l'en- 
seignement supérieur pour 1884-1885 126 

Organisation d'un enseignement normal destiné spécialement à 
former des professeurs à même d'enseigner l'histoire et la géographie 
et les langues modernes dans les athénées et collèges de la partie 
flamande du pays 128 

Modifications à l'organisation de l'école normale des humanités 
de Liège , 132 

Modifications à l'arrêté royal organique de l'école normale des 
sciences à Gand 137 

Ordre de Léopold. — Promotions. — Nominations. . . . 279, 412 

Universités de l'État. — Personnel enseignant 279, 345 

Cours de latin dans les sections normales du dégré inférieur. — 
Programme et durée 280 

Suppression de la section spéciale pour la formation de professeurs 
de sciences commerciales à l'école normale des sciences de Gand. 344 

Nominations. — Démissions 345, 412 

VARIA. 

Fédération de l'enseignement moyen 121 

Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de 

Belgique. — Classe des lettres. — Programme de concours pour 1886. 346 

Note sur l'enseignement secondaire en France 348 

Périodiques 69, 141, 213, 282, 350, 414 

Notice nécrologique 359 



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REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

EN BELGIQUE. 

Tome 27. 1« Livraison. 



QUESTIONS D'ENSEIGNEMENT, 
LETTRES ET SCIENCES. 



ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 
DANS LA PHRASE LATINE. 



Un philologue éminent, M. Baguet, a plus d'une fois développé 
dans la classe des lettres de sages considérations sur l'enseigne- 
ment moyen, sur son but, sur ses méthodes. Le sujet est loin 
d'être épuisé et ne le sera pas de longtemps, surtout si des géné- 
ralités, dans lesquelles s'est complu le savant professeur de 
Louvain, on veut descendre aux détails et aux applications. 
Qu'il me soit permis de m'inspirer de l'exemple de M. Baguet, 
non pas pour revenir sur les mêmes questions, mais pour 
glaner, à côté de lui, dans ce vaste champ qu'il a exploré avec 
tant de zèle et de compétence. J'entends donc éviter les géné- 
ralités, et me renfermant dans une question spéciale et pra- 
tique, je veux faire aujourd'hui une étude littéraire sur la 
disposition des mots dans la phrase latine. 

Avant d'entamer ce sujet, il sera utile, je pense, de dire un 
mot sur la prévention qui règne encore dans quelques esprits 
contre la philologie. On rencontre, non sans quelque étonne- 
ment, des personnes qui ne font que fort peu de cas de l'in- 
terprétation philologique des auteurs anciens, et prisent uni- 
quement l'interprétation littéraire. La raison en est qu'elles 
ne possèdent pas une idée assez exacte de la philologie, et 
prennent même abusivement ce mot dans le sens de grammaire, 
au lieu de le prendre dans l'acception large de science de 
V antiquité*, comme le font les savants allemands et tous ceux 



1 Cela a été dit plus d'une fois dans la Revue de V Instruction publique, 
mais on n'en confond pas moins, assez souvent, la philologie avec la lin- 
guistique. 

TOME XXVII. 1 



'un mot mis à sa place (il) enseigna le pouvoir. 

BOILEAU. 




2 ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 



qui, en France, sont à la tête de la rénovation de l'enseigne- 
ment classique. L'interprétation philologique des auteurs se 
compose de plusieurs parties, comme nous le verrons tout à 
l'heure, et comprend nécessairement l'interprétation littéraire. 
Celle-ci n'est vraiment solide que si elle s'appuie sur les autres 
explications que fournit la science philologique et si elle en est, 
pour ainsi dire, le couronnement. Ce serait donc une erreur que 
d'en vouloir faire un exercice en quelque sorte exclusif, et de 
regarder avec dédain ce qu'on ne pourrait négliger sans com- 
promettre l'intelligence complète d'un chef-d'œuvre. On tombe- 
rait alors dans l'abus qui a été signalé, pour la France, par les 
hommes les plus compétents en fait d'enseignement. M. Gaston 
Boissier, entre autres, a blâmé avec infiniment de raison ce 
qu'il appelle « l'éternelle rhétorique, » et ce que M. Renan a 
réprouvé en disant que « sous prétexte de s'en tenir à des vérités 
générales de morale et de goût, on a enfermé les esprits dans 
le lieu commun ». 

Si la philologie ne doit pas être entendue dans le sens res- 
treint de grammaire, il n'en est pas moins vrai que la gram- 
maire est le point de départ de la science philologique et le 
fondement de toute bonne interprétation. Cette vérité, il serait 
ridicule de vouloir la démontrer, elle saute aux yeux. Du reste, 
les maîtres d'une autorité incontestable en sont pénétrés et 
l'ont proclamée hautement, de nos jours aussi bien que dans 
l'antiquité. M. Bréal fait dépendre de la grammaire tout en- 
seignement solide, et M. Renan se plaint de ce que renseigne- 
ment gramynatical est systématiquement abaissé*. Port-Royal, 
qui n'a pas été assez écouté, désirait qu'on apportât à cette 
étude un esprit plus philosophique*, et Rollin lui-même voulait 
qu'on fît des études grammaticales raisonnées et sérieuses 3 . 

Parmi les témoignages donnés en faveur de l'enseignement 
grammatical, la Revue de V Instruction publique a déjà cité celui 
d'un savant hors ligne, Joseph Scaliger, qui regrettait de ne pas 
être assez versé clans la grammaire et en reconnaissait ainsi la 



1 Questions contemporaines. 

2 V. Gaston Boissier, Revue des deux Mondes 1872, p. 692 et 698. 

3 C'est ce qui se fait, depuis une trentaine d'années, chez nous, mais 
ce qui est loin de se faire assez généralement, à en juger par les connais- 
sances de la plupart des élèves qui entrent à l'université. 




DANS LA PHRASE LATINE. 



3 



grande utilité pour ses études. Ajoutons ici que ses paroles, qui 
sont rapportées par réminent historien Niebuhr, ont donné lieu 
à celui-ci de s'écrier à son tour, non pas comme Scaliger : utinam 
essem bonus grammaticus, mais simplement utinam essem gram- 
maticus '.Disons encore que, parmi les anciens, Quintilien recom- 
mande au futur orateur l'étude de la grammaire, et s'élève contre 
ceux qui en font peu de cas : quo minas sunt ferendi, dit l'auteur 
de V Institution oratoire, qui hanc artem ut tenuem et jejunam 
cavillantur, quae nisi oratoris futuri fundamenta fideliter jecerit, 
quidquid super struxeris , cor met 2 : necessaria pueris, jucunda 
senibus... et quae... plies habeat operis quam ostentationis. 

Pour en revenir aux contemporains, qu'il nous soit permis de 
transcrire ici un passage de la préface de l'excellente édition de 
Virgile, publiée par M. E. Benoist, professeur de poésie latine 
à la Sorbonne : « Les faits grammaticaux ont été l'objet d'une 
attention particulière. Les tournures, les locutions... sont les 
moyens dont l'auteur s'est servi pour rendre sa pensée. Lorsque 
nous sommes entièrement instruits sur la valeur de ces maté- 
riaux, nous pénétrons plus profondément dans cette pensée. 
L'emploi... d'un subjonctif, d'un infinitif, la place donnée à une 
particule, la disposition des mots dans la phrase ne sont pas 
une chose indifférente. La science de tous ces détails permet de 
saisir les nuances les plus délicates de l'idée et du sentiment 3 ». 

Quand la forme, la signification et la dépendance des parties 
du discours sont bien connues, tout n'est pas dit. Il faut encore 
donner les explications qu'exigent les institutions, les mœurs, 
les coutumes, les lois, les faits historiques et géographiques, 



1 Kleine historische schriften II, 227. 

2 Orat. inst. I, 4. 

3 On comprend que ce n'est pas en deux ou trois ans, comme quelques 
personnes, peu au courant de l'enseignement, l'ont pensé en Belgique, 
qu'on peut faire de la grammaire cette étude approfondie qui nous donne 
l'intelligence véritable des textes et fait comprendre toutes les beautés du 
style. Il faut un certain développement d'esprit pour saisir les nuances 
les plus délicates de la pensée et du sentiment, et ce n'est pas avec de petits 
écoliers qu'on peut apporter, comme le désire Port-Royal, un esprit phi- 
losophique à l'étude des règles du langage. En Allemagne, on est tellement 
persuadé de cette vérité que, même dans les classes les plus élevées, on 
approfondit encore les parties difficiles de la syntaxe. 




4 



ÉTUDE LITTÉBAIBE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 



auxquels il est fait allusion dans un auteur. On fera en 
outre remarquer, au point de vue de la logique, la suite 
ou le manque de suite dans les raisonnements, la liaison 
intime des phrases et, par conséquent, l'enchaînement et le 
développement des idées. Enfin, il est indispensable d'appeler 
l'attention sur les beautés littéraires ou oratoires, non seulement 
de l'ensemble, mais encore des détails, et même, pour en revenir 
à la langue, de s'étendre sur la beauté des périodes et l'élégance 
ou l'énergie des tournures. Tout cet ensemble d'explications 
constitue ce que nous appelons interprétation 'philologique. 
Comme on le voit, celle-ci puise tour à tour, selon que les textes 
le demandent, dans l'histoire, dans la géographie, dans les 
antiquités, dans l'archéologie, dans l'épigraphie, dans la gram- 
maire, dans l'esthétique etc., tout ce qui est nécessaire pour 
comprendre à fond les auteurs 1 . 

Dans les pages qui suivent, nous voulons, dans l'intérêt des 
études littéraires, insister sur un seul côté de l'interprétation, 
en étudiant, dans un discours de Cicéron, l'arrangement des 
mots au point de vue oratoire. Notre choix est tombé sur la 
seconde Philippique. On l'a toujours regardée comme un chef- 
d'œuvre, et Juvénal est allé jusqu'à l'appeler divine*. Nous 
sommes persuadé que la perfection du style est pour beaucoup 
dans l'appréciation du poète. Lorsque Cicéron écrivit cette écra- 
sante réponse à une attaque du consul Antoine, il était dans sa 
63 e année, c'est-à-dire qu'il avait déjà composé tous les beaux 
ouvrages qui lui assurent la première place, comme styliste, 
parmi les prosateurs latins. Il me semble s'être surpassé dans cet 
ouvrage de la dernière année de sa vie, auquel je crois devoir 
appliquer spécialement ce que TeufFel * dit en général de ses 
discours : « c'est dans la forme que réside sa force » . Le mélange 
heureux du style coupé et du style périodique, des tournures les 
plus simples, les plus élégantes et les plus énergiques, ainsi que 
l'art infini déployé dans la construction des phrases, afin de 



1 Nous excluons de Renseignement moyen la critique des textes. Il est 
inutile d'ajouter que, sous d'autres rapports encore, notre esquisse de l'en- 
seignement philologique reste incomplète. 

* Sat. X, 125 : conspicuse, divina Philippiea, famne, 
Volveris a prima quae proxima. 

3 Histoire de la litt. rom., § 178. 




DANS LA PHRASE LATINE. 



5 



mettre en lumière l'idée qui doit surtout frapper les esprits, 
assignent à la seconde Philippique une place à part parmi tous 
les admirables discours du grand orateur. 

En étudiant la phrase cicéronienne au point de vue oratoire, 
nous trouverons à apprécier bien des beautés littéraires d'après 
des règles tirées du génie même de la langue et non pas d'après 
une impression fugitive, qui peut être aussi variée que les dis- 
positions individuelles des lecteurs. 

On sait que, dans la construction ordinaire de la phrase latine, 
le sujet se met au commencement, le verbe à la fin et entre les 
deux tous les mots complétifs. Combien de fois cet arrangement 
des mots n'est-il pas abandonné selon l'idée ou le sentiment 
qu'il s'agit de faire ressortir! Ainsi le sujet suit tous les autres 
mots quand on veut y appuyer d'une manière particulière, 
comme dans la phrase suivante : Necessario tibi vnhius inflictum 
est quod paucis ante te, quorum incolumis fuit nemo (ch. 21 
§ 52). Nemo, placé à la tin, est mis en relief et a l'accent 
Dans le passage suivant, l'orateur cherche à accumuler les 
haines sur la tête de son ennemi, en énumérant ses méfaits, 
et trois fois le même sujet est placé à la fin pour frapper 
fortement l'esprit : Doletis très exercitus populi Romani inter- 
fectos : interfecit Antonius. Desideratis clarissimos viros : eos 
quoque eripuit A ntonius. A uctoritas hujus ordinis afflicta est : 
afflixit Antonius (ch. 22 § 55). Il arrive que de cette manière 
se trouve exprimé un sentiment de mépris, que nous pouvons 
rendre en français par l'article indéfini : Non video nec in vita 
...necin rébus gestis quid despieere possit Antonius, (ch. 1 
§ 2), je ne vois ni dans ma vie privée, ni dans mes actions ce que 
pourrait mépriser un Antoine. 

Le verbe, au lieu de finir la phrase, est souvent placé en tête, 
pour mieux faire remarquer le fait exprimé. Les exemples sont 
nombreux, nous en citerons seulement quelques-uns : Sciebat 



1 Cp. encore : admissus est nemo (ch. 41 § 105). At etiam litteras, quas 
me sibi misisse diceret, recitavit homo et humanitatis evpers et vitae 
communis ignarus (ch. 4 § 1). Cum inter subsellia nostra versentur armati 
(ch. 8 § 19). Nisi accessit disciplina (ch. 7 § 17). Ut non tanta mecum quanta 
tibi tecum esset contentio (ch. 8 § 18). Qui id auderet quod omnium fugisset 
et reformidasset audacia (ch. 26 § 64). Improbum fecit audacia (ch. 36 § 90). 




6 ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 



homo sapiens jus semper hoc fuisse... (eh. 37 § 9'»), il savait, cet 
homme éclairé, qu'où est toujours fondé en droit... Sustulit illum 
diem fortuna reipublicae (ch. 35 § cSS). Intervenit enim, oui 
metuisti, credo, ne salvo capite negare non posses (ch. 38 § 'M>). 
Eripiet et extorquebit tibi ista populus Romanus (ch. 44 $ 113). 
Débet enim ... excitare animos non cognitio solum rerum, scd 
etiam recordatio (ch. 19 § 47). S'debat in rostris collega tims, 
amictus toga purpurea (ch. 43 § 95). C'est dans les tableaux 
surtout que le verbe occupe la première place, pour faire 
connaître l'action qui doit d'abord être mise sous les yeux. Il 
sera amplement question plus loin du tableau achevé d'un 
voyage scandaleux d'Antoine dans les municipes de l'Italie; 
nous ne voulons en citer ici que les deux phrases suivantes : 
Vehebatur in essedo tribunus plebis .... sequebatur raeda cnm 
lenonibus (ch. 24 § 58). 

Le génie de la langue française s'oppose à cette construction et 
on ne la trouve qu'avec certains verbes. Qui ne se rappelle cette 
belle phrase de Bossuet dans son oraison funèbre du prince de 
Coudé : « Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espa- 
gne, dont les gros bataillons serrés, semblables à autant de 
tours, mais à des tours qui sauraient réparer leurs brèches, 
demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en dé- 
route, et lançaient des feux de toutes parts ». Comme il arrive 
cependant qu'en français on a aussi besoin de mettre un 
fait en relief, on a imité la construction latine, en faisant 
précéder le verbe d'une détermination adverbiale ou d'un 
pronom qui annonce le véritable sujet qui vient après : Elle est 
morte, cette grande reine (Bossuet, or. fun. de Henriette-Marie 
de France). Il s'affaiblissait, ce grand prince, mais la mort 
cachait ses approches (Bossuet). Messieurs, Franklin, est mort... 
Il est retourné au sein de la divinité, le génie qui affranchit 
l'Amérique et versa sur l'Europe des torrents de lumière (Mira- 
beau). La phrase suivante de Fléchicr est classique : Déjà 
prenait iessor, pour se sauver vers les montagnes, cet aigle 
dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces. Prenait 
r essor est l'idée principale. « C'est celle, dit Condillac, qu'il 
faut peindre sur le devant du tableau. » 

Pour les mêmes raisons oratoires, on peut mettre le complé- 
ment en tête de la phrase : Quae flagitia domus illa diutius ferre 
non potuit (ch. 18 § 45). En traduisant « la famille ne put 




DANS LA PHRASE LATINE. 



7 



supporter longtemps ces turpitudes, » on a bien le sens, mais on 
fait mieux d'imiter la construction de la phrase latine, pour 
mettre en relief le complément : ces turpitudes, la famille ne 
put les supporter longtemps. On peut comparer La Bruyère : 
Cette justice qui nous est quelquefois refusée par nos contempo- 
rains, la postérité sait nous la rendre; et Massillon : Ce grand 
coup qui change le cœur vous ne l'avez pas encore senti. Le 
français imite donc cette construction, mais en rappelant le 
complément mis en tête par le moyen du pronom. Voici encore 
quelques exemples latins : Hominem omnium nequissimum .... in 
integrum restituit (ch. 23 § 5G), l'être le plus pervers, il l'a 
rétabli dans tous ses droits. Judicia non metuis (ch. 45 § 115), 
les jugements, tu ne les crains pas. Haec tu ... ausus es vituperare 
(ch. 5 § 11), voilà ce que tu as osé mépriser. Hune unum 
diem, hune, inquam, hodiernum diem, hoc punctum temporis quo 
loquor, défende si potes (ch. 44 § 112). Par cette construction, 
deux compléments dans deux phrases différentes peuvent s'op- 
poser fortement l'un à l'autre : Fratris filium praeterit te ... 
fecit heredem (ch. 16 § 41), le fils de son frère, il l'écarté, c'est 
toi qu'il fait son héritier. Me nemo nisi amicus fecit heredem 
te is quem tu vidisti nunquam (ch. 16 § 40). 

La place de l'adjectif ou du participe est également déterminée 
par l'effet que l'orateur veut produire, comme, par exemple, dans 
la phrase suivante : Rejecta mater amicam impuri filii tanquam 
nurum sequebatur (ch. 24 § 58). Le tribun de la plèbe Antoine 
visite les municipes de l'Italie, et dans son cortège se trouvent 
des licteurs d'abord, ensuite une comédienne, sa maîtresse, après 
elle de vils entremetteurs, et rejetée au dernier rang, sa mère, 
la vertueuse Julie. Ce rejecta mis en tête de la dernière 
phrase est du plus grand effet. Comparez encore les phrases 
suivantes : Tua Ma pulchra laudatio, tua miseratio, tua cohor- 
tatio... (ch. 36 § 91), c'est ton éloge magnifique, c'est ta commi- 
sération, ce sont tes exhortations... Nullum est istud, mihi 
crede, praesidium (ch. 44 § 112), elle est nulle, crois-moi , cette 
protection. Suam enini quisque domum tum obtinebat, nec erat 
usquam tua (ch. 19 § 48). Suam et tua ont l'accent et sont mis 
en évidence par la place qu'ils occupent. Dans le dernier 
exemple, nous voyons un adjectif possessif à la fin, opposé 
à un adjectif possessif au commencement. D'autres adjectifs, 
sans être en opposition, acquièrent une valeur particulière 




8 



ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 



à la fin de la phrase : Quid est aliud ... tollere amicorum 
colloquia absentium? (ch. 4 § 7). In quo habes scientiam quaes- 
tuosam (ch. 4 § 8). Quae enim res unquam ... in omnibus 
terris est gesta major (ch. 13 § 32). Difficilis est sane repre- 
hensio et lubrica (ch. 44 § 5')). Inferrique patriae bellum viderem 
nefarium (ch. 10 § 24). 

Il en est de l'adverbe comme de l'adjectif : il se trouve à la fin, 
pour faire ressortir l'idée qu'il exprime : Haee tu non propter 
audaeiam dicis tam impudenter (ch. 8 § 1.)). Vide quam tecum 
agam non inimice (ch. 14 § 34). Quem tu vidisti nunquam (ch. 1(> 
§ 40). Tu istis faucibus, istis lateribus, ista gladiatoria tôt lus 
corporis firmitate, tantum vint in Hippiae nuptiis eochauseras, ut 
tibi necesse esset in populi Romani conspectu vomere postridie 
(ch. 25 § G3). Transposez ce dernier mot, dit Quintilien (9,4), il 
n'aura plus la même force. 

Il y a d autres parties de la phrase qui, par la place qu'elles 
occupent, appellent particulièrement l'attention, comme par 
exemple les deux ablatifs absolus suivants : Frequentissimo 
senatu kalendis Januariis, sedente patruo, hanc tibi esse cum 
Dolabella causam odii dicere ausus es, quod ab eo sorori et uxori 
tuae stuprum esse oblatum eomperisses (ch. 38 § 1)9). Ce qui rendit 
la conduite d'Antoine particulièrement odieuse, c'est que ce fut 
au sein même du sénat, réuni entrés grand nombre, et malgré la 
présence de son oncle, dont il avait épousé la iille Antonia, qu'il 
osa accuser d'infidélité la plus vertueuse des femmes (pudicis- 
simam feminam). 

En parlant de la construction, nous ne devons pas oublier 
quelques figures de syntaxe, qui consistent soit dans une dispo- 
sition plus artificielle des mots, soit dans leur répétition, soit 
dans le "retranchement de la conjonction copulative. Ces moyens 
d'augmenter la force du discours sont fréquemment employés 
dans la seconde Philippique. 

La figure qu'on appelle entre-croisement (chiasme chez les 
anciens) oppose, par la place qu'ils occupent, deux mots à deux 
autres mots. Ordinairement on met à côté l'un de l'autre ceux 
qui marquent le contraste le plus fort, les deux autres se placent, 
l'un au commencement, l'autre à la fin. En voici quelques 
exemples : Stulti erat sperare, suadere impudent is (ch. 10 § 49). 




DANS LA FHRASE LATINE. 



9 



Quelquefois on peut reproduire cette figure en français, comme 
ici : c'eût été folie de l'espérer, le conseiller eût été de l'impu- 
dence. On pourrait traduire avec plus d'élégance, mais au détri- 
ment de l'exactitude. Postea sum cultus a te, tu a me adjutus (ch. 
20 § 49), je fus recherché par toi, et toi, tu reçus mon appui. En 
disant avec un traducteur : « vous vous attachâtes à moi, et je 
vous appuyai », on ne conserverait pas la physionomie de la 
phrase latine. (Senatus) clarissimis civibus bene gestae reipublicae 
testimonium midtis, mihi uni conservatae dédit (ch. 1 § 2), le 
sénat a rendu le témoignage d'avoir bien gouverné la république 
à beaucoup de citoyens illustres, à moi seul celui de lavoir 
sauvée 1 . Voici un passage qui contient deux entre-croise- 
ments : Vehebatur in essedo tribunus plebis; lictores laureati 
antecedebant, inter quos aperta leetica mima portabatur, quam 
ex oppidis municipales homines honesti obviam necessario pro- 
deuntes .... consalutabant. Sequebatur raeda.cum lenonibus; 
rejecta mater amicam impuri filii tanquam nurum sequebatur 
< ch. 24 § 58). César, avant de marcher contre les lieutenants de 
Pompée en Espagne, avait confié le commandement des troupes 
en Italie au tribun de la plèbe Antoine, en lui conférant le titre 
de propréteur. Antoine parcourut les villes municipales et se fit 
détester par ses violences ou mépriser par ses abominables 
orgies. Le passage qui précède fait d'un de ses voyages un petit 
tableau d'une grande perfection, due en partie à la disposition 
des mots. Les deux premières phrases forment un entre-croise- 
ment, où la valeur des mots est rehaussée par la place qu'ils 
occupent. Vehebatur, mis en tête de la première phrase, fait 
ressortir l'action principale ; le sujet, qui vient à la fin, frappe 
d'autant plus l'attention qu'il est opposé à lictoribus, placé 
immédiatement après. Antoine n'est pas appelé propréteur, titre 
qu'il ne tient que de César, mais tribun de la plèbe et comme tel 
il ne peut avoir de licteurs. Ensuite vient dans le cortège la 



1 Cp. encore : Sit hoc inhumanitatis : stultitiam incredibilem videte 
'ch. 4 § 8). Tuus videlicet salutaris consulatus, perniciosus meus (ch. 7 
§ 15). Cum reipublicae perniciosa arma ipse cepcris, objicere alteri salutaria 

(ch. 8 § 19). Nisi quod interGessio neglecta, circumscriptus a sénat h 

esset AntoyUus (ch. 22 § 53). Sed haec omittamus : loquamur potins de 
nequissimo génère levitatis (ch. 25 § 63^. Consilium a primo reprehen- 
dendum, laudanda constaatia (ch. 30 § 76). 




10 



ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 



maîtresse d'Antoine, à laquelle les habitants des municipes 
sont forcés d'aller présenter leurs hommages. Elle est suivie 
de vils entremetteurs dans un char à quatre roues. Seque- 
batur raeda cum lenonibus forme avec la dernière phrase un 
entre-croisement, où les mots rejecta mater, placés à côté de 
lenonibus, forment le contraste le plus fort. On voit que la con- 
duite scandaleuse d'Antoine est dépeinte de la manière la 
plus concise et la plus énergique. 

L'entre-croisement ne manque pas chez les orateurs français, 
mais comme il n'est autre chose qu'une antithèse formée par 
la place que des mots opposés occupent dans la phrase, il ne 
peut pas se produire avec la même netteté et la même énergie 
dans une langue analytique et privée de la liberté d'inversion. 
Citons comme exemple la phrase suivante de Bourdaloue : C'est 
la loi de Dieu qui doit être la règle constante des temps, et non 
la variété des temps qui doit devenir la règle et la loi de Dieu. 

Les deux autres figures de syntaxe , auxquelles nous avons 
fait allusion, sont la répétition (l'anaphore) et la disjonction 
(l'asyndète.) La première consiste dans la répétition des mêmes 
mots au commencement de plusieurs propositions , ou de la 
même construction dans une seule phrase ou dans plusieurs. 
Cette figure sert à insister sur l'idée exprimée et à donner plus 
de force au discours. Les répétitions sont d'autant plus nom- 
breuses dans la seconde Philippique que ce discours est plus 
passionné. On sait qu'elles sont surtout d'une grande énergie 
dans l'interrogation. Nous n'en citerons que quelques-unes : 
An ego non venirem contra alienum... ? Non venirem contra 
gratiam... ? Non venirem contra injuriant? (ch. 2 § 3). Quis enim 
qui non viderit? quis qui nescierit...? quis qui non indoluerit? 
(ch. 25 § 61). Quid ego istius décréta, quid rapinas, quid 
hereditatum possessiones datas, quid ereptas proferam? (ch. 25 
§ 62). Quis enim eques romanus, quis praeter te adolescens nobi- 
lis , quis ullius ordinis qui... ( ch. 7 § 16). 

Voici un exemple de la répétition de la même construction 
dans plusieurs phrases : Rccordare igitur illum diem, quo 
dictaturam sustulisti ) pone ante ocidos laetitiam senatus populi- 
ste Romani, confer cum hac immani nundinatione tua tuorum- 
que : tum intelliges quantum inter lucrum et laud< m intersit 



(ch. 45 § 115). 

La répétition acquiert encore plus de force si elle se combine 




DANS LA FHRASE LATINE. 



11 



avec la gradation : Hoc litteris mandari, hoc memoriae prodi , 
hujus rei ne posteritatem quidem ... unquam immemorem fore 
(ch. 22 § 54). Tarn impius , tam démens , tam rf/s hominibusque 
hostis (ch. 26 § 64). ... non te exsecratum popxdo Romano, 
non detestabilem , non omnes tibi deos, non omnes homines esse 
inimicos et futuros scias ? (ch. 26 § 65). Qui mihi non ... gratias 
cgerit , qui mihi non vitam suam referret acceptam (ch. 5 $ 11). 
Dans ce genre de combinaison, nous ne savons rien de plus 
parfait que le passage suivant de Massillon où il est dit de 
l'avare: « son argent lui est plus précieux que sa santé, que sa 
vie, que son salut, que lui-même. Toutes ses actions, toutes 
ses vues, toutes ses affections ne se rapportent qu'à cet indigne 
objet ». 

On aura pu remarquer dans les passages cités que la disjonc- 
tion (asyndète), c'est-à-dire la suppression de la conjonction 
eopulative se combine naturellement avec la répétition. Voici 
encore quelques exemples de cette combinaison : Accusa sena- 
tum, accusa equestrem ordinem, ... accusa omnes ordines , omnes 
cives (ch. 8 § 19). Cn. Domitium non patris interitus non 
avuncidi mors, non spoliatio dignitatis ... excitavit ? (ch. 11 § 27). 
Quod bene cogitasti aliquando y laudo; quod non indicasti f grattas 
a go; quod non fecisti, ignosco (ch. 14 § 34). Quod proprie meiim 
est f laudasti; quod totum est senatus , reprehendisti (ch. 8 § 18). 
Praesertim cum tu reliquias reipublicae dissipavisses , cum 
domi tuae turpissimo mercatu omnia essent venalia, cum leges eas 
quae nunquam promidgatae essent et a te et de te latas confîterere, 
cum auspica augur, intercessionem consul sustulisses, cum esses 
foedissime stipatus armatis, cum omnes impuritates pudica in 
domo quotidie susciperes vino lustrisque confectus (ch. 3 § 6). 
Il y a dans ce dernier passage une énumération rapide. Dans 
les deux suivants il y a gradation : Italiae rursus percursatio..., 
in oppida mïlitum crudelis et misera deductio, in urbe auri, 
argent i maximeque vini foela direptio (ch. 25 § 62). Ab hora 
tertia bibebatur, ludebatur, vomebatur (ch. 41 § 104). L'asyndète 
sert aussi à marquer un contraste : Nam comprehensio sontium 
mea, animadversio senatus fuit (ch. 8 § 18). Non intelligit cum 
quem contra dicit laudari a se, eos apud quos dicit vituperari 
(ib.). Ciceron aime à mettre les expressions synonymiques par 
asyndète : Civile bellum, quod natum, conflatum, susceptum opéra 
tua est (ch. 29 § 71). Illam suas res sibi habcre jussit , ex duodecim 




12 ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR LA DISPOSITION DES MOTS 

tabulis claves ademit, eocegit (ch. 23 § (>9). 0 audaciam immanent ! 
tu etiam ingredi illam domum ausus es ? Tu illud sanctissimum 
limen intrare? Tu illarum aedium dis penatibus os impurissimum 
ostendere? (ch. 27, § 63). Quid egi nisi ex hujus ordinis consilio; 
auctoritate, sententia? (ch. 5 § 11). La répétition se combine 
avec rentre-croisement aussi bien qu'avec Fasyndète : urbem 
inflammare, cives trucidare, vostare Itcdiam, delere rem publicam 
(ch. 7 $ 17). La même phrase réunit aussi les trois figures : Nisi 
quod intercessio neglecta, jus tribunicium sublahim, circum- 
scriptus a senatu esset Antonius (ch. 22 § 53). Outre Fasyndète, 
il y a ici deux propositions anaphoriques suivies d'un chiasme, 
qui interrompt heureusement l'uniformité de la construction ; on 
peut remarquer en outre la gradation. Comparez encore la phrase 
suivante : Cum tu tamen nocte socia, hortante libidine, cogente 
mercede per tegulas demitterere (ch. 18 § 45). Outre l'asyndète, 
on remarquera ici la gradation dans les trois ablatifs absolus, 
dont les deux derniers sont anaphoriques et opposés au premier 
par Fentre-croisement. On voit quel art l'orateur sait déployer 
dans l'emploi varié des formes syntaxiques de la même phrase. 
Citons une dernière période, qui contient le tableau des orgies 
auxquelles se livrait Antoine dans la maison de campagne de 
Varron : 

At vero, te inquilino, — non enim domino — 

personabant omnia vocibus ebriorum, 

natabant pavimenta vino, 

madebant parietes, 

ingenui pueri cum meritoriis, 

scorta inter matres familias versabantur (ch. 41 § 105). 

Dans cette description rapide, la place des mots est choisie 
avec art pour produire l'impression la plus forte. P]n tête de la 
période se trouve l'ablatif absolu te inquilino, qui, par l'idée qu'il 
exprime, comme par la place qu'il occupe, doit particulièrement 
attirer l'attention : c'est maintenant Antoine le débauché qui ha- 
bite la maison de Varron l'érudit. Ensuite viennent trois verbes 
en tête de trois propositions anaphoriques, parce que ce sont les 
verbes qui présentent l'idée la plus importante, c'est-à-dire la 
peinture rapidement ébauchée d'une scène d'ivrognerie. Ensuite 
vient une construction entièrement différente : D'abord le sujet, 
ensuite le verbe. Ce chiasme oppose fortement les sujets-des deux 
dernières phrases aux sujets précédents, c'est-à dire les acteurs 




DANS LA PIIEASE LATINE. 



13 



dans cette abominable orgie (ingenui pueri cum meritoriis et 
scorta inter matres familias) aux objets inanimés qui figurent 
dans la première partie du tableau. — Voici une période de Jean- 
Jacques Rousseau, où Ton peut remarquer les mômes figures : 
Aristide avait été juste avant que Socrate eût dit ce que c'était 
que justice; Léonidas était mort pour son pays avant que Socrate 
eût fait un devoir d'aimer la patrie; Sparte était sobre avant 
que Socrate eût loué la sobriété; avant qu'il eût défini la vertu, 
la Grèce abondait en hommes vertueux. Je ne sais si nous avons 
ici une imitation inconsciente de la phraséologie latine ; ce qui 
est sûr, c'est que l'allure de la période française doit paraître 
monotone et lourde en comparaison de celle de Cicéron. 

Nous pouvons nous borner à ce petit nombre d'observations 
sur la construction de la phrase latine. Elles suffiront pour 
attirer l'attention sur des détails de style d une certaine impor- 
tance dans l'appréciation d'une œuvre littéraire qu'on veut faire 
goûter aux jeunes gens. Ces détails, on ne pourra les dédaigner 
sans renoncer à reconnaître d'une manière sûre ce qu'il y a 
d'élégant ou d'énergique dans la forme que revêt la pensée ou le 
sentiment de l'écrivain. A cette étude de style on peut appliquer 
ce que dit Quintilien de l'étude de la grammaire : Interiora velat 
sacri hujus adeuntibus apparebit multa rerum subtilitas, quae 
non modo acuere ingénia puerilia, sed exercere aUissimam 
quoque eruditionem ac scientiam possit (orat. inst., I, 4). Aigui- 
ser l'esprit des élèves, comme dit Quintilien, et exercer la science 
la plus profonde, n'est-ce pas le but des humanités? 



1 Cette étude a été publiée dans le bulletin n° 11 (1883) de l'Académie 
royale de Belgique. Si nous la reproduisons ici, c'est que nous croyons 
qu'elle pourrait intéresser les professeurs, dont la plupart ne reçoivent 
pas les bulletins de l'Académie. 



J. Gantrelle. 




14 



NOTE SUR UN POTNT DE L'ENSEIGNEMENT 



NOTE SUR UN POINT DE L'ENSEIGNEMENT DE LA 
PHYSIQUE ÉLÉMENTAIRE. 



La notion claire et précise de la force électro-motrice est in- 
dispensable dans l'étude de l'électricité appliquée, et Ton 
s'étonne de voir les traités classiques de physique élémentaire 
si peu explicites sur ce point, aujourd'hui que la science 
gagne si rapidement en intérêt et en importance. Il en résulte 
une confusion déplorable que nous voyons subsister, môme dans 
l'esprit de personnes qui s'occupent spécialement d'électricité. 
Nous tâcherons de donner une idée nette de la force électro- 
motrice, en évitant l'emploi de formules et en nous basant uni- 
quement sur les analogies que présentent avec les phénomènes 
électriques quelques faits déduits de la chaleur et de l'hydro- 
statique. 

Si deux corps conducteurs de la chaleur sont mis en contact, 
et que l'on observe les variations de leur volume, on remarque 
généralement que l'un d'eux s'échauffe et que l'autre se refroi- 
dit l . Le corps qui perd de sa chaleur est dit à une température 
plus élevée que l'autre; si, au contraire, les corps n'échangent 
pas leur chaleur, on dit qu'ils sont à la même température. Quoi- 
que la chaleur et la température dépendent l'une de l'autre, et 
qu'elles soient inséparables, elles sont cependant essentielle- 
ment distinctes. C'est ainsi que deux corps peuvent être à la 
même température et renfermer un nombre différent de calories; 
tel est le cas bien simple de deux vases renfermant, l'un un litre 
d'eau et l'autre deux litres d'eau, le liquide étant à 80° dans les 
deux vases. Voici le phénomène inverse : exposons à deux 
sources de chaleur identiques et pendant le même temps un 
kilogramme d'eau et un kilogramme de mercure tous deux 
primitivement à 0°, nous observerons qu'au moment où l'eau 
est à 10°,. le mercure est déjà à 300°. Les deux liquides ont 
absorbé le même nombre de calories, mais leur température 
est différente. 



1 Nous ferons abstraction du rayonnement pour ne pas compliquer les 



faits. 




DE LA PHYSIQUE ELEMENTAIKE. 



15 



Pour comparer entre elles les températures, on les rapporte 
à une température conventionnelle déterminée qui est la tem- 
pérature de la glace fondante et qu'on appelle zéro, c'est là un 
état calorifique invariable puisqu'aucune source de chaleur ou 
de froid ne peut échauffer ou refroidir la glace qui fond. Tout 
corps qui perd de la chaleur quand il est au contact de la glace 
fondante est à une température plus élevée que zéro ou positive ; 
tout corps qui en gagne est à une température moins élevée ou 
négative. 

L'instrument destiné à mesurer la température est, à un point 
de vue général, un corps de faibles dimensions, disposé de telle 
façon qu'on puisse facilement observer s'il reçoit ou s'il perd 
de la chaleur; tel est le thermomètre à mercure. 

Supposons qu'il s'agisse de trouver la température d'un corps, 
d'une masse d eau, par exemple : on plonge l'appareil dans le 
liquide, l'eau cède de la chaleur au thermomètre, ou réciproque- 
ment; et au bout de quelque temps, les deux corps sont à la 
même température. Comme les dimensions de l'instrument sont 
faibles, la quantité de chaleur perdue ou gagnée par le liquide 
est négligeable et l'appareil indiquera très approximativement, 
par la grandeur de la dilatation ou de la contraction du mer- 
cure, la température primitive de l'eau. Mais si une source de 
chaleur ou de froid compensait la perte ou le gain à mesure 
que le liquide les subit par son contact avec le thermomètre, 
celui-ci indiquerait d'une manière rigoureuse cette température 
maintenue constante. 

En résumé, le rôle du thermomètre est le suivant : le corps 
dont il prend la température lui communique d'autant plus de 
chaleur que cette température est plus élevée. Pour chaque 
quantité de chaleur absorbée, le mercure subit une dilatation 
correspondante que la graduation permet de mesurer ; de sorte 
que, en dernière analyse, on compare les températures des corps 
par les quantités de chaleur qu'ils communiquent au liquide du 
thermomètre. 

Admettons maintenant que deux corps conducteurs du calo- 
rique soient mis en contact ; un transport de chaleur va se pro- 
duire du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Ce 
qu'il importe de remarquer, c'est que ce courant calorifique a 
pour cause la différence des températures des deux corps, et 
non pas les quantités de chaleur qu'ils renferment. Un mètre 




10 



NOTE SUR UN POTNT DE L'ENSEIGNEMENT 



cube d'eau à 50° contient beaucoup plus de chaleur qu'un milli- 
mètre cube d'argent chauffé à 800° ; et cependant, si l'on met 
ces deux corps en contact, la chaleur passera du plus petit au 
plus volumineux. 

La différence des températures est la seule cause du courant 
de chaleur, cette cause est assimilable à une force ; elle n'a pas 
reçu de nom spécial, mais la désignation qui lui conviendrait le 
mieux serait celle de force calo ri-motrice. 

Des considérations analogues se retrouvent dans le domaine 
de l'hydrostatique. Deux vases renferment un liquide, de l'eau, 
par exemple, et communiquent par un tube. Si l'un des vases 
ne cède pas d'eau à l'autre, on en conclut que le liquide est au 
même niveau dans les vases. Si l'un d'eux perd de l'eau et que 
l'autre en gagne, on en déduit que le niveau du premier est plus 
élevé que le niveau du second. Il est évident que le niveau d'un 
liquide dans un réservoir de forme et de dimensions détermi- 
nées , 'dépend de la quantité de liquide qu'il contient, mais à 
peine est-il nécessaire de faire remarquer que le niveau et la 
quantité sont deux notions qu'on ne peut confondre : deux vases 
communiquants peuvent contenir des masses d'eau différentes 
et être au même niveau, et la réciproque peut être vraie. 

Pour mesurer la hauteur d'un niveau, on le rapporte à un 
niveau constant, celui de la mer à marée basse moyenne; c'est 
le zéro des niveaux. Tout niveau' est positif ou négatif selon 
qu'il est au-dessus ou au-dessous de zéro. 

Rien n'est plus facile que d'imaginer un instrument théorique 
destiné à mesurer les niveaux. ^Figurons-nous un tube mince en 
verre, placé verticalement, fermé à sa partie inférieure et gradué 
de telle façon que le zéro* de la graduation corresponde au ni- 
veau de la mer. Ce tube est mis en communication en un de ses 
points avec le réservoir au [moyen d'un tuyau d'un très faible 
calibre. Le liquide afflue dans le tube jusqu'à ce qu'il soit à 
la même hauteur que dans la vase. La hauteur de Peau, indiquée 
à ce moment par l'appareil, est [très approximativement le ni- 
veau primitif du réservoir, pourvu^toutefois que les-xlimensions 
de celui-ci soient considérables par rapport à (celles du tube. 
Si, au contraire, le liquide^qui sort du réservoir était remplacé 
à mesure qu'il pénètre dans l'instrument, le niveau resterait 
constant: et, dans ce cas particulier, le niveau de l'eau dans 
l'appareil serait rigoureusement celui du réservoir lui-même. 

Remarquons aussi que dans cette expérience, ; le réservoir 




DE LA PHYSIQUE ELEMENTAIRE. 



17 



cède au tube une quantité d'eau d autant plus grande que son 
niveau est plus élevé. De sorte que finalement, on peut comparer 
les niveaux des vases en mesurant les quantités d'eau que ces 
vases envoient dans le tube d'épreuve. 

Ajoutons que si deux vases communiquent, l'écoulement de 
l'eau de l'un vers l'autre dépend uniquement de la différence 
des niveaux, et n est dû en aucune façon aux volumes relatifs 
des liquides; de telle sorte que si un réservoir immense commu- 
nique avec un tube étroit rempli d'eau à un niveau plus élevé, 
c'est la faible quantité d'eau du tube qui s'écoulera dans le 
réservoir. Cette cause du mouvement de l'eau, cette force en 
d'autres termes, a reçu un nom spécial, on l'appelle pression 
hydrostatique . 

Dans l'étude de l'électricité, nous rencontrons un ordre d'idées 
analogues qui ne le cèdent en rien au point de vue de la sim- 
plicité. Pour le faire voir, nous n'aurons qu'à suivre fidèlement 
la marche des développements qui précèdent. 

D'où vient donc cette obscurité quand il s'agit du potentiel 
d'un conducteur et de sa charge électrique, alors qu'on dis- 
tingue si facilement la température d'un corps de la chaleur 
qu'il renferme; alors que la distinction entre le niveau et le 
volume de l'eau apparaît tellement claire à l'esprit que trop 
insister sur ce point semblerait fastidieux ? Il est facile de 
répondre à cette question. La chaleur, la température, le vo- 
lume liquide et sa hauteur agissent directement sur nos sens. 
Nos yeux nous apprennent que tel vase renferme plus d'eau que 
tel autre, que la surface horizontale d'un liquide est plus ou 
moins élevée. Le sens du toucher nous renseigne sur la tempé- 
rature, d'une façon grossière, il est vrai, mais suffisante dans 
beaucoup de circonstances. Quant à l'électricité, en écartant 
des cas tout à fait particuliers, elle n'agit pas directement sur 
nos sens ; pour constater sa présence, il faut faire des expérien- 
ces, et suppléer aux sensations par les indications d'instru- 
ments spéciaux. 

On met deux corps conducteurs électrisés en communication 
par un fil métallique, long et fin 4 . Généralement on observe en 



1 Le fil doit être long pour que l'un des corps n'agisse pas par influence 
sur l'autre, il doit être fin pour que la quantité d'électricité qu'il prend au 
système soit négligeable. 

TOME XXVII. 2 




18 



NOTE SUR UN POINT DE L'ENSEIGNEMENT 



mettant chacun d'eux en contact avec un électroscope que les 
propriétés électriques de l'un d'eux sont renforcées tandis que 
celles de l'autre sont diminuées. En d'autres termes, une partie 
de l'électricité de l'un des corps passe sur l'autre. On dit alors 
que le corps qui cède une partie de sa charge est à un potentiel 
plus élevé que celui qui la reçoit. Si les deux conducteurs ne 
donnent lieu à aucun échange d'électricité, ils sont dits au 
même potentiel. Or, si deux corps sont au même potentiel, il 
suffit de donner à l'un d'eux une charge plus grande pour qu'il 
en cède immédiatement une partie à l'autre. Une augmentation 
de charge produit par conséquent une augmentation de poten- 
tiel. Il existe donc entre le potentiel et la quantité d'électricité 
d'un corps une certaine relation. Cependant ces notions sont 
distinctes, comme nous allons le voir. 

Chargeons jusqu'à refus, au moyen du conducteur d'une 
machine électrique en activité, deux sphères conductrices de 
rayons différents. Chacune des sphères se mettra au même po- 
tentiel que ce conducteur, de telle sorte, que si on les réunit 
par un fil métallique, aucun transport d'électricité ne se pro- 
duit entre elles; elles sont au même potentiel. Cependant, la 
grande sphère aura pris à la machine une quantité d'électricité 
plus considérable. Le fait que des charges différentes peuvent 
être au même potentiel se trouve réalisé d'une manière plus 
frappante dans le cas suivant. 

On sait que les différents points des conducteurs électrisés 
autres que ceux de forme sphérique, possèdent des charges 
électriques différentes. C'est ainsi que sur un œuf il y a plus 
d'électricité par millimètre carré à la pointe qu'au gros 
bout; et cependant tous les points de cet œuf sont au même 
potentiel puisqu'il ne se produit entre eux aucun échange d'élec- 
tricité. 

Deux corps peuvent posséder des charges égales sans que les 
potentiels soient égaux. Représentons-nous encore deux boules 
métalliques de rayons inégaux, et deux machines dont les con- 
ducteurs sont à des potentiels différents. Mettons la petite boule 
en contact avec la machine puissante, et l'autre avec la plus 
faible. La petite sphère se mettra à un potentiel plus élevé que 
la grosse. Quant aux charges, la grande sphère reçoit par unité 
de surface moins d'électricité que la petite; supposons qu'elle 
n'en reçoive que le quart ; il suffira de doubler son rayon, ce qui 




DE LA PHYSIQUE ÉLÉMENTAIRE. 



19 



revient à quadrupler sa surface, pour qu'elle prenne à la machine 
faible une charge égale à celle de la petite boule. 

Pour terme de comparaison des potentiels, on a choisi le 
potentiel de la terre. Ce choix se justifie, car l'état électrique du 
globe ne pouvant être modifié par aucun des moyens dont nous 
disposons, est un état invariable. C'est le potentiel zéro. Le 
potentiel d'un corps est la différence entre le potentiel de ce 
corps et celui de la terre. Tout corps chargé d'électricité positive 
est à un potentiel plus élevé que la terre; le potentiel est plus 
bas que celui du sol, si la charge est négative. 

11 reste à déterminer l'instrument qui remplit, dans l'étude 
de l'électricité, le rôle que le thermomètre et le tube indicateur 
des niveaux jouent respectivement dans la théorie de la chaleur 
et de l'hydrostatique. 

Pour déterminer le potentiel d'un conducteur électrisé, met- 
tons ce corps en communication par un fil long et fin avec un 
autre corps de dimensions très petites, tel que la boule fixe de 
la balance de Coulomb. La petite sphère se met rapidement au 
même potentiel que le corps ; et comme elle ne lui prend qu'une 
quantité insignifiante d'électricité, son potentiel sera à très peu 
près celui auquel le conducteur était primitivement. Le poten- 
tiel de la petite sphère serait d'ailleurs rigoureusement le même, 
si celui du conducteur était maintenu constant. La charge que 
reçoit dans ces conditions la sphère est mesurée, comme on le 
sait, par la répulsion qu'elle exerce sur la boule mobile. 

Cela posé, l'expérience prouve que des conducteurs quelcon- 
ques, au même potentiel, chargés par une même machine, par 
exemple, cèdent à la boule d'épreuve des charges égales, quelles 
que soient les quantités d'électricité qu'elles renferment. C'est 
ainsi encore qu'en faisant communiquer la boule par un fil long 
et fin, avec les divers points d'un conducteur cylindrique élec- 
trisé, on observe que la charge reçue par la boule est indépen- 
dante du point touché par le fil, quoique tous ces points pos- 
sèdent des charges différentes. Il résulte de là que les 'potentiels 
des conducteurs peuvent être comparés entre eux par les quan- 
tités d'électricité que ces conducteurs communiquent à un autre 
relativement très petit. 

Un tel conducteur muni d'un dispositif qui permet d'en me- 
surer les charges est nommé électromètre. 

La différence de deux potentiels se trouvant ainsi définie 




20 NOTE SUR UN POINT DE L'ENS. DE LA PHYSIQUE ÉLÉMENT. 

expérimentalement, supposons que l'on réunisse par un fil long 
et fin deux conducteurs électrisés à des potentiels inégaux ; 
il se produira entre eux un transport d'électricité. Ce qu'il im- 
porte de remarquer dans ce phénomène, c'est que la cause du 
mouvement électrique est la différence des potentiels et non la 
différence des charges; de sorte que si l'un des conducteurs était 
très petit par rapport à l'autre, avec un potentiel plus élevé, 
c'est lui qui enverrait une partie de son électricité au plus 
gros, quelle que soit la charge de ce dernier. 

La différence des potentiels apparaît donc comme la cause 
productrice du transport électrique, c'est une force, on l'appelle 
force électro-motrice. 

En résumé, le potentiel est à la quantité d'électricité d'un 
conducteur, ce que la température d'un corps est à la quantité 
de chaleur qu'il renferme, ce que le niveau d'un liquide est à 
sa masse. 

L'électromètre est par rapport à l'électricité ce que le ther- 
momètre est par rapport aux phénomènes de la chaleur, ce 
que le tube des niveaux est dans l'hydrostatique. 

La différence des potentiels ou force électro-motrice entre deux 
corps chargés met l'électricité en mouvement entre ces deux 
corps, de la même manière que la différence de température 
produit le transport de la chaleur, comme la différence des 
niveaux produit le mouvement d'un liquide. 



H. Schoentjes. 




NOTE SUR LE PSEUDOARIST. DE XENOPHANE, ZENONE, GOEGIA. 21 



NOTE SUR LE PSEUDO ARISTOTE 

DE XENOPHANE, ZENONE, GORGIA, chap. 3. 

Dans l'exposé de la philosophie de Xénophane que renferme 
le traité de Xénophane, Zenone, Gorgia faussement attribué à 
Aristote et dont le titre plus exact serait : de Melisso, Xéno- 
phane, Gorgia, nous lisons Aristot. ed. Bekker, p. 977, a, 23 : 

si cTeariv 6 Seoç olttqlvtwî/ xpanorov, sva ^yjaiv aùrôv 7rooç>;xsiv cïvai. 

L'auteur démontre d'abord cette unité pour le cas où les 
différents dieux qu'il suppose, seraient inégaux entre eux. 
Puis il ajoute p. 977, a, 32 : îtmv $k ovtwv, où* àv ïyjw 5sôv 

yjmv iï-iv eîvai xpaTf.7Tov * tô itov o'jts (3é)Tiov o : jts ysïpov 

èlvat toO ïa-ov. Dans ce passage la proposition oùx àv s^stv 5sôv 
yj«rtv ^stv slvat /. ( oâTtTTov semble déjouer toute tentative d'inter- 
prétation et de traduction. L'opinion de Karsten (Phil. Graec. 
rell.) est que la proposition Ssôv ï/jiv yvaiv dépend de âiïv* En 
effet, identifiant dû» et npo^siv^ il explique : où/, àv Trpoçijxav 3e6v 

7rî^pv/.£vat yvTtv s/stv) xparsiv xpaTiorov elvat. $i pluves essent 

dit inter se aequales, consentaneum fore negat pênes deum esse 
summam potentiam. 

Mais outre que l'explication de oùx àv ^iv par où-/, àv npo;wiv 1 
nous paraît très hasardée, cette interprétation, comme le remar- 
que bien Mullach, Fragm. philos. Graec. I, 294, n. 32, est 
invraisemblable, parce que, si l'auteur avait voulu exprimer 
Tidée qu'on lui prête, il aurait sans doute placé les infinitifs 
d'une manière plus naturelle et plus conforme à l'usage de 
la langue : où* àv ^-îv 3sôv <pa-tv ï/nv. Mullach de son côté fait 
dépendre <hîv slvat /.pàTiarov de ïyjiv <pv<riv, et il traduit : si 
plures sint dii inter se aequales^ non eam naturam deum esse 
habiturum, ut necessario potentissimus sit. De cette façon il 
évite la susdite difficulté inhérente à l'explication de Karsten, 



1 L'infinitif Sth dans le discours indirect ne remplace pas ifai, ce qui 
rendrait av inexplicable, mais bien êkoi. Karsten aurait donc mieux traduit 
t-iwv oi ovrwv par si plures sint, etc., que par si plures essent, etc. 



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22 



NOTE SUR LE FSEUDOARISTOTE 



mais il conserve et aggrave même une autre difficulté, dont nous 
allons parler. On peut dire : 5sô; 7ré<pxc xpa-sb. Au lieu de neyj*z- 
vat, on trouve rarement dans ce sens ?v«nv s/stv avec l'infinitif, 
par exemple, Sext. Emp. Pyrrh. Hypot. II, 08 (p. 79, 10 ed. 



èvâpystav. Par conséquent il n'y a pas de raison grammaticale 
contre la justesse de cette proposition : Ssôç ?j<nv k'/si xpa-reiv. 
Mais cela ne prouve pas qu'on ait formé de même la proposition 
suivante : 3sôç ^j<tiv s/si xpanorov sîv«t. Au contraire, il est plus 
que probable que cette construction, dont je ne connais guère 
d'exemple que celui dont il s agit, a été évitée. Car du moment 
qu'on dédaignait une construction ordinaire psô; 7rÉ<pvxs xpariT- 
tov îlvat ou J£ô: pja xoîctittôv è<rTtv) et qu'on voulait se servir de 
<pû<jiv s/5tv avec l'adjectif x/>*7itto;, il était infiniment plus naturel 
de faire accorder l'adjectif avec <p<nv (s«6ç yv<nv s^si xpaTîor/jv). 
A plus forte raison se sera-t-on gardé d'employer la locution 
insupportable : 3*6; yû*iv s^?i <?sîv *Ivat xpansTov, pour exprimer 
simplement : Ssôv ^«î xg'/tittov slvat. 

Mais supposé même qu'on eût parlé de la sorte, notre auteur 
n'a pu dire ce que Mullach lui fait dire : s'il y a plusieurs dieux 
égaux, Dieu ne possède pas une nature telle qu'il sera nécessai- 
rement ce qu'il y a de plus puissant. Le mot necessario (àsïv) est 
parfaitement superflu et même absurde. Car si, pour le cas où il 
y a plusieurs dieux, Dieu n'est plus l'être nécessairement le plus 
puissant, l'on est tenté de demander : est-ce donc qu'il possé- 
dera cette suprême puissance seulement en réalité ou en possi- 
bilité? sera-t-il maintenant l'être non pas nécessairement, mais 
réellement ou possiblement le meilleur? Je ne connais pas l'ar- 
gumentation qui a conduit Beck (cité par Mullach) a rejeter 
$sïv. Je pense cependant que le résumé de son jugement « tan- 
guant inepte addition » doit se baser sur une considération 
analogue à celle que nous venons de faire. 

Voici donc le résultat de notre critique des essais d'émenda- 
tion mentionnés. Il est impossible de faire dépendre directement 
de la proposition où* av ïyjiv 3sôv yyviv cette autre : tfsïv eïvai 
xpâTtTTov, surtout à cause de la présence non-fondée de <?sîv 1 . 



1 Rayer tout simplement cet infinitif, comme l'a fait Beck, est un 
procédé plus ou moins arbitraire aussi longtemps qu'on n'expliquera pas 
d'une manière plausible comment un mot qui trouble le sens de toute la 
proposition s'est introduit dans le texte. 





DE XENOJPHANE, ZENONE, GORGIA. 



23 



Dès lors, il n'est pas probable que Sbôv soit le sujet de oO* «v 
ïyjiv <pv*7tv ; car cette phrase : « Dieu n'aurait plus une nature (ou 
la nature) », détachée de ce qui suit, n'a pas de sens. On ne 
peut pas non plus s'imaginer que y'jqiv soit le sujet. Donc il 
est clair que l'un des deux mots 3sôv ou <pv*iv est corrompu, et il 
faudra rechercher un autre sujet qu'on trouve aisément dans ce 
qui précède : Ssot. Par une légère modification changeons 3sôv 
en 5co0 : SeoO cpûTtv. Cette expression est bonne et naturelle. 
Notre auteur lui-même s'en est servi 977, b, 32 : -h toO 3?o0 <j>u*i;. 

Cf. 977, a, 27 : toûto yàp 3"sôv xaî Ssov $vv(/.puv stvat. 

Cette leçon a déjà été proposée par Ritter et Preller, Historia 
philos. Graec. Rom. ed. V a cur. Teichmueller, p. 56. Seulement ces 
savants ajoutent Iv« : oùx àv l/siv £va 3so0 <p<riv : « Si les dieux sont 
égaux, aucun d'eux ne possède la nature de Dieu. » Mais cette 
désignation distributive n'est pas nécessaire. Il suffira de dire : 
si ces dieux sont égaux, ils n'auront plus la nature divine, ils ne 
seront plus des dieux dans l'acception propre. Ibid. 977, a, 29 : 

7r^siov6iv oùv ovTMv (se. 3âwv) oOx. av stvat Sso-jç 1 . Et puis ne 

faudrait-il pas : ov<T av Iva s/stv 5s oO <pv<nv? Voir Krueger § 24, 



Quant au bout de phrase qui reste : fev slvat xpaTiarrov, 
voyons-en le sens. Ce sens est fixé d'une manière certaine 



mtov (cependant l'égal n'est ni meilleur ni pire que son égal). 
Cette proposition indique que la pensée qui précède immé- 
diatement ne peut être que celle-ci : Dieu est (doit être) ce 
qu'il y a de meilleur. Nous avons le raisonnement sophi- 
stique que voici : si ces dieux sont égaux, ils ne sont plus 
des dieux véritables, parce que Dieu est le meilleur des êtres,. 



1 On ne sera pas choqué, je pense, de ce que le sujet du génitif absolu 
est le même que celui de la proposition principale. Car cette construction 
n'est pas inusitée, surtout si le génitif précède. Plat. Lach. 183 E: payopivov 

yxp y.ùroû hkiyt-zo tvoxj «v tolç tos vsc&$ tavjhi aoli àvTilxfiiTO. Elle se trouve chez 
notre auteur, 977, a, 29 : ir).£tovwv ou-j ovtwv, et /*èv eliv vù jxiv àMv^wv xpdTTovz 
rà oè vjTTovs, om ocv scvat Sre$6$. J'explique, non pas : s'il y a plusieurs dieux 
inégaux entre eux, il n'y a pas de dieux, mais : alors ces dieux ne sont 
pas des dieux (dans l'acception propre). Voir 977, a, 28 : wot6 
zostTT&jv, /«Toè TûwvTov oj/. ihxi Ses'v, où le sujet est indubitablement î-azzto; 



2, 2. 





24 



NOTE SUR LE PSFATDO-ARTSTOTE 



tandis que l'égal n'est ni meilleur ni pire que son égal. Cela est 
incontestable. Se basant probablement sur la même conclusion, 
Ritter et Preller 1. c. écrivent : <?sîv yàp slvai xpiriTrov. Cette cor- 
rection si plausible est entachée d'une difficulté. Quel est le 
sujet? On répondra que c'est âztà ou Sî*v. Cependant le 
contexte porte à croire que ce sujet n'a pas changé et que c'est 
plutôt 5soî.Dans les deux cas, la répétition en est indispensable. 
En effet, posons le sujet £*oî : le raisonnement suivant frise le 
non-sens : si ces dieux sont égaux, (aucun d'eux) ils ne possèdent 
plus la nature divine ; car (chacun) ils doivent être ce qu'il y a 
de plus puissant. On se demandera naturellement : est-ce 
parce qu'ils ne possèdent plus la nature divine , qu'ils doivent 
être ce qu'il y a de plus puissant? Pour éviter toute équivoque, 
il faudrait s'exprimer tout au moins comme suit : car les dieux 
doivent être ce qu'il y a de plus puissant. Mieux vaudrait 
encore : car comme dieux [étant dieux) etc., ou : pour être dieux, 
ils devraient etc. Et encore préférerait-on la désignation 
expressément distributive chacun d'eux; ce qui me conduit à 
admettre que le sujet est £eov. Mais alors, si la clarté exige 
absolument que le sujet soit exprimé, on devra donner la 
préférence à la leçon qui introduira dans le texte l'addition la 
plus légère. Voilà pourquoi les conjectures 5s6> ou toOtov y*o 
<$£?.v ehat -/GaTiTTov me paraissent invraisemblables. Il y a un 
changement plus simple à faire : c'est de mettre un pronom 
relatif se rapportant à 3*dv, pronom qui rend superflu et même 
impossible yào d'après la règle connue, voir Koch, § 117, 2. 
De plus cette leçon trouve un appui dans les manuscrits de 
second ordre B a (Vaticanus 162), R a (Vaticanus 1302), V a (Ur- 
binas 108), qui donnent tous ?-j<7iao;, o? n'étant probablement 
que le reste corrompu de o*. 

Nous proposons donc d'écrire : ï*wv $ï gvt*>v, où*, àv ï/jw 5so0 
r^fftv ov â&lv £tvai zpaTta-Tov. « Les dieux étant égaux, ils n'ont 
pas la nature de Dieu; car il faut que celui-ci soit le meilleur 
(le plus parfait 4 ) des êtres. » 



1 Cf. 977, a, 27 : roûro y&p Siô'j rràvTa (sous tous les rapports) 

/^ârciTîv sty«i. Car c'est ainsi qu'il faut lire. 



P. Hoffmann. 




RÉPONSE DE M. STRUMAN A M. PAUL FREDERICQ. 25 



RÉPONSE DE M. STRUMAN A M. PAUL FREDERICQ 



Dans le numéro 5, tome XXVI de la Revue de ï Instruction 
publique y M. Paul Fredericq a rendu compte de notre ouvrage 
intitulé Cours abrégé d'histoire politique de la Belgique. 

Notre premier soin est de remercier ce savant professeur 
des éloges et surtout des critiques qu'il a bien voulu nous 
adresser. Nous lui sommes très reconnaissant d'avoir répondu 
à l'appel que nous faisons dans l' Avant-Propos. Nous ne deman- 
dons pas mieux que d'améliorer notre œuvre et de placer entre 
les mains de la jeunesse un livre qui soit aussi bon que possible. 
— Tant d'autres Manuels ont en vain fait appel à la critique! — 
De même que nous avons profité des critiques du rapporteur 
du prix De Keyn, de même nous empresserons-nous de profiter 
des critiques de M. Fredericq. 

Cependant qu'il nous permette de discuter quelques-unes de 
ses critiques, ne fût-ce que pour lui montrer que, si nous nous 
sommes trompé, ce n'est pas faute de recherches, mais en nous 
appuyant sur des autorités dont personne, jusqu'ici, n'avait mis 
en doute la haute compétence en matière historique. 

En premier lieu, M. Fredericq dit que « nous laissons croire 
que l'auteur a obtenu avec ce livre une mention honorable dans 
un concours de l'Académie. » 

Nous étions parfaitement en droit de placer sur la couverture 
de notre livre : mentionné honorablement par V Académie royale 
de Belgique. En effet, la Revue de Belgique (avril 1883) a signalé 
l'apparition de notre livre en rapportant les termes que nous 
avons nous-même employés : mentionné honorablement , etc. ; 
et M. Fredericq doit savoir qui a fait insérer cet articulet; 
nous le savons, nous, et pouvons le lui dire 2 . Autre argument. 



La Rédaction a communiqué cette réponse à M. Fredericq, 
qui nous la renvoie accompagnée de ses observations. 

2 J avoue humblement que j'ignore qui a fait insérer sur la 
couverture jaune de la Revue de Belgique (livraison du 15 avril 
1883) Tarticulet de six lignes auquel M. Struman fait allusion. 
Y aurait-il quelque chose là-dessous? M. Struman, qui fait le 
mystérieux, devrait nous le dire. 




26 



RÉPONSE DE M. STRUMAN 



Nous avions envoyé à l'Académie notre manuscrit anonyme, en 
priant Monsieur le rapporteur de ne bien vouloir ouvrir le 
billet cacheté contenant notre nom, que si nous obtenions une 
mention honorable. Or, c est avec Yagréation du jury que notre 
nom a été publié. — Enfin, un membre de ce jury nous a écrit 
que nous avions eu parfaitement raison de placer cette mention 
que tout le monde regardera comme honorable. Ce sont ses 
propres termes, et nous dirons à M. Fredericq, s'il le désire, le 
nom de cet honorable Académicien, homme généreux et bien- 
veillant 1 . 



* Il me semble que « le nom de cet honorable académicien, 
homme généreux et bienveillant, » n'a rien à voir dans ce débat. 
En français, quand on lit sur la couverture d'un livre : men- 
tionné honorablement 'par V Académie , cela signifie que ce livre 
a obtenu une mention honorable de l'Académie, et non pas que 
ce livre a été l'objet d'une mention flatteuse, mais, entourée de 
restrictions beaucoup moins flatteuses par le rapporteur d'un 
concours de l'Académie. Voici du reste, in extenso, le passage 
du rapport de M. Potvin qui a valu à la couverture du livre de 
M. Struman la mention que nous nous étions permis de criti- 
quer : « Un Cours d'histoire politique de la Belgique, manuscrit» 
œuvre considérable, d'un sens historique généralement droit mal- 
gré un esprit quelquefois autoritaire et une rédaction plus exacte 
que littéraire, avec une bonne division qui ne se soutient pas 
jusqu'à la fin, mériterait plus qu'une mention honorable. L'au- 
teur, M. Struman, dit qu'il a voulu être « aussi exact que pos- 
sible dans les moindres détails » et il signale, en des œuvres 
qu'il désigne, des erreurs qu'il compte : « Un petit manuel.... 
commet plus de 25 erreurs de fait; un autre manuel, très volu- 
mineux ... en contient plus de 50. » Le jury n'a pas fait l'addi- 
tion des siennes; il pourrait lui en signaler de graves, comme 
de prétendre que la découverte de la houille « a porté à la 
caste féodale un coup redoutable, » ou, dans la partie littéraire, 
d'oublier Van Espen, de ne citer Frôissart qu'en note, de 
méconnaître le XIV e siècle, etc. La plus grave est de manquer 
à la loi du concours auquel il s'adresse. A chaque circonstance, 
la Providence chrétienne sauve la société, tantôt par la mo- 
narchie des Franks, tantôt par le monachisme de Saint Co- 




A M. PAUL FREDERICQ. 



27 



Le rapport de l'Académie dit : livre qui mériterait plus qu'une 
mention honorable. — (Tant d'autres auteurs ont à peine été 
cités ). 

Est-ce que, par hasard, M. Fredericq comprendrait cette 
phrase autrement que tout le monde 4 ? 

Ne serait-il pas à propos d'expliquer ici à M. Fredericq un 
autre terme du rapport en question, à savoir : « la société 
sauvée par le monachisme de Saint-Columban? » Voici ce que 
nous disons dans notre manuscrit déposé et conservé dans les 
archives de l'Académie : « Les progrès du christianisme sem- 
blaient donc compromis lorsque la Providence suscita Saint 
Columban qui importa d'Irlande en Gaule l'institution du 
monachisme ». Dans notre livre, nous avons supprimé : « la 
Providence suscita. » Nous ne savons s'il y a abus à employer 
le mot Providence trois ou quatre fois dans un volume de 
316 pages 2 . 

M. Fredericq trouve que « les faits purement dynastiques et 
les batailles forment presque exclusivement la pâture des 
pauvres élèves de quatrième ». La critique de M. Fredericq 



lumban; et chaque fois, l'échec qui se renouvelle, arrache à 
l'auteur des transitions: «Qui le croirait? — Par malheur!» 
qui ne cadrent guère avec l'étude des causes humaines des 
événements. » (Rapport du jury sur la deuxième période du 
concours Joseph De Keyn, Bulletins de V Académie royale de 
Belgique, 3 e série, t. III, p. 664 et 665). 

1 En donnant ci-dessus la phrase tout entière j'ai mis le 
lecteur à même de se prononcer. Une citation complète est tou- 
jours plus concluante qu'une citation partielle. 

2 Pour ma part je n'y vois aucun abus. J'irai plus loin. Je ne 
puis m'empêcher de m'étonner que M. Struman, qui, malgré les 
critiques de M. Potvin, nous affirme avoir fait un usage aussi 
modéré de la Providence dans son manuscrit soumis à l'Académie 
et déposé actuellement dans ses archives, ait cru devoir 
supprimer impitoyablement toute mention de la Providence 
dans son ouvrage imprimé depuis. Cette pauvre Providence 
aurait bien mérité, elle aussi, d être mentionnée honorable- 
ment. 




28 



RÉPONSE DE M. STRUMAN 



vise ici, sans doute, le programme du gouvernement qui dit : 
en quatrième, on n'exposera que les faits 1 ? 

Dans une matière aussi grave que celle qui nous occupe, il 
semble qu'il serait bon de s'entourer de précautions et de ne 
pas avancer des affirmations qui ne sont rien moins que justi- 
fiables. C'est ce qu'oublie de faire M. Fredericq, quand il dit 
que nous avons emprunté en grande partie notre plan à 
M. Vercamer. Il est réellement étonnant que M. Fredericq, qui 
connaît si bien les ouvrages d'histoire de Belgique, n'ait pas 
vu que nous nous étions inspiré du programme des écoles 
normales primaires (placé à la fin de notre livre), de Y Histoire 
politique interne de Poullet, des Études sur Vhistoire de Belgique 
de Gilliodts, etc. 2 . 

M. Fredericq dit que nous n'observons pas scrupuleusement 
notre plan à propos de l'histoire de Namur et de l'histoire de 
Liège. Que nous excluions de l'histoire générale du XIII e siècle, 
l'histoire de Namur et celle de Liège au XIII e siècle, c'est là une 
affirmation qui ne se soutient pas. Qu'on consulte notre livre 
p. 91, puis 87 à 89. — Nous avons commencé l'histoire de 
Namur, au XIV* siècle, à partir de la maison de Dampierre et 
l'histoire de Liège avec Henri de Gueldre, parce que la nature 
des faits nous y obligeait. En ce qui concerne les beaux-arts, 
quand nous avons empiété, faiblement il est vrai, sur le XVI e 
siècle, nous avons visé à l'unité. D'ailleurs, la Patria Belgica 



4 II me semble que M. Struman ne saisit pas bien la différence 
qui existe entre ces deux façons de s'exprimer : « En quatrième, 
on n'exposera que les faits », comme dit le programme, — et : 
« Les faits purement dynastiques et les batailles forment presque 
exclusivement » les passages que M. Struman réserve dans son 
livre aux élèves de la quatrième, comme je l'ai fait observer. 

2 Ces deux derniers ouvrages ne peuvent avoir rien de commun 
avec le plan de M. Struman : le livre de M. Poullet ne traite que 
de l'histoire des institutions et celui de M. Gilliodts, paru en 
1853, ne va que du IV e au XV e siècle, exclusivement. Quant à 
savoir si M. Struman a emprunté en grande partie son plan 
à M. Vercamer ou au programme des écoles normales primaires, 
je pense que cela est assez indifférent, même « dans une matière 
aussi grave que celle qui nous occupe. » 




A M. PAUL FKEDERICQ. 



29 



traite l'histoire de l'architecture depuis 1280 jusqu'à 1550. 
Comme nous l'avons souvent fait remarquer, nous avons suivi 
ce plan. C'est pour une raison analogue que nous avons rejeté 
l'histoire de Liège au XVI e et au XVII e siècle après le traité de 
la Barrière. Il serait bien plus illogique, croyons-nous, de faire 
le contraire. Pourquoi interrompre l'histoire de la domination 
espagnole dont les diverses parties s'enchaînent si intimement, 
en intercalant l'histoire de Liège, laquelle aurait dû être de 
nouveau scindée en deux. Nous adressant à des élèves, il nous 
a semblé que trop de divisions jetteraient du trouble dans leur 
esprit. L'ordre chronologique absolu n'est pas toujours le bon. 
Nous nous autoriserons volontiers de l'exemple donné par Duruy 
et par Duperrex dans leur Histoire du moyen âge. De même 
pour Liège, au XVIII e siècle 
M. Fredericq nous renvoie aux Libertés de M. Wauters pour 



1 M. Struman répond ici aux critiques que j'avais adressées à 
son ouvrage quant à l'ordre des paragraphes. Je renvoie à ce 
que je disais dans mon compte-rendu {Revue, t. XXVI, p. 314). 
On y verra que dans le chapitre VII, intitulé Maison de Bour- 
gogne, M. Struman fait l'histoire de l'imprimerie au XVI e siècle 
et qu'il y place aussi l'histoire des beaux-arts au XIV e et au 
XVI e siècles, etc. etc. Certes l'ordre chronologique n'est pas 
toujours le bon ; il faut en tenir compte cependant. Prenons 
maintenant le point spécial que relève M. Struman. Il croit qu'il 
n'est pas bon d'interrompre l'histoire de la domination espagnole 
et qu'il faut la raconter d'un trait jusqu'au commencement du 
XVIII e siècle. Je crois au contraire que les guerres religieuses 
du XVI e siècle et la défaite finale du parti patriote et calviniste 
forment dans notre histoire nationale un Wendepunkt, qui 
s'impose. Les Pays-Bas catholiques et démembrés d'Albert et 
d'Isabelle n'ont plus rien de commun avec les Pays-Bas de 
Charles-Quint et de la Pacification de Gand. A Liège aussi la 
défaite de la Réforme a été marquée par une décadence moins 
éclatante, mais profonde. La fin du XVI e siècle s'impose ainsi 
comme une ligne de démarcation inévitable dans notre histoire, 
me paraît-il. M. Struman ne partage pas cet avis, c'est son 
droit ; mais il me permettra de ne pas tenir son argumentation 
pour victorieuse. 




30 



RÉPONSE DE M. STRUMAN 



nous prouver que Philippe d'Alsace ne fut pas favorable au 
mouvement communal. Nous ouvrons ce livre et nous y lisons 
les passages suivants : « L'un des principaux mérites de Philippe 
d'Alsace, c'est d'avoir multiplié les ports sur les côtes flamandes, 
qui en étaient presque entièrement dépourvues... Gravelines, 
Dunkerque, Nieuport, Damme (p. 553). — Philippe d'Alsace 
voulut certainement favoriser les villes. Il n'écrivit jamais aux 
magistrats d'Amiens qu'en employant les expressions les plus 
courtoises (p. 560). — Philippe d'Alsace donna à plusieurs de 
ses villes des statuts municipaux (p. 562). » Il y eut, il est vrai, 
dans le règne de Philippe tV Alsace un temps d'arrêt dans le 
développement des institutions communales. Mais, « pendant 
ses dernières années, Philippe d'Alsace redevint prodigue de 
concessions en faveur de ses communes (p. 579, etc., voir de la 
page 553 à la page 580). » — M. Fredericq parle quelque part 
d'hérésie historique. Il nous semble qu'ici l'hérésie n'est pas 
de notre côté *. 

Si la charte d'Albert de Cuyck n'est pas analysée exactement, 
nous avons eu tort de nous fier à l'éminent jurisconsulte et 
historien Raikem et au savant auteur, académicien, de la Préface 
à la première série des recueils des ordonnances de la principauté 



4 Dans mon compte-rendu je disais : « Philippe d'Alsace ne 
fut pas favorable au mouvement communal, comme M. Struman 
le répète après tant d'autres (p. 71). Je le renvoie aux travaux 
de M. Wauters. » Ne pouvant pas mettre immédiatement la 
main sur tous les passages des ouvrages de M. Wauters, je me 
suis adressé directement à ce savant éminent et il a bien voulu 
me répondre ce qui suit : « J'ai parlé des comtes de Flandre de 
» la famille d'Alsace et signalé leurs tendances réactionnaires 
» (on réagissait au XII e siècle comme au XIX e ) à deux reprises 
» différentes. Dans un travail spécial sur ïhierri d'Alsace 
» (inséré dans les Annales de la Société des beaux-arts de Gand, 
» t. IX), j'ai montré que ce prince, porté au trône comtal par 
» les communes, leur avait été peu favorable et souvent ouverte- 
» ment hostile. (Voir aussi mes Libertés communales, t. II, 
» p. 496, 498, 535, 545-548). J'ai signalé des dispositions 
» analogues chez Philippe d'Alsace, au moins à certaine époque 
» de son règne (Lib. comm., t. II, p. 564-572). » 




A M. PAUL FREDERICQ. 



31 



de Liège, qui ont traité tout particulièrement ce point histo- 
rique. Nous aurions dû nous en rapporter plutôt à Hénaux. Or, 
voici l'opinion d'un critique éminent sur l'œuvre de Hénaux : 
« œuvre où l'esprit de système et les idées modernes appliquées 
aux institutions du passé prêtent plus à la critique qu'ils 
n'altèrent la vérité. » {Histoire des Lettres, p. 61). — Au surplus, 
tous les historiens n'ont pas en Hénaux la même confiance 
que M. Fredericq; témoin Poullet, les Co>istitutions, p. 384 
à 389*. 

M. Fredericq nous reproche d'avoir mal orthographié certains 
noms propres. L'auteur de la Table chronologique écrit : Isaac 
Lange. L'auteur du Siècle des Artevelde, — encore un académi- 
cien, et non des moins marquants, — écrit Zannequin (pp. 155, 
157); il écrit aussi De Conink (p. 151). Dans la Patria Belgica, 
on trouve écrit van Volthem, van Ruysbroec, Memlïng, etc. 
Altmeyer écrit : La Brille, etc., etc. On le voit, si nous nous 
sommes trompé, c'est en bien bonne compagnie *. 

Oui, tout le monde sait que Rotterdam et Amsterdam héri- 
tèrent du commerce d'Anvers. Mais ce que beaucoup ignorent, 
c'est que Tournai et Lille se trouvèrent aussi dans ce cas. En 



1 Signalant des endroits où M. Struman me semblait avoir 
«péché par omission, » comme je m'exprimais, je disais : 
« L'importante charte liégeoise d'Albert van Cuyck (1198) n'est 
pas analysée exactement, p. 8S. (Voir Hénaux). » Il ne s'agit 
donc pas de la valeur de l'ouvrage de Hénaux, qui est très con- 
testée et très contestable, mais de l'analyse de cette charte, qui 
est insuffisante, inexacte même dans le livre de M. Struman et 
détaillée dans celui de Henaux. C'est pour cela que j'y renvoyais 
M. Struman. 

4 C'est effectivement en très bonne compagnie que M. Struman 
s'est trompé; mais se tromper n'est pas avoir raison. Van 
Volthem de la Patria Belgica est manifestement une faute 
d'impression. M. Altmeyer (qui heureusement pour moi n'a 
jamais été académicien, sans cela M. Struman n'aurait pas 
manqué de me le reprocher), M. Altmeyer écrivait La Brille. 
J'en suis bien fâché pour M. Altmeyer, l'orthographe vraie étant 
La Brielle. Et ainsi des autres noms propres en cause; mais je 
ne puis entrer dans ces discussions oiseuses. 




32 



RÉPONSE DE M. STKUMAN 



voici la preuve : nous lisons dans les Actes des États généraux 
de 1600, p. 647, recueillis par un savant que tout le monde 
connaît, — encore un académicien : « La ville d'Anvers, sur 
laquelle, en bon temps, Ton faysoit le principal fondament en 
matière de deniers, maintenant, par la cessation du trafficque, 
s'estant retiré à Lille, Tournay et aillieurs, se retrouve destituée 
de ses moyens, presque de deux tiers, comme nag uerres est 
apparu par la levée de l'imposition sur les cheminées, et ne 
fault douter le mesme sera, quand Ton y vouldroit faire des 
aultres. » — M. Fredericq a perdu de vue que nous écrivions 
Fhistoire de Belgique et non pas celle d'Amsterdam, de Rotter- 
dam et de Flessingue 1 . 

Nous avons très bien vu que Joseph II violait son serment et 
c'est ce que nous faisons même remarquer particulièrement : 
disait-on. Le savant Borgnet ne le montre-t-il pas assez claire- 
ment 2 ? 

En ce qui concerne Guillaume I e1 ', il est certain, d'après 
M. Fredericq, que nous avons eu tort de nous lier à Oppelt 
(Histoire générale de la Belgique, de 1830 à 1860), à Nothomb, 
à la Patria Belgica, etc. 3 . 



1 Au XVI e siècle comme de nos jours Anvers était un port 
de mer. Quand son commerce fut anéanti par les guerres reli- 
gieuses, il émigra vers d'autres ports de mer: Amsterdam, 
Rotterdam, Flessingue. A cette époque, pas plus que de nos 
jours, Lille et Tournai n'étaient des ports de mer. Je sais bien 
qu'aujourd'hui Bruxelles, Louvain, Charleroi, peut-être même 
Arlon aspirent à le devenir; mais ce miracle n'est pas encore 
opéré. Quant à l'affirmation biscornue du document édité par 
M. Gachard, ce savant académicien n'en est nullement respon- 
sable. Il a copié et fait imprimer la pièce, voilà tout. N'invo- 
quons donc pas à tort et à travers des autorités aussi hautes. 

2 Si le savant M. Borgnet le montre assez clairement, ce qui 
n'a rien à voir ici, j'imagine, M. Struman, lui, ne le montre pas 
assez clairement en disant : « (La réforme judiciaire de Jo- 
seph II j était, disait-on, inconstitutionnelle et spoliatrice des 
droits acquis. » M. Struman insiste sur la force de son « di- 
sait-on. » Cette force ne nous frappe pas autant que lui. 

3 Je maintiens que M. Struman a mal jugé le roi Guillaume; 
mais il faudrait entrer ici dans de longs développements, ce qui 



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A M. PAUL FREDERICQ. 



33 



Si les catholiques étaient, en Hollande et en Zélande, plus 
nombreux que les protestants, la leçon est faite à un de nos 
meilleurs historiens, qui est aussi académicien ! . 

Nous ne croyons pas que nous eussions dû analyser la Paix 
de religion. Car, à ce compte, que n'y aurait-il pas eu à faire 
pour le reste? Écrire un volume de 600 pages au lieu de 316 *? 

Le dragon du Beffroi de Gand n'est pas d'origine byzantine ; 
leçon faite à un archéologue distingué (voir la Patria Belgica, 
III e partie, archéologie) 3 . 



est impossible. J'ai d'ailleurs mis les points sur les i dans mon 
compte-rendu en consacrant plus de deux pages à cette ques- 
tion (Revue, t. XXVI, p. 318, 319 et 320). Je renvoie aussi 
M. Struman aux ouvrages hollandais de De Bosch-Kemper, 
Bosscha et autres. 

1 Voici le passage de mon compte-rendu que M. Struman 
rencontre ici: «... Aussi est-ce une grave erreur de dire, à 
» l'année 1579 : «... en Hollande et en Zélande, où d'ailleurs 
» il riy avait plus de catholiques. » Il y en avait encore tant que 
» l'historien ultramontain Nuyens (Geschiedenis der neder- 
» landsche beroerten), s'est efforcé d'établir qu'ils y avaient la 
» majorité numérique à cette époque. » Je le regrette pour 
celui « de nos meilleurs historiens, qui est aussi académicien ; » 
mais je le renvoie avec M. Struman aux preuves réunies par le 
d r Nuyens. 

2 La Paix de religion de 1578 étant, à mes yeux, le document 
le plus noble et le plus significatif de nos guerres religieuses, 
j'aurais aimé à le voir analyser avec soin par M. Struman. Il 
reste libre de ne pas partager mon avis. 

5 Cette fois ce n'est plus un « académicien, » mais un « archéo- 
logue distingué, » qui doit tenir lieu de preuve. N'en déplaise 
à l'archéologue distingué, le dragon du Beffroi de Gand n'est 
pas d'origine byzantine ; c'est ce qui a été prouvé en 1871 par 
M. Julius Vuylsteke et récemment encore par M. Frans de 
Potter, dans son grand ouvrage flamand : Gent van den vroeg- 
sten tijd tôt heden (1883). C'est triste pour M. Struman et pour 
son archéologue distingué, mais c'est comme cela. Du reste, je 
n'ai pas fait un crime à M. Struman d'ignorer ce détail micros- 
copique d'érudition toute locale; je me suis borné à relever 
une erreur, ce qui est la mission de la critique consciencieuse. 



TOME XXVII. 



3 




34 



RÉPONSE DE M. STRUMAN 



Si nous en venons aux observations sur la géographie histo- 
rique, les observations de M. Fredericq pourront encore paraître 
singulières. M. Fredericq dit : « Hasselt n'a rien de commun 
avec l'histoire du duché de Limbourg. » — Qui dit le contraire? 
Assurément, ce n'est pas nous. Bien plus, nous mettons en 
pratique une recommandation faite par M. Fredericq, à la 
page 315 : « Il faut toujours saisir les occasions qui se présentent 
d'attirer l'attention des élèves sur la différence radicale qui 
existe entre la géographie historique dê l'ancien régime et la 
nôtre. » — Et, en effet, après avoir énuméré les libertés des 
villes du Limbourg ancien, nous terminons ainsi, p. 94 : — 
« Hasselt (comté de Looz, Liège) acquit les droits municipaux 
de Liège en 1232. » M. Fredericq ne veut pas voir clair 1 ? 

Souvent, M. Fredericq lit notre ouvrage plus ou moins atten- 
tivement. Nous avons déjà montré qu'il le comprenait comme 
il le voulait bien. Il dit : « Au XV e siècle, la centralisation poli- 
» tique ne s'établit pas seulement « en Angleterre et en France,» 
» mais « aussi en Espagne, en Portugal et jusqu'à un certain 
» point en Italie. » — Or, voici ce que nous disons, p. 140 : 
« Cette tendance à la centralisation qui éclate en toutes choses, 
n'était pas un fait particulier à nos provinces seulement; elle se 
manifestait également en Angleterre et en France, mais en 
suivant une marche différente 2 . » 

Où disons-nous que Maurice de Nassau attaqua la Flandre 
avec une armée de terre ? La preuve du contraire réside dans ce 
seul mot : Westende près de Nieuport 3 . 



1 Je ne demande pas mieux que de voir clair ; mais les élèves, 
auxquels le livre est destiné, y verront-ils bien clair, quand on 
leur parle des libertés de Hasselt sous la rubrique : Le Duché de 
Limbourg? L'expression obscure « comté de Looz, Liège », 
suffira-t-elle pour leur faire comprendre que cette ville de 
Hasselt n'a rien de commun avec le chapitre dans lequel l'auteur 
parle d'elle? 

* Il me semble que M. Struman donne raison à ma critique 
rien qu'en rapportant la phrase de son livre, qui l'avait motivée. 

3 Voici le passage du livre de M. Struman : « Le 17 juin 1600, 
Maurice de Nassau quitta La Haye à la tête à' une armée de 
douze mille fantassins *pour marcher sur Bruges. L'invasion des 




A M. PAUL FREDERICQ. 



35 



Le nom de Bataille de Bruxelles est un nom consacré 4 , et il 
n'est pas nécessaire de dire à M. Fredericq quels auteurs l'ont 
employé avant nous. M. Fredericq le sait, sans aucun doute. 

M. Fredericq, à certain moment, épluche chacune de nos 
phrases ; on a pu s'en convaincre aisément. Parfois, M. Fredericq 
lit notre ouvrage avec une précipitation inconcevable. Ainsi 
il dit : « Parmi les causes des premières croisades, M. Struman 
oublie la principale : le désir universel de délivrer le Saint 
Sépulcre. » Voici notre seconde phrase du chapitre des croisa- 
des : a II est admissible que ce mouvement national qui eut lieu 
en faveur de la Palestine, fut produit, avant tout, par l'enthou- 
siasme des seigneurs féodaux , qui voulaient arracher aux Turcs 
Seldjoucides le sépulcre de Jésus-Christ f . » 

Le règne de Guillaume Cliton est important. Nous le savons 
et nous le faisons remarquer. M. Fredericq qui a comparé sou- 
vent et attentivement plusieurs de nos paragraphes, aurait pu 



Hollandais fut si soudaine que l'archiduc ne put réunir qu'une 
partie de ses troupes. La bataille fut livrée à Westende, près de 
Nieuport, le 2 juillet » (p. 237). Se douterait-on jamais qu'il 
s'agit d'une flotte hollandaise et d'une descente sur nos côtes? 
Tout lecteur non prévenu ne croira-t-il pas qu'il est question 
d'une invasion opérée par une armée de terre, composée de 
douze mille fantassins? La preuve du contraire réside-t-elle 
vraiment dans ce seul mot : Westende, près de Nieuport? J'avoue 
que cette preuve si claire m'avait échappé. 

1 Dans mon compte-rendu j'ai dit : « La célèbre bataille de 
Bruxelles (23 au 26 sept. 1830) (comme dit M. Struman, p. 287) 
n'eut rien d'une bataille. » Je persiste à sourire en voyant 
employer cette dénomination mélodramatique pour désigner les 
combats de septembre 1830. 

a Cette phrase, peu affirmative en somme, se trouve en effet 
la seconde dans le chapitre consacré aux croisades. Mais cette 
phrase se rencontre dans le paragraphe intitulé : Importance. 
Ensuite vient le paragraphe intitulé : Causes (des croisades). 
Là, plus un mot de la cause par excellence. J'avoue d'ailleurs 
en toute franchise que la phrase citée par M. Struman m'avait 
échappé, ce qui diminue de beaucoup le bien fondé de ma cri- 
tique. 




*B6 



EÊPONSE DE M. STRUMAN 



constater que nous appelons l'attention du lecteur sur ce point, 
p. 107, ligne 17 : « La politique de Louis VI et de ses succes- 
seurs eut pour but de rattacher directement à la couronne les 
grands fiefs de la France 1 . » 

M. Fredericq trouve qu' « en général les réformes politiques 
de Jacques van Artevelde ne sont pas assez nettement indi- 
quées. » Voici ce qu'on lit dans un des plus beaux livres de 
notre littérature, p. 164 et p. 163 : « Toutefois est-ce bien là 
ce qu'il (Jacques van Artevelde) a fait? On n'oserait l'affirmer. — 
Quelle est l'organisation qu'il a donnée à la ville de Garni? On 
ne peut faire à cet égard que des conjectures. » — Nous pas- 
sons 2 . 

M. Fredericq dit : « De plus Froissait ne fut pas « surtout un 
historien. » Il n'est que le plus gracieux des chroniqueurs. » On 
trouve un jugement diamétralement opposé dans la Patria Bel- 
gica, III e partie, page 430 : « Froissart n'est pas seulement 



1 J'ai dit dans mon compte-rendu : « L'auteur raconte en 
deux lignes (p. 70) le règne si important de Guillaume Cliton 
en Flandre (Voir Galbertus, Le Glay, Kervyn, etc.). » Voici le 
passage du livre de M. Struman, qui était en cause : « Guillaume 
Cliton, de Normandie, imposé de force au pays par le roi de 
France Louis VI, se conduisit en despote et mourut après un 
règne d'un an. » C'est tout. 11 faut un certain aplomb, me 
semble-t-il, pour dire après cela qu'on fait remarquer l'impor- 
tance de ce règne. D'autre part, que signifie l'autre phrase 
qu'on nous cite et qui se rencontre 37 pages plus loin à propos 
de l'histoire de Flandre au XIV e siècle? 

2 Je suis un des plus grands admirateurs du livre de M. Van- 
derkindere, auquel M. Struman fait ici une allusion transpa- 
rente, quoique voilée, comme dans toutes ses citations. J'ai 
exprimé plusieurs fois mon sentiment sur le Siècle des Arte- 
velde (1879). Dans mon compte-rendu je me suis borné à ren- 
voyer M. Struman à l'opuscule postérieur de M. L. De Rijcker, 
Het grondivettelijk bestuur van het onde Gent (1880), où l'auteur 
a traité les réformes politiques de Jacques van Artevelde d'après 
les indications de M. Vuylsteke, un spécialiste dont M. Van- 
derkindere lui même ne récuserait pas l'autorité. Mais passons 
à notre tour. 




A M. PAUL FREDERICQ. 



37 



romancier, poète ou auteur dramatique, il est historien, il re- 
monte aux causes, même économiques, explique les faits et 
cherche les résultats 1 . » 

M. Fredericq dit : « L'auteur du Van den vos Reinaerde 
(le renard Reinaert) n'était pas un « médecin gantois du XIII e 
siècle. » C'est là une hypothèse qui manque de preuves. » Nous 
voulons croire M. Fredericq. Mais, dans la Patria Belgica, III, 
502, 504, on rencontre une affirmation toute contraire *. 

M. Fredericq ajoute : « Son (Maerlant) génie lyrique se révèle 
surtout dans ses deux premiers Martijn et non dans le troisième.» 
Nous lisons, dans la Patria Belgica, III, 513 : t Son (Maerlant) 
Derde Martijn est consacré.... Jamais le poète n'eut une inspi- 
* ration plus idéale. » Nous ne disons pas autre chose 3 . 

Quant à la valeur de Butkens, nous renvoyons à la Biographie 
de Van Hasselt et surtout à la Biographie nationale de l'Aca- 



1 Ce jugement diamétralement opposé au mien est de M. Pot- 
vin. Malgré la grande autorité qui s'attache à ses appréciations 
littéraires, je persiste dans mon avis que j'exprimais ainsi dans 
mon compte-rendu : « Froissart ne fut pas « surtout un his- 
torien. » Il n'est que le plus gracieux des chroniqueurs. » 
D'ailleurs, si M. Struman veut me faire l'honneur de lire un 
article que j'ai publié dans cette Revue (t. XVI, p. 1-18) sur les 
chroniques de Froissart, il se convaincra que, tout en voyant 
surtout en Froissart un artiste inimitable, je ne lui conteste pas 
absolument tout mérite historique. 

2 Mon maître vénéré M. Stecher a, en effet, accueilli cette 
hypothèse dans son article de la Patria Belgica, qui date de 
1875. Mais je renvoie M. Struman au travail récent de M. Nap. 
de Pauw dans la Biographie nationale (article Guillaume, 
l'auteur des romans de Madoc et Van den vos Reinaerde). 
M. Struman y trouvera les preuves de mon assertion. 

3 De nouveau je diffère ici d'opinion avec M. Stecher; mais 
je conçois fort bien que M. Struman, qui ne comprend pas le 
flamand, en est réduit à copier les jugements des autres. — 
Il pourrait d'ailleurs s'adresser plus mal; car l'article de 
M. Stecher sur l'histoire de la littérature flamande est l'un des 
plus consciencieux et des plus suggestifs de la Patria Belgica, 
ce recueil si inégal, que M. Struman a le tort de considérer un 
peu trop comme parole d'Évangile. 




38 



RÉPONSE DE M. STRUMAN 



demie. A propos de Butkens, nous avions précisément consulté 
un Académicien *. 

Etc., etc. Voilà le nombre des critiques singulièrement réduit. 
On pourrait, au besoin, le bien réduire encore. 

Nous oublions cependant une critique continuelle de M. 
Fredericq. Ce point, puis tel autre, et tel autre encore, par 
exemple, le règne de Guillaume Cliton, auraient dû être 
développés davantage. Mais M. Fredericq ne relève pas un 
seul détail inutile, et pourtant, le style de Fauteur, dit-il, 
sans être parfait, est en général précis et correct. 

Passons aux conclusions de M. Fredericq : « Mais il nous 
paraît que ce livre, si étendu, si détaillé, où tant de monogra- n 
phies sont fondues, où tant de références sont indiquées, est 
plutôt le livre du maître que celui de l'élève. Un manuel ne 
peut être aussi surchargé d'indications de toute nature. » 

N'y a-t-il pas là une contradiction singulière? M. Fredericq 
sait et dit que nous destinons notre livre à renseignement. 
Qu'aurait-il dû faire conséquemment? Ce que tout le monde 
pense, prouver que telle et telle partie, tel et tel paragraphe 
étaient trop développés. Jamais M. Fredericq ne Ta fait ; au 
contraire, il ne signale que des points trop peu développés, 
à son gré. 

M. Fredericq se contredit plus encore. Ainsi, pour prouver 
que notre livre est trop développé, il recourt à la Préface de 
Y Histoire de V Antiquité. Très bien ; mais ouvre-t-il, feuillette-t-il 
ce livre? Il s'en garde bien. S'il l'avait fait, il eût trouvé que 
cette Histoire de V Antiquité, œuvre d'un publiciste éminent, 
historien de premier ordre et professeur habile, est beaucoup 
plus détaillée que notre cours 2 . 



1 Hélas ! encore un académicien. C'en est trop. Je me déclare 
vaincu. 

5 Je crois que M. Struman se trompe complètement; mais il 
serait trop long d'entamer une comparaison en règle entre le 
livre de M. Struman et le Manuel de V Antiquité de M. Vander- 
kindere, auquel il fait allusion ici sans citer l'auteur, mais 
en l'indiquant par une périphrase fleurie d'adjectifs. C'est la 
façon employée par M. Struman pour introduire ses citations 
d'auteurs : il ne les nomme pas par leur nom, mais il les donne 
à deviner au lecteur. Cela ne manque pas de piquant parfois. 




A M. PAUL FREDERICQ. 



39 



M. Fredericq trouve que notre livre est chargé de références. 
Mais, depuis quand est-ce un mal de signaler aux élèves et aux 
professeurs les sources où ils pourront puiser de plus amples 
renseignements 1 ? Si M. Fredericq en avait mieux usé, il se 
serait dispensé d'appeler singulière l'affirmation que Ton trouve 
clans l'œuvre d'un de nos plus grands historiens, membre de 
l'Académie*. 

Quant à la Patria Belgica, que Ton aura dû trouver si souvent 
en défaut, d'après M. Fredericq, disons que c'est cet honorable 
professeur lui-même qui l'a recommandée sans criei* gare 3 / 

Et notre Cours abrégé d'histoire politique de la Belgique 
composé pour l'élève et rédigé suivant les vues et le programme 
du gouvernement, serait plutôt, d'après M. Fredericq, le livre 
du maître que le livre de l'élève ! Mais à qui donc M. Fredericq 
fait-il ici le procès 4 ? A l'auteur du livre ou au programme du 
gouvernement? Récemment encore, le gouvernement a approuvé 
des livres plus développés que le nôtre. M. Fredericq feint de 
l'ignorer, ou plutôt paraît l'ignorer 8 . 



4 Je n'ai jamais prétendu que ce fût un mal. J'ai seulement 
fait observer que c'était plutôt l'indice d'un ouvrage développé, 
non d'un manuel scolaire. 

* Je ne saisis pas cette mystérieuse accusation, où je retrouve 
avec effroi le grand et éternel argument de M. Struman : 
« membre de l'Académie. » 

3 J'ai déjà dit plus haut, ce que tout le monde sait, que la 
Patina Belgica est un recueil de monographies très inégales. 
Certains articles sont excellents, d'autres plus que médiocres. 
Je me permets de le rappeler à M. Struman pour lui crier gare. 

4 Je ne crois avoir fait le procès à personne en exprimant la 
conviction que M. Struman, dans son livre, donne trop et trop 
peu à la fois : trop pour un manuel scolaire, pas assez pour une 
histoire développée. 

* Mon ignorance n'est ni feinte ni apparente, mais réelle : 
j'ignore complètement quels sont les ouvrages auxquels M. 
Struman fait allusion ici dans cette forme mystérieuse qu'il 
affectionne. La seule chose que je sais, c'est qu'un membre 
éminentdu conseil de perfectionnement de l'enseignement moyen, 
mou ancien collègue de Liège, M. de Laveleye m'a fait l'honneur 




40 RÉPONSE DE M. STRUMAN A M. PAUL FREDERICQ. 



En voilà assez pour 1 édification des lecteurs de la Revue. En 
tout cas, la science et les études ne peuvent que gagner à ces 
discussions courtoises. En terminant, nous remercierons de 
nouveau sincèrement M. Fredericq de l'honneur qu'il nous a 
fait en examinant aussi minutieusement notre livre. « Œuvre 
des plus remarquables ; livre en général fort au courant de la 
science historique; le meilleur manuel que nous possédions; 
bon livre qui fait honneur à son auteur, etc., » Ce sont là des 
éloges qu'on a rarement accordés à des manuels d'histoire 
adoptés par le gouvernement. Ils sont pour nous d'autant plus 
précieux qu'ils viennent d'un homme aussi capable que l'est 
M. Paul Fredericq. 



Namur, 10 décembre 1883 



Je n'ajouterai plus qu'un mot aux observations que j'ai déjà 
faites sur les différentes parties de la réponse de M. Struman. 
On Ta vu, il me comble d'éloges. J'en suis fort embarrassé ; mais 
j'aurais préféré moins de fleurs et plus de réfutation solides. 
C'eût été plus instructif pour moi ainsi que pour les lecteurs de 
la Revue. 

Qu'on me permette encore une réflexion générale. Je n'ai 
jamais prétendu que M. Struman fût l'inventeur des erreurs que 
j'ai relevées dans son manuel. Il croit me répondre en me prou- 
vant qu'il les a trouvées dans d'autres livres et il triomphe en 
me citant à la file des académiciens, des archéologues distin- 
gués, etc. C'est chez lui une véritable manie : manie douce d'ail- 
leurs et qui ne nuit à personne, pas même aux académiciens 
qu'il s'efforce d'entraîner dans sa déroute. Mais avouons que 
c'est un bien bizarre procédé de discussion scientifique. 



de me consulter il y a quelque temps sur l'ouvrage de M. 
Struman, sur lequel il devait présenter un rapport au conseil. 
J'ai remis à M. de Laveleye un tiré à part de mon compte-rendu 
en insistant sur la valeur du livre et en déclarant qu'à mon avis 
ce remarquable ouvrage méritait certainement d'être adopté par 
le gouvernement, malgré les critiques détaillées que j'avais dû 
en faire. 



L. Struman. 



Paul Fredericq. 




COMPTES RENDUS. 



41 



COMPTES RENDUS 



PROGRAMMES DE GYMNASES ALLEMANDS. 



(Suite). 



III. G. Krakauer. Commodus und Pertinax. Breslau. 1883. 
12 p. 4°. (Wissenschaftliche Beilage zum Programm der 
Koniglichen Ober-Realschule.) 

M. Krakauer a voulu retracer en peu de mots l'histoire du des- 
potisme insensé de Commode et le règne trop court de Pertinax, 
en se basant presque uniquement sur les notices que nous four- 
nissent sur ces deux princes Dion, Hérodien et les historiens de 
l'Histoire Auguste. L'auteur, d'accord avec M. Ziircher, soutient 
que les assertions d'Hérodien ne peuvent être admises que lors- 
qu'elles sont confirmées par des notices d'autres écrivains; mais 
il semble que, s'il n'accorde à Hérodien que la place qui lui 
revient, il attache trop d'importance aux données de Capitolin 
et de Lampride. Si la valeur d'Hérodien est peu grande, celle 
des Compilateurs de l'Histoire Auguste est plus minime 
encore. L'importance trop grande accordée à ces derniers a 
fait émettre à l'auteur certaines assertions assez discutables. 

M. Krakauer soutient que Commode tenait ses tendances 
plébéiennes et son penchant au vice de sa mère Faustine. L'au- 
teur appuie cette assertion d'un texte de Capitolin (19. 6.7), qui, 
dans ce passage, rapporte des anecdotes scandaleuses auxquelles 
il ne semble pas accorder lui-même une bien grande confiance. 
Il paraît donc admettre que Faustine mena une vie déver- 
gondée et ajouter foi aux accusations qu'on a portées contre 
cette princesse. Certes, je ne la crois pas plus vertueuse que 
beaucoup de dames romaines de son époque ; mais, sans vouloir 
la réhabiliter, comme l'a essayé M. Renan, je ne puis pas non 
plus la considérer comme une Messaline, aucun texte auquel on 




42 



COMPTES RENDUS. 



puisse ajouter foi, aucun fait scientifiquement établi ne m'y 
autorisant. On n'a du reste qu'à lire la savante dissertation de 
M. Renan, dont M. Renier partage les idées (Examen de quelques 
faits relatifs à l'impératrice Fuustine, femme de Marc Aurèle. 
C. R. Ac. des Inscript. 1867 p. 203), pour douter de la plupart 
des accusations portées contre l'épouse de Marc Aurèle. 
M. Schiller (Oesch. d. rôm. Kaiserzeit p. 635), sans adopter tous 
les arguments proposés par M. Renan, est cependant assez 
favorable à Faustine, et rejette la participation de l'impératrice 
à la conspiration d'Avidius Cassius. Un travail définitif reste 
cependant encore à faire sur la valeur des accusations portées 
contre Faustine. 

M. Krakauer est dans l'erreur lorsqu'il dit (p. 5) que Sévère 
mit Commode au rang des dieux en arrivant au pouvoir. Ce 
prince ne commit cet acte inqualifiable qu'après sa victoire sur 
Albin, c'est-à-dire en l'an 197; M. K. a raison par contre de 
considérer Commode comme un fou furieux; mais cette folie 
n'exclut pas la responsabilité des crimes qu'il a commis. 

On pourrait faire plus d'une observation surle Cursus honorum, 
peu précis du reste, que l'auteur attribue à Pertinax. Ce ne fut 
pas comme légat que Pertinax se distingua dans la guerre 
contre les Parthes. Il n'était alors que praefectus d'une cohorte 
auxiliaire ; et ce ne fut que bien plus tard, en 172, que Marc 
Aurèle lui donna le commandement d'une légion, notamment de 
la leg. I. adj. (Cf. Essai sur Sévère p. 30). D'un autre côté, 
l'auteur venge fort bien Pertinax des accusations d'avarice et de 
complicité dans la conspiration de Laetus et de Marcia, accusa- 
tions que portent contre lui Capitolin et l'empereur Julien. 
M. Krakauer aurait pu être plus explicite au sujet de l'élection 
de Pertinax. Si l'on compare les textes de Dion (73. 1) et de 
Capitolin (Pert. 6), on est vite convaincu que Pertinax n'a fait 
que communiquer au Sénat le fait de sa nomination par les 
prétoriens, sans en demander la ratification. Le Sénat joue dans 
toute cette crise un rôle extrêmement effacé *. 

Cet effacement politique devient de plus en plus manifeste sous 
les règnes des successeurs de Pertinax. 



1 Ferwer. Der Sénat und die Thronfolge in Rom von Commodus bis 
Aurelian. Gross Glogau. 1883. Progr. 




COMTPES RENDUS. 



43 



De plus, l'auteur a quelque peu exagéré la portée des deux 
textes de Capitolin lorsqu'il dit de Pertinax : Er huldigte repu- 
blicanischen Anschauungen ; dies beweist seine Aeusserung, dass 
er eine Abneigung gegen das Imperiurn habe (p. 9). Capitolin dit 
de Pertinax (13) : imperiurn et omnia imperialia sic horruit, ut 
sibi semper ostenderet displicere et (15) horruisse autem illum 
imperiurn epistula docet... Ces paroles doivent s'entendre dans 
ce sens que Pertinax ne demandait qu'à passer en repos les 
dernières années de sa vie et ne recherchait nullement les 
grandeurs. Ces textes ne font nulle allusion aux opinions person- 
nelles du prince sur la nature plus au moins absolue du pouvoir 
qu'il occupait. Cette interprétation nous est clairement indiquée 
par les paroles qu'attribue Dion à Pertinax lorsqu'il entra pour 
la première fois au Sénat. (Dion. 73. 1.) «J'ai été, dit-il aux 
» sénateurs, nommé empereur par les soldats, mais je ri ai nul 
» besoin du pouvoir, j'y renonce dès aujourd'hui même tant à 
» cause de mon âge et de mes infirmités que de l'état fâcheux 
» des affaires. » 

Nous pourrions prolonger ces critiques de détail, mais forcé 
de nous limiter, nous préférons conclure en disant que M. Kra- 
kauer a su combiner de la manière la plus heureuse les divers 
renseignements que les auteurs nous ont transmis sur Commode 
et sur Pertinax. Il a fait une étude des plus sérieuses sur les 
sources écrites ; et les points faibles de sa dissertation résultent 
surtout de ce qu'il a négligé complètement les monuments 
épigraphiques et numismatiques et de ce qu'il n'a pas songé à 
étudier les ouvrages modernes publiés sur les deux règnes dont 
il s'occupait. 

IV. D r Moritz Munier. Die Palaeographie als Wissenschaft und 
die Inschriften des Mainzer Muséums. Mainz. 1883. 29 p. 
et 1 pl. 4° (Progr. des Gr. Gymnasiums zu Mainz.). 

Malgré les immenses progrès de l'épigraphie, la paléographie 
épigraphique est encore bien peu avancée. On n'a pas essayé 
jusqu'ici de fixer des règles définitives, et l'on n'a d'ordinaire eu 
recours à la paléographie que lorsqu'on ne possédait pas d'autre 
ressource pour établir l'authencité ou la fausseté de quelque 
inscription. Cette science est cependant d'une importance capi- 
tale. Certes, si, pour la critique des tableaux, la signature est 
le dernier des arguments à invoquer, pour l'épigraphie les con- 



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44 



COMPTES RENDUS. 



sidéra tions paléographiques n'entrent non plus en ligne que 
lorsque l'inscription ne nous fournit aucun autre moyen de la 
dater et de prouver son authenticité ou sa fausseté ; mais dans 
bien des cas la paléographie est notre dernière ressource; et 
cela suffit pour qu'on doive chercher à en déterminer les règles 
et à fonder cette science sur des bases certaines 

M. Munier avait publié, à Mayence, en 1873, des Tabulae pho- 
tographiae XI, materiam palaeographicam aetatis imper at or iae 
exhibentes. Le titre de sa nouvelle dissertation me faisait espérer 
qu'il allait y donner un commentaire de ses Tabulae et déter- 
miner certaines lois paléographiques confirmées par l'étude des 
inscriptions du Musée de Mayence. Malheureusement, il n'en est 
rien. Son étude a uniquement pour but de critiquer, et cela 
d'une manière peu courtoise, des opinions paléographiques 
émises par MM. Ritschl, Mommsen, Janssen et surtout Hiibner. 
On dirait même que le seul but de la dissertation est de prouver 
que M. Hiibner s'est trompé, et cela dans cette vieille question 
des inscriptions de Nennig. Je ne sache pas que M. Hiibner ait 
des prétentions à l'infaillibilité; et rien ne justifie l'attaque de 
M. Munier faite sur ce ton acerbe qu'on regrette de rencontrer 
quelquefois dans les discusions qui surgissent entre savants 
allemands. 

Il ne sera peut-être pas sans intérêt de rappeler en peu de 
mots à quoi se réduit cette question des inscriptions de 
Nennig, une des plus grossières supercheries épigraphiques 
qui nous soient connues et qui suscita dans le temps de si vives 
colères. 

Dès 1810, et plus tard, en 1843, on découvrit des antiquités 
romaines dans les deux tumuli de Nennig, localité située aux 
bords de la Moselle à sept lieues de Trêves. En 1852 et 1853 
M. le chanoine v. Wilmowsky fit des fouilles à Nennig et y décou- 
vrit une importante villa, dont l'atrium était décoré d'une des 
plus belles mosaïques que nous possédions. Elle a 50 pieds de 
long sur 33 de large et ses médaillons représentent des combats 



1 La célèbre inscription d'Hasparren en fournit une nouvelle preuve. 
Pour ceux qui la croient authentique, les uns la placent au premier, les 
autres au quatrième siècle. Peut-être est-ce une copie du IV« siècle d'une 
inscription plus ancienne. E. Desjardins. Rev. arch., 1882. Juillet, p. 23. 




COMPTES RENDUS. 



45 



de gladiateurs. Elle date probablement de l'époque d'Hadrien 1 . 
Au mois d'août 1866, le gouvernement fit exécuter de nouvelles 
fouilles et en confia la direction à un jeune sculpteur nommé 
Schseffer, auquel on fit de nombreuses réclames dans les journaux 
de la province. A peine avait-on entrepris les travaux que. dès 
le 30 septembre, on découvrit une inscription qui fut bientôt 
suivie de la découverte de quatre autres. 

La première de ces inscriptions nous apprend que Trajan, 
qualifié du titre de Caesar, donc avant la mort de Nerva (du 
7 oct. 97-27 janv. 98), fit construire la villa de Nennig et la 
donna gracieusement en cadeau au praef. trev. Secundinus 
Securus; d'après la seconde le trib. praet. Secundinus Aventinus 
lit construire (?) le balnéaire de la villa; enfin, la troisième 
raconte que Saccius Modestus fit construire l'amphithéâtre de 
Trêves et que Secundinus Securus y donna la première Venatio 
en présence même de Trajan. 

On expliquait ainsi du même coup et l'énigme de la villa 
et l'inscription du monument d'Igel (Brambach. n° 830). Rare- 
ment une découverte épigraphique fit autant de bruit ; et l'on se 
fait difficilement une idée de l'animosité avec laquelle chaque 
savant défendit son opinion dans cette célèbre bataille épigra- 
phique. 

La presse s'en mêla et publia à ce sujet de nombreux articles. 
Une foule de brochures virent aussi le jour à cette occasion*. 



1 Cp. Jaresb. der Geselschaft f. nùtzl. Forschung. 1852, 1853, 1855; — 
v. Wilmowsky. Die rôm. villa zu Nennig u. ihre Mosaïk. Bonn. 1864-65. fol. 
* Ne citons que les principales publications. 
Pour l'authenticité : 

J. Leonardy, Die angeblichen Trierischen Itischriftenfàlschungen altérer 
m. neuerer Zeit. Trier. 1864. 

J. Leonardy, Die Secundinier u. die Echtheit der Nenniger lnschriften. 
Trier 1867. 

J. Hassenmùller, Die Nenniger lnschriften. Keine Fàlschung, Trier. 



V. Wilmowsky, Die rôm. villa zu Nennig. Ihre lnschriften. Trier. 
1868, et la critique de Vissen dans les Jahrb. de Bonn. 46 p. 166-169. 

V. Wilmowsky, In Sachen der Nenniger lnschriften. Jahrb. de Bonn. 
47 p. 189 et les réponses de Hiibner et Nissen. 

Janssen, Bedcnhingen op de palaeographische Kritiek in de Berlijnsche 
Akademie van Wetenschappen uitgebracht tegen de echtheid der romeinsche 



1867. 




40 



COMPTES RENDUS. 



Brambach, le premier, établit la fausseté des inscriptions ; ses 
arguments étaient : le style, la titulature, les abréviations et les 
invraisemblances chronologiques. L'authenticité ne fut défendue 
que par des archéologues de Trêves : c'est le chanoine v. Wil- 
mowsky qui soutient le mieux la défense. Ritschl, Henzen, Jahn, 
Curtius, de Rossi, Renier, Leemans et Becker ne doutèrent pas 
un instant de la fausseté des inscriptions ; et Mommsen, pour 
clore le débat, proposa de soumettre la question au juge- 
ment de M. Ritschl, Renier et de Rossi, qui ne s'étaient pas 
encore prononcés. Mais on ne répondit point à cet appel. 

M. Hiibner prouva, à l'Académie de Berlin, la fausseté de ces 
inscriptions par des arguments paléographiques. M. Janssen 
de Leyde se place sur le même terrain pour en défendre l'au- 
thenticité et les archéologues de Trêves s'empressèrent de 
traduire son travail. M. Hûbner y répondit dans les publications 
de la Société archéologique de Bonn. Enfin M. aus'm Weerth 
fit un dernier rapport sur la question. Il fut établi dès lors que 
M. Schaeffer avait annoncé la trouvaille à M. Seyffarth le samedi 
29 septembre, alors que l'ouvrier Reuter n'avait découvert la 
première inscription que le dimanche matin 30. La supercherie 
était évidente et M. Schaeffer fut relevé de ses fonctions. 

On pouvait croire la discussion close, mais voilà que 
M. Munier y revient, non pour défendre l'authenticité des 
inscriptions, mais pour relever certaines erreurs paléographi- 
ques qui se seraient glissées dans le travail de M. Hiibner, lu par 
M. Mommsen à l'Académie de Berlin. Trouver en faute un 
académicien, un prince de la science, chegusto! Il serait difficile 
de résumer cette dissertation, assez diffuse au demeurant ; elle 



opschriften van Nennig. (Versl. en Meded. der Ak. van Amsterdam. 
1868. D. 12.) 
Contre l'anthenticité : 

Brambach, Trajan am Rhein und die Inschriftenfàlschung zu Trier. 
Elberfeld. 1866. 

Mommsen, in : Arch. Zeit. 1868. § 26. 

Hûbner. Gutachten iib. d. auf den falschen Inschriften v. Nennig ange- 
wandten Schriftformen (Monatsb. Ak. Berlin. 1867. 62-70.). 

Hûbner, Ueb. die Schriftformen der Nenniger Inschriften. (Jahrb. de 
Bonn. 46, p. 81-109; 49, p. 179.) 

M. E. aus'm Weerth, Die Fâlschung der Nenniger Inschriften. (Jahrb. 
de Bonn. 49 p. 1-59.) 




COMPTES RENDUS. 



47 



se compose de minuties et de détails qui échappent à toute 
analyse. 

On peut cependant glaner dans cette étude plus d'une vérité 
paléographique ; et, si l'auteur, au lieu de se complaire dans des 
attaques de mauvais goût contre les Académiciens, avait cherché 
à déterminer méthodiquement des règles claires et précises, je 
ne doute point que, grâce aux connaissances paléographiques 
qu'il possède, il n'y eût réussi et n'eût rendu ainsi un véritable 
service à la science. 

Citons quelques uns de ces principes qu'on parvient, avec 
peine, il est vrai, à retrouver au milieu des détails dans lesquels 
se perd M. Muuier. 

Il y a des parties de lettres constantes et essentielles et d'au- 
tres variables qui ne sont qu'accessoires. On doit tenir compte 
aussi de la nationalité et du degré d'instruction du lapicide. S'il 
ne sait pas lire ou s'il ne comprend pas le latin, il coupera les 
mots d'une façon incorrecte. Copiant un modèle sans le com- 
prendre, il écrira : S- ALVTE, VERV- S *. De pareils faits se 
présentent plus rarement à Rome qu'en province ; ils se géné- 
ralisèrent surtout au troisième siècle. L'étude des monuments, 
faite à ce point de vue, pourrait fournir de précieux éléments 
pour la connaissance du degré de romanisation des provinces. 

M. Munier ne reconnaît pas suffisamment l'influence exercée 
par les matériaux sur la forme donnée aux lettres. Les inscrip- 
tions sur bronze restent toujours une base bien incertaine pour 
établir des lois paléographiques. Que l'on compare les bronzes 
d'Osuna et d'Aljustrel avec des inscriptions contemporaines de 
la Péninsule ibérique et l'on constatera entre elles une différence 
bien notable. Aussi je crois qu'il serait sage de fixer d'abord les 
lois paléographiques des marbres et de n'essayer d'établir celles 
des bronzes que lorsque les premières auront été dûment recon- 
nues. On pourrait alors constater les différences d'une manière 
bien plus certaine. 

L'auteur insiste avec raison sur la nécessité d'étudier, non 
seulement les formes spéciales à chaque époque, mais même 
celles qui sont propres à chaque province. Dans notre écriture 
cursive actuelle on distingue à première vue une main anglaise 



1 De même qu'il arrive en Belgique qu'on écrit par ex. : ontv- anger.,. % 




48 



COMPTES RENDUS. 



d'une main allemande ou française. Les différences sont moins 
sensibles, il est vrai, en épigraphie, mais elles existent cepen- 
dant. 

Concluons 1 : si Ton veut établir la paléographie épigra- 
phique sur des bases scientifiques, il faut commencer par 
comparer les inscriptions de date certaine d'une même époque 
et d'une même province. On pourra déterminer les formes des 
lettres propres à chaque époque dans telle ou telle province. 
Lorsque ce travail sera achevé pour toutes les provinces, on 
pourra comparer les résultats obtenus et en tirer les règles 
générales communes à tout l'empire à telle ou telle époque, et 
donner en même temps les variétés de formes propres à chaque 
contrée. En dehors de cette méthode, la seule bonne à mon avis, 
on ne pourra jamais arriver qu'à des résultats plus ou moins 
contestables. 

Si nous avons cru devoir faire mainte réserve sur le ton de la 
dissertation de M. Munier, nous tenons à dire aussi, en termi- 
nant, que son étude aura du moins eu pour résultat d'appeler de 
nouveau l'attention des épigraphistes sur l'importance de la 
paléographie et de leur avoir fait comprendre que bien des lois 
paléographiques ne sont pas aussi délinitivement fixées qu'on 
est porté à le croire. 

V. Joh. Kreutzer. De Herodiano rerum romanarum script ore. 
Pars. I. Bonnae. 1881. 38 p. 8°. — Joh. Kreutzer. Zuden 
Quellen der Geschichte des Kaisers Septimius Severus. 
Bonn. 1882. 20 p. 8°. 

Je disais, au commencement de cet article, que bien des fois 
les jeunes docteurs continuaient, après leur examen, à appro- 
fondir la question qui avait été le sujet de leur dissertation 
inaugurale. Les deux écrits de M. Kreutzer sont une preuve de 
cette assertion. Les dissertations de ce genre contribuent quel- 
quefois au progrès de la science ; mais ce que l'on a surtout en 
vue, par la dissertation doctorale, c'est d'apprendre aux élèves 
à travailler par eux-mêmes, à sHntéresser à une question et à 



1 Nous parlons surtout des inscriptions de l'époque impériale. La 
paléographie épigraphique de la République est bien plus avancée, 
grâce surtout aux travaux de Ritschl. Cf. C.I.L., 1 et : Zur Geschichte des 
lateinischen Alphabets. Rh. Mus. 1869 B. XXIV. 




COMPTES RENDUS. 



49 



s'initier à la méthode à suivre pour produire une œuvre scien- 
tifique. Que n'est-on, en Belgique, convaincu des mêmes 
vérités ! 

La critique des sources, si répandue en Allemagne, où elle 
est même quelquefois poussée à l'excès, constitue un excellent 
exercice pour les jeunes philologues. Ces recherches habituent 
les élèves à la critique de la philologie et de l'histoire, qui est 
la hase de toute étude scientifique. A cet effet, on étudie d'abord 
la vie d'un auteur, puis on compare son texte avec celui des 
écrivains contemporains ou de ses devanciers, et l'on parvient 
ainsi à déterminer les sources auxquelles il a puisé. Ce résultat 
obtenu, on se forme aisément une opinion sur la valeur qu'il 
faut attribuer à ses écrits. 

Depuis quelques années, l'attention des philologues a été 
surtout appelée sur Dion, Hérodien et les historiens de l'His- 
toire Auguste, les principaux auteurs que nous possédons pour 
l'histoire du III e siècle de notre ère. 

M. Kreutzer étudie les sources d'Hérodien. Cet écrivain fut 
beaucoup lu et imité pendant les derniers siècles de l'Empire. 
La grande vogue dont il jouit tenait plus à ses qualités d'écri- 
vain qu'à ses qualités d'historien. Tillemont et Gibbon eux- 
mêmes le préfèrent encore à Dion Cassius. Sievers fut le 
premier à appeler l'attention des savants sur le peu d'exactitude 
et le manque de connaissances géographiques d'Hérodien 
(R. Sievees, Ueb. das Geschichtswerk des Herodianos. Philolo- 
gus. 1867. B. XXVI); et depuis l'apparition de cette impor- 
tante étude, presque tous ceux qui s'occupent de l'histoire du 
III e siècle ont rendu à Dion la place qui lui revient. 

La vie d'Hérodien ne nous est connue que par le peu qu'il dit 
de lui-même dans son histoire, qui ne comprend, comme il le 
déclare, que le récit des événements contemporains. M. Kreutzer 
en infère que l'auteur, qui a écrit du temps des Gordiens, est 
né vers 170 et mort après 238. Il le croit né en Syrie parce 
qu'Hérodien connaît mieux la géographie de ce pays que celle 
des autres provinces de l'Empire. Les arguments qu'il donne en 
faveur de sa thèse me paraissent assez concluants 

M. Kreutzer soutient avec raison que ni l'inscription de 
Palerme (Orelli 3760 = C.I.L. X. 7286) ni deux textes juri- 
diques (L. 1. C. V. 66. — Vat. fr. 247), qui nous font connaître 
un T. JËlius Herodianus, non plus que le texte d'un rescrit de 



TOME XXVII. 



4 




50 



COMPTES RENDUS. 



Gordien adressé à un Aulus Herodianus (L. 6 C. IX. 41) ne 
peuvent être rapportés à l'historien, comme on Ta fait quelque- 
fois. Il est certain aussi qu'Hérodien ne géra aucune magistra- 
ture et n'occupa jamais que des emplois subalternes, car il parle 
de ses (3a<rt},f.xat % $v)poaiaf.i vnypeaîoLi et non d'ào^at. M. Kreutzer 
suppose qu'il était un affranchi de la famille des Herodiani : 
c'est possible ; mais ce n'est qu'une hypothèse que rien ne vient 
confirmer. 

L'auteur recherche ensuite quelles sources Hérodien utilisa 
pour son histoire de Commode (Livre I). Il résulte de cette 
étude minutieuse qu'Hérodien a pris d'ordinaire pour guide 
Dion Cassius, dont il a adopté aussi Tordre chronologique; mais 
il passe sous silence ou atténue tout ce qui est défavorable à 
Commode. Aussi, loin de reproduire le jugement indulgent que 
Dion porte sur Pérennis, s'efforce-t-il de charger ce préfet du 
prétoire de la plupart des crimes commis par Commode pendant 
plusieurs années de son règne. Pour cette partie de son ouvrage 
Hérodien suit les données fournies par Marius Maximus. 
Hérodien a inventé, pour la majeure partie, le récit qu'il fait 
de la révolte de Maternus ; et il raconte les événements de l'année 
192 d'après ses propres souvenirs, car pendant cette année il 
séjourna . à Rome. M. Kreutzer pense pouvoir expliquer la 
partialité de l'historien pour Commode par le fait qu'Hérodien 
voulait être agréable aux Gordiens, princes très enthousiastes 
des Antonins. Pour que cette hypothèse fût vraisemblable, 
il faudrait commencer par prouver que les Gordiens admiraient 
Commode autant que les autres Antonins. 

Je suis porté à admettre la plupart des conclusions de 
M. Kreutzer; son étude est bien faite et je ne saurais assez 
l'engager à étendre son travail aux sept autres livres d'Hérodien. 
Il a déjà fait un essai pour les livres II et III dans son article 
sur les sources de l'histoire de Septime Sévère, publié à l'occa- 
sion du vingt-cinquième anniversaire de l'entrée au professorat 
de son maître M. Arnold Schaefer. 

Nous ne possédons pour l'histoire de Sévère que les écrits de 
Dion, d'Hérodien et des compilateurs de l'Histoire Auguste. 
L'autobiographie de Sévère, de même que les histoires de 
Marius Maximus, d'Aelius Maurus et de Cordus sont perdues. 
Hérodien a soigné ses livres II et III bien plus que son histoire 
de Commode. Il y fait preuve d'assez d'esprit critique. Malheu- 




COMPTES RENDUS. 



51 



reusement, pour rendre le récit plus animé, il ne craint pas 
d'enjoliver les faits rapportés par Dion. S'il ne fait pas, 
comme ce dernier, la description de la fête célébrée par 
Sévère en l'honneur de Pertinax, c'est qu'il réserve ce récit 
pour la Consecratio de Sévère à laquelle il assista lui-même. 
Hérodien suit Dion Cassius pour l'histoire de Julien et pour 
une partie de celle d'Albin ; mais il a puisé à d'autres sources sa 
narration de la guerre de Niger. Dans cette partie, il rapporte 
quantité de faits dont nous ne trouvons nulle trace chez Dion. 

D'après M. Kreutzer, Hérodien n'a écrit cette guerre de 
Niger avec tant de détails que parce que lui-même était Syrien 
de naissance. Il est du reste plus favorable à Niger que Dion, 
qui a probablement suivi dans son récit l'autobiographie peu 
impartiale de Sévère. 

L'auteur propose au texte de Spartien une correction que je 
crois devoir admettre : au ch. 6 de sa vie de Sévère, il faudrait 
lire ad obtinendam Bithyniam au lieu de ad obtinendas Britan- 
nias. Cf. SP. Nig. 5. 

Terminons cet article en rappelant que M. Kreutzer a bien 
caractérisé la politique de Sévère par ces mots (p. 226) : das 
ganze politische Auftreten dièses Kaisers, ausgezeichnet durch 
praktischen Ernst im Plan und energische Consequenz im 
Handeln... On ne saurait mieux dire 1 . 



Geschichte der Griechischen Literatur bis auf Alexan- 
der den Grossen, von D v Karl Sittl. Erster Theil. Munich, 
Ackermann, 1884 (anti-date). 360 pp. in-8°. 

Une nouvelle histoire de la littérature grecque n'est nulle- 



1 Signalons encore, parmi les récentes études publiées sur la même 
question, mais que nous ne pouvons apprécier pour le moment. 

Kbttler. Qnaedam ad Herodianum. Erlangen. 1882. 

Emil Perino. De fontibus vitarum Hadriani et Septitnii Severi impp. ab 
Aelio Spartiano conscriptarum. Fribourg. 1880. 

Giambelli. Gli Scrittori délia Storia Augusta studiati principal mente 
nelle loro fonti (Atti d. Lincei. Ser. III. Vol. VI. 1881). 



Adolphe De Ceuleneer. 




52 



COMPTES RENDUS. 



ment superflue. Les grands ouvrages de Bernhardy et de Bergk 1 
sont restés inachevés. Le livre d'Otfried Miiller, qui remonte 
d'ailleurs à une quarantaine d'années, s'arrête à Isocrate; il est 
vrai que le savant M. Heitz s'est chargé de le mettre au courant 
de la science et de le compléter, mais un pareil remaniement 
offre toujours de sérieux inconvénients. Abstraction faite des 
manuels de Munk, de Kopp, etc., l'Allemagne ne possède guère 
d'autre travail d'ensemble sur la littérature grecque que celui 
de Nicolaï, dont la lecture est peu attrayante et qui renferme 
beaucoup d'erreurs. 

L'entreprise de M. Sittl vient à son heure; nous espérons 
qu'elle sera conduite à bonne fin et que l'auteur se décidera à 
nous donner en outre une histoire de la littérature grecque 
après Alexandre-le-Grand. 

Dans une courte introduction, M. Sittl caractérise en quel- 
ques traits nets et fermes l'esprit hellénique pur, qu'il oppose 
à l'esprit de l'hellénisme. Il partage l'histoire de la littérature 
hellénique en deux périodes : la période épique et asiatique 
et la période rhétorico-attique. Il s'attache aussi, quoique 
ceci soit étranger à son sujet, à déterminer exactement les 
différentes périodes de la littérature hellénistique. 

Le premier chapitre est consacré à la poésie lyrique popu- 
laire. M. Sittl passe en revue les chants simples et naïfs qui 
accompagnaient l'Hellène depuis le berceau jusqu'à la tombe; 
il s'occupe ensuite des chants religieux. Il faut, dans ces pro- 
ductions poétiques des anciens âges de la Grèce, faire la part 
de l'élément national et celle de l'élément étranger. Les chan- 
tres religieux de la Piérie , le personnage mythique d'Orphée, 
n'ont absolument rien de commun avec les ïhraces, comme 
on l'a cru longtemps. 

Dans le second chapitre, M. Sittl étudie la poésie épique 
avant Homère. Il commence par dire quelques mots du pro- 
verbe, de l'apologue et du conte. Il paraît assez disposé à 
admettre, avec M. Wagener, que Papologue a pris naissance 



1 Le second volume de V Histoire de la Littérature Grecque de Bergk vient 
de paraître (ouvrage posthume publié par les soins de M. Hinrichs). — 
I>ergk a donné aussi un excellent aperçu de la littérature grecque dans 
V Encyclopédie d'Ersch et Gruber, volumineux recueil qui est malheureu- 
sement accessible à peu de personnes. 




COMPTES BENDUS. 



53 



dans l'Inde. Il croit qu'Esope est un type, le type du fou de 
cour, que l'imagination populaire s'est plu à faire figurer à côté 
du fameux roi Crésus. — Le récit épique est le premier degré 
dans la création de l'épopée. Ces courts récits, traitant un fait 
particulier, forment peu à peu des cycles, des « épopées par 
agglutination » , pour employer l'expression de Steinthal (tel 
est, en Espagne, le Romancero du Cid). Enfin paraît l'épopée 
véritable ; le poète ne raconte plus toute la vie d'un héros, tous 
les événements d'une guerre : il prend une action autour de 
laquelle il groupe des épisodes; l'œuvre a maintenant une 
unité, non plus extérieure, mais intime — le chantre épique 
est devenu un créateur, un 7rot>?r>;;. C'est à cette période d'épa- 
nouissement complet qu'appartiennent Ylliade et YOdyssée. 
Puis, le secret de la composition se perd et l'on descend aux 
épopées cycliques. — Les légendes épiques de la Grèce ont été 
produites par le mélange des souvenirs de l'époque achéenne 
avec les mythes que les Hellènes avaient emportés du berceau 
de la race indo-européenne et qui s'étaient à la longue altérés 
et localisés. Où s'accomplit définitivement ce mélange d'où 
sortit l'épopée? Plusieurs savants, et particulièrement M. E. 
Curtius, soutiennent que les Ioniens ont reçu des Eoliens d'Asie- 
Mineure les légendes troyennes déjà toutes formées. M. Sittl 
combat énergiquement cette hypothèse; il revendique pour les 
Ioniens l'honneur de l'invention. Nous n'avons pas l'intention 
d'entrer dans les détails de cette controverse ardue. Qu'il nous 
suffise de dire que les arguments de M. Sittl nous semblent 
très sérieux. 

Le chapitre III, intitulé Les épopées homériques, est le plus 
étendu et le plus intéressant de l'ouvrage. M. Sittl est spéciale- 
ment compétent dans la matière; il a publié l'année dernière 
une remarquable dissertation sur Les répétitions dans l'Odyssée 1 . 
Les limites d'un compte rendu ne nous permettent pas d'ana- 
lyser tout le chapitre ; nous devons nous borner à toucher les 
points principaux. 

M. Sittl combat la Liedertheorie, les idées de Lachmann et de 
ses sectateurs. Il rejette la tradition relative à la commission 



1 Die Wiederholungen in der Odyssée. Ein Beitrag zur Homerischen 
Frage. (Ouvrage couronné). Munich, 1882. 




54 



COMPTES RENDUS. 



instituée par Pisistrate pour réunir les chants homériques. 
Pour lui, Ylliade est bien l'œuvre d'un poète, et d'un poète de 
génie ; il faut y reconnaître une unité première, une conception 
grandiose - seulement, cette œuvre a été successivement agran- 
die, élargie par l'intercalation d'épisodes, de morceaux, par des 
interpolations de toute espèce. L'aucienne Iliade se composait du 
noyau des chants I-V, XI, de la seconde moitié du chant XV, 
des chants XVI-XXII et de la première moitié du chant XXIII ; 
en tout, 4000 vers en chiffres ronds. 

L'Odyssée est évidemment postérieure à V Iliade. Elle prenait 
Ulysse au moment où il quitte l'île de Calypso, et embrassait 
son arrivée et son séjour chez les Phéaciens, son retour à 
Ithaque et le meurtre des prétendants. Ce poème pouvait con- 
tenir 6000 vers. Dans la première partie a été intercalée la 
Télémachie. La seconde a été surchargée postérieurement d'épi- 
sodes et de détails sans fin : l'imagination des rhapsodes s'est 
donné là pleine carrière. 

Voilà en quel sens et dans quelles limites M. Sittl est 
« unitarien » . 

Pour ne pas allonger démesurément cet article, nous glisse- 
rons rapidement sur les chapitres suivants (c. IV : L'épopée 
héroïque après Homère — c. V : Poèmes historico-généalogiques 
— c. VI : Hymnes épiques et Théogonies — c. VII : Poésies 
didactiques et petits poèmes en hexamètres). M. Sittl conjecture 
que les Fées sont d'une date plus récente que le Katalogos 
(p. 189). — Il essaie de séparer les divers éléments dont l'agré- 
gation a constitué la Théogonie (p. 205-207). Il fait une tenta- 
tive analogue pour les Erga (p. 221-223). Naturellement, il ne 
reconnaît pour hésiodique que ce dernier poème. 

Y a-t-il eu une école homérique et une école hésiodique ? 
Telle est la question que M. Sittl discute dans le chapitre VIII. 
D'après lui, tout se réduit à ceci : l'épopée héroïque a fleuri 
surtout en Ionie ; dans la Grèce centrale et dans le Péloponèse, 
Yépos a pris en général un caractère pratique, didactique. Mais 
l'opposition n'est pas si marquée qu'on a bien voulu le dire, 
puisque les anciens hésitent s'il faut attribuer certains poèmes 
à l'une ou à l'autre école. Dans le Péloponèse même, les deux 
courants se rejoignent. 

Le chapitre IX traite de l'ancienne élégie et de la poésie 
ïambique et trochaïque. M. Sittl n'admet pas que Ysïeyîïov, le 




COMPTES BENDUS. 



55 



distique élégiaque, soit une espèce de strophe : chez les anciens 
élégiaques, il y a une tendance visible à ne pas terminer la 
phrase avec le pentamètre ; ce sont les Alexandrins qui aSectent 
de juxtaposer les distiques comme des groupes tranchés. Quel 
est le poète qui, le premier, a iutroduit l'élégie dans la litté- 
rature? Est-ce Archiloque ou CallinosF M. Sittl se prononce 
en faveur de ce dernier. Quant à Tyrtée, il le tient pour origi- 
naire d'Aphidna en Laconie. Nous n'avons rien remarqué de 
bien saillant dans le reste du chapitre. 

La poésie lyrique proprement dite (la méliqué) est l'objet du 
chapitre X. On y trouvera un bon résumé des recherches de la 
critique moderne, mais peu de choses neuves. — Est-il de bon 
goût de comparer (p. 314) les cultes orgiastiques de l'Asie- 
Mineure avec les exercices pieux , mais un peu bruyants de la 
Salvation Army ? 

Le chapitre XI nous retrace les commencements de la prose. 
L'auteur ne voit dans Cadmus de Milet qu'un personnage 
mythique. Il essaie d'éliminer Acusilaiis d'Argos de la liste des 
historiographes. 

Dans sa conclusion (XII e et dernier chapitre), il nous montre 
l'Ionie perdant, sous la domination des Perses, son énergie 
créatrice. L'éloge qu'il fait de la culture littéraire des Spar- 
tiates nous paraît exagéré. On lit avec étonnement que Sparte 
fut, pendant la période antérieure au règne des Pisistratides, 
la capitale ( Vorort) de la littérature grecque. M. Sittl ajoute, 
il est vrai : « — quoiqu'elle n'ait pas activement contribué à 
» la littérature. » Il nous semble qu'une pareille restriction 
infirme son assertion. 

Le livre de M. Sittl a de grandes qualités : il est en général 
bien composé ; le style en est clair, vif, agréable ; on y sent 
un écrivain maître de son sujet. Mais il porte, à notre avis, 
les traces d'une certaine précipitation. 

Nous signalerons quelques erreurs de détail, que M. Sittl eût 
évitées avec un peu d'attention. 

P. 12 : « Nach Artemon (Athen., 15, 694 ab) sangen Aile 
» Gàste zusammen oder in Wechselchoren oder einzeln. » Le 

texte d'Athénée porte '. wv tô ptèv 7rpw7ov Jv, ô èr, navras a<?siv vd^o; 
?v. tô (?è c?cÛTgpov, o iïï) 7rdtvTgç j£ s v ïj«?qv, où y. Y) v 6c\li. y g xaTa xtva 
nepiodov g 5 \)7zo$Q%ïjz' toitov de xat tïjv èni nàTi rà^tv s^ov, ou 




56 



COMPTES RENDUS. 



7077ov Tivà «t rv/otsv fors;. Il n'est point là question de Wechsel- 
chôre. 

P. 62 : « Soviel wir wissen, sprach zuerst Herodot dem ehii- 
» schen Sânger Dichtungen ab : es waren die Epigonen und die 
» Kyprien (2, 116). » D'abord, au lieu de 2, 116, il faut lire 2, 
117; en second lieu, Hérodote parle des Epigones livre IV, c. 32 
(cf. p. 178. note 9). 

P. 63 : « Franzosische Schôngeister und der italienische Phi- 
» losoph Vico làugneten dann iiberhaupt einen Dichter Homer, 
» jedoch nur von dem damais modischen Skepticismus hinge- 
» rissen. » Cette plirase ferait supposer que M. Sittl n'a jamais 
lu une ligne de Vico. 

P. 65, M. Sittl place par inadvertance la législation de Dracon 
en 520 et celle de Solon en 494 (p. 257, il donne la date exacte 
de l'archontat de Solon). 

P. 101, n. 1 : «Ueber Chorizonten der Kaiserzeit, Sen. brev. 
» vitae 13 und Luc. ver. hist 2, 20. » M. Sittl n'a pas vérifié ces 
passages. Sénèque dit : Graecorum iste morbus fuit quaerere.... 
prior scripta esset Ilias an Odyssea, praeterea an ejusdem esset 
auctoris. Dans Lucien, le héros de l'histoire demande à Homère 
s'il a composé Y Odyssée avant Iliade : xoà p v> xàxsîvo krcMpow 

6 Js ypveïzo. 

Le traducteur des Poésies militaires de V antiquité affublé par 
M. Sittl du nom de Barodet (p. 254) n'est autre que Baron, qui 
fut professeur à l'Université de Bruxelles et à celle de Liège. 

P. 257 : « Sein Werk (l'œuvre de Solon) dauerte aber nicht 
» lange, denn seine Warnungen vor dem herrschsuchtigen Peisis- 
» tratos glitten an der Vertrauensseligkeit des Volkes ab. » 
Tout le monde sait que Pisistrate ne toucha pas aux lois de 

Solon *. rà $k à).),a aÙTï} ri 7rô)t; toi; 7rptv xct^svot; vo'f/ot; s/o^to, 7r/.ïiv 
xaG' otov àsi riva È7T£^é)v0VT0 o"ywv avTwv h ratç ào^at; sivat (Thucyd., 

VI, 54. Cf. Hérodote, I, 59). 

L'Aristophane qui admirait tant les épodes d'Archiloque 
est-il le poète comique (p. 277) ou le grammairien? V. Nauck, 
Aristophanis Byzantii fragmenta (Halle, 1848), p. 249. 

Nous croyons que le célèbre égyptologue Mariette a porté le 
titre de bey et non celui de pacha (p. 298). 

Les citations ne sont pas toujours exactes (par exemple, p. 24, 
note 8, lisez Hérodote 2, 79, au lieu de 1, 79). 




COMPTES RENDUS. 



57 



L'historique de la question homérique est incomplet. M. Sittl 
ne parle pas de l'influence que la découverte des scolies de Vil- 
loison a exercée sur les idées de Wolf. 

Les indications bibliographiques présentent des lacunes (pour 
n'alléguer qu'un seul exemple, à l'article d'Aristéas de Procon- 
nèse, la dissertation de M. Tournier est passée sous silence). 

On rencontre souvent dans le texte de longues citations grec- 
ques et latines : cela produit un effet désagréable. Les rensei- 
gnements sur les manuscrits, les éditions, etc., devraient être 
rejetés en note ou mis en appendice. Sous sa forme actuelle, 
l'ouvrage de M. Sittl ressemble trop aux cahiers d'un cours 
universitaire allemand. Ce sont là, sans doute, des détails secon- 
daires; mais on aimerait à voir une histoire de la littérature 
grecque se présenter au public sous un aspect moins pédantes- 
que. 

Les petites imperfections que nous avons relevées n'ôtent rien, 
au fond, à l'utilité du livre qui est assurément l'œuvre d'un 
esprit distingué. 



Histoire de Belgique, par Jules Roland, régent à l'école 
moyenne de Namur. Wesmael-Charlier, rue de Fer, 51 — 
in-12°, 176 pages. 

La nouvelle publication de M. Roland doit servir de com- 
plément à son Histoire universelle, et former pour ainsi dire le 
couronnement du Deuxième cours concentrique d'histoire, porté 
au programme de l'enseignement moyen du premier et du second 
degré. 

« Ce n'est pas chose facile, dit Michelet, d'abréger dans une 
» proportion convenable, de choisir entre les faits selon leur 
» importance relative, d'omettre et de supprimer à propos, 
» souvent de resserrer et de concentrer. » La difficulté devient 
plus grande encore lorsqu'il s'agit de renfermer les faits si 
variés et si complexes de notre histoire nationale dans un livre 
peu volumineux et destiné à de jeunes élèves. 

Ce qu'on peut surtout exiger dans un travail de ce genre, c'est 
le discernement dans le choix des faits, la clarté d'exposition et 
l'exactitude. Nous nous proposons d'examiner rapidement si 
l'auteur a satisfait à ces conditions essentielles. S'il veut bien 



P. Thomas. 




58 



COMPTES RENDUS. 



se rappeler que nous sommes les premiers à reconnaître les 
difficultés de sa tâche, il se convaincra que, seul, l'intérêt de 
l'enseignement nous a guidé dans les critiques que nous aurons 
à formuler. 

M. Roland commence son travail à l'époque préhistorique et 
le mène jusqu'aux fêtes nationales de 1880. Il divise cette vaste 
matière en douze périodes : la période barbare, la période 
romaine, la période féodale, la période communale, la période 
bourguignonne, la première période autrichienne, la période 
espagnole, la seconde période autrichienne, la période française, 
la période hollandaise, la période d 1 indépendance. 

Nous avons tout d'abord quelques observations à présenter 
sur cette division. Il nous semble qu'il n'y aurait aucun incon- 
vénient à supprimer la première période. La Belgique n'entre 
sur la scène de l'histoire qu'avec les Romains; tout ce qui pré- 
cède l'arrivée de César est du domaine des conjectures et des 
discussions historiques, et par conséquent nullement à la portée 
des écoliers. De plus, ce que l'auteur dit des populations pre- 
mières se rapporte, à part la note sur les cavernes, à l'homme 
préhistorique, et non pas spécialement aux Belges. Il pourrait 
se borner à dire quelques mots sur ce sujet en commençant 
la période romaine. — La quatrième et la cinquième période 
nous semblent pouvoir difficilement se séparer, car la féodalité 
et les communes ont coexisté; tout au plus pourrait-on dire 
qu'elles marquent plus spécialement la première et la der- 
nière partie d'une époque, à laquelle on donnerait, par exemple, 
pour titre : La Belgique divisée en États particuliers, ou bien 
encore : Période féodale et communale. — Nous ne pouvons 
absolument pas accepter l'intitulé : première période autri- 
chienne; il faudrait dire: La Belgique sous des princes de la 
maison d'Autriche. M. Roland, en effet, ne doit pas oublier 
qu'à l'époque indiquée (1482 à 1555), il n'existait pas de monar- 
chie autrichienne; que Maximilien, après la mort de Marie de 
Bourgogne, fut seulement régent de notre pays; que le vrai 
souverain, Philippe le Beau, ne fut jamais duc d'Autriche ; et 
que, dès 1521, Charles-Quint avait cédé à son frère Ferdinand 
ses états autrichiens. — Enfin, nous préférerions : période 
hollando-belge; mais l'expression période hollandaise est reçue, 
et nous ne voulons pas avoir l'air de chicaner. 

Nous parlions du choix des matières; il est généralement 




COMPTES RENDUS. 



59 



satisfaisant. Quelques parties néanmoins pourraient être élimi- 
nées, parce qu'elles sont plutôt du domaine de l'histoire géné- 
rale; tout au moins, pourraient-elles être réduites. Telles sont 
Clovis (p. 16), Charles- Martel et Charlemagne (p. 20-22), Pre- 
mière Croisade, etc. (p. 4G-51), luttes de Charles-Quint contre 
François /, contre les Turcs et contre les protestants (p. 101-103), 
les guerres de Louis XIV (p. 122-123). — En faisant ces réduc- 
tions, Fauteur gagnerait de l'espace, ce que lui permettrait, 
sans augmenter l'étendue du livre, de développer plus ample- 
ment d'autres points d'un intérêt purement belge. 

Depuis Charlemagne jusqu'aux ducs de Bourgogne, l'histoire 
de Belgique devient un labyrinthe qui, surtout au point de vue 
de l'enseignement, paraît inextricable à bien des gens. L'auteur 
s'est tiré habilement de ces difficultés. Il commence par ex- 
poser les faits les plus importants des diverses principautés 
belges jusqu'à l'époque des Croisades, sans se perdre dans 
les menus détails ni dans les broussailles généalogiques. Nous 
demanderons seulement pourquoi M. Roland ne dit pas un 
seul mot, ne fût-ce qu'à titre de simple mention, de la princi- 
pauté ecclésiastique de Stavelot-Malmédy. Nous lui ferons ob- 
server encore que le chapitre I, intitulé le régime féodal en 
Belgique, est applicable à la féodalité seigneuriale de tous les 
pays, et par conséquent pourrait être considérablement écourté. 
— Après avoir traité des croisades dans un chapitre parti- 
culier, l'auteur continue l'histoire des principautés dans une 
cinquième période qu'il appelle communs.de, mais qui, nous 
le répétons, devrait être fusionnée avec la précédente. 

Le livre est en général bien raconté; le style est simple, 
coulant, sans recherche. Malheureusement, il y a beaucoup 
d'inexactitudes. Elles ne sont pas toutes de même nature ni 
d'égale importance. Les unes proviennent, en quelque sorte 
forcément, de la grande concision du récit. En effet, les actions 
collectives ou individuelles sont généralement complexes; à 
force de vouloir dégager trop succinctement les faits, on aboutit 
souvent à leur faire perdre leur physionomie réelle, et, d'autre 
part, on arrive à supprimer le rapport de l'un à l'autre, ce qui 
nuit à l'exactitude de l'ensemble. Il est vrai que l'enseignement 
oral du professeur peut aisément suppléer à ce défaut; aussi 
ne voulons-nous pas y insister davantage. — D'autres erreurs 
résident dans des énonciations inexactes et dans des définitions 




60 



COMPTES RENDUS. 



incomplètes ou erronées. En voici quelques exemples : La che- 
valerie remonte au temps de Charlemagne (p. 26). — Les serfs, 
vilains ou manants appartiennent au seigneur au même titre 
que ses animaux et ses métairies (p. 27); il faudrait distinguer 
entre Y esclavage et la servitude, et encore y avait-il des degrés 
dans celle-ci. — La châtellenie oVYpres rangée parmi les fiefs, 
au même titre que le comté de la Roche, le duché de Bouillon, 
etc. (p. 31). — Ils (les bourgeois) nommaient les magistrats, etc. 
(p. 52) ; assertion inexacte en principe, et, dans tous les cas, 
trop générale. — Le conseil de la Commune, généralement 
composé de vingt-quatre membres, représentait les gens des 
métiers (?) (p. 53). — Elle (Bruges) communiquait par des canaux 
avec Gand!! etc. (p. 56). — Robert d'Artois était le cousin et 
non le frère de Philippe -le-Bel. — Page 75, les conditions de 
la paix entre la France et la Flandre ne sont pas d'une exac- 
titude rigoureuse. — Même observation pour l'histoire de 
Jacques Van Artevelde, que l'auteur fait tour à tour doyen des 
tisserands, grand doyen des métiers et Ruwaert de Flandre, trois 
qualités qu'il n'eut jamais. Son rôle comme capitaine de Gand 
n'est pas assez clairement exposé, et M r Roland ne dit rien d'un 
de ses actes les plus importants, savoir le traité d'union entre le 
Brabant, la Flandre et le Hainaut! Enfin, Gérard Denys était 
le grand doyen des tisserands et l'ennemi personnel de Van 
Artevelde, tandisque le meurtrier s'appelait Thomas Denys et 
était un savetier, ou peut-être un sellier. — Pour l'entrée en 
scène de Philippe Van Artevelde, il n est pas vrai de dire qu'il 
était resté inconnu jusqu'alors, et il est puéril de dire qu'il pas- 
sait ses journées à pêcher dans l'Escaut. — Page 81, les paroles 
placées dans la bouche d'un Gantois sont-elles bien exactes, 
et l'incident s'est-il passé de cette manière? — P. 89, qu'est- 
ce que la haute cour de Justice, siégeant dans la capitale? — 
P. 97, l'auteur ne parle pas du Grand Privilège de Marie de 
Bourgogne. — P. 102, il ne mentionne pas, dans les traités 
de Madrid et de Cambrai, l'article qui, seul, est vraimeut 
important au point de vue de notre histoire nationale, savoir : 
la renonciation de la France à sa suzeraineté sur la Flandre et 
l'Artois — P. 104, il faudrait dire Bernard Van Orley, pour 
le distinguer des deux autres peintres du même nom. — P. 105, 
pourquoi ne pas nommer la Concession Caroline? — P. 109, il 
fut érigé quatorze nouveaux évêchés, et non treize. — P. 114, 




COMPTES RENDUS. 



61 



il n'est pas exact de dire que la Pacification de Gand accorda 
le libre exercice du culte protestant aussi bien que de la religion 
catholique. — P. 119, on ne peut dire que les Archiducs firent 
exécuter, dans toute leur rigueur, les placards contre les pro- 
testants. — Toujours à propos d'Albert et d'Isabelle, on pourrait 
croire, d'après le texte, que l'ordre des Jésuites venait d'être 
fondé; or, il existait depuis 1540. — Page 119, l'auteur cite 
le sculpteur Duquesnoy; nous supposons qu'il veut désigner 
François Duquesnoy, puisque son frère Jérôme ne devint 
célèbre qu'après la mort d'Albert; du reste, nous sommes sur- 
pris d'apprendre que les Duquesnoy aient dû leur célébrité à 
leurs bas-reliefs. — Page 120, l'auteur répète une erreur, déjà 
commise à la page 103 : la Paix d'Augsbourg avait accordé le 
libre exercice de leur religion aux Luthériens, et non aux autres 
protestants. — P. 121, il n'est pas établi de distinction suffisante 
entre la Paix générale de Westphalie et le traité particulier 
de Munster. Il aurait fallu ajouter que la fermeture de l'Escaut 
existait déjà en fait depuis la prise d'Anvers par le duc de 
Parme ; le traité ne fit donc que consommer la ruine de cette 
ville. — P. 122, le droit de dévolution, n'est pas assez exactement 
défini. — P. 134, Joseph II n'institua de séminaire général qu'à 
Louvain; celui de Luxembourg était appelé filial. — P. 135, le 
programme attribué par l'auteur aux Vonckistes est évidemment 
exagéré. 

Nous ne voulons pas allonger davantage cette liste $ errata ; 
beaucoup de ces imperfections, surtout les fautes d'omission, 
seront, nous le disons encore, aisément corrigées par l'enseigne- 
ment oral. Nous n'insisterons pas non plus sur quelques erreurs 
matérielles : des noms propres mal orthographiés, comme De 
Coninck et Agneessens (ce dernier, soit dit en passant, n'était 
pas doyen, mais syndic de la nation de S fc Nicolas) ; des distrac- 
tions, comme celle de parler de Froissart à propos du règne 
de Philippe-le-Bon et de placer Memlinc avant les Van Eyck 
(nous ferons aussi remarquer, à cette occasion, que Jean de 
Bruges et Jean Van Eyck sont deux personnages différents); 
des dates fautives : 623, 647, 691 (p. 19) ; 1429 au lieu de 1430, 
pour l'institution de la Toison d'or (cette légère erreur d'un an 
peut provenir du reste de ce que Fauteur n'a pas fait la distinc- 
tion entre le vieux style et le nouveau); page 96, 5 janvier pour 
7 janvier; (p, 118) 1603 pour 1604. etc. — Si nous parlons 




62 



COMPTES RENDUS. 



de ces erreurs, c'est qu'elles sont particulièrement regrettables 
dans un manuel classique. Il importe que l'élève ne reçoive pas 
des notions fausses, qu'il lui faudra redresser dans la suite; il 
importe surtout qu'il ait confiance dans le livre qu'il emploie 
et n'apprenne pas à le dédaigner pour des fautes qui souvent 
ne sont que des vétilles. 

M. Roland termine son livre par des notions générales sur 
la constitution. Ce chapitre est bien fait, et nous n'avons que 
peu d'observations à présenter. Au numéro traitant de la liberté 
d'association, il faudrait ajouter dans un lieu couvert; — à celui 
relatif au droit de pétition, il faudrait faire suivre le verbe 
adresser du mot individuellement; — p. 167, nous voudrions 
ajouter après le pouvoir judiciaire, les mots : qui applique la loi, 
c est-à-dire qui punit, etc.; — p. 168, nous ferons remarquer 
que les tribunaux de première instance sont à la fois des tri- 
bunaux civils et correctionnels. — Enfin, si le Gouverneur est 
le représentant du Roi, peut-on en dire autant du bourgmestre? 

Nous approuvons également Y Appendice, dans lequel l'auteur 
a extrait de l'histoire des concours généraux de Discailles les 
questions d'histoire proposées au concours général des écoles 
moyennes, de 1854 à 1833, et les a mises en rapport avec la 
pagination de son livre. C'est une idée aussi heureuse que pra- 
tique, en ce qu'elle permettra au professeur et aux élèves de 
faire d'incessantes et utiles répétitions. P. J. Wouters. 



Fred. Godefroy. Dictionnaire de l'ancienne langue 
française. Paris, Vieweg, 1830-1883, tomes I et II, tome III 
(pp. 1-430). 

Je me flatte d'avoir été un des premiers à saluer ou, pour 
parler à l'antique, à bienveigner cette précieuse publication, à 
laquelle tout explorateur du passé politique, social, littéraire et 
scientifique de la France ne saurait marchander l'expression ni 
de sa gratitude, ni de ses encouragements. Elle n'était parvenue 
encore qu'à son 5 e fascicule, quand, en mars 1881, dans les 
colonnes de feu V Athenœum belge, j'en exposai le plan, le cadre, 
la méthode, sans réprimer certaines doléances que son mente 
même devait nécessairement faire naître chez un lecteur bien- 
veillant. Depuis, des critiques plus autorisés que moi ont, dans 
diverses contrées de l'Europe, fait entendre leur voix sévère sur 



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COMPTES BENDUS. 



63 



l'œuvre de M. Godefroy. Tout en mettant à nu certains vices 
originels, imputables pour une grande part aux circonstances, 
qui n'ont pas permis à Fauteur d'exécuter son édifice dans son 
plan primordial, tout en signalant certains côtés défectueux, ils 
sont uîianimes quant à la haute utilité de l'entreprise et à sa 
supériorité scientifique relativement aux tentatives faites 
jusqu'ici. Il m'a semblé convenable, à l'égard d'une œuvre d'une 
conception si hardie, d'une exécution si hérissée de difficultés et, 
matériellement parlant, d'une étendue si vaste, d'y reporter de 
loin en loin l'attention de notre public belge, ne fût-ce que pour 
le tenir au courant de sa marche. 

Je viens donc l'informer qu'au moment où j'écris, j'ai par 
devers moi, du Dictionnaire de Godefroy, 27 fascicules, soit, 
d'après le plan, au-delà du quart de l'ensemble (ils en consti- 
tuent les 1 er et 2 e tomes et plus de la moitié du 3 e ), et je 
m'empresse d'ajouter que le maniement quotidien de cet 
immense répertoire n'a refroidi en aucune manière le sentiment 
de franche sympathie qu'il m'avait inspiré dès son éclosion. Les 
fautes de détail, les lacunes, voire même les petites étourderies 
qu'on y rencontre par-ci par-là, sont inséparables d'un travail 
de cette nature; on doit s'y attendre, et celui qui a cultivé 
quelque peu le champ de la lexicographie ancienne ne s'en 
offusquera pas outre mesure. Ces peccadilles, d'ailleurs, sont 
noyées dans l'infinité de vérités, de faits certains, que nous 
voyons là pour la première fois produits ou pour la 
première fois démontrés et elles ne peuvent compromettre le 
mérite de l'auteur. Nous verrons sans doute journellement surgir 
quelque savant, ou même quelque profane, pour révéler à 
celui-ci tel vocable omis ou indûment recueilli, telle acception 
négligée, telle preuve suspecte; cela est légitime, désirable et 
même conforme au vœu de l'auteur, qui en fera son profit, à la 
condition que ces indications soient faites sans esprit de 
reproche ou de présomptueuse humiliation. M. Godefroy, tous 
ses critiques l'admettent, a plus lu qu'aucun érudit en Europe, il 
était mieux armé, mieux outillé que pas un, mais il n'a pas tout 
lu, parcouru tous les parchemins, feuilleté tous les documents. 
Devait-il, pour cela, ajourner la mise en œuvre des richesses 
rassemblées dans ses cartons pendant trente années de recherche, 
et se priver de la juste satisfaction de les voir profiter de son 
vivant aux générations contemporaines? Personne n'oserait 




COMPTES RENDUS. 



l'affirmer. Ainsi qu'il nous l'annonce lui-même dans un Avertis- 
sement placé en tête du t. II, il se tient au courant de toutes 
les lectures nouvelles, enregistre scrupuleusement les omissions 
ou fautes signalées au profit d'un vaste supplément, pour lequel 
il a, dit-il, déjà réuni, rien que pour les quatre premières 
lettres, au moins 600 mots nouveaux et 1020 compléments 
d'articles. 

Pour faire apprécier combien le mouvement courant de la 
science doit tenir en haleine l'auteur intrépide du Diction- 
naire — pour lui une entreprise exclusivement scientifique et 
non pas mercantile — je désire porter l'attention des lecteurs de 
la Revue sur une expérience personnelle faite à ce sujet sur une 
publication belge toute récente : je veux parler des Poésies de 
Gille le Muisit, publiées par M. le baron Kervyn de Lettenbove, 
d'après un manuscrit de Lord Ashburnam. J'ai lu ces deux 
gros volumes d'un bout à l'autre; naturellement l'intérêt 
linguistique a, dans cette lecture, primé chez moi l'intérêt 
littéraire (et en disant cela, je n'entends aucunement amoindrir 
ce dernier), à tel point que j'en ai composé un glossaire à mon 
usage. Quoique la langue employée par l'abbé de Saint-Martin 
de Tournai, à part quelques idiotismes du terroir et certaines 
licences de versificateur, soit du bon français au même titre que 
celle de Froissart et de son compatriote Philippe Mousket, j'ai 
pu — au point de vue où je me place ici, celui de démontrer 
l'importance que la publication belge doit avoir pour le lexico- 
graphe de Paris, ainsi que l'utilité que l'éditeur de celle-ci 
aurait pu tirer du Dictionnaire de M. Godefroy — j'ai pu, dis-je, 
constater les faits suivants. 

Dans les deux lettres A et B seules, j'ai relevé dans Gille 
les mots ci-après comme absents dans Godefroy, soit absolu- 
ment, soit comme signification : Adodemwé (dodeliné; G. donne 
le simple dodemiyié) , acuffardi (paresseux; G. a cuffart), affadir 
(affaiblir., airun (toutes sortes de fruits ou d'herbes aigres; ital. 
agrume), aletier (allaiter; G. n'a que le sens téter), s'amasser 
(s'enrichir, thésauriser), ambier (avoir de l'ambition; mot de 
formation savante); asaner (assembler; mot wallon), basener 
(buller, propr. écrire sur basane), biser (courir, tig. courir le 
monde, avoir l'esprit volage), blerer (aveugler), briller (prendre 
au piège, tromper); bongresie (forme de bovgrerie créée sous 
l'influence iïeresie). La plupart de ces mots ont été recueillis 




COMPTES RENDUS. 



65 



dans le glossaire de M. le baron Kervyn *, bien qu'en partie 
avec des interprétations que je ne puis accepter; à leur égard 
l'académicien belge aurait donc vainement recouru à l'ouvrage 
de Godefroy, mais pour beaucoup d'autres cas il a eu grand 
tort de le négliger, quelque peu avancé qu'il fût encore. Il 
aurait ainsi échappé (toujours en ce qui concerne A et B) à des 
méprises telles que les suivantes : 

Accourser, maîtriser (lisez : faire courir), 

Adosser, combattre (lisez : repousser), 

Affait, frappés de mort (lisez : tout à fait), 

A forain, appartenant au pays (lisez : étranger), 

Assouffir, suffir (lisez : contenter). 

Là où la tâche du lexicographe devient plus ardue et plus 
délicate, c'est quand il s'agit de contrôler les faits qui lui 
sont présentés affirmativement dans les glossaires spéciaux qu'il 
lui incombe de dépouiller. C'est là qu'il lui faut user de pru- 
dence et de méfiance, quelque haut que soit le crédit que le 
premier éditeur de tel texte semble mériter. Ainsi, toujours à 
propos de Gille le Muisit et dans les limites des deux pre- 
mières lettres de l'alphabet, je dois tenir l'auteur du Diction- 
naire en garde contre les articles ci-après du glossaire ajouté 
au texte de M. le baron Kervyn, qui pour la plupart reposent 
sur une lecture erronée. 

« Accurer, prendre soin » . L'éd. a lu « quant au conter m'ac- 
cure » ; or il n'y a pas de doute qu'il ne faille lire mac cure; 
l'expression mettre cure et la forme de présent mac (= mets) 
sont constantes dans Gille, tandis que s 1 accurer est inconnu. 

« Afflirer (s'), s'affliger». Dans la phrase : « tu la dois djre 
De coer dolant et t'y afflire » , ce dernier mot n'est pas un 
impératif, mais un infinitif, très régulier et très répandu, 
répondant au lat. affligere. Notre mot affliger n'apparaît pas 
avant le XVI e siècle. 

Apperch est la l re ps. sg. prés. ind. de apparoir et n'a rien 
à faire avec approchier. 

« Asplés, affaibli, à la lettre : dévidé». Cette traduction est 
peu probable, et d'ailleurs le vers réclame un mot en trois 
syllabes et une rime en olés (aspolés ou espolés). 

« Aventet, p. avenantet, estimé, prisé». Il n'existe pas de 



* Je n'y vois manquer que s'amasser et briller. 
tome xx vu. 5 




66 



COMPTES RENDUS. 



précédent d'une contraction telle qu'elle est admise ici. Voici le 
texte du passage : « De trestoutes sciences seroient aventet » . 
Or il y a là tout bonnement une erreur de copiste pour arentet. 

« Avuiler = aviler, avilir » . Un verbe avuiler n'existe pas 
plus que le sens qu'on lui prête ne serait admissible ; d'ailleurs la 
rime exige un mot se terminant en uler; je lis donc : Il mettent 
leur ententes à leurs biens amuler (mettre en meules, entasser); 
les jambages de vui sont aussi ceux de mu. 

« Bender, tourmenter ». Non pas; lisez « lier ». 

Biesser == User (courir) selon l'éditeur. Impossible; je tiens 
le mot pour une forme secondaire de bierser, pourchasser. 
Voici les deux cas où je l'ai rencontré : Que Sathan de nous 
n'ait occasion de biesser (I, 119); Mieuls vault à chou penser que 
ces biestes biesser (I, 310). — Phil. Mousket le connaissait aussi ; 
au v. 24812 on lit : Or l'avoient si degietée Qu'ele estoit comme 
ourse biesée; v. 26085 : Ne pour morir ne pour biecer N'en peuïst 
uns dedens entrer. M. de Reiffenberg y voyait bien à tort le mot 
blesser. 

Les particularités qui précèdent, je le répète, ont été placées 
sous les yeux de nos lecteurs dans le seul but de les disposer 
à l'indulgence envers l'auteur du Dictionnaire, quand il lui 
arrive de se rendre coupable soit d'une faute d'omission, en 
passant sur un mot tout nouvellement exhumé, soit d'une faute 
de commission, en accueillant des assertions étrangères trop 
aventureuses. Les exemples cités serviront en même temps à 
signaler à M. Godefroy tout le profit qu'il pourra tirer, pour la 
suite du Dictionnaire et le Supplément qu'il nous promet, d'une 
lecture attentive du poète tournaisien tant en ce qui concerne 
les vocables peu connus dont il se sert, que pour des acceptions 
dignes d'être signalées. Mais, en écrivant ces lignes, je m'apper- 
çois, que mes recommandations sont tardives. En effet, les trois 
derniers fascicules de l'ouvrage (25-27, litt. ENV-ESR) me font 
voir que les Poésies de l'abbé de Saint-Martin figurent dès 
maintenant parmi les monuments littéraires dépouillés. J'ai 
remarqué aussi que cette exploitation scientifique des deux 
volumes belges se fait avec discernement ; qu'on a ainsi refusé 
l'accueil à l'adj. escleuquier = boiteux (car il faut lire esclenquier, 
gaucher), et laissé le sens $ escapurielle (« escapades », selon K.) 
en suspens. Mais, d'autre part, n'a-t-on pas admis trop affirma- 
tivement d'aulres articles du glossaire de M. le baron Kervyn 
qui méritaient u'être examinés de plus près? Je cite parmi 




COMPTES RENDUS. 



67 



ceux-ci escandit : diffamé (« Or parlés mains, dans abbes, nous 
sommes escandites ») 1 ; — sour escouvet : selon K. « au hasard », 
selon G., « en se cachant, en usant de précautions » (G. fonde sa 
traduction sur un subst. escouvet, cachette, mais il ne justifie pas 
la supposition de ce dernier); — escoussin, dans le passage 
suivant : 

Plumes pluseurs assembleras 
Et en un mont les metteras 
S'en feras kieutes et coussins 
Des plumes et des escoussins.... 

où K. traduit par duvet, God. par oreiller*. 

Mais faisons trêve à ces détails; il est temps que je cesse 
de vouloir conduire en quelque sorte le lecteur dans le labora- 
toire même où se forge cette œuvre grandiose qui s'appelle le 
dictionnaire Godefroy. J'en ai suffisamment fait ressortir la 
portée et le mérite, pour oser espérer de lui avoir gagné la 
sympathique estime de nos travailleurs. C'est de tout cœur que 
je souhaite au robuste pionnier qui a osé l'entreprendre de 
pouvoir le poursuivre et l'achever avec le même bon courage 
qui n'a cessé de l'animer jusqu'ici. Pour nous rassurer à ce 
sujet, l'Avertissement du t. II nous apprend que M. Godefroy 3 , 
tout en conservant la haute direction et la responsabilité de 
l'œuvre, s'est attaché quelques collaborateurs dignes de toute sa 
confiance : en premier lieu M. J. Bonnard, un des meilleurs 
élèves de M. Gaston Paris, qui consacrera à la publication la 
plus grande partie de son temps, puis deux autres philologues 



I Je traduis «< échauffé irrité », voy. mon Gloss. de la Geste de Liège, 
sub verbo escandir. 

" Le passage, qui est allégorique, est mal ponctué, ce qui en rend 
l'intelligence impossible. L'éditeur n'a pas remarqué qu'il faut une 
virgule à la fin du 2e, et un point à la fin du 3 e vers. Le poète va nous 
exposer ce qu'il entend par ces plumes et ces coussins et poursuit ainsi : 

Des plumes et des escoussins 
Enkierke tout, si sentiras 
Comment à tout le fais iras. 

II en résulte que escoussins n'est qu'une variété de forme de coussin, 
comme es fondre de foudre. 

3 Qu'il me soit permis de lui signaler deux errata qui viennent de me 
frapper. Ad v. escouvet 1. dans la 1« citation de Gille le Muisit : Se dient 
chou k J il ont, au lieu de Le dit chou h? il out, et II, 6 au lieu de I. 6. Au mot 
escoussin, 1. s'en feras (et non fera). 



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68 



COMPTES RENDUS. 



de mérite, MM. L. Taulier, ancien professeur au lycée de Lyon, 
et A. Delboulle, professeur au lycée du Havre, connu par ses 
Matériaux pour servir à l'histoire du français. 



MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 

ADMINISTRATION DE L'ENSEIGNEMENT MOYEN. 

COURS DESTINÉS FORMER DES PROFESSEURS DE LANGUES MODERNES ET DES 
PROFESSEURS APTES A ENSEIGNER EN FLAMAND L'HISTOIRE ET LA 
GÉOGRAPHIE. — ADMISSION D'ÉLÈVES. 



Vu l'arrêté royal du 28 décembre 1883 qui autorise le Ministre de 
l'instruction publique à prendre les mesures nécessaires pour l'organisa- 
tion, à titre provisoire et d'essai, à l'université de Gand, des deux premières 
années d'études d'une section spéciale destinée à la formation de profes- 
seurs capables d'enseigner en flamand l'histoire et la géographie dans les 
athénées et collèges, section dont la première année d'études sera 
commune aux élèves qui voudront suivre ultérieurement 1rs cours de la 
section pour la formation de professeurs de langues modernes à la même 
université ; 

Vu les avis ministériels en date des 7 et 27 décembre 1883 relatifs aux 
admissions à ces deux années d'études ; 

Vu les procès-verbaux du jury qui a été chargé de procéder à l'examen 
d'admission, 



Art. 1 er . Sont admis à suivre, pendant l'année 1884, les cours de la 
section spéciale, organisée à l'université de Gand, pour la formation de 
professeurs capables d'enseigner en flamand l'histoire et la géographie 
dans les athénées et collèges, les jeunes gens dont les noms suivent, 
savoir : 

A. — En qualité d'élèves de la première année d'études. 
MM. Pilatte, Césaire, de Lede; 

Mulder, Jean-Georges, d'Anvers; 
Teirlinck, Jules, de Somergem. 

B. — En qualité d'élève de la deuorième année d? études. 
M. Buyse, Robert, de Rumbeke. 

Art. 2. M. l'administrateur-inspecteur de l'université de Gand est 
chargé de l'exécution du présent arrêté. 



AUG. SCHELEE. 



ACTES OFFICIELS. 



Le Ministre de l'instruction publique, 



Arrête : 




PÉBIODIQUES. 



69 



PÉRIODIQUES. 



En donnant les sommaires d'un certain nombre de recueils 
périodiques, nous n'indiquerons pas toujours tous les articles 
qui y sont contenus ; nous signalerons surtout ceux qui nous 
paraîtront de nature à intéresser spécialement les professeurs 
et les hommes d'étude qui lisent notre Revue. 



Revue critique d'histoire et de littérature, recueil hebdomadaire publié 
sous la direction de MM. S. Guyard, L. Havet, G. Monod, G. Paris. 

Sommaire, du 1 Janvier 1884 : Chronique de Jean, évêque de Nikiou, 
p. p. Zotenberg (Rubens Duval). — Corpus des inscriptions latines, 
vol. IX p. p. Mommsen (Robert Mowat). — Babeau, La vie rurale dans 
l'ancienne France (A. Gazier). — Correspondance : Le t initial devenu d 
en français. — Variétés : Ch. Clermont-G-anneau, Notes d'archéologie 
orientale. — Tamizey de Larroque, La correspondance de Peiresc et le 
vol de Libri. — Du 7 : Riess, Encore l'année de la naissance de Jésus 
(M. Vernes). — Bohn, La patrie des prétoriens (Camille Jullian). — 
Seelsender, Le comte Seckendorff et la polémique du traité de Fuessen. — 
Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France, 
1. Autriche, p. p. Albert Sorel. — Frédéric II, De la littérature alle- 
mande, p. 'p. L. G-eiger (A. C). — Variétés : Les noms des rois mages 
(G. P.). — Thèses de M. de La Blanchère : Le roi Juba et Terracine, 
essai d'histoire locale. — Du 14 : Réville, Les religions des peuples non 
civilisés (James Darmesteter). — O. E. Hartmann, Le calendrier romain 
(Camille Jullian). — Les propos de table de Luther, p. p. G-ibb (J. D.). — 
Pajol, Les guerres sous Louis XV, II. (A. C). — Les Tragédies de Robert 
Garnier, p. p. W. Foerster (P. DeNolhac). — Du 21 : G-oblet d'Aviella, 
L'évolution religieuse contemporaine chez les Anglais, les Américains et 
les Hindous (James Darmesteter). — Mordtmannet Muller, Monuments 
sabéens ; J. et H. Derenbourg, Etudes sur l'épigraphie du Yémen (J. 
Halévy). — K. Halm, Les discours attribués à Juste Lipse (P. De Nolhac). 
— Du 28 : Le Journal de Burchard, II, p. p. Thuasne (L. P.). — Thèses 
de M. Loth : Le mot Aremorica et L'émigration bretonne en Armorique 
du V e au VII e siècle de notre ère. — Du 4 Février : Beaudouin , Étude 
sur le jus italicum (Camille Jullian). — Le premier registre de Philippe 
Auguste, p. p. Leop. Delisle (Julien Havet). — L'écrit de Martin de 




70 



PÉRIODIQUES. 



Braga contre les « rustici », p. p. Caspari (Y). — Molière, tome VIT, p. 
p. P. Mesnard (A. Gazier). — Mahrenholtz, Voltaire jugé par ses con- 
temporains (C. J.). — Mailly, Histoire de l'académie impériale et royale 
des sciences et belles-lettres de Bruxelles (C). 

Revue de philologie , de littérature et d'histoire anciennes, nouvelle 
série, continuée sous la direction de MM. O. Riemann et E. Châtelain, 
Année et tome VII. 4 e livraison. 31 Décembre 1883. 

Sommaire : Varroniana, par Louis Havet. — Afranius, Vopiscus, par 
L. Havet. — Glossematica, par G. Loewe. — Note paléographique, par 
A. Jacob. — Cicéron, de oratore II, 52, 200, par Max Bonnet. — Cicéron, 
Verrines v, 43, 113, par E. Thomas. — Bulletin bibliographique. — Revue 
des Revues et publications d'Académies relatives à l'antiquité classique. 

Sooiété royale belge de Géographie. Bulletin publié par les soins de 
M. J. Du Fief, secrétaire général de la société; 7 e année. 1883. N° 6. 
Novembre-Décembre. 

Sommaire : E. Hennequin. Le premier méridien et l'heure universelle 
à la septième conférence géodésique internationale. — A. Harou. Géogra- 
phie locale : La commune de Bois-d'IIaine. — Ardouin. L'exploration du 
Grand Bélédougou. — E. Hennequin. Le district de Kimberley. — Lieute- 
nant Massari. La traversée de F Afrique de la mer Rouge au golfe de 
Guinée. — Géographie commerciale. — E. Suttor. Chronique géographique. 

— Régions polaires. Asie. Afrique. Amérique. 

Blàtter fur das Bayerische G-ymnasialschulwesen, redigiert von 
Dr. A.Deuerling. Miinchen, Lindauersche Buchhandlung. 1883. 

Inhalt des X. Hcftes. 
. Janssens Geschichte des deutschen Volkes und die philologische Kritik, 
von J. Haussleiter. — Xenoph. Hellenica, von K. Geist. — Annulus 
Polycratis, von Fr. Scholl. — Kritische Bemerkungen zu Caes. bell. gall., 
von K. Metzger. — Kleine lexikalische Beitrâge aus Froiito, von E. Ebert. 

— Blaydes H. M., Aristophonis Aves, angez. v. N. Wecklein. — Stich 
Joannes, D. Imperatoris Marci Antonini commentariorura quos sibi ipsi 
scripsit libros XII, angez. v. Dr. C. Franklin Arnold. — Schmitz Guilel- 
mus, Monumenta tachygraphica, angez. v. Dr. F. Ruess. — Drâger 
Dr. A., Die Annalen des Tacitus, angez. v. G. Helmreich. — Willems P., 
Le sénat de la république Romaine, angez. von M. Rottmanner. — 
Vanicek Alois, Etymologisches "Worterbuch der lateinischen Sprache, 
angez. v. Dr. Georg Orterer. — Muth Richard v., Mittelhochdeutsche 
Metrik, angez. v. O. Brenner. 

Jahresberioht ûber die Fortschritte der classisohen Alterthums- 
wissenschaft, herausgegeben von Iwan Mùller. 1883. Drittes Heft. 
Berlin, Calvary. 

Dritte Abtheilung. Jahresbericht ûber die rômischen Staatsaltertùmer 




PÉRIODIQUES. 



71 



fur 1882. Von Dr. Hermann Schiller, Gyranasial-Direktor und Universi- 
tàts-Professor in Giessen. 

Bericht ùber die die romischen Privât- und Sacral- Alterthûmer 
betreffende Litteratur des Jahres 1882. Von Prof. Dr. M. Voigt in Leipzig. 

Neue Jahrbûcher fur Philologie und Paedagogik, herausgegeben von 
D r Alfred Fleckeisen und Dr. Hermann Masius. Leipzig, Teubner 1883. 

Zehtes und elftes heft. 

Erste Abteilung (127r Band). — Das erste jahr des peloponnesischen 
krieges, ein beitrag zur chronologie des Thukydides. (schlusz.) von 
H. Mûller-Strùbing in London. — Zu Xenophons anabasis [III 4, 19-23]. 
von R. Bûnger in Gorlitz. — Anz. v. F. Week : beitràge zur erklàrung 
Homerischer personennamen (Metz 1883). von K. Schirmer in Metz. — 
Homerisches. von K. Frey in Beru. — Zur kritik des Aischylos. von 
H. Stadtmùller in Heidelberg. — Zu Euripides. von H. Gloël in Berlin. — 
Zu Ciceros Cato maior. von J. Ley in Saarbrûcken. — Vermischte 
beraerkungen von F. Rùhlin Kônigsberg. — Zu Athenaios. von K. Ohlert in 
Berlin. — Zur erklàrung und kritik der Homerischen gedichte. II. von 
A. Gemoll in Wohlan. — Pausanias und Olympia, von G. Hirschfeld in 
Kônigsberg. — Zu Tiberianus [II 24]. von K. Rossberg in Norden. — Zu 
Vergilius Aeneis [I 363— 400]. von L. Mejer in Hannover. — Die conso- 
nantengemination im lateinischen. von E. Baehrens in Groningen. 

Zweite Abteilung (128 r Band). — Ueber die bibliotheca Gothana und ihre 
erklârungsgrundsàtze im vergleich mit denjenigen der Weidmannschen 
und Teubnerschen ausgaben, von K. \V. Meyer in Hannover. — Bemer- 
kungen ùber den sogenannten kunstunterricht auf gymnasien, von F. 
Millier in Salzwedel. (schlusz). — In welchem masze sind im geschicht- 
lichen unterricht der gymnasien anschauungsmittel zu benutzen? von 
F. Knobe in Bernburg. 

Philologisoher Anzeiger, herausgegeben von Ernst von Leutsch, 
Gôttingen, 1883. 

Inhalt des elften heftes (november) 1883. 

Plauti Mercator ed. G. Goetz. — Kolster, W. H., Vergils Eklogen in 
ihrer strophischen gliederung. — Caesar. de bello Gallico erkl. v. Dobe- 
renz und Dinter. — Braumann, Gust., die principes der Gallier und 
Germanen. — Clemm, G., de breviloquentiae Taciteae generibus. — 
Enmann, Alex., eine verlorene geschichte der romischen kaiser. — 
Ciceronis orationes selectae XIV. Ed. XX cur. 0. Heine. — Schepss, 
Georg. zwei Maihinger handschriften. — Koehler, Félix, de Plinii Secundi 
minoris locis quibusdam. — Krieg, Cornel., Grundriss der romischen 
alterthûmer. 

Vicrzehnter Band. Inhalt des ersten heftes (januar). 1884. 
Taylor, Isaac, the alphabet. 2 vols. — Merriam, A. C, the inscriptions 
of the obelisk-crab in the metropolitan Muséum, New- York. — Fokke, A., 




72 



PÉRIODIQUES 



Rettungen des Alkibiades. I. — Dittineyer, Léon., Quae ratio inter 
vetu8tam Aristotelis Rhetoricorum transi ationem et graecos codices 
intercédât. — Brieger, A., Epikur's brief an Ilerodot. — Jlberg, Ioh., 
Studia pseudippocratea. — Leonhard, Rob., de codicibus Tibullianis. — 
Jâhns^ Max, Caesars kommentarien. — Kinch, C. F., Quaestioncs 
Curtiahae criticae. — Stroebel, Ed., de Ciceronis de oratore librorum 
codicibus. — Ranke, L. v., Weltgeschichte. Bd. 1. 2. 3. — Oberhummer, 
Eug., Phônizier in Akarnanien. — Milchhofer, A., die antànge der kunst 
in Griechenland. — Thouret, Georg, ûber den gallischen brand. — Wil- 
lems, P., le sénat de la république romaine, t. I. II. 

Philologus. Zeitschrift fur das klassische Alterthum, herausgegeben 
von Ernst von Leutscli. B. XL1IJ. erstes Hei't. — 1883. — Gôttingen. 

Inhalt des ersten heftes. Abhandlungen. — Die aeolismen der home- 
rischen sprache, von C. Sittl. — Der allgriechische dativ. pluralis, von 
Ferd. Week. — Ueberdie Aegiden, von denen angeblich Pindar stammte, 
von L. Bornemann. — Beitràge zur kritik und erklârung des Ennius, von 
Lucian Mùller. — Grieclusohe handschriften aus Fayyûm, von Hugo 
Landwehr. (Mit einer tafel). — Rhet. Lat. ed. Halm. p. 65, von A. Eussner. 

Jahresljerichte. — Die Scriptores historiae Augustae in den jabren 
1865-1882, von H. Peter. 

Zeitschrift ftir die ôsterreichischen G-ymnasien : Verantwortliche 
Redacteure : W. Hartel, K. Schenkl, 1883. 

Inhalt des eilften Heftes Erste Abtheilung. Abhandlungen. Stand 
und Frequenz der ôsterr. Gymnasien im Decennium 1873 — 1882, von 
Berthold Windt. 

Zweite Abtheilung. Literarische Anzeigen. Steup Julius, Thukydi- 
deische Studien. I. Heft. Freiberg und Tùbingen 1881. 92 SS. Angez. von 
W. Jérusalem in Nikolsburg. — Die Aeneide Vergils fur Schùler bearb. 
von Dr. Walther Gebhardi, kgl. Gymnasial- Oberlehrer. Zweiter Theil : 
Der Aeneide drittes undviertes Buch. Paderborn 1881, Druck und Verlag 
von Ferdinand Schôningh. — Dritter Theil : Der Aeneide fùnftes und 
sechstes Buch. Ebendort 1883. Angez. von Edmund Eichler in Wien. 

Zeitschrift fur das G-ymnasial-Wesen, herausgegeben von H. Kern 
und H. J. Mûller — Berlin, 1883. 

Dezember. I. Abteilung. Abhandlungen : Bemerkungen zur Formenlehre 
in der lateinischen Grammatik von Ellendt-Seyffert, von Oberlehrer Dr. 
G. Zillgenz zu Waren in Mecklenburg. — II. Abteilung. Litt. Berichte : A. 
Goldbacher, Lateinische Grammatik fur Sehulen; J.Nahrhaft, Lateinisches 
Ubungsbueh zu der Grammatik von Goldbacher I ; 0. Richter, Lateinisches 
Lesebuch, 2. Aufl., angez. von Gymnasial-direktor Dr. W. Fries in 
Halle a. S. — E. Kurtz und E. Friesendorff', Griechische Schulgrammatik, 
3. Aufl., angez. von Oberlehrer F. G. Hubert in Posen. — G. Stier, 




PÉRIODIQUES. 



73 



Kurzgefasste griechische Formenlehre und Griechisches Elementarbuch, 
angez. von Oberlehrer Dr. A. Gemoll in Wohlau. — H. Bruncke, 
Griechisches Verbalverzeichnis, angez. von Dr. 0. Bachof in Bremen. — 
H. Stûrenburg, De Romanorum cladibus Trasumenna et Cannensi, angez. 
von Professor Dr. G. Faltin in Barmen. — - Jahresberichte des Philolo- 
srischen vereins zu Berlin : Livius, von Professor Dr. Ej. Mùller (Schluss). 

— Cornélius Nepos, von Oberlehrer Dr. G. Gerass in Berlin. 

Januar J884. Abhandlungen : Die Ovid-Lektùre in Tertia, von Dr. J . 
Rost in Ohlau. — Litterarische Berichte : 0. Jàger, Aus der Praxis, 
angez. von Provinzialschulrat Dr. K. Kruse, in Danzig. — In wie weit 
sind die Herbart-Ziller-Stoyschen didaktischen Grundsâtze fur den Unter- 
richt an den hôheren Schulen zu verwerten? angez. von Gymnasial- 
direktor H. Meier in Schleiz. 

Philologische Rundsohau, herausgegeben von Dr. C. Wagener und 
Dr. E. Ludwig in Bremen. 

8 December 1883. K. v. Holzinger. Uber die Parepigraphae zu Aristo- 
phanes (Wecklein). — P. Meyer, De vita Constantini Eusebiana (W. Fi- 
scher). — H. Schùtz, Horaz Episteln. — G. Canna, Délia Umanità di 
Virgilio. (H. Dvitschke). — G. Kùhlewein, Kritische Bemerkungen zu 
Properz (Ed. Heydenreich). — J. Asbach, Zur Geschiehte des Konsulates in 
der rôm. Kaiserzeit (Weidemann).— G.Stier. Kurzgef. griech. Formenlehre; 
ders. Griechisches Elementarbuch; H. Heller, Griech Lesebuch fur 
Untertertia ; J. v. Destinon, 'AjéÇ&vSpov 'Avilis (— f). — Isid. Vondracek, 
Sprachvergleichendes zu dem bestimmten Artikel (Vogrinz). 

15 December. Rehdantz-Carnuth, Xenophons Anabasis (F. Vollbrecht). 

— A. Auftarth, Die platonische Ideenlehre (Nu&ser). — Bârwinkel, Uber 
Ennius und Livius ^Ed. Heydenreich). — A. Arlt, Catulls 36. Gedicht 
(K. P. Schulze). — E. Rosenberg, Die Lyrik des Horaz (Krah).— H. Collitz, 
Sammlung der griech. Dialekt-Inschriften (G. Meyer). — H. Rauchenstein. 
Der Feldzug Caesars gegen die Helvetier (R. Menge). 

22 December. Ed. Lùbbert, Diatriba in Pindari locum de Aegidis et 
sacris Carneis; ders. Prolegomena in Pindari carmen Pythium nonum 
(L. Bornemann) E. Rosenberg, Oden und Epoden des Horaz (E. Krah) 

— Storch, Eine Auswahl horazischer Oden in jambisch-rhythmischer 
Ubersetzung (Wiesner). — 0. Heine, Ciceronis orationes selectae (G. 
Landgraf). — H. Neumann, De Plinii dubii sermonis libris Charisii et 
Prisciani fontibus (Schlitte). — Seb. Dehner, Hadriani reliquiae (J. Wilh. 
Foerster). — G. Legerlotz Etymologische Studien (C. Venediger). — 
H. Uhle, Griech. Grammatik (0. Weise). — Blaurock, Bemerkungen zu 
dem lat. Unterricht in Obertertia (Schmidt). 

27 December. E. Genest, Osteuropàische Verhàltnisse bei Herodot 
(Hahn). — Fahland, Wie unterscheidet sich der platonische Tugendbegriff 
in den kleineren Dialogen von dem in der Republik ? (Bs.) — J. F. 
Hartmann, Studia Antiphontea (W. Boeder). — W. A. Detto, Horaz und 




74 



PÉRIODIQUES. 



seine Zeit (G. Faltin). — Stefan Kapp, Die griechischen und lateinischen 
Gutturallaute ira Neugrieehischen und in den romanischen Sprachen 
(Vogrinz). 

5 Jantiar 1884. A. Fick. Die homerische Odyssée in ihrer ursprùng- 
lichen Sprachform (O.Weise). — L. Lange, De pristina libelli de republica 
Atheniensium forma ; E. Belot, sur un récent mémoire de M. Lud. Lange, 
pour rétablir le plan primitif de l'opuscule intitulé 'A^vscéuv mhTdoc. 
(Zurborg). — A. du Mesnil, Cicero's Rede fur Flaccus (H. Schùtz). — 
R. Bouterwek, Cicero's Rede fur P. Sestius (e—.) — F. J.' Brockmann, 
System der Chronologie (Matzat). — A. Jannarakis, Deutsch-Neugriechi- 
sches Wôrterbuch (E. Thewrewk von Ponor). — H. Hempel, Lateinischer 
Sentenzen- und Sprichwôrterschatz (Chl.). 

12 Januar. A. Westermayer, Der Protagoras des Plato (H. Bertram). 
— Luc. Mùller, Quintus Ennius ('Ep.). — A. Scheindler, Sallusti opéra 
(J. H. Schmalz). — P. Willems, Le sénat de la république Romaine 
(W. Soltau). — R. Cagnat, De municipalibus et provincial ibus militiis in 
imperio Romano (J. Jung). — M. Miller, Jagdwesen der alten Griechen 
undRômer (— r.) — Tycho Mommsen, Griech. Formenlehre (W. Voll- 
breeht). — Fr. Breznik, Erziehung und Unterricht bei den Griechen 
(Vogrinz). 

19 Januar. Holzer, Matris, ein Beitrag zur Quellenkritik Diodors 
(L. Holzapfel). — Oertner, Horazens Bemerkungen ùber sich selbst 
(H. Schùtz). — R. Menge, Quaestiones Caesarianae (Kraffert). — A. Stitz, 
Die Metapher bei Tacitus (Ig. Prammer) — M. Lechner, De pleonasmis 
Homericis (G. Vogrinz). — A. Zingerle, Kleine philologische Abhand- 
lungen III. Heft (K. Rossberg). — Th. Maurer, Cruces philologicae nebst 
Nachtrag, Noch einmal Julius Càsars Brùcke ùber den Rhein ; A. Rhein- 
hard, C. Jul. Câsars Rheinbrùcke (R. Menge). — K. Seldner, Das 
Schlachtfeld von Pharsalus (J. W. Foerster). — M. Cagnat, Etude 
historique sur les impôts indirects chez les Romains jusqu'aux invasions 
des barbares (J. Jung). — H. Rheinhard, Album des klassischen Alter- 
tums, Ch. Ziegler, Das alte Rom (H. Neuling). — 0. Keller, Der 
saturnische Vers (J. HuemerJ. — Hermès, Vergleichende Wortkunde 
(J. Hochstetter). 

Philologische Woohenschrlft, unter mitwirkung von Georg Andressen 
und Hermann Heller, herausgegeben von Wilhelm Hirschfelder. 
Berlin, Calvary. 
3 Jahrgang. 1883. 

8 Dezember. — U. v. Wilamowitz-Môllendorff, Phaethon. — G. 
Robert, Die Phaethonsage bei Hesiod (0. Gruppe). — G. Malusardi, La 
scienza antica e la moderna (Schmidt). — W. Fisoher, Studien zur byzan- 
tinischen Geschichte des elften Jahrhunderts (F. Hirsch). — J. E.Kuntze, 
Prolegomena zur Geschichte Roms (Soltau). — Cornélius Nepos, von 
A. Monginot (Georg Andresen). — A. Kirchhoff, Rede bei Antritt des 
Rektorats (h.). — Auszùge aus Zeitschriften, etc. 




PÉRIODIQUES. 



75 



15 Dezember. — R. Westphal, Die Musik des grieehischen Altertums 
(K. v. Jan, Schluss). — Mitteilungen ûber Versammlungen : F. Voigt, 
Die Schlacht am Trasimener See. 

22 Dezember. — G-. Ebers, Durch Gosen znra Sinai (Deutsch). — 
I. Undset, Das erste Auftreten des Eisens in Nordeuropa (C. Mehlis). — 
A. Fanta, Der Staat in der Ilias und Odyssée. — A. Becker, De 
Rhodiorum primordiis (0. Gruppe). — J. Frantz, Die Kriege der 
Scipionen in Spanien (Faltiu). — M. Tullii Ciceronis orationes, Cur. 0. 
Heine. — Cicero's Rede ùber das Imperium, v. Eberhard (A. Mosbach). 

— Q. Horatius Fiacous von E. Rosenberg. - C. Schmelzer, Entvvûrfe 
zu griech. Exercitien [K. Ohlert). — B. Seuffert, Deutsche Litteratur- 
denkmale des 18. Jahrhunderts (K. K. Mùller). — Ansznge anfi Zeit- 
schriften, etc. 

29 Dezember. — A. Schroeter, Geschichte der deutschen Homer- 
Ubersetzung im XVIII. Jahrhundert. — H. J. Kiewiet de Jonge, De 
Gaio Mario et de scriptoribus qui de eius temporibus egerunt (P. Meyer). 

— J. Schwarcz, Die Demokratie von Athen (G. J. Schneider). — 
Anszûge ans Zeitschriften, etc. 

Berliner Philologische Wochensohrift, herausgegeben von Chr. Belger, 
0. Seyffert undK. Thiemann. 1884. Calvary. 

5 Januar. — Original-Arbeiten : Rnd. Westphal, Mehrstimmigkeit 
oder Einstimmigkeit der grieehischen Musik. I. — Recenaionen n. 
Anzeigen : Xenophon's Cyropaedia by C. Bigg (H. Zurborg). — 
E. Knntze, Der Provinzialjurist Gaius. (Ferrini). — U. Kôhler, 
Inscriptiones Atticae. (Larfeld). — A. Merriam, The inscriptions on the 
Obelisc-Crab. (H. Schiller). — St. Marchianô, studii filologici.(G. Meyer). 

— Curtins u. Kaupert, Karten von Attika, II.Heft. Chr. B.). — Auszûge 
aus Zeitschriften, etc. 

12 Januar. — Original-Arbeiten : Rnd. Westphal, Mehrstimmigkeit 
oder Einstimmigkeit der grieehischen Musik. II. — Rezensionen nnd 
Anzeigen : K. Penka, Origines Ariacae. (F. Justi). — P. Regnand, 
Examen du mouvement vocalique. (Bthl.). — Aeschyli Supplices et 
Choephorae ed. Paley. (L. Campbell). — Plantus' Mostellaria, erkl. v. 
0. Fr. Lorentz. (0. Seyffert). — E. Koeh, griechische Schulgrammatik. 
(K. Thiemann). — G. Saalfeld, Der Hellenismus in Latium (0. Seyffert). 

— Ansznge ans Zeitschriften, etc. 

19 Januar. — Original-Arbeiten : Rud. Westphal, Mehrstimmigkeit 
oder Einstimmigkeit der grieehischen Musik. III. — Recenaionen nnd 
Anzeigen : Sophocles Antigone von G. Kern (H. Mùller). — A. Luchs, 
Commentationes Plautinae I. (0. Seyffert). — M. Jàhns, Câsars Kommen- 
tarien und ihre Folgewirkung (R. Schneider). — J. W. Beok, De diffe- 
rentiarum scriptoribus (P. Hirt). — H. Schiller, Geschichte der rôm. 
Kaiserzeit (W. Soltau). — Ansznege ans Zeitschriften, etc. 




76 



PÉMODIQUES. 



Wochenschrift fur Klassische Philologie, unter mitwirkung von Georg 
Andresen und Hermann Heller, herausgegeben von Wilhelra Hirsch- 
felder. Leipzig, Freitag, Prag. Tempsky. 

2 Januar 1884. — Prospekt. — Briefwechsel zwischen August Boekh 
und K. Otfried Mùller (Blûmner). — Theophanis chronographia rec. C. de 
Boor (F. Hirseh). — W. Gunion Rutherford, Zur Gesch. d. Atticismus (Av. 
Baniberg). — W. Gilbert, Ad. Martialem quaest crit. (L. Friedlànder). — 
A. Probst, Beitrage zur latein. Grammatik. I u. II (Fr. Stolz). — B. Ar- 
nold, Griech. Sagen u. Màrchen. I. (P. Stengel). — Poetae lat. minores. 
Rec. Aera. Baehrens. V. (K. P. Sehulze). — H. Buschmann, Bilder a. d. 
alten Rom (J. Jung). — Ausziige a. Zeitschriften. etc. 

9 Januar. — Recensionen und Anzeigen : J* Overbeck, Pompeji 
(J. Jung). — O. Kuhfeldt, De Gapitoliis imperii Romani (O. Seeck). — 
H. Jordan, Marsyas auf dem Forum in Rom (H. Rliimner). — O. Keller, 
Der saturnische Vers (H. Gleditsch). — Plautus, Miles gloriosus, erklàrt 
von Brix (M. Niemeyer). — Ausziige aus Zeitschriften, etc. 

16 Januar. — M. Schneidewin , Homerisches Vocabularium (H. Draheim).* 
— O. Mann, Anthologie aus rômischen Dichtern (K. P. Sehulze). — 
Cicero in Catilinam, erklàrt von Hachtman (H. Nohl). — Tacitus Historien, 
erklàrt von Prammer (A. Eufsner). — Ausziige aus Zeitschriften, etc. 

23 Januar. — Collitz, Griech. Dialekt-Inschriften (P. Cauer). — Buch- 
holz, Hom. Realien (A. Gemoll). — Ennius, von L. Mûller (Sehmalz). — 
L. Traube, Libamenta (Th. Stangl). — Richter, Adresbuch. — Ausziige 
aus Zeitschriften, etc. 

30 Januar. — Nitzsch, Rom. Geschichte (Faltin). — Seldner, Schlacht 
von Pharsalus (Cauer). — Livius 1. XXIII von Wôlffrin u. Luterbacher 
(Eufsner). — Gebhardt u. Harnack, Texte und Unter suchungen zur Ge- 
schichte der al tchrist lichen Litteratur (Otto). — G. Bednarz, De synt. 
Boethii. — R. Bertin, Sagen (P. St.). — Ausziige aus Zeitschriften, etc. 




REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

EN BELGIQUE. 

Tome 27. 2« Livraison. 



QUESTIONS D'ENSEIGNEMENT, 
LETTRES ET SCIENCES. 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE LA DYNASTIE 
CARLOVINGIENNE. 



Beaucoup d'historiens s'obstinent encore à considérer Char- 
lemagne comme un prince d'origine germanique. Pour eux, 
le célèbre empereur est devenu comme une sorte d'incar- 
nation de la race allemande, le type qui réalise au plus haut 
degré son idéal monarchique. S'il en était ainsi, il faudrait 
expliquer comment les Francs mérovingiens, vivant en pleine 
civilisation romaine, n'ont pu produire aucun homme com- 
parable à celui qu'on déifie, tandis que la dynastie carlovin- 
gienne, arrivant au moment où cette civilisation se mourait, 
la ranime soudain et lui rend une vitalité qui dure toujours. 
Il faudrait établir encore comment, en pleine barbarie, celle-ci 
a pu produire une série de quatre grands hommes tels qu'on n'en 
avait jamais vu un pareil nombre se succéder sur un trône. Et ces 
puissants organisateurs seraient sortis d'une souche franque, 
illettrée, dépourvue de toute civilisation, de tout antécédent 
qui pût faire entrevoir un ensemble de larges et puissantes 
conceptions! Un tel fait paraît tout bonnement impossible. 
Aujourd'hui que la science est parvenue à formuler la grande 
loi de l'hérédité des tendances en bien comme en mal, une 
semblable ascendance nous paraît plus invraisemblable que 
jamais. Nous allons plus loin et nous osons dire : Non, les Ger- 
mains n'ont pas créé la civilisation moderne; ils l'ont reçue des 
Juifs, des Grecs et des Romains. Formés par elle, civilisés par 
elle, ils ont pu la modifier selon leurs aptitudes primordiales et 
lui faire jeter un éclat inattendu ; mais ce ne fut qu'après avoir 
reçu la semence féconde de Rome elle-même. Plusieurs écrivains 
d'un mérite éminent ont été jusqu'à refuser à l'invasion ger- 

TOME XXVII. 6 




78 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



manique toute heureuse conséquence, toute influence utile et 
féconde. Il se sont audacieusement inscrits en faux contre les 
aphorismes de Montesquieu et de Guizot, ne voulant pas même 
reconnaître qu'elle avait au moins préparé certaines voies à la 
nouvelle société chrétienne. « L'invasion, dit Littré, n'a causé 
que des maux sans aucune compensation. Nulle lumière, nulle 
moralité, nulle sainteté, n'est venue des barbares. Le sang bar- 
bare n'a pas renouvelé le sang gallo-romain; au contraire, il a 
failli achever de le corrompre radicalement 1 » Selon M. Guérard, 
qui reconnaît d'ailleurs le fait de la conquête et l'usurpation 
d'une grande partie du sol de la Gaule, « la poésie et l'esprit de 
système prendraient vainement à tâche d'exalter les Germains. 
Lorsqu'on recherche avec soin ce que la civilisation doit aux 
conquérants de l'empire romain, on est fort en peine de trouver 
quelque chose dont on puisse leur faire honneur. Ils n'ont su et 
n'ont fait que corrompre?* » Chez nous, Moke ne sera pas 
d'un autre avis : « On est effrayé du tableau que tracent les 
historiens des Francs de leur férocité, de leur perfidie et de 
leur corruption. Tacite disait déjà de leurs ancêtres : — Donnez- 
leur à boire autant qu'ils le désirent et vous viendrez à bout 
d'eux par leurs vices plus facilement que par les armes 3 . — On 
s'attendrait du moins à retrouver, parmi les conquérants de la 
Gaule, les habitudes de chasteté des anciens Germains, carie 
respect de la femme est encore décrété dans la loi salique; mais 
les rois Mérovingiens offrent constamment l'exemple public du 
concubinage, de la polygamie et des mœurs les plus déplorables. 
L'histoire des Goths ne présente nulle part l'empreinte d'une 
semblable dégradation nationale. Le christianisme seul devait 
tirer la race franque de l'état d'abjection où l'avaient plongée 
le triomphe de la force et la désorganisation sociale, en re- 
nouvelant dans l'âme des conquérants barbares le sentiment 
trop affaibli du bien ; mais son triomphe ne pouvait s'accomplir 
qu'à l'aide du temps. Chaque nouvelle génération des princes 
(carlovingiens) et des évêques s'efforça de diriger dans ce sens 
la réforme morale. Ces principes que Charlemagne acheva de 



1 Etudes sur les barbares et le moyen-âge pages 125, 203, 207. — Journal 
* des savants septembre 1862. 

2 Polyptique d'Irminon, Prolégomènes page 200 et suivantes. 

3 Germ., e. 22. 




LA DYNASTIE CARLOVINGIENNE. 



79 



consolider, limitèrent le règne de la violence dans le monde 
franc et firent sortir du sein de la barbarie Tordre de choses, 
mixte mais puissant, que développa le moyen-âge 1 .» On n'ose 
invoquer, en face de tels maîtres, un sentiment de la vérité 
historique dont ils ont assez prouvé qu'ils ne manquaient pas. 
Non pas que l'arbre fut par lui-même infécond ; mais il ne 
devait porter des fruits d'une qualité exquise qu'après avoir 
reçu la greffe de la civilisation romaine. 

Jetons un coup dVeil rapide sur l'histoire de la Gaule et nous 
ne tarderons pas à le comprendre. Les Wisigoths l'occupent des 
Pyrénées à la Loire; les Burgundes, des Alpes au Rhône; les 
Francs ripuaires, du Rhin à la Moselle et au Ram ardennais; les 
Francs Saliens, du Rhin au Demer, à l'Escaut et à la Somme. 
Tout le reste du pays, à l'exception de l'Armorique qui ne 
tardera pas à devenir bretonne, est gallo-romain. C'est ce ter- 
ritoire, qui renferme les deux tiers de la contrée, que Clovis 
va conquérir avec ses Francs, les moins civilisés de tous les 
barbares établis dans les Gaules. Après le baptême de trois 
mille de ses guerriers, les autres l'abandonnent et reviennent 
s'établir dans l'Artois 2 . Voilà donc ce qui s'est partagé le 
domaine du fisc dans cette immense région gallo-romaine : 
trois mille guerriers, une goutte d'eau dans l'Océan ! L'ancienne 
population subsista tout entière et absorba rapidement l'élé- 
ment germanique. 

« On se fait en général, dit Guizot, une idée très fausse de 
l'invasion des barbares. Les termes dCinoyrdation, AHncendie, de 
tremblement de terre, servent à caractériser ce bouleversement in- 
stantané, passager. Je les crois trompeurs; ils ne présentent ni la 
manière dont l'invasion s'est opérée, ni ses résultats immédiats. 
L'émotion éprouvée par les contemporains remplit le langage 
d'illusions; ils ignorent, exagèrent, amplifient, poétisent. Mais 
on sait avec quelle promptitude de pareils événements s'accom- 
plissent et disparaissent. Les maisons sont pillées, brûlées ; les 
champs dévastés, les récoltes enlevées, les hommes tués ou 
amenés en captivité : tout ce mal fait, au bout de quelques 



1 Moke : La Belgique ancienne, 11 e partie, c. 3 passim. 

2 Hincmar, vie de St-Remy, composée d'après une biographie contempo- 
raine, en partie détruite, d'après des chartes et autres documents contem- 
porains, et d'après des traditions conservées dans l'église de Reims. 



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ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



jours, les flots se referment, le sillon s'efface, les souffrances 
individuelles sont oubliées et la société rentrée, en apparence 
du moins, dans son ancien état, continue à vivre pendant des 
siècles encore comme elle vivait auparavant 1 . » 

Charpentier, dans son bel Essai sur Vhistoire littéraire du 
moyen ûge y partage cet avis : « On serait tenté de croire que les 
invasions des barbares ont tout détruit dans les Gaules. Il n'en 
est rien. La civilisation romaine a été atteinte, non pas anéantie. 
Elle maintient les lois, les municipalités, les mœurs, les arts, les 
souvenirs de l'Italie. La vie politique et littéraire y est la même. 
Les élections municipales y vont leur train ; seulement elles 
deviennent ecclésiastiques de civiles qu'elles étaient. Il ne s'agit 
plus de nommer le décurion, mais l'évêque... Elle paraît encore 
pleine de vie cette nation gauloise si préoccupée d art, de litté- 
rature, d'élections, de plaisirs et d'affaires 2 . » Toute la civilisa- 
tion demeura romaine ; les bandes franques se serrèrent autour 
de leurs chefs dans les terres fiscales que leur distribua Clovis en 
se réservant la meilleure part, et les comtes pour la plupart 
gallo-romains continuèrent, comme auparavant, à administrer 
les provinces, militairement et judiciairement. Quand donc on 
nous représente la Révolution française comme le triomphe de la 
population gauloise sur la population germanique après une 
lutte de quatorze siècles, on commet la plus colossale des 
bévues. La proclamation des droits de l'homme fut uniquement 
l'expression de la justice couvée pendant des siècles dans l'âme 
d'une noble race, la race gallique, qui proclamait enfin les droits 
de l'humanité dans une immense explosion de foudre et de 
lumière. 

C'est donc avec raison que Chateaubriand a pu dire dans ses 
Etudes historiques : « Après la conquête de Clovis, il n'y eut 
absolument rien de changé dans les Gaules. » L'administration 
romaine resta ce qu'elle était auparavant; dans toutes les 
grandes villes, les écoles continuèrent à instruire ; le clergé 
joignit son enseignement à celui des lettrés et des moines; 
mais il eut si peu d'influence sur les Francs des hautes classes 
que MM. Warnkœnig et Gérard n'hésitent pas à dire : « On ne 



1 « Histoire de la civilisation en France. » S me leçon. 

2 Page 42. 




LA DYNASTIE CARLOVINGIENNE. 



81 



chargeait pas les guerriers Francs de faire l'éducation des jeunes 
seigneurs de la cour*. » 

Il y eut cependant quelque chose de changé dans les Gaules. 
Les Francs, avides de goûter à tous les plaisirs que pouvait leur 
offrir la civilisation romaine, se précipitèrent avec furie sur les 
jouissances matérielles et, tout en conservant leur férocité 
native, se corrompirent complètement et s'énervèrent au point de 
périr au sortir de l'enfance et de perdre toutes leurs facultés 
intellectuelles. C'est ainsi que s'agrandit la longue série des rois 
fainéants. Ce qu'il y eut encore de changé, ce fut la situation du 
clergé. Devant servir d'intermédiaires entre des vainqueurs im- 
placables et des populations asservies, les évêques s'adressèrent 
aux barbares au nom de la religion dont les menaces les épou- 
vantaient et s'acquirent la reconnaissance des vaincus. Leur 
puissance s'en accrut démesurément. Ils furent les vrais con- 
servateurs de la civilisation. Aussi toutes les grandes familles 
gauloises devinrent-elles sacerdotales. Le fils aîné occupait les 
hautes magistratures; les fils cadets entraient dans l'Eglise et se 
faisaient élire évêques ou abbés des monastères, refuges contre 
la dépravation et les misères sociales, asiles des lettrés et des 
penseurs. L'église seule écrit, parce que les vaincus avaient perdu 
toute espérance d'un meilleur avenir, tandis que le clergé con- 
servait une foi ardente dans la parole qui lui promettait la do- 
mination religieuse sur le monde entier et comptait sur l'avenir. 

Ajoutons que la consolidation de la puissance des conquérants 
arrêta, pour de longues années, le torrent des invasions qui, 
depuis quatre siècles, ne cessaient de se déverser sur la Gaule. 
Les populations répandues sur ce vaste territoire, s'accrurent 
rapidement et, sous l'administration plus intelligente, plus civi- 
lisatrice des Carlovingiens, elles recommencèrent leur ascension 
vers le progrès. 

Mais s'il en est ainsi, comment une poignée de Francs ont-ils 
pu donner leur nom à toute la Gaule? Comme la petite tribu des 
Graioi a donné le sien à toute la Grèce; comme une poignée 
de Romains donnèrent le leur à tous les citoyens vaincus du 
inonde méditerranéen; comme quelques hordes de Russes le 
donnèrent à toute la Russie ; une famille de Prussiens, à toute la 



1 « Histoire des Carolingiens. » T. I, page 117. 




82 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



Prusse ; les débris de l'armée d'Attila taillée en pièces après un 
demi siècle de lutte, à la Hongrie, et les Angles, à l'Angleterre. 

Et le profond sentiment d'individualisme dont les Germains, 
selon M. Quizot, ont doté l'Occident ? Mais où donc a-t-on vu 
que ce sentiment avait cessé d'exister chez les Gaulois qui 
avaient jusqu'alors, à eux seuls, soutenu une lutte de quatre 
siècles contre les Germains? N'est-ce pas au moment même de la 
conquête qu'eut lieu l'immense soulèvement desBagaudes? Si 
Olovis put établir sa domination sur la Gaule romaine, n'est-ce 
pas par ce qu'il était soutenu par les évêques? n'est-ce pas 
parce que les populations comptaient sur lui pour établir un 
gouvernement stable et fort, alors que les empereurs ne pou- 
vaient plus rien pour les défendre? Autre considération digne 
de remarque. Clovis fut le seul roi mérovingien qui fut réelle- 
ment organisateur, parcequ'il obéit à la politique des évêques 
qui devaient conserver le sentiment des institutions romaines. 
Presque tous ses successeurs, incapables de gouverner par eux- 
mêmes, choisissent pour le faire en leur nom des maires du palais 
d'origine gallo-romaine ou promus à l'épiscopat. Un seul de ces 
souverains songe sérieusement à rétablir l'administration romaine 
dans toute sa plénitude et ce souverain qui devance ainsi Char- 
lemagne de plus d'un siècle, c'est une femme, femme d'un 
puissant génie, formée en Espagne au culte de la civilisation 
qui râle sous le talon des barbares. 

Les lois Saliques, Ripuaires, Gombettes, Wisigothes, sont 
recueillies et amendées par des gallo-romains. Lorsque les 
Mérovingiens disparaissent, énervés par leur corruption, les 
Wisigoths, les Burgundes et les Francs sont à peu près totale- 
ment absorbés par les populations romanes ; il n'y a plus 
d'autres forces civilisatrices en Gaule que les grandes familles 
sacerdotales et laïques des gallo-romains tenant dans leurs 
mains puissantes le clergé tout entier et la légion de moines 
réfugiés dans les monastères. Trois causes expliquent donc 
l'avènement des carlovingiens : l'énervement des Mérovingiens 
et l'impuissance de quelques Francs à conserver la civilisation 
qui périclite ; l'influence des grandes familles sénatoriales et 
sacerdotales des Gallo-romains qui seuls peuvent donner les 
hommes nouveaux qui tenteront de ressusciter l'empire; l'in- 
vasion qui s'apprête à recommencer partout et que les Méro- 
vingiens sont incapables de refouler : les Frisons au Nord ; à 




LA DYNASTIE CARLO VINGIENNE. 



83 



l'Est, les Saxons, les Bavarois, les Allemands, les Souabes, les 
Thuringiens, les Slaves, les Avares , au Midi, les Musulmans. 
La croix d'une main, le glaive de l'autre, la nouvelle dynastie 
écrase les Maures à Poitiers, à Avignon, à Nimes, à Narbonne, 
dans les Corbières, refoule sur tous les points l'invasion ger- 
manique depuis les sources du Rhin jusqu'à son embouchure, 
force toutes ces populations toujours flottantes à se fixer défi- 
nitivement sur le sol, établit partout des monastères, des évêchés, 
des comtes gallo-romains ; oblige tous les barbares à recevoir la 
semence de l'antique civilisation romaine et termine son œuvre 
colossale en restaurant l'empire, qui, en Allemagne du moins, 
durera jusqu'à la Révolution française. Ce qui, à partir de ce 
moment, ne mourra plus, en dépit de la féodalité qui doit mor- 
celer cet immense empire, ce sont précisément ces germes de 
civilisation gallo-romaine semés dans toute l'Europe occidentale 
par les Carlovingiens. 

On comprend que les historiens doués d'un sens historique 
profond n'ont pas été sans entrevoir les causes d'une révo- 
lution qui substituait une dynastie à une autre et qu'ils en ont 
naturellement cherché la démonstration dans les textes. Aux 
savants généalogistes Du Chesne, Dubouchet, S te Marthe, Cholet, 
Dominicy, S* Thomas d'Aquin, don Pierre de S te Catherine, re- 
vient l'honneur d'avoir, les premiers, fait provenir Charlemagne 
de Tonantius Ferreolus. Michelet explique l'avènement des 
Carlovingiens par la prépondérance de la race gallo-romaine 
dans les Gaules et les fait descendre d'une ancienne famille 
sénatoriale, lettrée et affiliée à l'Eglise. De Vadder, dans son 
traité De Vorigine des ducs et du duché de Bràbant défend 
cette opinion. Malgré les critiques que Pertz a placées en tête 
du poème où Charles -le-Chauve fait consigner la généalogie de 
ses aïeux. Léo reprend hardiment l'opinion de Michelet et 
donne les documents, à lui connus, qui en établissent l'exac- 
titude. Butkens, dans ses Trophées du Brabant, dresse un 
tableau généalogique peu différent de celui de Léo qui fait 
remonter à Tonantius Ferreolus, neveu de Syagrius Afranius, 
l'origine des Carlovingiens. 

Du reste, ceux-ci se faisaient gloire de provenir d'une des plus 
illustres familles gallo-romaines. Umno, qui écrivit la biographie 
de Saint-Amulphe sous Louis le Débonnaire, fait remonter ce 
prélat célèbre à l'Aquitain Ansbert. Charles-le-Chauve qui, bien 




84 



ORIGINE H A L LO-ROM AINE DE 



qu'on en ait dit, ne pouvait ignorer la généalogie de ses ancêtres, 
proclame, à son tour, dans le poème intitulé : « De l'origine de 
la dynastie carlovingienne, » rédigé par son ordre, qu'il descen- 
dait d'Arnold, lïls d'Ansbert 4 . 

Voici donc quels sont les ascendants de Charlemagne : Tonan- 
tius Ferreolus Priscus, Tonantius Ferreolus Junior, Ansbert ou 
Anselbert, Arnold Burtgisu8 (Boggis, Bodagisus), Arnulphe, 
Anségise, Pépin d'Herstal, Charles-Martel, Pépin le Bref. Une 
telle généalogie explique par elle-même l'illustration de la race 
qui héritait de toutes les aptitudes civilisatrices des populations 
gallo-romaines. 

Cependant, en 1857, l'Académie royale de Belgique mit au 
concours cette question : « Exposez Vorigine belge des Carlo- 
vingiens; discutez les faits de leur histoire qui se rattachent 
à la Belgique. » M. P. A. F. Gérard, après avoir prouvé que les 
Carlovingiens descendaient de l'Aquitain Ansbert, parle de cette 
question en ces termes : 

« C'est du mariage de Begghe, tille de Peppin de Landen et 
d'Itte d'Aquitaine, avec Anségise, issu de l'Aquitain Ansbert, 
que descendirent tous les Carlovingiens, de sorte que le sang 
gascon ne leur manquait pas... Ces faits paraissent irrécusables; 



DE ORIGINE GENTIS CAROLINAE (CARMEN ANTIQUISSIMUM). 



Surgit 

Ansbertus generis portans insignia clari .... 
Bellipotens tune dura tui Clotharius arma, 
Sceptraque victrici retinebat sorte valenter, 
Francia, nomen habens pioprio de nomine Franci. 
Hujus erat plenis jam filia nubilis annis .... 
Copulat hanc thalamo vir dives et inclytus ille : 
Nomen erat Blitild, multorum linea Regum. 
Suscipit Ansbertus clarâ de conjuge natos 
Très ; et nata fuit fœlici dote virago : 
Equibus Arnoldum primogenitum vocitavit. 
Tu benedicte dabis sobolem Arnolde beatam .... 
Te genitore piis Arnulphus moribus exit ... 
Hoc pâtre Flodulfus superas despexerat auras ... 
Huic erat Anschisus frater memorabilis aevo, 
Viribus infractis surgit quo pâtre Pipinus ; 
Pipinusque virum genuit cognomine Karlum : 
Carole, tu regem réfères in stirpe Pipinum. 




LA DYNASTIE CARLOVINGIENNE. 



85 



jamais d'ailleurs, que je sache, ils n'ont été révoqués en doute. 
On doit donc croire que ce n'est pas chose facile que d'exposer 
l'origine belge des Carlovingiens... Si c'est par les hommes qu'on 
remonte à la source des familles, au lieu de chercher en Bel- 
gique celle des Carlovingiens, il faut nécessairement explorer 
l'Aquitaine ou la Gascogne. Si c'est par les femmes, la mère 
de Begghe nous conduit également des rives de la Meuse à celles 
de la Garonne. Pour moi, tous les Peppins à l'exception de 
celui deLanden, appartiennent à une famille française... Nous 
n'en sommes pas arrivés à ce point qu'un prix de six mille 
six cents francs soit nécessaire pour encourager l'imposture » 

Toutefois une telle amorce était bien tentante. M. Gérard, 
en collaboration avec M. Warnkœnig, composa le Mémoire qui 
remporta le prix pour avoir renoncé, dans les termes suivants, 
aux opinions précédentes 2 : 

« La généalogie des Carolingiens, rédigée au temps de 
Charles-le-Chauve et qui les fait remonter à une ancienne 
famille aquitaine, ne repose sur aucune preuve. Elle semble 
avoir été inventée pour faire croire que la nouvelle dynastie 
régnait par droit d'hérédité 3 , peut-être aussi pour la rap- 



1 Revue trimestrielle, XIII e volume, année 1857. 

* Histoire des Karolingiens, par L. A. Warnkœnig et P. A. F. Gérard. 
T. I, pages 110-121. Bruxelles, Rozez éditeur. 

3 Dom Bouquet résume dans la phrase suivante, les raisons données par 
les adversaires de la généalogie gallo-romaine des Carlovingiens : « Blitildis, 
Chlotarii filia, uxor Ansberti, Arnoldi mater et Arnulfi avia, commentitia 
est. veteribus scriptoribus incognita, nec ante Caroli Calvi principatum 
adinventa » (t. 3, p. 351). De là, cette conclusion qu'elle fut fabriquée pour 
donner à croire que la nouvelle dynastie régnait par droit d'hérédité. A 
ces allégations, nous répondons : 1° Le mariage d'Ansbert et de Blitilde 
nous est connu par la Vie de Saint-Ferréol, évoque d'Uzez, Vie qui fut com- 
posée du temps de Charles-Martel, immédiatement après la bataille de 
Poitiers, alors qu'il ne pouvait encore être question de dynastie carlovin- 
gienne (Baillet, t. III, p. xxij). 2° Paul- Warnefride (aussi appelé Paul 
diacre) qui mourut avant Charlemagne et Umno qui vivait du temps de 
Louis-le-Débonnaire, ainsi que d'autres hagiographes qui vécurent aussi 
avant Charles le Chauve, font dériver les Carlovingiens du mariage d'Ans- 
bert et de Blithilde. 3° Le droit d'hérédité à la couronne ne pouvait d'au- 
cune façon être conféré par les femmes. 4° Lors même qu'on aurait créé 
une femme imaginaire pour l'unir à Ansbert, afin d'établir une parenté 
entre les deux dynasties royales, il ne s'ensuivrait nullement qu'Ansbert 




86 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



procher de V élément romain des Gaules L'auteur du commen- 
taire sur la Vie de Sainte Begghe la traite de fable f , et combat 
les assertions de De Vadder. Il fait remarquer que Paul Diacre, 
souvent cité comme un flatteur de Ckarlemagnc, dit ouvertement 
que le royaume fut transféré à la race d'Ansgisil 3 .... paroles 
qui impliquent nécessairement l'idée d'une origine différente*... 



n'a jamais existé. 5° Il semble au contraire, qu'on n'aurait pu avoir l'idée 
de supposer un tel mariage que pour autant qu'aucun doute ne pût être 
élevé sur l'existence d'Ansbert. 0° Certains hagiographes qui font remonter 
à Ansbert la généalogie des Carlovingiens, n'ont jamais entendu parler de 
Blitilde qu'ils ne citent pas. 7° Il suffit qu'on puisse faire remonter à Ansbert 
la généalogie des Carlovingiens pour rendre incontestable leur origine 
gallo-romaine. 8° Les documents qui font remonter jusqu'à lui l'ascen- 
dance d'Arnulphe sont si nombreux, d'âges si divers et contiennent des 
détails si contradictoires, qu'ils proviennent indubitablement de sources 
diverses. 9° Les Carlovingiens ne pouvaient ignorer leur propre généalogie. 
10° La filiation des Carlovingiens jusqu'aux Ferréols ne devint possible 
que le jour où Dominicy eut découvert la Biographie de Saint-Ferréol, 
évêque d'Uzez. 11° Rien dans la Biographie «le Saint-Ferréol ne peut faire 
supposer que l'auteur a pensé à St. Arnulphe en disant que Saint-Ferréol 
était fils d'Ansbert. 12° Dans toute cette discussion, on n'a su faire valoir 
que V argument négatif dont la valeur ne peut être détruite que par la pro- 
duction d'un fait positif qui le renverse. Que vaut-il surtout en matière de 
généalogie? Grave question qu'il faudrait d'abord résoudre avant de pou- 
voir infirmer les archives de famille qui ne reposent sur aucun document 
publié, mais qui concordent en d'autres points avec certains de ces docu- 
ments. Roricus, par exemple, est connu par d'autres documents que la 
Biographie de Saint -Ferréol. Si la Biographie est vraie pour lui, pourquoi 
ne le serait-elle pas pour Ansbert et pour les autres personnages qu'elle 
mentionne sans autre intention patente que celle de relater des faits 
connus? A ce compte, on ne conserverait de Tite-Live que bien peu des 
événements qu'il raconte comme s'étant passés avant la première guerre 
punique. Rien ne prouve que les nombreux auteurs qui font remonter au 
comte Ansbert la généalogie des Carlovingiens n'appuyaient pas leurs as- 
sertions sur des documents antérieurs qu'ils ne citent pas. La vie de Saint- 
Ferréol en est un exemple. Ce document n'est cité par aucun des hagio- 
graphes dont nous reproduisons les textes. 

1 Ceci est incontestable, puisque les Carlovingiens se disaient gallo- 
romains. 

» Il eût mieux fait de prouver ses assertions que de se borner à les 
émettre purement et simplement. 
3 Qu'eût-il bien pu dire d'autre? 

* De celle des Carlovingiens. Tout le monde est d'accord sur ce point. 



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LA DYNASTIE CARLO VINGIENNE . 



87 



M. Léo se contente de témoignages historiques contestables sur 
l'existence de la famille sénatoriale de Tonantius Ferreolus vir 
praefectorius, neveu du consul Afranius Syagrius, et, comme ses 
frères, issu d'illustres aïeux. Rapprochant les lettres où Sidoine 
Apollinaire dit que le frère de Roricus, évêque d'Uzez, est appelé 
Ferreolus vir praefectorius, M. Léo en conclut qu'il n'est pas 
invraisemblable que ce Roricus fut un frère cadet de Tonantius 
Ferreolus, l'ami de Sidoine. Là s'arrête la démonstration de 
M. Léo 1 . Pour que l'arbre généalogique de celui-ci eût quelque 
valeur, il faudrait prouver que Tonantius Ferreolus , vir praefec- 
torius, fils de Tonantius Ferreolus, préfet des Gaules et frère 
présumé de l'Évêque d'Uzez eut un fils du nom de Ferreolus qui 
épousa Deutérie 2 . 

« Les recherches les plus impartiales et les plus minutieuses % 
n'ont servi, qu'à démontrer l'impossibilité de trouver des preuves 
décisives de cette filiation. En dernier lieu, feu M. Rettberg 
s'est occupé de ces recherches; il a reconnu que, dans aucune 
biographie contemporaine de Saint- Arnulphe, il n'est fait men- 
tion ni d'ancêtres romains, ni de descendance mérovingienne. Il 
n'en est rien dit notamment dans la biographie écrite par Umno 
sous. Louis le Débonnaire 3 . La généalogie des Carolingiens, pu- 
bliée dans Pertz, commence par Arnoldus, oir illustris quigenuit 
Arnulphum*. Entre Arnold et Saint Arnulphe, la filiation ne 



1 Mais si Saint-Ferréol eut pour père Ansbert de race sénatoriale, ne 
s'ensuit-il donc pas que cet Ansbert était un Ferréol, fils du second 
Tonantius, le sénateur, puisque l'histoire n'en mentionne pas d'autres? 

i 11 faudrait, au contraire, prouver tout l'opposé, c'est-à-dire que 
Tonantius Ferreolus Priscus eut plusieurs fils, entre autres Roricus, 
évêque d'Uzez et Tonantius Ferreolus Junior, sénateur et père d'Ansbert, 
par son mariage avec Deutérie. Ansbert, à son tour, eut pour fils Saint- 
Ferréol, évêque d'Uzez, comme le prouve la Biographie de ce Saint, qui 
lui donne pour père l'Aquitain Ansbert et qui le fait élever par son grand- 
oncle Roricus, frère de Tonantius Ferreolus junior et par son oncle Firmin, 
frère d'Ansbert. 

3 Nous donnerons plus loin le texte d'Umno qui fait remonter St. Ar- 
nulphe à Ansbert et à Blitilde, et nos lecteurs pourront juger. 

4 L'existence Arnold, époux d'Ode d'Aquitaine, est donc non moins 
incontestable que celle d'Ansbert. Devenu évêque dç Metz r il se sépara de 
sa femme qui se fit religieuse, et renonçant à l'épiscopat, il fonda le monas- 
tère de Si. Avold où il termina ses jours. Le martyrologe de St. Avold dit : 
« Au monastère de Glandières, naquirent au ciel (moururent le 15 des 




88 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



paraît pas douteuse. I>esbroussart fait remarquer que Paul 
Diacre, contemporain et favori de Charlemagne, commence par 
Arnold la généalogie de ce prince Thégau, archevêque de 
Trêves, qui écrivait sous Louis le Débonnaire, ne remonte pas 
au-delà d'Arnold et il assure que c'est tout ce qu'il a appris de 
son père et de plusieurs historiens. 

« Un fait singulier et qui n'a pas été assez remarqué jusqu'ici, 
c^est que cet Arnold est appelé quelquefois Boggis ou Bodgesius. 
Butkens écrit Boggis dit Arnold. On ne comprend pas quelle 
analogie il peut exister entre ces deux noms 2 . On n'a pas 
cherché à se rendre compte de cette singularité \ » 

Nous ne suivons pas nos auteurs dans les pages où ils confon- 
dent Bodegisus avec Bodégésile ; St. G ondulphe avec Gondulphe, 
maire du palais à Metz; Mundéricus avec Modérions, personna- 
ges tous bien connus et qui n'eurent jamais rien de commun. 
Us vont jusqu'à trouver un trait de lumière dans une citation 
de Ghesquières qui fait provenir Gondulphe d'un duc de 
Lotharingie, dénomination qui n'exista que près de deux siècles 
plus tard. C'est en vain que l'on chercherait dans toute cette 
phraséologie le moindre rapport avec la question qui nous 
occupe. Les auteurs continuent : 

« L'écrivain anonyme, contemporain et ami de St. Arnulphe, 
qui est cité comme digne de foi dans la célèbre compilation des 
Bollandistes, dit en termes exprès qu' Arnulphe était né de la 
race des Francs aussi élevée et noble par sa famille que riche 



calendes de Janvier, aujourd'hui 18 décembre) les saints confesseurs 
Arnoald (Bodagisus), Digne et Udon. Glorieux soldats du Christ, sous les 
livrées du monde, dévoués à son service, brillants de l'éclat des vertus, 
riches de toutes saintetés, ils s'endormirent dans la paix. (Histoire de 
St. Arnulphe et traduction de la Vie de St. Clèodulphe , par Bégel, 
p. 7, Bar-le-Duc.) 

1 II se trompe, comme nous allons le voir. 

* Si certains textes disent que Saint Arnulphe descend de Boggis ou de 
Bodgesius fils d'Ansbert et d'autres qu'il est fils à' Arnold, fils d'Ansbert, 
il faut cependant bien que ces deux noms soient ceux d'un même et uniquo 
personnage. (Voiries dissertations de Philip. His., II, p. 319 et celles de 
Mabillion, Hist. I, II, p. 150. Note A). 

9 Par la raison toute simple qu'il n'y a nulle singularité à ce qu'un 
homme ait un surnom. 




LA DYNASTIE CAKLOVINGIENNE. 



89 



des choses du siècle 1 . A ce témoignage irrécusable d'un contem- 
porain vient s'enjoindre un autre qui n'est pas moins précieux. 
Paul Warnefried, le diacre (mort en 799), affirme aussi, dans son 
Histoire des évêques de Metz, que Saint Arnulphe était né d'une 
très noble et très puissante famille de Francs, ce qu'il n'aurait 
pas dit, s'il avait voulu flatter Charlemagne aux dépens de la 
vérité, car cette assertion renverse toute la fable de l'origine 
en même temps romaine et royale des Carlovingiens*. Il n'est 
donc pas permis d'en douter. Saint Arnulphe appartenait par 
sa naissance à la partie germanique de l'Austrasie et, selon 
toute probabilité, à la nation des Francs ripuaires. » 

Voilà, certes, une conclusion à laquelle, après de telles 
preuves, nous étions loin de nous attendre. Nous allons essayer 
de démontrer que Dominicy et Léo avaient raison. 

Tonantius Ferreolus Priscus provenait d'une souche gauloise 
qui remontait jusqu'à l'époque de la conquête des Gaules par les 
Romains. Dès les temps les plus reculés, elle forme avec celle 
des Apollinaires et celle des Avitus trois clans qui constituent la 
plus puissante aristocratie de l'Auvergne. Sous la domination 
romaiue, elles continuèrent à occuper les plus hautes magistra- 
tures : la préfecture urbaine, celle du prétoire, les magistratures 
du palais, les principales fonctions militaires 3 . De bonne heure 
aussi ces familles embrassèrent le christianisme. En 212, le 
prêtre Ferrutius fut martyrisé à Besançon avec le Diacre Saint 
Ferréol f son frère. 

Né vers 399, Tonantius devient préfet des Gaules, épouse Avita 
Papianilla, fille du consul Syagrius Afranius^i se retire Tannée 



1 Beatus Arnulphus, prosapia genitus Francomim, altus satis et nobilis 
parentibus atque opulentissimus in rébus seculi (vita S. Arnulphi, t. IV 
julii. Bolland., p. 223). Autant vaudrait soutenir que les Basques sont de 
race franque parce qu'on les appelle Français. On appelait Francs alors 
tous les peuples de la Gaule, même les Burgundes et les Wisigoths. 

2 Avant de parler de St. Arnulphe, Warnefride cite trois de ses ancêtres 
qui Pont précédé sur le siège épiscopal de Metz, deux de ses grands oncles, 
Agiulf et Papolus, frères d'Ansbert, et son propre père Arnoald. Voici le 
texte : « Vegesimus ac sextus Agiulfus, qui fertur pâtre exnobili senatorum 
familià ortus, ex Chlodovei régis Francorum filiâ procreatus (Deuterie?). 
Post illum extitit nepos ipsius nomine Arnoçddus. Quem sequutus est 
Pappolus, » Du Cliesne, t. II, p. 101. 

3 Sido. apolli., 1. 1, epist. 3. 




90 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



où périt l'empereur Avitus qu'il avait contribué à faire accla- 
mer (456). Il ne tarde pas à devenir évêque d'Arles 1 et meurt vers 
466. Sidoine Apollinaire, 1. I, épitre VII, dit de lui : « Legatus 
provinciae Gai liâô Tonantius Ferreolus praetorius, Afranii Syagrii 
consulis e filiâ nepos. » Il laissait plusieurs fils, entre autres 
Tonantius Ferreolus Junior et Rorictts, qui devint évêque d'Uzez. 

Tonantius Ferreolus Junior nous est connu par les nombreuses 
et charmantes lettres de Sidoine Apollinaire. Dans sa neuvième 
lettre du livre II, cet écrivain nous apprend qu'il lui rendait 
visite dans sa délicieuse villa de Prusianum et nous parle de 
ses frères : « Tonantium cum fratribus, lectissimos aequaevorum 
nobilium principes stratis suis ejiciebamus. » Selon Paul Diacre, 
ce Ferréol épousa une fille de Clovis (Deutérie?). C'est de ce 
mariage que serait issu Ansbert l'Aquitain. 

Ansbert était-il de la famille des Ferréols? La très ancienne 
Vie de Saint Ferréol, évêque d'Uzez, ne permet aucun doute sur 
cette origine. Il y est formellement dit « que Saint Ferréol, 
originaire de la Narbonnaise, était issu des parents les plus 
nobles et les plus puissants, car son père Ansbert tirait l'illustra- 
tion de sa noblesse d'une puissante famille sénatoriale. >» Or, 
puisqu'il était lui-même un Ferréol, il fallait bien que son père 
en fût un aussi. « Sanctus Ferreolus, natione Narbonensis, a 
nobilissimis parentibus originem duxit; hujus genitor Ansber- 
tus, ex magno senatorum génère, prosapiam nobilitatis deducens, 
accepit Clotarii régis Francorum filiam, vocabulo Blitil, in 
matrimonium. » Ce texte affirme donc en outre qu' Ansbert 
épousa Blitilde, fille du roi Clotaire I. Umno est du même avis 
lorsqu'il dit : « L'Aquitain Ansbert, homme puissant par ses 
richesses et par sa naissance, épousa une fille du roi Clotaire, 
nommée Blitilde : « ...Regem Clotarium, cujus filiam, Blithildem 
nomine, Ansbeitus, vir aquitanicus praepotens divitii's et génère, 
in matrimonium accepit *. » 

Dans une très ancienne généalogie, citée par Du Chesne, nous 
lisons : « Fuerant autem Majores doinus, ex quibus regalis gene- 
ratio processif primus quidem Ansbertus senator qui ex Blithild, 
filia secunda Clotarii genuit Arnoldum 5 . » Nous trouvons de 



1 Sidoine Apol. 1. VII, epit. 12. 
* Acta S. S. ord. Bene., sectio II. 
3 Du Chesne, 1. 1, p. 795. 




LA DYNASTIE CARLO VINGrIENNE . 



91 



même dans l'ouvrage intitulé : De majoribus domus regise, libellus 
vetusti scriptoris : « Et post transmigrationem generationis, ex 
filiâ Clotharii Régis Ansbertus genuit Arnoldum 1 . » Nous 
puisons un nouveau texte Ex vitâ Karoli Magni per mona- 
chum Egolismensis scriptâ : « Nain ista Blitildis, soror Dagoberti 
régis, habuit viruni in conjugio nobilem inter Francos nomine 
Ansbertum *. » « Hic Lotharius duxit uxorem Beretrudem nobi- 
lem et elegantem puellaiu, ex quâ genuit Dagobertum regeni et 

Blithildem sororem ejus alii dicunt hanc filiam fuisse priiiri 

Lotharii avi istius. Haec nupsit Ansberto, Duci nobili in Ger- 
maniâ, unde processit Karolida progenies regia 5 . » « Beatus 
Arnulfus, ex antiquo Senatorum génère, pâtre Arnoaldo pro- 
creatus. Arnoaldus patrem habuit Anspertum, qui ditatus non 
solum rerum opulentia, verum fratrum dignitate et consociali 
excellentia gloriosus effulsit *. » « Quartus rex Francorum Clo- 
tarius, genuit filiam, nomine Blitildein, quam Ansbertus vir 
Senatoriae dignitatis meruit uxorem, ex quâ genuit Arnoldum, 
Feriolum ac Modericum, fratres. Arnoldus generavit Arnulfum, 
primo quidem sub Clotario, Dagoberti pâtre, palatii Praefectum, 
postea autem Mettensis urbis Episcopum. Arnulfus genuit Flo- 
dulfum, Ansegisum et Gualchisum B: Guandregisili genitorem. 
Ansegisus, post patrem Major et Praefectus. genuit Pipinum 
seniorern et ducem, qui etipse genuit Karlum 5 .» Dans la Généa- 
logie du bienheureux Arnulphe, évêque de Metz, extraite d'un 
ancien débris de manuscrit, provenant de Fécole de cette ville, 
nous lisons encore : « Blitildis filia Clotharii habuit Arnualdum 
comitem palatinum ex Ansberto. Arnualdus cornes genuit Bea- 
tum Arnulphum comitem palatinum 6 . » Enfin le poème composé 
par ordre de Charles le Chauve assure aussi que Blitilde 
était la fille de Clotaire: « Hujus erat plenis jam filia nubilis 
annis. Nomen erat Blitild. » 



1 Du Chesne, t. II, p. 1. 

2 Du Chesne, t. II, p. 68. Chronique écrite sous le règne de Louis le 
Débonnaire 

3 Dom Bouquet, t. III, p 522. Ex chronico Marcianensi, de Sanctâ 
Rictrude. 

* Dom Bouquet, t. III, p. 542. Ex vitâ S. Chlodulti, filii S. Arnulti. 

5 Dom Bouquet, t. III, p. 351. Ex Chronico Centulensi Hariulfi monachi. 

6 Du Chesne, t. 11, p. 642. 




92 



ORIGINE G ALLO- ROM AINE DE 



Arnoldus Burtgisus naquit donc du mariage d'Ansbert et de 
Blitilde. Récapitulons quelques textes. Vient d'abord celui 
d'Umno dans sa Vie de Saint Àrnulplie : « ...Regera Clotarium, 
cujus filiam, Blitildem nomine, Ansbertus aceepit in matrimo- 
nium, de quâ Burtgesum genuit, patrem Beati Arnulphi 1 . » 
Dans l'Antique généalogie de Du Chesne, nous lisons : « Ansber- 
tus senator ex Blitild, lilia secunda Clotharii, genuit Arnoldum 
patrem Sancti Arnulphi 2 . » Dans le De majoribus domus : « Ex 
filiâ Clotharii Régis, Ansbertus genuit Arnoldum. Arnoldus 
genuit sanctissimum Arnulfum 5 . » Dans la Vie de Charlemagne 
par le moine d'Angoulême : « Blitildis habuit virum, nomine 
Ansbertum, de quo genuit filium , nomine Arnoldum. Arnoldus 
genuit Arnulphum qui post, eo derelicto seculo, factus est 
episcopus Métis civitatis *. » « Ea quoque tempestate, Austrasiis 
imperabat Theudebertus, ex Childeberto Bruncchildis filio pro- 
creatus, cujus in aulâ educabatur beatus Arnulphus, Buotgisi, 
illustris viri, filius 5 . » La chronique d'Hugues de Verdun dit 
de même: « Hic Clotharius sororem suam (seu filiam Blitildem) 
Ansberto in matrimonium junxit, et genuit Arnoldum ; Arnoldus, 
Arnulfum episcopum Metensem; Arnulfus, Anchisem qui est 
Ansegisus; Ansegisus, Pippinum; Pippinus, Carolum 6 . » Ajou- 
tons que le poème composé par ordre de Charles le Chauve 
dit expressément qu'Arnold, père de Saint Arnulphe, évêque 
de Metz, était fils d'Ansbert et de Blitilde. 

Arnulphus, d'après les textes précédents descend donc, par le 
duc Arnold, de l'Aquitain Ansbert et de Blitilde, fille de Clotairel. 
Albéric est aussi de cet avis lorsqu'il dit dans sa Chronique : 
« Dux Arnoldus genuit ducem Arnulphum qui fuit Metensis 
episcopus. » Umno lui donne pour mère une femme de race 
suève et le fait naître au château de Lay dans le comté de 
Chaumontais : « Natus est Beatus Arnulphus aquitanico pâtre, 
sueviâ matre, in Castro Lacensi, in comitatu Calvimontensi. » 
Une charte recueillie par Don Calmet, nous fait aussi connaître 



1 Acta S. S. Ord. 1. Bene. sectio II. 

* Du Chesne, t. I, p. 795. 
3 Du Chesne, t. II, p. 1. 

* Du Chesne, t. II, p. 68. 

5 Dom Bouquet, t. III, p. 592. Ex vitâ S li Ilildulti episcopi Trevirensis. 
« Dom Bouquet, t. III, p. 358. 




LA DYNASTIE CARLOVINGIENNE. 



93 



le lieu de sa naissance; c'est celle par laquelle la comtesse Eve 
confirme, en 950, le château de Lay-Saint-Christophe, près de 
Nancy, à l'abbaye de Saint Arnulphe. « J'ai voulu, dit-elle, don- % 
ner cette villa au bienheureux Arnulphe, parce que c'est dans ce 
lieu même qu'est né le vénérable pontife qui donna naissance à 
la race illustre des rois Francs, et parce que mes propres fils 
tirent de lui leur origine du côté paternel : « Quam villam 
specialius Beato Pontifici Arnulpho idcirco volui delegare, quod 
isdem venerandus antistites de cujus germine Reges Francorum 
strenuissimi prodiêre, in eâdem villa (Lacensi) praesentis exor- 
dium suscepit vitae et quia filii mei ab ipso ducebant originem 
ex paterno génère 1 . » 

Ansegise. Le maire du palais d'Austrasie, Gondulphe, fit 
épouser au duc Arnulphe une jeune fille d'origine saxonne, 
nommée Doda, dont ce dernier eût cinq enfants. Anségise appelé 
à continuer la souche, devint l'époux de Begge, fille de Pépin de 
Landen qui plus tard le rendit héritier des vastes propriétés que 
possédait le puissant maire du palais sur les deux rives de la 
Basse-Meuse. De son père Arnulphe, Anségise héritait, d'un autre 
côté, de six terres domaniales immenses situées sur la haute 
Meuse. Voici, quelques uns des textes qui confirment notre 
filiation. Nous trouvons dans l'Ancienne généalogie : « Ansber- 
tus senator genuit Arnoldum patrem sancti Arnulphi tandem 
Mettensis episcopi, qui Anchisem genuit; Anchises, Pepinum*. » 
Le livre de l'Ancien écrivain sur les Maires du palais dit à son 
tour : « Arnoldus genuit sanctissimum Arnulfum, post Metensem 
episcopum. Arnulfus quoque sanctus genuit Anchisem. Anchises 
genuit Peppinum*. » La Petite Chronique, ex bibliothecâ Thuanâ, 
dit à son tour : « Jhisbertus Senator ex filiâ Clotarii Régis, 
patris Dagoberti, Blitilde, genuit Arnaldum. Arnaldus genuit 
Arnulfum Metensem episcopum. Arnulfus genuit très : Frodul- 
fum qui genuit Martinum, et Galchisum et Ansegilum qui genuit 
Pipinum 4 . » La Chronique d'Alberic confirme cette généalogie, 
Voici son texte complet : « Métis sancto Arnulpho successit 
sanctus Goericus, post quem fuit Godo Episcopus. Hic dicendum 



1 Don Calmet, t. Il, prem. col. 196. 

» Du Chesne, t. 1, p. 795. 

3 Du Chesne, t. II, p. 1. 

« Dom Bouquet, t. III, p. 365. 

TOME XXVII. 7 




94 



ORIGINE GALLO-ROMAINE DE 



est, quod priini Lotharii filia Blitildis, soror Guntramni 
et Chilperici et aliorutn duci Ansberto illustri viro peperit 
ducem Arnoldum et Ferreolum qui fuit episcopus in Utrâ 
(Uzez) civitate ubi martir factus est, et Modericuni episcopum in 
Arilido ubi confessor quievit,et Charoiara virginem quae Redonis 
obiit. Dux Arnoldus genuit ducem Arnulphuin. Dux Arnulpbus 
sanctus, antequam fuerat Metensis episcopus, de Dodâ genuit 
très filios : Ducem Ansichisum et Walchisum, patrem sancti 
Vandregisili Fontellensis, et Cleodulphum metensem episcopum. 
De sorore natus est sanctus Godo de Oyâ filius comitis virdu- 
nensis. Dux Ansigisus, qui estAnchises, duxit sanctam Beggam, 
sororem sanctae Gertrudis de Nivellâ, filiam scilicet primi Pep- 
pini filii Karlomani, et genuit ducem Peppinum patrem Karoli 
Martelli 1 . » Dans la vie de S te Begge nous trouvons de même : 
« Ansgisus, seu Anchises, sancti Arnulpbi filius, palatiuin suum 
habuit et vixit in capremonte (Chèvremont) oppido*. » « His 
temporibus, beata virgo Gertrudis, filia Pipini, soror Grimoaldi 
Majoris domûs, Nivalensis cœnobii mater, virtutibus claruit. 
Hujus soror Begga, et ipsa foemina religiosa, Ansigiso S. Arnolfi 
filio nupsit; cui etiam Pipinum Juniorem peperit 3 . » « Rex 
Theodoricus et inclytus Princeps Pippinus Ansegisi filius, con- 
sobrinus videlicet Patris Wandregisili , urbis eum constituerunt 
antistitem 4 ? » « Ansigisus filius S. Arnulfi clarebat; cui Begga, 
soror Grimoaldi, nupserat 5 . » « Sanctus Arnulfus filius Arnoldi, 
filii Ansberti, ex Blitilde filia primi Lotharii Régis ... Martinus 
et Pippinus Junior, filius Ansigiseli quondam, decedentibus 

regibus (per Blitildem) dominabantur in Auster °. » « Beggam 

sorte jugalem Ansigisus habet, Arnulfi filius Almi, Regius ex 
atavis quem comsit germine sanguis 7 . » 



1 Aberic ad annum 644. — Utrâ civitate pour Ucetiâ (Uzez) (?). 

* Ex Vita S. Beggae, apud Mirœum, op. dipl., t. 1, p. 495. 

8 Dom Bouquet, t. III, p. 328. Chronique d'Herman ad Annum 639. 

* Dom Bouquet, t. III, p. 617. Ex vita Sancti Ansberti episcopi Roto- 
magensis. 

5 Dom Bouquet, t. III, p. 341 et 342. Sigebert de Gembloux ad annum 
640. 

6 Dom Bouquet, I. III, p. 694. Gesta Francorum sub Carolo Martello 
c. 46. 

7 Dom Bouquet, 1. 111, p. 627. Ex libro primo Herigeri. 




LA DYNASTIE CARLOVINGIENNE. 



95 



Pépin dHerstal, comme personne n'en ignore, naquit du 
mariage cTAnségise et de Begge. Nous avons déjà donné plusieurs 
textes qui le prouvent. On pourrait les multiplier sans peine. 
Nous nous bornerons à en citer un dernier : « In Austria 
quoque, mortuo Wulfoado duce, Martin us dux et Pippinus, 
filius Ansgisili quondam Franci nobilis dominabantur » 

L'origine gallo-romaine des Carlovingiens nous paraît donc 
complètement démontrée. 

Il nous resterait maintenant à retracer l'histoire de ces an- 
cêtres de Charlemagne, depuis le premier Tonantius jusqu'à 
Pépin d'Herstal, pour montrer que tous furent des hommes 
politiques d'une grande puissance, très lettrés, avides de secouer 
le joug des barbares et de faire triompher en Gaule l'élément 
gallo-romain. C'est ce que nous essayerons de faire dans quel- 
ques articles ultérieurs, si la Revue de l'Instruction publique 
veut bien continuer à nous accorder l'hospitalité de ses colonnes. 



Thil-Lorrain. 



1 Chronique de Frédégaire, c. 97. 




9G 



COMPTES RENDUS 



COMPTES RENDUS 



Geschiedenis van Leuven, geschreven in de jaeren 
1593 en 1594, door Willem Boonen. Thans voor de 
eerste maal uitgegeven op last van het stedelijk bestuur 
door Ed. Van Even. Leuven, Boekhandel Emiel Fonteyn, 
1880. Van Biesem en Fonteyn, drukkers 1880, folio LXX, 
520 p. 57 platen. 

Tel est le titre d'un ouvrage considérable, qu'a publié M. 
l'archiviste Van Even, sous les auspices du conseil communal 
de Louvain. 

Jusqua la seconde moitié du XVI e siècle, il n'y eut pas 
sur l'histoire de Louvain de travail écrit dans la langue du 
peuple. Van Dieven (Divaeus) et Van der Molen (Molanus) 
avaient étudié le passé de l'ancienne capitale du Brabant, mais 
leurs ouvrages, rédigés en latin, n'étaient destinés qu'aux lettrés. 

Vers 1590, un fonctionnaire de la commune, Guillaume 
Boonen entreprit de consacrer à la gloire de sa ville natale 
une œuvre toute flamande. 

G. Boonen était né à Louvain vers 1548. Nous possédons 
peu de détails sur sa jeunesse; son père, employé à la chambre 
des comptes, le dirigea vers la même carrière, et lui fit étudier 
spécialement la calligraphie et le dessin. Le jeune homme devint 
clerc de la chambre des comptes en 1579. Il jouissait d'une 
grande considération, et maiutefois il fut délégué par le Magis- 
trat de Louvain auprès du gouvernement. Ce fut lui qui en 1594 
porta au gouverneur général Ernest d'Autriche, les plaintes 
de la ville de Louvain au sujet des taxes exagérées qu'on lui 
imposait pour l'entretien des troupes. Il accomplit sa mission 
avec un plein succès. 

C'est en 1590 qu'il mit la première main à sa Geschiedenis 
van Leuven; pendant le cours.de son travail, qui lui prit plu- 
sieurs années, il fut en relations suivies avec Juste Lipse et 
Gramaye. Il compulsa avec le plus grand soin les livres, les 
manuscrits et les archives de la ville et en fit de nombreux 




COMPTES RENDUS. 



97 



extraits; puis il nota toutes les circonstances intéressantes qui 
se produisirent de son temps, spécialement clans les Pays-Bas 
et à Louvain; il écrivit dans la langue simple, inégale, un peu 
rude, parlée par ses concitoyens. 

A la mort de Boonen, arrivée en 1618, la ville devint proprié- 
taire de son manuscrit; celui-ci alla rejoindre dans les archives 
communales les œuvres également manuscrites de Pierre Van 
Dieven (Divœus) et de Jean Van der Molen (Molanus). Tandis 
que Van Dieven s'occupe surtout de l'histoire des familles et 
Van der Molen des institutions pieuses et de l'université* Boonen 
étudie spécialement la création de la commune, le mécanisme 
de son gouvernement et ses privilèges. Chose remarquable, 
aucun de ces trois écrivains ne vit imprimer son œuvre ; le livre 
de Van Dieven fut publiée en 1757, celui de Van der Molen 
en 1861, enfin celui de Boonen en 1880. 

Le manuscrit de ce dernier, bien qu'inédit, était connu des 
savants; déjà en 1606, Gramaye l'avait consulté et en avait tiré 
profit pour son Lovanium. G. Willems le mit à contribution 
pour son petit livre : Met/ers, Borgemeesters en Schepenen van 
Loven, qui vit le jour en 1667. Jean Michel Van Langendonck, 
secrétaire de la commune de Louvain y eut recours en 1757, 
lorsqu'il préparait l'édition des Opéra varia de Van Dieven. De 
même Paquot pour son édition du De picturis et imaginibus 
sacris de Van der Molen en 1766; Staes pour son Lovensch 
nieuws; plus tard, le baron de Reiffenberg y puisa d'utiles 
renseignements pour son Essai sur la statistique ancienne de la 
Belgique; M. Piot, pour son Histoire de Louvain; M. Lavallée, 
pour sa Notice sur les Sint Peetersmannen ; le savant Edmond 
Poullet y recourut plus récemment encore pour son Sire Louis 
Pynnock; et M. Ed. Van Even pour son remarquable Louvain 
monumental. 

Eu 1829, le D r Karl Bernhardi, bibliothécaire de l'université 
de Louvain, chargé de publier la chronique de De Dynter, fit 
des recherches aux archives de Louvain ; il remarqua le manus- 
crit de Boonen, en prit connaissance et le trouva si intéressant 
qu'il résolut de le livrer à l'impression ; mais, nommé la même 
année bibliothécaire de l'Electeur de Hesse*Cassel, il perdit de 
vue son projet. En 1869, M. Serrure songea à faire publier 
l'ouvrage de Boonen dans la collection des bibliophiles flamands ; 
malheureusement, la mort le surprit avant que son idée eût 




<J8 



COMPTES RENDUS. 



pu être exécutée. Enfin, en 1874, le conseil communal de Lou- 
vain, sur la proposition de M. Van der Seypen, échevin de 
l'Instruction publique, décida de faire imprimer le manuscrit 
de Boonen aux frais de la ville, et confia le soin de cette publi- 
cation à M. Edouard Van Even. 

L'ouvrage de Boonen 1 est divisé en quatre livres. Le premier 
est une chronique du Brabant et de Louvain qui va depuis les 
temps les plus reculés, jusqu'en 1594*. Le second contient des 
études sur l'origine de Louvain, l'histoire de ses édifices civils 
et religieux; le troisième est l'histoire des lignages ; le quatrième 
celle des Sint Peetersmannen. 

Dans son premier livre, Boonen ne s'occupe pas longuement 
des temps piimitifs. A la fin du XVI e siècle, on ne connaissait 
guère les premières périodes de notre histoire. Les récits mer- 
veilleux de Lucius de Tongres, de Hugues de Toul, de Jacques 
de Guise, de Jean Lemaire etc, étaient considérés comme très 
véridiques; sous ce rapport, Boonen n'est pas plus éclairé que 
ses contemporains. Il n'est donc pas étonnant qu'il commence 
sou livre par la fable bien connue de Salvius Brabon et de Swana, 
et que pour lui le premier duc de Brabant ait été pour le moins 
contemporain de Jules César. Il suit pour les dix-sept premiers 
ducs la liste d'Amand Van Zierickzee 5 et considère comme 



1 Memoriael, inhoudende de afkompste der Hertoghen ende Hertoginnen 
van Brabant, met sommighe Privilegien bij den dijcn van Loven verleent; 
den ouderdom der stadt Loven; den tijdt haerder bemueringe, vermeerde- 
ringhe derselver; sommighe aactentijke memorien den privilegien van den 
Sinte Peetersmannen der voerscrevene stadt Loven aengaende; den oir- 
spronck van de seven oude originele geslachten ende Peetersmans der selver 
Stadt, mette gene daeraen geallieert, met aile hunne waepenen ende declaratie 
in wat staete der stadt Loven gedient hebben. ende anderssints soo hier 
volght. 

* Van Dieven s'était arrêté à l'année 1507. 

3 Chronica compendiosissima ab exordio mundi usque ad annum domini 
millesimum, quingentesimum , trigesimum quartum : per venerandum 
patrem F. Amandum Zierixebnsem, ordinis fratrum minorum, regularis 
observantiœ, virum in divinis et humanis rébus peritissimum. Antverpiœ 
apud Simonem Cocum. Anno 1534, in-12°, 128 ff. 

On sait que ce franciscain a puisé ses renseignements dans Lucius de 
Tongres, qui vivait au XIII* siècle, et qui, selon Paquot (mémoires IV, 385) 
est l'inventeur de la liste légendaire des ducs. 




COMPTES RENDUS. 



99 



autorités V Historié Vàn Belgis de Marcus Van Vaernewijck et 
Y Excellente Chronijcke van Brabant imprimée à Anvers en 1497. 
Cette première partie n'a évidemment aucune valeur. 

Arrivée à la période historique, Boonen expose les annales 
du Brabant d'après les sources contemporaines ; il s'appuie sur- 
tout sur les chartes ducales 1 . 

La partie importante de Pouvrage est naturellement celle qui 
concerne le XVI e siècle; aussi plus de 100 pages lui sont con- 
sacrées alors que l'ouvrage entier en comporte 520. 

L'auteur nous raconte longuement l'arrivée du duc d'Albe à 
Louvain en 1567, l'enlèvement du comte de Bueren en 1568, le 
siège de la ville par le prince d'Orange en 1572, l'inondation de 
1573, les fêtes données en 1577 en l'honneur de don Juan 
d'Autriche, la peste de 1578, la défense de la ville par Fabio 
Fusco de Mataloni en 1581, la réception d'Ernest d'Autriche 
en 1594 etc. Tout cela est d'autant plus intéressant que Boonen 
parle souvent de visu. 

Notre historien est un partisan décidé de Philippe II et de 
l'ordre de choses établi, tout à fait hostile à la révolution du 
XVP siècle; il s'exprime avec la plus grande amertume sur le 
compte des révoltés ; il est plus d'une fois injuste à l'égard du 
prince d'Orange ; il est en un mot le fonctionnaire consciencieux 
d'une ville qui se distingua pendant toute la durée des troubles 
par une inébranlable fidélité au roi d'Espagne. 

Pour l'histoire de tous les événements qui se succèdent de 
1559 à 1578, Boonen puise abondamment dans les Registers ende 
Verbaelen de Jean Lievens Van Caudekercke, pensionnaire de 
la ville, qui sont encore conservés aujourd'hui aux archives de 
Louvain. 

Nous aurons à signaler dans cette partie de la Geschiedenis 
van Leuven deux erreurs graves, qu'il est difficile de croire 
involontaires. Boonen nous dit que l'hérésie fut prêchée en 
West-flandre seulement en 1566, puis à Anvers le 24 juin de 
la même année, puis peu à peu dans tous les Pays-Bas, sauf à 
Louvain 2 . 



1 II a consulté spécialement le Groot Charterboeck van. Loven, le Groot 
Gemeynboeak , le Qrdonnancie etide eedtboeck, ainsi que les comptes com- 
munaux. 

2 Anno 1566... « De Calvinisten hebben aldereest begonst te preken in 




100 



COMP'E* RENDUS. 



Or, il est absolument certain que dès 1519, l'hérésie se pro- 
duisit au grand jour à Anvers dans le couvent des Augustins, 
dont le prieur Jacques Spreng, dit Pnepositus, fut arrêté, mis 
à la torture et se rétracta. Vers la même époque, Corneille 
Graphée d'Àlost fut arrêté à Anvers pour avoir publié un écrit 
luthérien. Dès 1523, la réforme eut ses premiers martyrs dans 
les Pays-Bas; ce furent trois Augustins du couvent d'Anvers, 
Henri Voes, Jean Van Essche et Lambert Thoren. Les deux 
premiers furent brûlés vifs sur la grand'place de Bruxelles, 
le troisième mourut dans son cachot. C'est à Anvers que Hans 
Van Rumunde publia en 1522 la première traduction néerlan- 
daise de la Bible. Les nouvelles doctrines recrutèrent une foule 
de prosélytes dans les populations flamandes et brabançonnes. 
Ce n'est point contestable, et Boonen n'a pu l'ignorer. Mais il 
y a plus : en lisant la Geschiedenis van Leuven, on pourrait croire 
que la réforme n'eut aucun succès à Louvain, qu'elle y passa 
tout à fait inaperçue. Et cependant, les archives de cette ville, 
si minutieusement explorées par notre auteur, contiennent une 
ordonnance rendue par Charles V, le 16 mars 1534 et prescri- 
vant au magistrat de procéder rapidement contre les hérétiques ! . 
A la suite de cette ordonnance plusieurs habitants de Louvain 
furent poursuivis et condamnés à faire amende honorable et à 
payer de grosses sommes d'argent. 

En 1543, quarante trois personnes de Louvain furent accusées 
d'hérésie; on leur reprochait : 1° de posséder une bible écrite 
en langue vulgaire et des écrits d'Erasme ; 2° d'avoir mangé de 
la viande les jours défendus; 3° d'avoir tenu des réunions où 
Ton avait lu et commenté l'Écriture Sainte. Parmi les accusés 
se trouvaient quatre prêtres : Paul de Roevere, chapelain de 
Saint-Pierre; Pierre Rythove, id.; Mathieu Van Rillaert, curé 
d'Hèverlé ; frère Jean Van Rome, moine du couvent de Bethléem, 
à Herent. Paul Roels, professeur de médecine à l'université, et 



West-Vlaanderen ; daernaer binnen Antwerpen, xxiiij junij 1566, ende 
daernaer bijnaer in aile plaatsen binnen deze Nederlanden, behalven in 
de stadt van Loven, die hen stantafftich gehouden hebben aende oude 
catholijcke religie (p. 97). 

Notons qu'en parlant des réformés, quelle que soit leur secte, Boonen 
emploi toujours le mot « Calvinisten ». V. pp. 97, 138, 139, 394. 

1 « Sonder ordinaris oft langen treyn van processen tegen de lutheriaenen 
ende suspecte hereticque persoonen te procederen. » 




COMPTES RENDUS. 



101 



Gérard Mercator, le célèbre géographe, furent également pour- 
suivis. L'accusation fut soutenue par le haineux Pierre Du Fief, 
procureur général au conseil de Brabant. Les accusés, soustraits 
à leurs juges naturels, furent traduits devant une commission 
composée de quatre membres du conseil de Brabant, des deux 
bourgmestres de Louvain et de deux échevins de cette ville. 
Plusieurs des malheureux réformés payèrent de leur vie leur 
attachement aux nouvelles doctrines. Van den Born, sculpteur, 
eut la tête tranchée; Schats et Vicaert, tous deux boutiquiers, 
montèrent sur le bûcher devant l'hôtel de ville ; Antonia Bosmael 
et Catherine Metsys furent enterrées vives .à la grand'place. Ces 
rigueurs tuèrent le protestantisme à Louvain, mais pendant 
de longues années la mémoire en vécut dans le peuple louva- 
niste et certes Boonen a dû connaître l'histoire de cette terrible 
répression 1 . 

Cependant, si Boonen est souvent partial, la fidélité du sujet 
de Philippe II n'étouffe pas toujours chez lui le sentiment 
patriotique. Il décrit, sans les atténuer, les horreurs commises 
dans notre malheureux pays par le duc d'Albe. Il relate même 
une atrocité commise par le sinistre gouverneur à Parc près 
de Louvain, que nous croyons inédite. 

Le 24 octobre 1568, le duc d'Albe établit son quartier général 
à l'abbaye de Parc. Là vinrent le trouver Dierick van Zal, Jean 
van Eertrijck et Henri Staes, respectivement bourgmestres et 
receveur délégués par la ville de Léau pour lui expliquer que 



1 Les archives de Louvain ne contiennent plus de pièces relatives à 
cette poursuite de 1543, mais M. Galesloot en a retrouvé un certain 
nombre aux archives du Royaume. D'autre part les détails de ce procès 
sont rapportés dans les Mémoires dÛEnzinas publiés par Campan en 1862, 
dans la collection de la société de l'histoire de Belgique. Notons aussi 
que depuis 1522, il y avait à Louvain un Inquisiteur général du Brabant. 
Nous voyons revêtus de cette fonction en 1522, Jean Masson ou Latomus, 
professeur à l'université; en 1525, Jean Coppin, dit de Montibus, doyen 
de S fc Pierre ; en 1543, Tilman, président du collège du Pape ; en 1545, 
Drieux ou Driutius, professeur à l'université ; en 1547, Ruward Tapper, 
doyen de S* Pierre; en 1560, Pierre de Corte, ou Curtius, professeur à 
l'université et chanoine de S* Pierre, Martin Rythovius, doyen de S* Pierre, 
et Josse Ravesteyn dit Tiletanus, professeur à l'université. La chasse 
aux hérétiques était donc organisée longtemps avant 1564, quoiqu'en dise 
notre auteur, et il n'est pas admissible qu'il ait ignoré l'existence et les 
actes des inquisiteurs. 




102 



COMPTES RENDUS. 



si leur ville avait hébergé l'armée des comtes de Nassau, elle 
ne lavait fait que contrainte et forcée, dans l'espoir d'échapper 
au pillage et à la dévastation des gueux. Le duc leur répondit 
que, de leur propre aveu, ils avaient accueilli sans résistance 
une armée rebelle, qu'ils avaient donc prononcé eux-mêmes 
leur condamnation ; il donna ordre qu'ils fussent tous les trois 
pendus après avoir eu le temps de se préparer à la mort. Le 
prêtre qui reçut leur confession, se jeta aux genoux du duc 
pour implorer leur grâce : Il n'obtint qu'une chose : un seul 
des trois délégués serait mis à mort , le sort déciderait entre 
eux. Ainsi fut fait : un soldat espagnol jeta les dés et ceux-ci 
désignèrent le bourgmestre Van Eertrijck. Cet infortuné ma- 
gistrat fut immédiatement pendu à un arbre. Le duc ayant mené 
ses troupes plus loin, le cadavre du supplicié fut dépendu et 
enterré respectueusement dans le cloître des dominicains de 
Louvain. L'abbé de Parc fit déraciner l'arbre afin que le souvenir 
de cette cruauté disparut à jamais 1 . 

Bien des pages de notre auteur sont consacrées au récit des 
exactions de toutes sortes, que commirent dans les Pays-Bas, les 
soudards de Philippe II. Bien ne trouvait grâce devant leur 
fureur, et à Louvain, dans cette ville toujours fidèle au roi 
d'Espagne, les troupes royales pillèrent plus d'une fois les ri- 
chesses des églises et des couvents. La discipline n'existait plus 
parmi ces bandes de brigands; le 8 juin 1580, à Louvain, un 
officier supérieur, Jean de Croy, voulut prendre la défense des 
bourgeois indignement rançonnés par les pillards espagnols : 
un de ceux-ci lui tira à bout portant un coup de mousquet qui 
le blessa à mort 4 . Aussi la misère était-elle grande, en 1585, le 
bourgmestre Van Schore parle de « notre pauvre ville de Louvain, 
désolée et ruinée » 3 . La peste qui sévit clans cette malheureuse 
cité, du mois d'août 1578 au mois de mai 157î), lavait dépeuplée 
d'une manière effrayante : le chiffre de la population était tombé 
de 44,000 âmes à 6868*. 



« Pag. 102—103. 
8 Pag. 142. 

3 « Onse erme, gedesoleerde ende geruineerde stad van Loven » p. 157. 

4 Ceci résulte d'un recensement opéré maison par maison et dont le 
procès verbal est conservé aux archives de Louvain. Dans ces 6868 habi- 
tants on compte 64 membres du clergé séculier, 302 moines, 308 reli- 
gieuses, 983 étudiants. 




COMPTES RENDUS. 



103 



Le deuxième livre 1 est consacré à l'histoire des édifices lou- 
vanistes : églises, chapelles, cloîtres, collèges, ponts, fontaines, 
remparts, etc. Boonena recherché dans les comptes communaux 
le relevé des sommes consacrées à la construction de -l'hôtel de 
ville, ce qui est d'autant plus précieux pour nous que les comptes 
communaux de cette époque ont disparu*. Nous y trouvons 
encore toute une série de renseignement importants, la descrip- 
tion de TOmgang de Louvain 3 , des listes chronologiques des 
curés de S 1 Pierre depuis 1125, des maïeurs de Louvain depuis 
1111, des bourgmestres depuis 1225, des professeurs les plus 
célèbres. 

Dans le troisième livre, Boonen s'occupe de l'histoire des 
lignages *. Ici encore nous remarquons bien des légendes et des 
traditions aujourd'hui démenties à la suite d'investigations 
plus sérieuses. Pour notre auteur, l'origine des lignages est 
celle-ci : en 814, Louis-le-Débonnaire institua- comte de Louvain, 
Bastijn dit le Grand, homme de noble race, qui avait épousé la 
fille du comte de Flandre; de ce mariage naquirent un fils, 
Volckaert et sept filles nommées Plectrude, Alpaïde, Bertrade, 
Hildegarde, Ermengarde, Judith et Swane. Or, Volkaert était 
depuis 809, évêque de Liège; de fait, la descendance masculine 
du nouveau comte était éteinte, puisque Volkaert était engagé 
dans les ordres sacrés. Alors Bastyn donna ses filles en mariage 



1 Het tweede deel oft capittel van desen boecke, tracterende van de oudt- 
heijt der stad van Loven, hare edi/îcien ende oude strictueren; der Kercken, 
Capellen, Cloosteren ende collégien oudtheijdt; die vruchtbaerheijdt van de 
lovensche landen ; onder wat bisdom die van Loven ghestaen hebben ; tregi- 
ment haerder policijen ; hunne chrijschhandel ; haere groote traeffijke van 
den wullenwercke ; die commotien ende oproeringhen binnen Loven bijde' 
gemeijnte voertgekeert ; de schoone excellente processie van de kermisse van 
Loven, met aile haere /îgueren, waegenen ende anderssints, soo hier volght. 

8 V. p. 188. 

3 Déjà publiée eu 1863 par M. Van Even. sous le titre : VOmgang de 
Louvain. 

4 Hier begint het derde deel oft capittel van desen boecke tracterehde vande 
seven oude originele Geslachten ende Peetermans der stadt van Loven, met 
aile hunne afcomelingen, met ooek diegene onder hen als geallieerde re&or- 
terende, met aile hunne tvapenen. ende specificatie in wat staete en op wat 
jaeren sij der voers. stadt Loven gedient hebben ende andersints, die van 
allen ouden tijden genoempt sijn geweèst di& welgebûrenen tan Loven. 




104 



COMPTES RENDUS. 



à sept hommes nobles de Louvain. Plectrude à Eberwiju Uten 
Liemingen, chevalier; Alpaïde à Meynaert van den Calstren, 
chevalier; Bertrade à Meys van Redingen, chevalier; Hilde- 
garde à Louis van den Steene, chevalier ; Ermengarde à Eber- 
wijn Verrusalem; Judith à Salomon Gielis; Swane à Vranck 
van Rode, chevalier. De ces unions naquirent les membres des 
sept lignages auxquels Bastijn conféra de nombreux privilèges 
qui furent anéantis du temps de Pierre Couterel pendant la 
révolution de 1360. 

Tout cela est démenti par l'histoire. On ne trouve cité nulle 
part dans la liste des évêques de Liège, un Volckaert, fils du 
comte Bastijn de Louvain. 

Van Dieven parle d'un Bastijn, membre du lignage des van 
den Steene ; celui-ci eut neuf filles qui épousèrent des nobles 
louvanistes, et dont la descendance constitua le quatrième 
lignage. Est-ce ce Bastijn là que Boonen a confondu avec le fon- 
dateur des lignages? c'est possible ; à coup sûr aucun document 
sérieux ne parle d'un comte Bastijn de Louvain. 

Si l'on fait abstraction de ces traditions fabuleuses générale- 
ment admises du reste par les historiens du XVI e siècle, ce livre 
est précieux parce qu'on y trouve beaucoup de renseignements 
qui n'existent pas ailleurs; notamment des listes de membres 
des lignages et de nombreux blasons, coloriés dans le manuscrit 
et reproduits en noir dans le texte imprimé. 

Le quatrième et dernier livre traite des hommes de S fc Pierre 
de Louvain*. Cette question a été traitée en détail par M. 
Lavallée; le manuscrit de Boonen a été sa principale source 
d'informations. 

Voilà dans ses grandes lignes l'ouvrage écrit par Boonen à 
la fin du XVP siècle. Il présente un grand intérêt pour l'histoire 
de Louvain et pour celle du pays. On ne peut que féliciter 
l'administration communale de Louvain de l'avoir tiré de la 
poussière des archives pour le livrer à la publicité. M. l'archi- 
vistô Van Even en a fourni une édition bien soignée, enrichie 
d'une grande quantité de notes savantes. On ne pouvait s'atten- 



1 Hier beghint het vierde ende leste deel oft capittel van desen boecke, 
tracterendc vanden vrijen huysgesinne ende familie der kercke van Sinte 
Peeters, te Loven, ende haere Sinte Peetersmannen, die van aile oude tijden 
de welgeborene van Loven sijn genoempt geweest. 




COMPTES RENDUS. 



105 



dre à moins de la part de l'auteur de Louvain monumental et 
de Y Histoire de V école de peinture de Louvain. L'éditeur a fait 
suivre l'ouvrage de Boonen de fragments intéressants, se rap- 
portant à une époque plus rapprochée de nous. 

D'abord une chronique louvaniste* de 1573 à 1587, rédigée 
par Paul Van den Bossche, prieur de l'abbaye de S 1 Martin. 
Nous y voyons une chanson politique assez curieuse, des ren- 
seignements sur le prix des denrées et le salaire des ouvriers et 
une notice assez étendue sur la peste de 1578. 

M. Van Even a ensuite fait des extraits d'une autre chronique 
louvaniste, écrite par Guillaume Leunckens, professeur de droit 
à l'Université, et embrassant les principaux événements de 1 599 
à 1766*. Leunckens a lu les ouvrages de Mirseus, Haraeus, 
Butkens, et peut-être le manuscrit de Boonen. Il s'occupe des 
mœurs, des coutumes, de la vie intérieure de nos ancêtres; 
il nous raconté avec un grand luxe de détails les visites à Lou- 
vain des archiducs Albert et Isabelle, de Louis XV, du maréchal 
de Saxe, du prince Charles de Lorraine, etc. Il est fort heureux 
que cela nous ait été conservé, car de 1594 à 1747, aucun autre 
ouvrage ne fut consacré à l'histoire de Louvain. Leunckens ex- 
pose longuement les dissentiments qui surgirent entre la ville 
et l'université au sujet du logement des gens de guerre. Il signale 
aussi l'apparition du premier journal louvaniste, le Wekelijks 
nieuws uit Loven, le l r mai 1773. 

Vient enfin un dernier appendice. C'est le Dagregùter de 
Pelckmans, qui va de 1746 à 1808. Ce Pelckmans était un 
échevin de Louvain, d'une certaine instruction et connaissant 
bien les archives de sa ville natale 3 ; il nous fait connaître un assez 



1 Oud Kronijkje van Leuven, voortgezet, in i573, door Pauwbl Van den 
Bossche, Prior van Sint Marten. Déposée à la bibliothèque de Bourgogne, 
n° 8084. 

* Cronijcke der stadt Loven waer in eeden der ingesetenen, liste der Magis- 
traeten, Collégien, Cloosters, troubelen van die van Loven de vij geslachten 
van Loven, de XJniversiteyt , Gildekens enz., getrocken uyt onde memorien 
ende verscheyde historieschrijvers, vergadert bij Guilielmus Leunckens. 
j. u. L. anno 1755. 

8 C'est lui qui fournit à Dérivai les renseignements concernant Louvain 
pour son « Voyageur dans les Pays-Bas ou lettres sur Vêtat actuel de ce 
pays »>. Amsterdam 1782. Le manuscrit de Pelckmans est déposé à la 
bibliothèque de Bourgogne, n 08 17174-17175. 




106 



COMPTES RENDUS. 



grand nombre de circonstances intéressantes du règne de Marie- 
Thérèse, de la révolution brabançonne, de la suppression des 
couvents et de l'université, des cérémonies républicaines. 
L'éditeur a surtout extrait de Pelckmans ce qui concerne les 
monuments. 

En somme, comme nous l'avons déjà dit plus haut, M. Van 
Even et le conseil communal de Louvain ont bien mérité de 
ceux qui s'intéressent à notre passé historique. Il est toutefois 
regrettable que, limitant le tirage à deux cents exemplaires, on 
ait visé à faire de la Geschiedenis van Leuven une rareté 
bibliographique. Le volume est imprimé avec luxe et fait hon- 
neur à la maison Fonteyn; peut-être eût-il cependant mieux 
valu adopter un autre format que l'incommode et peu maniable 
in-folio. 



Les époques littéraires de l'Inde, études sur la poésie sans- 
crite, par Félix Nève, professeur émérite de V Université de 
Louvain, etc., Bruxelles, C. Muquardt 1883, 519 pp. In-8°. 

Depuis plus de quarante ans, M. Félix Nève s'est fait une ré- 
putation bien méritée dans le domaine de la philologie indienne. 
Il la doit tout d'abord à deux écrits sur le Véda, qui furent 
accueillis avec la plus grande faveur. Le premier parut en 1842, 
sous le titre d'Étude sur les hymnes du Rig- Véda t avec un choix 
d'hymnes traduits pour la première fois en français (Louvain, 
120 pp. In-8°); le second, publié en 1847, plus important 
encore, était intitulé Essai sur le mythe des Rhibavas, pre- 
mier vestige de V apothéose dans le Véda, avec le texte sanscrit 
et la traduction française des hymnes adressés à ces divinités 
(Paris, 479 pp. In-8°). Chargé de cours nombreux et variés à 
l'Université de Louvain et distrait par des occupations de tout 
genre, le savant indianiste ne put donner tout le développe- 
ment qu'il aurait voulu à des travaux si brillamment commen- 
cés. Cependant il ne cessa de suivre les progrès rapides des 
connaissances indiennes et il s'appliqua à en répandre les résul- 
tats en dehors du cercle restreint des sanscritistes. C'est ainsi 
qu'il fit paraître entre autres , dans divers recueils périodiques : 
les Portraits de femme dans la poésie épique de Vbide. Frag- 
ments d'études morales et littéraires sur le Mahâbhârata 



Eugène Hubert. 




COMPTES RENDUS. 



107 



(Bruxelles, la Belgique 1858), les Pourânas, études sur les 
derniers monuments de la littérature sanscrite (Paris, Corres- 
pondant 1352), Câlidâsa ou la poésie sanscrite dans les raffine- - 
itients de sa culture (Paris 1864), Atmabodha, ou la connaissance 
de V esprit, version commentée du poëme védantique de Çankara, 
avec introduction sur la philosophie Védanta (Paris, Journal 
asiatique 186G), le Bouddhisme, son fondateur et ses écritures 
(Paris, Correspondant 1853). Ces écrits donnant une idée fort 
exacte d'un grand nombre de monuments de la littérature 
indienne, il faut féliciter M. Nève d avoir songé à les faire 
réimprimer dans Tordre dans lequel nous les avons énumérés; 
il les a fait précéder d'une introduction où sont combinés des 
articles qui ont paru, dans cette revue, en 1864, sur le sanscrit 
et les études indiennes dans leur rapport avec renseignement 
classique et une lecture faite, la même année à l'Académie de 
Belgique sur le beau littéraire dans les œuvres du génie indien; 4 
il y a ajouté deux notices nouvelles sur le drame et les poètes 
moralistes et il a pu ainsi offrir au public lettré un recueil 
des plus intéressants sur toute la poésie sanscrite postérieure 
au Véda ; M. Nève a renoncé, il faut le regretter, à faire entrer 
la littérature védique dans le cadre de ses nouvelles études. 

Son livre rendra de grands services à tous ceux qui voudront 
s'initier aux habitudes littéraires de l'Inde soit pour connaître 
en elle-même une littérature aussi originale, soit pour faire 
d'utiles comparaisons avec les œuvres poétiques d'autres nations. 
Il fait connaître les poèmes indiens à la fois par une analyse 
fidèle et par la traduction des passages les plus saillants; il 
résume les travaux des critiques modernes sur les auteurs des 
ouvrages sanscrits et sur l'époque de leur composition ; il étudie 
avec soin le milieu social dans lequel ils ont paru, l'influence 
du climat, de la religion, du système politique de l'Inde sur 
le fond et la forme de ses poésies ; il contient enfin des appré- 
ciations fort sensées sur leur valeur littéraire. Quand les œuvres 
du génie indien furent connues en Europe, au commencement 
de ce siècle, il se produisit un phénomène semblable à celui 
qu'on avait remarqué lors de la renaissance des lettres clas- 
siques. L'enthousiasme excité par la nouveauté lit porter des 
jugements excessifs sur l'importance des monuments littéraires 
de l'Inde. On croyait y voir la source de toute sagesse et de 
toute civilisation, on leur attribuait l'antiquité la plus reculée; 




108 



COMPTES RENDUS. 



pour la forme même on mettait les hymnes du Véda au-dessus 
des psaumes ou des prophéties de la Bible ; on plaçait la Ra- 
maïde et la Bhâratide au même rang que l'Iliade et l'Odyssée, 
on voyait dans Câlidâsa un poète égal aux plus beaux génies 
de l'antiquité grecque ou latine. M. Nève, et c'est un des prin- 
cipaux mérites de son ouvrage, met ses lecteurs en garde 
contre de telles exagérations. Tout en reconnaissant la valeur 
historique de beaucoup d'écrits indiens, sans refuser un tribut 
d'éloge à la beauté morale ou littéraire de plusieurs parties 
des grands poèmes sanscrits, il montre fort bien qu'il a manqué 
à l'Inde ce sentiment de la mesure et de la modération, qui dis- 
tingue à un si haut degré les œuvres classiques de la Grèce et 
qui forme un élément essentiel de la beauté artistique. 

Les notices nouvelles du recueil de M. Nève sont à la hauteur 
de ses écrits antérieurs. En 1880 il avait publié une traduction 
nouvelle d'un drame célèbre de Bavabhouti et caractérisé, dans 
une savante introduction, les œuvres de cet écrivain. Aujourd'hui 
il nous donne l'histoire complète du théâtre indien (p. 268-364 
et 503-515\ Il fait connaître, par des analyses assez détaillées, 
les divers genres dramatiques cultivés dans l'Inde, les drames 
héroïques et mythologiques, les drames de mœurs ou de cri- 
tique morale et sociale, les drames politiques ou philosophi- 
ques, il expose les procédés de composition, et de style usités 
dans ces ouvrages, et la façon dont ils étaient représentés. À 
la fin de la notice sur le Bouddhisme, il s'étend également sur 
le drame bouddhique intitulé la Joie des serpents, que M. A. 
Bergaigne a traduit, pour la première fois, en français, en 1879. 

On lira, avec un vif intérêt, les idées de M. Nève concernant 
l'origine du théâtre indien. H montre que dans l'Inde, comme 
en Grèce, en Italie et dans l'Europe chrétienne du Moyen-Age, 
le théâtre a sa source dans des cérémonies religieuses. Les pre- 
miers spectacles étaient des danses accompagnées de chant et 
de musique ; le dialogue ne vient que plus tard. De là le nom 
de natya ou art de la danse, par lequel on désignait, dans 
l'Inde, le genre dramatique. Cette transformation de la panto- 
mime s'est-elle accomplie spontanément, ou est-elle due à des 
influences étrangères, particulièrement aux spectacles donnés 
par des troupes d'acteurs grecs dans des contrées voisines de 
l'Inde ou même dans des ports indiens ouverts à des trafi- 
quants qui parlaient ou entendaient la langue commune des 




COMPTES RENDUS. 



109 



Hellènes? L'origine postérieure du théâtre indien est un fait 
certain : le drame le plus ancien ne remonte pas au delà du 
II e siècle après Jésus-Christ. Il n'est donc pas invraisemblable, 
d'après M. Nève, que les spectacles grecs aient suggéré à des 
poètes indiens l'idée d'un genre nouveau et développé chez les 
habitants des villes le goût des représentations scéniques ; mais 
une fois l'impulsion donnée, les poètes indiens ne se firent pas 
les imitateurs des Grecs; ils cultivèrent le drame à leur guise 
et d'une façon originale. Les rapprochements établis, l'année 
dernière, par M. Windisch, au congrès de Berlin, entre la nou- 
velle comédie grecque et plusieurs pièces indiennes ne parais- 
sent pas, d'après M. Nève, de nature à faire admettre certain 
degré de parenté entre les deux théâtres. Tout ce que la Grèce 
a pu faire c'est de fournir aux indiens la notion d'un art drama- 
tique; là s'est bornée son influence. 

La seconde notice nouvelle concerne les recueils de sentences 
et d'apologues. On y trouve une excellente analyse de Bar- 
trihari et des célèbres collections de fables et de contes connues 
sous le nom de Pancha-tantra ou les cinq livres, et Hitopadeça 
ou l'instruction salutaire. 

Le lecteur trouvera donc dans l'ouvrage de M. Nève un 
résumé presque complet de la littérature poétique de l'Inde 
postérieure au Véda. Il aura une idée nette de l'épopée et des 
grands poèmes mythologiques, de la poésie lyrique, du drame, 
des poésies philosophiques et des poètes moralistes. Il aura jeté 
un coup d'œil sur les écrits bouddhiques et l'analyse des tra- 
vaux de M. Garcin de Tassy lui aura même donné un aperçu de 
la littérature de l'Inde moderne. Il ne déposera certes pas l'ou- 
vrage sans savoir gré à l'auteur de lui avoir exposé, avec tant 
de clarté, les produits de sa vaste érudition. 



Université de Liège. — Travaux du cours pratique 
d'histoire nationale de Paul Fredericq, professeur ordi- 
naire à la Faculté de philosophie et lettres. — Premier fascicule . 
Dissertations sur l'histoire des Pays-Bas au XVI e siècle. 
Gand, J. Vuylsteke; La Haye, Martinus Nyhoff ; 1883. — 
In-8" LUI 144 pages. 

Depuis quelque temps un esprit nouveau semble vouloir se 

TOME XXVII. 8 



L. R. 




110 



COMPTES RENDUS. 



propager dans les universités belges. A l'ancien système d'en- 
seignement, purement dogmatique chez le professeur, simple- 
ment réceptif du côté des élèves, on pouvait reprocher de n'avoir 
que des auditeurs au lieu de disciples, et de manquer, à raison 
même de sa généralité, de caractère scientifique. On a voulu 
obvier à ce défaut en créant, à coté des cours établis, un 
enseignement plus intime et plus pratique, qui unît le maître 
et Télève dans un commun effort pour approfondir l'un ou 
l'autre point de la science. Cette méthode présenterait plus d'un 
avantage. Elle stimulerait l'activité du professeur, qui ne serait 
plus condamné à tourner constamment dans le même cercle ; d'au- 
tre part, en éveillant la curiosité de l'étudiant, en l'initiant aux 
procédés et pour ainsi dire à l'outillage scientifiques, en solli- 
citant de lui un travail personnel, elle ferait de lui, non plus 
un auditeur passif et souvent ennuyé, mais un ouvrier de la 
science, qui, toujours prêt à la servir, serait peut-être un jour 
capable de la faire progresser à son tour. 

L'idée ne date pas d'hier; mais elle a fait singulièrement 
du chemin pendant ces dernières années. Déjà en 1869, M. le 
professeur Rich. Boddaert, dans un excellent discours prononcé 
à la séance d'ouverture des cours de l'Université de Gand, 
affirmait le besoin des études pratiques, en se plaçant plus 
spécialement sur le terrain de l'enseignement médical. En 1880, 
M. le professeur Du Moulin 1 déplorait également l'insuffisance 
de l'esprit scientifique dans notre enseignement supérieur; 
il proposait, comme remède, un enseignement pratique, la 
création de laboratoires et d'instituts spéciaux ; il préconisait 
les discussions scientifiques, la publication de dissertations, 
la défense de thèses, et insistait principalement sur l'institution 
de séminaires ou de conférences, ayant leur siège et leur centre 
d'action dans ces instituts. D'autres voix autorisées firent 
entendre le même langage. 

On sait que ces appels réitérés ne sont point restés stériles. 
Le Gouvernement, entrant dans la voie que tant d'hommes 
éminents lui indiquaient, dota largement nos Facultés des 
sciences et de médécine de l'outillage scientifique qu'elles 



1 Discours prononcé à l'ouverture solennelle des cours de l'Université 
de Gand. 




COMPTES RENDUS. 



111 



réclamaient comme la condition indispensable de leur déve- 
loppement. Cependant il s'agissait (rappliquer les mêmes prin- 
cipes à renseignement du droit, de la philosophie et des lettres. 
D.éy\ en 1869, M. le Recteur Andries en entrevoyait la possi- 
bilité * ; onze ans plus tard MM. Houët 2 , Thomas r \ Trasenster 4 
en proclamèrent tour à tour la nécessité indiscutable. 

Cependant cette dernière idée rencontra plus de résistance, 
parce qu'on entrevoyait moins bien son application à renseigne- 
ment du droit et des lettres qu'à celui de la médecine et des 
sciences d'observation. Quelques professeurs zé'és se mirent 
alors résolument à l'œuvre, en s'inspirant de l'exemple de 
l'Allemagne où le système avait fait déjà victorieusement ses 
preuves. L'honneur de cette initiative revient à M. le professeur 
Kiïrth, de Liège, qui ouvrit, dès l'année 1874, un cours pratique 
d'histoire. MM Vander Kinderen et Philipson, à Bruxelles, 
Paul Fredericq, à Liège, Motte et Thomas, à Gand, suivirent 
cet exemple. Comme le philosophe antique qui démontrait le 
mouvement en marchant, ils ont marché aussi, tout seuls, sans 
appui officiel, et ils ont prouvé que le projet était parfaitement 
réalisable 

Parmi eux, M. Fredericq ne s'est pas montré le moins actif 
ni le moins ardent. A l'exemple de M. Kurth, il est allé visiter 
les séminaires historiques de l'Allemagne; comme lui encore s , 
il publia dans la Revue de V Instruction publique (1882), ses notes 
de voyage sous le titre « De t enseignement supérieur de Vhistoire 
en Allemagne ». Depuis, comme MM. Motte et Thomas, il a 
voulu étudier à Paris renseignement historique réorganisé 
d'après le système des Universités allemandes, et il a consigné 
ses observations dans un travail récent, intitulé : « De l'enseigne- 



1 Rapport sur la situation de Y Université de Gand, pendant l'année aca- 
démique 1868-1869. 

* Discours prononcé le 80 septembre 1880, à la distribution des prix 
des concours généraux. 

3 De la réorganisation des Facultés de philosophie et lettres, Mevue de 
V Instruction publique, tome XXIII. 

4 Discours prononcé à l'ouverture solennelle des cours de l'Université 
de Liège. 

5 De l'enseignement de l'histoire en Allemagne par G* Kûiror* "Revue 
de V Instruction publique, t. XIX, 1876. 




112 



COMPTES RENDUS. 



ment supérieur de Yhistoire à Paris Enfin, il vient de publier 
partiellement les résultats de son cours pratique à Liège, sous 
la rubrique placée en tête de cet article. 

Le volume s'ouvre par une préface qui est intitulée : De Ven- 
seignement supérieur de V histoire en Belgique, et qui peut être 
considérée comme le complément des deux précédents opuscules 
de Fauteur. Dans ceux-ci, M. Fredericq a rendu compte, avec un 
luxe de détails parfois minutieux, d'une situation bien acquise, 
exubérante d'éclat et de vie d'un côté, en pleine voie de pros- 
périté de l'autre. En ce qui nous concerne, il n'a pu que raconter 
des essais tentés avec plus de courage que de succès. L'auteur 
expose, avec sa clarté ordinaire, l'organisation des divers cours 
pratiques d'histoire dans nos universités ; il indique les sujets 
qui y ont été tour à tour traités ; il explique la méthode et les 
procédés des professeurs ; il n'hésite pas, à l'occasion, d'avouer 
que le résultat n'a pas répondu à l'effort. En disant ainsi, sans 
emphase ni exagération, le fort et le faible de la situation, 
M. Fredericq a voulu sans doute montrer, par ce qui a été déjà 
fait, ce qui pourrait ou devrait encore se faire. C'est le bon 
moyen, croyons-nous, d'assurer à la cause, dont il s'est fait le 
champion dévoué, les sympathies et le concours de tous ceux 
qui s'intéressent, chez nous, au relèvement des hautes études *. 

Le fascicule nous donne ensuite quatre articles, dont les deux 
derniers sont du professeur lui-même. Le premier, signé par 
M. Guill. Crutzen, actuellement professeur d'histoire à l'athénée 
de Chimay, traite de la naissance et de Vorigine maternelle de 
Marguerite de Parme. Dans le second, M. Henri Lonchay, au- 
jourd'hui professeur d'histoire à l'Athénée de Bruxelles, fait 
l'historique des Édits des princes évêques de Liège en matière 
d'hérésie au XVP siècle. Quant à M. Fredericq, il traite d'abord 
de Y enseignement public des calvinistes à G and (1578-1584), et 
ensuite du renouvellement, en 1578, du pacte d'alliance conclu 



1 Tiré à part de la Revue internationale de l'Enseignement de Paris (15 
juillet 1883). 

* Quoiqu'il n'existe point de cours pratique d'histoire à l'Université de 
Louvain, M. Fredericq fait remarquer que la societas philologa, présidée 
depuis douze ans par M. le professeur P. Willenis, y rend, dans le même 
ordre d'idées, de très grands services. 




COMPTES RENDUS. 



113 



à l'époque de Jacques Van Artevelde entre la Flandre et le 
Brabant. Les trois derniers travaux se rapportent, plus ou 
moins directement, à la matière qui a fait l'objet principal du 
cours pratique. En effet, sauf dix leçons consacrées à la question 
traitée par M. Criitzen, professeur et élèves se sont occupés 
de la question religieuse aux Pays-Bas durant le seizième siècle. 
C'est ainsi que M. Fredericq annonce pour le second fascicule 
un travail de M. Eug. Monseur sur les inquisiteurs de cette 
époque, et pour le troisième fascicule une dissertation achevée 
sur la Pacification de Gand, pour laquelle renseignement des 
deux premières années du cours ont fourni les études prélimi- 
naires, tandis que le sujet a été traité à fond dans le courant 
de la dernière année académique. Nous constatons avec plaisir 
que ces études préliminaires, telles que M. Fredericq nous en 
expose la marche dans sa préface, nous semblent très bien 
conduites et de nature à faire espérer un excellent travail sur 
la matière. Nous approuvons également, comme très utile, l'idée 
qu'il a eue de faire rédiger par ses élèves des procès-verbaux 
des séances. 

Nous n'entendons pas examiner ici par le menu des travaux 
qui sont le résultat de longues et patientes recherches. Pour les 
deux premiers, le fait d'avoir été admis par le professeur aux 
honneurs de l'impression, et cela sous le patronage de son nom, 
constitue une recommandation des plus flatteuses. Nous ajoute- 
rons que cette distinction est méritée. L'article, dans lequel 
M. Criitzen, se ralliant aux opinions de Serrure, de Vander 
Meersch et de Gachard, soutient que la fille de Charles-Quint 
était d'origine flamande et roturière, est travaillé avec beaucoup 
de soin et de clarté. L'auteur présente en bel ordre de bataille 
des arguments nombreux, variés et puisés à bonne source; on 
peut dire que la question, ainsi traitée, semble épuisée. Les 
mêmes éloges reviennent à la notice de M. Lonchay. Le début 
est peut-être trop pompeux et hors de proportion ; mais l'auteur 
rachète immédiatement ce léger défaut — si défaut il y a — 
par la lucidité avec laquelle il expose le fonctionnement de 
l'inquisition aux Pays-Bas. Après avoir nettement indiqué, dans 
ses grandes lignes, l'état de la question, il passe à l'examen 
approfondi du même sujet dans la principauté de Liège. Cette 
étude se distingue par les mêmes qualités de méthode et d'ex- 
position; elle renferme des détails curieux, notamment sur 
l'application de la Paix de religion d'Àugsbourg de 1555 et sur 




114 



COMPTES KENDITS. 



la persistance de l'Inquisition dans l'état liégeois jusque vers 
la fin du XVII e siècle; d'autre part, elle nous la montre bien 
moins rigoureuse dans la principauté ecclésiastique que dans 
les Pays-Bas, et Fauteur attribue avec raison cette différence aux 
libertés communales qui s'y étaient maintenues plus intactes 
que dans les états héréditaires du puissant empereur; enfin, 
elle est imprégnée de cet esprit de sereine impartialité que 
donne la recherche attentive et scrupuleuse des faits, alors que 
l'histoire, dite politique ou philosophique, n'est que trop souvent 
défigurée par le parti pris ou la déclamation. 

Ces deux études ne sont pas sorties telles quelles du cours 
pratique de M. Fredericq. Elles ont paru une première fois 
dans cette Revue; elles ont été ensuite remaniées de telle façon 
qu'elles peuvent être considérées comme des travaux vraiment 
personnels. Mais c'est l'esprit et la méthode de l'école qui ont 
présidé à cette révisiou, et voilà une preuve de plus de la haute 
utilité de ces institutions scientifiques. 

Les deux articles de M. Fredericq ont également paru dans 
cette Revue, en 1878 et 1879. Celui sur X Enseignement public 
des Calvinistes à Qand (1578-1584) portait d'abord le titre 
trop ambitieux — l'auteur le reconnaît lui-même — de : Y Uni- 
versité Calviniste de Qand. En nous le rendant aujourd'hui 
refondu et notablement augmenté, M. Fredericq nous semble 
accorder à cette Faculté éphémère une importance encore trop 
grande, lorsqu'il veut la comparer à ce genre d'institution que 
les Hollandais appellent un Athenœum illustre ou Doorluchtige 
school. Bien qu'il s'autorise d'un livre paru sous ce titre à 
Utrecht en 1756, l'assimilation ne nous paraît pas suffisamment 
exacte. En tout cas, ce travail constitue une page intéres- 
sante de l'histoire religieuse du temps, et surtout de l'histoire 
locale de Gand durant les années troublées qui suivirent la 
fameuse Pacification de 1576. Outre qu'il nous explique en 
détail l'organisation de la Faculté et de l'école latine protes- 
tantes, il abonde en détails curieux sur la personnalité des 
professeurs, et analyse quelques-unes de leurs leçons ; de plus, 
il nous fait connaître certains imprimés rares, et il est suivi, à 
titre de pièces justificatives, de nombreux extraits du Diarium 
de Ph. Van Campene, manuscrit de la Bibliothèque Royale de 
Bruxelles. En mêlant à son exposition le récit des événements 
contemporains, l'auteur lui a donné la vie et le mouvement ; il 




COMPTES RENDUS. 



115 



a d'autre part le mérite d'avoir mis en lumière certains faits 
peu connus ou négligés par les écrivains. Historien et non 
panégyriste, il ne se prive pas, à l'occasion, de flétrir l'intolé- 
rance des meneurs Calvinistes, intolérance dont il nous donne 
un spécimen dans un incident épisodique de son récit, relatif 
au théologien et écrivain protestant Pierre De Zuttere. 

Le renouvellement, en 1578, du traité d'alliance conclu à 
l'époque de Jacques Van A rtevelde entre la Flandre et le Bradant 
est une petite dissertation, de dix-sept pages, qui présente un 
certain intérêt historique, par la double raison qu'elle relate un 
fait peu connu et qu'elle prouve qu'à plus de deux siècles de 
distance la mémoire du « sage homme » n'avait pas péri parmi 
ses compatriotes. Pris en lui même, le fait n'est pas de grande 
importance; d'abord, parcequ'il fut dû à l'initiative de particu- 
liers sans mission légale; ensuite, parcequ'il n'aboutit pas à 
un résultat pratique durable. Il est cependant un indice curieux 
de certaines tendances politiques pendant ces jours agités de 
tant de mouvements contraires. A ce titre, l'auteur a bien fait 
de le produire : en histoire, tout détail sérieux a son utilité 
et son rôle, et c'est pour elle, autant que pour toute autre 
science, le cas de dire que les petits ruisseaux font les grandes 
rivières. 

On remarquera que, sauf l'étude de M. Lonchay, les articles 
de ce fascicule roulent sur des questions d'érudition, nous allions 
presque dire de curiosité historique. Sur ce point, M. Fredericq 
peut s'attendre à des critiques; en les prévoyant, nous ne disons 
pas que nous entendons les approuver. Autant que personne, 
nous savons que l'étude des détails est la vie même de l'his- 
toire; qu'elle seule peut donner aux faits et aux personnes leur 
physionomie véritable; que sans elle, on tombe dans les géné- 
ralités hasardées, dans les banalités creuses. L'explication pré- 
cise, exacte d'un point historique, quelque minime qu'il soit, 
est toujours utile; c'est une pierre de plus pour la solidité, 
un ornement nouveau pour la beauté de l'édifice à venir. Tout 
cela est très vrai. Mais M. Fredericq, qui a l'esprit si droit et 
si sûr, ne saurait nier que pour faire accepter une innovation, 
quelque bonne ou nécessaire qu'elle puisse être, pour lui faire 
prendre racine, il ne suffit pas d'avoir raison, il faut avoir dix 
fois raison. Or, il est à craindre que beaucoup de gens, même 
parmi les plus éclairés, ne trouvent, par exemple, que la question 




116 



COMPTES RENDUS. 



traitée par M. Criitzen est de bien minime importance, et que 
l'auteur y a dépensé un temps, une sagacité d'esprit et un tra- 
vail qui auraient pu trouver un meilleur emploi. Ils diront que 
puisque c'est un fait avéré que Marguerite était la fille naturelle 
de Charles-Quint, qu'elle a été reconnue, élevée et traitée comme 
telle, il est assez oiseux de rechercher si sa mère était d'origine 
flamande ou italienne, de naissance noble ou d'humble condi- 
tion. Et si on leur dit qu'un tel exercice est utile à cause des 
recherches ainsi que de l'esprit de critique et de coordination 
qu'il exige, ne. répondront-ils pas qu'il serait plus utile encore 
appliqué à des sujets d'un intérêt plus réel et plus pratique? 

Si les séminaires scientifiques étaient chez nous dans leur com- 
plet épanouissement, il est clair que l'on pourrait passer sous 
silence de semblables observations. Mais ils sont encore à l'état 
rudimentaire , et il s'agit de les implanter dans nos mœurs 
scolaires, de les faire accepter aux élèves et au public. Nous ne 
saurions donc assez engager ceux qui les dirigent à faire un 
choix judicieux de sujets à traiter. Il importe en effet, dans 
l'intérêt de l'œuvre, d'éviter jusqu'à l'ombre même de la cri- 
tique. Ajoutons cependant que ces reproches ne pourraient être 
en tout cas que partiels. En parcourant, dans la préface du 
livre de M. Fredericq , la liste des matières traitées dans les 
divers cours pratiques, on se convaincra que la plupart 
présentent un véritable intérêt historique. Les gens qui jugent 
superficiellement seront peut-être tentés de critiquer celles que 
M. Kiirth a examinées avec ses élèves durant neuf années con- 
sécutives ; nous leur ferons observer que ce cours, conçu dans 
un remarquable esprit d'unité, a pour but d'éclaircir l'ancienne 
histoire de ta Lotharingie, et plus spécialement du pays de Liège, 
et que, considéré sous cet aspect comme il convient de le faire, 
il nous paraît inattaquable. 

Au surplus, ces critiques éventuelles n'ôteraient rien au 
mérite intrinsèque des travaux insérés dans le premier fasci- 
cule de M. Fredericq, d'autant plus que les matières annoncées 
pour les deux autres, et surtout l'étude approfondie de la Paci- 
fication de Gand, sont de nature à contenter les plus difficiles. 
Ce livre sera donc le bienvenu auprès de tous ceux qui s'inté- 
ressent aux études historiques. Partisan convaincu des instituts 
pratiques, nous l'accueillons comme le gage d'une rénovation 




COMPTES RENDUS. 



117 



prochaine, avec l'espoir que de nombreuses publications du 
même genre viendront hâter chez nous le développement de la 
vie scientifique. C'est aux fruits qu'on juge l'arbre ; ce sont les 
travaux sérieux et utiles qui feront accepter la réforme que 
tant d'hommes éminents de notre enseignement supérieur ré- 
clament avec insistance. 

Il ne faut pas cependant se dissimuler que la réussite dépendra 
en grande partie de notre prudence. Il n'est jamais bon de rien 
exagérer. Nous possédons tous les éléments de comparaison 
nécessaires entre l'ancienne méthode, que nous appellerons la 
française, et celle qui a été inaugurée par l'Allemagne. A quoi 
nous servirait le bon sens que Ton veut bien nous reconnaître, 
à défaut peut-être de qualités plus brillantes, si nous allions, 
brusquement et de parti-pris, brûler les anciens dieux pour en 
adorer d'autres? Malheureusement nous avons une tendance 
prononcée à l'imitation. Qu'elle nous soit inspirée par la con- 
viction de n'être qu'un petit peuple, ou qu'elle soit le produit 
d'une trop longue léthargie intellectuelle, il est incontestable 
qu'elle existe, et il importe de se mettre en garde contre elle. 
Il ne faudrait pas, par exemple, parce qu'on reconnaît les 
inconvénients de la trop grande généralisation en matière d'en- 
seignement supérieur, tomber dans une spécialisation exclusive 
et outrée. Or, nous craignons que, par un zèle excessif, quelques 
uns ne penchent de ce côté. Dans son Étude sur V enseignement 
supérieur de V histoire l , M. Fredericq constate que l'histoire 
universelle n'est plus enseignée du tout en Allemagne, si ce 
n'est dans quelques universités du sud. « La spécialisation l'a 
» tuée, dit-il, sans qu'on doive beaucoup s'en affliger, me semble- 
» t— il. » Il a raison ; car un cours, qui renferme cette immense 
matière, doit nécessairement tomber dans de banales généra- 
lités. Mais là où nous ne sommes plus de son avis, c'est lorsqu'il 
condamne également les cours d'ensemble, tels que, ceux d'his- 
toire ancienne, d'histoire du moyen-âge, etc., et qu'il signale 
comme « un point de la plus haute importance que, sauf de rares 
» exceptions, chaque cours ne porte que sur une période assez 
» courte. » Cette coutume peut ne pas présenter de grands 
inconvénients en Allemagne, où l'enseignement moyen est exclu- 
sivement dans la main du Gouvernement, où il dure plus long- 



1 Page 39. 




118 



COMPTES RENDUS. 



temps et est plus fortement organisé que chez nous; mais qui 
oserait dire qu'il en serait de même dans notre pays? A notre 
avis, ces cours restreints et plus approfondis, dont nous sommes 
d'ailleurs loin de contester l'excellence, devraient être reportés 
au doctorat, comme M. Fredericq du reste le recommande lui- 
même dans sa préface. Mais les cours généraux d'histoire, 
inscrits à la candidature, devraient être maintenus, sous peine, 
croyons-nous, d'aller à rencontre du but et du rôle des Univer- 
sités. L'enseignement supérieur n'a pas seulement pour mission 
de former des savants; il est aussi appelé à élever le niveau 
intellectuel du pays; il doit être le vaste foyer de lumières qui 
rayonnera sur la nation entière et éclairera, par réflexion, les 
degrés inférieurs de l'instruction publique. Nous ne croyons pas 
non plus, comme l'auteur le prétend, que les cours généraux 
d'histoire doivent nécessairement être superficiels; c'est affaire 
au professeur de les tenir, dans leur forme un peu sommaire, 
au courant de la science. Niera-t-on d'ailleurs que, dans ces 
conditions, un cours bien conçu, clairement exposé, dit avec 
élégance, avec éloquence si c'est possible, ne soit de nature à 
exercer une heureuse influence sur le goût et l'instruction géné- 
rale des auditeurs, pour la grande masse desquels la candidature 
n'est qu'un passage à l'étude du Droit? 

Notre conclusion est donc qu'il faut tout à la fois des cours 
généraux d'histoire bien faits, pour le plus grand nombre; des 
cours restreints et plus approfondis, au doctorat; et des cours 
pratiques, où la science sera étudiée pour elle-même selon les 
règles rigoureuses de la méthode et de la critique. Ce seront ces 
derniers surtout qui fourniront un enseignement fécond et puis- 
sant, propre à former des historiens, des archivistes, des biblio- 
thécaires. Mais ce n'est qu'à la condition d'être combinés avec 
les cours théoriques, plus synthétiques et par conséquent de plus 
large envergure, qu'ils pourront produire d excellents profes- 
seurs. 

M. Fredericq dit, à la page xliv de sa préface : « Quoiqu'il 
» en soit de rinterveution plus ou moins prochaine du Gouver- 
» nement, il me semble que les professeurs d'histoire de nos 
» universités ont pour devoir d adjoindre dès à présent un cours 
» pratique facultatif à leurs cours théoriques ». C'est demander 
beaucoup, c'est peut-être demander trop. « Ne forçons point notre 
» talent » est un précepte bon à observer en toutes choses. Tel 



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COMPTES RENDUS. 



110 



professeur qui à de remarquables facultés d'assimilation joint 
une grande puissance d'exposition et d'élocution, peut se trouver 
moins disposé aux labeurs arides de l'érudition ; et s'il croit né- 
cessaire de s'y livrer contre ses goûts et ses aptitudes, ne s'ex- 
posera-t-il pas à compromettre, sinon à perdre tout à fait la juste 
considération que son mérite très réel aura pu lui assurer d'un 
autre côté? Nous n'insistons pas sur cette considération, qui ce- 
pendant ne nous semble pas dénuée de valeur ; il y en a une autre 
plus grave. N'est-il pas à craindre que si chaque cours théorique 
est doublé d'un cours pratique, celui-ci ne prime l'autre et ne 
le relègue à l'arrière-plan ; n'est-il pas à prévoir qu'il absorbera 
toute l'activité du professeur et que celui-ci s'habituera à con- 
sidérer l'autre comme le petit côté de sa besogne? M. Fredericq 
s'est chargé lui-même de répondre à ces questions. En effet, 
nous lisons, à la page 40 de son travail sur Y Enseignement 
supérieur de l histoire, les lignes significatives que voici : « A ses 
» exercices pratiques le professeur consacre toute sa science, 
» tout son zèle, tout son amour-propre ; alors que souvent il fait 
» ses cours théoriques avec plus ou moins d'indifférence, comme 
» on s'acquitte d'une tâche imposée qui constitue une perte de 
» temps. Aussi, en Allemagne, où l'on ne vise pas à l'élégance 
» littéraire, à l'esprit, au brio des professeurs français, les cours 
» théoriques sont parfois très ternes et même fastidieux; au 
» contraire, les cours pratiques sont instructifs au plus haut 
» degré, et, en général, très vivants, très attachants; c'est là 
» que le professeur déploie toute sa verve, toutes les ressources 
» de son esprit. » — Or, est-ce là un résultat à souhaiter dans 
un pays aussi fortement imbu des traditions françaises que le 
nôtre? Alors surtout que les cours pratiques ne seront jamais 
accessibles qu'à un petit nombre d'élus, tandis que les nécessités 
de l'examen, le manque de goût, d'aptitude ou de zèle pousse- 
ront toujours l'immense majorité des étudiants vers les cours 
théoriques ! 

Qu'on ne se méprenne point cependant sur nos intentions. 
Nous applaudissons a ce qui a été fait jusqu'ici, nous appelons 
de nos vœux le développement de l'enseignement pratique, 
parce que nous considérons que seul il pourra relever et faire 
progresser la science historique. Nous adressons nos sincères 
éloges à ceux qui ont vaillamment, courageusement abordé cette 
salutaire réforme; nous voulons simplement les prémunir, nous 
ne disons pas contre des excès existants, mais contre l'excès 




120 



COMPTES RENDUS. 



possible. M. Ch. Seignobos a publié sur renseignement de 
l'histoire en Allemagne un article, dont on peut ne pas admettre 
toutes les conclusions mais qui, à coup sûr, contient des indi- 
cations et des vues utiles à méditer*. 

Enfin, pour revenir à l'ouvrage de M. Fredericq qui est tout 
à la fois le sujet et l'occasion de cet article, nous voulons faire 
une dernière remarque. 

En- parcourant, dans la préface, la liste des cours pratiques 
professés tant à l'école normale des humanités que dans les 
universités de Liège, de Bruxelles et de Gand, on est frappé de 
la place minime qu y occupent les sciences auxiliaires de l'his- 
toire, telles que la chronologie, l'épigraphie, la paléographie, 
la diplomatique. Seul, M. Philippson, qui, avant de venir à 
Bruxelles, a enseigné à Bonn, a consacré trois semestres à un 
cours pratique de paléographie, et un autre semestre aux prin- 
cipes généraux de la critique historique. De son côté, M. Kurth 
fait faire à ses élèves, lorsque l'occasion s'en présente, des exer- 
cices paléographiques. Voilà tout. Or, il résulte d'un tableau, 
inséré par M. Fredericq à la page 38 de son étude sur l'en- 
seignement supérieur de l'histoire, que sur les 266 cours d'his- 
toire, tant théoriques que pratiques 2 , professés dans les 23 
universités de langue allemande pendant le semestre d'été de 
1881, il y avait, outre dix-neuf cours sur l'encyclopédie, la mé- 
thodologie et les sources, 28 autres roulant sur trois sciences 
auxiliaires, dont 13 sur la diplomatique, 1 sur la chronologie et 
14 sur la paléographie. A ces 266 cours, il faut encore ajouter 
43 cours de géographie. 

On voit donc que tout en tenant compte, et largement même, 
de la différence à établir entre l'Allemagne et notre pays, il y a 
là, de notre côté, une importante lacune à combler. Nous sommes 
d'accord avec M. Fredericq pour dire que ce serait une réforme 
d'une utilité immédiate et incontestable; car ces sciences auxi- 
liaires constituent un moyen de travail indispensable, un élé- 
ment de première nécessité pour le développement de nos cours 
pratiques d'histoire. P. J. Wouters. 



1 Revue internationale de V Enseignement , tome l r , 15 juin 1881, Paris. 

* II y a eu 72 cours pratique d'histoire contre 147 cours théoriques. D'où 
il suit qu'en Allemagne il s'en faut de moitié que chaque cours théorique 
soit doublé d'un cours pratique, comme le voudrait M. Fredericq. 




VARIA. 



121 



VARIA. 



FÉDÉRATION DE L'ENSEIGNEMENT MOYEN 1 . 

Assemblées générales du 25 septembre 1883. 
Présidence de M. Discailles, professeur à l'université de Gand. 

I. 

Pendant les premières années de son existence, la Fédération 
s'est occupée presque exclusivement de questions relatives à la 
position du personnel. Depuis le congrès de 1880, sans négliger 
les intérêts, très respectables, de ses membres, elle donne une 
place de plus en plus grande aux discussions qui ont pour objet 
le progrès des études et de la discipline dans les établissements 
d'enseignement public. 

Les réunions de cette année ont été particulièrement fécondes, 
grâce aux mesures intelligentes prises par le comité pour faire 
gagner du temps en préparant le terrain du débat. 

Le matin, après avoir réglé les questions « de ménage », la 
Fédération des A thénées et collèges a décidé que dorénavant elle 
se transporterait successivement à Bruxelles, à Liège, à Gand et 
à Anvers. (Ce sera donc à Gand qu'aura lieu la prochaine 
réunion.) 

Pendant qu'on entamait la discussion de rapports sur la 
méthode, imprimés et envoyés aux membres de la Fédération 
quinze jours avant la séance, il était procédé à l'élection du 
Comité pour 1883-84. 

Sauf M. A. Cambier qui, aux regrets de l'Assemblée, a cru 

devoir donner sa démission de la Fédération lorsqu'il a été 

appelé aux fonctions d'inspecteur, tous les anciens membres 

sont réélus t M. Rutten, de Tirlemont,est appelé au siège vacant. 

* 

* * 

Le rapport sur la méthode à appliquer dans renseignement du 
français est assez vivement attaqué par M. Gillet, de Verviers; 
cet honorable professeur estime que Fauteur du rapport a eu 



1 Fédération des athénées et collèges, et Fédération générale de l'ensei- 
gnement moyen des deux degrés. 



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122 



VARIA. 



tort de s'occuper du mode d'organisation de cet enseignement 
plus que de la méthode elle-même. 

Les six propositions suivantes, qui formaient les conclusions 
du rapport sont successivement mises aux voix : 
a) Pour les classes inférieures. 

1° Explication complète des textes et des formes ; 

2° Maintien des exercices de mémoire et des exercices gramma- 
ticaux, à côté des petites rédactions et des essais d'improvisation ; 

3° Surveillance attentive du langage des élèves dans tous les 
cours ; 

b) Pour les classes supérieures : 
4° Augmentation notable du nombre d'heures accordées au 
français ; 

5° Introduction, dans le programme, de l'histoire de la littéra- 
ture française; introduction des auteurs antérieurs et postérieurs 
au XVIII e siècle; 

6* Création d'une chaire supérieure de langue et de littérature 
française dans la section des humanités. 

Les cinq premières propositions sont adoptées par l'Assem- 
blée; la sixième est rejetée. 

Monsieur Gillet est invité à faire, pour la réunion prochaine, 
un travail sur les points du débat qu'il regrette de n'avoir pas 
vu élucider dans le rapport. 

Monsieur Hegener résume ensuite son travail sur V enseigne- 
ment des autres langues vivantes. 

Il estime qu'on doit non seulement s'attacher à donner aux 
élèves la connaissance pratique de ces langues, mais utiliser aussi 
cette étude pour leur culture générale. 

« L'augmentation constante, mais lente et graduée de la difiV 
» culté, est de la première importance ; c'est presque toute la 
» méthode. L'honorable professeur montre comment ce prin- 
cipe doit s'appliquer aux cours de grammaire, de lecture, 
d'histoire littéraire. Il insiste sur l'importance pédagogique que 
présente l'étude de la première langue étrangère, morte ou 
vivante, qui est enseignée à l'élève. Pour la rendre fructueuse, il 
serait très utile qu'elle fut confiée au titulaire de la classe, c'est-à- 
dire au professeur chargé de l'enseignement de la langue mater- 
nelle. Les conclusions de M. Hegener sont adoptées par l'As- 
semblée. 

* 

* * 



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VARIA. 



123 



En l'absence du rapporteur, la discussion du travail sur ren- 
seignement des sciences naturelles est ajournée à une autre session, 
et l'Assemblée passe à la question du minerval, débattue au 
préalable par une commission spéciale de cinq membres. 

Se ralliant aux conclusions du rapport, l'Assemblée émet les 
vœux suivants * : 

1° Suppression du casuel et formation d'une échelle de trai- 
tements comportant des augmentations plus fortes que celles du 
régime actuel, en tenant compte de l'importance des villes et de 
la population des établissements ; 

2° (A titre subsidiaire, et en attendant la suppression du miner- 
val) garantie d'un minimum variant selon l'importance des 
villes et la population des établissements ; 

3° ( Également jusqu'au jour de la ré forme désirée) supputation 
du chiffre de la pension, en tenant compte du plus haut mïner- 
val touché par le professeur. 

A ces trois vœux, l'Assemblée, sur l'observation de M. le 
Président, en ajoute un quatrième, en faveur des professeurs 
de gymnastique et de dessin ainsi que des maîtres de musique, 
c'est qu'ils obtiennent, sans préjudice pour leurs collègues, une 
indemnité leur tenant lieu de minerval. 



Comme la Fédération particulière des athénées et collèges l'a 
fait le matin, la Fédération générale de l'enseignement moyen 
s'occupe, dans son Assemblée de l'après-midi, d'une question 
pédagogique et d'une question d'intérêt matériel. 

La question pédagogique : « convient-il d'organiser des confé- 
rences entre professeurs d athénées différents, pour arriver à V uni- 
formité des méthodes, » est la reproduction sauf les termes, de la 
proposition discutée, sur l'initiative de M. Gillet, par la Société 
pour le développement des Sciences historiques et philologiques. 

Les lecteurs de la Revue se rappellent le travail de l'honorable 
professeur et les débats auxquels il a donné lieu à la séance de 
novembre de la Société historique et philologique. (La proposi- 
tion et ses développements ont paru dans la 3 e livraison de 1883; 
le compte-rendu de la séance, dans la 6 e livraison). 



4 Les considérants ont été publiés, à peu de différences près, par la 
Revue, t. XXV, 6 e livraison. 



II. 




124 



VARIA. 



Nous croyons qu'il serait donc superflu de reproduire les 
détails d'organisation rappelés à la Fédération par l'honorable 
auteur du projet, ni les raisons qu'il a fait valoir pour le recom- 
mander 1 . 

M. Keiffer propose de dire « 'pour arriver à connaître les meil- 
leures méthodes. » 

MM. Gillet et Henderiœ se rallient à cet amendement. 

La proposition de M. Gillet ainsi amendée est mise aux voix 
et rejetée. 

* 

* * 

Question d'intérêt matériel : « des pensions. » 

M. Harlauœ (Athénée de Bouillon), secrétaire-général, donne 
connaissance à l'Assemblée des dispositions principales du projet 
de loi présenté par le gouvernement. Il engage les membres de 
la Fédération à faire des démarches individuelles auprès des 
députés afin que le V55 proposé soit porté au '/so du traitement 
moyen des cinq dernières années de service pour la supputation 
de la pension, et que le maximum soit élevé des 5 /j aux 3 /i de ce 
traitement moyen. 

M. Peltier (Athénée de Bruxelles). Pour les pensions civiles, il 
est dit que le gouvernement « peut » mettre à la pension : 
« Yobligation » n'existe que pour les pensions ecclésiastiques et 
militaires. Il est à désirer que notre situation soit mieux assurée. 

M. Keiffer. Au lieu de demander les 5 / 4 , "réclamons plutôt 
l'éméritat. 

M. Bertrand (Athénée de Charleroi). Ce serait inutile : 
demandons les 3 / t . J'appuie l'observation de M. Peltier. Il serait 
bon que la loi dit du fonctionnaire, non pas qu'il « pourra être 
admis à la pension, » mais qu'il « aura la faculté d'être admis. » 

Sur la proposition de M. Henderiœ, l'Assemblée émet deux 
vœux, l'un ayant pour but de faire compter pour la pension du 
personnel des écoles moyennes les augmentations que le gouver- 
nement a réclamées des communes, même lorsque les adminis- 
trations locales n'ont pas déféré à ce désir; le second, que 
l'indemnité de logement accordée aux préfets des études et aux 
directeurs d'école moyenne soit comptée, pour leur pension, 
d'après des bases fixes. 



1 La Revue retranche ici aussi ce qui a été dit, notamment par M. Des- 
camps, pour combattre la proposition de M. Gillet, qui paraît avoir renoncé 
à la maintenir telle qu'il l'a présentée. 




VARIA. 



125 



L'Assemblée rejette une troisième proposition de l'honorable 
membre, demandant d'établir, pour la supputation de la pension, 
une moyenne entre le minerval des différents athénées d'une 
part et le boni des diverses écoles moyennes, d'autre part, de 
façon à arriver à l'égalité. 

* * 

L'heure étant avancée, l'Assemblée discute assez rapidement 
une lettre adressée par un certain nombre de membres et atti- 
rant l'attention de la Fédération sur l'utilité qu'il peut y avoir à 
faire admettre ce vœu que « les professeurs de V enseignement 
» moyen des deux degrés obtiennent, pour leurs enfants, à titre 
» de réciprocité, la gratuité dans les établissements d'instruction 
» publique. » 

Après un échange d'observations entre M. Discailles, président, 
et MM. Cox, Harlaux, Keiffer, Bertrand et Orth, il est décidé 
que le vœu sera émis, sauf à chercher plus tard le moyen de le 
faire entrer dans, la pratique. 

M. Peltier sollicite la mise à l'ordre du jour, pour la prochaine 
Assemblée, de la question suivante : 

« Ne serait -il pas possible de rendre à peu près équivalente la 
tâche de tous les professeurs ? 

(Subsidiairement). Pour la supputation de la pension, ne con- 
viendrait-il pas de tenir compte du travail effectif plutôt que 
du temps passé au service ? 

M. le Président promet que la question sera examinée. 

La séance, commencée à trois heures, est levée un peu avant 
six heures. 

Comme on le voit, la journée à été bien remplie par la Fédé- 
ration. 



Fréd. Descamps. 



'I'OMK XXVII. 




12G 



ACTES OFFICIELS. 



ACTES OFFICIELS. 



MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 

ADMINISTRATION OE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. 

Concours de l'enseignement supérieur pour 1884-1885. 

DÉSIGNATION DES QUESTIONS A TRAITER A DOMICILE. — INSTRUCTION. 

Le Ministre de l'instruction publique, 

Vu l'article 44 de la loi du 20 mai 1876, instituant le concours de l'en- 
seignement supérieur ; 

Vu l'arrêté royal du 11 octobre 1877 réglant l'organisation dudit con- 
cours, et spécialement l'article 12 ainsi conçu : « Dans le courant du mois 
de février, le Ministre de l'intérieur, assisté des recteurs des universités, 
procède au tirage au sort d'une question entre celles qui ont été préparées 
parles facultés. Les questions désignées par le sort sont immédiatement 
publiées au Moniteur. « 

Vu le procès-verbal de la séance (15 février 1884), dans laquelle il a été 
procédé au tirage au sort prescrit par l'arrêté précité ; 

Déclare que le sort a désigné les questions suivantes pour être traitées 
à domicile en vue notamment du concours de l'enseignement supérieur 
pour 1884-1885 : 



1 er groupe. — Philologie. — « Faire l'histoire de l'élégie française avant 
Chénier. » (Délai, un an.) 

2 e groupe. — Philosophie. — « Faire une étude critique sur les travaux 
philosophiques de Pascal, en insistant particulièrement sur l'opposition 
qui existe entre les écrits de ce philosophe antérieurs à 1654 et ceux qui 
sont postérieurs à cette date. »> (Délai, un an.) 

3 e groupe. — Histoire. — « Faire une étude historique et critique sur 
Hembyse. » (Délai, deux ans). 



1 er groupe. — Droit romain, — « Exposer les règles du droit romain 
sur la révocation de la propriété. » (Délai, un an.) 

2 e groupe. — Droit civil. — « En quoi consiste l'administration des 
biens des enfants mineurs, que l'article 389 du Code civil accorde au père 
durant le mariage (condition, étendue, pouvoirs qu'elle confère, etc.)? »> 
(Délai, un an.) 

3 e groupe. — Droit public. — « Comparer, au point de vue des principes 
essentiels d'un véritable gouvernement représentatif, la Loi fondamentale 



A. — Faculté de philosophie et lettres. 



B. — Faculté de droit. 




ACTES OFFICIELS. 



127 



du royaume des Pays-Bas (24 août 1815) et la Constitution belge (7 février 
1831). Montrer par quelles dispositions ces deux actes constitutionnels se 
rattachent aux anciennes institutions politiques des provinces belgiques. » 
(Délai, un an.) 

C. — Faculté des scienoes. 

1 er groupe. — Sciences zoologiques. — « Faire connaître complètement 
l'organisation d'un rotifère et discuter les affinités du groupe des rota- 
teurs. » (Délai, un an). 

2 e groupes. — Sciences minéralogiques . — On demande une revue des- 
criptive des minéraux des environs de Vielsalm. » (Délai, un an.) 

3 e groupe. — Sciences mathématiques. — « Résumer et coordonner les 
recherches relatives aux séries de Fourier. — Délai, un an.) 

4« groupe. — Astronomie. — « Exposer les méthodes au moyen des- 
quelles on peut déterminer les orbites cométaires. » (Délai, un an.) 

D. — Faculté de médecine. 

1 er groupe. — Sciences biologiques. — « Étudier le rôle de la moelle 
rouge des os dans la génération des corpuscules rouges du sang. » (Délai, 
deux ans.) 

2 e groupe. — Sciences thérapeutiques y compris la pharmacologie et la 
toxicologie. — « Faire l'histoire physiologique, thérapeutique et toxicolo- 
gique du phosphore, en s'appuyant sur des expériences nouvelles ayant 
surtout pour but d'établir la forme sous laquejle cette substance agit 
comme poison chez l'homme. » (Délai, un an.) 

3 e groupe. — Sciences médicales proprement dites. — « Etudier l'ana- 
tomie et la physiologie pathologique de la néphrite parenchymateuse en y 
rattachant les causes et les symptômes de cette maladie. » — (Délai, un an.) 

4e groupe. — Sciences chirurgicales. — « Faire l'histoire du rôle que 
joue le périoste dans la génération des os et le démontrer par des expé- 
riences. » (Délai, un an.) 

Les réponses devront être adressées au département de l'instruction 
publique avant les 1 er mars 1885 et 1 er mars 1886, pour celles des ques- 
tions dont la solution comporte, d'après le programme formulé ci-dessus, 
respectivement un an et deux ans de travail. 

Bruxelles, le 20 février 1884. 
P. Van Humbeeck. 



INSTRUCTION . 

Il peut être utile de rappeler à ceux que la chose concerne les principales 
dispositions de la loi et des règlements relatifs au concours de l'enseigne- 
ment supérieur. 

A . — Conditions d'admissibilité. 

Le concours de l'enseignement supérieur n'est accessible qu'aux jeunes 
gens ayant obtenu un diplôme légal de docteur, et seulement dans les 
deux années qui suivent l'obtention de ce diplôme. (Art. 44 de la loi du 
20 mai 1876.) 



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128 



ACTES OFFICIELS. 



Le gouvernement a égard, dans l'interprétation de cette disposition de 
la loi, à l'époque de l'ouverture du concours. Il en résulte que le jeune 
homme qui. au 1 er mars 1884, ne comptera pas deux années de doctorat, 
pourra être admis aux diverses épreuves du concours auquel se rapportent 
les questions prédésignées. 

Le concours est ouvert aux Belges qui ont reçu dans le pays le diplôme 
de docteur, ainsi qu'aux étrangers docteurs qui ont fait leurs études uni- 
versitaires en Belgique. (Arrêté roy. organique du 11 octobre 1877, art. 1 er .) 



ADMINISTRATION DE L'ENSEIGNEMENT MOYEN. 

ORGANISATION D'UN ENSEIGNEMENT NORMAL DESTINÉ SPÉCIALEMENT A FORMER 
DES PROFESSEURS A MEME D'ENSEIGNER L'HISTOIRE ET LA GÉOGRAPHIE ET 
LES LANGUES MODERNES DANS LES ATHÉNÉES ET COLLÈGES DE LA PARTIE 
FLAMANDE DU PAYS. 

LÉOPOLD II, Roi des Belges. 
A tous présents et à venir, Salut. 

Vu l'article 38, § 1 er , de la loi du 1 er juin 1850, aux termes duquel le 
gouvernement est autorisé à entretenir, en y employant, s'il y a lieu, les 
ressources que présentent les universités de l'État, notamment un ensei- 
gnement normal pédagogique, destiné à former des professeurs pour les 
athénées et les collèges ; 

Vu l'article 6 de la loi du 15 jnin 1883, réglant l'emploi de la langue 
flamande pour l'enseignement moyen dans la partie flamande du pays, 
article ainsi conçu : 

« Art. 6. Il sera organisé un enseignement normal destiné spécialement 
à former des professeurs à même d'enseigner en flamand. » 

Considérant qu'il y a lieu d'instituer un pareil enseignement pour la 
formation de professeurs d'athénées et de collèges dans une ville flamande, 
et d'utiliser, à cet effet, les ressources que présente la faculté de philoso- 
phie et lettres de l'université de Gand ; 

Voulant pourvoir, dès à présent, à la formation de professeurs capables 
d'enseigner en flamand, l'histoire et la géographie et les langues modernes ; 

Le conseil de perfectionnement de l'instruction moyenne entendu ; 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'instruction publique, 
Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. 1 er . Il est établi à Gand des cours normaux destinés à former des 
professeurs aptes à enseigner, en flamand, l'histoire et la géographie ainsi 
que les langues modernes (allemand, anglais et flamand) dans les athénées 
et les collèges de la partie flamande du pays. 

Ces cours sont divisés d'après leur spécialité en : 

1° Section d'histoire et de géographie ; 

2° Section germanique . 

Art. 2. La durée des études pour chacune des sections est de quatre ans. 
Art. 3. L'enseignement de la première année, commune aux deux sec- 
tions, comprend : 



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ACTES OFFICIELS. 



129 



La philosophie élémentaire ; 
L'explication d'auteurs latins et grecs ; 
L'explication d'auteurs français ; 
La grammaire flamande ; 
La grammaire allemande ; 
La grammaire anglaise ; 

L'explication d'auteurs modernes flamands, allemands te anglais ; 
L'aperçu général de l'histoire de la littérature flamande et de la littéra- 
ture française ; 

L'histoire ancienne; 

L'histoire de la littérature ancienne; 

Des travaux écrits et la discussion de ces travaux en flamand et en 
français. 

Art. 4. L'enseignement de la section d'histoire et de géographie com- 
prend, dès la deuxième année : 

L'encyclopédie et l'histoire de la science historique et géographique : 
L'explication d'auteurs grecs et latins ; 
L'histoire de la littérature ancienne ; 

L'histoire de la philosophie ancienne, de la philosophie du moyen âge et 
de la philosophie moderne (principaux systèmes) ; 
Le vieux français et le vieux flamand ou allemand ; 
L'histoire de l'Orient ; 
L'histoire de l'antiquité greco-romaine ; 
lies antiquités grecques et romaines ; 
L'épigraphie grecque et la line ; 
L'histoire du moyen âge ; 
L'histoire moderne ; 
L'histoire contemporaine ; 
L'histoire de Belgique ; 
La paléographie ; 

Des notions de droit public et l'histoire des institutions politiques 
modernes ; 

L'économie politique ; 

La cosmographie et la géographie physique ; 

La géographie ancienne, la géographie du moyen âge, la géographie 
moderne et la géographie contemporaine ; 
L'histoire des beaux-arts ; 
L'histoire de la pédagogie ; 
Des éléments d'hygiène scolaire ; 
L'allemand ; 
L'anglais; 

La lecture et la diction (en flamand et en français) ; 

Des recherches scientifiques. Des travaux personnels dirigés de façon à 
conserver la connaissance du grec et du latin. La discussion de ces travaux 
en flamand et en français ; 




130 



ACTES OFFICIELS. 



Des exercices pratiques de paléographie ; 
La pratique de l'enseignement. 

Art. 5. L'enseignement de la section germanique comprend, dès la 
deuxième année : 
L'encyclopédie et l'histoire de la philologie germanique ; 
L'explication d'auteurs latins ; 

L'explication et l'interprétation d'auteurs flamands, allemands et anglais 
de toutes les époques ; 

La grammaire historique du flamand, la grammaire historique de l'alle- 
mand et la grammaire historique de l'anglais ; 

L'histoire des littératures flamande, allemande et anglaise ; 

L'histoire du moyen âge ; l'histoire moderne et contemporaine ; l'histoire 
de Belgique; 

L'histoire de la philosophie moderne ; 

La grammaire comparée des langues germaniques ; 

Des notions de droit public et l'histoire des institutions politiques 
modernes ; 

La métrique ; 

La paléographie ; 

La philosophie élémentaire ; 

L'histoire de la pédagogie ; 

Des éléments d'hygiène scolaire ; 

La lecture et la diction ; 

Des recherches scientifiques. Des travaux personnels et leur discussion 
en flamand, en français, en allemand et en anglais ; 
La pratique de l'enseignement. 

Art. 6. La répartition des cours mentionnés aux articles 4 et 5 ci-dessus 
entre les trois dernières années d'études de chaque section, se fera par 
Notre Ministre de l'instruction publique, sur la- proposition de l'adminis- 
trateur inspecteur de l'université de Gand, directeur des cours normaux, 
le corps professoral entendu. 

Notre Ministre de l'instruction publique fixera dans les mêmes condi- 
tions le nombre des leçons dont chaque cours se compose, et pourra, si la 
nécessité en est reconnue, créer d'autres cours ou modifier ceux qui sont 
énumérés ci-dessus. 

Art. 7. Après chacune des trois premières années d'études les élèves 
subissent un examen de passage. 

Les élèves qui n'auront pas subi cet examen avec succès parce que leurs 
études auraient été interrompues pour cause de maladie ou pour des motifs 
indépendants de leur volonté, pourront seuls être autorisés, sur la propo- 
sition du jury chargé de procéder aux examens de passage, à doubler les 
cours d'une année. 

A la fin de la quatrième année d'études, les élèves sont répartis, sur la 
proposition du jury, entre la section d'histoire et de géographie et la sec- 
tion germanique. 




ACTES OFFICIELS. 



131 



A la fin de la quatrième année, les élèves subissent l'examen de profes- 
seur agrégé de l'enseignement moyen du degré supérieur. 

Pour tous les examens il sera tenu compte, dans une mesure assez large, 
des travaux et des réponses des élèves pendant la durée de leurs études. 

Un arrêté spécial réglera tout ce qui est relatif aux examens de passage 
et à l'examen de professeur agrégé. 

Art. 8. Notre Ministre de l'instruction publique détermine, chaque 
année, d'après les besoins de l'enseignement, le nombre des élèves qui 
peuvent être admis avec jouissance d'une bourse d'études. Il peut, en 
outre, autoriser à suivre les cours, sans bourses, des jeunes gens déclarés 
admissibles pour lesquels le jury aura demandé cette faveur. Les bourses 
sont annuelles et font chaque année l'objet d'une nouvelle répartition 
d'après les résultats des examens de passage. 

Art. 9. Sont seuls admis aux cours normaux, les jeunes gens qui se 
distinguent assez par leur conduite, par leurs connaissances et par les 
qualités de leur esprit, pour faire prévoir qu'à leur sortie ils pourront 
remplir avec succès les fonctions de professeur. 

Nul n'est reçu d'ailleurs élève de l'école qu'en vertu du résultat de 
l'examen d'admission. Les admissions sont prononcées par arrêté ministé- 
riel, suivant l'ordre de classement arrêté par le jury et jusqu'à concurrence 
du nombre d'élèves déterminé par les besoins du service. 

Art. 10. Pour pouvoir se présenter à l'examen d'admission, il faut être 
Belge de naissance, être âgé de 18 ans au moins et de 23 ans au plus, 
justifier de sa bonne conduite et prouver, par diplôme ou certificat, qu'on 
a suivit, avec fruit, un cours complet d'humanités. Le diplôme ou certificat 
devra être délivré par un établissement dans lequel on enseigne toutes les 
matières du programme du gouvernement. 

Les étrangers, porteurs d'un diplôme ou certificat équivalent, obtenu 
ailleurs qu'en Belgique, pourront se présenter à l'examen d'admission, 
s'ils se destinent à la section germanique. 

La valeur des diplômes et des certificats est appréciée par le jury d'ad- 
mission. 

Des dispenses d'âge pourront, dans des cas spéciaux, être accordées par 
Notre Ministre de l'instruction publique, sur la proposition du jury. 

Art. 11. L'examen d'admission se divise en deux épreuves, l'une orale, 
l'autre écrite, et porte sur les matières suivantes : 

Une composition flamande ; 

Une composition française ; 

Une version latine orale ; 

Une version latine écrite, en flamand ; 

Une version grecque ; 

Un thème allemand ou anglais ; 

L'explication d'auteurs flamands et d'auteurs allemands ou anglais ; 
Les principes de la rhétorique ; 
L'histoire de Belgique; 

Les éléments de la géographie physique et ethnographique. 




132 



ACTES OFFICIELS. 



Art. 12. L'examen d'admission a lieu devant un jury de cinq membres, 
nommés par Notre Ministre de l'instruction publique et choisis principale- 
ment parmi les professeurs des cours normaux. Un inspecteur de l'ensei- 
gnement moyen fait partie de ce jury. 

Art. 13. Peuvent être écartés, avant ou après l'examen, les aspirants 
dont la constitution physique présenterait des défauts jugés incompatibles 
avec les exigences de renseignement. 

Art. 14. Les cours normaux sont placés sous l'autorité et la direction de 
l'administrateur-inspecteur de l'université. 

Art. 15. Les leçons sont données et les exercices pratiques sont dirigés 
par les professeurs de l'université de Gand. En cas de nécessité, des nomi- 
nations pourront être faites en dehors du cadre universitaire. 

Art. 16. Les professeurs chargés d'un enseignement qui ne rentrerait 
pas dans le programme de l'université, recevront une indemnité dont le 
taux sera fixé par disposition ministérielle. 

Art. 17. Notre Ministre de l'instruction publique, chargé de l'exécution 
du présent arrêté, réglera, en outre, tout ce qui concerne l'organisation 
des études, le régime intérieur, les examens d'admission, l'époque et la 
forme de ceux-ci, ainsi que le degré de mérite auquel les candidats doivent 
atteindre pour être déclarés admissibles. 

Donné à Bruxelles, le 5 mars 1884. 
Par la Roi : LÉOPOLD. 

Le Ministre de l'instruction publique, 
P. Van Humbeeck. 

MODIFICATIONS A L'ORGANISATION DE L'ÉCOLE NORMALE DES HUMANITES DE 
LIEGE. — INSTITUTION D'UNE SECTION DE PHILOLOGIE CLASSIQUE, D'UNE 
SECTION DE PHILOLOGIE FRANÇAISE, D'UNE SECTION D'HISTOIRE ET DE 
GÉOGRAPHIE ET D'UNE SECTION DE PHILOLOGIE GERMANIQUE. 

LÉOPOLD II, Roi des Belges, 
A tous présents et à venir, Salut. 

Vu les lois du l« r juin 1850 et du 15 juin 1881, relatives à l'enseignement 
moyen donné aux frais de l'État. 

Revu l'arrêté royal du 1 er septembre 1852, portant organisation de l'école 
normale des humanités établie à Liège, et tel qu'il a été modifié successi- 
vement par les arrêtés royaux du 26 juillet 1856, du 9 juin 1861, du 
28 septembre 1865, du 10 janvier 1874 et du 17 avril 1877; 

Revu l'arrêté royal du 8 mai 1874, instituant une section normale spé- 
ciale pour la formation de professeurs de langues modernes ; 

Revu l'arrêté royal du 9 novembre 1880, portant organisation temporaire 
à l'école normale des humanités, d'un enseignement spécial pour la forma- 
tion de professeurs d'histoire et de géographie dans les athénées royaux et 
les collèges soumis au régime de la loi du 1 er juin 1850; 

Considérant qu'il y a lieu, en vue de renforcer les études, d'introduire 
des modifications dans l'organisation actuelle de l'enseignement normal 
moyen du degré supérieur ; 



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ACTES OFFICIELS. 



133 



Le conseil de perfectionnement de l'instruction moyenne entendu ; 

Sur la proposition de Notre Ministre de Pinstruction publique, 
Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. 1er. Les articles 1«', 3, 6, 7, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19, 20, 21, 22 
et 23 de l'arrêté royal du 1 er septembre 1852, tel qu'il a été modifié par les 
arrêtés royaux du 26 juillet 1856, du 9 juin 1861, du 28 septembre 1865, 
du 10 janvier 1874 et du 17 avril 1877, sont remplacés par les dispositions 
ci-après : 

« Art. 1er. L'école normale des humanités, établié à Liège, est destinée 
à préparer aux chaires de langues anciennes, de français, d'histoire et de 
géographie et de langues germaniques, de l'enseignement moyen du degré 
supérieur, des jeunes gens d'une aptitude reconnue. 

» Elle comprend quatre sections : la section de philologie classique, la 
section de philologie française, la section d'histoire et de géographie et la 
section de philologie germanique. 

» Art. 3. Notre Ministre de l'instruction publique détermine, chaque 
année, d'après les besoins de l'enseignement, le nombre des élèves qui 
pourront être admis a\ec jouissance d'une bourse d'études. 

» II peut, en outre, autoriser à suivre les cours sans bourses, des jeunes 
gens déclarés admissibles, pour lesquels le jury aura demandé cette faveur. 

» Les bourses sont accordées pour un an aux élèves reconnus les plus 
méritants aux examens d'admission ou de passage. 

» Art. 6. Pour pouvoir se présenter à l'examen d'admission, il faut être 
Belge de naissance, être âgé de dix-huit ans au moins et de vingt-trois ans 
au plus, justifier de sa bonne conduite et prouver, par diplôme ou certi- 
ficat} qu'on a fait avec fruit un cours complet d'humanités. Le diplôme ou 
certificat devra être délivré par un établissement dans lequel on enseigne 
toutes les matières du programme du gouvernement. 

» Les étrangers, porteurs d'un diplôme ou certificat équivalent, obtenu 
ailleurs qu'en Belgique, pourront se présenter à l'examen d'admission à 
la section germanique. 

» La valeur des diplômes et certificats produits par les récipiendaires 
sera appréciée par le jury d'admission. 

» Art. 7. L'examen d'admission a lieu devant un jury de cinq membres 
nommés par Notre Ministre de l'instruction publique parmi les professeurs 
de l'école. Un inspecteur de l'enseignement fait partie de ce jury. 

» L'examen d'admission se divise en deux épreuves, l'une orale, l'autre 
par écrit. 

» Il comprend : 

» A. Pour les section* de philologie classique, de philologie française, 
d'histoire et de géograghie : 
» Une composition française ; 
» Un thème latin ; 
» Une version latine ; 
» Une version grecque ; 

» Une traduction de l'allemand ou de l'anglais ; 




134 



ACTES OFFICIELS. 



» Des explications d'auteurs grecs et latins ; 
» Les principes de la rhétorique ; 
» L'histoire de Belgique ; 

» Les éléments de la géographie physique et ethnographique. 
» B. Pour la section germanique : 
» Une composition française ; 
» Une version latine ; 
» Une version grecque ; 

» Un thème sur deux des trois langues, flamande, allemande et anglaise ; 
» L'explication d'auteurs flamands et allemands ou d'auteurs flamands 
et anglais ou d'auteurs allemands et anglais ; 
» Les principes de la rhétorique ; 
» L'histoire de Belgique ; 

» Les éléments de la géographie physique et ethnographique. 

» Art. 10. Les admissions sont prononcées par arrêté ministériel, sui- 
vant l'ordre de classement arrêté par le jury. 

» Art. 12. Les trois sections de philologie classique, de philologie fran- 
çaise, d'histoire et de géographie ont une première année d'études com- 
mune dont l'enseignement comprend : 

» La philosophie élémentaire ; 

» La grammaire latine ; 

» La grammaire grecque avec thèmes ; 

» L'explication d'auteurs grecs et latins ; 

» L'histoire ancienne ; 

» L'histoire de la littérature ancienne ; 

» Un aperçu général de l'histoire de la littérature française ; 

» L'explication et l'analyse d'auteurs français ; 

» La discussion de travaux écrits, en français et en latin, sur les litté- 
ratures grecque, latine, française et l'histoire ; 
» L'allemand; 
» La lecture et la diction. 

» Art. 13. L'enseignement de la section de philologie classique com- 
prend : 

» L'encyclopédie et l'histoire de la philologie classique ; 

» La critique et l'herméneutique ; 

» L'explication d'auteurs grecs et latins ; 

» L'histoire de la littérature ancienne ; 

» La métrique ; 

» Les éléments de grammaire comparée des langues indo-européennes 
et la syntaxe comparée du latin, du grec et du français ; 
» L'explication et l'analyse d'auteurs français ; 
» L'histoire de la philosophie ancienne (principaux systèmes) ; 
<* Les antiquités romaines et grecques ; 
» L'épigraphie grecque et latine ; 
» La géographie ancienne; 
» La mythologie; 




ACTES OFFICIELS. 



135 



» L'archéologie; 
» La paléographie ; 

» L'histoire du moyen âge, l'histoire moderne et contemporaine ; 
» Les notions de droit public et l'histoire des institutions politiques 
modernes ; 

» L'histoire de la pédagogie ; 

» Des éléments d'hygiène scolaire ; 

» L'allemand ; 

» La lecture et la diction ; 

» Des recherches scientifiques; travaux personnels en français et en 
latin ; discussion ; 

» La pratique de l'enseignement. 

» Art. 14. L'enseignement de la section de philologie française com- 
prend : 

» L'encyclopédie et l'histoire de la philologie romane ; 

» L'explication d'auteurs grecs et latins ; 

» L'histoire de la littérature ancienne ; 

» La grammaire historique de la langue française ; 

» La métrique; 

» L'explication d'auteurs français de diverses époques, y compris la 



» L'histoire détaillée de la littérature française ; 
» L'histoire des littératures romanes (italienne et espagnole ; 
» La grammaire comparée des langues romanes avec introduction sur le 
latin vulgaire ; 

» L'histoire de la littérature allemande et de la littérature anglaise ; 
» L'histoire du moyen âge, l'histoire moderne et contemporaine ; 
» Des notions de droit public et l'histoire des institutions politiques 
modernes ; 

» La paléographie ; 

» L'histoire de la pédagogie ; 

* Des éléments d'hygiène scolaire ; 

» L'allemand; 

» L'italien; 

»> La lecture et la diction ; 

» Des recherches scientifiques; travaux personnels en français et en 
latin ; discussion ; 

» La pratique de l'enseignement. 

» Art. 15. L'enseignement de la section d'histoire et de géographie 
comprend : 

» L'encyclopédie et l'histoire de la science historique ot géographique ; 
» L'explication d'auteurs grecs et latins ; 
» L'histoire de la littérature ancienne ; 

» L'histoire de la philosophie ancienne, de la philosophie du moyen âge 
et de la philosophie moderne (principaux systèmes) ; 
» Le vieux français et le vieux flamand ou allemand , 



littérature contemporaine ; 




136 



ACTES OFFICIELS. 



» L'histoire de l'Orient; 
» L'histoire de l'antiquité greeo-romaine ; 
» Les antiquités grecques et romaines ; 
>» L'épigraphie grecque et latine ; 

» L'histoire du moyen âge, l'histoire moderne et l'histoire contemporaine; 
» L'histoire de Belgique ; 
» La paléographie ; 

» Des notions de droit public et l'histoire des institutions politiques 
modernes ; 

» L'économie politique; 

» La cosmographie et la géographie physique ; 

»> La géographie ancienne, la géographie du moyen âge, la géographie 
moderne et la géographie contemporaine ; 
» L'histoire des beaux-arts ; 
» L'histoire de la pédagogie ; 
» Des éléments d'hygiène scolaire ; 
» L'allemand; 
» La lecture et la diction ; 

» Des recherches scientifiques; travaux personnels dirigés de façon à 
conserver la connaissance du grec et du latin, et discussion. Exercices 
pratiques de paléographie ; 

» La pratique de l'enseignement. 

» Art. 16. L'enseignement de la section germanique comprend : 

» L'encyclopédie et l'histoire de la philologie germanique ; 

» L'explication et l'interprétation d'auteurs flamands, allemands et 
anglais de toutes les époques ; 

» La grammaire historique du flamand, la grammaire historique de 
l'allemand et la grammaire historique de l'anglais ; 

h La métrique; 

» L'histoire de la littérature flamande, allemande et anglaise ; 

» La grammaire comparée des langues germaniques ; 

» La paléographie ; 

» La philosophie élémentaire ; 

» L'histoire de la philosophie moderne ; 

») L'explication d'auteurs latins et français ; 

» Un aperçu général de l'histoire de la littérature française ; 

» L'histoire du moyen âge, l'histoire moderne et l'histoire contemporaine; 

» L'histoire de Belgique ; 

» Des notions de droit public et l'histoire des institutions politiques 
modernes ; 

» L'histoire de la pédagogie ; 

" Des éléments d'hygiène scolaire ; 

» La lecture et la diction ; 

» Des recherches scientifiques; travaux personnels et discussion en 
français, en flamand, en allemand et en anglais ; 
» La pratique de l'enseignement. 




ACTES OFFICIELS. 



137 



» Art. 17. Notre Ministre de l'instruction publique déterminera, sur la 
proposition du directeur de l'école, le corps professoral entendu, les cours 
qui appartiennent à chacune des trois dernières années d'étude des sections 
de philologie classique, de philologie française, d'histoire et de géographie 
et les cours qui appartiennent à chacune des quatre années d'études de la 
section germanique, ainsi que le nombre d'heures de leçons dont ils se 
composent ; 

» Il pourra créer d'autres cours ou modifier ceux qui sont énumérés 
ci-dessus. 

» Art. 19. Après chacune des trois premières années d'études, les élèves 
subissent dans l'école un examen de passage à l'année suivante. 

» Art. 20. Les élèves qui n'auront pas subi cet examen avec succès ne 
pourront être autorisés à doubler les cours d'une année que sur une pro- 
position motivée du jury. 

» Art. 22. A la fin de la quatrième année d'études, les élèves subissent 
l'examen de professeur agrégé de l'enseignement moyen du degré supérieur. 

« Le diplôme mentionne la spécialité de l'examen de chaque récipien- 
daire. 

» Art. 23. Pour tous les examens il sera tenu compte, dans une mesure 
assez large, des travaux et des réponses des élèves pendant la durée de 
leurs études. 

» Un arrêté spécial réglera tout ce qui est relatif aux examens de pas- 
sage et à l'examen de professeur agrégé. » 

Art. 2. 11 sera organisé, par les soins de Notre Ministre de l'instruction 
publique, pour tous les élèves de l'école normale, un enseignement com- 
plet de gymnastique rationnelle. 

Art. 3. Notre arrêté du 8 mai 1874, instituant une section normale 
spéciale pour la formation de professeurs de langues modernes, ainsi que 
Notre arrêté du 9 novembre 1880, portant organisation temporaire à l'école 
normale des humanités d'un enseignement spécial pour la formation de 
professeurs d'histoire et de géographie, sont rapportés. 

Art. 4. Notre Ministre de l'instruction publique, chargé de l'exécution 
du présent arrêté, réglera tout ce qui concerne l'examen d'admission ; 
il en déterminera l'époque et la forme, et fixera le degré de mérite auquel 
les candidats doivent atteindre pour être déclarés admissibles. 



Le Ministre de l'instruction publique, 
P. Van Humbbeck. 



MODIFICATIONS A L' ARRÊTÉ ROYAL ORGANIQUE DE L'ÉCOLE NORMALE 
DES SCIENCES A GAND. 

LÉOPOLD II, Roi des Belges. 
A tous présents et à venir, Salut. 
Vu les lois du 1 er juin 1850 et du 15 juin 1881, relatives à l'enseignement 
moyen donné aux frais de l'État ; 



Par le Roi : 



Donné à Bruxelles, le 5 mars 1884. 
LÉOPOLD. 




138 



ACTES OFFICIELS. 



Revu l'arrêté royal du 2 septembre 1852, modifié par les arrêtés royaux 
du 10 juin 1861, du 29 septembre 1865, du 6 juin 1868 et du 17 avril 1877 ; 

Revu l'arrêté royal du 9 novembre 1880, portant organisation temporaire 
à l'école normale des sciences à Gand d'un enseignement spécial pour la 
formation de professeurs de sciences naturelles et de professeurs de 
sciences commerciales dans les athénées et les collèges soumis au régime 
de la loi du 1 er juin 1850; 

Considérant qu'il y a lieu de consacrer définitivement le principe de la 
création d'un enseignement pour la formation de professeurs de sciences 
naturelles ; mais qu'il convient de conserver momentanément encore son 
caractère d'essai à l'enseignement pour la formation de professeurs de 
sciences commerciales ; 

Voulant renforcer les études à l'école normale des sciences ; 

Le conseil de perfectionnement de l'instruction moyenne entendu, 

Sur la proposition de Notre Ministre de l'instruction publique, 
Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. 1 er . Les articles 1«, 3, 5, 6, 7, 11, 12, 17, 18 et 19 de l'arrêté royal 
du 2 septembre 1852, tel qu'il a été modifié par les arrêtés royaux du 10 
juin 1861, du 29 septembre 1865, du 6 juin 1868 et du 17 avril 1877, sont 
remplacés par les dispositions suivantes : 

« Art. l ep . L'école normale des sciences, annexée à l'université de Grand, 
est destinée à préparer aux chaires des sciences de l'enseignement moyen 
du degré supérieur, des jeunes gens d'une aptitude reconnue. 

» Elle comprend deux sections : la section des sciences physiques et 
mathématiques et la section des sciences naturelles. 

» Art. 3. Notre Ministre de l'instruction publique détermine, chaque 
année, d'après les besoins de l'enseignement, le nombre des élèves qui 
pourront être admis avec jouissance d'une bourse d étude. Il peut, en outre, 
autoriser à suivre les cours de l'école, sans bourse, des jeunes gens décla- 
rés admissibles pour lesquels le jury aura proposé cette faveur. 

» Art. 5. Nul n'est reçu élève de l'école qu'en vertu du résultat de l'exa- 
men d'admission. 

» Les admissions sont prononcées par arrêté ministériel, suivant l'ordre 
de classement arrêté par le jury, et jusqu'à concurrence du nombre d'élèves 
déterminé par les besoins du service. 

» Art. 6. Pour se présenter à l'examen d'admission, il faut être Belge 
de naissance, être âgé de 18 ans au moins et de 23 ans au plus, justifier 
de sa bonne conduite et prouver, par diplôme ou par certificat, qu'on a 
fait avec fruit un cours d'humanités ou un cours d'études professionnelles 
jusqu'en rhétorique inclusivement. 

» Le diplôme ou certificat devra être délivré par un établissement dans 
lequel on enseigne toutes les matières du programme du gouvernement. 

»> La valeur en est appréciée par le jury. 

» Art. 7. L'examen d'admission a lieu devant un jury de cinq membres, 
nommés par le ministre et dont quatre sont pris parmi les professeurs de 
l'école normale. Un inspecteurde l'enseignement moyen fait partie de ce jury. 




ACTES OFFICIELS. 



139 



» L'examen d'admission se divise en deux épreuves, l'une orale, l'autre 
par écrit, et porte sur les matières suivantes : 

» 1° Une rédaction française et des explications d'auteurs français ; 

» 2° Une traduction à livre ouvert d'un texte en prose, allemand ou 
anglais ; 

» 3° Une rédaction flamande et des explications d'auteurs flamands 
(pour les récipiendaires qui se destinent à enseigner dans un établissement 
de localité flamande) ; 

» 4° L'histoire de Belgique ; 

» 5° Les éléments de la géographie physique et ethnographique ; 
» 6° L'arithmétique; 

» 7° L'algèbre jusqu'aux équations exponentielles inclusivement ; 
» 8° La géométrie et la trigonométrie rectiligne et sphérique ; 
» 9° La géométrie analytique à deux dimensions ; 
» 10° La géométrie descriptive (ligne droite et plan) ; 
» 11° Le dessin à main levée. 

» L'époque et la forme de l'examen, le mode d'après lequel il est pro- 
cédé à l'appréciation des épreuves et le degré de mérite auquel les can- 
didats doivent atteindre, seront déterminés par dispositions ministérielles. 
Dans l'évaluation du mérite des récipiendaires, il devra surtout être tenu 
compte de leur aptitude naturelle. 

» Les élèves sont admis dans l'ordre où ils ont été classés par le jury. 

» Art. 11. Le programme d'enseignement de l'école normale comprend 
tout le système des connaissances exigées pour l'obtention du diplôme de 
professeur agrégé de l'enseignement moyen du degré supérieur pour les 
sciences. 

» Art. 12. La durée des études est de trois ans. 

» La première année d'études est commune aux sections des sciences 
physiques et mathématiques et des sciences naturelles. 

» L'enseignement de la première année d'études comprend : 
» Les éléments de philosophie ; 
» La géométrie analytique ; 

» Les éléments d'analyse algébrique et infinitésimale ; 

» La physique expérimentale ; 

» Les éléments de chimie ; 

» Les éléments de botanique et de zoologie ; 

» Les éléments de mécanique ; 

» Le dessin à main levée ; 

» L'enseignement de la section des sciences physiques et mathématiques 
comprend : 

» La géométrie descriptive ; 
» L'analyse algébrique ; 

»> Le calcul différentiel et le calcul intégral et des notions sur le calcul 
des différences et des variations ; 
» La statique analytique; 
» Les ombres et les projections ; 




ACTES OFFICIELS. 



140 



» La dynanique et la mécanique industrielle ; 
» La physique mathématique générale ; 

» Les éléments de l'astronomie, de la physique du globe et de la 
météorologie ; 

» La méthodologie mathématique ; 

» Les éléments du calcul des probabilités ; 

» L'histoire sommaire des sciences mathématiques et de la physique ; 

« Des exercices de mathématiques ; 

» Des exercices pratiques sur la physique ; 

»> Des exercices de leçons ; 

» Des épures de géométrie descriptive ; 

» La pratique de Renseignement. 

* L'enseignement de la section des sciences naturelles comprend : 

» La minéralogie et la cristallographie ; 

n La chimie générale ; 

» La botanique ; 

» La zoologie ; 

» La géologie; 

» Les éléments de l'astronomie ; 

» L'anatomie comparée; 

» Des manipulations chimiques ; 

» Des exercices pratiques sur la zoologie et des excursions zoologiques ; 
»» Des exercices d'analyse chimique et des démonstrations expérimen- 
tales de chimie ; 

« Des exercices pratiques de minéralogie et des excursions géologiques ; 

» Des exercices pratiques de botanique et des excursions botaniques ; 

» Des exercices pratiques d'anatomie comparée ; 

» Le dessin scientifique ; 

» La pratique de l'enseignement. 

» Notre Ministre de l'instruction publique répartit ces cours entre les 
deux années d'études de chacune des deux sections de sciences physiques 
et mathémathiques et des sciences naturelles. Il détermine également le 
nombre des leçons dont chaque cours se compose. 

» Ces décisions sont prises sur la proposition du directeur de l'école, 
l'inspecteur des études entendu. 

» Art . 17. Après chacune des deux premières années d'études, les élèves 
subissent, dans l'école, un examen de passage à l'année suivante. Après la 
troisième année d'études, ils subissent l'examen de professeur agrégé de 
renseignement moyen du degré supérieur. 

» Pour tous les examens, il sera tenu compte, dans une mesure assez 
large, des travaux et des réponses des élèves pendant la durée de leurs 
études. 

» Un arrêté spécial réglera tout ce qui est relatif aux examens de pas- 
sage et à l'examen de professeur agrégé. » 

Art. 2. En vue d'engager les professeurs agrégés à continuer leurs études 
et sauf à accorder des avantages à ceux qui passeraient par cette année 




ACTES OFFICIELS. 



141 



supplémentaire, il pourra être institué une quatrième année d'études à 
l'école normale des sciences. 

Ne seront admis, le cas échéant, aux cours de cette quatrième année 
que les professeurs agrégés qui se seront particulièrement distingués 
pendant leur séjour à l'école. * 

L'admission sera prononcée par disposition ministérielle, sur la propo- 
sition du directeur. 

Art. 3. Sont abrogées les dispositions de l'article 18 de l'arrêté royal 
du 2 septembre 1852, relatives au grade et au diplôme d'aspirant professeur 
agrégé de l'enseignement pour les sciences, et celles de l'arrêté du 8 no- 
vembre 1880, relatives à l'organisation temporaire d'un enseignement 
spécial pour la formation de professeurs de sciences naturelles. 

Art. 4. Notre Ministre de l'instruction publique est chargé de l'exécu- 
tion du présent arrêté. 

Donné à Bruxelles, le 5 mars 1884. 
Par le Roi : LÉOPOLD. 
Le Ministre de l'instruction publique, 
P. Van Humbeeck. 



PÉRIODIQUES. 



En donnant les sommaires d'un certain nombre de recueils 
périodiques, nous n'indiquerons pas toujours tous les articles 
qui y sont contenus ; nous signalerons surtout ceux qui nous 
paraîtront de nature à intéresser spécialement les professeurs 
et les hommes d'étude qui lisent notre Revue. 

Revue critique d'histoire et de littérature , recueil hebdomadaire publié 
sous la direction de MM. S. Guyard, L. Havet, G. Monod, G. Paris. 

Sommaire, du 11 Février : Deecke, La tablette de Megliano; Paiili, 
Etudes sur l'ancien italien; Bugge, Recherches sur l'étrusque (Michel 
Bréal) ; — Poésies françaises de Marie Stuart, p. p. Pawlowski (T. de L.). 
— Thèses de M. Flammermont : le consentement de l'impôt au xm c siècle 
et Le chancelier Maupeou et les parlements. — Du 18 Février : A. Ber- 
trand, la Gaule avant les Gaulois (H. d'Arbois de Jubainville). — Omont, 
Inventaire sommaire des manuscrits du supplément grec de la Biblio- 
thèque nationale (Albert Martin). — La Germanie de Tacite, p. p. 
Schweizer-Sidler (Henri Gœlzer). — Beovulf, p. p. Harrisson et Sharp 
(J. D.). — G-. Sohiumberger, Documents pour servir à l'histoire des 
thèmes byzantins (Anatole de Barthélémy). — R. de Maulde, Jeanne de 

TOME XXVI1Ï. 10 



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142 



PÉRIODIQUES. 



France, duchesse d'Orléans et de Berry (Pélicier). — Du 25 Février : 
Protap Chundra Roy, Traduction du Mahâbhârata, i-iv (A. Barth). — 
Léop. de Ranke, L'empire romain, I (Camille Jullian). — Alex, de 
Puymaigre, Souvenirs sur l'Emigration, l'Empire et la Restauration, p. 
p. Théod. de Puymaigre (A. C). — Du 3 mars : Aristophane, La Paix, 
p. p. Blaydes (Albert Martin). — 47. Schweder, De la Chorographie 
d'Auguste (Camille Jullian). — E. Engel, Histoire de la littérature an- 
glaise, I (C. J.). — Kervyn de Lettenhove, Les huguenots et les gueux 
(T. de L.). — Variétés : Lettres inédites de Lanthenas et de Roland. — 
Du 10 Mars : Extraits de Lucrèce, p. p. Bergson (Max Bonnet et Paul 
Monceaux), — L'Enéide de Veldeke, p. p. Behaghel (A. Bossert) . — Trois 
cent soixante et six apologues d'Esope traduits par Haudent, p. p. Lor- 
mier (A. Delboulle). — James Darmesteter, Essai de littérature anglaise 
(J. J. Jusserand. — Nève, Les époques littéraires de l'Inde (A. Barth). 

— Variétés : Une correction dans le Médecin Volant (Marcel Schwob). — 
Du 17 Mars. Dunbar, Concordance d'Aristophane (Albert Martin). — G. 
Duruy, La trêve de Vaucelles et le cardinal Carlo Caraffa (Henri Vast). 

— Académie des Inscriptions (Julien Havet). — Importante inscription de 
Lambèse. 

Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, nouvelle 
série, continuée sous la direction de MM. O. Riemann et E. Châtelain, 
Année et tome VIII. 1« livraison. 31 Janvier 1884. 

Sommaire : La publication de l'Énéide, par Gaston Boissier. — Varro- 
niana, par Louis Havet. — Ex Tiberi lacté haurire, par le même. — 
Remarques sur Eschyle, par Henri Weil. — Ad Ciceronis Caelianam, par 
Emil Baehrens. — Calendrier romain, par Gaston Boissier. — Le sub- 
jonctif de répétition, par Max Bonnet. — Arnobe 7, 3, par L. Havet. — 
Note sur le manuscrit de Nonius Marcellus n° 347 de la bibliothèque de 
la ville de Berne, par Henri Meylan. — Les manuscrits de Montpellier. I. 
Sénèque le rhéteur, par Max Bonnet. — Fragments de scholies sur Clau- 
dien, par Émile Châtelain et A.-C. Prêt. — Correction d'un passage 
d'Ovide (Métamorph. 1, 16), par A. M. Desrousseaux. — Ck'éron, Philip- 
piques II, 40, 103, par J. Gantrelle. — Arnobe, 7, 10, par L. Havet. — 
Note sur deux passages du Gorgias de Platon, par 0. R. — Plaute, Rudens, 
49, par L. Havet. — Glossematica, par Gustav Loewe. — Notice sur 
GustavLoewe,par Émile Châtelain. — Note sur un passage de Juvénal, par 
P. Thomas. — Fidicinius, par Louis Havet. — Bulletin bibliographique. 

Jahresbericht ûber <|ie Fortsohritte der classisohen Alterthums- 
wissensohaft, herausgegeben von Iwan Mùller. 1883. Zwôiftes Heft. 
Berlin, Calvary. 

Erste Abtheilung. Jahresbericht ûber die die griechischen Tragiker 
betreffende Litteratur der Jahre 1881 und 1882. Von Dr. Nikolaus Weck- 
lein, Professor u. Studienrektor în Passau (Schluss). — Jahresbericht 
liber Herodot fur 1881—1883. Von DirectorDr. H. Stein in Oldenburg. — 




PÉRIODIQUES. 



U3 



Bericht ûber die auf die attischen Redner und die grieehischeu Rhetoren 
bezùglichen, von Anfang 1880 bis Ende 1881 erschienenen Schriften. Von 
ProfessorDr. F. Blass in Kiel. — Jahresbericht ûber PlutarehVMoralia 
fur 1882 und 1883. Von Dr. H. Heinze, Dirigent des Kônigl. Gyranasiums 
zu Pr. Stargard in Westpreussen. 

Zweile Abtheilung. Jahresbericht ùber T. Maccius Plautus von Oktober 
1881 bis Ende 1882. Vom Gymnasial-Oberlehrer Dr. Oskar Seyffert in 
Berlin (Schluss). — Jahresbericht ùber die Rômischen Bukoliker. Von 
Dr. C. Schaper in Berlin (Schluss folgt im nàchsten Heft). 

Hermès, Zeitsohrift f&r classische Philologie, herausgegeben von 
Georg Kaibel und Cari Robert. — Neunzehnter Band. Erstes heft. 
Berlin, 1884. 

Th. Mommsen, die Conscriptionsordnung der rômischen Kaiserzeit. — 
Th. Thalheim, die Antidosis. — E. Maass, de Phaenomenis Arati re- 
censendis. 

Neue Jahrbfioher far Philologie und Paedagogik, herausgegeben von 
D r Alfred Fleckeisen und Dr. Hermann Masius. Leipzig, Teubner 1883. 
Zwôlftes heft. 

Erste Abteilung (127r Band). — Zu Sophokles Philoktetes. von Moriz 
Schmidt in Jena. — Zur ôkonomie der historien des Timaios. von H. 
Kothe in Breslau. — Zu den quellen der Messeniaka des Pausanias. von 
G. Busolt in Kiel. — Zu Aischylos [Agam. 521], von A. Lowinski in 
Deutsch-Krone. — Zu Xenophons anabasis. von F. Reuss in Wetzlar. — 
Zum fûnften bûche der Aristotelischen politik. von H. Flach in Tùbingen. 

— Zur erklârung und kritik der Homerischen gedichte. III. von A. Gemoll 
in Wohlau. — Zu Dionysios von Halikarnasos. von C. Jacoby in Danzig. 

— Zu Hieronymus de viris illustribus [c. 59]. von G. Terwelp in Ander- 
nach. — Zu Ovidius Fasti [III 497 ff.). von H. Gilbert in Meiszen. — 
Horazische allégorie, von Th. Plûss in Basel. — Zu Tibullus. von E. 
Baehrens in Groningen. — Die zeit der lex Antonia Cornelia de permu- 
tatione provinciarum (44 vor Ch.). von 0. E. Schmidt in Dresden. 

1884. Erstes htft. 

Erste Abteilung (129r Band). — Zur Homerischen worterklàrung des 
Aristarchos. von E. Kammer in Lyck. — Homerische kleinigkeiten. von 
Moriz Schmidt in Jena. — Pausanias und seine anklager. von H. Brunn in 
Miinchen. — Zu Cicero de natura deorum. von A. Goethe in Grosz-Glogau. 

— Erotematia. 1-5. von **. — Anz. v. J. Brzoska : de canone decem ora- 
torum Atticorum quaestiones (Breslau 1883). von 0. Harnecker in Friede- 
berg (Neumark). — Zu den griechischen elegikern. von J. Sitzler in 
Tauberbischofsheim. — Zu Ciceros Pompeiana [|18]. von A. Mosbach in 
Berlin. — Zu Tacitus historien, von, A. Eussner in Wurzburg. — Zu 
Horatius episteln [I 15, 13. II 1, 173]. von R, Duncker in Colberg und Ch. 
Cron in Augsburg. — De Vergilii arte rhythmica. von H. Draheim in Berlin. 




144 



PÉRIODIQUES. 



— Zu Ciceros reden gegen Catilina [I § 1]. von 0. Wichmann in Ebers- 
walde. — Zu den scriptores historiae Augustae. von H. Peter in Meiszen. 

Zeitschrift far das Gymnasîal- Wesen , herausgegeben von H. Kern 
und H. J. Mùller — BerHn, 1884. 

Februar, Mars. 

I. Abteilung. Abhandlungen. Randglossen zu Curtius' Grundzùgen der 
griech. Etymologie. 3. Artikel. Von Oberlehrer Dr. J. Sanneg in Luckau. 
(Schlufs.) — II. Abteilung. Litterarische Berichte. H. Siebeck, Uber 
Wesen und Zweck des wissenschaftlichen Studiums, angez. von déni 
Direktor der Franckeschen Stiftungen Dr. 0. Frick in Halle a S. — C. 
Cauer. Delectus inscriptionum Graecarum, 2. Aufi., angez. von Prof. Dr. 
U. v. Wilamowitz-Moellendorff in Gôttingen. — E. Bachof, Griechisches 
Elementarbuch I, ang. von Gymnasialdirector Dr. R. Grosser in Wittstock. 

— V. Hintner, Griechische Schulgrammatik, angez. von Dr. P. Weissenfels 
in Zùllichau. — E. Kôhler, Mittelhochdeutsche Laut- und Flexionslehre 
nebst einem Abriss der Metrik; R. v. Mutb, Mittelhochdeutsche Metrik, 
ange&. von Dr. H. Lôschhorn in Berlin. — Fr. Bauer, Grundzùge der 
neuhochdeutschen Grammatik, neu bearbeitet von K. Duden, angez. von 
Oberlehrer Dr. Th. Lohmeyer in Altena i. W. — G. Wenz, Die mathema- 
tische Géographie; W. Rohmeder und G. Wenz, Methodischer Schulatlas 
fur bayeri8che Schulen ; A. Kirchhoff, Rassenbilder, angez. v. Dr. E. Oehl- 
mann in Norden. 

Zeitsonrift fûr die ôsterreichischen G-ymnasien : Verantwortliche 
Redacteure : W. Hartel, K. Schenkl, 1883. 

Inhalt des zwôlften heftes : Erste Abtheilung. Abhandlungen. — Die 
subjectlosen Sàtze und die Schulgrammatiken. Von J. Huemer in Wien. 

Zweite Abtheilung. Literarische Anzeigen. — Ausgewàhlte Schriften 
des Lucian. Fur den Schulgebrauch erklart von D r Karl Jacobitz. 2. Bànd- 
chen : Die Todtengesprache, ausgewàhlte Gôttergespràche, der Hahn. 2. 
mehrfaeh berichtigte Auflage. Leipzig 1883, Teubner. 150 SS. Angez. von 
A. Baar in Gôrz. — Grundriss zu Vorlesungen ùber die griechische Syntax, 
von E. Hùbner. Berlin 1883, Verlag von W. Hertz ^Bessersche Buchhand- 
lung). 8°. IV u. 112 SS. Angez. von Joseph Golling in Olmùtz. — Beitràge 
zur lateinischen Grammatik von Arthur Probst. I. Zur Lehre vom Verbum. 
SS. 1-104. IL Zur Lehre von den Partikeln und Conjunctionen. SS. 105- 
172. Leipzig 1883, Verlag von Zangenberg und Himly. Angez. von Gustav 
Meyerin Graz. — Dr. M. Schmitz, Quellenkunde der rômischen Geschichte 
bis auf Paulus Diaconus. Gûtersloh 1881, Druck und Verlag von C. Ber- 
telsmann. 8«. 128 SS. Angez. von W. Kubitschek in Oberhollabrunn. — 
Die Ethik der alten Griechen, dargestellt von Leopold Schraidt. In zwei 
Bànden. Berlin 1882, Wilhelm Hertz. (I : V u. 400, II : VI. u. 494 SS.) 
Angez. von T. Wildauer in Innsbruck. 




PÉRIODIQUES. 



145 



Philologische Rundsohau, herausgegeben von Dr. C. Wsrgener und 
Dr. E. Ludwig in Bremen 1884. 

26 Januar. — J. Vahlen, Uber die Pâtus-Elegie des Propertius- (E. Hey- 
denreich). — W. Deecke, Die griechischkyprisehen Insehriften m epiicho- 
rischer Schril't (C. Pauli). — L. Traube, Varia libamenta critica (Kraffert). 

— A. Probst, Zur Lehre vom verbum (Kluge). — W. Velke, Zeitschrift 
des Vereins zur Erforschung der rheinischen Geschichte nnd Altertûmer 
inMairiz Bd. HT, Heft 2 u. 3 (F. Otto). — K. Mayer, Attische syntax in 
schûlmassiger Fassung (G. Vogrinz). 

2 Februar. — Jos. Karassek, Der infhritiv bei Herodot (Vogrinz). — 
G.Hess, Ùbersetzung von Platos Verteidigingsrede, Krito, Phâdo (Eiehler). 

— G. Golisch, De praepositionum usu Thucydideo (G. Meyer). — 
E. Hauler, Terentiana, quaestiones cum specimine lexici (A. Teuber). — 
Baker, Die Metaphern in den Satiren des Horaz (H. Schûtz). — Veit 
Valentin, Neues ûber die Venus von Milo (Fr. Kiel). — F. Waldmann, Der 
Bernstein im Altertum (0. Weise). — C." Thiemann, Wôrterbuch zu 
Xenophons Hellenika (Zurborg). 

9 Februar. — Ferd. Week, Beitrâge zur Erklârung homerischer Per- 
sonennamen (H. Anton). — Richard Hache, De participio Thucydidio, 
Pars. T, 4, 5; Derselbe, De participio Thucydidio, Pars II, 1, 2 (Georg 
Meyer). — A. Grossmann, Die philosophischen Problème in Platos Prota- 
goras (Westermayer). — A. Arlt, Zu Hor. Sat. II, 1, 34-39 (H. Schûtz). — 
Fr. Schmidt, Der Codex Tornesianus der Briefe Ciceros an Atticus und 
sein Verhâltnis zum Medicens (J. H. Schmalz). — Th. Stangl, Der sog. 
Gronovscholiast zu elf ciceronischen Reden (X.) — 0. Schrader, Sprach- 
vergleichung u. Urgeschichte (G. A. Saalfeld). — 0. Gortzitza, Kritische 
Sichtung der Quellen zum ersten punischen Kriege (Hesselbarth. — 
0. Richter, Lat. Lesebuch (Homburg). 

16 Februar. B. Ensems, Redeutung und Gebrauch von 3ià bei Homer 
(A. Gemoll). — Joh. Balkenholl, De participiorum usu Thucydideo 
(G. Meyer). K. Fisch, Zu Hor. carm. II, 2 (H. Schûtz). — L. Papillon, 
P. Vergilii opéra (0. Brosin). — C. Jacoby, Anthologie aus den Elegikern 
der Rômer. — E. Heydenreich, Livius und die rômische Plebs (A. Eussner). 

— H. Kraffert, Beitrage zur Kritik und Erklârung lat. Autoren, IIL Heft 
(E. Heydenreich). — M. Klatt, Chronologische Beitrage zur Geschichte 
des achâischen Bundes (R. Schmidt). 

23 Februar. — A. Frigell, Propertii elegiae duodecim (E. Heydenreich). 

— H. Reinhard, Julii Caesaris commentarii de bello Gallico (0. Keller). — 
Chr. Wordsworth, Conjectural Emendations of passages in ancient authors 
(R. Ellis). — Transactions of the Oxford Philological Society (H. Kraffert). 

— E. V. Keitz, Uber Tierliebhaberei im altertume A. Saalfeld). — 
J. Môrschbacher, Uber Aufnahme griechiseher Gottheiten in den rô- 
mischen Kultus (G. A. Saalfeld). — H. A. Mûller, Lexikon der bildenden 
Kûnste (H. Neuling). — H. Ebeling, Schul wôrterbuch zu Homers Odyssée 
und nias (A. Gemoll). — W. Herbst, Aus Schule und Haus (Saegert). 




146 



PÉHIODIQUES. 



1 Marz. — Ph. Braun, Der Gebrauch von oZtos in der Uias (A. Gemoll). 

— Frommann,Uberden relativen Wert der Homer. Gleichnisse (A. Gemoll). 

— Th. Meckenbach, Ubersetzung von Sophokles Antigone (F. Gumpert). 

— K. Riedel. Das Sujet der Sophokleisehen Antigone (Vogrinz). — 
W. Kloucek, Virgiliana (0. Brosin). — Kleineeke, De penthemimere et 
hephthemimere a Vergilio usarpatis (M. Kraflt). — M. Hertz, A. Gellius 
(L. Mueller). — Angermann, Geographische Namen Altgriechenlands 
0. Weise). — L. de Feis, I dadi scritti di Toscanella ed i numeri etruschi 
(C. Pauli). 

8 Marz. — Fr. V. Gustafsson, De Apollinari Sidonio emendando (P. Mohr). 

— J. Pitra, Analecta Sanctae Hildegardis opéra (H. Rônsch). — S. Bugge, 
Beitrage zur Erforschung der etruskischen Sprache. — W. Deecke, Die 
etruskischen Bilinguen (C. Pauli). — H. Matzat, Romische Chronologie, 
II. Band (W. Soltau). — P. Regnaud, Mélanges tirés de PAnnuaire de la 
Faculté des Lettres de Lyon (G. A. Saalfeld). — F. Kolbe, Die Einrichtung 
unserer der altklassischen Lektiire dienenden Sehulausgaben (0. Brosin). 

— H. Ziemer, Junggrammatische Streifzùge im Gebeite der Syntax 
(Ph. Kautzmann). 

15 Marz. — C. Ziwsa, Die eurhythmische Technik des Catullus 
(0. Harnecker). — L. W. Hasper, Ciceronis Tuscul. Disput. (Schaeffer). — 
Walther, Caesar de bello Gallico (R. Menge). — E. Schelle, De M. Antonii 
triumviri epistulis (L. Gurlitt). — G. Graeser, oi 'E/Ljvwv n zaè 'Pw/wetwv 
//-:yi7Tot feoi (G. A. Saalfeld. — S. Herrlich, Die Verbrechen gegen das 
Leben nach attischem Recht (R. Schmidt). — C. Menzel, Lat. Ubungsbuch 
(R. Binde). 

Berliner PhiloLogisohe Woohensohrift, herausgegeben von Chr. Belger, 
0. Seyffert und K. Thiemann. 1884. Calvary. 

26 Januar. — Original-Arbeiten : Rud. Westphal, Mehr-stimmigkeit 
oder Einstimmigkeit der griechischen Musik. IV. — Recensionen und 
Anzeigen : E. Hins, Homère. L'Odyssée avec une étude sur Homère 
(Albert Gemoll). — M. Schneidewin, Homerisches Vocabularium (K. 
Thiemann). — H. F. Millier, Dispositionen zu den drei ersten Enneaden 
des Plotinos (H. v. Kleist). — Ciceros Rede fur Publius Sestius «rklàrt 
von R. Bouterwek (J. H. Schmalz). — H. Uhle, Griechische Schulgram- 
matik (J. Sitzler). — J. v. d. Gheyn, Cerbère. Étude de mythologie 
comparée (R. Schrôter). — K. W. Nitzsch, Geschichte der rômischen 
Republik (G. J. Schneider). — H. Miller, Das Jagdwesen der alten Grie- 
chen und Rômer (0. Keller). — H. Kratz, Die Lehrplàne fur die hôheren 
Schulen in Preussen (Ellger). — Ausztige ans Zeitschriften, etc. 

2 Februar. — Original-Arbeiten : Th. G-omperz, Eine Orakel-antwort 
aus Dodona. — Reoensionen und Anzeigen : B. Wiedemann, Samm- 
lung altâgyptischer Worter (H. B.)- ~ Th. Bergk, 1. Griechiesche Lit- 
teraturgeschichte. 2. Fùnf Abhandlungen zur Geschichte der griechischen 
Philosophie (K. Bruchmann). — E. Deltour, Littérature grecque (J. 




PÉRIODIQUES. 



147 



Sitzler). — Cruindmeli Ars metrica, hrsgb. von J. Huemer (H. Ronsch). 

— Auszûge ans Zeitsohriften, etc. 

9 Februar. Originalarbeiten : Rud. Schneider, Câsars Rheinbrùcke 

— Recensionen und Anzeigen : Th. Gomperz, Herodoteische Studien 
(A. Bauer). — M. Voigt, Die XII tafeln (M. Conrat). — Gellii npcteg 
atticae, rec. M. Hertz (0. Seyffert). — H. Ziemer, Junggrammatiache 
Streifzùge (J. H. Schmalz). — Auszûge aus Zeitachriften, etc. 

16 Februar. — Originalarbeiten : Hochegger, Zur Farbenblind^eit 
Homers. — Recensionen und Anzeigen : Fr. Sartorius, Sophokles's 
Oedipus a. Kolonos ; J. Gilbert, Meleteraata Sophoclea ; G- Friedrich, 
Humanistische Studien (H. Mûller). — Th. Maurer, Cruces philolqgicae 
(Schneider). — A. Bourgoin, de Claudio Mario (K. Sittl). — G. Watten- 
bach, Script, graecae spec. (Lehmann). — A. Jacob, Sylloge vocabulorum 
(P. Pulch). — H. Schliemann, Troja (Chr. B). — Ausztige aus Zeit- 
sohriften, etc. 

22 Februar. — Original-arbeiten : O. Harnecker, Einiges ûber M. 
Caelius Rufus und zu Ciceros Caeliana. — Recensionen und Anzeigen : 
Commentaria in Aristotelem : M. Hayduck, Sophonias in libros Aris- 
totelis ; M. Hayduck, Anonymi in Aristotelis Categorias ( — X — ). — Anec- 
dota Oxoniensia : J. H. Onions, Nonius Marcellus (L. Mueller). — O. 
Gilbert, Geschichte und Topographie der Stadt Rom im Altertum (?). — 
F. Bueçheler, Umbrica (Deecke). — H. Kiepert, Schulatlas d. alten Welt 
(Chr. B.). — B. Arnold, Griechische Sagen und Màrchen (0. Hempel). — 
Auszûge aus Zeitsohriften, etc. 

1 Mârz. — Originalarbeiten : A. Otto, Propertiana, I. — Recensio- 
nen und Anzeigen : E. B. England, Euripidis Iphigenia Taurica (Weck- 
lein. — P. Hellwig, Ciceros Reden (Harnecker). — G. Landgraf, Ciceros 
Rede fur Sex. Roscius aus Ameria; H. Nohl, Cicero pro Sex. Roscio 
Amerino (J. H. Schmalz). — R. Menge, C. Julii Caesaris commentarii de 
bello Gallico (R. Schneider). — K. Sittl, Geschichte d. griech. Litteratur 
bis auf Alexander d. Grossen (E. Heitz). — Ausztige aus Zeitsohriften. 

8 Mârz. — Originalarbeiten : A. Otto, Propertiana, II. — Recensio- 
nen und Anzeigen : M. Curtze, Uber eine Handschrift der Kgl. ôfientl. 
Bibl. zu Dresden (Weissenborn). — Caesar de bello Gallico ed. J. Pram- 
mer (R. Schneider). — J. Belsheim, Der brief des Jakobus in alter 
lateinischer Ubersetzung (H. Ronsch). — K. Kunze, Griechische Formen- 
lehre in Paradigmen (Frâdrich). — K. L. Roth, Rômische Geschichte 
(Brennecke). — L. Fontaine, L'armée romaine (Steinwender).— G.Wolf, 
Geschichte der Wiener Universitât (A. Horawitz). — J. Krassnig, Das 
IJbersetzen aus dem Latein. und Griechieschen (Sorgenfrey). — Auszûge 
aus Zeitsohriften, etc. 

Woohensohrift fur Klassische Philologie, tinter mitwifkung von Georg 
Andresen und Herraton Heller, herausgegeben voii Wilhelm Hirsch- 
felder. Leipzig, Freitag, Prag. Tempsky. 

6 Februar 1884. — Matzat, Rom. Chronologie I 1. Teil (Thourét). — 




14S 



PÉRIODIQUES. 



Luebke, Quaest. in hist. Graecor. comoediae (Kaehler). — Aristotelis 
Magna Mor. ed. Susemihl (Wallies). — Livius 1. XXVIII von Friedersdorff 
(Kufsner). — Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

13 Februar. — Chronicon Parium ed. Flach (Dopp). — Matzat, Rom. 
Chronologie I (Thouret). Sehlufs. — Auffarth, Platon. Ldeenlehre 
(.T.Wagner). — Vollbrecht, Wôrterbuch zu Xen. Anab. 5. Aufl. (Matthias). 

— Moll, De temporibus epp. Tullianarum (Gurlitt). — Hoffman, De Titi 
temporibus (Violet). Kurze Rezensionen etc. 

20 Februar. — Homeri Odjtesea ed. Dindorf-Hentze (P. Cauer). — Clasen, 
Untersuch. ûb. Timaios v. Tauromenion (G. J. Schneider). — 0. V. Ge- 
bhardt u. Ad. Harnack, Texte und Untersuchungen zur Geschichte der 
altehristl. Litteratur. II. Art. (Otto) Sehlufs. — Washietl, De similitud. 
Ovidianus (K. P. Schulze). — Luterbacher, Titi Livii ab urbe cond. 
liber XXII (Eussner). — Thiemann, Wôrterbuch zu Xenophons Hellenika 
(Matthias). — Schroeter, Quas forra. nomin. them. siginat. (Schweizer- 
Sidler). — La Roche, Augment des griech. Verbums (C. Angermann). — 
Holzer, Ubungsstûcke zura Ubers. ins Latein. — Scheins, Lat. Formen- 
lehre fur Sexta (E. Althaus). — Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

27 Februar. — Roth-Westermayer, Rômische Geschichte (Faltin). — 
Thiemann, Homerische Formenlehre (Cauer). — Ruete, Die Korrespon- 
denz Ciceros von 44, 43. (0. E. Schmidt). — T. Livi 1. XXVI-XXX ed. 
A. Zingerle (Krah). — Grunauer, Bemerkungen zu Livius (Krah). — 
Bâumlein, Holzer, Rieckher, Griech. Ubers. — Verhandlungen der Karls- 
ruher Philologen-Versammlung. — Helmreich, Griech. Vokabular.. — 
Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

5 Mârz. — Milchhôfer, Anfànge der Kunst in Griechenland (Furt- 
wàngler). — Gerber, Naturpersonifik. in Poésie u. Kunst d. Alten 
(Schmidt). — Ciceros Rosciana mit Scholiasten von Landgraf (Hirsch- 
felder). — Sallustii coniur. Catil. ed. Thomas (Eussner). — Seume, De 
sententiis consecutivis Graecis (Eichner). — Hintner, griechische Schul- 
grammatik (Sitzler). — Dieselbe (FritSch). — Auszûge a. Zeitschriften, etc. 

12 Mârz. — Rumpel, Lexicon Pindaricum (Fr. Mezger). — Sophokles 
Oed. Kol. von L. Bellermaun{Weeklein). - Herodianiab. exc. d. M. libri 
ed. Mendelssohn (Hilberg). — Wandtafeln z. Veransch. antiken Lebensu. 
antiker Kunst von Ed. von der Launitz, fortges. von A. Trendelenburg. — 
Carolo Peter, Insunt : D. Volkmanni in Jul. Valer. adnot. (Boysen). — 
Hitze, De Sexto Pompeio (E. U.). — Hintner, griesch. Ubungsbuch. — 
Kurtz u. Griesendorff, griech. Grammatik (Sitzler). — Auszûge a. Zeit- 
schriften, etc. _ 

19 Màrz. — Rezensionen und Anzeigen : Bursian, Geschichte der Phi- 
lologie (Schwabe). — Sophoclis Oedipus Rex edidit Schubert (Gleditsch). 

— Plautus Mostellaria von Lorenz. 2. Aufl. (Niemeyer). — Caesaris de b. 
G. ed. Pfammer (Eussner).— Klaucke, Ausgewàhlte Briefe Ciceros (Meusel). 

— Auszûge a. Zeitschriften, etc. 




"M3 



"de Saxe. 



■ f SeLSxenîboS iSTjt Metz mort en 1098. 
\ u t d Arlon, mort en 1096w 



vant son père, et 
de S'-Paulin, mo„ 
e de Metz, mort «3 ♦ 
, comte d'AteaeeT 6 
*e de Henri II 



/ BKRTHI 

| ou Théodoric 
l lui apporte y 



d'Arnould, corn 
|iu siège de j 1 



m _ — ri u ^"^ epuase ue a ëMipéréur Henri I V 

nu^IT co - non ' comte de Monui ^^^r^ 

1 mêmes titres. / mêmes titre»: CS J ^«™t m f s ' ^euries. Ilvfent 

J dLSffif Po^y-sur Meuse, et 
f Loîra?ne S0UChe dcS poui «y ^ 



-6 



Ît,F OI Î RA,> ! dernier comte de 
Luxembourg, <ie la maison d'Ar! 
denne, avait épousé Gisèle de 

fam MBMT ' mort sans en- 



, f KWESINDE, héritière du comté 
de rEï£ 0,u * ép ? U8e Se 



bas âge. 

comte de Briey, 
son père, sans 
A»AJLBÉ 
évêque de MetJ 
v GBRARB, 
vannes à Verd 
BKETHis, i 
vrard, comte d< 
berg. 

déric II, duc da e 
MoseJUane.épou? 
deSuêve.fflle di 

Franconie. 
ADELE, épe 

ram I* , comte 

bourg etluiapp 

en dot. 



| V -A.X-B»AM Mi, le Payen. 



knevaux,queGodefroid- / TAI.V#nra ^ 

chevalier du fort de Dun ( V sirTri^ T™ 78 ' d Aleyde.qui épouse Gobert 

te^t?uU nciavé * ! £ti^ Verdun et »ffwS!ft 



^mTOUBs, mort sans postérité en 1150 ou 

bautîv ISte S r & n se A * nè *. flUe de Thi- 
A«i*« ÎJf Campagne, mort en 1160. 
J ETMOTrwSï d Albert, comte de Chiny 

voSis MWCK » femme de Renaud de Beau-. 

m*?™ A,:T ' comte de Stenay,Mouzai,Cler- 
HBWRI, comte de M onçons. 

l'une fllle Edwige 



Albert I« comte , 
enaud, fllsdeHi 
Honcy de la pre 



mes, 

CEWCK, 



îBiÈii^Ilîiy Par défaut /enfant mît S ; S?5*?. de commence 



1", tué au siège 
d « .?' jgg ^^ Acre. ^ 
H ^™AlJTi. % comte 
de Bar, devient comte de 
Luxembourg par son ma- 
riage avec la grande Er- 
mesinde flUe de Henri 
1 Aveugle. 



Viennent 168 "« Briey-Aspremone, ancêtres des de Briey 



2d^^i*.nif? Use en P"mi*res noces An- 



épouse I mari 
fille de/deBj 



ïomte deJFrc, 
fdefl 



Avesne et termine la première race 
pardéfau * ^enSnTmLe? 
? ' mor * sans enfant. 
axrix, mariée a Thierry de Walcourt. 



i w.., re uc ivoz, qui commence 
j dcS 6 deS ~ 

* ACttrèg, morte célibataire. 



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REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 



QUESTIONS D'ENSEIGNEMENT, 
LETTRES ET SCIENCES. 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES PHILOLOGIQUES 



23 e Séance, tenue au Conservatoire royal de Bruxelles, 



La séance est ouverte à 1 heure, sous la présidence de M. De 
Longé, premier président de la Cour de cassation. 

Sont présents : MM. Gantrelle, vice"président ; Wagener, 
secrétaire-général; Angenot, Delbœuf, De Moor, Gevaert, 
Gillet, Hegeuer, Hallet, Kugener, Lannoy, Lonchay, Moeller, 
Motte , Raskop , Thil-Lorrain , Thomas , Vanderkindere , 
Waltzing. 

Le procès-verbal de la dernière séance est adopté, après que 
M. Delbœuf eut exprimé le vœu que la Direction de la Revue, 
avant de publier le compte rendu d'une séance, adresse une 
épreuve imprimée aux membres de la société qui ont pris part 
aux débats. M. le Président déclare que MM. les Directeurs de 
la Revue se rendent volontiers à ce désir. 

M. le Président exprime à l'assemblée les regrets de M. Faider, 
procureur général à la Cour de cassation, qui ne peut se rendre 
à la séance de ce jour. Il lit ensuite les lettres de MM. Fredericq, 
De Block, Duchaine, Hurdebise, qui sont également empêchés 
d'assister à la réunion. 

Deux questions sont proposées pour figurer à l'ordre du jour 
de la prochaine séance, l'une par M. Hurdebise sur Y Importance 
d'un stage pour les professeurs de renseignement moyen; l'autre 
par M. Hegener sur la place qu'il faut attribuer à la religion 
dans V enseignement neutre. 

TOME XXTII. 11 



EN BELGIQUE. 



Tome 27. 



3e Livraison. 



ET HISTORIQUES. 



le samedi 19 avril 1884. 




150 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES 



Par motion d'ordre, M. le Président propose de statuer sur 
l'admission de six membres nouveaux : MM. Vollgraff, profes- 
seur à l'université de Bruxelles, Hallet, professeur à l'athénée 
de Bruxelles, Alexandre, Sluse, Kesseler, professeurs à l'athénée 
d'Arlon, et Bley, professeur à l'athénée de Gand, sont déclarés, 
à l'unanimité des voix, membres de la Société. 

« Proposition faite à la séance précédente d'accorder une 
médaille à M. Discailles pour son Histoire des concours généraux 
en Belgique. » 

Cette proposition, due à l'initiative de M. Hnrlaux, et ap- 
prouvée par la commission des récompenses, est ratifiée par 
l'assemblée, à l'unanimité des voix. 

L'assemblée aborde ensuite la seconde question qui figure 
à l'ordre du jour : « Discussion de la lecture de M. Thil-Lorrain 
sur Y Origine gallo-romaine de la dynastie carlovingienne . » 

M. Moeller, professeur à l'université de Louvain, distingue 
deux parties dans le travail de M. Thil-Lorrain : l'une est 
réservée à des considérations philosophiques sur les aptitudes 
des races, théorie dont la valeur est très discutable, mais dont 
M. Moeller ne veut pas s'occuper dans ce moment; l'autre 
prétend attribuer aux Carlo vingiens une origine gallo-romaine, 
et essaie de déterminer la liste des ascendants de Charlemagne. 

Dans cette partie de son travail, sur laquelle M. Moeller veut 
attirer l'attention, M. Thil-Lorrain s'est mis en contradiction 
avec les savants allemands les plus récents qui ont écrit sur la 
matière, et il ne fait pas même mention de leurs ouvrages. Les 
principes les plus élémentaires de la critique historique ré- 
prouvent cette manière de procéder. 

Un peu d'attention eût parfois préservé M. Thil-Lorrain de 
l'erreur : ainsi, quand Paul Diacre fait remonter à Clovis les 
ancêtres d'Arnoald, il rappelle cette généalogie avec une extrême 
réserve, en ajoutant « fertur » : c'est à ses yeux un on dit, qui 
semble contestable, et qui, dans le travail de M. Thil-Lorrain, 
se change néanmoins en affirmation. 

Le même Paul Diacre n'établit aucun lien entre Arnoald et 
Arnulphe : car il se contente de dire : « post hos Arnulphus ex 
nobilissimo Francorum stemmate ortus... » Ce sont des généa- 
logies postérieures qui ont fait d' Arnulphe le fils d'Arnoald : 
les Carlovingiens se rattachaient par là aux Mérovingiens. 




PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



151 



Tant que ce point n'est pas établi, il est inutile de remonter 
plus haut encore jusqu'aux Gallo-Romains. M. Thil-Lorrain 
cite à l'appui de sa thèse les témoignages de quatre ou cinq 
auteurs : mais il néglige de dire que tous ces auteurs se copient 
et se répètent. Il ne faut pas se laisser prendre à ce vain éta- 
lage d'érudition : en réalité, nous n'avons qu'une source, Paul 
Diacre, à qui l'on attribue une opinion qu'il n'a point professée. 
Les autres témoignages n'ont guère de valeur : car ils datent 
du 11 e siècle. 

Ces résultats, dus à la critique allemande, ne sont rencontrés 
nulle part dans le travail de M. Thil-Lorrain. M. Thil-Lorrain 
les ignorerait-il? On serait tenté de le croire, surtout en voyant 
figurer les Capétiens dans Y Arbre généalogique. Qui ne sait que 
le nom de Childebrand doit être effacé de ce tableau,' et que 
Robert le Fort est d'origine saxonne? 

La critique moderne n'emploie pas les sources au hasard, 
sans choix ni discrétion. Or les Vies des Saints, et les Généa- 
logies du moyen-âge, invoquées par M. Thil-Lorrain, manquent 
également d'autorité. 

Peu de Vies des Saints de l'époque franque sont contempo- 
raines des faits qu'elles racontent; tout y est suspect : on y sur- 
prend sans peine le travail de la légende populaire, qui s'exerce 
sur des sujets préférés. 

Quant aux généalogies que le moyen-âge nous donne de la 
famille de Charlemagne , on y reconnaît des travaux de seconde 
main, dont les matériaux sont empruntés à Paul Diacre, et 
parfois avec assez de maladresse. Il était déjà trop tard alors 
pour constituer la généalogie; un exemple le prouvera : le 
grand père de Pépin de Landen est resté inconnu. Comment 
remonter le cours des générations qui ont précédé S. Arnould? 
M. Moeller conteste par conséquent de la part de notre Chifflet 
(Anvers 1649) la valeur et l'authenticité des sources dont s'est 
servi M. Thil-Lorrain. L'ouvrage de Dominicy notamment à 
été l'objet de vives attaques. Il ne suffit pas d'insister, comme 
le fait M. Thil-Lorrain, sur l'ancienneté d'un ouvrage, de parler 
« d'une très ancienne vie de S* Ferréol, - d'une très ancienne 
généalogie citée par Duchesne, d'un ancien débris de manus- 
crit » (pp. 90 et 91 de la Revue). Ainsi agissait la vieille école, 
délaissée depuis longtemps. Mais si l'on cherche des arguments 
décisifs, il faut, à l'exemple des Allemands, établir d'une 




152 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES 



manière indiscutable l'âge, l'authenticité et l'autorité des 
sources qu'on emploie. Rien n'est plus aisé que de rattacher 
entre elles deux familles par une parenté de fantaisie : on 
attribue deux noms à un personnage : Arnoald s'appellera 
Boggis ou Bodgesius. Mais personne ne prend au sérieux ces 
procédés de nos vieux généalogistes. 

M. Thil- Lorrain répond à peu près en ces termes aux cri- 
tiques de M. Moeller : Nos considérations sur les aptitudes 
des races n'ont pas pour but de tirer une conséquence a 
priori de raisonnements purement spéculatifs, comme semble 
le croire M. Moeller ; ils n'ont que celui ^expliquer un fait. 
Deux dynasties se succèdent sur le trône des Francs. Les con- 
temporains de la dynastie mérovingienne nous présentent la 
rapide décadence et l'impuissance administrative de celle-ci 
sous la forme d'un symbole vivant. Deux lions, Childéric et 
Clovis, engendrent des tigres, des léopards et des panthères, 
qui se dévorent entre eux, après avoir donné naissance à des 
loups et à des renards, lesquels ne produisent plus que des 
êtres abjects, infimes. En ce moment, la nation franque arrive 
à la décadence la plus complète, à l'impuissance , à l'anarchie 
universelle. 

C'est alors qu'apparaît une autre dynastie dont tous les 
membres Arnold, Arnulphe, Anségise, Pépin d'Herstal, Charles 
Martel, Pépin le bref et Charlemagne forment une série de 
grands hommes de plus en plus remarquables jusqu'au dernier, 
qui , malgré ses défaillances et ses crimes , devient le restaura- 
teur de la civilisation en Europe. 

Voilà les faits. Les nie qui voudra; on a nié la lumière 
du soleil. Nous en cherchons X explication et nous ne parvenons 
à la trouver que dans les aptitudes inverses de deux races 
différentes. Quand on nous en aura présenté une meilleure, 
nous l'accepterons sans hésiter; jusque là, on voudra Jbien nous 
permettre de conserver la nôtre. 

Nous y tenons d'autant plus que les Carlovingiens eux-mêmes 
soutiennent qu'ils ne sont pas des Francs, mais des Gallo- 
romains, et se rangent ainsi à notre avis. Aussi longtemps que 
la nouvelle dynastie n'est pas arrivée au pouvoir, il ne saurait 
évidemment être question pour elle de généalogie historique, 
officielle, si je puis m'exprimer ainsi. Mais dès qu'elle est 
parvenue au trône, elle proteste contre ceux qui entendent faire 




PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



153 



d'elle une race franque. Le second souverain, Charlemagne, 
commence à le faire par la plume de Paul Diacre; Louis le 
Débonnaire continue par celle d'Umno ; Charles le Chauve par 
les vers de son poète. On les traite de flatteurs de la nouvelle 
dynastie. Singulière manière pour ces familiers de faire leur 
cour à leurs souverains, en les proclamant gallo-romains, si 
ceux-ci sont réellement de race franque. Deux d'entre eux 
écrivent par ordre du pouvoir établi. On prétend que les Car- 
lovingiens ignoraient leur propre généalogie; mais de preuve, 
pas une. 

A partir de ces trois premiers écrivains, tous ceux qui se 
rapprochent, soit des monastères, où sont déposées leurs œuvres, 
soit de l'Aquitaine, suivent la généalogie donnée par leurs 
devanciers et cela jusqu'au XII e siècle. Ceux qui n'en ont 
qu'une connaissance plus incomplète, commencent à l'altérer. 
Au lieu de dire Arnulphe, fils d'Arnold, fils d'Ansbert, ils disent 
Arnulphe, fils de Buotgisus, fils d'Ansbert l'Aquitain, de race 
sénatoriale; ou bien Arnulphe, fils d'Ansoald, fils d'Ansbert. 
Ansoald s'explique facilement par une altération, résultant 
d'une copie mal écrite. Quiconque a fouillé les sources de cette 
époque , sait à quel point l'orthographe des noms propres diffère 
d'auteur à auteur. Buotgisus, avec toutes ses transformations 
dans les divers textes, nous paraît être un surnom pris pour le 
nom réel. Enfin les écrivains finissent par ne plus mentionner 
qu' Arnulphe, fils de Buotgisus, ou Arnulphe, fils d'Arnoald, selon 
les uns, d'Ansoald, selon les autres. Mais tout cela est postérieur 
à Paul Diacre, à Umno, au poète carlovingien. 

A partir du XVIP siècle, deux partis adverses se forment, 
celui des germanistes et celui des gallicistes. Les premiers sou- 
tiennent que les familiers de Charlemagne, de Louis le Débon- 
naire, de Charles le Chauve, de connivence avec leurs souverains, 
out cherché à duper l'histoire en faisant de ceux-ci des gallo- 
romains. Les gallicistes leur demandent dans quel intérêt ? On 
leur répond : dans le but de rattacher les Carlovingiens aux 
Mérovingiens par deux alliances controuvées avec deux filles 
de rois : Deuterie, fille de Clovis ; Blitilde, fille de Clotaire 1 er . 
Si ces alliances sont supposées, ce que personne n'a prouvé 
jusqu'à cette heure, n'était-ce pas plutôt pour atténuer ce 
qu'avait de blessant pour l'aristocratie franque, cette fière 
proclamation que faisaient les Carlovingiens de leur origine 
gallo-romaine ? 



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154 



SOCIÉTÉ POUB LE PBOGBÈS DES ÉTUDES 



Dans tous les cas, tout le' monde s'accorde à cette heure à 
reconnaître qu'Arnulphe est fils d'Arnoald; mais on nie que 
le père d'Arnulphe soit fils d'Ansbert. On le nie en donnant 
un démenti à la loyauté de ces premiers monarques Carlovin- 
giens; mais jusqu'à cette heure personne n'a pu prouver qu'ils 
avaient menti. — C'est à nous à faire la preuve qu'ils ont été 
sincères, nous dit-on. — Jamais nous n'admettrons de sem- 
blables prétentions. Il serait par trop facile de dire qu'un 
homme est un coquin, si on n'était obligé de le prouver. Si, 
quelque chose au monde doit être l'organe de la justice, c'est 
l'histoire, le tribunal suprême des actions publiques des hommes 
influents. 

Reste la grande question de la biographie de oaint-Ferréol. 
C'est elle qui fait d'Ansbert un Ferréol. La question de race est 
indépendante de la solution de ce nouveau problème, car, selon 
les Carlovingiens, Ansbert est Aquitain et, ce point admis, notre 
explication triomphe. 

Se fondant sur le massacre des juifs, qui eut lieu avant la 
bataille de Poitiers et qui est présenté par Fauteur comme un 
fait contemporain, Baillet fait remonter cette biographie au 
temps de Charles Martel, alors qu'il ne pouvait encore être 
question de généalogie Carlovingienne. Si nous l'avons bien 
compris, M. Moeller recule la rédaction de ce document jus- 
qu'après le règne de Charles le. Chauve. Nous lui serions obligé 
s'il avait la complaisance de nous en donner la preuve. Selon 
nous, si cette biographie avait paru sous les premiers monarques 
Carlovingiens, elle n'aurait pas manqué de rattacher ces derniers 
à la tige d'Ansbert, ce qu'elle n'a pas fait. 

Mais dans Paul Diacre, il y a un fertur. Ce fertur porte sur 
l'origine sénatoriale à'Aguilfus, frère d'Ansbert, oncle d'Arnoald, 
père d'Arnulphe. Nous connaissons la provenance d'Ansbert et 
de ses frères par un document plus ancien, la Vie de Saint- 
Ferréol, qui le fait descendre des deux Tonantius et dont il faut 
infirmer la valeur, avant d'en annuler la portée. Après quoi, 
le texte de Paul Diacre n'en restera pas moins debout, corroboré 
par celui d'Umno et celui du poète de Charles le Chauve. 

M. Vandçrkindere ne veut pas entrer dans les détails de la 
question : il partage à l'égard du travail de M. Thil-Lorrain 
l'opinion de M. Moeller et constate comme lui l'absence de toute 
méthode critique chez l'auteur. Au moins convenait-il d'étudier, 




PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



155 



de discuter l'ouvrage le plus récent qui s'est occupé des origines 
delà maison Carlovingienne : mais le nom de M. Bonnell n'est 
pas même cité. Si ce point de départ fait défaut à M. Thil- 
Lorrain, l'histoire générale du siècle ne paraît pas moins 
méconnue dans son travail. L'auteur ne se rend pas un compte 
bien exact du rôle important que les Francs ont joué dans les 
Gaules. Charpentier ou Chateaubriand ne font pas autorité en 
la matière. Qu'ils prétendent que la conquête de Clovis n'a rien 
changé ; un fait est constant : c'est que la France n'est plus la 
Gaule romaine : des institutions anciennes ont survécu, mais 
un nouvel esprit a surgi. 

Mieux valait étudier ce point de l'histoire que soutenir une 
thèsè bizarre sur les aptitudes héréditaires des races : quoi 
qu'en pense M. Thil-Lorrain, par un mystère qu'il ne nous est 
pas accordé de comprendre, une souche barbare, obscure, peut 
donner naissance au plus puissant génie. D'ailleurs, le rôle des 
Mérovingiens ne fut pas aussi nul que le prétend M. Thil- 
Lorrain ; Clovis entre autres fut un grand politique, quand il 
provoqua l'alliance des Francs avec l'église catholique. 

Si la race gallo-romaine, plus éclairée, était seule capable 
de produire de grands hommes, pourquoi n'en avait-elle pas 
produit depuis l'époque de Jules César? 

Mais supposons exacte la généalogie établie par M. Thil- 
Lorrain; il n'en résulterait pas encore que Charlemagne fût un 
gallo-romain. La branche de Pépin, c est-à-dire, des ancêtres 
connus de Charles est certainement d'origine franque, et toute 
l'existence du grand empereur révèle un Germain. 

M. Thil-Lorrain réplique : M. Vanderkindere n'accepte pas 
que l'impuissance des Mérovingiens à maintenir une civilisation 
qui s'en va périclitant de plus en plus dans leur mains, — tandis 
que tous les Carlovingiens jusqu'à Charlemagne la relèvent, lui 
rendent vie et vigueur et jettent les bases du monde moderne, — 
soit une preuve d'une différence de race. Mais il ne s'aperçoit pas 
que nous la donnons avant tout comme une explication de deux 
grands phénomènes historiques et de l'affirmation des Carlo- 
vingiens qui se disent, eux, d'origine gallo-romaine. A l'appui 
de sa thèse, il cite Clovis agissant sous Vinspiration des évêques 
gallo-romains. L'exemple est malheureux. Il cite ensuite Pépin 
de Landen et sa descendance. Brunehilde essaie de reconstituer 
l'administration romaine, d'exécuter d'immenses travaux, d 




156 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRES DES ÉTUDE 



ranimer l'agriculture, le commerce, l'industrie et les lettres. 
Qui l'empêche d'achever son œuvre? Pépin de Landen, Warna- 
chaire, Herpen, qui soulèvent contre elle les Francs barbares, 
font égorger sous ses yeux ses petits-fils, exposent pendant trois 
jours la vieille reine octogénaire aux outrages immondes d'une 
soldatesque infâme et, aux côtés de Clotaire, assistent à son 
effroyable supplice. Pour adoucir le caractère féroce de Pépin, 
Saint Arnulphe lui fait épouser la douce Itte d'Aquitaine et le 
dirige de ses conseils. Mais la victoire de Pépin contre les 
Saxons le gonfle d'orgueil. Il veut recommencer contre son 
souverain la lutte qu'il a soutenue contre Brunehilde, se fait 
incarcérer à Paris et ne sort de sa longue prison que pour peser 
sur la royauté, en dépit des conseils de l'évêque Cunibert. Enfin, 
son fils Grimoald parvient au trône par l'assassinat, fait déporter 
son roi en Ecosse, soulève les populations et meurt sous les 
coups de la vindicte publique, après avoir fait assassiner Dago- 
bert III. Son fils n'est qu'un énervé, en qui s'éteint la race de 
Pépin de Landen. Décidément le second exemple vaut moins 
encore que le premier et prouve, bien autrement que celui des 
Mérovingiens, la pauvreté de l'intelligence civilisatrice des 
Francs. Mais Begghe introduisit un peu de sang franc dans les 
veines des Carlovingiens. Sans doute. Pourtant si ce sont les 
mères dont l'influence prédomine sur l'hérédité, comme le veut 
M. Vanderkindere, on doit avouer que celui d'Itte d'Aquitaine, 
sa mère, avait passablement transformé celui de son père. 

— Il faut cependant bien admettre, dit-on, qu'on ne peut 
toujours ressasser en histoire les mêmes discussions ; il faut bien 
admettre que la démonstration de l'origine germanique des 
Carlovingiens une fois faite, doit être tenue pour telle. — Cer- 
tainement si elle est faite; mais qui l'a faite? Les germanistes 
ouïes gallicistes? — Vous ne connaissez pas Bonnell. — Non. 
Mais Bonnell a-t-il trouvé d'autres textes que ceux que nous 
connaissons? A-t-il prouvé que les Carlovingiens ont menti en se 
disant gallo-romains? S'il Ta fait, il suffit d'un mot pour nous dire 
comment. — Lisez l'œuvre. — Nous le ferons. Mais nous avons 
bien peur de n'y trouver que les textes que nous connaissons. 
Nous restons donc, jusqu'à nouvel ordre, fidèle aux conclusions 
de l'école gauloise. 

M. Hegener croit, comme MM. Moeller et Vanderkindere, 
qu'on ne saurait assez se mettre en garde contre tout essai 



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PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



157 



tardif de généalogie destiné à jeter un nouvel éclat sur le nom 
d'un homme ou d'une famille. On a vu, en ces derniers temps, 
comment se fabriquent les fausses descendances. Le Herald's 
office de Londres doit en savoir quelque chose. 

Mais ce qui étonne surtout dans le travail de M. Thil-Lorrain, 
c'est que l'auteur prétend détruire d'un trait de plume l'opinion 
généralement admise, que Charles est un germain. Pour peu 
qu'on réfléchisse au caractère, aux travaux, aux occupations 
habituelles, à la manière de vivre du grand empereur, cette 
conviction se fortifie de plus en plus. Oui, Charles était un 
illettré : des auteurs nous affirment qu'il apprit seulement à lire 
après avoir dépassé l'âge de trente ans. Et si l'on vante plus tard 
son savoir, il faut attribuer à ses maîtres, spécialement à Alcuin, 
un Anglo-Saxon, le mérite de cette transformation. 

M. Thil-Lorrain objecte qu'on lisait à la table de Charlemagne 
les ouvrages de S 1 Augustin et qu'il les comprenait. 

M. Hegener reprend. Admettons que Charlemagne comprît le 
texte de S* Augustin, il n'a certainement commencé à parler 
le latin qu'après avoir reçu les leçons de ses savants maîtres. 
Les chroniqueurs, en rapportant que Charles connaissait si bien 
la langue latine, font entendre par cela même que l'allemand 
était sa langue maternelle. 

M. Thil-Lorrain, en dépit des objections présentées par son 
honorable contradicteur, soutient que Charlemagne était un 
homme très instruit, avant d'appeler les savants à sa cour. 
Quant à la parenté d'Arnoald et d'Ansbert, elle relève des dires 
des trois premiers savants qui écrivirent par ordre de Charle- 
magne, de Louis le Débonnaire, et de Charles le Chauve. Tous 
les documents postérieurs ont une autorité moindre ; mais con- 
firment d'autant plus l'autorité des premiers qu'ils sont plus 
nombreux. De là le grand nombre de citations insérées dans 
l'article. 

. M. le Président déclare la discussion close. 
M. Kugener lit un travail sur le dialecte liégeois. 11 sera publié 
dans la Revue. 

M. Wagener parle sur la 6 e question, qu'il a fait inscrire à 
l'ordre du jour : « comment faut-il traduire en français ou en 
flamand les textes grecs et latins? La solution de cette question 
est très importante pour l'avenir de l'enseignement moyen et 
même supérieur. En général, nos jeunes élèves qui sortent de 




158 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRES DES ÉTUDES 



rhétorique écrivent très mal le français. D'où provient cette 
faiblesse? Les programmes des athénées sont trop chargés, dit- 
on ; c'est possible, mais on ne changera pas les programmes. 
Certaines branches, telles que l'histoire, les mathématiques et 
les sciences naturelles, ont acquis, par la force des choses, une 
grande importance dans renseignement contemporain, et 
exigent un nombre d'heures de leçon proportionné à cette 
importance. On prétend d'autre part qu'on s'attache trop à la 
grammaire. Mais la grammaire, quoi qu'on dise, est absolument 
nécessaire; c'est le fondement de tout enseignement litté- 
raire. Faut-il, comme on Ta proposé, consacrer plus d'heures à 
l'enseignement du français? M. Wagener ne le croit pas. C'est 
par le grec et le latin qu'on peut arriver à mieux savoir le fran- 
çais. En traduisant les auteurs anciens, on se pénètre de leur 
pensée, on se nourrit de leurs idées, mais on acquiert aussi une 
plus grande richesse de tournures et d'expressions qu'en cultivant 
exclusivement sa langue maternelle. C'est ici que se présente la 
question de savoir comment il faut traduire? Reproduire litté- 
ralement l'auteur, s'en rapprocher le plus possible? De telles 
traductions seront toujours étranges : Le Dante traduit par 
Lamenais est incompréhensible. Faut-il au contraire rendre la 
traduction la plus élégante possible, au risque de s'écarter de 
la pensée de l'écrivain? M. Wagener ne condamne pas les 
traductions élégantes, ces « belles infidèles », quand elles sont 
uestinées aux gens du monde. Mais en ce moment, il se place 
au point de vue des professeurs de l'enseignement moyen. 
L'élève doit d'abord comprendre exactement le texte grec ou 
latin, bien saisir l'enchaînement des idées de l'auteur; se rendre 
compte de toutes les nuances de sa pensée, être bien pénétré 
de la beauté de la forme qu'il a su obtenir, soit par la place 
que les mots occupent dans la phrase, soit par la grâce ou 
1 énergie des expressions employées ; puis, cette étude terminée, 
lelève doit s'ingénier à rendre toutes les délicatesses du style 
grec ou latin dans un français élégant. Ce travail est très 
difficile. Certes, la langue française est pleine de ressources, 
mais il n'est pas toujours aisé de s'en servir, et c'est précisé- 
ment la difficulté d'approprier les ressources du français h la 
reproduction de la pensée des anciens, qui rend la traduction 
du grec et du latin en français si éminemment utile, plus 
utile que la traduction du grec ou du latin en allemand, parce 




PHILOLOGIQUES ET HISTOBIQUES. 



159 



que l'allemand par ses inversions, l'emploi des cas et la sou- 
plesse de sa construction se rapproche plus des langues ancien- 
nes que le français. Aussi M. Wagener estime-t-il que les élèves 
des athénées amélioreraient singulièrement leur style, s'ils 
étaient astreints dès la 5 e à traduire avec exactitude et élégance 
les auteurs anciens. 

M. Vanderkindere ne croit pas que Ton écrive moins bien le 
français maintenant qu'autrefois. Ce qu'on peut dire, c'est que 
trop de jeunes gens fréquentent les universités, sans avoir les 
aptitudes requises pour les études supérieures. Traduire du 
grec ou du latin en français est un bon exercice, mais est-il 
absolument nécessaire? Ne pourrait-on pas traduire de l'alle- 
mand en français ? Ces deux langues ont des génies différents. 
M. Vanderkindere se demande aussi, s'il ne serait pas utile 
d'exercer les élèves à écrire des lettres ; la rédaction épistolaire 
est précisément ce qui leur manque le plus. 

M. Gillet partage les idées de M. Wagener ; il pense que la 
faiblesse des élèves en version provient souvent de ce que les 
premiers exercices syntactiques ne sont pas gradués ; on devrait 
commencer par traduire des phrases simples, puis des phrases 
renfermant plusieurs propositions. L'élève s'habituerait ainsi 
peu à peu aux difficultés de la construction latine ou grecque. 

M. Wagener croit, comme M. Vanderkindere, que la traduc- 
tion de l'allemand en français est très utile, et que l'étude 
des langues modernes pourrait rendre dans les classes pro- 
fessionnelles un service analogue, quoique moins efficace, que 
celui que le latin et le grec rendent dans les humanités. 

M. Yserentant fait remarquer que, l'année dernière, le gou- 
vernement a ouvert un concours, prenant fin le l r mai 1884, 
pour la composition d un ouvrage destiné à obtenir les résultats 
qu'a en vue M. Wagener. 

Tous les orateurs partagent les idées de M. Wagener. M. Del- 
bœuf demande une conclusion. M. Wagener n'a pas encore 
rédigé de conclusion définitive; il peut cependant formuler 
provisoirement sa pensée en ces termes : « les professeurs doivent 
s'efforcer d'obtenir de leurs élèves des traductions, qui tout en 
serrant le texte ancien de très près, restent conformes au génie 
de la langue française. » 

M. Delbœuf se rallie à cette proposition; pour lui le texte 
grec ou latin ne fait que donner des idées à l'élève, et celui-ci 




160 SOC. POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES PHILOLOG. ET HISTOR. 



doit chercher la meilleure manière de le rendre en français. 
Après quelques observations de MM. Gantrelle, Gilletet Thomas, 
M. le Président estime qu'il serait plus prudent de remettre 
à la prochaine séance la rédaction d'une formule définitive et 
il invite M. Wagener à présenter ses conclusions à la réunion 
de la Toussaint. 

M. Delbœuf lit un travail sur la versification latine, grecque 
et française. 11 sera publié dans la Revue. 

La séance est levée à 5 heures. 



A PROPOS D'UNE NOUVELLE ÉDITION DE LA 
MOSTELLARIA DE PLAUTE. 



Sous le titre A'Analecta Plautina, nous avons publié dans la 
Revue de l'Instruction publique, tome XIX (1876), p. 259-262, 
trois conjectures sur des comédies de Plaute : deux sur les Mé 
nechmes et une sur la Mostellaria (au v. 432, lire domum au lieu 
de modo). 

M. Aug. 0. Fr. Lorenz, chargé du rapport annuel sur Plaute 
pour le Jahresbericht ûber die Fortschritte der classischen Al- 
terthumswissenschaft de feu Bursian, a cité dans le 6 e volume 
de ce recueil, p. 80-81, nos deux conjectures sur les Ménechmes. 

Quant à la Mostellaria, qu'il avait éditée en 1866, il disait, 
ibid., p. 94: «Die bevorstehende zweite Auflage der Ausgabe 
des Réf. wird einen genauen kritischen Anhang bringen. » 

La seconde édition de la Mostellaria de M. Lorenz vient de 
paraître, et nous avons constaté avec un certain étonnement 
que ce savant donne comme sienne (p. 219) la conjecture domum 
pour modo. Il ne peut venir à l'idée de personne de suspecter 
la bonne foi d'un philologue aussi éminent, d'un travailleur 
aussi consciencieux que M. Lorenz. Il n'y a là évidemment qu'un 
simple oubli, qu'une pure coïncidence. Aussi, si nous avions le 
bonheur d'être de ces esprits fertiles à qui les emendationes 
palmarès ne coûtent rien, nous ne songerions pas à faire cette 
réclamation : l'insouciance sied bien aux grands seigneurs. 
Mais nous sommes pauvre, très pauvre , et l'on sait que pau- 
peris est numerare pecus. 



P. Thomas. 




OLLA PATELLA. 



161 



OLLA PATELLA. 



(Suite. Voir t. XXVI, p. 385.) 



113 Coxa, die x . Auj. dij, dye, forme contracte de Ta. dam. dieghe ; cp. angl. 
thigh, ail. diech. 
9 Crater, nap (fr. hanap). 
1 Cratis, roester (gril). 
93 Crépite (p. crepide), plur., boelen. 
25 Creta, crit. 

91 Crinale, haerbant (Br. haermoer) *. 
41 Crocus, soffraene (auj. saffraen). 
72 Culex, mugge. 

86 Culcttra, (K. tijcke). Cp. angl. ft'cA, ail. zieche, fr. fate. Auj. f(/A 
est réduit à signifier l'étoffe dont on faisait la chose ; c'est le coutil 
au lieu de la coûte 3 . 

17 Culina, coquina 4 . 

9 Cultrum, coûter. — Auj. kouter, comme fr. coutre, ne s'applique 
plus qu'au cul ter aratri. 
101 Cunei (bancs de théâtre), s. gl. 
65 Cupa, cupe (auj. kuip). 
62 Cuprum, cuper 5 (K. koper). 
109 Cutis, wel (p. vel). 

53 Damma (dama), das (blaireau). Cette mauvaise glose est aussi dans le 
ms. de Bruxelles. 

69 Dentule (sic p. dentale, fer ou herse de charrue), scair (K. schaere). 
107 Dyapragma (diaphragma), s. gl. — Ane. flam. medref ^(auj. middelrif) , 

angl. midriff. Le ms. Brux. glose lijse = K. liese, lijst. 
81 Diamas 6 , lapis. 
13 Dolium, wijnvat. 

6 Doma, verst (=all. first). Il est admis aujourd'hui par la science que 
.c'est le germanique first, et non pas lat. fastigium, qui a produit le 
fr. faite (voy. mon Dict. d'étym. franç.\ 
16 Domicilium, parva domus. — Notre gl. ne répond pas aux mots voi- 
sins, qui tous indiquent quelque partie d'un bâtiment ; elle parle en 



1 G. enie. 

» G., contrairement au ms., attribue cette glose à tyara qui suit. 

3 Ce vieux mot fr. coûte (qui nous est resté dans courte-pointe p. coûte 

pointe) est = lat. culcita. 

4 G. coc. 

5 G. coper. 

6 G. diamans. 




162 



OLLA PATELLA. 



faveur d'un thème domicillum, que je proposais aussi dans OP. en 
l'expliquant comme dim. de doma, toit. Le vers où le mot se trouve 
est trop long dans tous les mss.; il y a peut-être testudo de trop, qui 
pourrait s'être introduit à titre de glose pour domicillum. On scande- 
rait alors ainsi : Complûvïum dnmïeillum stïllïcîdâ zeta. 

83 Effrons, sine fronde 1 (1. sine fronte). 
41 Elleborus, arbor (sic !). 

108 Epar (hepar), lever. 

106 Epiglottm (t7riy/û>TW«. luette), maghe. Gl. fausse; il fallait strot-lap. 
60 Eroastula (atelier, aussi prison), vangenisse. 

48 Eruca, rupsen*. Cette gl. convient pour eruca chenille, mais ici il est 
question de végétaux, donc de eruca, roquette, flam. rokette, rakette 
(K.), ail. rauke. 

71 Erudo, sualve. L'auteur avait en vue non pas hirundo, mais hirudo 

(sangsue) ». 
62 Es (aes), coper. 

35 Esculus, mispel. 

55 Espriolu8 (ms. epiolus) foreet (auj. fret, fr. furet). Le vrai sens du 
mal latin est écureuil. 

84 Euntjcus, vere custodia. — Quid? Y aurait-il dans vere le simple 

commencement d'un mot resté inachevé et faudrait-il lire vere- 
cundiae custodia, gardien de la pudeur ? 
82 Eurtjs, oest. 

85 Eilex, sine lege (hors la loi, banni). 
15 Far, cor en. 

111 Fémur, idem q. coxa. 
45 Feniculus 4 , venkel. 

18 Ferina, joesttnge 5 . Il s'agit de venaison (cp. a. fr. sauvegine), mais 
que faire du flamand? L'a. fr. jouster, en néerland. joesten, aurait-il 
jamais pris l'acception chasser? 
108 Fibre, plur., adren. 

91 Fibula, idem q. ftmbria. Glose inexacte, car fibula est une boucle ou 
agrafe (ou, comme dit la glose de L., affiquet, agrape). 

36 Ficulnea, wigheboem (sic; w p. v, comme plusieurs fois). 
43 Filix, varen. 

91 Fimbria, scelle. Je ne connais le mot scelle qu'avec les sens « pelure, 



1 G. lit suffrendens. 

* G. rupser. 

3 A son tour, G. (note 170) y voit eruca, chenille, en alléguant le Gloss. 
rom.-lat.de Gachet,p. 13: Erudo, eruca, chanille. La vérité est que le glos- 
saire de Lille donne séparément eruca, chanille, et eruca, eschalongne (éd. 
Gachet, p. 13 et 18, éd. Scheler, p. 30 et 42), et qu'erudo n'y est pas nommé. 

4 G. Feniclis. 

* G. Ferma, joestinere. 




OLLA PATELLA. 



163 



écaille, sonnette », dont aucun ne convient ici; fimbria (d'où, par 
frimbia, s'est fait le fr. frange) n'a jamais signifié que bordure, ourlet 
ou quelque chose d'analogue. Je crois que scelle doit être considéré 
comme une glose supplémentaire du mot précédent, qui est nola 
(sonnette). 
63 Fimus, mes (=mest). 

12 Fiscina, kasevat (panier à faire le fromage). 
66 Fistula, pipe. 

3 Folliculus, blaesbalch. 

48 Fongus (tungus), compernoel (sic). 

2 Forceps, scare. Le sens exact est tenaille, pincette, fl. tanghe; scare 

traduit forfex. 
26 Forica (foret), spiherbore (K. spijker-boor, terebra). 

4 Fornax, fornays. 

95 Framba, gladius (Diction, tetraglotton : pijl, pieke oft javelijne). 
103 Frons, woerhoeft (w p. v). — Cp. angl. forhead. 
106 Frumbn, s. gl. ». 

73 Fucus (mouche à miel), s. gl. 

56 Fulvus (= fr. fauve), bleec (glose inexacte). 

13 Fundum, gront. Il s'agit du fond d'un tonneau. 
46 Furfur (= son), gruus (K. grufjs). 

15 Furca, vorke. 

1 et 12 Fuscina, crouwel (v. 12 crauwel, auj. krauwel). Au v. 1 il s'agit du 
crochet à viande (a. fr. gravet à char, moy. lat. creagra) ; au v. 12, 
du crochet à prendre le poisson. 
41 Galanga, galigan *. Ail. galgant. Voy. sur ces mots mon OP. et Littré 
\°galanga. — Je trouve galigan dans le Parthonopeus (éd. Bormans), 



29 Galla 3 , lest (auj. leest, ail. leisten, forme de cordonnier). Cette inter- 
prétation de galla est probablement erronée, voy. mon OP. 

58 Gelima idem q. merges. Voy. sur gelima, OP., p. 32. 

98 Genualia (= genouillières), ridehosen (propr. bottes ou guêtres 
pour monter à cheval). 

22 Gesa (gaesum), giserne (a. fr. guisarme). 
40 Gingiber (zingiber), gingeber (auj. gember). 
28 Girgillum, garvinde 4 (= gaeren-winde). 

23 et 76. Glabra, scedel 5 . Les deux fois que le mot glàbra apparaît (la 

première fois entre les mots lens et pedones, la seconde associé à 



1 La gl. larynx, introduite ici par G., n'est pas dans le ms. 

* G. galliga. 

• G. lit les deux premiers mots du vers gallasis (non pas galassis, comme 
j'ai dit pl. h., en note du v. 29). 

4 G. garinde. 

« G. lit au v° 76 soedel. 



v. 971. 




104 



OLLA PATELLA. 



purigo et lepra), il paraît s'appliquer au sens calvitie ou teigne; les 
deux fois, cependant, il est glosé par scedel, qui ne convient qu'à 
l'acception « raie des cheveux » (K. schijdel : discrimen capillorum, 
vertex capitis). 
56 Glaucus, bleec (propr. pâle). 

44 Glis, rat. Mauvaise glose, car il s'agit en ce passage de végétaux et 
par conséquent de glis, gén. glitis, bardane, flam. lappe; aussi le ms. 
de Br. glose-t-il par lappe. 

80 Glis, ratte. — Nous avons à faire ici au lat. glis, gén. gliris, qui a 

donné le fr. loir. 
37 Gobio (= goujon), wovie 1 (auj. govie). 
87 Grabatum, lectus infirmi f . 

81 Graoates (L. gargotes; la forme normale est gagates, d'où fr. jayet), 

garnate. Le glossateur confond maladroitement avec granatus. 
66 Grex, cudde. 

79 Grus, crâne 3 . 

71 Gurgulio (curculio), vermis. — C'est le charançon. 
106 Guttur, storte (métathèse de strot). — Cp. it. strozza. 
96 Habena, togel (auj. teugel). 

80 Hericius (fr. hérisson), egel. 
33 Herodius, valke. 

53 Hinnulus, hinde (biche). Br. glose de même, mais le vrai sens de 

hinnulus est faon de cerf. 
49 Hinnula (inula), scalonreie*. Sans doute une mauvaise lecture ou une 

forme hasardée p. scalonie, = a. fr. escalogne, auj. èchalotte. 
99 Histrio, speleman. 
9 Honoferum (voy. OP. s. onophorum), wijnnap. 

54 Ydrus (hydrus), slange. 

10 Illa (hilla), slabraede (K. slachbraedé, Fris., Sicamb., auj. beulinck, 
boudin). Un vocabulaire latin-saxon manuscrit (le n° 23 des sources 
de Diefenbach) traduit aussi hilla par slach-brade. C'est, à mon avis, 
une composition analogue à Vall. mod. schlack-wurst (saucisson, 
andouille) ; le thème brade est = ail. brat, bràt, pulpe, chair. 

93 Impedium, conterfoert (fr. contrefort, en termes de cordon?ierie, pièce 
de cuir dont on renforce le derrière d'une chaussure). Cette glose me 
rassure sur l'origine du mot impedium (in-pedem), mais la trad. 
empiengne de L. est-elle maintenable et notre mot français empeigne 
peut-il se rattacher directement à impedium? Je ne le pense pas. 

24 Inoaustum, int (forme allégée de inkt). Cp. a. fr. enque (auj. encre), 
angl. ink. 



1 G. wome. 

* G. lectum infimum. 

3 G. cracie. 

4 G. scalgerie. 




OLLA PATELLA. 



165 



85 Infronitus (infrunitus), stultus. Dans les bas temps, le mot avait la 
valeur de impudent, impudique; aussi le trouvons-nous remplacé 
dans L. par effrenicus (dér. de effrenus). 
111 Inguen, ghemachte (Br. gemecht). — Ail. gemâchte. 

103 Intercilium (entredeux des- sourcils), winbrawe. Cette gl. n'est appli- 

cable qu'à supercilium. 
77 Intercus (= goutte), morbus. 

107 Intestina, vodeghe (?) l . Je ne sais que faire de ce mot. 
97 Involucrum (trousse du cavalier), s. gl. 

60 Ypogeum (u7royaiov), hagedocht (K. haeghedocht, hypogeum, locus sub- 
terraneus). Dans V. on lit : « apogeum (sic) dicitur aedificium sub 
terra, quod antrum vel spelunca dicitur •> . — Quelle est l'étymologie 
de hagedocht ? Ne serait-ce pas un vocable de fantaisie inspiré par 
aquaeductus? 2 . 

74 Jaculus, serpens 3 . 
51 Janitor, dorewerder. 

57 Juga, ioc. Il faut rejeter cet article ; juga est au bout de la ligne et le 
scribe n'avait plus place pour parfaire le mot jugalis, qu'ont les autres 
textes et que réclame absolument le mètre. 11 s'agit du limonnier. 

57 Jugalis, voy. l'art, préc. 

36 Juniperus, genverboem. 

44 Jusqutamus (hyoscyamus), belsensaet 4 . Dict . tetr. bilsenkruyt. 
106 Labra, lippe. 

75 Lacerta (il s'agit du lézard), serpens. Br. donne la gl. flam. afdisse, 

qui semble être le produit d'une mauvaise lecture p. agdisse (auj. 

haagdis) = ail. eidechse, mot dont l'origine n'est pas encore éclaircie. 
13 Lagena, lagel (= ail. làgel, legel). 
20 Lanista, carnifex. 

104 Lanugo, prima barba 5 . 
1 Lanx, plateel. 

6 Laquear 6 , cor bele. — Cp. Kil. korbeelj mutulus, trabs mutila, fr. 
corbeau. 



1 G. vodekghe, mais le k me semble barré. 

* Cette conjecture se rencontre avec celle de feu David dans le Gloss. 
de Maerlants Rijmbijbel. Il cite à ce sujet De Jager's Verscheidenheden, 
p. 243. 

3 G. place au-dessus des mots jaculus vel succreo la gl. tout à fait énig- 
ma tique: vermis hoc est in vecte de serpente. Pour moi j'ai lu : vermis 
licens (sic) in nocte, serpens. Les mots « vermis lucens in nocte » appar- 
tiennent à noctiluca et « serpens » k jaculus. — Sucreo n'a pas de glose. 

4 G. belensaet. 

5 G. parva barba. Le ms. donne p*. 

6 Ms. Liquearia t G. lingaria. 

TOME XXVII. 12 




1G6 



OLLA PATELLA. 



99 Larva (masque), s. gl. 

6 Later, tegel. 

31 Laterna, s. gl. *. 

62 Latillum (= laiton^, spianter (K. peauter, speauter). Sur le mot flam. 

(=r a. fr. peautre, angl. pewter, it. peltvo), voy. Diez, 4 e éd., p. 240. 

Quant au l it. latillum (aussi dans Br.), il est aussi introuvable que 

son primitif lato, d'où fr. laiton (sur l'origine duquel voy. Diez, 

p. 230, et Littré). 
8 Latrina, stille (K. stil, Weijland stilletje). 
23 Lrns * (= fr. lente), net (auj. neet . — Ail. nias. 

101 Lepos, luxuries. Mal défini : le vrai sens est « belle manière », comme 

dit L., ou « douceur de parole », comme s'exprime le Oath. 
76 Lepra, laserie (K. laserye), 
55 Lei'US. hase. 

61 Libripens (au moy. âge = languette de balance), adpendens in lil»ra. 
107 Lien, arsdarme. Sur le mot latin, voy. OP. 
14 Lioo, hac (— haek, ail. hacke). 

90 Lioule, plur., nachtelinge (lisez nastelinge). — K. nestelinck, naste- 
linck, dérivé de nestel, aiguillette, lacet, BL. nastida, it. nastro. 

44 Ligustritm, vliederpoem (sic) 3 . Sur les divers sens donnés au moy. 
âge à ligustritm, voy. OP. Notre gl. indique, comme le Catholicon, 
celui de sehu ou sureau (voy. sambucus). 

61 Lima, vile. 

90 Limbus, soem. 

7 Limen, sille. — K. aussi sulle ; cp. angl. sill, ail. schwelle. Le fr. seuil 

paraît étymologiquement distinct, voy. mon Dict. 
95 Limus, goer vel mes *. Mauvaise gl.; il ne s'agit pas de limus, limon, 

mais d'une forme masc. de lima, que DC. consigne avec la valeur 

o genus gladii ». — La prosodie fait préférer la leçon mucroque lima 

à la nôtre mucro limusque. 
76 Lippitudo, leepheit (K. donne leepigheit) 5 . 

40 Liquirissia (liquiricia), ligrissie 6 . La forme néerl. kalissie-hout et 
notre fr. bruxellois caliche me font presque douter de la rectitude de 



1 G. a lu latrina; un lecteur avant lui avait fait de même, car on trouve, 
d'une main postérieure, la gl. schqtkamer. Toutefois G., omettant celle-ci, 
y a substitué scorpe, qui est celle de pera qui précède. 

2 G. lucens, 

3 G. vliderroen. 

4 G. goer ter mes. 

6 Scandez le vers ainsi et corrigez en le texte en conséquence : Glâbrâ 
purïgfi leprà lïppïtûdoquë c^ragra. Le texte de L. est également fautif 
au point de vue métrique. 

6 G. karissie. 




OLLA PATELLA. 



167 



ma lecture en faveur de celle de M r Gilliodts (karissie); je regrette 
de n'avoir plus le ms. sous la main pour décider en dernier ressort. En 
tout cas ce karissie nous met sur la trace de l'étymologie de kalissie 
et de caliche; il y aurait là tout bonnement le procédé du retranche- 
ment de la syllabe initiale atone et échange des liquides r et l 
(cp. fr. réglisse p. legrisse). On peut encore expliquer le mot par 
une autre voie : karissie a été précédé de klarissie, qui lui-même 
est une forme métathétique de lakrissie; on a de même en ail. klaritz 
p. lakritz. 
99 Liricen, harper. 

61 Ljtargirum (lithargirum), quicselver. C'est là aussi le sens prêté au 
mot latin par d'autres anciens glossaires, mais il y en a aussi qui 
traduisent plus justement par « écume d'argent », fl. goudschuym ; 
quiksilver traduit hydrargirum. 
6 Litrum, regele. Sur litrum, voy. OP. Quant à regele, il doit signifier 
ligne, ici ligne de bord. 

21 Lixa, waterdragher. — L. donne lipa, mot introuvable et. fort douteux. 

23 Lixiva (= fr. lessive), loge. 

87 Lodex (lodix^, vestis. Mauvaise gl., c'est une couverture de lit, un 

covertoir, comme traduit L. 
43 Lolium (= ivraie), zeec. Cette gl. est bizarre, car zeec c'est urine; 

elle provient de ce que le glossateur a lu lotium au lieu de lolium. 
94 Lorica, halsberch. 
23 Lotrix, wastrigge (lavandière). 
31 LtJCERNA, lanterne. 
55 LuTRA, otter. 
5 Maceries, longus paries. — C'est l'a. fr. maisière. 
79 Magus (magicien, jongleur), s. gl. 
105 Mal a (mâchoire), kinbacke. 

40 Malum, prume garnate. Cp. K. pruym-kerse, malum armeniacum. 

70 Malus, mast. 

50 Mango, custos equorum. 

58 Maniplus, tantum segetis quantum 1 manum imple[re] possit. 

19 Mannus, teldende paart. — K. telle, telde, equus tolutarius ; ail. zelter. 

99 Mantica, maie (auj. mael). 

10 Mappa, duale (auj. dwael). Cp. fr. touaille, angl. towel, ail. zwehle. 
14 Marra, spade. 
26 Martellus, hamer. 
108 Matrix, in quo infans consipitur (sic). 
38 Megarus, makereel. — Le lat. megarus est omis dans DC. et Dief. 
53 Melotus, idem q. das. Il s'agit du blaireau, voy. OP. 



1 G. tam segetis quam. 




168 



OLLA P A TELL A. 



32 Membrana (pellicule de l'œuf), 't fel van den ey l . — C'est par étour- 

derie que dans OP., j'ai traduit le mot par parchemin ; je n'avais pas 

eu soin d'examiner l'entourage. 
10 Mens a, ta fie. 
58 Meeges, maniplus. 

79 Mergus, dakhere {auj. duiker). 

78 Merops, weduale (K. wede-wael, galgalus, oriolus, avis flavo colore) f . 
— Le ms. de Br. traduit, comme on le fait généralement, par specht 
(pic-vert). Au lieu de merops, L. donne mondes (mot inconnu) avec 
la gl. « quaedam avis ». Dans leDict. tetr. weduwael est la traduction 
de galbula. 
22 Missile, gaveloot (fr. javelot). 
106 Molaris (dent molaire), dens. 

37 Morinus, scelmsch vel cabeliau. Ne trouvant aucun appui pour le mot 
morinus (voy. OP.), je crois définitivement que la bonne leçon est 
moruus, forme masc. de morua, morhua, mot bas-lat. bien constaté 
à côté de molua . 

95 Mucro (propr. pointe), gladius. — L. espée. 

12 Mulcitrum, melcvat (vase à traire). — Mulcitrum est un mot mal fait 
(le radical étant mulg) p. mulctrum, et fait d'ailleurs double emploi 
avec multrale du v. 47. Aussi faut-il préférer la gl. deL.: fiscina 
multricis. 

47 Mulsum, molken. 

47 MuLTRA (p. mulctra), melchamer (sic p. melckamer, auj. melhemmer). 

Au mot suiv. la gl. orthographie melc-ijmer qui est = ail. melkeimer. 
47 Multrale, melcymer (voy. l'art, préc.). 
52 Mulus, muel (auj. muyl). 
37 Murena (muraena), lampreide (K. lampreye). 

80 Murilegus, cater 9 . 

84 Murvo, stultus dominorum 4 . — L. donne morvo sans glose. Ni morvo, 

ni murvo ne sont connus ; notre glose m'indique qu'il faut y substituer 
morio (fou, surtout fou de cour), qui est déjà dans Pline et qui vient 
de /xwjDo's (je le trouve aussi Lex. 124). 
80 Mus, muus s . 

33 Muscar, mascet (1. moscet). Il s'agit de l'émouchet (K. moschet, 

muschet, nisus). Je ne trouve nulle part le latin muscar. 

85 Nanus, naen (fr. nain). 



1 G. tfesvadenei. 

* Voy. sur les formes et acceptions de ce mot, l'Idioticon de Schuere- 
mans, v° weduwaal. 
9 G. cat. 

4 G. a omis dominorum. 
1 G. muis. 




OLLA PATELLA. 



169 



44 Nasturcium, keirse (cresson) . — Le rhythme du vers démontre que 
l'auteur du texte prononçait nastucium; ce mot est, comme on sait, 
le type du fr. wallon mastouche (capucine). 
109 Natbs, arsbillen. 
70 Naulum, verscat (K. vaer-schat). 
40 Nectar, clareit (fr. clairet, angl. claret). 

52 Nefrendus, barech (K. barch, bargh, bergh, maialis, porcus exsectus 
sive castratus). La gl. ne répond pas au vrai sens du latiu, qui est 
cochon de lait. Cp. Lex. 131, nefrendes, petis purceus. 

75 Nepa, vipra (1. vipera; . Au sens premier de scorpion avait succédé 
en bas -latin celui de vipère. 

33 Nisus, sperwer. 

75 Noctiltjca, vermis licens (1. lucens) in nocte *. 

91 Nola, belle. 

82 Notus, suut (midi). 

85 Notus (nothus), bastaert. 

35 Nux, noet. 

103 Occiput, woerhoeft (w p. v). Cette gl. revient à sinciput qui précède. 
93 Ocre a, hosen. 
100 Oda, cantus. 

72 Oestrum, orsele (auj. horzele). 

1 Olla, pot. 
79 Olor, svane. 
21 Opilio, scaper. 
65 Orca, idem q. urceus. 

35 Ornus, harchre? har élire* * Je ne sais me rendre compte de la glose; 

elle paraît mal écrite. Serait-ce haveresch (frêne ou cormier sauvage)? 
105 Os, mont. 
63 Ovile, domus ovium. 
15 Palea, idem q. acus (flam. caf). 
88 Palla, mantel. 

68 Palmes, wijnstoc. Cette glose est celle de cippus qui suit; c'est à 
palmes que convient celle de wijngartranke donnée à phalanga, le 
dernier mot de l'hexamètre. 
105 Palpebra, oghebrawe. 

68 Panpinus, wijngaertblat 3 . 

46 Panicius, pistor. Erreur, il s'agit ici dupante (millet). 
28 Panus, priem. Cette gl. semble fautive; panus est peloton de laine et 
priem est poinçon. Cependant voy. OP. 



1 Pour la leçon de G., voy. à l'art, jaculus. 
9 G. harelere. 

8 Les gl. sont mal distribuées par G.; ainsi il divise wijngaertblat sur 
les deux mots panpinus (wijngaert) et uva (blat). Voy. botrys et palmes. 




170 



OLLA PATELLA. 



73 Papilio, botervlieghe. 

94 Pabma, scilt. 

59 Pasta, deec (auj. deeg y . 

48 Pastinaca (= fr. panais), pastemake (auj. pastenaek, pinsternaek). 

1 Patella (dim. de patera), panne. 

2 Patera, nap (coupe à boire, = fr. hanap, it. nappo). 
79 Pavo, paeu (auj. pauw). 

23 Pecten, cam. 

51 Pedissequa, camerire (fr. chambrière). 

23 Pedones, plur., putredo 1 pedum. — Glose fautive ; pedo, -onis est 

une forme dérivative de pedis, pou (flam. luis). 
66 Pedum, episcopi baculus ». Ici la houlette du berger. 
2 Pelvis, becken. 

8 Pends, kelnare G. a lu promis et dit en note « pour promus « , qui 
en effet, répond mieux à la traduction, mais le mot du texte ne se 
laisse guère lire autrement que penus, qui est aussi la leçon de Lille 
et de Bruxelles ; d'ailleurs promus est donné au v. 20. Une première, 
main avait mis nettement penus, puis une deuxième main a mis 
p'enus en ponctuant le e devant n, ce qui fait encore penus. Or penus 
signifie « provision de bouche ». Le texte L. glose celier. 

89 Péplum, hoeftcleet. 

31 Pera, scorpe. — Dans L.,pera est glosé par fr. malette, ailleurs par 
esquerpe, laisse; je suppose donc qu'il faut lire scarpe ou scerpe 
p. scorpe. On trouve en effet seerpe dans un glossaire cité par Graff. 
On sait que fr. écharpe signifiait d'abord la poche du pèlerin. 

38 Perça, bars. 

61 Periculum (ici = essai, épreuve), verkes (quid?). 

90 Perizoma (= ceinture, tablier), vestis. 

31 Pero, scarpe. La gl. est bonne pour pera, mais pero est une sorte de 
chaussure (le Dict. tetr. dit : « boerenschoen van raw leder ge- 
maekt »). Ou avons-nous à faire au primitif de fr. escarpin? 

92 Perpedium 3 , voerveet (1. voervoetî). Comme le sens est « avant-pied » 
et que Dief. donne propedium avec la trad. voz-fuss, il faut prob. 
corriger perpedium par propedium. Voy. aussi OP. v° perpidum. 

35 Persicus, persicboem. 
7 Pessula (L. pesstdla), clinke. — Même mot que angl. click, fr. cliché 
(à Bruxelles), dim. cliquet, à Bruxelles clichette. La forme classique 
pessùlus a donné a. fr. pesle, d'où n. fr. pesne, pêne. 

18 Petaso, bake (a. fr. bacon). 

42 Petrocelinum, petercel (auj. peterselie). 



1 G. putrido. 
a G. bâcler s. 
3 G. propedium. 



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OLLA PATELLA. 



171 



84 Petulcus, luxuriosus. 

68 Phalanga (= perche, échalas), wijngaertranke (gl. mal placée, voy. 
pl. h. palmes). 

96 Phalera, koker K Erreur ; le glossateur confond avec pharetra. 
22 Pharetra, koker. 

30 Phaselus, navis (ici = barque de pêcheur). 
78 Philomena, nachtegale. 

25 Philtrum, vilt. Malgré son apparence, notre mot latin est de pure 

race germanique, voy. mon Dict. v° feutre. 
57 Pilentdm, currus 2 . 
89 Pilleus (pileus), hoet. 
20 Pincerna, scinhere (K. schenk, schenker). 
5 Pinnacula (= pinnacle), pinappele. — Cette gl. est l'effet d'une 
étourderie, car elle s'applique à « nux pînea ». 
59 Pinsa (= huche à pétrir), troch. 
42 Piper, peper. 

31 Pira (pyra), ignis. Le sens antique de pyra est bûcher. 

45 Piretdm (pyrethrum), radix. — Il est intéressant de rappeler ici que 

ce type latin piretrum, par l'intermédiaire de piretranum, a fait 
donner au pyrèthre, chez les Allemands, la dénomination vulgaire 
de bertram. 

105 Pirula, noesegate. Voy. pour les expressions françaises, OP. 
17 Pisa, plur., herweten. — Auj. envet, errèt, ert. — Par les inter- 
médiaires araweiz (anc. haut ail.), erweiss, erbeiss, erbiss, s'est 
produit le mot ail. actuel erbs, erbse. On fait remonter le mot 
jusqu'au gr. èpkfiitâos (pois chiche). 

46 Placenta, vlade. 

24 Planula, linea. — Gl. inexacte; planula (dim. de plana, rabot) 

désigne un grattoir ou polissoir. La faute est aussi dans L. où l'on 
trouve la glose rieulet (réglette). 
27 Plastrum, plaester. 

36 Platantjs, plarieboem. — Platânus s'est régulièrement francisé par 
plane, de là le fl. plaenboem. D'autre part, quelque forme attérée 
platarus a donné, sur le sol germanique, placier, d'où pladerboem 
Cap. Plantin); une forme dérivative pladerie, contracté en plarie, a 
motivé notre plarieboem. 

25 Pluteum, scrifbert (planche à écrire). 
110 Podex, culus 3 . 

12 Popina, kokene (auj. keuken). 
(La .fin 'prochainement.) Aug. Scheler. 



1 G. , à tort, place kokervlieder, au-dessus de sanbuce, et au-dessus de 
phalera il met steggreep, qui appartient à strepa. 
* G. carrus. 
9 G. oculus. 




172 



COMPTES EENDUS 



COMPTES RENDUS 



Bloemlezing uit Nederlandsche dichters van Hooft tôt 
op onze dagen, bijeengebracht en van biographische en 
taalkundige aanteekeningen voorzien, door Pol. De Mont, 
leeraar van Nederl. taal aan Y athenœum van Antwerpen. 
Gent, Ad. Hoste, 1883. VIII, 352, kl. in-8°, 3 fr. 

La première chose qu'on se demande à l'apparition d'une 
nouvelle chrestomathie , c'est la raison d'être du livre. N'y a-t-il 
pas déjà un nombre suffisant d'anthologies? M. De Mont justifie 
son livre de la façon suivante : il croit que les ouvrages inscrits 
au programme pour le cours de Néerlandais de la 2 me et de 
la V e classe de nos athénées, sont ou insuffisants ou trop mo- 
notones (préf. VI). Son choix doit donc parer aux deux incon- 
vénients signalés par lui ; il doit aussi donner aux élèves une 
image à peu près complète de la littérature des trois derniers 
siècles. L'ouvrage renferme en outre, ce qui est chose neuve 
dans nos chrestomathies classiques Néerlandaises, — des notices 
biographiques et des notes philologiques. (L'auteur a voulu 
dire : linguistiques). 

Ce plan montre que dans la pensée de l'auteur, « son livre 
ne vient pas remplacer, mais compléter les livres de lecture 
existants » (préf. VI). 

Nous nous proposons d'examiner ici si l'auteur a atteint son 
but, et si ses innovations sont heureuses. 

Et d'abord, nous croyons que l'élève n'emportera du livre 
qu'une idée bien mesquine de la littérature des trois derniers 
siècles. Il n'y trouve que quatre auteurs antérieurs au 19 e 
siècle : Hooft, Vondel, Luyken pour le 17 e , Poot pour le 18*; 
36 et 4 pages, soit 40 contre 307 ou environ '/s du livre. Rien 
ne lui indique l'existence de Van Baerle, Brederoo, les deux 
sœurs Visscher, Cats, Starter, Huyghens, Sevecote, Kamphuy- 
zen, Van der Goes, l'école des poètes biographes (Rotgans, 
Hoogvliet, Van Merken, Feitama, Smits, les deux frères Van 
Haren), Langendijk, Bellamy, Nieuwland, Van Alphen. — Au 




COMPTES BENDUS. 



173 



19 e siècle nous cherchons en vain Helmers, Kinker, Borger, 
Spandaw, Staring, W. Geysbeek, Loots, Potgieter, Beets, Ten 
Kate , Van Kyswyck ; — mais par contre nous y trouvons , outre 
plusieurs médiocrités contemporaines, M. De Mont lui-même, 
qui s'octroie 10 pages, c'est-à-dire la 34 me partie du livre sur 
34 auteurs cités. 

Nous croyons qu'il y a lieu de supprimer ces auteurs à clas- 
sicité douteuse, sans interdire pour cela à l'élève de les con- 
naître, par exemple par des lectures que ferait le professeur en 
classe; il y a lieu aussi de supprimer les 40 pages que le livre 
a de communes avec la chrestomathie de Van Beers 1 , et qui, 
d'après la préface, font double emploi; il y a lieu encore de 
supprimer certains morceaux, qui sont de moindre valeur, ou 
qui conviennent moins pour les classes (De ring van Polycrates, 
Francesca da Rimini); il y a même lieu, pour quelques auteurs 
principaux, de se borner à une bonne notice biographique : 
car les élèves à qui cette chrestomathie est destinée font déjà 
des lectures à domicile, et ont sous la main les œuvres com- 
plètes ou des ouvrages en nombre suffisant de plusieurs de ces 
auteurs (Vondel, Bilderdijk, Tollens, Ledeganck). Le livre ainsi 
modifié pourrait sans augmentation de volume , citer un nombre 
d'écrivains plus considérable, surtout du 17 e et du 18 e siècles, 
de ceux notamment qui arrivent moins souvent ou plus difficile- 
ment sous les yeux des élèves, — et présenter un choix que 
l'auteur aurait le droit d'appeler une image à peu prés complète 
de la littérature. 

Nous avons aussi des critiques à formuler au sujet des notes 
biographiques et linguistiques. 

La rédaction en est généralement négligée. Nous avons 
remarqué les incorrections suivantes : p. VII eenen blik slaan 
in beteekenis en wording der woorden van . . . pour in de betee- 
kenis en de wording; — p. 2 tôt het sterrenbeeld de Groote 



1 Bilderdijk : het waarachtig goed ; — Tollens : watersnood (Van Beers 
donne le double); — de Noord Amerikaansche jager; — Ledeganck: de 
boekweit; — aan Brugge (V. B. donne toute la trilogie); Loveling : de 
gouden bruiloft; — Vondel : Rei uit Gijsbrecht; — Luiken : buitenleven; 
Poot : vroolijk leven; puis Van Dut/se, de Génestet, Vondel (Lucifer). — 
Si M. de Mont jugeait ces morceaux nécessaires à une image à peu près 
complète de la littérature , il pouvait renvoyer au Leesboek de Van Beers. 




174 



COMPTES BENDUS. 



Hond pour den Orooten Hond; — p. 5 et 50 het gedacht pour 
de gedachte; — p. 51 et 72 un verbe au singulier avec un 
sujet au pluriel ; — p. 2S8 het mom pour de mom; — p. 290 te 
weik (?) pour te weehe (le texte de Vondel porte te weike ; le 
P. Allard écrit dans son édition te werke, et met en note qu il 
faut lire ainsi au lieu de iceike; M. De Mont écrit aussi te werk 
dans son texte, et donne comme note : on peut lire aussi te 
weik) ; — il y a ensuite à constater l'emploi abusif du mot eigenlijk 
(= en réalité, au propre), pp. 27, 28, 29, 51, 55, 56, 67 : af- 
grond, poel sont en réalité (!) du masculin ; — kind semble être 
en réalité un vieux partie, passé. Un bon point à kind donc, qui 
ne veut pas sembler être ce qu'en réalité il n'est pas ; ou bien 
M. de Mont croit-il que la valeur de ses affirmations est pro- 
portionnelle à la façon catégorique dont il les exprime? Nous 
nous demandons de même le sens de oorspronkelijk dans: Jan 
Luiken, geboren te Amsterdam in 1649, was oorspronkelijk 
bestemd om de schilderkunst aan te leeren. 

Des expressions impropres, des constructions forcées se 
trouvent p. 1 (Zijne dichtwerken, bezorgd door — 1858-59, 
beslaan 16 dln, laisse croire que Bilderdijk n'a rien publié de 
son vivant), p. 25 (beteekenis die het woord alleen behouden 
heeft pour eenige beteekenis die, etc., — est la traduction de : 
signification que ce mot a seule conservée), p. 28 (Kust = rib ; 
overdrachtelijk = zeestrand. Nog de namen van andere deelen 
des lichaams kregen zoo (?) eene nieuwe (?) beteekenis), p. 31 

(Kroost = 1 2 traits du visage ; 3 cette idée étant appliquée 

aux enfants (?), le mot prit le sens enfants), p. 62 (dochter 
se rattache à la racine duh = traire; — le mot melk dérive 
d'une autre racine, comme ce mot lui-même et ses analogues 
dans d'autres langues le montrent! Cela est tout bonnement 
une lapalissade), p. 159 (stomrne e est une traduction du fran- 
çais, au lieu de doffee), p. 238 (J. P. Vuylsteke promoveerde 
als advocaat aan de Hoogeschool van Gent, waar hij op 10 nov. 
1836 het levenslicht had aanschouwd : il est donc né sous le 
toit de l'Université gantoise?), p. 283 (de schitterendste man- 

nen : Vondel, Huygens, Anna Roemers, Maria Tesselschade , 

Vossius, van Baerle, enz.) , p. 329 (.... ter zijde gelaten, kan 
men, wat den .... moord op graaf Floris gepleegd, betreft, het 

volgende construction embrouillée. — Het slot, in welks 

nabijheid Floris leefde , — comme un bûcheron ? ou comme 




COMPTES RENDUS. 



175 



Nabuchodonosor dans les bois ? — Que signifie sur la même 
page : wat er van weze, quoi qu'il en soit, de l'adultère ou 
du meurtre? Et pourquoi alors, toujours sur la même page, 
considérer le meurtre comme un fait certain, et qualifier l'adul- 
tère d'erreur historique?). 

Pourquoi ces excentricités orthographiques de Thorhout pour 
Thourout et de Hiob pour Job, Noami ou Noémi (malgré le 
D r Nolet de Brauwere van Steeland)? Dans nos pays l'ortho- 
graphe de la Vulgate est traditionnelle pour les noms bibliques. 

Les notices biographiques seront de peu d'utilité. Les élèves 
y apprennent quand et où le poète dont ils ont le nom devant 
eux, naquit et mourut, s'il était riche ou pauvre, quelle pro- 
fession il exerçait, comment s'appellent ses ouvrages. De la 
valeur de ses livres, des tendances de l'auteur, de sa place dans 
la littérature, pas un mot. Nous pouvons cependant signaler des 
semblants d'exceptions pour Tollens, Messchert Da Costa, Van 
Duyse, Hofdijk, de Génestet, les sœurs Loveling, 8 auteurs sur 
les 34. Dans la biographie de Bilderdijk rien ne nous le signale 
comme poète lyrique, quoique ce soit comme tel qu'il a le plus 
de mérites. La biographie de Vondel ne nous dit rien de l'édu- 
cation de ce self-made poet; l'énumération de ses ouvrages pré- 
sente trop de lacunes. Le travail sur lequel la préface appelle 
l'attention du lecteur, comme étant une analyse du Lucifer, 
n'est qu'un résumé incolore. 

Les deux seules fois qu'il se hasarde à apprécier une œuvre 
(Huwelijkstrouw, p. 320; Fragment uit Floris V, p. 329), M. de 
Mont n'a pas la chance d'être d accord avec Jonckbloet, ni même 
avec Witsen Geysbeek. cfr. Jonckbloet II, 104 et 123. 

Quant aux notes linguistiques, tant celles qu'il a collectionnées 
dans les travaux d'autrui que les siennes propres (préf . VII) , 
elles fourmillent d'erreurs. L'auteur connaît de la linguistique 
ce que peut en deviner quiconque a étudié une ou plusieurs lan- 
gues étrangères, mais il semble ne pas se douter de l'existence 
d'une science linguistique. Quelques-unes de ces notes sont 
dignes de Becanus. Viennent-elles de M. De Mont? Les autres, 
d'où qu'elles viennent, sont erronées in se ou le sont devenues 
par les progrès de la science. A M. De Mont de les contrôler, et 
tout au moins de les comprendre, ce qui n'est pas toujours le 
cas. 

Nous tâcherons de signaler toutes les inexactitudes, pour les 
rectifier, puisqu'elles sont systématiques. 




176 



COMPTES RENDUS. 



Remarquons d'abord l'abus de termes qui seraient mieux à 
leur place dans une « Théorie de Probabilités » , tels que : sem- 
bler, probablement, peut-être, devrait être. 

p. 9. Le texte dit : Dieu qui prévoit tous les besoins. La 
note veut qu'on lise : Dieu qui pourvoit à tous les besoins. 
Pourquoi ? 

p. 12. « Slinger est du mase. » Pourquoi encore cette note? 
— D'un autre côté p. 27 muizenval qui est du fém. et que 
Bild. emploie au masc, n'a pas de note pour le constater. 

p. 16. « Haar baan=hunnebaan. » L'explication donnée n'en 
est pas une, et l'affirmation que haar = leur ne se trouve que 
chez des auteurs Hollandais est toute gratuite. Comme les adj. 
poss. ne sont que les génit. des pron. pers. correspondants, il 
importait ici de donner la déclinaison primitive du pron. pers. 
3 p. pl. n. zij, g. haar, d. hun ou hen, a. ze (cfr. Allem. sie, ihr, 
ihnen, sie). — Par analogie avec la l re et 2 me p. pl. (d. ons, 
g. onzer; d. u, g. uwer), et à cause de la ressemblance du g. pl. 
haar avec le f . s., on a de bonne heure formé un gén. hunner du 
datif hun ou hen. Dès la fin du 16 e s. le nouveau gén. hun, huns, 
hunner est d'un usage général concurremment avec haar, haars, 
harer, et à la fin du 18 s. on n'emploie plus guère que celui-là. 
Le possessif a suivi le même sort. Cette substitution a eu pour 
effet qu'on ne sentait plus la valeur du g. pl. haar, et que depuis 
lors, des auteurs, trompés par la ressemblance avec le f . s., le 
considèrent comme une forme fém. Cet emploi toutefois est 
factice et en contradiction avec la syntaxe de toutes les langues 
germaniques modernes qui ne distinguent pas les genres au 
pluriel. De même, toujours par analogie avec les autres pron. 
pers. qui ont tous l'ace, semblable au dat., le dat. hun, hen a 
prêté ses formes à l'ace , mais par un caprice des grammairiens 
hun n'est plus que dat., heu qu'accus. 

p. 17. Wereld. Ce mot signifie au propre temps, aussi âge 
d'homme, dit la note. L'étymologie qu'elle ajoute, prouve cepen- 
dant que le mot ne signifie au propre que : âge d'homme, vie 
humaine. L'auteur avait peut-être besoin de la signification 
abstraite de temps, pour pouvoir dire ensuite : l'idée de temps 
passa à celle d'espace, d'où wereld = monde. Ils étaient très 
philosophes, nos ancêtres. Or, wereld = 1. vie d'homme; 2. ce 
qu'un homme voit pendant sa vie, le monde. 

p. 21 : 1) texte : u aller waan. — note : « d'autres lisent : uw 




COMPTES RENDUS. 



177 



aller waan. Ainsi David. Les deux leçons se justifient. — Or, 
Da Costa aussi lit uw aller, et cette leçon seule peut se justifier, 
puisqu'il faut ici le gén. pl. du pron. pers. ou l'adj. poss. qui 
sont l'un et l'autre me. 

p. 21 : 2) reproduit une note de Bilderdijk. Au lieu d'ajouter 
que Bhogovotgita = chant divin, M. De Mont aurait dû plutôt 
dire que les sanscritistes transcrivent d'ordinaire Bhagavan 
et Bhagavadgïta ; que ce dernier mot est le titre d'un épisode 
du Mahabharata et signifie chant de Bhagavan, lequel nom = 
bienheureux. 

p. 27 : « onverzoenbaar = qui ne peut être amené auprès d'un 
autre; — zoen — l'action d'approcher. » - Or, zoen, même rac. 
que sanus, est un terme de sacrifice, et signifie réparation. 

p. 32 : « ragen = enlever les toiles d'araignées avec le raagbol 
(houssoir). » — Cette explication est suffisante dans le dict. 
de Van Dale, où on peut voir quelques lignes plus haut ce que 
c'est que raagbol. D'ailleurs, si l'on veut définir des mots ordi- 
naires, où s'arrêtera t-on ? Notre remarque s'applique encore à 
dompig, qui a aussi une note inutile, tandis que ijdel (l'espace, 
le vacuum) mot suranné, peu connu dans le sens qu'il a ici, 
n'est pas expliqué. 

p. 47 : « dwingeland = usurpateur, comme le Lat. tyrannus. » 
Dwingeland signifie ici, comme tyrannus, roi absolu. 

p. 50 : 1) Pour donner l'étymologie de morgen, M. De Mont 
affirme d'abord qu'une forme morgend serait peut-être (!) meil- 
leure, à cause de avond; — puis, comme avond se dit du déclin 
du jour, que morgend devrait donc(!) être le part. prés, d'un 
verbe merran = croître. Le g ne l'embarrasse pas. Il eût été plus 
sûr de dire que l'origine de ces deux mots essentiellement ger- 
maniques est inconnue, que leur histoire ne permet pas de les 
considérer comme des part, prés., que avond signifie plutôt : 
commencement du jour suivant, comme le prouvent Paasch- 
avond, Vastenavond ; Sonnabend, Weïhnachten , que morgen 
signifie probablement au petit jour , si on peut le rapprocher de 
la rac. slave mirk ou mrak = s'obscurcir. 

p. 50 : 2) Les verbes factitifs ou causatifs dérivent, dit M. De 
Mont, de l'imparf. des verbes primitifs. Cela n'est vrai que pour 
les verbes forts des quatre premières conjugaisons (I drinken, 
liggen, II lijden, III zuigen, IV varen) ; les factitifs de verbes de 
la V me conj . se forment du présent (vallen). Ce n'est pas non plus 




178 



COMPTES RENDUS. 



à cause du changement de la voyelle (AtanAvenvisseling et non 
MnAerverandering) qu'ils deviennent faibles, mais parce qu'ils 
sont dérivés. 

p. 51 : « komen, jadis kicemen ; kuemen-koëmen : le w, u, (oe) 
est devenu o. »!! — Le rad. du système du présent dans ce 
verbe est qim, kwim; un 1 er brisement (brechung) de i en e 
est produit par les désinences, d'où kwem ; — un 2 d (facul- 
tatif) de e en o est dû à l'influence de w (cfr. week, woche ; wel, 
wohl). — Or, la rac. germ. est kam, idg. gam, ayant pour initiales, 
non k 1 , g 1 , mais k l , g 4 , c'est-à-dire ces gutturales qui dans les 
langues européennes développent un w après elles, kw, gw, 
et qui dans des développements secondaires peuvent par tout le 
domaine indo-europ. devenir les chuintantes ch et j. Les diph- 
thongues kw, gw peuvent rester intactes, ou perdre la gutturale, 
ou perdre le w: cfr. hond, xû&>v, canis, chien ; - komen (kwemen), 
venio (gvemio); — kwik, vivus (gvivus). 

p. 51 : wijf est mis, dit M. De Mont, pour wijfman = homme 
qui porte un voile. Où a-t-il trouvé cela? — Tous les étymolo- 
gistes sont d'accord pour rattacher ce mot au vha. weibon (se 
remuer, être agité), ni. wijfelen, sans cependant s'entendre sur la 
signification. Pour les uns, qui songent au gothique bivaibjan = 
envelopper, lier, wijf = celle qui se lie, épouse ; — pour les autres, 
qui se rappellent le sanscr. vip = agité par un dieu, prêtre, et 
le sanctum aliquid et providum de Tacite, wijf — un être agité 
par l'enthousiasme de l'inspi raton divine. — Woman {wijfman) 
est un composé pléonastique comme il y en a beaucoup dans les 
langues germaniques (cfr. vrouwmensch, tortelduif, muilezel). 

p. 52 : 1) « Dans le Reinaert varen se présente avec le sens de 
tomber. » — Dans quels passages? 

3) Maar n'est pas meer, comme le Franç. mais — magis; — 
maar = ne ware, ail. nur=si ce n'était; — que aber dérive de ab 
est tout au plus chose probable; — que sed. dérive du préf. se, 
est inexact; ils sont l'un et l'autre l'abl. dupron. réfl. sui, sibi, 
se, et signifient donc par soi, en soi, à part, sauf. 

p. 53. L'explication de sier n'en est pas une. Sier et fr. chère 
se rattachent à cera (cire) = moule en cire, portrait. Donc sier et 
chère = visage ; — goede sier maken , faire bonne chère = faire 
bonne mine à quelqu'un, bien recevoir qqn., etc. 

p. 54 : deze spijs gaadt mij est du westflamand; — gaden 
n'existe pas dans la langue littéraire. 




COMPTES RENDUS. 



179 



p. 54 : 2) « Uur, qui semble se rattacher à wpa et hora, mais 



heure, comme uhr en allem. 

p. 54 : 3) « Léger vtenbkait de liggen, et signifie d'abord gîte 
ou refuge d'animaux ; l'endroit où une armée campe se dit aussi 
léger , mais le mot ne se trouve pas dans ce sens; par métonymie 
enfin, le mot signifie armée. » — D'abord, que signifie le passage 
où il est dit que léger a un sens qu'il n'a pas? — Léger dérive en 
effet de liggen, par l'intermédiaire du rad. de l'imparfait, et 
signifie : 1 . état d'être couché, 2. gîte, 3. camp, 4. armée qui 
campe, 5. armée en général. — La note de M. De Mont est 
empruntée, dit-il, à David, probablement à l'édition de la 
« Ziekte der Geleerden » I, 91. Malheureusement, le 1 er fascicule 
de cet ouvrage est momentanément absent de notre bibliothèque ; 
nous devons nous contenter de douter si nous avons ici une 
reproduction de la rédaction de David. 

p. 55 : 1) Hebben n'a pas deux rad., mais le seul rad. hab qui 
se présente avec umlaut dans le système du présent, sans umlaut 
ailleurs (cfr. ail. nennen, nannte, genannt). La 3 e p. pr. heeft, 
ainsi que les anc. 2 es pers. heves (pr. ind.) et heve (impér.) se rat- 
tachent au doublet hafon. — Hebben et a7rr« n'ont rien de 
commun. 

p. 55. 2) Meisje n'est pas diminutif de meissen, mais les deux 
mots sont l'un et l'autre diminutifs de meid; car le son dj 
devient tantôt la chuintante ch, tantôt la sifflante s (cfr. la 
prononciation de la désinence aadje). - Dans les exemples 
cités par M. De Mont, maagd =meid, zegde=zeide, etc., il n'y 
a pas eu changement de g en i, comme il dit; non, g précédé 
d'une voy. accentuée et suivie d'une voy. non-accentuée, peut 
tomber, et les deux voy. se contracter en la dipht. et : maged, 
meged — me-ed = meid; zegel = ze-el = zeil. 

p. 55 : 4) doen n'est pas le résultat d'une contraction. Son rad. 
est doe, gr. ôs, sanscr. dhâ. Son imp. est le seul vestige qui reste 
dans les langues german. modernes du redoublement : deedoe = 
deede = deed, avec perte complète de la voy. rad. — Les verbes 
gangen et standen ont perdu ng, nd en une fois et pas en deux. 

p. 55 : 5) M. De Mont explique très bien que là où nous trou- 
vons le p.p. au lieu de l'imper., nous avons affaire à un passif 
impersonnel ; — pourquoi alors expliquer : handenuit de mouw 
par : dot de handen uit de mouw gestoken worden, au lieu de dire : 
er worde gestoken, etc. ? 



qui n'en dérive pas 



» — Uur dérive directement du fr. 




180 



COMPTES KENDUS. 



p. 56 : 3) « Strengelen est le fréquentatif de strangen, strengen, 
stringen. » — Duquel des trois? strengelen est le fréquentatif 
de stringen, par l'intermédiaire de l'imp. strang avec umlaut. — 
Que streng (sévère) dérive de stringen n'est qu'une supposition; 

— que ce soit le même mot que stram est inexact. 

p. 57 : 2) Le sens de la rac. d'où dérive le nombre deux est. 
inconnu. Où M. De Mont a-t-il découvert qu'elle signifie sépa- 
ration de V unité? — Le suff. lifàe elfet twaalfue dérive pas de 
lijven = être de reste, - mais est mis pour lich (tich) = lithuan. 
lika (dika) 1 et a substitué une liquide à la dentale de taihun (tien), 
decem, tout comme le pracrit substitue dans les mêmes nombres 
un r au d sanscrit. Donc elf = een— tien, twaalf = twee— tien. 

— Wijle, mnl. wile (et pas wilen), got. hvîla (et pas hwîla), ne 
signifie pas temps, m&is point d'arrêt (cfr. lat. qui-etus). 

p. 57 : 4) winter ne dérive pas de wind : cela est matérielle- 
ment impossible. D'ailleurs les anciennes langues germ. don- 
naient au mot le sens d'année. Xstp»v ne dérive pas de Xé&>, ni 
hiems de vw, mais il viennent tous les deux de la rac. idg. 
ghim = tempête, neige. 

p. 57 : 5) « Uchtend ou ochtend, jadis uchten, de uchte (uhta). 
Le d y a été ajouté plus tard, sans doute par euphonie. » — A 
quoi sert cette note? — Le primitif est en effet ucht, qui tout en 
continuant d'exister, eut aussi la forme allongée uchent, uchend 
(cfr. naato, nakend). La fusion de ucht et uchend donna uchtend. 
Le mot dérive de la rac. uh = brûler (sanscr. ush, Lat. uro, 
aurora). 

p. 58 : 2) « Lucht (air) signifie simplement (!) exhalaison. » — 
Or, il se fait que le sens de la rac. n'est pas toujours fixé, — que 
cependant l'idée d'élévation est commune à beaucoup de mots 
qu'on pourrait en dériver. 

p. 58 : 6) « Bruidloopt se transforma d'abord en bruidloft, et 
alors (!) on laissa tomber le d de bruid. » — Comment M. De 
Mont sait-il laquelle des deux transformations s'est faite la pre- 
mière? — n'y aurait-il pas lieu de songer ici à une assimilation 
de d à l, plutôt qu'à la syncope de d? 

p. 59 : 2) M. De Mont trouve que la forme régulière de bidden, 
liggen, zitten doit être beden, legen f zeten, mais que Ye est devenu 



1 Cfr. wolf mis pour wolch, lith. vilkas, gr. Aûxos. 




COMPTES RENDUS. 



181 



i par Tinfluence de Yi dérivatif de beddzan, leggtau, setttan. Je 
ne sais où il a trouvé ces formes avec e. Tous les verbes forts de 
la l re conj. ont dans les langues germ. anciennes la voy. tau 
prés.; donc aussi biddian, liggian, sittian. En Allem. et en Néerl. 
i de ces verbes s'est brisé en e lorsque le radical avait pour 
finale une seule consonne, ou bien l ou r comme première de 
deux. Les trois verbes en question ne remplissant pas ces condi- 
tions, n'ont jamais modifié leur voyelle au système du présent. 

p. 59 : 3) Lief est une métathèse de yiXoç, làm de pAo;, timeo 
de metuo !!! 

p. 60 : 2) « gebuur de buur = habitation, comme dans achter- 
buurt. » — L'auteur n'a pas vu le t final de ce dernier mot. Le 
buur de gebuur est identique avec boer (de bouwen dans le sens 
de demeurer). 

p. 61 : 1) « Mensch semble par son origine être un adj. Il 
dérive de man avec le sufF. sch. » — Pourquoi ne pas dire d'une 
façon plus catégorique : mensch est un adj. employé substanti- 
vement? — La note continue : « l'indéfini men se trouve en 
réalité pour mannen, et dit autant que les hommes ou les êtres 
humains. » — Men est en réalité man sans accent tonique, — 
man devenu proclitique ou enclitique, et signifie donc toujours 
un homme. 

p. 63 : 2) « aardig ne signifie en Flandre que drôle ; il est aussi 
en Hollande synon. de gentil. » — La vérité est que le mot ne 
signifie que gentil en Hollande ; on n'y connaît pas notre drôle 
de sens. 

p. 63 : 5) Denken et brengen ne sont pas mis pour danken et 
brangen mais pour thankian et brangian; i dérivatif a disparu 
en donnant l'umlaut à a. 

p. 64 : 2) « Dikkens, dial., = dik-eens. » — L'auteur a oublié 
de donner le sens de dik-eens. Cela signifie -t-il : beaucoup de 
fois une fois? — Non, dikkens = dikkels = dikwyls. 

p. 64 : 3) « Oeld s'appliquait jadis au bétail, si on peut se rap- 
porter au got. faihu (bétail et propriété), latin pecunia, pecus. » 
— Il u'y a pas de raison pour s'arrêter en si beau chemin. Alors 
le fr. argent signifiait jadis aussi bétail, pour le même motif; ou 
bien danger a signifié voyage parce que ellende (misère) a eu le 
sens d'exil. Geld (gelden= valoir) ne se trouve qu'avec le sens 
de dédommagement, paiement, et spécialement, mais en Néerl. 
et en Ail. seulement, monnaie. 

TOME XXVII. 13 




182 



COMPTES BENDUS. 



p. 65 : Le sens propre de lot n'est pas branche. Comme slot de 
sluiten, il dérive d'un verbe luiten (vsax. hliotan) = augurer, 
terme de sacrifice; donc lot = \. action d'augurer, 2. moyen 
pour augurer. Ne serait-ce pas son paronyme loot qui est cause 
de Terreur? 

p. 69 : « erg=l. paresseux, 2. mauvais, misérable (la paresse 
produit la misère et est mère de tous les vices). » — La vraie 
l r * signif. est la 2 de de M. De Mont. Erg = vaurien, c'est-à-dire 
avare et paresseux, puisque la générosité et la bravoure étaient 
les deux vertus germaniques. 

p. 72 : La règle pour reconnaître e et o longs-aigus est très 
incomplète. On la formule comme suit : 

e et o longs sont aigus : 

1. à la fin de radicaux monosyllabiques : wee, zoo. 

2. dans les suffixes accentués : regeeren, goddelooze. 

3. comme résultat d'une contraction : leege. 

4. ailleurs où ils remplacent une diphtongue antérieure : 
boom, steen. M. De Mont n'a donné que le 4 e point de la règle. 

— Les élèves qui étudient l'Allern. et l'Angl. trouveront que e 
aigu correspond à ei Allem., o Anglais; o aigu à au Allem., ea 
Anglais. 

p. 87 : 2) « Zucht: 1. désir (même rad. que zuigen, sucer), 
2. soupir, 3. maladie (même rad. que ziek; got. sauhts, maladie. » 

— Le 1 er zucht n'a rien de commun avec zuigen, Lat. sugere, 
mais bien avec zoeken, lat. sagire, et zaak; — il aurait été bon 
d'ajouter que le 2 d zucht est le rad. du verbe zuchten pour zuften, 
fréquent, de zuipen, laper. 

p. 94 : oorlog ne signifie pas étymol. l'action de séjourner 
hors de chez soi, mais l'action de faire descendre, het nederleg- 
gen (erliegen). On n'est cependant pas d'accord sur l'interpréta- 
tion de ce sens. Pour les uns = destruction; pour les autres = 
destin, loi établie par les Nornes, et en effet en runique, ags, 
vha. le mot signifie destin. 

p. 96 : Meten n'a rien de commun avec met, ni même avec 
metiri, mais se rattache au même rad. que modus; — met se 
rattache au Grec ^sra, et probablement au Lat. mittere. 

p. 149 : 2) « Ontmoeten s'écrivait jadis gemoeten » (!) — Alors 
onvatbaar s'écrivait gevat? — Ontmoeten se rattache à meten, 
mesurer; peut-être aussi à moeten, devoir, par la signification 
commune Savoir lieu, mais certainement pas de la façon que 




COMPTES EENDUS. 



183 



M. De Mont indique : « Je suis obligé de faire cela; je me lie à 
cela, je le rencontre, » où le passage de l'abstrait au concret 
aurait dû l'avertir de son erreur. 

p. 194 : « Metten, matines, se disait jadis de l'office matinal 
dans les églises; actuellement moins usité, le mot désigne 
plutôt l'office du matin dans les couvents. » — L'explication est 
vague, donc inexacte. Il y a huit offices par jour qui se disent 
de trois en trois heures depuis minuit : Matines, Laudes, Prime, 
Tierce, Sexte, None, Vêpres, Complies. Ils ne se récitent plus à 
leurs heures que dans certains couvents. Jadis ils se disaient 
dans toutes les églises paroissiales, comme encore actuelle- 
ment dans les cathédrales par le chœur des chanoines ; mais 
comme il était impossible ici de les dire à leurs heures, il fut 
permis de les fixer d'après les convenances locales, de manière 
que les six premiers jusqu'à None fussent dits avant le repas 
principal, les deux autres après; de là le mot Néerl. noen, 
Angl. noon = midi, heure actuelle du repas principal. Actuelle- 
ment Matines et Laudes de chaque jour se disent la veille. La 
messe du jour est censée placée entre Tierce et Sexte, et le 
salut entre Vêpres et Complies. 

p. 194 : 2) fialfrast s'écrit fialfrass et signifie ours de rocher 
et pas habitant de rocher. 

p. 205 : Le texte porte : Wat steent ge om de omgestorte 
steenen? Lag Troja daarmee heel ! - Une note dit : « D'ordinaire 
on (lisez : le P. Allard) comprend : Si avec cela toute la ville 
était rasée ! — On peut aussi l'expliquer : Si vos larmes pou- 
vaient rétablir Troie dans son état antérieur! » - Cette seconde 
explication est impossible ; heel liggen = être couché tout à fait, 
et non se trouver intact. Les deux interprétations prennent par 
erreur lag pour un subj., alors qu'il est indicatif; — en outre 
daarmee se rapporte à omgestorte steenen, et le passage signifie : 
« Cesse tes cris ! Que pleures-tu pour quelques pans de murs 
renversés? Troie est-elle complètement détruite pour cela? » 

p. 313 : 2) « doorluchte bogen = waar de lucht door heen 
glanst. » — L'auteur a voulu dire : waar het licht 

pp. 312 3) et 315 2) et 3) sont des notes suffisantes pour l'édi- 
tion populaire du P. Allard, mais elles ne donnent pas la valeur 
propre des termes qu'elles expliquent. 

Nous avons tant insisté sur les notes linguistiques du livre, 
non pour faire croire que les élèves ont besoin de tout celn, loin 




184 



COMPTES RENDUS. 



de là, mais pour montrer à M. De Mont ce qui lui reste à faire 
avant de songer à accompagner toute la collection de notes sem- 
blables fpréf. VII). 

Vannotateur compétent donnerait des indications plus sub- 
stantielles, mais beaucoup moins étendues. 

Notre conclusion sera courte. Le livre ne doit pas être mis 
entre les mains de nos élèves. L'auteur toutefois mérite 
des éloges, et pour l'intention qui a présidé à son travail, et 
pour les innovations qu'il inaugure. Nous espérons qu'une plus 
longue pratique de l'enseignement le déterminera à modifier ses 
choix, et que nos indications l'engageront à ajouter des appré- 
ciations critiques, voire même des analyses littéraires à ses notes 
biographiques, et à mieux peser les matériaux de ses notes 
linguistiques. Nous ferons mieux saisir notre pensée en lui 
rappelant l'excellent ouvrage de De Groot, Leopold et Kyckens 1 , 
qu'il connaît sans doute : ce choix, qui s'adresse, il est vrai, 
à un autre public, montre ce que doit être un tableau de notre 
littérature des trois derniers siècles ; les notices biographiques 
ont une haute valeur critique, et les notes grammaticales et 
philologiques, bien que concises, forcent le lecteur à se rap- 
peler et à coordonner les faits connus. 



Cours supérieur d'arithmétique, par P. L. Vandenbroeck, 
professeur de mathématiques, à V usage des établissements 
d'instruction moyenne et des écoles normales. Deuxième édition. 
Lille et Bruges, Desclée, De Brouwer et O, 1883. Un volume 
in-8°, cartonné, de VIII-344 pages. Prix : 2 fr. 50. 

« Cet ouvrage, dit l'auteur dans sa préface, n'est pas écrit 
pour les commençants, ni pour ceux qui ne sont pas assez fami- 
liarisés avec la pratique du calcul raisonné et avec la résolution 
des questions numériques. Il convient aux jeunes gens qui veu- 
lent étudier les éléments d'arithmétique d'une manière plus 
approfondie, et surtout aux aspirants aux écoles spéciales. » 



1 Inleiding tôt de beoefening der Nederl. Letterkunde door De G., L. 
en R. 2 dln. Groningen, Wolters, 1867, f. 2,50.. 



J. Vercoullie. 




COMPTES RENDUS. 



185 



L'auteur, à l'exemple de Wronski, divise l'arithmétique théo- 
rique en deux grandes parties, dont l'une comprend la construc- 
tion ou formation des nombres, et l'autre la comparaison des 
nombres. 

Cette division de l'arithmétique étant l'idée principale du 
livre, il est nécessaire de la faire connaître avec quelque détail. 

En effet, dans le nombre sans cesse croissant de manuels 
d'arithmétique qui voient le jour, les vues d'ensemble sont 
trop rares, pour que nous ne saisissions pas l'occasion d'exposer 
l'idée philosophique qui a présidé à l'agencement général du 
livre de M. Vandenbroeck 1 . 

Construction des nombres. Deux nombres donnés, dit l'auteur 
(page 2), peuvent engendrer un nouveau nombre de diverses 
manières, mais il faut définir le mode de génération ou construc- 
tion par l'expression de la relation qu'on suppose établie entre 
les nombres donnés et le nombre à former. La diversité de telles 
relations détermine la diversité des modes de construction. 

Considérons deux nombres, 4 et 3 par exemple, et cherchons 
les diverses manières de construire, par leur moyen, un nouveau 
nombre. 

1° On peut supposer que 3 indique qu'il faut compter avec 
4 unités 3 autres unités de même nature. Le nombre construit 
avec 4 et 3 sera alors 4+3=4+1+1 — |— 1 = 7. On donne à 
ce premier mode de construction le nom de mode partiel. 

2° On peut supposer que 3 indique que 4 unités doivent être 
répétées 3 fois. Le nombre construit avec 4 et 3 sera alors 
4X3 = 4 + 4 + 4=12. On donne à ce deuxième mode de 
construction le nom de mode factorieL 

3° On peut supposer que 3 indique que 4 doit faire 3 fois suc- 
cessivement la fonction de facteur. Le nombre construit avec 
4 et 3 sera alors 4 3 = 1 X 4 X 4 X 4 == 64. On donne à ce 
troisième mode de construction le nom de mode exponentiel*. 



1 A ces considérations générales sur les opérations de l'arithmétique, 
nous préférons néanmoins celles qui se trouvent exposées dans une suite 
d'articles publiés dans le tome II du Journal de Mathématiques élémen- 
taires de M. Bourget (Paris, 1878). 

* Ces désignations : mode 'partiel , mode factoriel, mode exponentiel, et, 
plus bas, celle de rapport exponentiel sont propres à M. Vandenbroeck et 
ne sont pas généralement en usage (P. Mansion). 




186 



COMPTES RENDUS. 



Ces trois modes de construction se distinguent entre eux par 
le rôle attribué au second nombre donné. On les appelle modes 
élémentaires; tous les autres modes en dérivent. 

La construction d'un nombre au moyen de deux nombres 
donnés s'appelle opération. Tout mode de construction a deux 
marches, Tune directe ou progressive , l'autre indirecte ou régres- 
sive; dans la première, l'opération est directe, dans la seconde, 
l'opération est inverse. Dans le mode partiel, l'opération directe 
s'appelle addition, et l'opération inverse soustraction. Dans le 
mode factoriel, l'opération directe s'appelle multiplication, et 
l'opération inverse division Enfin dans le mode exponentiel, 
l'opération directe s'appelle élévation aux puissances, et l'opéra- 
tion inverse extraction des racines. On distingue donc six opéra- 
tions, trois directes et trois inverses. Le calcul est l'ensemble 
de toutes ces opérations. 

Comparaison des nombres (page 4). Comparer un nombre à un 
autre, c'est chercher de quelle manière le premier se forme avec 
le second; le résultat est le rapport du premier nombre au 
second. 

Il y a autant de rapports distincts qu'il y a de modes de con- 
struction des nombres. 

1° Si l'on compare 7 à 4, dans le mode partiel, on reconnaît 
que 7 se forme par l'addition avec 4 du nombre 3 : par suite, 
3 est dit le rapport par différence de 7 à 4. 

2° Si l'on compare 12 à 4, dans le mode factoriel, on reconnaît 
que 12 se forme en répétant 4 3 fois : 3 est dit le rapport par 
quotient de 12 à 4. 

3° Si l'on compare 64 à 4, dans le tnode exponentiel, on recon- 
naît que 64 se forme par l'élévation de 4 à la puissance de degré 
3 ; d'après cela, 3 est dit le rapport exponentiel de 64 à 4. 

Remarquons, continue l'auteur, que ces trois modes de com- 
paraison sont de leur nature essentiellement distincts des trois 
opérations inverses. 

En effet (page 216), dans la comparaison d'un nombre a à un 
autre b, si c est le rapport cherché, on a 



selon que l'opération directe exprimée par c est une addition, 
une multiplication, une élévation aux puissances. 



b -|- e = a, b X c = a, b c = a, 




COMPTES EENDUS. 



187, 



Dans les opérations inverses, deux nombres a et b sont donnés ; 
l'un d eux, a par exemple, est le résultat d'une opération directe 
exprimée par l'autre b et faite sur le nombre cherché c, et Ton a 



On voit par là que, dans la comparaison des nombres, le rap- 
port cherché a une signification différente de celle du nombre 
cherché dans les opérations inverses. 

C'est sur cette distinction que l'auteur se fonde pour diviser 
l'arithmétique dans les deux parties défiuies ci-dessus. 

Cette division offre l'avantage dégrouper, sous une idée unique, 
les théories très connexes des rapports, proportions et progres- 
sions par différence, des rapports, proportions et progressions 
par quotient, du rapport exponentiel et des logarithmes. Quand 
on l'adopte, on doit, avec l'auteur, définir la division, l'opéra- 
tion par laquelle, étant donnés le produit de deux facteurs et 
le facteur multiplicateur, on cherche le facteur multiplicande 



Après ce coup d'œil sur le plan général du livre de M. Van- 
denbroeck, nous signalerons quelques points particuliers, en 
nous permettant parfois une légère critique. 

1° L'auteur (page 1) définit la grandeur tout ce qui est sus- 
ceptible d'augmentation ou de diminution. D'après cette défini- 
tion, le courage, la vertu, la douleur, la joie, l'intelligence, la 
beauté, etc., seraient des grandeurs. Il semble préférable de 
dire, avec Noël et Lionnet 1 , qu'on appelle grandeur tout ce qui 
est ou peut se concevoir divisé en portions égales entre elles. 

2° L'auteur (page 1) définit le nombre t expression oVune gran- 
deur évaluée avec son unité \ afin de comprendre, dans cette défi- 
nition générale, à la fois les nombres rationnels et irrationnels. 

3° L'auteur (page 3) détinit la base d'un système de numération 
le nombre qui exprime combien d'unités de chaque ordre consti- 
tuent une unité de tordre suivant. Cette définition est meilleure 
que celle de Cirodde, qui dit : le nombre de chiffres dont on fait 
usage se nomme la base du système. D'après cette définition de 
Cirodde, la numération romaine ne serait pas décimale, mais (au 
moins jusqu'à une certaine limite) septénaire. 



» Et M. Gelin lui-même (P. M.). 



c -\- b = a, c X b — a, c h = a. 



(page 24). 




188 



COMPTES RENDUS. 



4° L'auteur (page 1 5) définit la multiplication, l'opération par 
laquelle on cherche un nombre qui soit composé d'un nombre 
donné, de la même manière qu'un second nombre donné est com- 
posé de t unité. Cette définition est celle de Faton, de Cirodde et 
de la plupart des auteurs belges.* 

D'après cette définition, pour multiplier un nombre a par * , 
on pourrait dire, en regardant ^ comme le quotient de b par c : 

le multiplicateur^ a été formé en prenant l'unité b fois, ce qui a 
donné puis c fois, ce qui a donné c, puis divisant le premier 
nombre par le second, ce qui a donné ^ ; donc le produit de 

a par ^ se formera en prenant le multiplicande a b fois, ce qui 
donne ab, puis c fois, ce qui donne ac, puis divisant le premier 
nombre par le second, ce qui donne ^ ou ~. Ainsi le produit 

d'un nombre quelconque parlerait égal à ~. 

De même pour multiplier un nombre a par le produit bc, on 
pourrait dire : le multiplicateur bc a été formé en prenant 
l'unité b fois, puis c fois, puis multipliant le premier nombre par 
le second : donc le produit de a par bc se formera en prenant 
a d'abord b fois, puis c fois, puis multipliant le premier résultat 
par le second, ce qui donne ab. ac ou a*ôc. 

Il semble préférable de conserver la définition suivante qui 
est celle des anciens auteurs, et qui est adoptée par Serret, 
Lionnet, Bertrand, Briot, Tombeck, Garcet 1 : 

Multiplier un nombre par un autre nombre, c'est répéter le 
premier de ces nombres autant de fois qu'il y a d'unités dans le 
second. D'après cette définition, le multiplicateur est essentielle- 
ment un nombre entier. Elle s'étend d'elle-même à la multiplica- 
tion des fractions ; car multiplier un nombre par y, par exemple, 
c'est en prendre les y, ou en prendre 4 fois la septième partie : 
le multiplicateur n'est donc pas , à proprement parler, la frac- 
tion y, mais le nombre entier 4. 



1 Et M. Gelin lui-même (P. M.). 




COMPTES RENDUS. 189 

5° Le 'produit de deuœ facteurs ne change pas quand on per- 
mute ces facteurs (page 21). Ce théorème, qui est une des princi- 
pales propositions de l'arithmétique, n'est pas mis à une place 
assez évidente. L'auteur n'en fait guère qu'une simple remarque, 
à la suite de la preuve de la multiplication. 

6° Dans le produit 5X8X3X^X^X9 on peut permuter 
les deuœ derniers facteurs 4 et 9 (page 22). Voici comment l'au- 
teur le démontre : 

Soit P le produit effectué de tous les facteurs qui précèdent 
4 et 9 dans le produit considéré ; celui-ci sera représenté par 
P X 5 X 9. Par déiinition, P X 4 est égal à la somme de 4 nom- 
bres égaux à P; on a donc 

PX4 = P + P + P + P, 

et, par suite, en multipliant P X 4 et chacune de ses parties 
par 9, 

P X 4X9 = PX9+PX9+PX9 + PX9, 

ou, puisque cette dernière somme est composée de 4 fois le pro- 
duit P X 9, 

PX4X9 = PX9X4, 

c'est-à-dire qu'on peut permuter les deux derniers facteurs du 
produit 1 . 

7° L'auteur distingue quatre cas dans la multiplication écrite 
(page 16) : 

8093 X 4, 3067 X 100, 4058 X 400, 4206 X 387, 
et semblablement quatre cas dans la division écrite (page 26) ; 
4527 : 6, 4937 : 100, 87952 : 600, 48953 : 62 2 . 



1 Nous préférons la démonstration, au fond identique, mais plus intuitive, 

basée sur la considération du tableau suivant : 

PPPPPPPPP 

PPPPPP PPP 
ppppppppp 

PPPPPPPPP (P. M.) 

* Suivant nous, il faut de plus le cas 489 : 62, qui se rencontre en prati- 
que avant le dernier et est moins difficile (P. M.). 



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COMPTES RENDUS. 



8° Le chapitre II, relatif aux propriétés élémentaires des 
nombres entiers, est très complet et exposé avec beaucoup de 
soin et de rigueur. Ordre suivi par Fauteur : 1° nombres à com- 
muns diviseurs supérieurs à 1 ; 2° nombres à plus grand commun 
diviseur égal à 1, ou nombres premiers entre eux; 3° nombres 
considérés relativement à leurs communs multiples; 4° nombres 
considérés individuellement par rapport à leurs caractères de 
divisibilité relatifs à certains diviseurs; preuve des opérations; 
5° nombres indécomposables en facteurs ou nombres premiers; 
6° nombres décomposables en facteurs ou nombres composés. 

9° Ordre adopté par 1 auteur, pour exposer la théorie des frac- 
tions périodiques (page 13G) : I. Touie fraction ordinaire donne 
naissance à une fraction décimale périodique, simple ou mixte : 
par exemple, | = 0,428571 |, |J = 0,924999... — IL Toute 
fraction ordinaire dont le dénominateur est représenté par au 
moins autant de 9 qu'il y a de chiffres dans le numérateur donne 
naissance, etc.: par exemple, Jff = 0,432432..., ^ = 0,043043... 
~ IiL 4|fô = 0,00432432... — Problèmes I et IL Trouver la 
fraction ordinaire génératrice d'une fraction décimale périodique 
simple et mixte. - IV. Toute fraction ordinaire irréductible 
dont le dénominateur ne contient aucun des facteurs premiers 
2 ou 5 donne naissance à une fraction décimale périodique sim- 
ple (le mot irréductible n'est pas nécessaire). V. Toute frac- 
tion ordinaire irréductible dont le dénominateur contient au 
moins un des facteurs premiers 2 et 5 donne naissance à une 
fraction décimale périodique mixte, etc. — Réciproque. — 
VI. Une fraction ordinaire ne peut donner naissance qu'à une 
seule fraction décimale périodique. -- Soit G la génératrice ration- 
nelle et V n le nombre décimal représenté par les n premières 
décimales d'une fraction décimale périodique : G est la limite 
de V n quand n augmente indéfiniment. — VIL Une fraction 
décimale périodique ne peut avoir pour génératrice qu'une frac- 
tion ordinaire. 

10° Dans le chapitre VI, l'auteur expose le calcul des nombres 
approchés (pages 178-202); dans le chapitre VII, il traite des 
nombres irrationnels et des nombres négatifs (pages 203-215). 
Voici comment il expose la déiinition du nombre irrationnel : 

Considérons un nombre irrationnel quelconque A. Concevons 

ce nombre évalué à moins d'une unité partielle -, et désignons 



n 




COMPTES RENDUS. 



191 



parA n , A w _j_j, ses valeurs rationnelles approchées à moins 

de * , la première par défaut, la seconde par excès. Nous aurons 
A < A < A . 

La différence de? nombres A et A , , est égale à -: par 

n n + 1 n 

conséquent, si n croît indéfiniment, n'importe suivant quelle loi, 

ces nombres tendent vers une limite commune A'. Or, cette 

limite A' n'est autre que le nombre irrationnel considéré A. En 

effet, puisque le nombre A« est indéfiniment 1 plus petitque A, la 

limite A' de A n ne peut être supérieure à A. De même, A ^ ^ 

étant indéfiniment plus grand que A, la limite A' de A^ l ne 

peut être inférieure à A. Donc A' = A, c'est-à-dire que le nombre 
A est la limite commune de ses valeurs rationnelles approchées à 

moi us de Ainsi un nombre irrationnel est la limite de sa 
n 

valeur rationnelle approchée, par défaut ou par excès, à moins 
d'une unité partielle quelconque. 

L'exposition qui précède ne semble pas à l'abri de toute diffi- 
culté. Car peut-on parler de valeurs rationnelles approchées d'un 
nombre irrationnel, non encore défini 4 ? 

11° Dans la seconde partie de son ouvrage (pages 216-268), 
l'auteur traite, d'une manière très complète, 1° des rapports et 
progressions par différence; 2° des rapports, des proportions et 
des progressions par quotient; 3' du rapport exponentiel et des 
logarithmes. 

Viennent ensuite les applications de l'arithmétique, sur les- 
quelles nous ferons encore quelques remarques. 

12° Le mètre (page 269) est une longueur égale à la dix-mil- 
lionième partie du quart du méridien terrestre qui passe par 
l'observatoire de Paris. Cette définition n'est pas exacte, car le 
méridien de Paris n'est pas égal à 10000000 mètres, mais à 
environ 10002000 mètres. 



1 Au lieu de indéfiniment, il faudrait toujours, ou sans cesse (P. M.). 
* Évidemment, M. Gelin a raison sur ce point délicat. Dans l'enseigne- 
ment moyen, le mieux est de recourir à la considération des grandeurs 



r 

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192 



COMPTES RENDUS. 



13° Toutes les unités de longueur sont le myriamètre, le kilo- 
mètre, ... le millimètre (page 269). Il y a encore le micron, ou 
millième de millimètre. 

14° A la page 283, l'auteur indique quelques anciennes mesures. 
Il serait nécessaire de dire qu'il s'agit d'anciennes mesures de 
France. 

15° Le calcul des nombres complexes est exposé en moins de 
trois pages. Dans un traité d'arithmétique aussi complet, il sem- 
blerait convenable de donner la méthode des parties aliquotes. 1 

16° L'auteur (pages 297 et 300) traite un problême de société 
composée. Garcet, dans son Traité d'arithmétique élémentaire, 
fait remarquer avec raison que ces sortes de questions ne peuvent 
avoir aucune application dans la vie commerciale. Jean Harroy, 
dans son Traité d'arithmétique, publié à Liège en 1740, avait 
déjà fait la même remarque. 

17° Les chapitres relatifs aux questions d'intérêt et d'escompte 
sont exposés d'une manière très complète. On y trouve, sur les 
questions d'intérêt composé et d'annuités, à peu près les mêmes 
développements que dans la plupart des Traités d'algèbre. 

Le livre de M. Vandenbroeck est très complet, comme on le 
voit, et, en général, les démonstrations sont exposées avec soin 



continues pour définir un nombre irrationnel. Il n'y a pas un élève sur 
raille, qui, au collège, puisse saisir la définition purement arithmétique d'un 
nombre irrationnel, par exemple de 2 . La voici en abrégé, pour ceux 
qui voudraient essayer une exposition rigoureuse de la théorie des nom- 
bres incommensurables : 

Les nombres entiers et les nombres fractionnaires, relativement au 
nombre 2, se partagent en deux catégories, les uns, que nous appellerons 
les nombres a, ont leurs carrés inférieurs à 2 ; les autres, que nous appellerons 
/3, ont leurs carrés supérieurs à 2. On peut toujours trouver un a et un £ qui 
diffèrent entre eux d'une fraction aussi petite qu'on le veut. Par définition, 
nous dirons qu'il existe un nombre incommensurable, représenté par \/ 2 , 
qui sépare les a des et est dit supérieur aux a, inférieur aux /S. L'existence 
de ce nombre |/2 est purement idéale, évidemment, quant à nous au 
moins; mais si l'on y réfléchit bien, il en est de même de l'existence des 
nombres abstraits commensurables x et jS. (P. M.). 

1 Même dans les traités élémentaires, on doit, selon nous, parler de 
cette méthode. Si l'on a à multiplier 1855 3 \ par 10 f , le mieux est de mul- 
tiplier par 10, par |, par j et d'ajouter les résultats. (P. M.). 




COMPTES RENDUS. 



193 



et avec rigueur. Il renferme un bon choix de 400 exercices 
proposés sur la partie théorique et 76 problèmes divers, et se 
termine par une courte note sur les divers systèmes de numéra- 
tion. 



Si l'étude de l'histoire en général est nécessaire aux hommes, 
celle de nos gloires nationales l'est bien plus encore pour nous 
qui, grâce aux efforts tentés par nos ancêtres, jouissons enfin 
de la liberté et de l'indépendance. Aussi dans l'enseignement 
primaire, comme dans l'enseignement moyen, l'histoire de la 
Belgique tient-elle une honorable place. Toutefois, forcé de se 
renfermer dans un cadre restreint, le maître n'a pas toujours 
le temps d'entrer dans des détails suffisants qui, en dépeignant 
les siècles, font revivre les personnages. Il serait donc désirable 
que les élèves eussent, entre les mains, des monographies déve- 
loppées et attrayantes qu'ils pussent lire dans leurs moments 
de loisir; ainsi, ils prendraient goût aux lectures sérieuses, ils 
fixeraient plus profondément dans leur mémoire les traits qu'on 
n'a pu que leur indiquer sommairement, et ils se formeraient 
d'une époque une idée plus exacte. 

Eh bien, c'est précisément à des biographies semblables, 
consacrées aux grands hommes de notre histoire, que M. Thil- 
Lorrain travaille avec le talent et l'activité que connaissent les 
lecteurs de la Revue de V Instruction publique. Chaque année 
il ajoute un ou deux volumes à son œuvre, qui déjà est assez 
considérable. 

Qu'il nous soit permis de faire ici une rapide revue des 
volumes qui ont paru jusqu'à ce jour. 

* 

* * 

I. Ambiobjx. — Boduognat. — Indutiomàr (Callewaert). 

Les luttes de ces trois héros contre les. troupes romaines y 
sont retracées d'après les commentaires de Jules César et les 
écrivains qui se sont occupés de la conquête de la Gaule. 
M. Thil-Lorrain s'est surtout servi de l'ouvrage de M. Victor 
Gantier. Avec cet auteur, il place la bataille de la Sambre 



E. Gelin, 
Professeur au Collège St-Quirin, à Huy. 



Biographies, par M. Thil-Lorrain. 




194 



COMPTES RENDUS. 



au village de Presles — on sait que Napoléon III et d'autres 
historiens l'ont placée à Hautmont, près de Maubeuge; — il 
suppose que l'oppidum des Aduatiques se trouvait à Namur, 
que le camp de Q. Cicéron était à Rêves, près de Nivelles, et 
celui de Labiénus à Charleville; mais il n'adopte pas l'opinion 
de M. Gantier ni celle de Napoléon III, qui prétendent que 
Tongres occupe l'emplacement de l'ancienne Aduatuca; d'après 
M. Thil-Lorrain, qui s'appuie sur le colonel allemand Von 
Goeler, c'est à Limbourg que Sabinus et Cotta auraient été 
égorgés par les Eburons. 

Tous les faits sont bien racontés, toutes les pages sont des plus 
intéressantes. 

II. Mérowig. Roman historique, édité à Verviers, chez 
M. Nautet-Hans. 

Mérowig, nos lecteurs le savent, était le fils de Chilpéric, roi 
des Francs, et d'Audovère, supplantée par Frédégonde. Lorsque 
Frédégonde eut fait assassiner le roi Sigebert, elle retint pri- 
sonnière la femme de ce roi, la charmante Brunehilde, que 
Mérowig ne tarda pas à aimer et à épouser secrètement. Il 
tomba bientôt sous le poignard des séides de sa marâtre. L'au- 
teur essaye de nous décrire les mœurs encore barbares, les vices 
et les vertus de ces sombres siècles mérovingiens. Il a réussi à 
donner à son héros une véritable grandeur et à faire admirer 
Brunehilde, « cette reine intrépide et belle qui, avec des hommes 
encore sauvages, avait osé tenter ce que Charlemagne ne put 
qu'imparfaitement exécuter, deux siècles plus tard, avec dès 
hommes à demi civilisés. » 

III. Peptn d'Herstal (Callewaertà Bruxelles). 

Les guerres de ce puissant maire du palais contre les Neus- 
triens, les Frisons et les Allemands sont décrites avec soin. 
Quelques pages aussi sont consacrées à l'assassinat de saint 
Lambert, mais l'auteur nie que le saint évêque ait été tué par 
ordre d'Alpaïde : l'assassin serait Doden, qui voulut venger une 
injure personnelle. 

IV. La Mère de Charlemagne (Callewaert). 

Ce roman historique met en scène la femme à qui les légendes 
ont donné le nom de « Berthe au grand pied ». Il y a là une 
discussion très intéressante sur la localité qui a vu naître 
Charlemagne. 




COMPTES RENDUS. 



195 



V. Baudouin de Constantinople (Office de Publicité). 

Rien de plus agréable à lire que ce volume. Il est vrai que 
peu d'incidents de notre histoire offrent un aussi grand intérêt 
que celui de la fondation de l'empire latin de Constantinople. 
C'est Villehardouin, l'historien de la quatrième croisade, qui 
a servi de guide. Aussi le récit est-il vivant, et il n'y a pas que 
les élèves qui lisent ce livre avec plaisir. Ajoutons que la bio- 
graphie de Baudouin IX est complète : traité de Péronne, pro- 
tection accordée aux lettres, au commerce et à l'industrie, 
extension des franchises, administration, avarice des Vénitiens, 
prise de Zara, siège de Constantinople, bataille d'Andrinople. 
Et jamais la narration ne languit, jamais l'auteur ne nous 
fatigue. 

VI. Jean le Victorieux (Callewaert). 

Ici l'auteur n'a pas été obligé, comme dans ses romans his- 
toriques, de recourir à quelque aventure fictive, d'inventer 
quelque personnage romanesque pour rendre son récit plus 
palpitant; l'illustre vainqueur de Woeringen a été mêlé à tant 
d'événements divers, que sa vie ressemble à un drame et que, 
étudier son règne, c'est étudier, pour ainsi dire, le siècle qui l'a 
vu naître. Tableau de l'Europe à l'avènement de Jean I, — 
Jean allant au secours de sa sœur Marie, reine de France, 
accusée par Pierre Labrosse, — Croisade en Espagne avec le 
roi de France, — Guerre de la Vache, Bataille de Woeringen, 

— Érection de l'abbaye de Villers et de l'église Sainte-Gudule : 
tels sont les principaux chapitres de ce livre, dont la lecture est 
aussi facile, aussi attrayante que celle d'un roman. 

VII. Charles le Téméraire (Callewaert). 

Voici encore un livre qu'on lit sans fatigue. Le comte de 
Charolais y est peint avec toute sa fougue, sa bravoure désor- 
donnée, ses colères terribles, et toutes ses qualités qui, malgré 
ses nombreux défauts, le font préférer à son rival, l'hypocrite 
Louis XI. — Jeunesse de Charles, — Bataille de Gavre, — Vœu 
du Faisan, — Bataille de Montlhéry, — Bataille de Mon- 
tenaeken, — Sac de Dinant, — Mort de Philippe le Bon et 
malheureuse inauguration du Duc, — Bataille de Brusthem, — 
Entrevue de Péronne, — Héroïsme des six cents Franchimontois, 

— voilà quelles sont les divisions de cet ouvrage qui n'embrasse, 




196 



COMPTES RENDUS. 



comme on le voit, qu'une partie de la vie de Charles le Témé- 
raire. L'auteur a probablement l'intention d'écrire un second 
volume qui nous mènera jusqu'au jour où le cadavre du duc 
de Bourgogne, à demi dévoré par des loups, a été retrouvé 
devant la ville de Nancy. 

VIII. Charles-Quint devant Tunis (Callewaert). 

On voit l'empereur s'emparer du repaire des pirates turcs et 
rendre la liberté à 24,000 chrétiens. Charles-Quint apparaît, 
dans cet épisode, avec sa grandeur militaire, mais aussi avec ses 
préjugés. 

JX. Quentin Metsys (Office de Publicité). 

Dans cette agréable idylle, M. Thil-Lorrain a réuni tout ce 
qu'on a écrit sur le célèbre forgeron, devenu, par l'amour, le 
fondateur de l'illustre école de peinture qui a enfanté les Rubens. 
les Van Dyck, les Jordaens, et bien d'autres génies dont les 
toiles seront éternellement admirées. 

X. Le général Jardin (Callewaert). 

Ici, ce qu'on aime, c'est le grand patriote, le courageux lutteur 
qui, avec une poignée d'hommes, conquiert une partie de la 
Hollande; c'est l'homme qui expose sa vie pour venir embrasser 
sa mère mourante, qui est prêt à aller poignarder Bonaparte 
lorsque celui-ci eut usurpé le pouvoir, et qui enfin va mourir eu 
Espagne pour avoir voulu sauver un de ses plus implacables 
ennemis. 

* 

* * 

Tous ces ouvrages, nous le répétons, sont écrits avec une 
chaleur, une conviction, un charme qui les fait rechercher par 
la jeunesse studieuse. De tels livres sont utiles, et ils conviennent 
bien mieux, pour les distributions de prix, que toutes ces his- 
toriettes insignifiantes, que toutes ces fadaises qui n'apprennent 
absolument rien aux élèves. 

Que si l'on nous demandait maintenant quels sont les livres 
que nous préférons parmi ceux dont nous venons de faire une 
rapide analyse, nous répondrions franchement que ceux que nous 
aimons le moins sont les romans historiques. Comme M. Thil- 
Lorrain le reconnaît lui-même dans la préface de son Mérowig, 
ce genre de composition est extrêmement difficile à traiter, et 




COMPTES BENDUS. 



197 



il est peu d'écrivains qui y réussissent. Est-ce que Salammbô 
même, dont M. Thil-Lorrain fait avec raison un si grand éloge, 
est-ce que Salammbô ne contient pas bien des pages ennuyeuses? 
Pour exciter constamment l'intérêt, il faudrait avoir la plume 
deWalter Scott ou d'Alexandre Dumas. Que M. Thil-Lorrain 
écrive donc des Jean le Victorieux, des Baudouin de Constanti- 
nople, des Charles le Téméraire, des- Quentin Metsys, ou des 
Boduognat et des Ambiorix, c'est le genre où il réussit le mieux. 



Méthode intuitive pour la représentation réelle des 
corps par Edmond de Taeye. Namur, Wesmael-Charlier, 



Enfin voilà un Manuel qui correspond aux besoins actuels de 
renseignement du dessin ! C'est le premier, croyons-nous, qui 
ait été publié en ce genre. Il satisfait pleinement à tous les 
desiderata du nouveau programme de l'enseignement moyen, 
relatifs au tracé des projections. Il sera le bienvenu, nous n'en 
doutons pas, près de tous les professeurs de dessin du royaume, 
et — pourquoi ne le dirions-nous pas? — de l'étranger. 

M. de Taeye part de ce principe qui a toujours été le nôtre : 
« Il faut, aussitôt que possible, habituer l'élève à travailler 
d'après le relief. » Nous dirons, nous : « L'élève ne devrait 
jamais travailler que d'après le relief. » Dès le premier coup de 
crayon que donne un enfant, il doit avoir en vue de reproduire 
un objet simple. Copier, d'après une estampe, sera toujours 
fatal à l'art. Que l'objet soit aussi facile à dessiner qu'on le 
voudra ; mais qu'il soit un corps réel : une règle, un cube, un 
livre, un encrier, tout ce qu'il vous plaira. En dessin, comme 
en mathématiques, comme dans les sciences, comme en litté- 
rature, comme dans tous les genres d'étude imaginables, la 
méthode est essentiellement une, nécessairement la même : la 
méthode analytique résultant de l'observation directe des faits 
constitutifs de la science dont on s'occupe. Vous voulez en- 
seigner à lire à un enfant, vous lui montrez une succession de 
lettres que vous lui apprenez à prononcer; puis vous groupez 
ces lettres entre elles. Désirez-vous l'initier à l'art d'écrire? 
Vous lui mettez une série de phrases sous les yeux, vous 
l'habituez à les décomposer, vous lui en faites voir la coupe et 

TOME XXYLl. lé 



J. Chot. 



1884. 




198 



COMPTES RENDUS. 



les rythmes, puis vous lui faites comprendre, par des analyses 
d'ensemble, les procédés employés par les auteurs pour con- 
stituer une synthèse d'une série de pensées se rapportant à un 
sujet donné. 

Il n'en saurait être autrement dans l'étude de l'art du dessin. 
Commencer par renseignement théorique des règles, ce serait 
tout perdre. Pour exposer la théorie des projections telle qu'elle 
se trouve déduite dans les traités de géométrie descriptive, 
il faudrait avoir acquis des connaissances mathématiques que 
ne possèdent ni le jeune homme, ni l'enfant du peuple et qui, 
du reste, ne sauraient aboutir à aucun résultat pratique satis- 
faisant. « Les conceptions abstraites, dit M. de Taeye, doivent 
succéder aux expériences dues à l'observation directe des objets 
et à l'analyse de leurs éléments constitués. L'étude scientifique 
proprement dite, ne doit être que le couronnement des études 
expérimentales. » 

Dans la première partie, l'auteur commence par distinguer 
nettement le dessin perspectif du dessin projectif et veut que 
celui-ci précède le premier. Il montrSlés avantages qui doivent 
résulter de cette manière de procéder et signale tout ce qui est 
nécessaire à la pratique des projections. 

Dans la seconde partie, il aborde les exercices des projections 
par l'observation des objets et l'analyse de leurs lignes consti- 
tutives. Les principes découlent naturellement de ces observa- 
tions directes des corps. L'auteur les fait servir à la solution 
empirique des problèmes relatifs aux corps polyédriques, aux 
projections des solides de révolution et à la pratique de la gra- 
phique projective. 

Dans la troisième partie, il applique la théorie empirique des 
projections aux métiers qui dépendent de l'architecture, de la 
sculpture et de la peinture. 

Le besoin d'un pareil ouvrage, on le comprend sans peine, 
se faisait vivement sentir. Il est mis à la portée des jeunes gens 
d'une douzaine d'années avec un rare talent d'exécution. Des 
planches excellentes servent à l'intelligence des explications 
qui sont toujours simples et rationnelles. Sans cesse l'auteur 
s'avance du connu à l'inconnu avec une sûreté d'analyse et de 
méthode qu'on ne saurait trop admirer. Son ouvrage est un 
livre excellent que nous croyons appelé à rendre de grands 
services aux arts industriels dans notre pays. Nous désirons 




COMPTES RENDUS. 



199 



que bientôt il soit suivi d'un traité de 'perspective conçu dans le 
même esprit et d'après une méthode analogue. Nous ne termi- 
nerons pas ces considérations, sans adresser aussi des éloges 
mérités à l'éditeur qui a publié cet ouvrage. L'exécution typo- 



Ghrestomathies françaises à Vusage des jeunes gens de 
V enseignement moyen de Vun et de Vautre sexe par Van 
Hollebeke. Ouvrages adoptés par le conseil de perfection- 
nement. Namur, Wesmael-Charlier. 

La Chrestomathie à l'usage des demoiselles ne différant de 
celle des garçons que par la suppression de seize morceaux qui 
ont été remplacés par vingt autres, nous n'avons pas à nous 
occuper de ces deux recueils séparément. 

L'auteur dit lui-même de ces ouvrages : « Nous aimons à 
» déclarer que de tous les livres publiés pour l'enseignement, 
» c'est celui que nous avons préparé avec le plus de plaisir, 
» car notre travail nous permettait de vivre avec les maîtres de 
» la pensée et du style. » Aussi peut-on dire que le choix de la 
plupart des extraits contenus dans ces deux recueils révèle un 
homme de goût. Il s'est attaché à respecter scrupuleusement 
les textes empruntés aux meilleurs écrivains français, en les 
puisant dans les éditions les plus correctes. Des notes destinées 
à préciser le sens des mots dont la signification est peu connue 
des jeunes gens, à dissiper les obscurités qui résultent de cer- 
taines locutions, à élucider les difficultés grammaticales les plus 
ardues, les accompagnent. Dans ce travail ingrat et difficile, 
l'auteur a généralement réussi. Quant à l'appréciation purement 
littéraire, il en laisse le soin aux maîtres et aux maîtresses 
chargés de cette mission. Si donc nous comparons ces deux 
recueils à ceux du même genre qui les ont précédés, nous n'hé- 
siterons pas à dire qu'ils sont peut-être les meilleurs et les plus 
judicieux que nous possédions. C'est assez faire connaître la 
haute estime dans laquelle nous les tenons. 

Cependant un reproche sérieux leur a été adressé : il eut été 
préférable de composer autant de recueils distincts que nos 
établissements contiennent de classes différentes. L'auteur 
répond à cette observation, en disant que l'élève auquel on confie 
un seul manuel, a l'avantage de pouvoir relire souvent les mor- 



graphique en est irréprochable. 



Thil-Lorratn. 




200 



COMPTES RENDUS. 



ceaux qui lui ont été expliqués et de les graver ainsi plus fidèle- 
ment dans sa mémoire. 

Quant au plan général, il n'a plus la moindre raison d'être. 
Les nouveaux programmes exigent, en effet, que, dans chaque 
classe, on donne un devoir d'histoire et un devoir de sciences 
naturelles, alternés de deux autres devoirs d'imagination ou de 
sentiment, sérieux ou comiques. Or, une chrestomathie ne peut 
avoir d'autre but raisonnable que celui d'offrir à l'élève des 
modèles qui, bien analysés, bien étudiés, lui fourniront le moyen 
de rédiger des sujets analogues à ceux qu'on lui fait admirer. 
Le plan d'une bonne chrestomathie doit donc offrir à la jeunesse, 
dans chaque classe, des modèles de rédactions historiques, 
scientifiques et poétiques en prose et en vers alternativement. 
Ce plan nous paraît des plus judicieux et nous ne saurions trop 
féliciter le gouvernement de l'avoir rendu obligatoire. 

Il faut en conséquence, que les compositions modèles soient 
bien appropriées à l'âge des élèves de chaque classe et que les 
difficultés croissent d'année en année. Prenons l'histoire seule- 
ment pour faire comprendre notre pensée. En septième et en 
sixième, on pourrait se borner aux traits historiques isolés qui 
contiennent un haut enseignement moral. La mort de Codrus, 
Psammétique devant Cambyse, Socrate mourant pour avoir 
enseigné des vérités nouvelles, le dévouement de Léonidas et 
mille autres traits semblables. En cinquième et en quatrième, 
on s'occuperait des brillantes inventions qui de siècle en siècle 
élargirent le cercle de la civilisation humaine. En troisième et 
en seconde, on aborderait l'exposition des grands événements 
politiques en précisant les causes qui les amenèrent, l'influence 
qu'ils exercèrent sur les destinées humaines. L'appréciation des 
chefs-d'œuvre de l'esprit humain, des vérités morales les plus 
utiles à la société, des grandes hypothèses scientifiques, feraient 
surtout l'objet des dissertations de la rhétorique. Une marche 
analogue serait suivie de classe en classe pour les sciences natu- 
relles et pour les travaux de pure imagination. 

Nous voudrions enfin que, dans ces chrestomathies, la litté- 
rature belge et la littérature contemporaine fussent largement 
représentées. Sous ces deux rapports, les recueils de M. Vau 
Hollebeke laissent tout à désirer. T. L. 




COMPTES RENDUS. 



201 



La Botanique à Vusage de la division supérieure de V école 
primaire, par Oscar Henrion, instituteur à Chênée. Namur, 
Wesmael-Charlier. 

L'auteur dit dans sa préface : « Depuis la mise en application 
du programme général issu de la loi du 1 er juillet 1879, plusieurs 
ouvrages destinés à renseignement des sciences naturelles ont 
vu le jour. Dans la plupart de ces ouvrages, la partie consacrée 
à la botanique est insignifiante. Il fallait un livre clair, facile 
et, malgré cela, complet. Nous espérons avoir réuni ces condi- 
tions. » Cet extrait donne non seulement une idée du but que 
l'auteur s'est proposé d'atteindre, mais encore une idée de son 
style. 

Il semble avoir pris à tâche de multiplier les difficultés. Dans 
la description qu'il donne de chaque famille, il entasse une foule 
de caractères particuliers, alors qu'il eût fallu surtout se borner 
à indiquer ceux qui sont réellement essentiels à plusieurs 
familles, en ne citant pour chaque espèce que les caractères 
différentiels. Il faudrait être botaniste et botaniste déjà très 
habile pour pouvoir tirer parti d'un tel livre. En effet, qui- 
conque veut se servir de cet ouvrage, doit lire tout le volume 
pour trouver la plante qu'il cherche. Ajoutons que l'auteur a 
donné trop de détails à la description des familles, trop peu à 
l'organographie et à la physiologie. Ce n'est pas ainsi qu'il faut 
entendre l'enseignement de la botanique dans les classes pré- 
paratoires de nos écoles moyennes et dans celles de nos écoles 
primaires. Cet enseignement doit être entièrement visuel. On 
montre une plante à l'élève; on lui en fait observer toutes les 
parties et on la rattache à la famillle, à l'ordre, à l'embranche- 
ment auxquels elle appartient en faisant discerner les caractères 
essentiels à chacune de ces grandes divisions. Chaque plante 
dont on parle devrait être accompagnée d'une excellente gra- 
vure que l'on ferait comparer, en été, avec la plante elle-même. 

Cependant si l'ouvrage ne devait servir qu'à faire retrouver 
à l'élève les caractères de la plante dont on lui a parlé en pleine 
campagne et qu'il a insérée, accompagnée de son nom, dans 
son herbier, un tel travail ne serait peut-être pas dépourvu de 
toute espèce d'utilité. 

Quant à pouvoir servir de livre de dictées comme le désirerait 
l'auteur, nous y trouverions les plus grands inconvénients. On 
chercherait vainement dans ces textes aucune espèce de gra- 




202 



COMPTES RENDUS. 



dation dans les difficultés grammaticales et certaines dictées 
consisteraient en une nomenclature sèche, inintelligible et re- 
butante. On n'a qu'à parcourir les pages 6, 9, 10, 14, 17, 25, 
34, 41, 153, 174. pour y découvrir des erreurs et des incorrec- 
tions «le langage qu'on ne peut admettre dans un ouvrage destiné 
aux enfants. T. L. 



Die Stundenplaene fOr Gymnasien, Realgymnasien and 
lateinlose Realschulen in den bedeutendsten Staaten 
Deutschlands, zu$arnmenge$tellt von G. Uhlig, ziceite ver- 
mehrie Auflage, Heidelberg, Cari Wiuter 1S84. 

M. Uhlig, vient de publier la seconde édition des € plans 
des heures des gymnases, des réal -gymnases et des écoles réaies 
sans latin » des principaux états de l'Allemagne : la Prusse, 
la Bavière, le Wurtemberg, la Hesse, l'Alsace-Lorraine, etc., 
avec des remarques et des explications. C'est un travail très utile 
à consulter par tous ceux qui s'occupent de l'organisation de 
renseignement moyen. Nous ne voulons en extraire que quelques 
données sur le maximum et le minimum d'heures consacrées 
par semaine et dans toutes les classes réunies des gymnases à 



chaque branche de l'enseignement. 

Le latin a à Stuttgart 102 heures. 

» en Alsace-Lorraine ...... 71 » 

Le grec a à Neubrandenburg 46 » 

» en Alsace-Lorraine et en Bavière . 36 » 

Le français a à Gûstrow 94 » 

» en Bavière 8 » 

L'anglais est facultatif, excepté dans trois gym- 
nases, où il a par semaine. 8 » 

L'histoire et la géographie ont, dans 3 gymnases 32 » 

» » 4 » 25 » 

Les mathématiques ont dans 8 petits gymnases. 36 » 

» en Bavière ... 28 » 

L'histoire naturelle a en Prusse 10 » 

» Alsace Lorraine ... 5 » 

» Bavière 0 » 

La physique et la chimie ont dans deux petits 

gymnases 10 » 

» en Alsace-Lorraine. . . 9 » 

» à Stuttgart 2 » 



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COMPTES BENDUS. 



203 



L'écriture a en Bavière .... 

» Alsace-Lorraine . 

Le dessin a dans le gr. d. de Bade 



9 heures 
2 » 
10 » 



» en Bavière, dans le Wurtemberg, etc. 0 » 

Quant au nombre d'heures que chaque classe a par semaine, 
il est, en Prusse, de 30, à l'exception de la l ra année d'étu- 
des qui n'en a que 28. 

Dans ce nombre d'heures ne sont pas comprises les heures 
de gymnastique ni celles de chant. 

En Alsace, on a 30 heures par semaine dans les 4 classes 
supérieures, dans les cinq autres 23, 24, 26, 28, 28. 

On est admis au gymnase à l'âge de neuf ans révolus; dans 
le Wurtemberg un an plus tôt. 

Dans les réal-gymnases (notre section professionelle), l'ensei- 
gnement du latin a par semaine dans le Wurtemberg 91 heures, 
en Bavière 66 heures, en Prusse 54 heures. 

En Belgique, on n'a pour le latin que 56 heures, pour le 
grec 24, non pas, bien entendu, dans la section professionnelle, 
mais dans la section des humanités!!! 

En Allemagne, l'enseignement du latin dure généralement 
neuf ans. 

En Belgigue, il n'en dure que cinq. 



Annuaire pour l'an 1884, publié par le bureau des longitudes. 
Avec des Notices scientifiques. Prix : fr. 1-50. Paris, Gauthier- 
Villars. Un volume in-18, de 910 pages et une planche photo- 
graphiée. 

La partie générale de l'Annuaire contient, comme les autres 
années, les données les plus importantes relatives à l'Astro- 
nomie, à la Statistique, à la Géographie, à la Physique, à la 
Chimie et à la Minéralogie. 

Le tableau des comètes non périodiques, depuis 1861 jusque 
1882 a été complété autant qu'il a été possible, particulièrement 
au point de vue bibliographique. Dans le chapitre des Étoiles 
fondamentales, on a ajouté six étoiles circompolaires australes 
dont les positions sont calculées de jour en jour. Les coordon- 
nées de la lune sont données, non seulement d'heure en heure 
pour le méridien de Paris, mais encore pour son passage à vingt 




204 



COMPTES RENDUS. 



quatre méridiens équidistants. Les observateurs situés en un 
point quelconque du globe pourront obtenir les éléments relatifs 
au passage à leur méridien, au moyen d'une interpolation assez 
simple. 

M. Loewy, membre du bureau des longitudes, chargé de la 
rédaction de l'Annuaire, signale encore, comme perfectionne- 
ment apporté à ce recueil, les changements et additions apportés 
aux tableaux thermochimiques par M. Berthelot; mais c'est 
par erreur qu'il laisse subsister, dans la préface, le passage 
suivant : « Dans un second Chapitre, le même auteur (M. Ber- 
thelot) expose succinctement les principes fondamentaux sur 
lesquels repose la Mécanique chimique ». En réalité, au grand 
regret des lecteurs de l'Annuaire, cet admirable résumé de 
Thermochimie, en a disparu depuis 1882. 

Les notices scientifiques sont les suivantes : 

I. Sur les grands fléaux de la nature par M. Faye (106 pages). 
L'auteur passe successivement en revue les famines, les inon- 
dations, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, 
les tempêtes, les trombes et les tornados. Nous avons indiqué en 
1875, dans la Revue, l'idée fondamentale de la Loi des tempêtes 
de M. Faye, loi qui, à cette époque, avait bien peu d'adhérents; 
mais aujourd'hui, elle a triomphé de presque tous les préjugés 
et domine la météorologie toute entière. 11 l'expose de nouveau 
ici, avec sa clarté habituelle et donne à l'appui, la description 
des ravages produit par un tornado, au Kansas, le 30 mai 1879, 
et celle de la trombe de Monville près Rouen, du 19 août 1845. 
Quant aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques, 
voici, en résumé, la manière dont M. Faye croit pouvoir les 
expliquer : L'idée du refroidissement progressif de la terre, 
dit-il, telle qu'elle a été admise par les grands géologues français 
et belges, n'a pas abouti complètement à expliquer- les faits 
que l'on a cru pouvoir y rattacher. Néanmoins l'hypothèse de 
la fusion ignée de la terre, à une période reculée, explique 
mieux ces faits qu'aucune autre, si l'on tient compte de la 
loi suivante (due à M. Faye), qui est le résumé d'une série de 
faits géodésiques parfaitement acquis : Le refroidissement et 
la solidification de la croûte terrestre vont plus vite et plus 
profondément sous les mers que sous les continents. L'épaisseur 
de la croûte terrestre solidifiée est donc beaucoup plus grande 
et la masse fluide inférieure est soumise à une pression plus 




COMPTES EENDUS. 



205 



forte sous les mers que sous les continents. Or cet excès de 
pression se propage en tout sens, dans la masse fluide interne; 
la croûte continentale moins épaisse doit céder à la pression 
qui s'exerce sur elle de bas en haut et être en voie d'exhausse- 
ment continu, tandis que la croûte sous marine, de plus en plus 
épaisse, s'affaisse avec lenteur. C'est ce que les faits confirment. 
Il y a des signes d'affaissement sous les océans et un exhausse- 
ment général des surfaces continentales, sauf en quelques loca- 
lités restreintes. Les phénomènes volcaniques se rattachent 
indirectement à ces mouvements généraux de la croûte ter- 
restre : Sous l'influence des mouvements de bascule des divers 
segments de cette croûte, l'eau des mers pénètre ici ou là, jusqu'à 
la masse ignée intérieure, à l'état pâteux ou liquide et forme 
avec elle, sous les lignes de fractures, des amas restreints et 
temporaires de laves foisonnantes, presque explosives, qui 
donnent naissance à des éruptions violentes, lorsqu'elles trou- 
vent une issue dans les couches plus ou moins attaquées de la 
croûte terrestre. Les tremblements de terre sont, d'après 
M. Daubrée, comme des éruptions volcaniques étouffées, dues 
à des corps gazeux à forte pression, tels que la vapeur d'eau 
suffisamment surchauffée, qui a pénétré peu a peu dans des 
régions très chaudes de la croûte terrestre, là où celle-ci, assez 
disloquée, est susceptible d'avoir des mouvements oscillatoires 
assez brusques. 

II. Mission en Océanie pour Inobservation de l 'éclipse totale 
du soleil du 6 mai 1883, par M. Janssen (31 pages). Cette 
notice est accompagnée d'une planche photographiée réprésen- 
tant la Couronne (la troisième et dernière atmosphère solaire) 
pendant l'Eclipsé. Voici les principaux résultats de la mission : 
1° Il est extrêmement peu probable qu'il existe une ou plusieurs 
planètes de quelque importance entre Mercure et le Soleil. 
2° La durée de Téclipse totale a été d'environ 5 minutes 24 
secondes. 3° La couronne a donné un spectre fraunhoférien 
complet : il existe donc, dans la couronne, une énorme quantité 
de lumière réfléchie et, comme l'athmosphère coronale est très- 
rare, il faut qu'il se trouve, dans les régions circumsolaires 
immédiates des corpuscules solides. 4° Les photographies de 
la couronne la montrent plus étendue qu'on ne la voit dans les 
lunettes ; le phénomène a paru limité et fixe, pendant la durée 
de la totalité. 5° L'intensité lumineuse de la couronne surpasse 
celle de la pleine lune. 



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206 



COMPTES RENDUS. 



III. Discours prononcé aux funérailles de M. Bréguet, par 
MM. Janssen et Cloué (10 pages). Louis Bréguet, né le 22 
décembre 1804, est mort le 27 octobre 1883. C'était un con- 
structeur extrêmement habile d'instruments scientifiques; c'est 
grâce à son habileté et à celle de Froment que Fizeau et Foucault 
purent faire, sur la lumière, les expériences célèbres qui déci- 
dèrent entre la théorie des ondulations et celle de l'émission. 
Il est pour ainsi dire le créateur de la Télégraphie en France. 
C'est lui qui a construit le régulateur astronomique dTvon 
Villarceau, le barogyroscope de M. Gilbert, professeur à l'uni- 
versité de Louvain, et une foule d'autres instruments. 

Comme on le voit, le volume de Y Annuaire de 1884 est digne 
des précédents et peut être recommandé aux lecteurs de la 
Revue, 



Annuaire de l'Observatoire de Montsouris pour l'an 1884. 
Météorologie Agriculture. Hygiène. Paris, Gauthier Villars. 
Un volume in-18 de 602 pages. Prix: 2 fr. 

La composition de l'Annuaire est encore restée la même que 
les années précédentes, dans sa partie générale. La notice sur 
les Moisissures et bactéries athmosphériques, par M. Miquel 
(426 pages) est la continuation de celle que nous avons analysée 
l'an dernier. P. M. 



Annuaire de l'Observatoire royal de Bruxelles, 1884, 
51 e année. Bruxelles, F. Hayez, 1883. Un volume in-18 de 
VIII-270 pages avec deux planches. Prix : fr. 1-50. 

L'annuaire de 1884 se compose, comme les précédents, d'Ephé- 
mérides contenant les principales données astronomiques pour 
cette année et de notices scientifiques. Voici l'indication som- 
maire de l'objet de celles-ci : 

1° La science appliquée et la science pure , par M. J. C. 
Houzeau (16 pages). Plaidoyer bien fait en faveur de la science 
pure précédé malheureusement de cette thèse paradoxale : 
Il n'y a guère de différence entre la civilisation gréco-romaine 
et la civilisation moderne, dans le domaine des arts, des mœurs, 



P. Mansion. 




COMPTES RENDUS. 



207 



dans la vie politique et même dans la forme des cultes. Il suffit 
de penser à l'état social du pauvre, de la femme et de l'enfant 
dans l'antiquité pour reconnaître ce que cette thèse a de 
singulier. 

2° Les villes les 'plus anciennes de V Europe, par M. J. C. 
Houzeau (16 pages). 

3° Logarithmes d'addition et de soustraction, par M. J. C. 
Houzeau (3 pages). Méthode ingénieuse pour trouver le loga- 
rithme de a-J-6, ou de a -b, quand on connait ceux de a et de b, 
au moyen d'une table de logarithmes des lignes trigonomé- 
triques. 

4° La Prostaphérése, par M r J. C. Houzeau (4 pages). Ancien 
procédé de multiplication au moyen des tables de sinus naturels 

5° Passage de Vénus du 6 décembre 1882. Les expéditions 
belges, par MM. J. C. Houzeau, L. Niesten, C. Lagbange, 
J. Niesten (34 pages et 2 planches). Les observations ont été 
faites avec un instrument spécial imaginé par M. Houzeau, 
Théliomètre à objectifs inégaux. Il permet d'obtenir deux images 
du soleil, Tune grande, l'autre petite, un peu inférieure à l'image 
de Vénus. Cette petite image du soleil, mobile au gré de l'obser- 
vateur, est projetée sur l'image de Vénus quand celle-ci est sur 
le disque solaire, de manière qu'elles aient même centre, ce 
que l'on reconnaît quand la planète déborde également, sous 
forme d'anneau noir, autour de la petite image solaire. L'hélio- 
mètre permet de trouver la distance des centres de la grande 
image et de la petite solaire ou, ce qui est identique, la distance 
du centre de la grande image du soleil et du centre de la planète. 
De cette distance observée un grand nombre de fois en deux 
endroits de la Terre suffisamment éloignés, on peut déduire la 
distance du Soleil à la Terre. 

6. La pluie en Belgique, par A. Lancastee (110 pages). Notice 
extrêmement intéressante mais difficile à résumer. Conclusion : 
le climat de la Belgique est devenu plus pluvieux depuis vingt 
ans. 

7. Marées sur les côtes de Belgique (9 pages). 

8. Astéroïdes découverts en 1883. par M. L. Niesten (3 pag ). 
On a trouvé quatre petites planètes jusqu'au 10 décembre. Le 
nombre de ces astéroïdes est donc maintenant 235. 

9. Comètes observées en 1883, par M. L. Niesten (3 pages). 



P. M. 



f 




208 



COMPTES RENDUS 



Manuel d'Arithmétique élémentaire, par J. Servais, 
professeur à l'athénée royal et à l'école normale d'institu- 
trices de Bruxelles. Théorie et Applications. Cinquième 
édition. Mons, Manceaux, 1884. Un volume cartonné, grand 
in-12 de 275 pages. Prix : fr. 2.50 

Le Manuel d'arithmétique de M. Servais est le seul en Bel- 
gique, croyons-nous, qui, sans avoir été adopté officiellement, 
soit arrivé à une cinquième édition. Ce succès est dû aux sé- 
rieuses qualités qui le distinguent, comme ceux de MM. Delville, 
Schoonjans et Gelin, de la foule des ouvrages écrits pour l'en- 
seignement moyen. Qu'il nous soit permis de reproduire une 
partie de l'appréciation que nous avons faite, ici même, il y a 
quatre ans, de la précédente édition. 

Ce livre, disions-nous, l'emporte sur beaucoup d'autres par 
la netteté des divisions et des subdivisions, par la précision des 
énoncés, par la clarté, la concision et la simplicité des explica- 
tions. Presque toujours les démonstrations ne sont ni trop 
longues ni trop brèves. On peut donc le mettre avec avantage 
entre les mains des élèves des écoles et sections normales pri- 
maires, des écoles moyennes et des classes latines des collèges 
et des athénées. Les professeurs d'arithmétique qui voudront le 
parcourir y trouveront maintes bonnes remarques qu'une longue 
expérience de l'enseignement a suggérées à l'auteur. 

Nous ne pouvons qu'accentuer ces éloges aujourd'hui que 
nous avons la cinquième éditiou du Manuel de M. Servais sous 
les yeux. L'auteur, en effet, y a introduit d'innombrables amé- 
liorations de détail, qui, sans en changer la physionomie géné- 
rale, le rendent encore plus pratique et mieux adopté à notre 
enseignement moyen. 

Qu'il nous soit permis de signaler quelques-unes de ces amé- 
liorations d'autant plus que beaucoup ont été suggérées à 
l'auteur par les observations contenues dans notre précédent 
compte rendu. Sur un seul point important, nous nous séparons 
partiellement de l'auteur et nous croyons devoir faire quelques 
réserves. 

Définitions préliminaires (n oi 1-5). L'auteur s'est mis à 
l'abri de nos critiques antérieures, ou bien en y faisant droit, 
ou bien en empruntant textuellement les définitions du nombre 
et des grandeurs aux excellentes Leçons de Méthodologie mathé- 
matique de M. Dauge. 




COMPTES RENDUS. 



209 



Nombres entiers (6-55). Numération (6-13). M. Servais a 
ajouté, avec raison, à ce chapitre très clair et très bien fait 
déjà dans la quatrième édition, un exposé sommaire de la nu- 
mération romaine. 

Opérations fondamentales (14-16) Addition et Soustraction 
(17-24). Cà et là, petites modifications. En note, la méthode 
des emprunts. 

Multiplication (25-42). L'auteur a gardé la définition générale 
de la multiplication, due à Cauchy, mais en ayant soin de 
signaler, pour les commençants, l'avantage qu'il y a à prendre 
la définition spéciale relative à la multiplication par un nombre 
entier. La subdivision des divers cas est la plus naturelle pos- 
sible (peut-être toutefois pourrait-on intervertir le 2 e et le 3 e ) 

7X4; 376 X 100; 376 X 4; 376 X 300; 376 X 304 ; 
cas* particulier : 6800 X 540. Le principe de l'interversion des 
facteurs est établi d'une manière intuitive aussi bien dans le 
cas de plusieurs que dans celui de deux facteurs. 

Division '43-52). Ici, nous avons une petite critique à faire. A 
l'exemple de Cirodde, M. Servais donne la définition générale 
de la division, puis essaie d'en déduire les deux définitions 
élémentaires : Diviser 45 par 7 c'est chercher combien de fois 
45 contient 7, ou c'est partager 45 en 7 parties égales 1 . 11 y a là, 
comme nous l'avons fait remarquer plusieurs fois, un défaut au 
point de vue logique, qui provient de ce que l'on a peur de définir 
les fractions en même temps que la division, quoique ce soit à 
propos de la division que les fractions s'introduisent naturelle- 
ment en arithmétique. Il suffirait de fondre le n° 144 du manuel 
de M. Servais avec les n os 43 et 44 pour que l'exposition fut 
irréprochable au point de vue logique 2 . 

Au reste, ce petit défaut n'influe en rien sur l'exposé des 
divers cas de la division, parce que M. Servais ne s'appuie que 
sur la première définition élémentaire de la division. Cet exposé 
est fait avec clarté et rigueur. On sait que chez Cirodde il n'en 
est pas de même (au moins dans la 17 e édition que nous avons 
sous les yeux) : le raisonnement de cet auteur pour prouver que, 



1 Suivant nous, ces définitions sont les seules dont il faille parler en cet 
endroit ; la définition générale de la division doit se donner à propos des 
fractions. 

* De même, chez Cirodde, il faudrait réunir le n° 94 aux n°" 44-45. 



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210 



COMPTES RENDUS. 



dans la division de 421246 par 768, on trouve le premier chiffre 
du quotient en cherchant combien de fois 4212 contient 768 ne 
s'applique pas au cas où le dividende serait 421200. En outre, 
Cirodde a le tort de ne considérer que deux cas 45 : 7 et 451246 : 
768. M. Servais, avec raison, a traité de plus explicitement le 
cas 4512 : 768, afin de diviser davantage les difficultés, et dans 
une remarque du n° 48, il dit un mot du cas 4512 : 7. La division 
explicite en ces quatre cas : 

45: 7; 4512:7; 4512: 768; 451246: 768 
est celle qui se rencontre en pratique, quand on enseigne le calcul 
aux enfants; au point de vue pédagogique, c'est la meilleure, 
parce que, dans le second, l'élève apprend à décomposer une 
division en divisions partielles ; dans le troisième, comment on 
altère le diviseur pour ramener l'opération au premier cas ; dans 
le quatrième cas, on rencontre les difficultés du second et du 
troisième cas réunies, mais aucune n'est plus nouvelle. 

N° 50. Ce théorème est vrai, même si la division ne se fait pas 
exactement. 

Applications (53-55). Très bon chapitre encore enrichi d'exem- 
ples nouveaux. M. Servais fait connaître incidemment les pro- 
cédés principaux du calcul mental. 

Propriétés des nombres (56-104). Cette partie du Manuel, 
peut-être un peu trop concise dans la quatrième édition, a reçu 
des développements et des compléments en divers endroits et 
est, croyons-nous, irréprochable. 

Nombres décimaux (105-123). 11 en est de même de ce v cha- 
pitre, sauf une petite difficulté dans la théorie de la division, 
provenant de ce que la notion d'un quotient fractionnaire 
(n° 144) n'est pas exposée à sa place naturelle, comme nous avons 
dit plus haut. 

Système métrique (124-139). L'auteur définit exactement 
le mètre et le franc légal, ce qui n'est pas le cas pour plusieurs 
traités. Au n° 137, il a eu l'heureuse idée de donner un tableau 
complet des mesures décimales et de leurs équivalents, ce qui 
est très utile pour les élèves. N'aurait-il pas fallu dire qu'en 
physique et en biologie on appelle micron le millième de milli- 
mètre et faire remarquer que kilo, hecto, déca, deci, centi, milli 
gardent leur sens naturel chaque fois que l'unité à laquelle ils 
sont associés est désignée par un seul mot? L'un des principaux 
avantages du système métrique est de permettre de calculer le 



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COMPTES RENDUS. 



211 



poids d'un corps de volume et de densités donnés : cette re- 
marque devrait être ajoutée au n a 138. 

Fractions ordinaires (140-176). Il y a dans cette section de 
l'ouvrage, déjà très bien faite dans la quatrième édition, diverses 
petites modifications qui prouvent avec quel soin Fauteur a revu 
son livre. Dans le 2° du n« 151, les mots (la valeur de la fraction) 
se rapproche de Vunité et, par suite, ont été oubliés. 

Fractions périodiques (177-188). Ce chapitre a été remanié 
au point de vue de la théorie des limites. La recherche de la 
limite d'une fraction périodique est traitée rigoureusement et 
Tordre dans lequel se succèdent les différents théorèmes est 
logique et tout à fait convenable. Le n° 183 aurait dû être 
intitulé : Esquisse d'une autre démonstration et commencer par 
les mots : on peut prouver que. 

Nous avons déjà signalé dans notre compte-rendu précédent 
l'heureuse inspiration pédagogique de l'auteur en énonçant 
explicitement le théorème I, n° 184 : Le numérateur de la géné- 
ratrice d'une fraction décimale périodique mixte ne peut être 
terminé par un zéro. 

Nombres complexes (189-196). L'auteur a fait connaître, 
dans cette nouvelle édition, les monnaies hollandaises et les 
mesures, poids et monnaies de l'Allemagne. 

Puissances et racines des nombres (197-230). Chapitre 
augmenté de nouveaux exemples et de nouveaux exercices et 
complètement remanié dans la démonstration relative au pre- 
mier chiffre de la racine carrée et de la racine cubique. Cette 
démonstration, dans la quatrième édition, avait été faite, quant 
au fond, d'après celle de Cirodde, qui est fautive, pour la raison 
donnée plus haut à propos de la division. 

Proportions (230-246). Problêmes spéciaux (247-256). A 
peu près comme dans la quatrième édition à part de nombreux 
problèmes nouveaux. 

Des différents systèmes de numération (257-264). Aussi 
sans changement notable. 

L'exécution typographique du Manuel de M. Servais est plus 
soignée que dans l'édition précédente. Les parties de l'ouvrage 
qui sont trop difficiles pour des commençants sont imprimées 
en petit texte, ainsi que les remarques et observations acces- 
soires qu'il importe de signaler aux élèves sans trop y insister. 
En tête de chaque subdivision du livre il y a un sommaire 




212 



COMPTES BENDUS. 



très utile pour l'étudiant qui veut rapidement revoir les matières 
(jui y sont exposées. Les principales sections sont suivies d'ap- 
plications bien choisies à propos desquelles l'auteur passe en 
revue tous les problêmes usuels de l'arithmétique et fiait con- 
naître les meilleurs procédés de solution. 

Bref, dirons-nous, pour terminer, comme en 1S7!>, et, à plus 
juste titre encore, le Manuel de M. Servais, correctement et 
méthodiquement écrit, rigoureux, clair et concis, répond tout- 
à-fait aux exigences de nos programmes (celui de la première 
scientifique excepté', parce qu'il est théorique et pratique à 
la fois, dans une juste mesure, comme il convient à un ouvrage 
destiné à des élèves. 



Bremikers logarithmisch-trigonometrische Tafeln mit 
fUnf Decimastellen. Vierte Stereotyp-Auflage besorgt von 
D r A. Callius, Professor am Kbnigstcidtischen Oymnasium in 
Berlin Berlin, Weidmannsche Buchhandlung 1883. Un volume 
in-8° de 184 pages Prix : 1 marc 20= 1 franc 50. 

Nous avons déjà rendu compte deux fois, dans la Revue 
(t. XV, 1873, p. 331-332; t. XX, 1877, p. 128), de cet admirable 
petit manuel logarithmique. Il a encore été amélioré depuis la 
mort de Bremiker. Le nouvel éditeur y a ajouté, une table à sept 
décimales des logarithmes des nombres de 10,000 à 11,000 pour 
le calcul des intérêts composés et des annuités; puis les valeurs 
naturelles des fonctions trigonométriques pour chaque degré du 
quadrant. 

L'exécution typographique de ces Tables de Bremiker est, 
croyons-nous, sans rivale : il est impossible de disposer mieux 
les logarithmes des nombres et des lignes trigonométriques que 
dans ce petit livre. Chaque double page contient ou bien les 
logarithmes de mille nombres, ou bien les logarithmes des 
sinus, cosinus, tangente et cotangente de deux degrés (par 
exemple, le 12* degré et le 77 e ). L'auteur, d'accord avec tous les 
praticiens, rejette l'emploi de deux ou trois unités en trigonomé- 
trie (le degré, la minute, la seconde); il n'en garde qu'une seule, 
le degré, qui, dans ses tables, est subdivisé en cent parties. 

La Préface fait très bien ressortir la raison des dispositions 



P. Mansion. 




COMPTES KENDUS. 



213 



adoptées par l'auteur; l'introduction contient l'explication des 
tables. Par une bizarrerie que nous ne nous expliquons guère, 
Tune et l'autre sont rejetées après les Tables, ce qui est assez 
singulier (Fbrwort. Die nacAstehende Tafel, etc. Il aurait fallu 
dire : Nachwort. Die vorsteheude Tafel, etc.). 

En Belgique, on s'obstine à mettre entre les mains des élèves 
les tables mal imprimées, mal disposées de Lalande et Marie, 
contenant les logarithmes des nombres de 1 à 10,000 à sept déci- 
males Ces tables trop étendues et d'un emploi difficile sont 
éminemment propres à dégoûter les élèves de la pratique des 
calculs numériques; de plus, elles leur font croire que l'on peut 
trouver avec sept figures exactes les logarithmes ou les nombres, 
par interpolation, ce qui est faux. Il vaudrait beaucoup mieux 
que les élèves eussent à leur disposition un manuel semblable à 
celui de Bremiker, avec une introduction en français, si on la 
croyait nécessaire ! . P. M. 



En donnant les sommaires d'un certain nombre de recueils 
périodiques, nous n'indiquerons pas toujours tous les articles 
qui y sont contenus; nous signalerons surtout ceux qui nous 
paraîtront de nature à intéresser spécialement les professeurs 
et les hommes d'étude qui lisent notre Revue. 

Revue critique d'histoire et de littérature, recueil hebdomadaire publié 
sous la direction de MM. S. Guyard, L. Havet, G. Monod, G. Paris. 

Sommaire, du 24 Mars : Daobert, Sénèque et la mort d'Agrippine. — 
Revue internationale pour les études de linguistique, p. p. Teohmer 
(Michel Bréal). — Thèses de M. Portier : Les terres cuites dans les tom- 
beaux grecs et les lécythes blancs attiques à représentations funéraires . 

— Du 31 : Anciennes inscriptions de Ceylan, p. p. E. Mtlller (A. Barth)« 

— Oollitz, Deecke, Bechtel, Fiok, Collection des inscriptions dialec- 
tales grecques (Emile Baudat). — Joret, Des rapports intellectuels et 
littéraires de la France avec l'Allemagne avant 1789 (T. de L.). — Du 



1 II y a une erreur dans Y Introduction, p. 176, ligne 6 à partir d'en bas, 
dans la valeur de A. 

TOME XXVI II. 15 



PÉRIODIQUES. 




214 



PÉRIODIQUES. 



7 Avril : Delatre, Le peuple de l'empire des Mèdes jusqu'à la fin du règne 
de Cyaxare (James Darmesteter). — Géographie de Ptolémée, I, p. p. 
C. Mtiller (P. Vidal-Lablache). — W. Scberer, Histoire de la littérature 
allemande, vn-ix (A. Bossert). — Du 14 : Cauer, Choix d'inscriptions 
grecques (Emile Baudat). — Harder, Index du commentaire de Laoh- 
mann sur Lucrèce (Max Bonnet). — Mispoulet, Les institutions politiques 
des Romains. II (Camille Jullian). — Travaux dédiés par les élèves 
d'Arnold Sehseter à leur ancien maître (G. Lacour-Gayet). — De Beau- 
court, Histoire de Charles VII, IL Le roi de Bourges (Ant. Thomas). — 
Variétés : Deux lettres intimes de M. et M me Roland (L. Marillier). — 
Du 21 : Alph. Willems, Notes et corrections sur l'Hippolyte d'Euripide 
(Théodore Reinach). — H. Schiller, Histoire de l'empire romain de la 
mort de César à l'avènement de Vespacien (Camille Jullian). — Du 28 : 
Weissenborn, Les racines irrationnelles chez Archimèdes et Héron (L. 
Heiberg). — Les Ecclesiazusae et les Thesmophoriazusœ d'Aristophane, 
p. p. de Velsen (Albert Martin). — Mémoires de la Société philologique 
de Cambridge, p. p. Postgate (Alfred Croiset), — Boissière, L'Algérie 
romaine (Camille Jullian). — Inscriptions de la France du v e au xviii e 
siècle, p. p. F. de Guilhermy et R. de Lasteyrie Emile Molinier).— 
Gœthe, Campagne de France, p. p. A. Chuquet (Ch. JA — Du 5 mai : 
Keil, Corrections au texte de Varron. — Enmann, Une histoire perdue 
des empereurs romains et le De viris illustribus (Camille Jullian). — 
Hertz, La jeunesse d'Ottfried Mûller. — Dezeimeris, Corrections et 
remarques sur le texte de Virgile et d'Ausone (Henri de la Ville de 
Mirmont). — Gaullieur, Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans 
le ressort du Parlement de Guyenne, L 1523-1563 (Edouard Bourciez). — 
Gœthe, Gœtz de Berlichingen, p. p. Bœchtold (C). — D'Ideville, Le 
maréchal Bugeaud, II et III. — Craven, Le prince Albert de Saxe- 
Cobourg, époux de la reine Victoria (Albert Sorel). — Lamansky, 
Secrets d'état de Venise (L. Léger). — Du 12 : Homolle, Les Romains 
à Délos (Camille Jullian). — Et. Chastel, Histoire du christianisme, IV 
et V. Age moderne (M. N.). — Lettres de Philippe II à ses filles les 
infantes Isabelle et Catherine, p. p. Gachard (Alfred Morel Fatio). — 
Thèses de M. Ant. Thomas : Jean de Mon treuil etFrancesco deBarberino 
et la littérature provençale en Italie au moyen-âge. 

Société royale belge de Géographie. Bulletin publié par les soins de 
M. J. Du Fief, secrétaire général de la société; 8« année. 1884. N° 1. 
Janvier -Février. 

Sommaire : C. Ruelens. Atlas topographique des villes des Pays-Bas au 
xvi e siècle, par Jacques de De venter. — A.-J. Wauters. Le Congo entre 
l'Équateur et l'Océan. — A. Bamps. La cinquième session du Congrès in- 
ternational des Américanistes. — Buonfanti. Le Sahara et le Soudan occi- 
dental. — Géographie commerciale. — E. Suttor. Chronique géographique. 
— Europe. — Asie. — Afrique. — Amérique. — Océanie. — D r Janssens. 
Bulletin trimestriel de statistique démographique et de géographie médi- 




PÉRIODIQUES. 



215 



cale. Année 1883, 4 a trimestre. — Résumé annuel de statistique sanitaire 
comparée. Année 1883. 

Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, nouvelle 
série, continuée sous la direction de MM. O. Riemann et E. Châtelain, 
Année et tome VIII. 2 e livraison. 30 Avril 1884. 

Sommaire : Le mariage des soldats romains, par J.-B. Mispoulet. — 
Virgile, Géorgiques, I, 100-101, par L. Havet. — Les scolies d'Aristo- 
phane et la Bibliothèque d'Apollodore, par P. Decharme. — Des particules 
enclitiques que, ne, ve après un e bref, par Émile Thomas. — Malum ! 
quelle folie, par ). — Remarques sur un tarif récemment découvert à Pal- 
myre, par R. Cagnat. — Varroniana, par L. Havet. — Virgile, Éloge de 
l'Italie, par L. Havet. — Le ciseleur Mentor, par L. Havet. — LeVaticanus 
90 (r) de Lucien, par P. de Nolhac. — Laevius ap. Charis. 288, par 
L. Havet. — Bulletin bibliographique. — Revue des revues et Publica- 
tions d' Académies relatives à l'antiquité classique. 

Jahresberioht uber die Fortschritte der olassisohen Alterthums- 
wissensohaft, herausgegeben von Iwan Mûllêr. Viertes Hel't. Berlin, 
Caivary 1883. 

Erste Abtheilung. Bericht ûber die Erscheinungen auf dem Gebiete der 
griechischen und romischen Metrik. Vom oberlehrer Prof. Dr. Richard 
Klotz in Leipzig iSchluss folgt). 

Neue Jahrbûoher fur Philologie und Paedagogik, herausgegeben von 
D r Alfred Fleckeisen und Dr. Hermann Masius. Leipzig, Teubner 1884. 
Zweites Heft. 

Erste Abteiluug (129b Band). — Anz. v. 0. Benndorf : griechische und 
sicilische vasenbilder. 4 lieferungen (Berlin 1869—83). von E. Petersen 
in Prag. — Pausanias und seine anklàger. von J. H. Ch. Schubart in 
Kassel. — Zu Aischines rede gegen Ktesiphon. von C. Troost inFranken- 
stein (Schlesien). — Zur ûberlieferung von Ciceros briefen. von L. Men- 
delssohn in Dorpat. — Beitrage zu Polybios. 1. von Th. Bùttner-Wobst 
in Dresden. — Uber einige spuren einer periphrastischen conjugation in 
den italischen dialekten. von H. Baiser in Mainz. — Statistisches zu 
Homeros und Vergilius. von M. Schneidewin in Hameln. — De anno 
natah T. Lucretii poetae. von J. Woltjer in Amsterdam. — Horazische 
composition [carm. I G], von Th. Plùss in Basel. 

Zeitsohrift fur das Gymnasial-Wesen, herausgegeben von H. Kern 
und H. J. Mùller— Kerlin, 1884. 

April. — I. Abteilung. Abhandlungen. Ueber Konzentration im latei- 
nischen Unterricht. Von Gymnasial-direktor Prof. Dr. H. Schiller in 
Giessen. — Bemerkungen zu lateinischen Uebungen und Uebungsbùchern 
im Anschluss an die Lektùre. Von Dr. Fr. Mùller in Salzwedel. 

II. Abteilung. Litterarische berichte. H. Jacoby, Allgemeine Pàdagogik, 
angez. von Geheimrat Dr. W. Schrader in Halle a. S. — J. Chr. G. Schu- 




216 



PÉRIODIQUES. 



mann, Gotthold Ephraim Leasings Schuljahre, angez. von H. Kern. — 
J. Ley, M. Tullii Ciceronis Cato major, angez. von Prof. Dr. S. Brandt in 
Heidelberg. — E. Schulze, Adiumenta latinitatis, angez. von Gymnasial- 
direktor J. H. Schmalz in Tauberbischofsheim. 

Philologischer Anzeiger, berausgegeben von Ernst von Leutsch, Gôt- 



Inhalt des zweiten und dritten heftes (februar und màrz) 1884. 

Sylloge in8criptionum Boeoticarura ed. Guil. Larfeld. — Urlichs, L. v., 
Pergamenische inschriften. — Fick, Aug., die homerisehe Odyssée in der 
urspriinglichen sprachform wiederhergestellt. — Rumpel, Jo., Lexicon 
Pindaricum. — Schneider, G., Plato's auffassung von der bestimmung des 
menscben. — Uhlig, G., zur wiederherstellung desàltesten compendiums 
der grammatik. — Wachsmutb, Curt, die Wiener apophthegmensamm- 
lung. — Stamm, P., adnotationes grammaticae et criticae ad Ciceronis de 
Divinatione libros. — Unger, G. F., Kyaxares und Astyages. — Schàfer, 
Arnold, abriss der quellenkunde I. 3. aufi. II. — Dum, G., entstehung des 
spartanischen ephorats. — Szântô, E., untersuchungen ûber das attische 
bùrgerrecht. — Devaux, Paul, études politiques sur les principaux événe- 
ments de l'histoire romaine. — Kuhnert, Ern., de cura statuarum. — 
Gerber, A., naturpersonification in poésie und kunst. — Symbolae 
loachimicae. 

Irihalt des vierten heftes (april). 

Umbrica interpretatus est Fr. Buecheler. — Babrius , edited . . . by W. 
G. Rutherford. — C. Clasen, historisch-kritische untersuchungen ùber 
Timaios — Th. Bergk, fùnf abhandlungen zur geschichte de griechischen 
philosophie und astronomie. — Scholia Hephaestionea altéra intégra pri- 
mum édita a W.Hoerschelmann. — R. Hirzel, untersuchungen zu Cicero's 
philosophischen schriften. Bd. II. — Sylloge inscriptionum Graecarum. 
Edidit G. Dittenberger. — K. Fr. Hermann, lehrbuch der griechischen 
alterthûmer. Bd. IV, herausgegeben von H. Blûmner. — H. Schiller, 
geschichte der rômischen kaiserzeit 1,2. 

Philologue. Zeltsohrlft far das klassisohe Alterthum, herausgegeben 
von Ernst von Leutsch. — 1884. — Gôttingen. 

Inhalt des vierten heftes. — Abhandlungen. — Ueber den chor in 
Aristophanes Babyloniern. von H. Schrader. — Zu Valerius Maximus. 
von A. Eussner. — Plutarchs bericht ûber das bergwerksgesetz des 
Themistokles. von L. Holzapfel. — Zu Vellejus Paterculus. von A. 
Eussner. — Au^tpafvw, àu^éfoca/Aa, Svs%kptia., Svçxtpriç. Von H. von Kleist. — 
Zu L. Senei'a Dial. VIII, 5. von A. Eussner. — ElprjvoftàoiÇ bei Aeschines. 
von G. Leue. — Zu Vellejus Paterculus II, 85. von A. Eussner. — Zur 
kritik einiger quellenschriftsteller der rômischen kaiserzeit. von Fr. 
Gôrres. — Zu Cicero Or. 52, 174. von A. Eussner. 

Jahresberichte. — Thukydides* Dritter artikel. von L. Herbst. 



tingen. 




PÉRIODIQUES. 



217 



Philologisohe Rundschau, herausgegeben von Dr. C. Wagener und 
Dr. E. Ludwig in Bremen 1884. 

22 Mârz 1884. J. H. v. Kirchmann, Aristoteles' sophisticho Wider- 
legungen; ders., Erlàuterungen zu Aristoteles' sophistischen Wider- 
legungen (A. Bullinger) — H. Sauppe, Emendationes Plutarcheae (C. 
Stegmann). — C. Krumbacher, De codicibus, quibus Interpretamenta 
Pseudodositheana nobis servata sunt (G. Knaack). — H. Nohl, Ciceronis 
oratio pro Sex. Roscio Amer (G. Landgraf:. — J. Huemer, Die Epitome 
des Grammatikers Virgilius Maro (H. Rônsch). — J. Frantz, Die Kriege 
der Scipionen in Spanien (Hesselbarth). — H. Finâly, Der altromische 
Kalender (W. Soltau). 

29 Màrz. Baenitz, Bemerkungen zum I. und II. Bûche der Ilias (A. 
Gemoll). — R. C. Jebb, Sophoclis Oedipus Tyrannus (N. Wecklein). — 
J. H. v. Kirchmann, Aristoteles' sophistische Widerlegungen ; ders., 
Erlàuterungen zu Aristoteles' sophistischen Widerlegungen (A. Buliinger). 

— C.Pfaff, De diversis manibus, quibus Ciceronis de re publica libri in 
codice Vaticano correcti sunt (A. Strelitz). — V. Casagrandi, La bataglia 
di Maratona t Hesselbarth). — Hill, Der achàische Bund seit 168 v. Chr. 
(R. Schmidt). - G. Olivati, StoriaRomana (W. Soltau). 

5 April. — R. Hansen, Xenophons Anabasis (R. Bodenstein). — J. E. 
C. Welldon, The Polities of Aristotle (R. Shute). - P. Hôhn, De codice 
Blandinio antiquissimo (J. Hàussner). — J. A. Washietl, De similitudini- 
bus imaginibusque Ovidianis S.). — G. Landgraf, Ciceros Rede fur Sex. 
Roscius (K. E. Georges;. — V. Gardthausen, Mastarna oder Servius 
Tulliu8 (C. Pauli). — L. Buchhold, De paromoeoseos apud veteres Roma- 
norum poetas usu (W. Ebrard). — Fr. A. Heinichen, Ubungen im lat. 
Stil (E. Mûller). 

12 April. A. Pretor, The Anabasis of Xenophon (R. Hansen). — Fr. 
Marx, Studia Luciliana; M. Kleinschmidt, De Lucili Saturarum scriptoris 
génère dicendi (J. Woltjer). — Haenirke, Zu Cic. orat. de lege agraria 
(Hesselbarth.. — J. Lippert, Allgemeine Geschichte des Priestertums (z.). 

— W. Schmitz, Monumenta tachygraphica codicis Parisiensis Latini 2718 
(0. Lehmann). — Th. Bergk.Kleine philologische Schriften, l.Band(ChL). 

— H. Menge, Repetitorium der griech. Syntax (H. Gidionsen). — W. 
Brambach, Hùlfsbùchlein fur lat. Rechtschreibung. — Fr. Mezger, 
Ubungen des lat. Stils (— i — .). 

19 April. E. Piccolomini, Sulla morte favolosa di Eschilo, Sofocle, 
Euripide, Cratino (Wecklein). — P. Pappageorg, Beitrage zur Erklârung 
und Kritik des Sophokles (Heidr. Mûller). — Karlowa, Bemerkungen zum 
Sprachgebrauch des Deraosthenes (Sôrgel). — R. Bodenstein, Studien zu 
Ovids Heroides (H. St. Sedlmayer). — Th. Opitz, In Julio Floro spicile- 
gium criticum (C. W.).— J.Hôhle, Arkadien vor der Zeit der Perserkriege 
(Hahn). — J. Marquardt, Handbuch der rôm Altertùmer (Egelhaaf). — 
J. Jung, Leben und Sitten der Rômer in der Kaiserzeit (Schaeffer). — 
F. Hand's Lat. Ubungsbuch, bearbeitet von H. L. Schmitt ( — d. - J. — 




218 



PÉRIODIQUES. 



Ch. Hennings, Elementarbureb. IV. Abteilung (W. Volîbrecht). — H. 
Flach, Wûrttemberg und die Philologie (Egelhaaf). 

26 April. M. Schanz, Platonis opéra. Vol. VI, fasc. II (Nusser). — 

E. Anspach, De Bacchidum Plautinae retractatione scaenica (P. WeisC. 

— Hugo Meyer, Indogermanische Mythen 1. Gandharven-Kentauren 
(C. de Harlez). — H. Schiller, Geschichte derrôm. Kaiserzeit. 1. Band, 
2. Abteilung (Egelhaaf). — M. Bréal, Excursions pédagogiques (C. Th. 
Lion). — J. Langl, Bilder zur Geschichte fur Gymnasien (H. Neuling). — 
Th. Heine, Methodische Behandlung des lat. Genetivs (M. Heynacher). 

3 Mai. C. Bruch, Ausgewàhlte Dramen des Euripides (R. Hendess). — 
H. van Herv;erden, Thu'ydides (J. SitzlerK — F. W. Mùnscher, Gliede- 
rung des Platonischen Protagoras und dreier Staatsreden des Demosthenes 
(Sôrgel). — Karl Penka, Origines Ariacae (G. A. Saalfeld). — G. Boissier, 
La légende d'Enée (G. Egelhaaf). — E. Schulze, Adiumenta Latinitatis. 

— H. Koziol, Lat. Ubungsbuch (K. Riedel). 

Berliner Philologische Woohenschrift, herausgegeben von Chr Belger, 
O. Seyffert und K. Thiemann. 1884. Calvary. 

15 Mârz. — Originalarbeiten : A. Otto, Propertiana. — Reoensionen 
und Anzeigen : A. Frànkel, Die Quellen der Alexanderhistoriker 
(H. Crohn). — H. Hesselbarth, Histor.-krit. Untersuchungen im Bereiche 
d. dritten Dekade des Livius. — A. Vollmer, Die Quellen der dritten 
Dekade des Livius. — Titi Livii historiarum Romanarum liber primus 
ed. L. C Purser. — E. Grunauer, Kritische Bemerkungen zum Texte 
des Livius. — Titi Livii ab urbe condita liber XXI ex rec. A. Frigellii. 

— A. Frigell, Epilegomena ad T. Livii librum vkesimum primum. — 

F. Léonard, Octavius de Minucius (Rônsch). — J. Sohrammen, Uber 
die Bedeutung der Formen des Verbum (Kohlmann). — Auszûge aus 
Zeitschriften etc. 

22 Màrz. Originalarbeiten : A. Otto, Propertiana. — Reoensionen 
und Anzeigen : C. Abel, Uber den Gegensinn der Urworte (Herm. 
Ziemerj. — C. Krieg, Grundriss der Rômischen Altertùmer (P.Brennecke;. 

— Ed. Gellens-Wilford, La famille et le cursus honorum de l'empereur 
Septime Sévère (H. Schiller). — G. O. Wittstein, Die Naturgeschichte 
des Cajus Plinius Secundus (H Detlefsen). — H. Schweizer-Sidler, 
Cornelii Tacitî Germania (A. Eussner). — R. Lindemann, Beitrâge zur 
Charakteristik K. A. Bôttigers und seiner Stellung zu J. G. v. Herder 
(H. Duntzer . — Augzùge aus Zeitschriften etc. 

29 Màrz. — Originalarbeiten : A. Otto, Propertiana. — Reoensionen 
und Anzeigen : Aristophanis Thesmophoriazusae rec. A. v. Velsen, 
(W. Uckermann). — L. Gurlitt, Die Briefe Ciceros an M. Brutus (J. H. 
Schmalz). — Titi Livii ab urbe condita libri XV1I1— XXIV par O. 
Riemann et E. Benoist. — E. Zeller, Grundriss der Geschichte der 
griechen Philosophie (F. Lortzing). — F. Nitzsch, Luther und Aristoteles 
(A. B.). — Auszûge aus Zeitschriften etc. 

5 April. — Originalarbeiten : Der gegenwàrtige Stand der topo- 




PÉRIODIQUES. 



219 



graphisoh-archaologischen Aufnahmearbeiten in Attika und Grie. 
ohisohe Topographenleiden. — Reoensionen und Anzeigen : A. Grant^ 

Story of the University of Edinburgh (J. Kirkpatrick). — F. Perez, Sopra 
Filone Alessandrino (Siecrfrid ) . — Extracts from Martial by W. Y. Sellar 
and G. G. Ramsay (L. Friedlaender). — V. Casagrandi, La Battaglia 
di Maratona (G. Hertzbergi. — H. Nissen, ltalische Landeskunde (A. 
Holm). — E. Chaveneau, Inspecteur de l'Université en retraite, Rome 
ancienne. Son organisation administrative et militaire (M. Voigtj. — 
R. Bonn, Olympia (Ad. Bôtticherh — Th. H. Dyer, The city of Rome. 

— H. M. Westropp, Early and impérial Rome. — E. Egger, La tra- 
dition et les réformes dans l'enseignement universitaire (A. Krohn). — 
Anszûge ans Zeitschriften etc. 

12 April. — Originalarbeiten : Griechische Topographenleiden. 

— Reoensionen und Anzeigen : A. Grant, Story of the University of 
Edinburgh (J. Kirkpatrick). — H Nissen, ltalische Landeskunde (A. 
Holm). — O. Abel, Uber deu Ursprung der Sprache. — Sohoiia in Pin- 
dari epinioia ad librorum mss. fidem ed. E. Abel. — Anszûge ans 
Zeitschriften etc. 

19 April. — Originalarbeiten : A. Otto, Propertiana. — Reoensionen 
nnd Anzeigen : O. Abel, Slavic and Latin (H. Ziemerï. — K. Thiemann, 
Kurzgefasste Homerische Formenlehre (R. Peppmûller). — Orphei 
Lithica. Accedit Damigeron de Lapidibus rec. E. Abel (G. Knaack). — 

E. Hoffmann, Studien auf dem Gebiete der lat. Syntax (G. Landhraf . — 
J. Merkel. Abhandlungen aus dem Gebiete des rômischen Rechts (M. 
Voigt). — G. Treu, Sollen wir unsere Statuen bemalen? Ein Vortrag 
(Chr. B.). — Anszûge ans Zeitschriften etc. 

26 April. — Originalarbeiten : R. Westphal, Platos Beziehungen 
zur Musik. — Reoensionen nnd Anzeigen : R. Hansen, Xenophons 
Anabasis (J. Sitzler). — W. Gemoll, Untersuchungen ùber die Quellen, 
den Verfasser und die Abfassungszeit der Geoponica (O. Keller). — 
L. Mûller, Quintus Ennius (O. Seyffert). — E. Pottier, Quam ob causam 
Graeci in sepulcris figlina sigilla deposuerint (A. Furtwàngler). — E. 
Pottier, Etude sur les lécythes blancs attiques à représentations funé- 
raires (A. Furtwàngler). — Anszûge ans Zeitschriften etc. 

3 Mai. — Originalarbeiten : R. Westphal, Platos Beziehungen zur 
Musik. — Reoensionen nnd Anzeigen : Aischylos' Agamemnon erkl. 
von Schneidewin (R. Westphal). — Sophokles' Werke ûbers. von 
V. Pfannschmidt (F. K.). — Euripides' Medea von W. Baner. — 
Euripides' Helena von O. S. Jerram. — Euripides' Hecuba von J. B. 
u. A S. Walpole (Kinkel). — Thucydide, Morceaux choisis par A. Croiset 
(E. Lange). — E. l'Olivier, La Méthode de Platon (A. Krohn). — G. P. 
Weygoldt, Die Philosophie der Stoa (A. Krohn). — L. Toldo, I Carmi 
di Caio Valerio Catullo (R. Westphal). — Ovide, Les Amours par 

F. Lemaistre. Traduction, précédée d'une étude par J. Janin(Harnecker). 

— O. Fumagalli, Phaedri Augusti Liberti Fabulae Aesopiae (O. Har- 
necker). — Pline la Jeune, Choix de lettres par A. Waltz (iwan Mûller), 



Digitized by 



220 



PERIODIQUES. 



— F. J. Brookmann, System der Chronologie. — J. Bender, Notât iones 
oriticae ad Eu«ebii chronologiam (H. Peter). — Maynz , Esquisse histo- 
rique du droit criminel de l'ancienne Rome (Ryck). — Auszùge ans 
Zeitsohriften et(;. 

Woohensohrift fiir Klassische Philologie, unter mitwirkung von Georg 
Andresen und Hermann Heller, herausgegeben von Wilhelm Hirsch- 
felder. Leipzig, Freitag, Prag. Tempsky. 

26 Mârz. — Rezensionen und Anzeigen : Frankel, Quellen der Alexan- 
der-Historiker (Evers). — Chaignet, Essai sur la psychologie d'Aristoto 
(EnckenK — Ciceros Ausgewàhlte Reden von Halm. VII. 'Nohl). — 
Schônberg, Der Hitopadescha. Altind. Màrchen (0. G.). — Appel, De 
génère neutro intereunte in ling. lat. (Eyssenhardt). — Gehring, Griech. 
Elementarbuch zur Homerlektûre (Gemoll). — Auszùge aus Zeit- 
schriften etc. 

2 April. — Rezensionen und Anzeigen : Rangabé, '0 xa&' "O^ov olxiaxè; 
pioi (Gemoll). — Gerhard, Etruskische Spiegel. V. Bd. (Blùmer). — 
Ciceronis orat. pro S. Roscio ed. Nohl (Lehmann). — Gurlitt, Die Briefe 
Ciceros an M. Brutus (Meyer). — Binsfeld, Festschrift von Coblenz 
(Eufsner). — Schrammen, Bedeutung der Formen des Verbums (Stolz). — 
Harre, Hauptregeln der latein. Syntax (Pruniers). — Auszûge aus Zeit- 
schriften etc. • 

9 April. — Rezensionen und Anzeigen : Meyer, Indogermanische 
Mythen (Gruppe). — Milchhôfer, Anfànge der Kunst in Griechenland 
(Gruppe). — Lohr, Aus dem alten Rom (Jung). — Salin st von Lallier 
(Eufsner). — Auszùge aus Zeitschriften etc. 

1 6 April . — Rezensionen und Anzeigen : Schrader, Sprachvergleichung 
u. Urgeschichte (Gruppe). — Ziemer, Vergleichende Syntax (Kautzmann). 

— Wôlfflin, Archiv fiir latein. Lexikographie. I. (L. G.). — Ciceros 
Sestiana von Bouterwek (Du Mesnil'. — Auszûge aus Zeitschriften etc. 

23 April, — Rezensionen und Anzeigen : Peipers, Ontologia Platonica 
(Susemihl). — Aristophanis Thesmophoriazusae rec. A. v.Velsen( Wagner). 

— A. v. Kampen, Quindecim ad Caes. de b. G. comment, tabulae (Sieglin). 

— Cornelii Taciti Annalium ed. Furneaux. — Schurz, De mutationibus in 
imperio Romano (Seeck). — Cornélius Nepos, erkl. von Gemss (Draheim). 

— Haacke, Aufgaben zum Ubersetzen ins Lateinische (Meusel). — 
Morawski, Zur Ges<h. der Renaissance in Polen (Sternbach). — Auszùge 
aus Zeitschriften etc. 

30 April. — Rezensionen und Anzeigen : Matzat, Rom. Chronologie. 
II. ïeil (Thouret). — Sophokles' Antigone,erkl. von G. Kern. (Gleditsch). 

— Euripidis Hecuba ed. Prinz (Gloël). — Commentaria in Aristotelem II 
1. ed. Wallies (Susemihl). — Cicero pro Sulla ed. Reid (Nohl). — Christ, 
De ablativo Sailustiano (Meusel). — Ausziige aus Zeitschriften etc. 

7 Mai. — Rezensionen und Anzeigen : Hirzel, Untersuchungen zu 
Ciceros philos. Schriften. III. T. (Corssen). — v. Scala, Der pyrrhische 
Krieg (Faltin). — Ausonni opuscula, ed. C. Schenkl (Brandes). — Aus- 
zûge aus Zeitschriften etc. 




REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

EN BELGIQUE. 

Tome 27. 4e Livraison. 



QUESTIONS D'ENSEIGNEMENT, 
LETTRES ET SCIENCES. 



LA FORMULE « PATRES GONSCRIPTI » ET L'ÉPOQUE DE 
L'ADMISSION DE LA PLÈBE AU SÉNAT ROMAIN. 



Le sénat romain resta exclusivement patricien jusque vers 
l'an 400 avant J. C. Sur ce principe fondamental repose l'exposé 
que nous avons donné, dans notre ouvrage sur le Sénat romain, 
de la composition du Sénat jusqu'au plébiscite Ovinien et de 
ses attributions. Ce principe se dégage, à notre avis, d'une 
manière non équivoque de la tradition historique qui a cours 
sur le premier siècle de la République, et il permet d'attribuer 
au Sénat, à une assemblée unique, d'abord patricienne, ensuite 
patricio-plébéienne, non seulement le rôle de consilium à l'égard 
des magistrats, ce qui est admis par tous, mais encore l'exercice 
de Yauctoritas par rapport aux comitia. De la sorte, tout en 
écartant le système de Niebuhr, qui identifie les patres auctores 
avec les comitia curiata, système condamné par des textes 
formels, nous ne sommes pas obligé d'inventer ni avec Lange 
un concilium patrum familiarum gentium patriciarum, ni avec 
Mommsen des réunions patriciennes du Sénat, coëxistant avec 
des réunions plénières, un concilium ou un sénat patricien, 
qui auraient encore fonctionné à l'époque de Cicéron> et que, 
chose étrange, ni Cicéron, ni ses contemporains ne semblent 
avoir connus. 

Notre système, pour ne pas être nouveau, n'avait pas encore 
été présenté d'une manière aussi complète. Il heurte de front 
les opinions actuellement dominantes. S'il a reçu la pleine ad- 
hésion du savant auteur des Origines du Sénat romain 1 , et 



1 G. Bloch, Les origines du Sénat romain, p. IV, et p. 275 et suiv., et 
le Compte rendu critique inséré dans la Revue historique de Paris, 
V janvier 1884, p. 167-168, 175-177. 

TOME XXVII. 16 




222 



LA FORMULE PATRES CONSCRIPTI ET L'ÉPOQUE 



de mon savant collègue de l'université de Liège, M. Trois- 
fontaines *, s'il semble obtenir l'approbation de l'habile critique 
du Literarisches Centralblatt 2 , si, enfin, H. Genz, dans la Philo- 
logische Wochenschrift 3 , l'appelle un système conciliateur qui 
résoud facilement beaucoup de questions importantes, bien 
qu'il soit en contradiction avec certains autres faits, ma démon- 
stration a trouvé, d'autre part, d'énergiques et d'habiles contra- 
dicteurs. Je citerai spécialement Lange et Soltau. Dans des 
Comptes rendus, d'ailleurs fort bienveillants, que ces publicistes 
renommés ont consacrés à mon ouvrage, le premier, dans la 
Jenaër Literaturzeitung du 14 juin 187Î), le second, dans la 
Philologische Rundschau (IV er Jahrgang, 1884, n° 2), ils ont 
attaqué en détail mon argumentation, Lange, pour défendre 
le système dont il est l'auteur, Soltau pour appuyer le système 
de Mommsen 4 , qui est aujourd'hui le plus en vogue, soutenu 
qu'il est par une pléiade de savants disciples, sur lesquels 
l'illustre Maître exerce une influence fascinatrice, d'ailleurs bien 
méritée 3 . 

Une étude minutieuse des objections qui ont été faites à 
notre système, m'a convaincu qu'en réalité elles dérivent presque 
toutes de l'interprétation philologique de la formule patres 
conscripti. 

Nos adversaires posent en principe que les anciens expliquent 
unanimement cette formule dans le sens de patres et conscripti, 
désignant par patres les sénateurs patriciens et par conscripti 
les sénateurs plébéiens. Cette assertion est-elle fondée? 

Examinons à nouveau la question. Voici, d'abord, les auteurs 



1 Compte rendu de VAthenœum belge, n° du 26 juin 1878. 

* N° du 2 nov. 1878. 
3 N° du 12 mai 1883. 

* Soltau suit également ce système dans son important ouvrage Ueber 
Entstehung und Zusammensetzung der altrômischen Volksversammlungen , 
p. 127-128, 194-203. Berlin, 1880. 

5 Voy. les comptes-rendus de notre ouvrage par J. Merkel, dans la 
Zeitschrift der Savigny-stiftung fur Rechtsgeschichte, 1882, p. 171 et suiv., 
par 0. Gilbert, dans le Philologische Anzeiger, XIV, p. 62 et suiv. (1884), 
par 0. Hirschfeld , dans le Zeitschrift fiir die oesterreichischen Gym- 
nasien, XXXV, 309 (1884). — E. Herzog, partisan du système de 
Mommsen (voy. notre Sénat, t. II, 23, 52), y est resté fidèle dans les 
Geschichte und System der rôm. Staatsverfassung, t. I, Leipzig, 1884. 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT BOM AIN . 223 

anciens pour lesquels le terme conscripti veut dire sénateurs 
plébéiens. Ce sont : Tite-Live (II, 1, voy. notre Sénat, 1. 1, p. 35), 
Festus (p. 254, et les extraits de Paul Diacre, p. 7, 41, ib. t. I, 
p. 35) et certains auteurs indiqués par le Scoliaste Servius (ad 
Aen., I, 420, ib. t. I, p. 30) par le mot alii. Il est cependant à 
remarquer que tous ces auteurs sont en désaccord, quand il 
s'agit de déterminer l'époque à laquelle ces conscripti sont entrés 
au Sénat. D'après Tite-Live, ce fut la première année de la 
République sous le consulat de Brutus ; d'après Festus, ce fut 
cette même année sous le consulat de Valerius Publicola après 
la mort de Brutus; d'après les alii de Servius, d'accord avec 
Zonaras (VII, 9), ce fut déjà sous le règne de Servius Tullius. 

Pour Tite-Live, Festus, les alii de Servius, le mot conscripti 
dans la formule patres conscripti est employé substantivement 
et désigne les sénateurs plébéiens. 

Mais cette formule est-elle interprétée de la même manière 
par les auteurs d'après lesquels ni les rois, ni les consuls de la 
première année de la République n'ont choisi des plébéiens au 
Sénat, ou du moins ont octroyé à ces sénateurs d'origine plé- 
béienne la qualité patricienne? Impossible de le prétendre. Car 
ces sénateurs naturalisés patriciens devaient, même d'après nos 
adversaires, s'appeler patres. Or, cette tradition est suivie par 
Denys d'Halicarnasse (V, 13, notre Sénat, 1. 1, p. 30), par Tacite 
(Ann., XI, 25, t. I, p. 3(3) et par certains auteurs (quidam) dont 
Servius 1 mentionne en premier lieu l'opinion. Aussi, d'après 
Denys d'Halicarnasse (II, 12) la formule rar^s; a^yp^oi daterait 
de Romulus, c'est-à-dire dès l'origine, et les quidam de Servius 
disaient : « Quod patritii essent, \appellatos] patres conscriptos » . 
Pour ces auteurs le terme conscripti est évidemment un participe 
qualifiant patres. 

Mais là ne s'arrête pas le désaccord des anciens. Mentionnons 
encore, ne fût-ce que pour son étrangeté, l'opinion du Scoliastes 
Bobiensis (p. 374, ed. Orelli, voy. notre Sénat, t. I, p. 36). Il 
distingue trois catégories de sénateurs : les patres (les sénateurs 
primitifs), les conscripti (les sénateurs patriciens choisis par 



1 « Legitur apnd quosdam Brutum eos qui se in eiciendis regibus juvis- 
sent, lectos in consilium, eum ordinem senatum appellation, quod an a 
sensissent; quod patritii essent, patres conscriptos. » 




224 



LA FORMULE PATRES CONSCRIPTI ET L'ÉPOQUE 



Tarquin l'ancien) et les senatores plebei, nommés plus tard, le 
scoliaste ne dit pas quand. « Sed, ajoute-t-il, conscriptorum et 
patriciorum unum est meritum ». Comprenne qui pourra. 

S'il faut en croire Lydus (de mag., I, 16), les cent sénateurs 
de Itomulus s'étaient appelés patres. L'adjonction des cent séna- 
teurs sabins (patriciens) fit naître la formule patres conscripti. 

Comment s'exprime à ce sujet Plutarque? Dans la vie de Ro- 
mulus (13) il rapporte uniquement que, nommés d'abord patres, 
les sénateurs reçurent, en suite de l'augmentation de leur nom- 
bre, le nom de patres conscripti. Dans les questions romaines (58) 
Plutarque pose la question suivante : Pourquoi les- sénateurs 
s'appelaient-ils, les uns, patres conscripti, les autres simplement 
patres? Est-ce, répond-il, qu'on qualifiait de patres ceux qui 
furent choisis à l'origine par Romulus, et de patres conscripti 
[remarquez que mênie les conscripti s'appellent chez Plutarque 
patres], ceux qui dans la suite furent nommés parmi les plébéiens? 

Après l'analyse des textes que nous venons d'exposer, est-il 
permis de dire avec Soltau? « Toutes les sources romaines inter- 
prètent le terme conscripti, non pas, comme un adjectif parti- 
cipial, mais comme un substantif, et elles expliquent ce mot 
unanimement comme signifiant les sénateurs d'origine plé- 
béienne ajoutés au Sénat patricien f . » Est-il permis d'affirmer 
avec Gilbert que pour défendre mon système, j'ai été obligé de 
rejeter toute la tradition ancienne (die gesammte Tradition) 2 ? 
Est-il permis davantage de conclure, avec Lange, que pour sou- 
tenir mon système, j'ai dû préférer Denys et Isidore à Varron 
et à Verrius 3 ? Comment Lange est-il autorisé à dire que l'opi- 
nion de Tite-Live et de Festus est soutenue par Varron ? Elle 
est défendue, prétend Lange, par Plutarque (quest. rom., 58), 
par conséquent par Varron. Est-il bien vrai de dire que Plu- 
tarque soutienne la même opinion que Tite-Live? Il appelle 
les sénateurs plébéiens, non pas conscripti, mais patres con- 



1 Philol. Rundschau, 1. 1., p. 51. 

* Phil. Anzeiger, 1.1 p. 63. La même assertion erronée est répétée par 
MiSPOULET,Les institutions politiques des Romains. Paris, 1882. I, 152, n e 2. 

3 Jenaër Literaturz., 1. 1. Dans la 3 e édition du T. II. de ses Rom. Al- 
terthumer, p. 372, Lange est moins catégorique. Il y admet le caractère 
indécis et obscur des explications données par les sources anciennes sur 
Ja formule patres conscripti. 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT ROMAIN. 225 

scripti, et cette réponse, il la donne sous forme dubitative, et 
non pas comme une question résolue. Mais à qui a-t-il emprunté 
la réponse? A Varron? Et pourquoi? Est-ce que dans ses ques- 
tions romaines Plutarque ne cite pas une infinité d'auteurs? Il 
est question de patres conscripti au ch. 58. Varron n est plus cité 
nominativement du ch. 27 au ch. 90, tandisque dans cet inter- 
valle l'auteur mentionne Favorinus, Cicéron, Fenestella, An- 
tistius Labeo, Caton, Atejus et Juba. Laissons donc Varron 
hors cause. Verrius Flaccus, je l'accepte, ou plutôt, comme 
Lange le dit lui-même, Vaïerius Antias. Car la tradition qui 
dépouille le consul Brutus de l'honneur d'avoir nommé les 
premiers sénateurs plébéiens pour en parer le consul Vaïe- 
rius, doit remonter, ce semble, au panégyriste de la gens 
Valeria. 

S'il en est ainsi, nous opposons les quidam de Servius à ses 
alii y la source de Denys à celle deTite-Live, et l'auteur auquel 
s'en rapporte Tacite, à Valerius Antias , source de Festus. Et 
nous demandons à notre tour si quelque motif intrinsèque nous 
oblige à préférer Ïite-Live à Denys, Festus à Tacite? 

Quoi qu'il en soit de cette préférence, un fait reste établi. 
C'est qu'à la fin de la République la signification authentique 
de la formule patres conscripti était un problème de controverse 
entre les antiquaires et les philologues. 

Il en résulte une autre conséquence bien plus importante. 
C'est qu'à cette époque il n'existait pas deux catégories de 
sénateurs, dont les uns auraient eu droit au titre de patres, 
et les autres seulement à celui de conscripti, et partant, qu'il 
n'y avait pas d'attributions exercées par les patres à l'exclu- 
sion des conscripti. Car, si cette distinction eut existé, toute 
controverse eût été impossible. En ce cas la solution était aussi 
claire que le jour. 

Il en résulte, enfin, que c'est à tort que Ton croit reconnaître 
dans les phrases de Tite-Live et de Festus l'ancienne formule 
officielle par laquelle on convoquait les sénateurs aux séances l . 
Car, outre qu'elle ne se rencontre pas, si haut que l'on remonte 



1 « Entscheidend, dit Herzog, Verfassungsgesch., I, 869, n° 2, ist der 
Umstand dass bei Festus p. 254 « qui patres qui conscr. » formelhaft is » 
Soltau, rôm. Volksvers., 199, n e 5, va plus loin encore. « Der Ruf, dit-il, 
wurde wohl noch zu Livius' Zeit erlassen. » 




226 



LA FORMULE PATRES CONSCRTPTI ET L'ÉPOQUE 



dans riiistoire, Tite-Live ne la donne que sous forme dubitative : 
« Traditumque inde fertur ut in senatum vocarentur qui 'patres 
quique conscripti essent ». Festus supprime la copulative que. 
Il dit : « Qui patres, qui conscripti vocati sunt in curiam. » Cette 
phrase, par l'emploi du parfait vocati sunt, semble indiquer 
beaucoup moins une vraie formule, habituellement usitée, 
qu'un problème philologique analogue à la question posée par 
Plutarque. 

Ce qui démontre que toute cette controverse se réduisait en 
effet à un problème philologique, et qu'elle n'avait aucune racine 
dans les traditions qui avaient cours sur l'histoire du premier 
siècle de la République, c'est que Tite-Live lui même, après 
avoir admis la plèbe au Sénat la première année de la Républi- 
que, ignore dans la suite cet événement mémorable. Dans la 
lutte entre la plèbe et le patriciat, il représente le Sénat 
comme l'organe exclusif du patriciat (T. I, 45, n e 1). Dans 
l'histoire de l'année 445, il suit la tradition de Denys d'après 
laquelle les sénateurs d'origine plébéienne auraient été natu- 
ralisés patriciens *, et il ne parvient pas à citer nominative- 
ment un seul sénateur plébéien antérieurement à l'an 400 avant 



L'on a voulu néanmoins soutenir que la terminologie dis- 
tinguait encore à l'époque de Cicéron patres de patres conscripti. 
Voici comment Soltau s'exprime 2 : 

« Comme Christensen (Die urspriingliche Bedeutung der pa- 
tres Hermès IX) l'a démontré d'une manière irréfutable (attendu 
que sa démonstration repose sur tous les passages conservés), 
dans le langage usuel le terme patres ne servait pas pour dé- 
signer le Sénat. Cicéron ne le fait jamais ni dans ses discours, 
ni dans ses lettres. Il emploie au contraire soit senatus soit 
patres conscripti. Cette démonstration, complète en elle-même, 
est encore corroborée par ce fait que César ne se sert jamais, 
Salluste seulement six fois, du terme patres pour désigner le 
Sénat. Par conséquent, si Tite-Live et Tacite se permettent la 



1 LlV., IV, 4: « Nobilitatem quam... per cooptationem in patres habetis , 
aut ab regibus lecti aut post reges eœactos jussu populi. » La lecture de 
Madvig (Die Verfassung des rôm, Staats , I, 125), a appelé mon attention 
sur ce passage, qui m'avait d'abord échappé. 

2 Philol. Rundschau, 1.1, 



J. C. (T. I, p. 61,11 e 7). 




DE L'ADMISSION DE LA PLÈBE AU SENAT ROMAIN. 227 

synonymie de patres et de senatus, c'est de leur part une incor- 
rection de langage. — D'autre part , il est avéré que dans les 
formules patres coeunt ad interregem prodendum , auspicia pa- 
trum, patrum auctoritas , patres auctores, jamais on n'a dit 
patres conscripti. Conclusion : Les termes patres et patres 
conscripti n'étaient pas synonymes. » 

Pour discuter ces objections, rappelons en résumé nos pro- 
pres opinions sur le sens de ces termes. 

A l'origine les sénateurs s'appelaient patres, parce que le 
Sénat était l'assemblée de tous les patres familias seniores, 
tous patriciens, les familles patriciennes ayant seules juridi- 
quement des chefs de famille. Cette dénomination, qui remonte 
à un temps immémorial , a subsisté dans la suite dans les 
formules qui exprimaient les attributions du Sénat vis-à-vis 
des comitia ou du popidus : la patrum auctoritas et les auspicia 
patrum ou Yinterregnum. Elle s'est maintenue de préférence 
dans ces formules, croyons-nous, précisément parce que les 
sénateurs intervenaient dans ces attributions en qualité de pa- 
très, agissant à titre de tutores vis-à-vis du populus (voyez 
T. II du Sénat, p. 3(>). Consacrées par un usage plusieurs 
fois séculaire, ces formules ne se sont pas modifiées, alors 
même que la composition interne du Sénat a subi des modifica- 
tions importantes. 

Au terme patres tout court, a succédé celui de patres con- 
scripti (patres portés sur la liste sénatoriale), non pas, après 
l'admission des plébéiens au Sénat, ni pour distinguer dif- 
férentes catégories de sénateurs, mais à une époque plus 
reculée et difficile à déterminer, depuis que, en dehors des 
patres siégeant au Sénat, il y avait des citoyens qui étaient 
juridiquement patres familias, sans être sénateurs, soit parce 
que le choix royal nommait désormais les sénateurs parmi les 
patres familias (patriciens), soit parce que la qualité juridi- 
que de pater familias avait été accordée aux chefs des familles 
clientes ou plébéiennes, qui n'étaient pas éligibles au Sénat. 
Depuis cette époque jusqu'à la fin des institutions romaines, 
les mots patres conscripti sont restés la formule officielle en 
usage, quand on adressait la parole à l'assemblée. 

Hormis ce cas spécial, les auteurs emploient encore parfois 
la même formule pour désigner le Sénat; mais, tout aussi sou- 
vent, et je crois même plus souvent, ils disent alors par abré- 
viation patres tout court. 




2^8 



LA FORMULE PATRES CONSCRIPTI ET L'ÉPOQUE 



A côté de ces termes a existé dès une haute antiquité celui 
de senatus, usité plus spécialement pour désigner le Sénat 
comme Conseil du pouvoir exécutif. Pendant le cours de la 
République, cette sphère d'attributions s'est particulièrement 
développée aux dépens de Vauctoritas. Aussi le terme senatus 
est-il devenu d'un usage de plus en plus prédominant dans le 
langage habituel. Il en est ainsi chez César, Cicéron, Salluste, 
Tite-Live, Tacite. 

César, objecte-t-on , n'emploie jamais le terme patres. Je le 
veux bien. Mais emploie-t-il davantage la formule patres con- 
scripti? Non. Patres conscripti ne se trouve qu'une fois dans 
les Commentarii de bello Gallico, et c'est dans le livre de Hir- 
tius (VIII, 52). Dès lors comment le langage de César pour- 
rait-il prouver l'existence d'une distinction entre patres et patres 
conscripti ? 

Cicéron , dit-on , se sert dans ses discours de la formule pa- 
tres conscripti, jamais de patres, pour désigner le Sénat. Ceci 
pourrait être contesté. Car, dans le pro Plancio, 32, § 78, un 
des meilleurs manuscrits, le Codex Tegernseensis ou Bavaricus 
lit d'après Orelli : « An, quum patres Mo senatus consulto quo... 
grattas egerint. » Ce qui ne peut être contesté, c'est que Cicéron 
appelle les sénateurs patres non seulement dans ses œuvres 
poétiques 1 , mais encore et surtout dans le traité de legibus 
(III, 3, § 9) : « Cum populo patribusque agendi jus esto con- 
suli ... tribunisque ... jus esto cum patribus agendi ... Quae 
cum populo quaeque in patribus agentur modica sunto. Sena- 
tori qui nec aderit ... 2 . » 

Salluste , poursuit-on , ne désigne le Sénat par patres que 
six (ou plutôt sept) fois 5 . Mais, sauf dans l'allocution directe 
aux sénateurs, se sert-il une seule fois de la formule patres 
conscripti? Il ne le fait ni dans la conjuration de Catilina, 
ni dans la guerre de Jugurtha, tandisque patres comme dési- 



1 Voyez Christensen, Hermès, IX, p. 201, n e 3. 

2 Voyez notre Sénat, II, 21, n e 7. 

» Cat., 31, § 7, Hist. fragm., I, 56 (Kr.)., III, 1, § 6, 82, § 16, IV, fr. 25, 
fr. inc. 60, mentionnés par Christensen, ib., 201, n e 6. — Il faut y ajouter 
le Bell. Jug., 30 § 6 : « Apud plebem gravis invidia, patres sollicitierant, » 
où le terme patres me semble également désigner plutôt le Sénat que le 
parti des optimates. 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT ROMAIN. 229 

gnation du Sénat est employé au moins une fois dans le Ca- 
tilina, et probablement une fois dans la guerre de Jugurtha. 

Chez Tite-Live et chez Tacite l'emploi de patres comme 
synonyme de patres conscripti est ordinaire *. « L'usage de 
Tite-Live et de Tacite est donc incorrect. » La conclusion me 
semble hardie, et peu légitimée par l'exposé de la question 
que nous venons de donner. 

Est-il encore nécessaire d'ajouter à la liste des auteurs qui 
emploient patres dans le sens de sénateurs , Dion Cassius et 
Velleius Paterculus, cités au T. I, p. 37, n e 1, de notre 
ouvrage, l'auteur du discours de haruspicum responso (19, § 40), 
où le terme patres « patribus principibusque caedes » men- 
tionné dans la réponse réputée officielle des haruspices, signifie 
à notre avis sénateurs et nullement optimates, et spéciale- 
ment l'auteur auquel Festus ou Verrius Flaccus a emprunté 
le résumé de ce sénatusconsulte du 3 e siècle avant J.-C. : 

« Decreverunt patres ut ex assibus » (T. II du Sénat, 

p. 438, n e 3). 

Nous conclurons à notre tour. Cicéron, Salluste, Tite-Live, 
Tacite et d'autres encore emploient le terme patres comme syno- 
nyme de patres conscripti ou de senatus. Par conséquent, à leur 
époque, il n'existait pas, à côté des patres conscripti, une autre 
assemblée, distincte du Sénat, dont les membres seuls eussent 
le droit de s'appeler patres tout court. 

« Mais, objecte Soltau, de la synonymie de patres et de senatus 
résulterait celle de pairum auctoritas et de senatus auctoritas. 
Or, la signification de ces deux termes est notoirement distincte, 
comme Willems (II, 222) doit l'avouer lui-même. » 

Nous avons exposé plus haut comment le terme patrum auc- 
toritas est resté en usage jusqu'à la fin de la République, 
spécialement pour désigner la confirmation subséquente, plus 
tard préalable des votes populaires. A ce terme était attaché 
dès l'origine un sens précis, déterminé. Il n'en est pas de même 
de l'expression senatus auctoritas. Il n'est pas vrai de dire que 
déjà du temps de la République les expressions senatus aucto- 
ritas et senatus consultum fussent nettement, rigoureusement 
distinguées, de telle manière que senatus consultum désignait 



1 Voyez Christensen, 1.1., 200 et 203, n« 1. 




230 



LA FORMULE PATRES CONSCRÎPTI ET L EPOQUE 



une décision valable, senatus auctoritas, une décision qui pour 
un motif légal était dépourvue de force légale. Cette distinction 
rigoureuse date de la lex Julia de senatu habendo (t. II, p. 223). 
Elle n'existait pas encore à l'époque de Varron et de Cicéron. 
Varron (chez Aulu-Gelle, XIV, 7), dans le Guide pratique du 
Président du Sénat T élaboré en 71 à la demande de Pompée, 
consul désigné, oppose au senatus consultum justum ou ratum 
le senatus consultum non justum, non ratum\ non pas, la senatus 
auctoritas. Chez Cicéron, cette expression est tantôt synonyme 
de senatus consultum justum (t. II, 223, n e 3), tantôt elle signitie 
un senatus consultum frappé d'intercession (t. II, 222, n e l). Mais 
cette signification du terme auctoritas, comme nous l'avons 
démontré au t. II, 222-223, est d'origine relativement récente. 
Elle est certainement postérieure aux lois qui ont rendu la 
patrum auctoritas préalable, et qui l'ont transformée ainsi en 
décision préparatoire qui par elle-même n'avait aucune force 
exécutoire et qui n'obtenait cette force que par le vote subsé- 
quent du peuple. Aussi longtemps que la patrum auctoritas 
fut subséquente au vote populaire, aussi longtemps qu'elle fut 
l'acte final qui sanctionnait ou annulait la loi ou l'élection, il 
ne pouvait venir à l'idée de personne de détourner ce même 
mot auctoritas dans le sens d'une décision frappée d'intercession 
et devenue sans force légale. 

Ce qui atteste que, malgré la différence de signification que 
l'usage et le temps ont introduite de fait entre les expressions 
patrum auctoritas, senatus auctoritas, senatus consultum, ces 
expressions désignent des décisions d'une seule et même as- 
semblée et non pas de deux Corps distincts, c'est que Tite-Live 
les emploie toutes trois comme absolument synonymes. Nous 
l'avons prouvé au t. II, 38-44. 

Et c'est précisément ce même Tite-Live dont un passage, au 
dire de nos adversaires, devrait démontrer victorieusement la 
coexistence de deux assemblées distinctes, dont l'une aurait 
produit le senatus consultum, l'autre, la patrum auctoritas. Il 
s'agit du célèbre passage du livre VI, 42 : « Factum senatus 
consultum ut ... patres auctores omnibus ejus anni comitiis 
fièrent » Je ne répéterai pas l'explication que j'ai donnée de ce 
passage au t. II, 44-45, et que je considère encore comme par- 
faitement plausible. Mais nos adversaires sont-ils plus heureux 
dans l'interprétation de ce passage? D'après eux, «le Sénat aurait 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT ROMAIN. 231 

enjoint aux patres Tordre de valider toutes les élections de 
Tannée. » Or, dans le système de nos contradicteurs, le Sénat 
était une assemblée purement consultative au service des con- 
suls, les patres (sénateurs patriciens ou concilium patrum fami- 
liarum gentium patriciarum), un corps constitutionnel de la 
plus haute importance, une cour de cassation patricienne, qui, 
à cette époque (en 367 avant J.-C.) avait encore toute sa puis- 
sance, qui était investie du droit de valider et d'annuler les 
votes populaires. Eh bien, je le demande, est-il possible de se 
figurer que ce Conseil des Magistrats ait donné des ordres à 
la Cour de Cassation patricienne relativement à des attributions 
qui étaient delà compétence constitutionnelle de cette dernière? 
En droit, c'eût été une illégalité; en fait, à cette époque, une 
impossibilité. 

« Cependant, poursuit encore Soltau, Willems admet que les 
interrois furent toujours nommés parmi les patriciens et même 
parmi les sénateurs patriciens curules. Or, d'après la formule 
officielle, « patres ex se interregem produnt » c'est-à-dire que les 
patres électeurs sont les mêmes que les patres éligibles à la 
dignité de Tinterroi. Partant, les patres électeurs ne sont pas 
tous les sénateurs, mais exclusivement les sénateurs patriciens. » 

J'admets, en effet, que la dignité d'interroi est restée toujours 
réservée aux patriciens, comme plusieurs dignités sacerdotales 
le furent également. Ce que je n'admets pas, c'est que le premier 
interroi de chaque interrègne fût désigné par les seuls sénateurs 
patriciens. Je prétends qu'il était nommé en séance plénière du 
Sénat (t. II, 30). C'est à tort que Soltau donne comme formule 
officielle un passage emprunté à une Constitution idéale élaborée 
par Cicéron (de leg., III, 3, § 9), dans laquelle Constitution 
Cicéron élimine précisément le patriciat d'une manière absolue 
(t. II, 21, n e 7). C'est donc en vain qu'on argumente de ce passage 
pour démontrer que les patriciens auraient été seuls électeurs 
et éligibles à la dignité d'interroi. 

« Mais, objecte Gilbert 1 , il n'est pas probable que le Sénat 
patricio-plébéien et où dans la suite Télément plébéien obtint 
la grande majorité, ait exercé l'attribution de désigner le pre- 
mier interroi, qui devait être patricien. » Cela est-il plus extra- 



1 Phil. Anz. } 1. 1., p. 70. 




232 



LA FORMULE PATEES CONSCRIPTI ET L'ÉPOQUE 



ordinaire que de voir élire jusqu'aux lois Liciniennes des 
consuls patriciens par les comices centuriates patricio-plébéiens 
ou de voir choisir, même à la fin de la République, des flamines 
patriciens par un grand pontife plébéien? 

« Enfin, objecte Soltau, si le mot patres avait été le terme 
technique pour désigner le sénat patricio-plébéien , ce même 
terme n'eût pu être usité comme synonyme de patricii » 

Je retournerai l'objection. Aux derniers siècles de la Répu- 
blique, le mot patres est fréquemment synonyme iïoptimates ou 
de nobilitas (t. I, p. 38, n e 1). Si patres avait été et était encore 
le terme technique pour désigner les sénateurs patriciens à 
l'exclusion des sénateurs plébéiens, ce terme n'eût pu être usité 
comme synonyme ftoptimates ou de nobilitas, attendu que dans 
cette nobilitas les familles plébéiennes l'emportaient en nombre 
sur les familles patriciennes. Au contraire, notre système justifie 
parfaitement la double signification dérivée du mot patres. Le 
Sénat, exclusivement patricien jusque vers l'an 400 avant J.-C, 
patricio-plébéien depuis lors, s'appela toujours patres conscripti 
ou par abréviation patres. Puisque, dans la première période, 
il fut l'organe, le centre de résistance du patriciat, patres a pu 
devenir synonyme de patricii. Dans la seconde période, le Sénat 
fut le boulevard de la noblesse patricio-plébéienne, du parti des 
optimates, delà patres devint plus tard synonyme tfoptimates 
ou de nobiles. 

L'on remarquera que toute la discussion a porté jusqu'ici 
sur l'interprétation du mot patres. Elle m'autorise, je pense, à 
déduire les deux conclusions suivantes: d'abord, il n'est pas 
démontré que patres ait jamais été la désignation officielle d'une 
catégorie spéciale de sénateurs, en second lieu, il est certain qu'à 
l'époque de Cicéron ce terme n'avait pas une telle signification. 

Ma démonstration sera complète, quand j'aurai prouvé que, 
pas plus que patres, le terme conscripti ne désignait pas à 
l'époque de Cicéron une catégorie spéciale de sénateurs distincte 
des patres. A la vérité, je pourrais m'en dispenser ; car on n'a 
pas encore essayé la démonstration contraire. Je n'insisterai 
plus sur le conscriptus d'Horace (Ars poet., 314), synonyme de 
senator, ni sur le pater conscriptus de Cicéron 1 , ni sur les patres 



1 Lange (Jenaer Literaturz., 1. 1.) et Hebzog (I, 869, n e 2) prétendent 
que l'expression pater conscriptus chez Cicéron étant ironique, elle 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE ATT SÉNAT ROMAIN. 



233 



conscripti circumscripti de TÀuctor ad Herennium et de Quin- 
tilien (t. I, p. 40-41). J'examinerai les termes qui servaient à la 
fin de la République à désigner les sénateurs municipaux. Dans 
la plupart des municipes ils s'appellent decuriones 1 ; dans cer- 
tains autres, conscripti*; nulle part, decuriones conscripti. Ce 
serait une erreur de croire avec Lange que la formule decuriones 
conscripti, qui se rencontre dans les lois municipales, présente 
quelque analogie avec la formule patres conscripti. La loi à 
laquelle Lange renvoie, la lex Julia municipalis, emploie en 
effet généralement la formule senator decurio conscriptus, in 
senatu decurionibus conscripteis, in senatum decuriones conscrip- 
tos 3 . Mais ces trois termes réunis ne forment pas une seule 
désignation officielle et complète du sénateur municipal. La 
loi énumère successivement les différentes dénominations sous 
lesquelles les sénateurs municipaux sont connus selon les muni- 
cipes* En voici la preuve. En dehors de la tournure précédente, 
la même loi emploie les tournures suivantes : neve senator neve 
decurio neve conscriptus *, senator decurio conscriptusve 5 , et une 
fois in senatu decurionibus conscripteisque 6 . Lors de la rédaction 
des lois municipales de Salpensa et de Malaga, sous le règne 
de Domitien, le titre de senator était réservé aux sénateurs de 
Rome. Les membres des sénats municipaux ne portent plus 
que les dénominations de decuriones ou conscripti. Aussi, dans 
les lois de Salpensa et de Malaga, la formule la plus fréquente 



prouve contre mon explication. Ce raisonnement ne me semble pas cor- 
rect. Évidemment, comme le singulier pater conscriptus est d'un usage 
fort rare, l'emploi de cette tournure prête à l'ironie. Mais, dans le système 
de mes contradicteurs, l'expression serait une absurdité ; et je pense 
qu'il y a lieu de distinguer entre la bizarrerie et l'absurdité. 

1 Voy. Corp. inscr. lat., I, Index, p. 640, Orelli-Henzen, III, Indices, 
p. 151-152. 

8 C. I., i, n° 532, 601. Inscr. neap., n° 4221 : « ex c(onscriptorum) con- 
sulte) » Orelli-Henzen, n° 5454, n° 6617, « ex c'pnscriptorum) c(onsulto), » 
n° 7124, d(e) c[onscriptorum) s(ententia), n° 784 : « placere conscriptis » 
n° 4036 •: « placere universis conscriptis » . Ces deux dernières formules se 
trouvent dans le texte officiel de décisions de sénats municipaux. 

3 Lî. 126, 128, 129, 131, 133, 135, 138. 

* L. 96, cf. 1. 106. 

* L. 86, 87, 125. 
« L. 109, 




234 LA FORMULE PATRES CONSCRIPTI ET L'ÉPOQUE 

est-elle decuriones conscriptive. Elle s'y rencontre treize fois. 
Trois fois il y a decuriones conscriptique . Pas une seule fois, 
decuriones conscripti. 

On disait donc à Rome patres conscripti, on ne disait pas dans 
les municipes decuriones conscripti, précisément parceque à 
Rome il était nécessaire de déterminer de quels patres il était 
question (le mot, employé seul, pouvant en certains cas prêter 
à l'équivoque), tandis que, dans les municipes, les sénateurs seuls 
portant le nom de decuriones, il était inutile de les qualifier 
davantage. Dans certains municipes, ils ne s'appellent pas decu- 
riones, mais conscripti tout court. Or, si à Rome, à l'époque de 
Cicéron, le terme conscripti était usité pour désigner une caté- 
gorie spéciale, inférieure, de sénateurs, appelés de ce nom, 
parcequ'ils étaient les successeurs d'une fournée supplémentaire 
(conscripti=adscripti), croit-on que ce même terme eût été em- 
ployé à cette même époque dans les municipes italiques pour 
désigner indistinctement tous les membres du sénat municipal? 
En d'autres mots, si dans les municipes italiques conscriptus 
est devenu synonyme de decurio, cela démontre qu'à Rome 
même, comme Horace nous en donne l'exemple, conscriptus 
était synonyme de senator et ne désignait pas un membre infé- 
rieur du sénat 1 . 

Ceci suffira, je pense, pour répondre aux objections que l'on 
a faites, à notre interprétation de la formule patres conscripti. 

« Pour soutenir son système, continue Soltau, Willems a été 
obligé de rejeter tout ce que les anciens rapportent sur certains 
privilèges honorifiques et sur certains insignes des sénateurs 
patriciens. Là où il a réussi le moins, c'est relativement au plus 
important de ces droits honorifiques, celui que le princeps sena- 
tus devait toujours être patricien.... De moindre valeur encore 
sont les objections que Willems a faites contre le privilège pa- 
tricien du calceus patricius. » 

Ces derniers jugements, je l'avoue, m'étonnent. Je pensais 



1 Herzog, Verfass., 1, 869, n e 2, prétend que dans le terme conscripti 
synonyme de decuriones, le verbe conscribere a une signification différente 
de celle qu'il aurait eue à l'origine, à savoir celle d'adscribere. L'assertion 
est hardie. Le mot conscribere, d'après son étymologie et dans lusage, ne 
signifie jamais adscribere, mais toujours écrire ensemble, réunir sur liste. 
Voy. notre Sénat, t. I, 38 et suiv. 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT ROMAIN. 235 

avoir démontré sans réplique que le calceus patricius aux trois 
derniers siècles de la République était, non la chaussure des 
sénateurs patriciens, mais celle des sénateurs curules. Je le 
pense encore ; et ce qui me confirme dans cette pensée, c est que 
nia démonstration au sujet du calceus patricius & été admise 
sans réserve par des savants compétents, parmi lesquels je men- 
tionnerai Lange, Marquardt, Bloch, 0. Gilbert 

Mais il suffirait à ma thèse d'avoir prouvé que le calceus pa- 
tricius était , outre la chaussure des sénateurs patriciens , celle 
des sénateurs curules ou même seulement des magistrats curules. 
Or, c'est que semblent admettre Herzog 2 , et Soltau lui même 3 . En 
effet, si les magistrats curules plébéiens avaient droit à la chaus- 
sure patricienne , celle-ci n'était plus un privilège exclusif des 
sénateurs patriciens. 

J'admets , que jusqu'à la dictature de Sulla tous les princes 
du Sénat furent des sénateurs patriciens. Est-ce l'effet du ha- 
sard ? Ou était-ce un droit formellement reconnu? A notre avis, 
c'était la conséquence naturelle du principe de classement admis 
depuis l'entrée des plébéiens au Sénat. D'après ce principe, dans 
chaque rang sénatorial, les sénateurs patriciens précédaient sur 
la liste les sénateurs plébéiens. Mommsen avait énoncé la pro- 
babilité de ce classement , et je me suis efforcé de transformer 
cette probabilité en certitude par l'examen des listes de témoins 
des sénatusconsultes (T. 1. 248 suiv.). 

En résulte-t-il qu'à côté du Sénat patricio-plébéien il a existé 
un Sénat patricien? Evidemment non. Les sénateurs curules 
étaient tous classés avant les autres sénateurs. Qui prétendra 
qu'à côté du Sénat complet, il y avait un Sénat composé des 
seuls sénateurs curules? 

D'autre part, nous avons admis dans la première édition du 
T. I (p. 116, 260) qu'au dernier siècle de la République le prin- 
cipe de la priorité de classement des patriciens n'était plus 
observé. Cette opinion s'appuyait sur ce fait historique que 



1 Lange, Jenaer Literaturz. et Rom. Alterth., II, 3 e éd., p. 373. Mar- 
qua rdt-Mommsen, Handbuch der Rom. Alterthûmer, VII, \). 574. Bloch, 
De decretis funct. mag. ornam., p. 27,n e 2, et Revue historique , 1. 1., p. 175. 
Gilbert, Phil. Anz., p. 76. 

« Verfass., I, 901. 

3 Philol. Rundsch., p. 54. 




230 



LA FORMULE PATRES CONSCRTPTI ET L'ÉPOQUE 



nous croyions avoir démontré, à savoir qu'il y a eu à cette 
époque des princes du Sénat plébéiens (T. I, 116-122). Avons- 
nous réussi dans cette démonstration? 

Soltau opine pour la négative. D'autres critiques admettent 
l'affirmative. Max Biïdinger est formel à ce sujet : « Il y a spé- 
cialement deux points, dit-il, que M. Willems a démontrés 
d'une manière péremptoire : d'abord, qu'au dernier siècle de 
la République, dans chaque rang sénatorial, les patriciens 
n'étaient plus interrogés avant les plébéiens; en second lieu, 
que la dignité du principat n'était plus réputée un privilège 
exclusif du patriciat 1 ». Lange et Gilbert semblent également 
disposés à admettre nos conclusions *. 

Mais, depuis la publication de la première édition du T. I 
du Sénat, a paru un monument épigraphique 5 qui, à notre avis, 
résoud la question de principe et démontre que depuis la fin du 
II e siècle avant J.-C. les patriciens et plébéiens du même rang 
sénatorial étaient classés sans distinction de naissance , partant 
d'après le seul principe de l'ancienneté. Dès lors s'écroule le 
droit exclusif des patriciens au principat du Sénat. 

Nous avons , enfin , soutenu notre système par cette considé- 
ration qu'il se concilie le mieux avec les traditions sur l'histoire 
du premier siècle de la République. 

Ici aussi, d'après Soltau, nous sommes dans une profonde 
erreur. Voici , en effet, comment il s'exprime *. 

« Ce qui plaide le plus contre la théorie de Willems d'après 
laquelle patres est synonyme de Sénat, c'est que, à moins d'ad- 
mettre d'autres hypothèses arbitraires , elle rend incompréhen- 
sible la lutte du patriciat et de la plèbe au début de la Répu- 
blique». 

« Si les patres s'identifiaient avec le Sénat , quel était alors 
l'organe du parti patricien, qui représentait le patriciat dans 
sa lutte contre les prétentions plébéiennes pendant les cin- 
quante premières années de la République? » 



1 Cicero und der Patriciat, Eine staatsrechtliche Untersuchung . Vienne, 
1881, p. 57. 

a Lange, Jenaer Liter. et Rom. Alterth. , II, 3 e éd., p. 379. Gilbert, 
Phil. Anz., 76-77. 

3 II s'agit de l'inscription intitulée par Mommsen, Sénat us consultum 
Adramytenum , et qui est publiée dans VEph. epigr., IV, 213. 

* Philol. Rundschau , p. 53. 




DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT ROMAIN. 237 

« Willems ne sait se tirer de cette difficulté que par la thèse 
que le Sénat resta patricien exclusivement jusqu'en 400 avant 
J.-C, et en immense majorité jusqu'aux lois Liciniennes. » 

Soltau s'est mépris sur la voie par laquelle j'ai été amené 
à la théorie que je défends dans mon ouvrage. 11 suppose que 
j'ai commencé par me faire une interprétation à priori de la 
formule patres conscripti, et qu'ensuite, pour défendre cette 
interprétation, j'ai été obligé de soutenir que le Sénat resta 
exclusivement patricien jusque vers 400 avant J.-C. 

J'ai suivi la voie précisément inverse. Au début de mes 
études spéciales sur le Sénat, j'admettais sur la foi de Tite- 
Live et avec la généralité des auteurs modernes que patres 
signifiait les sénateurs patriciens, et conscripti, les sénateurs 
plébéiens. Me basant sur ce point de départ, et sous l'influence 
de la haute autorité de Mommsen, je m'étais persuadé qu'il 
avait existé jusqu'à la fin de la République, à côté du Sénat 
patricio-plébéien , un Sénat exclusivement patricien , qui était 
investi des auspicia au début de chaque interrègne, et qui 
exerçait Vauctoritas patrum. 

Mais, en suite de l'étude minutieuse de toutes les sources 
grecques et latines, se dégagea pour moi la certitude de deux 
faits fondamentaux : 

I. La tradition historique relativement au premier siècle de 
la République représente le Sénat comme l'organe exclusif du 
patriciat. Elle ignore absolument des sénateurs de condition 
plébéienne; on ne découvre aucune trace quelconque de leur 
présence au Sénat. 

II. Polybe, au second siècle, Cicéron et Salluste, au premier 
siècle avant J. C, ne connaissent dans l'État romain que trois 
pouvoirs : les comitia, le Sénat, les magistratures. Tout autre 
Corps exécutif ou législatif, délibératif ou consultatif leur est 
inconnu. 

Les deux faits n'ont pas été contestés ; et ils ne sont pas con- 
testables. 

Quant au premier fait, Herzog 1 , partisan du système de 
Mommsen, avoue que sur aucun point la tradition n'est aussi 
absolument muette que sur le rôle que les plébéiens ont joué 



1 Verfass., I, 868. 

TOME XXVII. 17 




238 



LA FORMULE PATRES CONSCRTPTI ET L'ÉPOQUE 



au Sénat pendant le premier siècle de la République. Lange f , 
de son côté, concède que la politique du Sénat a été longtemps 
exclusivement patricienne. Mais, à son avis, cela ne prouve pas 
l'exclusion des plébéiens. Car, d'abord, dit-il, ceux-ci n'avaient 
certainement pas la majorité; en second lieu, ceux que les con- 
suls nommaient sénateurs, étaient choisis parmi les plébéiens 
alliés aux patriciens par la parenté, et qui favorisaient la poli- 
tique patricienne. 

Au premier argument, nous répondons que précisément 
d'après le passage de Festus qui est avec Tite-Live la clef de 
voûte des systèmes adverses, les plébéiens auraient eu dès la 
première année de la République la majorité au Sénat, 164 
membres sur 300. Et parmi mes savants contradicteurs, il y en 
a, comme 0. Gilbert 4 , qui acceptent cette tradition. Ce qui me 
semble plus logique. Car, pourquoi, dans le même passage, 
admettre une partie, celle qui n'est en somme que l'exégèse d'une 
formule, et rejeter l'autre, qui contient un chiffre précis, déter- 
miné? Mais, là où je ne comprends plus Gilbert 3 , c'est quand 
il prétend que cette majorité plébéienne au Sénat, composée 
évidemment de plébéiens influents et riches, aurait été telle- 
ment inféodée au patriciat qu'en toute circonstance et sur toute 
matière elle ait défendu le maintien de toutes les prérogatives 
patriciennes et combattu toutes les aspirations plébéiennes. 

Cela provient, répondra Lange, de ce que ces plébéiens étaient 
alliés aux patriciens par des rapports de parenté. Car, ajoute- 
t-il, déjà avant la lex Canuleia, voire même avant la législation 
décemvirale, il y a eu des alliances entre les patriciens et les 
plébéiens. Ce qui le prouve, c'est le mécontentement que pro- 
voqua chez les plébéiens le refus du conubium, ensuite l'octroi 
relativement rapide de ce droit par la lex Canuleia, 

Quil y ait eu des mariages entre patriciens et plébéiens 
avant la lex Canuleia, je n'en conteste pas la possibilité. 
(Tétaient cependant plutôt des mésalliances que des alliances. 
Que ces mésalliances aient été assez nombreuses pour permettre 
aux consuls de choisir au Sénat un nombre relativement con- 
sidérable de plébéiens alliés aux familles patriciennes, et que 
les consuls aient voulu choisir de préférence des plébéiens 



1 Jenaer Lit. 
» Phil. Anz., 69. 
3 Ib. p. 64. 




DE L'ADMISSION DE LA PLÈBE AU SENAT EOMAIN. 239 

de cette condition, c'est ce que je combats. N'oublie-t-on pas 
la constitution sévère de la famille romaine à cette époque? 
Ne perd-on pas de vue qu'une union contractée entre patriciens 
et plébéiens avant la lex Canuleia, n'était pas un matrimonium 
justum, reconnu par la loi? Les patriciennes qui se seraient 
permis une telle mésalliance, auraient, à Rome comme ailleurs, 
encouru le mépris de leur caste, loin de recommander par là 
leurs maris ou leurs fils au choix sénatorial des consuls. 
Si nous ignorons la condition juridique des enfants issus d'une 
telle union avant la lex Canuleia, que si la législation décem- 
virale a maintenu l'interdiction du conubium, cela prouve que 
ces unions n'étaient pas encore fréquentes à cette époque. 

Partant, nous ne pouvons accepter les motifs par lesquels 
Lange a voulu expliquer le mutisme des sénateurs plébéiens 
pendant le premier siècle de la République. 

Quant au second fait, pour en affaiblir la portée, on a 
prétendu que les sénateurs patriciens exerçaient leurs attribu- 
tions réservées, non pas dans des séances spéciales, mais en 
présence de tous les sénateurs, dans les assemblées plénières 
du Sénat*. Raison de plus, à notre avis, pour que Gicéron ou 
Salluste, sénateurs plébéiens, fissent au moins une allusion 
quelconque à ces délibérations ou à ces votes des sénateurs 
patriciens, auxquels ils assistaient, sans avoir le droit d'y pren- 
dre part. Mais non, ni chez Cicéron, ni chez le patricien César, 
ni chez Salluste, ni ailleurs ne se trouve la moindre mention 
de ce privilège des sénateurs patriciens. 

Nous maintenons donc ces deux faits historiques avec toutes 
les conséquences qu'ils comportent. Or, ces deux faits contre- 
disent formellement l'interprétation Livienne de la formule 
patres conscripti et les systèmes basés sur cette interprétation. 
Comme je me proposais d'exposer, non pas les institutions qui 
auraient pu exister, ni celles que d'illustres savants modernes 
peuvent habilement inventer, mais celles qui reposent sur les 
témoignages des anciens, j'ai dû examiner de plus près cette 
interprétation de Tite-Live et de Festus. Et je me suis aperçu 
que, même pour les anciens, elle n'était pas de l'Évangile, que 
les anciens connaissaient de cette formule une autre interpré- 
tation tout aussi respectable, d'après laquelle au commencement 



1 Ainsi Soltau et Gilbert. 



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240 



LA FORMULE PATRES CONSCRTPTI ET L EPOQUE 



de la République le Sénat était resté patricien. Outre que cette 
seconde interprétation a le grand avantage de ne pas imposer 
au mot conscripti un sens que la langue latine ne lui connaît 
pas \ elle se concilie avec les deux faits fondamentaux que j'ai 
exposés plus haut. C'est pourquoi je lui ai donné la préférence. 

Mais je demande à mes adversaires comment ils se repré- 
sentent la génèse des institutions dont ils supposent l'existence 
durant la République. Il ne suffit pas de dire que du temps de la 
République, il existait, à côté du sénat patricio-plébéien, un 
sénat patricien. Il faudrait encore expliquer comment et pour- 
quoi cette dualité a été créée. 

Il est généralement admis que pendant la période royale le 
Sénat était exclusivement patricien, et qu'outre le concilium 
il exerçait Yauctoritas patrum. 

Je ne reviendrai plus sur l'opinion de Niebuhr d'après la- 
quelle les patres auctores furent toujours les comitia curiata. 
En réalité, elle est insoutenable. Je ne m'arrêterai pas longue- 
ment non plus au système mixte que tout récemment M. le 
sénateur Diomède Pantaleoni a défendu avec beaucoup de verve 
et avec une vraie érudition 2 . Le savant italien, d'accord avec 
Mominsen et avec moi, attribue Yauctoritas patrum au Sénat 
pendant la période royale ; d'accord avec Niebuhr, aux comices 
curiates pendant la République. Nous n'avons rencontré dans 
cette étude aucune preuve nouvelle en faveur de ce dernier 
système. L'auteur interprète en sa faveur les passages des 
auteurs anciens que nous avons fait valoir en faveur du nôtre, 
et dont nous maintenons l'interprétation. Outre les motifs que 
nous avons opposés au système de Niebuhr, et qui plaident 
également contre celui de Pantaleoni, il y a encore cette 
observation fondamentale à faire que le maintien de la même 
terminologie (patres auctores) et le texte formel de Tite-Live 
(I, 17) démontrent que cette attribution a toujours appartenu à 
la même assemblée. 

Le système de Lange qui confère Yauctoritas à un concilium 
patrum familiarum gentium patriciarum, est fort ingénieux. 



1 Le critique du Literarisches Centralblatt, 1. 1., dit , en appréciant notre 
interprétation : « Grammatisch allerdings angemessener » . 

2 Délia auctoritas Patrum nelF antica Roma sotte le sue diverse forme. 
Turin, 1884. 



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DE L'ADMISSION DE LA PLEBE AU SENAT ROMAIN. 241 

Mais je ne saurais me résoudre à admettre l'existence d'une 
assemblée dont aucun texte ancien ne parle , alors qu'elle aurait 
dû fonctionner à Rome pendant plus de cinq siècles. 

A tous ces systèmes je préférerais le Sénat patricien de 
Mommsen. Mais examinons-le de plus près. Jusqu'au début 
de la République le Sénat est exclusivement patricien. Il exerce 
Yauctoritas à l'égard du populus, et il est le consilium du roi. 
Étant devenu incomplet par la politique tyrannique des der- 
niers rois, il est complété jusqu'au nombre normal de trois 
cents membres par les consuls de la première année de la Ré- 
publique. Les nouveaux sénateurs ne sont pas tous patriciens. 
Les consuls choisissent également des plébéiens, ou plutôt, au 
lieu d'un Sénat, il y aura désormais deux Sénats. Le Sénat 
complet de trois cents membres, patriciens et plébéiens , reste 
le conseil des magistrats , mais il est dépouillé de son attribu- 
tion la plus importante, Yauctoritas. Celle-ci échoit à une as- 
semblée nouvelle, se composant exclusivement des membres 
patriciens du Sénat. Cette assemblée nouvelle, qui exerce un 
pouvoir constitutionnel de la plus haute importance, est sans 
nom et sans nombre déterminé de membres. Elle sera nom- 
breuse ou restreinte selon les caprices des consuls. Car les 
consuls ont le libre choix des sénateurs entre les patriciens 
et les plébéiens; plus ceux-ci seront nombreux, plus l'autre 
assemblée sera restreinte. 

Les sénateurs plébéiens ne participent donc pas à Yauctoritas, 
c'est-à-dire qu'ils n'exercent aucune action à l'égard des comitia, 
alors que ceux-ci se composent de tous les citoyens , plébéiens 
comme patriciens. Par contre, ils deviennent les conseillers des 
consuls, alors que le consulat est exclusivement réservé aux 
patriciens. Et quels conseillers? Des conseillers muets, dit- on, 
qui n'ont pas le droit de parler au Sénat. Et, en effet, ils 
sont restés muets pendant tout le premier siècle de la Répu- 
blique. Il n'y a pas de trace dans l'histoire qu'ils se soient 
permis de donner un seul avis aux consuls. 

Les consuls ont donc au Sénat des conseillers plébéiens 
muets. Or, lorsque, seize ans plus tard, la plèbe, à force 
d'efforts , obtint la création d'une magistrature plébéienne pour 
la protéger contre les abus de pouvoir des consuls, elle ne 
parvint pas à assurer à ses propres mandataires, chargés de 
contrôler, en son intérêt, les actes des consuls, le droit qui 
appartenait à ces personnages muets : l'accès de la salle du 



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24^ 



LA FORMULE PATRES CONSCRIPTl ET I/ÉPOQUE 



Sénat. Car les tribuns de la plèbe étaient obligés de se tenir à 
la porte de la salle de la séance 

Mais, si ces sénateurs plébéiens n'avaient pas le droit de 
dire leur avis aux consuls, que faisaient-ils au Sénat? Ils 
avaient, dit-on, le droit de voter. Seulement on oublie de dé- 
montrer qu'il ait jamais existé une catégorie de sénateurs qui 
eussent le jus sententiae ferendae sans le jus sententiae dicen- 
dae. Nous pensons avoir démontré le contraire (T. I, 140 suiv.). 
Nous avons prouvé par des faits que les derniers rangs des 
sénateurs, ceux qu'on a appelés plus tard pedarii, pouvaient 
être interrogés par le président, et qu'étant interrogés, ils 
avaient le jus sententiae dicendae, tout comme les sénateurs 
curules. Cette opinion était déjà admise antérieurement par 
Becker, Walter, Lange, Zumpt, Monro, etc.; et notre argu- 
mentation qui l'a confirmée, a eu l'approbation de la plupart 
des savants qui depuis lors se sont occupés de la question. 
Nous mentionnerons entre autres Lange, Gilbert, Troisfon- 
taines, Herzog, etc. 

Nous prétendons donc que, si au premier siècle de la Ré- 
publique, il y a eu au Sénat des sénateurs plébéiens, ces séna- 
teurs étaient interrogés par le président , lorsqu'il lui plaisait 
de continuer la demande d'avis jusqu'au tour de ces sénateurs, 
et qu'étant interrogés, ils avaient le devoir de répondre. Or, 
précisément à cause de la lutte entre le patriciat et la plèbe , le 
président se serait trouvé très fréquemment dans l'obligation 
morale de consulter les sénateurs plébéiens ; et la tradition 
aurait conservé au moins quelque trace d'une influence quel- 
conque exercée par les sénateurs plébéiens sur ces querelles 
intestines. Il n'en est rien. Nous en conclurons encore une 
fois que pendant cette période la plèbe n'a pas eu de repré- 
sentants au Sénat. 

Opposons notre système à celui qui précède. 

L'avènement de la République n'a introduit aucune modi- 
fication essentielle dans les attributions du Sénat, ni dans sa 



1 Voyez notre Sénat, T. I, 46. Lange (Jenaer Lit.) trouve le motif de 
cette exclusion dans le but de la création du tribunat, qui était Yauxilii 
latio adversus imperium consulare. Mais n'était-ce pas précisément un mo- 
tif pour permettre aux tribuns l'entrée de la salle, ne fût-ce que pour la 
défense des sénateurs plébéiens qui y étaient présents? 




DE L'ADMISSION DE LA PLÈBE AU SENAT ROMAIN. 243 

composition, sauf l'admission de patriciens junior es. Il n'y 
avait pas lieu d'ouvrir le Sénat à la plèbe. Car la révolution 
contre le pouvoir royal fut essentiellement l'œuvre du patri- 
ciat *. Dirigée contre l'organisation du pouvoir exécutif, elle 
amena dans la Constitution romaine une seule modification vrai- 
ment importante : le remplacement du roi viager par deux con- 
suls patriciens annuels. Et celle-ci favorisait exclusivement les 
intérêts du patriciat: Le pouvoir exécutif reste donc aux mains 
des patriciens. Le Sénat était le conseil de ce pouvoir. Du mo- 
ment que le consulat reste patricien , quel motif y avait-il de 
changer la composition du conseil des consuls? Quand, seize 
ans plus tard, le tribunat de la plèbe fut créé , les tribuns n'ob- 
tinrent pas l'entrée de la salle du Sénat , et ils n'y prétendirent 
d'abord pas, parce qu'ils étaient plébéiens et que le Sénat 
était le conseil patricien des consuls patriciens. 

Mais, après une longue lutte, la plèbe est enfin déclarée admis- 
sible au pouvoir exécutif, c'est-à-dire à la présidence du Sénat. 
Le tribunat consulaire, créé en 444, lui est ouvert, et de fait, en 
400, un plébéien gère cette magistrature 2 . 



1 La valeur de cet argument engage un de nos savants contradicteurs, 
J. Merkel (Zeitschrift der Savignystiftung, 1. 1.) à supposer que l'admis- 
sion des plébéiens date , non de la première année de la République , mais 
de seize ans plus tard , après la première secessio plebis. Mais précisément 
l'interdiction de la salle du Sénat aux tribuns de la plèbe prouve péremp- 
toirement contre cette date. 

2 En effet, nous avons démontré qu'il n'y a pas eu de plébéiens parmi 
les décemvirs de la seconde année (t. I, 53 suiv.). Lange (Jenaer Lit.) ne 
l'admet pas. Il prétend que notre seul argument, c'est de supposer que les 
noms de plusieurs de ces décemvirs n'étaient pas plébéiens, mais patri- 
ciens. Cela n'est pas exact. J'ai, d'abord, donné différentes preuves directes 
delà qualité patricienne de ces décemvirs (p. 51); ensuite, j'ai combattu 
l'assertion de mes adversaires d'après laquelle parmi les noms de ces dé- 
cemvirs il y en a ^évidemment plébéiens. C'est cette évidence que je réfute, 
et, après ma démonstration , peut-être serait-il difficile de la soutenir en - 
core. « Vraiment, dit Troisfontaines au sujet de mon argumentation, après 
l'avoir lu, on hésite à conclure qu'il a manqué son but ». Je n'ai pas été 
peu étonné d'apprendre par Madvig (Verfass., I, 499) que déjà dans le 
premier décemvirat il y a eu deux plébéiens. Il est regrettable que le 
savant auteur ait oublié d'en citer les noms. Au surplus, il a, pour recon- 
naître la qualité patricienne, des criteria tout personnels. Ne nomme-t-il 
pas (I, 188) l'orateur Hortensius le rival patricien de Cicéron? 




244 



LA FORMULE PATRES CONSCRIPTI 



Cette grande victoire amena comme conséquence naturelle et 
nécessaire l'admissibilité des plébéiens au Sénat 1 . 

En effet, il n'était pas rationnel que le magistrat plébéien qui 
avait été président du sénat et qui avait revisé la liste sénato- 
riale, ne pût devenir, après sa sortie de charge, membre du 
Sénat. Il était tout aussi peu rationnel qu'un président plébéien 
ne pût avoir des conseillers plébéiens. 

En conséquence, nous avons soutenu que l'admission des 
plébéiens aux magistratures curules a eu comme conséquence 
nécessaire leur admission au Sénat. Mais, lorsque le Sénat leur 
fut ouvert, il le fut pleinement, entièrement Le sénateur plé- 
béien assistait à toutes les séances; il participait h toutes les 
compétences du Sénat. Car le Sénat était et est resté un Corps 
unique ; il ne s'est pas démembré en deux assemblées distinctes 
ni alors ni plus tard. 



1 Nous avons dit au t. I du sénat (p, 62) que notre opinion est corroborée 
par Festus (p. 246) : Consules ... et tribuni militum consulari potestate 
conjunctissimos sibi quosque patriciornm et deinde plebeiorum legebant » 
J'ai fait valoir que deinde ne peut marquer la priorité de rang, comme 
Mommsen le veut, mais que ce mot indique nécessairement le temps. 
Herzog (Verfass., I, 172) maintient l'interprétation de Mommsen, tout 
en avouant que le langage de Festus est incorrect : « ein misverstàndlicher 
Ausdruck ». Il y a cependant quelque hardiesse à prétendre que Festus ou 
la source qu'il copie n'a su s'exprimer correctement en latin. Lange {Jenaer 
Lit.) nous donne pleinement raison contre Mommsen. « Deinde, dit-il, 
marque uniquement le temps; mais le moment désigné par deinde, n'est 
pas celui de l'admission de la plèbe au Sénat en général, mais celui où les 
tribuns consulaires plébéiens abusèrent en faveur des plébéiens du droit 
illimité de la lectio senatus. Ceux-ci n'ont pu naturellement abuser de ce 
droit en faveur de leurs conjunctissimi que postérieurement aux consuls 
et aux tribuns consulaires patriciens. » J'ai beau lire et relire le texte de 
Festus ; je n'y trouve trace de tout ce que Lange y découvre. J'y trouve 
ceci : les consuls et les tribuns consulaires avaient l'habitude d'élever à la 
dignité sénatoriale leurs amis (conjunctissimos quosque), d'abord, à con- 
dition qu'ils fussent patriciens ; plus tard (deinde), ils ont conféré cette 
dignité aussi à des amis plébéiens. Donc, il n'y a pas eu de sénateurs 
plébéiens dès l'origine de la République. 



P. WlLLEMS. 




l'hexamètke et l'alexandrin. 



245 



L'HEXAMÈTRE ET L'ALEXANDRIN. 

Lecture faite à la Société pour le progrès des Études philologiques 
et historiques, le 19 avril 1884. m 

Monsieur Jourdain faisait de la prose depuis quarante ans 
sans le savoir, et Monsieur Jourdain est ridicule. Je ne sais 
vraiment pourquoi. Qui de nous n'est pas Monsieur Jourdain 
sous bon nombre de rapports ? Sans parler des mille choses que 
notre corps fait et fabrique sans que nous en sachions rien, ni 
le pourquoi, ni le comment, ne raisonnons-nous pas avant de 
savoir que la science du raisonnement porte le nom de logique; 
ne nous attachons-nous pas au bien et à la vérité, sans savoir ce 
que sont le bien et la vérité ; ne nous sentons-nous pas attirés 
vers le beau, sans pouvoir définir le beau ; et ne citons- nous pas 
le nom de Dieu, sans avoir aucune idée de ce que Dieu peut 
être? Que d'excellents écrivains ont ignoré les règles de l'art 
d'écrire ! Y a-t-il même un art d'écrire? Que de grands poètes 
n'ont jamais su ce que c'est qu'un vers! Homère certes ne le 
savait pas. 

En revanche, certains s'imaginent peut-être savoir comment 
un vers se tourne, ont même une ou plusieurs théories 
touchant l'art de la versification, et, sur la foi de ces théories, 
alignent des mots avec une rime au bout, lesquels, je le crains 
bien, ne font rien qui vaille. 

Loin de moi la pensée de formuler des règles à l'usage des 
poètes présents et à venir; ne sntor ultra crepidam! Ce que 
je voudrais, c'est simplement mettre en évidence quelques-uns 
des principes qui, à travers la variété des procédés, se dégagent 
des œuvres des grands versificateurs anciens aussi bien que 
modernes, et en faire ressortir la féconde uniformité. 

Il y a longtemps que, dans mes cours à l'École normale des 
humanités, j'expose, un peu à ma façon, la théorie de l'hexa- 
mètre, particulièrement chez Homère. Naturellement, je ne me 
flatte pas de dire du neuf: mais il y en a peut-être dans les idées 
générales qui me guident et sous lesquelles viennent se ranger 
les détails. C'est en partie cette confiance qui m'engage à publier 
les lignes présentes, et en partie aussi d'excellents articles parus 



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246 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



dans la Revue philosophique 1 sur Y Esthétique du vers moderne 
et signés du nom de M. Guyau. 

Quand — et c'est malheureusement mon cas — on ne se con- 
fine pas dans un domaine déterminé et suffisamment restreint, 
on risque toujours de découvrir, comme on dit, la mer Médi- 
terranée. Cette appréhension légitime a été jusqu'ici la raison 
de ma réservé. L'étude de M. Guyau m'enhardit en ce qu'elle 
me persuade qu'il y a quelque originalité dans la manière dont 
j'envisage les entraves de la versification française et ses ana- 
logies avec la versification grecque et latine. 

Les analogies ! ce mot doit sonner étrangement aux oreilles. 
Il semble que, à part leur caractère générique commun, le vers 
français et les vers anciens différent du tout au tout. Je vais 
essayer de faire voir qu'il n'en est rien, ce qui me conduira à la 
comparaison du vers classique et du vers romantique. 



La nature apparaît à l'homme sous un triple aspect, comme 
une force, comme un mystère, comme un spectacle. 

En tant qu'elle est une force, il cherche à s'en garer ou à l'as- 
servir. Telle est l'origine de l'industrie : la chasse et la pêche, 
l'agriculture et la navigation, l'invention des moulins à eau et 
à vent, puis des machines à vapeur - voilà nos conquêtes. La 
nature est l'unique source de la vie ; tous nos efforts tendent à 
nous faire vivre le plus confortablement possible à ses dépens. 

Mais elle se dérobe à nous ; elle enveloppe de voiles épais les 
ressorts de son énergie ; la science vise à les mettre à découvert, 
la science, si désintéressée dans son principe, si utile dans ses 
conséquences. 

Enfin, la nature est pour nous une source de jouissances et de 
terreurs. En face d'elle, l'homme est saisi d'émotions indéfinissa- 
bles qui jettent delà variété dans son existence. Malheureusement 
ces émotions sont fugitives autant qu'elle même est changeante. 
C'est pourquoi, quand les sentiments qu'elle excite en lui sont 
agréables, il voudrait l'immobiliser à jamais. Dans ce but, il a 
créé les arts d'imitation qui, dans leur essence, tendent exclusi- 



1 Février et Mars 1884. 



I. 




L'HEXAMETRE ET L'ALEXANDRIN. 



247 



vement à reproduire ce qui est beau sous un certain aspect, ce 
qui nous remue doucement, même quand cette douceur est 
mélangée de quelque amertume. 

L'art, c'est donc Téternisation d'un plaisir esthétique. La rose 
qui nous a charmés par son port, sa forme, sa couleur, et qui 
demain sera flétrie, nous la fixons sur la toile et nous lui faisons 
défier le temps. 

La nature nous remue en agissant sur notre sensibilité, prin- 
cipalement sur les sens esthétiques par excellence, la vue et 
l'ouïe. L'imiter, c'est user des moyens dont nous disposons et 
qui s'adressent surtout aux yeux et aux oreilles, pour parler, 
comme elle le fait, à l'âme humaine. 

L'art est d'autant plus borné, mais aussi d'autant plus idéal 
que le procédé d'imitation est plus simple ou s'éloigne plus du 
modèle. Ainsi le dessin au trait ou la silhouette est plus impar- 
fait à la fois et plus idéal que la gravure et la photographie 
avec leurs oppositions d'ombre et de lumière, que la peinture 
avec ses couleurs, que la sculpture qui se sert du relief, que 
l'architecture qui s'appuie sur la perspective étendue. La statue, 
dénuée de coloration, est plus idéale que quand elle est peinte ; 
plus idéale, dans sa rigidité, qu'une mécanique qui imiterait les 
mouvements et les gestes; plus idéale que l'acteur et l'orateur. 

Plus les moyens sont simples, plus il est difficile d'obtenir 
l'effet voulu; et mieux cet effet est obtenu, plus grand est 
l'artiste. La danse est un art idéal — et c'est ainsi que l'avaient 
comprise les anciens — elle qui tend à représenter les mouve- 
ments de l'âme par la combinaison des mouvements du corps. 

En retour, plus les moyens sont nombreux et variés, plus il 
est difficile de les combiner. Alors , généralement parlant, un 
seul homme ne peut y parvenir; il faut pour cela le concert 
d'intelligences artistiques de différents ordres. Tel est l'art 
dramatique, qui réclame le concours de l'auteur, des acteurs, 
du costumier, du décorateur; tel est, placé plus haut encore, 
l'art lyrique à qui il faut en outre l'intervention du compositeur 
et des exécutants, sans compter les danseurs et le machiniste. 
Et certainement si, quand les yeux et les oreilles sont sous le 
charme du spectacle, on répandait dans l'air à la façon antique 
de suaves odeurs, si l'on pouvait disposer de la température 
et des brises rafraichissantes, si l'on y ajoutait les délicatesses 
du goût, dans ces conditions réunies, un opéra serait l'œuvre 




243 



l'hexamètre et l'alexandrtn. 



artistique la plus haute et la plus complète qu'il nous soit donné 
de savourer. 



Les arts qui s'adressent à la vue ne reproduisent que des 
formes et des couleurs. Ce sont ceux qui se tiennent le plus 
près du modèle. Les arts qui s'adressent à l'ouïe repro- 
duisent des sons. Ils n'imitent à proprement parler qu'en tant 
que l'objet de l'imitation est sonore, comme la mer et le ruis- 
seau, le vent et la tempête, les oiseaux et le feuillage. Mais en 
outre ils cherchent à éveiller en nous des émotions en faisant 
appel à des analogies sensibles et obscures, ou à des habitudes, 
fruits de l'éducation. C'est là-dessus que sont fondées la mélodie, 
la symphonie, l'harmonie. Sans doute — le lecteur me par- 
donnera cette courte parenthèse — on peut discuter la ques- 
tion de savoir si la musique est eii soi expressive, et si ce n'est 
pas l'auditeur qui, pour une grande part, lui infuse le sentiment 
qu'il y retrouve. Toujours est-il que la musique n'est pas uni- 
versellement comprise comme l'est un tableau, une sculpture, 
une pantomime, et qu'on peut douter — en dépit de méta- 
phores généralement acceptées — qu'elle puisse exprimer des 
idées, et encore moins des formes et des couleurs. La peinture 
est du reste tout aussi impuissante ou tout aussi factice quand 
elle veut être philosophique et psychologique, et c'est de la haute 
fantaisie que de vouloir, comme Wiertz par exemple, lui faire 
rendre les sensations d'un guillotiné. Je ferme ma parenthèse. 

Nous disions plus haut que l'art est d'autant plus idéal que 
le moyen d'imitation s'éloigne plus du procédé naturel. A cet 
égard, une peinture qui nous donnerait la sensation du fracas 
de la chute du Niagara, réaliserait le comble de l'habilité artis- 
tique, aussi bien qu'un morceau de musique qui nous ferait voir 
l'arc aux sept couleurs. 

Il est cependant un procédé qui n'est la copie de rien de ce 
qui se trouve dans la nature extérieure, et qui pourtant la saisit 
dans sa forme, dans ses ombres, ses lumières et ses couleurs, 
dans ses mouvements et ses repos, dans ses bruits et ses silences, 
ce procédé c'est la parole — et subsidiairement, l'écriture. 

Comment la parole jouit-elle de cette prérogative? question 
difficile que nous n'avons pas l'intention d'aborder ici. Il nous 



II. 




l'hexamètre et l' alexandrin. 



249 



suffit de savoir qu'elle combine des sons et des intervalles, qu'à 
ce titre elle rentre dans la musique, avec ceci en plus toutefois, 
qu'à de certains groupes de sons déterminés est attachée par 
convention ou autrement une signification fixe et précise. 

Que le sentiment auquel la parole donne naissance ne tienne 
pas uniquement à cette signification, cela ressort de ce fait qu'on 
peut être disposé à la pitié ou à la colère, à la tristesse ou à la 
gaîté par l'intonation seule du débit, sans qu'on saisisse les 
mots ni même la physionomie ou les gestes de l'acteur. Inutile 
d'étayer davantage cette proposition : les preuves abondent. 

Il y a donc un effet qui résulte d'abord du choix et de la dis- 
position des syllabes, abstraction faite de la force avec laquelle 
on les prononce, ensuite de la combinaison des voix et des 
silences. Cette combinaison est ce qui constitue proprement le 
rythme, dont je vais spécialement traiter aujourd'hui. 

III. 

Le rythme appartient à la danse, à la musique, au langage. 
Il peut donc s'adresser aux yeux aussi bien qu'aux oreilles. Il 
se fait entendre aussi au tact : vous reconnaîtrez un air dont 
on vous battra la mesure sur la main ou toute autre partie du 
corps. 

Qu'est ce que le rythme? c'est la division du temps en parties 
égales. Un mouvement rythmé est celui qui recommence après 
un intervalle de temps toujours le même. Aussi, à parler rigou- 
reusement, c'est le sens du temps qui le saisit, que ce sens 
s'exerce par les yeux, les oreilles ou les muscles. 

Le rythme s'allie donc de lui-même à l'expression des senti- 
ments. Toutes nos actions demandent du temps, et bien des 
mouvements physiologiques sont rythmés, par exemple, la 
respiration et la marche; et comme ces mêmes mouvements 
sont influencés par les états de l'âme, oh comprend pourquoi le 
rythme peut exprimer la joie ou la tristesse, la quiétude ou 
l'impatience. Le tambour n'a pour lui que le rythme, et pour- 
tant chacun distingue une marche guerrière d'une marche 
funèbre. Ce rythme est perçu par l'ouïe ; mais le sourd le perce- 
vra par la vue, de même que nous suivons des yeux le bâton du 
chef d'orchestre. 

La poésie enchâsse la pensée dans un rythme. C'est pourquoi 



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250 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



elle agit plus puissamment que la prose sur la sensibilité. A 
l'orchestre des voyelles et des consonnes, elle ajoute le tambour 
et les cymbales. 

Le rythme doit être marqué. En français il Test par la rime ; 
dans l'hexamètre ancien, par le spondée ou le trochée final 
précédé presque toujours d'un dactyle. 

Nous saisissons ici sur-le-champ une des analogies de l'hexa- 
mètre et de l'alexandrin. Le dernier spondée nous annonce la 
fin du vers, comme nous l'annonce la rime. A cet égard, ce spon- 
dée et la rime sont des équivalents. Mais, en même temps, nous 
touchons du doigt une différence : l'hexamètre latin est complet 
en lui-même, il subsiste isolément. L'alexandrin a besoin d'être 
complété par un autre vers qui rime avec lui. La rime solitaire 
est un non-sens. 

Si donc une suite d'hexamètres divise le temps en parties 
égales, la fin de chacune de ces parties étant annoncée par le 
spondée, et si l'on peut en dire autant d'une suite d'alexandrins 
avec leurs rimes finales, il y a ceci en plus avec ces derniers, 
c'est que, pris deux à deux, ils divisent le temps en parties 
égales plus grandes ; et même, si l'on tient compte de l'alter- 
nance des rimes masculines et féminines et qu'on les prenne 
quatre par quatre, en parties plus grandes encore. 

Dans les vers élégiaques, c'est par l'accouplement de l'hexa- 
mètre et du pentamètre que l'on obtient cette division rigou- 
reuse du temps. 

On peut pousser plus loin encore les effets du rythme. C'est 
ce qui a lieu quand on dispose les vers par strophes. 

Dans la pièce de Victor Hugo, intitulée : Sara la baigneuse 
(Orientales), le mètre choisi par le poète exprime le va-et-vient 
de l'escarpolette. Le petit vers correspond au moment où l'es- 
carpolette, arrivée au plus bas de sa course, est animée du 
mouvement le plus rapide ; les deux vers plus grands qui l'en- 
cadrent indiquent le mouvement de descente ou de remonte. La 
strophe finie, l'escarpolette est revenue à son point de départ : 



Sara, belle d'indolence, 

Se balance 
Dans un hamac, au-dessus 
Du bassin d'une fontaine 

Toute pleine 
D'eau puisée à l'Ilyssus ; 




l'hexamètre et l'alexandrin. 



251 



Et la frêle escarpolette 

Se reflète 
Dans le transparent miroir, 
Avec la baigneuse blanche 

Qui se penche, 
Qui se penche pour se voir. 

Chaque fois que la nacelle 

Qui chancelle, 
Passe à fleur d'eau dans son vol, 
On voit sur Peau qui s'agite 

Sortir vite 
Son beau pied et son beau col. 

Les deux rimes masculines marquent par leur coup sec que 
la balançoire est arrivée au plus haut de sa course. Le petit 
vers fait entendre comme le sifflement de la nacelle au moment 
où elle effleure l'eau. 

On peut aussi alterner des strophes de genres différents, 
comme l'ont fait maints poètes et principalement Victor Hugo. 
Toutefois le motif de cette alternance n'est pas toujours bien 
transparent. Ainsi l'orientale intitulée Grenade se compose de 
trois genres de strophes qui reviennent périodiquement, et où 
l'on ne peut voir qu'une vaine recherche de variété : 

Soit lointaine, soit voisine, 
Espagnole ou sarrasine, 
Il n'est pas une cité 
Qui dispute sans folie, 
A Grenade la jolie 
La pomme de la beauté, 
Et qui, gracieuse, étale 
Plus de pompe orientale 
Sous un ciel plus enchanté. 

Cadix a les palmiers; Murcie a les oranges; 
Jaën, son palais goth aux tourelles étranges ; 
Agreda, son couvent bâti par Saint Edmond; 
Ségovie a l'autel dont on baise les marches, 

Et l'aqueduc aux trois rangs d'arches, 
Qui lui portent un torrent pris au sommet d'un mont. 

Leers a des tours; Barcelone 
Au faîte d'une colonne 
Lève un phare sur la mer; 



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252 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



Aux rois d'Aragon fidèle, 

Dans leurs vieux tombeaux, Tudèle 

Garde leur sceptre de fer; 

Tolose a des forges sombres 

Qui semblent, au sein des ombres, 

Des soupiraux de l'enfer. 



Le poisson qui rouvrit l'œil mort du vieux Tobie 
Se joue au fond du golfe où dort Fontarabie; 
Alicaute aux clochers mêle les minarets ; 
Compostelle a son saint; Cordoue aux maisons vieilles 
A sa mosquée où l'œil se perd dans les merveilles ; 
Madrid a le Manzanarès. 



J'ai cité un spécimen de ces strophes, pour bien montrer que 
le choix du mètre n'a quelquefois rien à voir avec l'idée. J'en 
profite aussi pour généraliser — le lecteur l'aura sans doute 
déjà fait de lui-même — ce que j'ai dit tantôt de la division 
du temps par l'alternance des rimes. Les strophes de neuf vers 
qu'il vient de lire se composent de trois tercets terminés par 
une même rime masculine. Nous avons ainsi une mesure à 
trois temps, et c'est la rime masculine qui annonce la fin de 
chaque temps. 

Quelquefois un vers spécial marque la fin de la mesure. C'est 
le cas, entre autres, pour les couplets de chansons. Généralement 
dans les poésies lyriques, ce vers, qui fait l'effet de détonner au 
milieu des autres, est plus court. Il semble qu'il y ait là une 
dérogation à la définition du rythme. C'est ici qu'intervient le 
silence qui complète le temps en donnant au petit vers la 
même valeur qu'aux autres. 

La première pièce des Contemplations de Victor Hugo se 
compose de strophes de quatre vers dont les trois premiers sont 
de dix syllabes, le dernier de trois. Mais comme ce vers de trois 
syllabes est plein et majestueux dans sa brièveté ! il pèse autant 
à lui seul que les trois autres. On m'excusera de n'en citer que 
quelques strophes. Il faudrait, pour bien faire, citer la pièce 
entière : 



O mon enfant, tu vois, je me soumets. 
Fais comme moi : vis du monde éloignée ; 
Heureuse? non; triomphante? jamais. 



— Résignée! — 




l'hexamètbe et l'alexandrin. 



253 



La gaîté manque au grand roi sans amours ; 
La goutte d'eau manque au désert immense. 
L'homme est un puits où le vide toujours 



Recommence. 



Vois ces penseurs que nous divinisons, 

Vois ces héros dont les fronts nous dominent. 

Noms dont toujours nos sombres horizons 



S'illuminent ! 



Après avoir, comme fait un flambeau, 
Ebloui tout de leurs rayons sans nombre , 
Ils sont allés chercher dans le tombeau 



Un peu d'ombre. 



A la lecture, on peut, sans inconvénient, faire précéder ce 
petit vers d'un repos considérable qui rétablit le rythme et ne 
fait qu'appeler l'attention sur la profondeur de la pensée ou la 
splendeur de l'image. 

C'est là ce qu'oublient parfois les poètes imitateurs, les jeunes 
surtout, qui se flattent trop souvent d'avoir fait merveille quand 
ils ont entrelacé des vers de toutes les longueurs et obtenu 
ainsi des figures plus ou moins bizarres. 

Je pourrais, citant de leurs œuvres, faire, comme on dit en 
géométrie, une démonstration par l'absurde. Cependant le lec- 
teur me saura gré de lui mettre sous les yeux le beau de préfé- 
rence au laid. Qu'il savoure donc ces deux strophes empruntées 
à l'orientale intitulée Lazzara : 

Elle est grande, elle est svelte, et quand, d'un pas joyeux, 
Sa corbeille de fleurs sur la tête, à nos yeux 

Elle apparaît vive et folâtre, 
A voir sur son beau front s'arrondir ses bras blancs, 
On croirait voir de loin, dans nos temples croulants, 

Une amphore aux anses d'albâtre. 

Elle est jeune et rieuse, et chante sa chanson, 
Et, pieds nus, près du lac, de buisson en buisson, 

Poursuit les vertes demoiselles. 
Elle lève sa robe et passe les ruisseaux. 
Elle va, court, s'arrête, et vole, et les oiseaux 

Pour ses pieds donneraient leurs ailes. 

TOME XXVII. 18 




254 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



Quand, le soir, pour la danse on va se réunir, 
A l'heure où l'on entend lentement revenir 

Les grelots du troupeau qui bêle, 
Sans chercher quels atours à ses traits conviendront, 
Elle arrive, et la fleur qu'elle attache à son front 

Nous semble toujours la plus belle. 

Je ne voulais citer que deux strophes, et me voilà à la troi- 
sième. On me le pardonnera. Connaît-on quelque chose de plus 
beau que le vers final de chacune d'elles? 



Je perds un peu mon sujet de vue, mais je le retrouverai 
tantôt. Au surplus, ce qui vient d'être dit et ce qui va l'être, est 
comme une préparation à ce qui viendra plus loin. 

Les petits vers entremêlés dans les grands vers n'en rompent 
donc pas toujours le rythme. C'est le cas chaque fois qu'on peut, 
soit en les faisant précéder d'un silence, soit en prolongeant leurs 
syllabes, leur donner artificiellement une plus grande étendue. 
La fable de la Cigale et la Fourmi est en vers de sept syllabes. 
Il n'y a d'exception que pour le second vers qui nen a que 
trois : 



Mais, après un peu de réflexion, on sent que cette unique 
syllabe tout en vaut à elle seule cinq. La faute de la Cigale n'est 
pas d'avoir chanté au lieu de travailler, — qui donc s'aviserait 
d'interdire les récréations honnêtes comme le chant? — ni 
d'avoir chanté en été quand le soleil brille, que les arbres sont 
en fleurs ou en fruits, et que tout gazouille sur la terre et dans 
les airs; — la nourriture était abondante, et lui faisait des 
loisirs — non! sa faute est d'avoir chanté tout le temps, et de 
n'avoir pas songé au frileux hiver avec son hâve acolyte, la faim. 
Si La Fontaine avait eu envie de faire un vers de sept syllabes 
comme les autres, il n'en eût pas été embarrassé, il y a mille 
façons de combler la lacune. L'effet est analogue dans ces deux 
vers si connus des A nimaux malades de la peste : 



IV. 



La cigale ayant chanté 
Tout l'été, 



Se trouva fort dépourvue, 
Quand la bise fut venue. 



Même il m'est arrivé quelquefois de manger 
Le berger. 




l'hexamètre et l'alexandrin. 



255 



Il me semble entendre le mot berger sortir avec hésitation 
et effort de la bouche du lion. 

Prenons la fable du Chêne et le Roseau. Qui ne connaît par 
cœur le discours du roi des forêts? 



Il est certain que ce vers de huit syllabes venant après deux 
alexandrins majestueux, participe de leur ampleur, et c'est sur 
le mot braoe que doit tomber toute la longueur de l'arrêt. 

Une observation analogue s'applique au passage qui suit 
immédiatement : 



Tout vous est aquilon; tout me semble zéphyr. 
Encore si vous naissiez à l'abri du feuillage, 

Dont je couvre le voisinage, 

Vous n'auriez pas tant à souffrir; 

Je vous défendrais de l'orage ; 

Mais vous naissez le plus souvent 
Sur les humides bords des royaumes du vent. 



Le troisième vers a une longueur égale aux deux qui le pré- 
cèdent. L'accent oratoire affecte le mot couvre sur lequel la 
voix peut longtemps se maintenir pour indiquer l'envergure du 
chêne. Les trois vers suivants sont plus rapides; c'est ce qui 
fait que, par un effet inverse, l'alexandrin qui les termine 
équivaut à lui seul à deux vers de huit syllabes. On est, pour 
ainsi dire, invité pour ne pas rompre le nouveau rythme, à le 
débiter en traînant, ce qui ajoute à l'expression de commisé- 
ration qu'il renferme. 

Lamartine, à l'en croire, n'aimait pas les vers inégaux. Il en 
a fait cependant et des plus harmonieux. Tel est ce début de la 
troisième méditation : 



Oui, l'Anio murmure encore 
Le doux nom de Cinthie aux rochers de Tibur; 
Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure, 

Et Ferrare au siècle futur 
Murmurera toujours celui d'Eléonore. 
Heureuse la beauté que le poète adore! 



Cependant que mon front au Caucase pareil, 
Non content d'arrêter les rayons du soleil, 
Brave l'effort de la tempête. 



Heureux le nom qu'il a chanté! 
Toi qu'en secret son culte honore, 




256 



l'hexamètre et l'alexandrin . 



Tu peux, tu peux mourir : dans la postérité 
Il lègue à ce qu'il aime une éternelle vie; 
Et l'amante et l'amant sur l'aile du génie 
Montent, d'un vol égal, à l'immortalité. 

Il n'est personne qui, lisant à haute voix ces beaux vers, 
ne s'arrête tantôt sur ceux de huit syllabes pour leur donner 
la valeur d'un alexandrin, tantôt sur les alexandrins pour les 
rendre équivalents à deux vers de huit syllabes. 

Qu'on relise aussi le chœur si célèbre qui termine le premier 
acte d'Athalie. On pourra appliquer la remarque qui précède 
à chaque vers. J'en écris le commencement sous la forme 
d'hexamètres : 

Tout l'univers est plein de sa magnificence : 
Qu'on l'adore ce Dieu, qu'on l'invoque à jamais ! 
Son empire a des temps précédé la naissance, 
Chantons . . . . , publions ses bienfaits. 

En vain l'injuste violence 

Au peuple qui le loue imposerait silence 

Son nom ne périra jamais. 

Le jour annonce au jour sa gloire et sa puissance; 
Tout l'univers est plein de sa magnificence : 
Chantons . . . . , publions ses bienfaits. 

V. 

A poursuivre cet ordre d'idées, on pourrait aller loin. L'on 
pourrait éplucher tous les effets poétiques qui ont été de tout 
temps l'objet d'une admiration incontestée, et l'on trouverait 
sans peine qu'ils sont dus presque chaque fois à une rupture du 
rythme. Deux exemples me suffiront. On a toujours cité comme 
des modèles de ces effets deux strophes de l'ode de Le Franc 
de Pompignan sur la Mort de J.-B. Rousseau. 

Quand le premier chantre du monde 

Expira sur les bords glacés 

Où l'Hèbre effrayé dans son onde 

Reçut ses membres dispersés, 

Le Thrace, errant sur les montagnes, 

Remplit les bois et les campagnes 

Du cri perçant de ses douleurs ; 

Les champs de l'air en retentirent, 

Et dans les antres qui gémirent 

Le lion répandit des pleurs. 



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l'hexamètbe et l'alexandrin. 



257 



Tout le monde l'a remarqué, le lion apparaît tout à coup h 
l'entrée de la caverne, l'effroi nous saisit, mais nous nous ras- 
surons à l'instant : le lion pleure. 

Or, observez la cadence des six derniers vers. Les cinq pre- 
miers sont divisés en deux hémistiches de quatre syllabes 
chacun dont le premier comprend même deux iambes. En voici 
la notation : 



Au dernier vers, cette cadence à laquelle on a eu le temps de 
s'habituer est tout à coup rompue, et nous avons deux hémis- 
tiches ainsi divisés : 



Or, nous cherchons instinctivement à rétablir la cadence 
première. Nous transformons en iambe l'anapeste le lion, en le 
prononçant vivement; l'iambe que nous attendons ensuite est 
remplacé par un silence, et nous prononçons les cinq dernières 
syllabes comme un seul mot de quatre syllabes. De là cette 
opposition si pittoresque du lion et des pleurs qu'il répand. 

Appliquons le même procédé de dissection à la dernière 
strophe si connue : 



Le Nil a vu, sur ses rivages, 
Les noirs habitants des déserts, 
Insulter, par leurs cris sauvages, 
L'astre éclatant de l'univers. 
Cris impuissants, fureurs bizarres 
Tandis que ces monstres barbares 
Poussaient d'insolentes clameurs, 
Le Dieu, poursuivant sa carrière, 
Versait des torrents de lumière 
Sur ses obscurs blasphémateurs. 



Le dernier vers produit l'effet le plus admirable. Pourquoi? 
parce qu'il sort du rythme des quatre vers qui le précèdent, 
composés d'un iambe suivi de deux anapestes : 



~ - - il ----- 1 



il 



Sa notation est toute différente: 





258 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



et c'est le contraste même qui en résulte, et l'effort qu'il faut 
faire pour prononcer ces deux longs mots, sur lesquels la voix 
baisse malgré nous, qui attirent notre attention sur le blasphème 
et l'obscurité de ceux qui le profèrent. Ce genre de contretemps, 
nous le retrouverons sous une autre autre forme quand nous 
parlerons de la césure irrégulière. 

Le rythme des vers libres nous conduirait naturellement au 
rythme de la prose. La belle prose, en effet, consiste en une 
succession de rythmes divers qui se font valoir l'un l'autre, 
parce que, en la débitant, l'intonation rétablit la mesure rompue. 

Mon intention n'est pas d'insister sur ce point. Je me con- 
tenterai de rythmer la première phrase de l'oraison funèbre 
d'Henriette de France par Bossuet. On sait que les anciens 
avaient fait une étude analogue de l'exorde du Discours de 
Démosthènes sur la couronne. 



Celui qui règne dans les cieux 

et de qui relèvent tous les empires, 

à qui seul appartient la gloire, 

la majesté et l'indépendance, 

est aussi le seul qui se glorifie 

de faire la loi aux rois 

et de leur donner, quand il lui plaît, 

de grandes et de terribles leçons. 



A peu de chose près, ce sont là des vers blancs de huit syl- 
labes environ divisés en deux hémistiches, dont deux un peu 
courts (à qui seul et aux rois) se complètent naturellement par 
des silences ou la prolongation de la voix; puis ce rythme se 
trouve brusquement rompu, ce qui force à s'arrêter sur de 
grandes, puis sur leçons. Or ces mots : de grandes et de terribles 
leçons ferment majestueusement la période et c'est sur eux que 
doit s'arrêter la pensée en attendant que l'orateur la conduise 
autre part. 

(La suite 'prochainement). Delbœuf. 




OLLA PATELLA. 



259 



OLLA PATELLA. 



(Suite et fin). 



114 Poples (Br. poplex), hame. — Kil. constate, pour la Flandre, hamme 
= poples; ham angl. a la même valeur; mais auj. hamme, si je ne 
me trompe, ne se dit plus que du jambon. 
107 Pori, plur., gâte (auj. sweet-gat). 
49 Porrum, poreide (auj. porei, prei). 
67 Porticus, haven. Le glossateur a confondu avec portus. 
98 Postela, achterbo\e\ch. Cjy.antela. 

67 Postica, iveke. Quid wekeî — Tient-il de la famille weken (bas-saxon), 
weichen (ail.), wijken (néerl.) = reculer, se retirer? Le nom 
s'appliquerait alors très convenablement à la poterne. 
5 Postis, post. 

64 Prelum (praelum), persboem. 

63 Presepe (praesepe), cribbe. 

20 Promus, botelier (fr. bouteiller). 

12 Promus (mieux vaudrait promet, scil. cella), spinde (dépense, garde- 
manger). 
4 Pruna, cole. 
70 Psitacus (psittacus), papegay. 

110 Pubes, vedehaer. De vede, membre viril (V., K.). Je trouve dans 
De Bo, West-vlaamsch Idioticon, le composé stiersvede, stiersvee, 
nerf de bœuf; voy. aussi Schueremans Vlaamsch Idioticon, v° varre~ 
vee. — Mais n'y a-t-il pas plutôt lieu d'expliquer le mot par vederhaer, 
poil follet? ail. federhaar (lanugo) est dans Grimm. 
56 Pullus (= noirâtre), s. gl. 1 (Br. swert). 

17 PULMENTUM, pappe. 

17 Puls, wellinge (K. jusculum, puis, pulticula). 

86 Pulvinar, cussin. 

24 Fuhex, pums (auj. puim-steen). 

105 Pupilla, zie. Je cherche vainement ce mot dans mes sources ; il répond 

parfaitement à l'ail, sehe = pupille. 
76 Purioo (prurigo), lotte. Ce mot flamand échappe à mes recherches. 

En West-Flandre et à Bruxelles lot signifie pourri ; il y a donc sans 

doute une confusion avec putrigo, mot imaginé p. putredo. 
66 Quadba, baculus *. Cette gl. est plus que suspecte. Il me semble plus 

naturel d'interpréter ici quadra (= fr. cadre) : parc carré d'un 

troupeau. 

64 Qualum (panier fait d'osier, par où l'on tamise le vin quand il sort 



1 G. donne entre parenthèses grau, 
a G. bâcler s. 




260 



OLLA P A TELL A. 



du pressoir), ackerwiis. Je ne parviens pas à expliquer cette o-l.; le 
second élément est-il wisse = osier? Peu probable. 

13 Quartallum (cartallus = corbeille), virtale. La gl. fait ici confusion 

avec quartallus, quart. Il s'agit en réalité du vase dans lequel le 

raisin est porté au pressoir. 
110 Ramex, virga virilis. 
48 Rapa, rapen (auj. raap). 
109 Ren, nire. 

7 Repagula, ameide (auj. hamei). Nous avons là le wallon hamaite, 
hamainde (voy. le Dict. de Grandgagnage, t. I. p. 270 et t. II, 
p. 604, v° hamende, où je rapproche en note notre mot flamand. Je 
rejette l'étymologie lat. amitem proposée par Grandgagnage, l'i bref 
de ce mot lat. s'y oppose formellement. 

65 Résina, haers (Br. herst). 

66 Reticulum, parvum rete. 
57 Rota, wiél. 

75 Ru beta, rana l . 

56 Rubicondus (-cundus), roet. 

27 Rudus, lapis. — Cath. : gravais, pierres petites comme pour faire 

pavements. 
27 Sabulum, zant. 

59 Sacellus, panis coctus. — Glose de fantaisie, car sacellus est = 

sacculus et désigne le bluteau à farine. 
30 Sagena, segen (auj. zegen). C'est le fr. seine. 

73 Salamandra, idem q. bibio. Que vient faire la salamandre au milieu 
de ces noms de mouches? L. traduit par caumarengne, mot français 
dont Godefroy ne connaît pas d'autre exemple. 
9 Saltnum, soutvat. 

43 Saliunca, distel. La gl. ne dit que chardon; il s'agit ici particulière- 
ment du chardon étoilé ou chausse-trape. Voy. mon Gloss. roman- 
latin de la bibl. de Lille, p. 41, note 10. 

18 Salsugo, worst. La gl. signifie saucisse, et salsugo salure en général. 

42 Salvia, saelje (fr. sauge). 

35 Sambucus, vliederboem (auj. vlierboem). 

96 Sambuce, vlieder. Confusion avec le mot précédent ; car nous avons à 
faire ici à la sambue, couverture ou selle de cheval à l'usage des dames 
nobles, ancien mot fr. d'origine allemande, voy. Diez, 4 6 éd., p. 675. 

81 Saphirus, lapis. 

14 Sarcula, plur., wiediseren (K. wiedijser, sarculum). Du verbe wieden, 

sarcler (wied, mauvaise herbe). 
45 Sarfolium (caerefolium), cole (chou). - Glose inexacte. 

3 Sartago, ganspanne (litt. poêle à frire l'oie). Panne suffisait. 
26 Scapellum (forme allégée de scalpellum), scavelinck (K. schavelingh). 



1 G. rava. 




OLLA PATELLA. 



261 



Gl. fautive, car ce mot flamand signifie raclure, non pas grattoir, 
qui est le sens du mot latin. 
109 Scapule, plur., scoudren. 

63 Scenovbha (L. cenoveha, = cœnum vehens, fr. civière), berie (K. berie, 
berrie, feretrum). — C'est le même mot que fr. bière, brancard, puis 
coffre de mort, cercueil. 

6 Scindula (= bardeau), scindele (= ail. schindel). Le type latin scan- 

dula (par scandulla) a donné fr. échandole. 

63 Scobs, mes (= mest). Traduction peu précise au lieu de scories. 

77 Scothomia, scavelinghe ». On sait que scotome se dit en médecine d'une 
maille ou tache que l'œil perçoit à l'état maladif; aussi L. glose-t-il 
par maille. Mais comment expliquer notre scavelinghe , qui veut dire 
propr. raclure? Veut-on désigner par là l'affection maladive, qui fait 
comme danser de la raclure ou sciure devant les yeux? Les traduc- 
tions allemandes données par Dief. expriment toutes tournèrent de 
tête, vertige (effet du scotome sans doute) ; il serait donc possible que 
scavelinghe fût un lapsus de scribe p. swijmelinghe (K. vertigo, • 
scotoma) . 

72 Scrabo (crabro, L. cambro), vievel. — C'est le fl. wevel (Kil. curculio), 

ail. wibel, angl. weevil. Voy. OP. 
11 Scrinea (scrinia), kiste. 

51 Scurra (= parasite), leccator 2 . C'est le v. fr. lecheur. 
14 Securis, haeks (auj. aaksé), 
10 Sedilia, plur., sitten. 

10 et 97. Sella, sadel (auj. zadel). La forme sadel est restreinte à la sella 

equestris ; il fallait au v. 10 la gl. setel. 
27 Sementum (caementum, au sens de fr. ciment), cale. 

7 Sera, voy. cera. 

35 Sera8us (cerasus), kersboem. 

42 Serpillum (= fr. serpolet), idem q. salvia. 

47 Sérum, wey. 

29 Sibula (subula), elsen. 

96 Sica, gladius absconsus in baculo 3 . 

34 Siler, wime (K. wtfme, salix viminalis). 

18 Silla, mot imaginaire, produit par une mauvaise lecture; voy. illa. 
99 Symea (simia), simme (auj. sim). 

38 Silurnus, piscis 4 . — Quid silumus? Trouvant dans le Gloss. de Lille 
(mon éd. p. 33) silurcus = siluricus, traduit par menuise (nom de 
poisson), je suis admis à voir dans silumus (= silurînus) la même 



1 G. scaveloghe, 
* G. jocutor. 

3 G. lit (p. in baculo), baculus et en fait la glose du mot icerpe (1. strepa) 
qui suit. 

4 G. riscis. 




262 



OLLA PATELLA. 



valeur. Dans Dief., les gloses ail. relatives à silurnus disent barbeau. 
— L. donne, à la place de silurnus, serïïlum teans doute une forme 
altérée de silurus), glosé par stelerin ou espinoque. 
39 Synamomum (cinnamomum), caneel. 
45 Sinapis, mostartsat. 
103 Sinciput, achterhoeft (lisez voerhoeft). 
100 SlSTRA, sauterie 1 (= lat. psalterium). 

3 Situla, eimer (auj. emmer). 
81 Smaraoous, lapis. 

39 Sodiara (zedoara, fr. zédoaire, ail. zittwer), zedevaer. 

92 Solea, soel (auj. zool). 

49 Solsequium (= souci), goutblome. 

19 Sonipes, id. q. equus. 

67 Spécula, parva domus. 11 s'agit d'une échauguette ou guérite. 
58 Spica, a ère. 

91 Spinter (spinther, = agraffe), doren. 
108 Splen, milt. 
86 Sponda, sponde. 
11 Sporta, mande. 

85 Spurcus, onsuver (auj. onzuiver). — L. a spurius, leçon favorisée par 

le voisinage de notus. 
28 Stamina, plur., warp (auj. werpte). 

16 Stillicidia, goete (auj. goot, gouttière). Pour remettre sur pieds lev. 
16, j'ai, v° domicilium, proposé de prononcer et d'écrire stillicïda. La 
modification de la finale plus abstraite -cidia (chute, écoulement) 
en -cida, comme le mot désigne un objet concret (ici lieu où 
s'écoulent les eaux), n'a rien de trop hasardé. 

105 Stiria (= roupie), kele. Je tiens kele pour une mauvaise leçon, sinon 
pour une forme contracte de kegele; kegel, cône, au sens de roupie, 
est consigné dans Kil., et l'on dit encore, dans le même sens, ijskegel, 
propr. glaçon*. 
69 Stiva, idem q. buris. 

108 Stomachus, maghe. 

83 Strabo, maie videns. 

96 Strepa, stegreep (étrier) 3 . 
90 Strophium, idem q. cingulus. 

84 Strumosus, struma 4 plenus. 



1 G. santerie. 

* M. Gilliodts (note 262), s'est singulièrement aventuré en mettant 
notre stiria en équivalence avec un terme médical, qu'il puise dans Blan- 
cardi, Lexicon medicum renovatum, savoir « stylopharingaes (sic), pha- 
rynx, het keelgat. » 

3 G. ayant dérangé les gloses, attribue celle-ci au mot suivant phalera. 

4 G. stuma. 




OLLA P A TEL LA. 



263 



82 Subsolanus, ost (vent d'est). 
50 Subulcus, pastor porcorum. 

88 Subuncula (subucula), underroch. 
39 Sucara, suker (auj. suiker). 

19 Succussor (ms. successor), equus (cheval trottant). 

18 Sucrida, èn'we ». Voy. OP. v° succidia. — Kil. brijne, Fland. j. pekel ; 

angl. brine; voy. aussi Schueremans. 
74 Sucreo, s. gl. Quid? Le mot est introuvable. Voy. OP. 

88 Suparus, manica. Le sens classique était vêtement de toile ; au moyen- 

âge il s'est particularisé en celui de manche brodée. 
92 Sutar, querdel. — Dans L. il y a succar ou sactar, glosé par queudre. 
J'ai eu tort à la fois de corriger suctor ou sutor (cordonnier) et de 
déclarer la trad. queudre inacceptable. Ce fr. queudre peut fort bien 
représenter notre fl. querdel (transposé en queldre). Or querdel se 
trouve défini dans K. par « segmen corii, ligamen calcei rude »>; dans 
la Gemmula voc, par « coriolum». Toujours est-il que sutar est 
introuvable. 

112 Tallus (talon). Un scribe, ayant lu, par méprise, callus, a introduit 
ici la gl. suel (=swelle, tumeur, ail. schwiele). 
71 Tarmus, made* 

66 Tauropata (Br. tauropeta), clava. Voy. sur ce mot difficile mon OP., 

v° corropacta. 
104 Tbmpus (= tempe), slaep. 

83 Temulentus, ebriolus. 

49 Tenacetum (= fr. tanaisie), matere. La gl. est passablement vague, 

caria tanaisie n'est pas une matière, mais un végétal. Voy. OP. 
110 Tentigo (voy. OP.), lingua wlve (1. vulve *). 
29 Tergus (au sens de cuir), s.* gl. 
32 Testa, scale. 

110 Testiculi, cullen. De Bo donne le verbe : kullen, pierlen, plagen, 
klooten; c'est notre fr. coïonner. Une Gemma gemmarum (ms. de 
Cologne de 1507) donne kulleken. Le primitif est lat. coleus. 

16 et 71. Testudo, slec; au v. 71. slecke. Au v. 16, le mot a un sens ar- 
chitectural : escalier en colimaçon ou voûte; peut-être faut-il le 
supprimer, voy. domicilium. 

57 Themo (temo), disele (auj. dissel). 

89 Thena (taenia), huve. Le mot latin, propr. ruban, a en effet signifié 

bonnet au moyen-âge. 
87 Thoral (toral), idem q. amphitapum (couverture délit). 
86 Thoreuma (ropu/xa), coetse (= fr. couche). Voy. OP. 
39 Thus, wiroech. Auj. wierook. 
89 Tyara (tiara), s. gl. 3 . 



1 G. vrine. 

2 G. ivalve. 

3 La gl. haerbant dans G. appartient au mot suivant crinale. 




264 



OLIjA PATELIiA. 



112 Tibia, scène (auj. scheen). 

6 Tyona (tigna), plur., sper (K. sperre, sparre). 
100 Timpana, plur., tambuse. Cette forme p. tambure, est-elle fautive ou 

a-t-elle existé? Je connais un nom de famille Tambuyser. 
71 Tinea, motte. 
77 Tysis (phthisis), infirmitas. 

88 Toga, heyke. Kil. donne heycke, comme spécial à la Flandre; auj. 
huih. Je ne le trouve pas dans Schueremans. — Sur l'histoire de ce 
mot, qui paraît être roman (bas-latin huca), voy. Grimm v° hoike. 
5 Tolus (thoîus == faîte, pinnacle), voy. OP. — L'inattention du scribe, 
qui lisait colus (quenouille), a motivé la gl. roche; voy. colus. — 
M. Gilliodts, à propos de ce colus, renvoie au gloss. de Lille, publié 
par Gachet, où on lit, p. 22, colus, pommel, mais d'abord quel rap- 
port peut-il y avoir entre une quenouille et un pommeau ? Et puis, 
feu mon ami Gachet , si fort en paléographie pourtant, s'est abusé ici 
et devait écrire tolus (voy. mon éd. du même glossaire, p. 49). 

64 Torcular (= pressoir), persa (1. pers*). 

10 Traha (= herse), eigde, (K. eeghde, egghe; auj. egge). Sur l'historique 

de ce mot, voy. Grimm, v° egde. 
28 Trama, weveL 

70 Tranbtrum, rimer. C'est rimbanc, à vrai dire. 

14 Tribula, eigde (voy. traha). Tribula a, en effet, cette valeur (voy. OP.); 

mais, d'autre part, tnbulum ou tribula signifiait aussi fléau, qui 
est la traduction du mot dans L. Le dénominateur commun est 
« l'écraseur » . 

15 Tribulus, distel. 

1 Tripes, staelyser ». Cette gl., qui signifie un briquet (voy. Kil.), n'est 
pas admissible, bien que le vers énumère des objets de cuisine ; il 
s'agit du trépied ou tréteau. Comment le glossateur a-t-il pu penser 
à briquet? Quelque synonyme drie-stal (ou même le simple stal; on 
voit ailleurs notre tripes traduit par estai) lui a-t-il remémoré vier- 
stael (Kil.) = acier à feu, et par là l'équivalent staelyser? 

10 Tripos (forme grécisée de tripes), scrage (K. schraege) = tréteau, che- 
valet; ail. schragen. 

31 Troclea (trochlea), windaes (d'où fr. vindas). 

27 Trulla, truele (auj. truweel). 

38 Turdus, store (auj. steur)\ fr. esturgeon. 

60 Turres, tur *. 

37 Turtur, pladijs. Je trouve turtur interprété de diverses manières; 
tantôt par truite (ainsi dans L.), tantôt, par turbot, ailleurs par meertub 
(pigeon ou hérisson de mer), ici enfin, partie. Je ne suis pas com- 



1 G. stallyser. 
» G. tor. 



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OLLA PATELLA. 



265 



pétent pour décider ; comment la tourterelle a-t-elle dû se prêter à 
toutes ces métamorphoses? car nous voyons définitivement le mot 
turtur (glosé par duve) appliqué, v. 78, au doux volatile en société 
de philomena. 

77 Ulcus, bult (K. gibbus, tuber, bubo). Cp. ail. balte. 

94 Umbo, bus (1. bul = buil?) van den scilde *. 

34 Ulmus, olme. 

65 Urceus, cruke (auj. kruik). 

68 Uva, uve. Je ne sais si uve s'est jamais dit pour raisin, car il ne peut 
s'agir ici que de raisin ; au sens de luette, uva a donné naissance à 
fl. huyve, auj. huig. Un ms. brugeois du Dictionarius de Jean de 
Garlande (voy. ma Lex. 41) glose uvula par huvele. 

60 Vallum, valeie. Le mot flam. répond au bas-lat. vallata^ locus valla 
septus. 

67 Val va, valbrugghe (pont-levis). — Glossaire de Lille 49 : trape de cave. 

14 Vanga, spade. 

15 Vannus, van (auj. wan). 
10 Vastum (voy. OP.). stoel. 

7 Vectis, scof (K. schof, repagalum , obex, claustrum). Dérivé de 
schuiven, pousser. 

52 Verres, beer. Cp. angl. boar, ail. bar, beier, behr =* aper, voy, 

Grimm,I, 1124 et 1368. 
83 Versutus, eallidus. 
111 Vertebba, s.gl. *. 

102 Vertumpnus (Br. vertumnus), deus mercatorum. Qu'est ce que le 
dieu des marchands, si jamais il s'est appelé Vertumnus, vient faire 
ici, à côté de cirrus, cincinus, coma et caesaries, tous termes relatifs 
à la tête? Aussi préférerai-je de beaucoup la leçon de L., vertiginus. 
Ce mot, quoique non moins étrange (on a l'adj. vestiginosus), est 
peut-être à prendre comme une forme extensive de vertigo, qui est 
une infirmité de la tête. Il est encore admissible qu'en forgeant ce 
mot pour parfaire son vers, l'auteur a eu en vue le simple vertex, 
sommet de la tête. 



1 G. donne erronément à umbo la gl. busverande en réservant schilde 
pour celle de lorica. 

* G. donne à ce mot la gl. mouls, qui selon ma lecture revient à cya 
(v. pl. h.), où je n'ai pas su m'en rendre compte. Si réellement elle doit 
êtreassignée h.vertebra, voici ce que je pourrais en dire. Il s'agit ici du 
terme anatomique (en flam. wervelbeen); mais comme on voit dans Diefen- 
bach, vertebra, vertebrum, vertibulum s'appliquaient à différents objets 
tournants, tels que dévidoirs, meules de moulin, etc.; il se peut donc bien 
que notre mot mouls cache quelque vocable se rattachant au verbe latin 
molere, moudre. Voy. aussi Lex. p. 72. 




2f>G 



OLLA PATELLA. 



3 Verdtum, spit. 
52 Vervex, weder (auj. weer). 
80 Vespertilio, vledermuus. 
95 Vexjllum. banire, 
100 Viella, vedel. — Viella est façonné sur le fr. vielle, de vitella =^ 
vitula, voy. Diez, v° viola, p. 341 et mou Dict. v° viole x . 
64 Vinacia (= marc de raisin), pellis uvarum. 
32 Vitellus (= jaune d'oeuf), doder (auj. dooijer ou dojer). 
50 Viticola, wachte. Le mot flamand signifie guet, et surprend ici; on 
est tenté de croire que dans l'esprit du glossateur, il y a eu confusion 
entre le gaerder dans unjn-gaerder (de wijngaert, vigne) et le simple 
gaerde, waerde = gardien. 
104 Vola, s. gl. ». 

69 Vomer, coûter (= fr. coutre). — Cp. cultnim. 
55 Vulpes, vos. 

109 Vulve, plur., idem q. walve (1. valva). Glose arbitraire; les deux 
mots ne sont pas identiques ni de valeur, ni d'origine ; à la vérité, 
Br. glose par porte (cp. Kil. poorte), mais c'est là une expression 
purement euphémistique. 
82 Zephirus, west (vent d'ouest). 

16 Zeta (mot formé de diaeta, chambre), thalamus. — Il s'agit ici du 

cabinet secret (L. parva caméra sécréta). 
59 Zima (zyma = gr. Çùpo), hefle (Br. heeffel)\ auj. heeve (K. heffe, hevel), 

ail. hefe. 



En terminant mon travail, je dois exprimer le regret de 
ce qu'il n'a pas été plus abondant en enseignements utiles 
aux explorateurs de la lexicographie néerlandaise. Les voca- 
bulaires, versifiés ou non, qui au moyen-âge avaient cours 
dans les écoles monastiques et complétaient l'outillage des 
jeunes clercs dans leur étude du latin, n'étaient pas toujours 
mis à profit avec intelligence. Maint possesseur de ces aide- 
mémoire, appelé à placer, en regard du mot latin qu'il s'agissait 
de s'assimiler, l'équivalent usuel dans sa langue maternelle, 
était peu préparé ou mal dirigé, et les méprises lui échappaient 
aisément. Tel était celui qui a rédigé les gloses, flamandes ou 



1 Je suis d'avis que l'initiale f dans le mot ail. fidel est motivé par le 
souvenir du lat. fides, corde, instrument à cordes. 

* G. donne à ce vocable la glose vel van der oghe, qui n'est que la queue 
de celle du mot précédent acies. 




OLLA PATELLA. 



267 



latines, clans les interlignes du texte de l'Olla Patella inséré dans 
le ras. de Bruges. Non seulement il lui est arrivé bien des fois 
de mal comprendre la valeur de ses vocables, mais souvent aussi 
de ne pas même savoir les lire correctement. Sans se préoccuper 
de Tordre d'idées dans lequel ils se présentent, il confond p. ex. 
colus (quenouille) avec tolus (sommité), tallus (talon) avec callus 
(cal), et lit urinna où il fallait lire arvina ; il ne remarque pas, 
entre autres négligences, que l'écrivain du texte qu'il a par 
devers lui, a, par manque d'espace, tronqué l'hexamètre en 
écrivant /w^ au lieu Aejugalis et il traduit ainsi cejug par ioc. 
D'ailleurs il ne paraît pas être seul responsable de ses bévues ; 
ces gloses passaient d'une main à l'autre, chacune y laissant la 
trace de sa légèreté ; on copiait au plus vite, sans esprit de con- 
trôle, sans souci même des signes abréviatifs (p. ex., à l'art, batus, 
mensa p. mensura); on sautait des syllabes, comme dans ces 
mots énigmatiques vere custodia, qui servent de glose à eunucus. 

Mais nonobstant ces vices originels ou, pour mieux dire, 
climatériques, qui déparent et déprécient le document que j'ai 
mis en lumière, mon travail sera, je l'espère, reçu avec bien- 
veillance par les philologues; ils sauront en dégager l'intérêt 
qu'il peut offrir et voudront bien tenir compte de la conscience 
avec laquelle je l'ai accompli. Si un certain nombre de gloses 
flamandes sont restées en souffrance entre mes mains, en re- 
vanche il en est quelques-unes qui ne laisseront pas que de cap- 
tiver leur attention. Je dirai encore que le dépouillement de 
l'Olla Patella de Bruges m'a donné mainte occasion de corriger 
ma première publication du même genre, faite il y a quelques 
années à cette même place et que celle-ci est appelée à compléter. 



Ad intestina, vodeghe. Je suppose que le mot flam. appartient au primitif 
vot, mot vulgaire très répandu, qui s'applique, paraît-il, aussi bien à 
culus, podex qu'à cunnus, vulva. La glose, il est vrai, s'écarterait un 
peu du vrai sens du mot latin. 

Ad postica, tveke. Il se peut qu'il faille lire veke {w initial p. v est une 
orthographe particulière à notre texte), et qu'il s'agisse de veken 
traduit dans K. par « ostium inferius ». 



AUG. SCHELER. 



Corrections : 




268 



COMPTES RENDUS. 



COMPTES RENDUS 



Rénovation de l'histoire des Francs, par Victor Gantier. 
Bruxelles, Lebègue. 

Ce livre a été écrit pour prouver : 1° que la conquête de la 
Gaule par les Fraucs ne fut pas le résultat d'une immense 
immigration de Francs d'outre-Rhin qui auraient passé ce fleuve 
au V e siècle; 2° que les vainqueurs qui accomplirent cette 
conquête furent les descendants des Belges du temps de César, 
dont issirent les populations actuelles ; 3° qu'eux seuls pouvaient 
fournir le nombre d'hommes nécessaires aux immenses armées 
qui triomphèrent des Allemands, des Burgundes et des Wi- 
sigoths. 

Voici sur quels raisonnements l'auteur étaie ses assertions : 
Il faut distinguer deux espèces de Francs : 1° Les Francs 
germains composés de tous les anciens peuples germaniques 
répandus entre le Rhin, le Mein, l'Elbe et l'Océan. Depuis le 
temps de Tacite jusqu'au nôtre, ils n'ont cessé de vivre sur ce 
territoire. Dès le second siècle, plusieurs écrivains nomment 
celui-ci la Francia. C'est la vraie France, dont la Franconie 
actuelle nous rappelle le souvenir. 2° Les Francs saliques com- 
posés de toutes les peuplades de la Belgique qui, lors de la 
grande invasion des Vandales, des Suèves et des Alains formè- 
rent entre elles la confédération salique pour repousser les enva- 
hisseurs loin de leurs frontières. 

Pendant dix ans, toute la Gaule fut alors en proie à un 
trouble inexprimable. Rome envahie par les Goths avait dû 
retirer ses troupes des frontières et demeurer spectatrice forcée 
des déprédations des barbares. Pour se défendre, les armées 
romaines, abandonnées en Bretagne, durent se donner un chef 
et acclamèrent Constantin (407). Débarquant à Boulogne, 
celui-ci organisa une armée, délit les barbares, et se fit recon- ^ 
naître par toutes les villes de la Gaule du Nord, tandis que 
le Midi restait fidèle à Honorius. Les Bretons, les Armoriques 
et les Belges profitèrent de cette confusion pour se rendre 




COMPTES RENDUS. 



269 



indépendants de l'empire. Les derniers prirent le nom de 
Francs saliques et rédigèrent alors la Loi salique destinée à régir 
tous les peuples de la confédération. Celle-ci se composait 
d'environ 600,000 habitants. La Gaule entière n'en avait pas 
plus de dix millions. Ces évaluations permettraient de porter 
à 60,000 combattants, les guerriers saliques qui aidèrent Clovis 
à s'emparer des Gaules et à battre les Allemands, les Burgundes 
et les Wisigoths. 

Tel est le système soutenu par M. Victor Gantier. 

Nous regrettons vivement que, pour l'exposer, l'auteur n'ait 
pas cru devoir suivre Tordre chronologique des événements. 
Il eût pu écrire une œuvre non moins éloquente que celle où il 
nous a dépeint la résistance patriotique de nos ancêtres contre 
César et se serait épargné les cruels mécomptes d'un système 
qui ne peut un seul instant soutenir l'examen d'une critique 
impartiale. Nous ne discuterons pas les faits énoncés par 
M. Gantier qui nous paraissent indéniables et qui, tous, sont 
admis depuis longtemps par les historiens. 

Voici notre opinion, à nous : 

Les peuples compris entre le Rhin, le Mein, l'Elbe et l'Océan, 
à l'exception des Frisons, des Chauques et des Saxons, au nord, 
constituent les races germaniques qui plus tard prendront le 
nom de Francs. Complètement soumis par les Romains quelques 
années avant notre ère, ils subirent le joug des vainqueurs, 
jusqu'à l'an 236, époque où ils reconquirent leur indépendance 
et prirent le nom de Francs, c'est-à-dire d' } émancipés y af- 
franchis. Ce nom apparaît pour la première fois après la mort 
de Maximien, en 240. 

Les Sicambres déportés par Tibère entre le Wahal, la Meuse 
et le Rhin avaient reçus le nom de Gugernes. Ceux que cet 
empereur avait établis sur les bords de la mer (salum, mer 
agitée) prirent celui de Saliens, puis, lors de l'émancipation, 
celui de Francs saliens. 

Pour réprimer les pirateries de ces Francs, Maximien crée 
contre eux une flotte destinée à leur barrer le passage de la 
Manche et en donne le commandement au Ménapien Carausius, 
qui les laisse échapper à prix d'argent. Compromis par une telle 
conduite, le Ménapien, pour échapper au châtiment, se fait 
proclamer empereur par ses troupes, rallie à son autorité la 
légion romaine qui gardait la Grande Bretagne, et s'unissant 

TOME XXVII. 19 




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COMPTES RENDUS. 



aux Francs saliens, les aide à chasser les Bataves des bouches 
du Rhin et de la Meuse et à s'établir sur leur territoire. 

Les Chauques chassent à leur tour les Saliens des îles que 
ceux-ci venaient d'envahir et les obligent à se cantonner dans 
la Tnxandrie ou Salland, entre le Dénier, l'Escaut et la Meuse. 
Maximien les foret; à reconnaître l'autorité de Rome sous le 
nom de Lêtes (laeten) ou vassaux de l'empire. 

Sous Julien, ceux-ci se soulèvent au moment où les Allemands 
envahissent la Gaule et détruisent 40 villes. César les force 
à rentrer sous le joug ; et Charietto, leur chef, passant au service 
des Romains, aide Julien à réduire les Attuaires et à refouler les 
Allemands 4 . 

La ligue des Allemands, cantonnée le long du Rhin, de la 
Suisse au Mein, se rue avec rage sur la France germanique; 
celle des Saxons, des Frisons et des Chauques, sur la France 
salique qu'elle attaque en remontant l'Escaut et le Démer sur 
une flotte (303). Cette armée est culbutée par Sévère, général de 
Valentinien près de Deuso, in ipsis Francorum /ïnibus* (Deuso, 
Deuseborg, Duysborg, près de Tervueren, entre Bruxelles et 
Louvain). 

Le Vandale Stilicon, tuteur d'Honorius, pour mettre la Gaule 
en sûreté, achète la paix aux Francs germains, qui jurent 
fidélité à l'empire. Ceux qui veulent passer le Rhin, reçoivent 
la vaste région qui s'étend entre l'Ahr, le Rhin, la Meuse et 
l'Amblêve. Ils se mêlent aux Gugernes, anciens Sicambres, qui 
occupaient déjà le Nord de ce territoire et prennent le nom de 
Francs ripuaires, nom latin que les Romains n'auraient pu leur 
donner après 407, puisqualors leur pouvoir sur ces régions 
était complètement anéanti. Or, du temps du Salien Arbogaste 
(393-394), ces Francs n'existaient pas encore. 

De 406-408, Stilicon dégarnit la frontière des troupes 
romaines pour aller défendre l'Italie. Les Alains, les Vandales, 
les Suèves, profitent de ce départ pour se ruer sur le Rhin, 
dévastent Strasbourg, Spire, Worms, Mayence, Coblence et 
marchent sur Trêves. 



1 Ammieu Marcellin, XVI, 3; XVII, 8; Zozime, 1. III, c. 6; Eunape de 
tëardaigne, de vitâ Maximi; Julien, lettres aux Athéniens. 

2 Ammien, XXX, 3 et 7, XXVIII, 3 ; Orose VII, 32 ; St. Jérôme et 
Cassiodore, chro. ad annum 373. 




COMPTES RENDUS. 



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C est alors, selon M. Gantier, que les Ripuaires, les Saliens, 
les Tongres, les Nerviens, les Ménapiens et les Morins, auraient 
organisé une vaste ligue , et que tous auraient pris le nom de 
Francs saligues. 

Pas une seule donnée historique n'autorise une telle supposi- 
tion et toute la suite des faits que nous allons exposer la dément. 

Les Vandales, les Alains, les Suèves se dirigèrent contre les 
Francs germains, qui, en tentant de les arrêter, subirent une 
défaite complète. Les Suèves s'amusent alors à piller leur 
territoire, tandisque les Alains ravagent l'Alsace ou seconde 
Germanie. Les Vandales attaquent Trêves. Les Ripuaires les 
assaillent, leur tuent vingt mille hommes et couchent sur le 
sol leur roi Godégisèle. Les Alains et les Suèves accourent au 
secours des Vandales ; mais n'osant marcher sur Cologne, ils 
suivent avec eux la voie romaine de Reims, pillent cette ville, 
prennent Tournai, Arras, Amiens et ne tardent pas à se trouver 
en face de la ligue armorico-nervienne, dont ils essaient de 
dévaster le territoire. Le Breton Constantin, se faisant proclamer 
empereur par sa légion, unit ses troupes à celles des Armoriques, 
bat les envahisseurs et les refoule sur le midi des Gaules. Les 
Morins, les Ménapiens et les Nerviens, se rendent alors indé- 
pendants du joug de Rome et vivent sous leur propre gouver- 
nement *. Quatre peuples, indépendants les uns des autres, 
occupent donc, en ce moment, le pays des Belges : les Ripuaires, 
les Tongres, les Saliens et les Ârmorico- Nerviens. Nous voilà 
loin des conclusions de M. Gantier. 

En 410, les Saliens essaient de soumettre les Armorico- 
Nerviens sans pouvoir y parvenir 2 . 

Les Ripuaires s'emparent de Trêves, mais sont forcés de 
remettre cette ville à Jovin (411). Castinus, à la mort de ce der- 
nier, attaque et bâties Ripuaires, qui, peut être conduits par 
Theodemer, fils de Ricimer, se vengent en les battant, à leur 
tour, et en saccageant Trêves 3 (414—415). 



1 Grégoire de Tours. 1. II, c. 9; Orose, hist., 1. 7; Prosper d'Aquitaine, 
Fastes, ad an. 406; Isidore, Histoire des Vandales ad an. 407; Procope, 
de bello Vandalorum, 1. I, c. 3s Hiero., Epist. ad Ageruntiam; Claud., 
De laude Stilic, 1. II. 

* Procope, de bello go th., 1. T, p. 340. 

3 Salvien VI, 130; Grégoire de Tours, 1. II, c. 9. 




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COMPTES RENDUS. 



Une bande année de Francs germains se serait alors choisi 
pour chef Pharamond (Guarauioud, Wurmond, Wurm), dont on 
ne sait rien sinon qu'il n'a peut-être jamais existé. 

Une bande armée de Francs saliens élit Clodion 1 (426). Aétius 
fait rentrer sous le joug de Rome les Francs ripuaires * (428). 

Les Francs saliens, sous la conduite de Clodion, tenteut 
de s'emparer de la Thoringie ou Tongrie. Aétius les repousse 
et leur accorde la paix, sans même tenter de les replacer sous 
le joug de Rome 3 (432). 

Dix années après ce traité, Clodion reprenant les armes, part 
de Dispargum (^Deuseborg, Duysborg, près de Tervueren) in 
termino Thoringorum pour s'élancer à la conquête de la Nervie, 
bat les Romains qui essaient de s'opposer à son passage, traverse 
la forêt charbonnière, prend Tournay, sans coup férir, malgré 
ses fortes murailles défendues par l'Escaut, en épargne les habi- 
tants qui ne lui avaient opposé nulle résistance, et assiège Cam- 
brai dont il anéantit la garnison romaine, puis étend sa domi- 
nation dans le pays des Atrébates jusqu'à la Somme (442-445). 
A la nouvelle de ces conquêtes, Aétius marche contre lui, le 
défait à Héléna (Lens) et le force à repasser l'Escaut (445). 
Clodion meurt en 448 4 . Les deux fils de Clodion se disputent le 
pouvoir militaire. Pour maintenir le principe d'élection, on 
les chasse tous les deux. L'un passe chez les Huns qu'il amène 
au sac des Gaules. L'autre va réclamer la protection des 
Romains. 

Les Saliens élisent Mérowig K (448). Arrivée des Huns (451). 
Ils prennent Mayence, Trêves, et par la voie de Reims marchent 
sur Arras, laissant Tongres bien loin sur leur droite. Les Ar- 
moriques les arrêtent. Par Meaux, ils descendent sur Orléans. 
Mérowig aide Aétius à remporter la victoire de Châlons et 



'Prosper Tyro. Parenté de ce nom avec celui de Clovis. Hlod-i-on 
Hlod-o-wig ; Hlod, bande armée; wig, chef; d'où chef de guerre. « Primus 
rex Francorum Chloio , » dit l'ancienne généalogie des Mérovingiens 
citée par Pertz, Monumenta Germ. his., t. II, p. 307. 

* Prosper d'Aquitaine, ad an. 428. 

3 Idace, chron. ad an. 432. 

4 Grégoire de Tours, 1. II, c. 9; Gesta regum Francorum ; Sidoine Apol- 
linaire, paneg de Majorien. 

* Wig, guerrier, Mûre, gloire. Guerrier glorieux. 




COMPTES RENDUS. 



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acquiert par cet exploit un grand prestige. A son retour, il 
attaque les Tongres et les soumet. La première Germanie ou 
Alsace reconnaît de même son autorité. Avitus, appelé au com- 
mandement des armées romaines sanctionne cette extension de 
territoire par de nouveaux traités qui rendent plus intime que 
jamais l'alliance des Francs et des Romains (455). Mort de 
Mérowig 1 (456). 

Les Ripuaires récupèrent leur indépendance : Trois Frances, 
la Francia germanique, presque réduite à la Franconie par les 
Saxons, les Thuringes et les Allemands ; la Francia ripuairienne 
étendue jusqu'aux limites de la première Germanique, au sud ; 
la Francia salique qui se compose de trois cantons : la Toxan- 
drie ou Salland, la Nervie et Y Artois. « Après leur entrée 
dans la Thoringie, dit Grégoire de Tours, les Francs Saliens se 
donnèrent pour chefs, dans leurs différents cantons ou leurs 
diverses villes, des rois chevelus tirés de leurs premières et plus 
illustres familles. Alors, ils commencèrent à avoir des lois. » 
Ragnakaire règne à Cambrai; Childéric, à Tournai; Cararic, 
à Deuso. De leur côté, les Ripuaires se choisirent Sigebert 
pour chef militaire. 

Trois juges, pris dans chacun des trois cantons ou royau- 
mes saliques, furent chargés de recueillir les coutumes et 
les usages des Francs saliens qu'on promulgua sous le nom de 
Loi salique. Ces lois ne concernent pas les Ripuaires qui ne 
codifièrent les leurs que sous Thierry, fils de Clovis. Filles 
furent probablement formulées en vers caractérisés par la rime 
et l'allitération. Traduite en prose latine sous Clovis, la loi 
salique fut, dès ce moment, remplie d'interpolations et augmentée 
de tous les articles qui suivent les 68 premiers titres. Les textes 
qui concernent les étrangers aux Francs, habitant la même 
terre, sont relatifs aux populations vaincues par les Francs et que 
la loi place sur un pied d'entière égalité. Valode ou alleu, terre 
salique, devant être défendue par les armes, passe à l'aîné, de 
mâle en mâle et ne peut être transférée aux femmes que faute 
de descendant masculin direct. 

Nous voilà de nouveau, sur toutes les matières précédentes, 



1 Acta S. S. Belg. I, 193. Gesta regum Francorum, I, 5; Grégoire de 
Tours, II, 7; Sidonius, Paneg. Aviti, v. 373. Nous ne croyons pas à la 
prise de Tongres par les Huns. 




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COMPTES RENDUS. 



bien loin des opinions de M. Gantier. Nous en différons davan- 
tage encore dans tout ce qui va suivre. 

Childéric 1 est élu roi de Tournai en 458. Il passe une partie 
de son règne à guerroyer sur la Loire, se rangeant avec Egidius 
et le comte Paul, son successeur, contre les Wissigoths, contre 
les Saxons d'Odoacre et contre les Alains cantonnés dans ces 
parages. Les objets trouvés dans son tombeau prouvent qu'il 
fut enterré selon les rites païens de sa nation 4 (482). 

Clovis, fils de Childéric, devient roi de Tournai à 15 ans. 
Syagrius, fils d'Egidius, lettré, mais mou, commande une ou 
deux légions de troupes romaines à Soissons. Clovis, âgé de 
20 ans, rassemble G mille guerriers Francs du Tournaisis et 
les joint à autant de soldats de Ragnakaire, le seul des rois 
Francs qui consente à l'accompagner. Ils battent Syagrius à 
Soissons (480). Ragnakaire regagne l'Artois avec ses guerrière; 
Clovis s établit à Soissons. Depuis longtemps les Gallo-romains 
aspiraient à un gouvernement national ; les évêques, à voir un 
prince catholique régner sur la Gaule ; les troupes, à recevoir 
pour chef un homme capable de les conduire à la victoire. Toutes 
les populations répandues dans les deux Belgiques jusqu'à la 
Seine se donnent à Clovis. Syagrius fuit chez Alaric; une partie 
de son armée se cantonne à Paris. Pour plaire au clergé et aux 
populations catholiques, Clovis répudie sa première femme, 
mère de son fils aîné, Thierry, et s'unit à Clotilde. Celle-ci l'en- 
gage à se concilier ses nouveaux sujets en se faisant baptiser. 
Clovis résiste, mais laisse baptiser ses deux premiers enfants 
dont l'un, Ingomer meurt bientôt après la cérémonie. 



1 Chil, enfant, rig ou rick roi. Enfant royal. La fable qui le fait se 
réfugier chez le Baes des Thoringiens pendant qu'Egidius règne huit ans 
à sa place à Tournai, est dénué de tout caractère d'authenticité. En effet, 
Egidius meurt en 464, six ans après l'avènement de Childéric. Celui-ci se 
trouve sur la Loire, dès 462, et n'en revient qu'en 465. Clovis naît l'année 
suivante (466). C'est cette vie de bataille loin de son pays qui, sans doute, 
aura donné lieu à la légende. La guerre des Francs Ripuaires contre 
Egidius, n'est pas moins improbable. « Venerunt Romani Treviris civita- 
tem super fluvium Mossellam, vastantes terras illas, ipsamque urbem 
succedentes coeperunt. » C'est une réminiscence de faits antérieurs. 

* Fortunatus, 1. VIII, p. 1; Grégoire de Tours, II, 2; Idace, chron. 
ad an. 463 ; Fédégaire. 




COMPTES RENDUS. 



275 



Clovis assiège Paris qui faisait partie de la ligue armoricaine. 
Manquant de guerriers, il veut l'obliger à se rendre par la 
famine. S te Geneviève ravitaille la ville et le contraint à en lever 
le siège. Exterminant la plus grande partie des Thoringiens ou 
Tongres, Clovis s'empare de leur pays 1 . Clovis entreprend une 
seconde fois le siège de Paris et ne réussit pas mieux que la 
première à s'emparer de cette ville. Les Allemands commencent 
alors contre la ligue des Francs-germains une guerre terrible 
et font de ces populations un affreux carnage. Passant le Rhin, 
ils battent ensuite les Francs ripuaires près de Tolbiac, fran- 
chissent la Meuse et s'avancent jusqu'à Tongres, qui, privée de 
l'élite de ses défenseurs, est détruite de fond en comble. Clovis 
unit ses Gallo-Francs aux troupes des Francs-ripuaires et cul- 
bute les Allemands. Les troupes Gallo-Romaines auxquelles il 
doit ces succès , attendent de lui un témoignage de reconnais- 
sance, non moins que les évêques qui attribuent sa victoire à un 
miracle du dieu de Clotilde. Clovis donne à tous satisfaction en 
se faisant baptiser 2 . Ses deux sœurs et trois mille Francs seule- 
ment imitent son exemple; le reste rentre en Nervie. Mort d'Al- 
boflède, sœur du roi. Clovis recommence pour la troisième fois 
le siège de Paris qui, cette fois, consent à rendre à un prince 
chrétien l'hommage qu'elle refusait au payen, et devient la capi- 
tale de ses États. La propagande des évêques redouble d'ardeur. 



1 Voici les textes : « Ludovicus, rex Francorum, Turingos petens gravi 
eos csede prostravit : ipsos cum terra eorum sibi subjecit. » Chronique 
d'Herman, ad an. 491. — « Ludovicus rex Toringiam sibi subjugat. » 
Sigebert de Gembloux ad an. 491. — « Cludovicus decimo anno regni sui, 
commoto exercitu, sibi Toringiam Provinciam subjugavit. » Ex vita 
S. Remigii par Hincmar. Rien de plus absurbe que de supposer que cette 
province puisse être la grande nation des Thuringes, alors la plus puissante 
d'outre Rhin et que Clovis n'eût pu aller attaquer, en ce moment, à tra- 
vers la Ripuairie et la Francia germanique, sans être certain de voir sa 
petite armée anéantie. La Thuringe ne fut , du reste , jamais une province 
romaine. 

a Hincmar, vie de S* Remy, composée d'après une biographie contem- 
poraine en partie détruite , d'après des chartes et autres documents con- 
temporains, et d'après des traditions conservées daus l'église de Reims. 

Grégoire de Tours dit aussi que trois mille Francs consentirent à se faire 
baptiser: « De exercitu vero ejus baptisati sunt amplius tria millia. » Hist. 
1. 11, c. 31. 




276 



COMPTES RENDUS. 



Toutes les populations répandues entre la Seine et la Loire re- 
connaissent le nouveau roi. Orléans lui ouvre ses portes. Ce 
prince augmente son armée des troupes qui défendaient Paris et 
Orléans et des hommes qu'il prélève dans toute rétendue de l'im- 
mense territoire soumis à sa domination. L'Armorique, effrayée, 
reconnaît nominalement son autorité. Théodoric, roi d'Italie, 
s'unit à Clovis contre Gondebald, roi des Burgundes, qui, défait 
par suite de la trahison de son frère Godégisèle, s'enfuit à Avi- 
gnon. Ayant fait la paix avec Clovis, Gondebald assiège son frère 
dans Vienne où celui-ci s'était fait acclamer, prend la ville et 
le fait tuer. Alaric s'aliène les évêques d'Aquitaine qui se rendent 
dans la Celtique et poussent Clovis à l'attaquer. Allié à Gonde- 
bald, Clovis défait Alaric et, de sa propre main, le tue dans la 
bataille. Anastase envoie au vainqueur le titre et les ornements 
de Patrice. C'était le reconnaître comme chef militaire légitime 
des Gallo-Francs. Clovis achève de consolider son pouvoir en 
faisant assassiner tous les autres rois Francs : Ragnakaire, 
Cararic, Sigebert et Clodéric. 

Pas un seul habitant des Gaules ne paraît avoir été dépouillé 
de ses propriétés territoriales par la conquête. Une portion des 
terres fiscales, tirée au sort, échut aux guerriers francs. Le 
reste des domaines impériaux devint le patrimoine des rois 4 . 

Après Clovis, son fils aîné, Thierry ou Théodoric, conquit la 
Francia germanique et YAllémanie. 

Nous espérons que ces simples indications auront suffi pour 
expliquer à M. Gantier où Clovis trouva les troupes qui lui per- 
mirent de triompher de ses ennemis. 



Cours de langue Flamande à Vusage des wallons, par 
D. Claes, professeur de langue flamande à l'athénée royal 
de Namur. 5 e édition. Namur. Wesmael-Charlier. 1884. 

Cet ouvrage est généralement connu et suivi dans un grand 



1 Grégoire de Tours, II, 27, 37, 38, 40, 42, 43; III, 7; IV, 4; Vie de 
S* Séverin, N° 3 ; Vie de S te Geneviève d'Auxerre ; Vie de Clotilde, femme 
de Clovis ; Proeope, de bello gothico, I, 341 , Hist., Epist. c. XVIII ; Vita 
H. Vedasti, 2; Flodoard, his. de Reims, I, 13; acta S. B., IV, 463. 



Thil-Lorrain. 




COMPTES RENDUS. 



277 



nombre d'établissements d'instruction; c'est le plus bel éloge 
qu'il soit possible d'en faire. L'auteur, dans cette 5 e édition, 
nous montre une fois de plus qu'il s'attache constamment â 
perfectionner son œuvre. En effet, aux leçons 26, 27, 29, 32 et 
46, il a ajouté des « thèmes supplémentaires sur la construction 
» de la phrase ». Il comble ainsi, en partie du moins, une 
lacune qui existait dans les éditions antérieures ; nous disons 
« en partie », car on doit regretter encore que l'auteur n'ait 
pas cru devoir multiplier davantage ces exercices éminemment 
propres à élargir le champ de la pratique et à donner de la 
variété, non seulement aux versions et aux thèmes, mais aussi 
aux morceaux de lecture. A ce point de vue, nous conseillerions 
même à l'auteur d'introduire la règle fondamentale relative à 
la construction conjonctive dans une des premières leçons, la 
8 e , par exemple. L'expérience nous a appris que l'élève qui 
possède des notions claires de l'analyse syntaxique dans sa 
langue maternelle, et qui comprend les éléments de la construc- 
tion relatifs à la langue allemande — ce qui est aujourd'hui le 
cas général — se familiarise sans trop de peine avec cette im- 
portante partie de la grammaire. 

Nous croyons également que la transition entre les thèmes en 
phrases détachées et le premier thème en texte suivi, qui a pour 
titre : Flamands et Wallons, est trop brusque. Ce morceau 
présente, en effet, plus d'une difficulté sérieuse. Il y aurait 
avantage, à notre avis, de remplacer quelques-uns des thèmes 
antérieurs par des exercices faciles en texte suivi, qui, tout en 
permettant aux élèves d'essayer leurs forces, les prépareraient 
à faire avec fruit les excellents thèmes donnés dans la suite. 

Quant aux numéros de lecture et de mémoire, certains d'entre 
eux, surtout dans les dix premières leçons, renferment, vu leur 
forme en vers, des constructions parfois difficiles, même anor- 
males. Ils sont, en outre, d'une récitation laborieuse à cause du 
changement de certaines consonnes douces en consonnes fortes. 
Il suffirait d'en remanier quelque peu la rédaction pour parer à 
cet inconvénient. La partie grammaticale n'a pas subi de modi- 
fications bien notables; elle est exposée d'une façon claire et 
méthodique; le seul reproche qu'on pourrait lui faire, c'est 
d'être trop étendue dans la 'première partie. Il est vrai que, 
pendant la seconde année, on peut revoir, en les complétant, les 
matières étudiées pendant la première. Mais l'auteur estime-t-il 




278 



COMPTES RENDUE. 



qu'il soit absolument nécessaire de traiter des différentes par- 
ties du discours dans Tordre où l'on est convenu de les énoncer ? 
Les leçons 7, 11, et 12, par exemple, doivent-elles avoir le pas 
sur les n°" 8, 9, 13, 18 et 19? ' 

Telles sont les quelques remarques que nous suggère le livre 
de M. D. % Claes; nous les soumettons à la judicieuse apprécia- 
tion de l'auteur, tout en le priant de croire qu'elles nous sont 
dictées par l'expérience et par le vif désir de voir son « Cours 
de langue flamande » se perfectionner et se répandre de plus en 



Cosmographie stellaire par J. Liagre, Lieutenant général 
en retraite y Secrétaire perpétuel de VAcadéynie royale de 
Belgique, etc. Ouvrage couronné par V Académie royale de 
Belgique (concours De Keyn) et adopté par le Conseil de per- 
fectionnement de Vinstruction moyenne comme livre de lecture 
et pour être donné en prix dans les athénées royaux et les 
écoles moyennes de l'État. — Un volume in-8° avec quatre 
cartes célestes. Prix : 3 francs. 

Voici ce que dit de cet excellent ouvrage le rapport du jury 
de l'Académie royale de Belgique chargé de décerner le prix 
aux ouvrages faisant partie du concours De Keyn de cette 
année. « M. le général Liagre a donné, dans un volume intitulé : 
Cosmographie stellaire, un résumé exact et complet de tout ce 
qu'on sait sur le ciel. L'auteur a fait plus : il a su mettre son 
sujet à la portée des jeunes intelligences, et leur a fourni, en 
même temps, un modèle d'une exposition scientifique claire, 
nette, précise, élégante. Rien n'est plus propre à élever les idées 
que l'étude de ces mondes grandioses qui constellent l'espace 
infini ; l'auteur tout le premier a subi cette influence ; elle lui a 
inspiré ça et là des pages d'une mâle éloquence. » 

Sur la proposition du Conseil de perfectionnement de l'in- 
struction moyenne, le gouvernement a adopté l'ouvrage comme 
livre de lecture et comme livre à donner en prix dans les 
athénées royaux et les écoles moyennes de l'État. 



plus. 



V. 0. 




ACTES OFFICIELS. 



279 



ACTES OFFICIELS. 



MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Ordre de Léopold. — Promotions. — - Nominations. 

Par arrêtés royaux du 23 mai 1884 sont nommés 
Commandeurs : 

M. De Cuyper (A.-C), professeur émérite à l'université de Liège; 
M. Gantrelle (J.), professeur émérite à l'université de Gand. 

Par arrêtés royaux du 5 juin sont nommés 
Officier : 

M. Gérard (E.), préfet des études à l'athénée royal de Liège. 

Chevaliers : 

M. De Give (F.), préfet des études à l'athénée royal d'Ixelles ; 

M. Hurdebise (A.- C), préfet des études à l'athénée royal de Hasselt ; 

M. Keiffer (D.), préfet des études à l'athénée royal de Namur; 

M. Malchair (F.), préfet des études à l'athénée royal d'Anvers; 

M. Nélissen (J.-A.-L.), préfet des études à l'athénée royal de Tournai; 

M. Wyers (J.-L.-A.), préfet des études à l'athénée royal de Bruges ; 

M. Smiets (G.), préfet des études à l'athénée de Huy ; 

M. Bernimolin (E.), professeur à l'athénée royal de Liège; 

M. Colson (N.-J.), professeur à l'athénée royal de Bruxelles ; 

M. Courtoy (H.-J.), professeur à l'athénée royal de Gand; 

M. Dufief (J.-B.), professeur à l'athénée royal de Bruxelles; 

M. Leclercq (L.), professeur à l'athénée royal de Bruges, 

M. Rochet (G.), professeur à l'athénée royal d'Anvers; 

M. Balasse (A.), directeur de l'école moyenne de l'État à Rœulx; 

M Claeys (C.-L.), directeur de l'école moyenne de l'État à Furnes; 

M. Counet (J.-F.-J.), directeur de l'éc. moyenne de l'État à Waremme; 

M. Jopken (E.-F.-J.), préfet des études à l'athénée royal de Virton; 

M. Kinet (T.), directeur de l'école moyenne de l'État à Jumet; 

M. Novent (A.), ancien professeur à l'athénée royal de Gand; 

M. Scheuer (J.-B.), ancien professeur à l'athénée royal d'Arlon; 

M. Angenot (B.-F.), ancien préfet des études du collège de Malines ; 

M. Van Dyck (J.-C), anc. directeur de l'école moy. de l'État à Wavre. 

UNIVERSITÉS DE L'ÉTAT. — PERSONNEL ENSEIGNANT. 

Par arrêté royal du 30 mai, M. J. Chandelon, professeur ordinaire à la 



Digitized by 



280 



ACTES OFFICIELS. 



faculté des sciences de l'université de Liège , est déclaré émérite confor- 
mément aux prescriptions du règlement du 25 septembre 1816. 

Par arrêté royal du 1 er juin, M. E. Catalan, professeur à la même faculté, 
est admis à l'éméritat en vertu des dispositions de la loi du 30 juillet 1879. 



Cours de latin dans les sections normales du degré inférieur. 
Programme et durée. 

Le Ministre de l'instruction publique, 
Vu l'arrête royal du 28 mai 1884 relatif à l'organisation d'un cours 
élémentaire de latin dans les sections normales moyennes du degré infé- 
rieur pour garçons et pour filles ; 
Le conseil de perfectionnement de l'instruction moyenne entendu, 
Arrête : 

Art. 1 er . Le programme du cours élémentaire de latin dans les sections 
normales moyennes du degré inférieur pour garçons et pour filles, est 
déterminé de la manière suivante : 

PREMIÈRE ANNÉE. 

Son s et lettres de la langue latine. — Accent tonique. — (Rôle de l'ac- 
cent dans la transformation française des mots latins.) 

Éléments de la proposition. — Conjugaison du verbe sum et des verbes 
réguliers au présent et à l'imparfait de l'indicatif, de l'actif et du passif. 

Déclinaisons des substantifs et des adjectifs. Fonctions principales des 
cas. Prépositions les plus usitées. — (Manière dont le français supplée à 
l'absence des cas. Diverses espèces de compléments. — (Cas sujet et cas 
régime du vieux français.) 

Principaux adverbes. — (Etymologie des adverbes français les plus 
usités.) 

Degrés de comparaison dans les adjectifs et les adverbes. — (Restes du 
comparatif et du superlatif en français .) 

Pronoms et adjectifs déterminatifs. — Fonctions principales et décli- 
naisons. — (Déclinaison des pronoms en français; genre neutre dans les 
pronoms français.) 

Verbe sum. Conjugaisons régulières aux modes personnels de l'actif et 
du passif. Principaux emplois des modes et des temps dans la phrase 
simple. — (Examen comparatif de l'emploi des modes et des temps en 
français.) 

Exercices : versions et thèmes. 

DEUXIÈME ANNÉE. 

Répétition du programme de l'année précédente. 

Verbes déponents. — (Divers sens du réfléchi en français ; tournures et 
formes correspondantes en latin.) 



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ACTES OFFICIELS. 



281 



Modes impersonnels : infinitif, supin, gérondif. Participes. — (Restes 
du gérondif en français. Participe présent et adjectif verbal.) 

Phrase composée. Union des propositions. Conjonctions de coordination 
et de subordination. Diverses espèces de propositions subordonnées. 

Construction des verbes déclaratifs. Proposition infinitive. — (Restes de 
la proposition infinitive en français.) 

Construction, en latin et en français, des verbes de volonté, des verbes 
de crainte, des verbes de sentiment, des verbes de doute. 

Interrogation directe et indirecte. — Interrogation simple et interroga- 
tion double. 

Propositions subordonnées marquant le lieu, le temps, le but, la cause, 
la conséquence, une condition ou une supposition, une concession, une 
comparaison. Conjonctions servant à les introduire. Modes et temps des 
verbes de ces diverses propositions en latin et en français. 

Proposition participe. Ablatif absolu. — (Propositions participes en 
français.) 

Propositions relatives. Particularités de la construction de ces proposi- 
tions ; pronom relatif équivalant à un pronom démonstratif et à une con- 
jonction de subordination, par exemple qui égalant ut is. 

Règles les plus générales de la formation des mots. Dérivation et com- 
position. Racine, radical ou thème. Principaux sufiixes. Familles de mots : 
quelques exemples. 

Principales règles de la transformation française des mots latins. 

Exercices : versions et thèmes. 

Art. 2. La durée du cours est d'une heure et demie par semaine (une 
heure de leçon et une demi-heure d'exercices) pour chacune des deux 
années. Le cours de latin et le cours de français seront confiés, autant que 
possible, à un seul et même titulaire. 

Art. 3. Le présent arrêté sera inséré au Moniteur. 



Bruxelles, le 29 mai 1884. 
P. Van Humbeebk. 




282 



PÉRIODIQUES. 



PÉRIODIQUES. 



En donnant les sommaires d'un certain nombre de recueils 
périodiques, nous n'indiquerons pas toujours tous les articles 
qui y sont contenus; nous signalerons surtout ceux qui nous 
paraîtront de nature à intéresser spécialement les professeurs 
et les hommes d'étude qui lisent notre Revue. 

Revue critique d'histoire et de littérature, recueil hebdomadaire publié 
sous la direction de MM. S. Guyard, L. Havet, G. Monod, G. Paris. 

Sommaire du 19 mai : Vatel, Histoire de Madame Du Barry (Maurice 
Tourneux. — Chronique. — Du 26 : Marcel Dieulafoy, L'art antique de 
la Perse, Achéménides, Parthes, Sassanides et M me Jane Dieulafoy, La 
Perse, la Chaldée et la Susiane (James Darmesteter). — O. Muller, Les 
dèmes; E. Szanto, Recherches sur le droit de bourgeoisie en Attique ; 
Hug, Etude sur les tributs, les dèmes et le droit de cité en Attique (B. 
Haussoullier). — Du 2 Juin : Brunot, Un fragment des Histoires de Tacite, 
étude sur le De moribus Germanorum (Camille Jullian). — Lettres de 
Chapelain, p. p. Tamizey de Larroque (René Kerviler). — Forneron, 
Histoire générale 'des émigrés (A. C). — - Du 9 : Cagnat, Explorations 
épigraphiques et archéologiques en Tunisie (Robert Mowat). — Harrisse, 
Les Corte-Real et leurs voyages au Nouveau-Monde (C. H.). — Fr. de 
Hellwald, Histoire de la civilisation dans son développement naturel (Y.). 
— Du 16 : Margoliouth, Etudes scéniques, les Trachiniennes de Sophocle 
et l'Agamemnon d'Eschyle (Théodore Reinach). — Tacite, Histoires, livre 
I, p. p. Meiser (J. G.). — Journal inédit de Jean-Baptiste de Colbert, 
marquis de Torcy, p. p. Fr. Masson (T. de L.). — Variétés : Acquisition 
d'une partie des manuscrits du comte d'Ashburnham , par le gouverne- 
ment italien. — Du 23 : T3vers, L'avénement de la puissance perse sous 
Cyrus (James Darmesteter). — Wilmauns, Etude sur le camp et la ville 
de Lambèse ; Meyer Fiegel, Histoire de la troisième Augusta; Vaders, 
Les ailes auxiliaires de l'armée romaine (Camille Jullian). — Thèses de 
doctorat : Lafaye, Les luttes poétiques et oratoires chez les anciens ; 
Histoire du culte des divinités d'Alexandrie , Sérapis , Isis , Harpocrate et 
Anubis hors de l'Egypte depuis les origines jusqu'à la naissance de l'école 
néoplatonicienne; Blooh, Les ornamenta et l'adlectio; les origines du 
sénat romain, recherches sur la formation et la dissolution du sénat patri- 
cien. — Du 30 : De La Chauvalays, L'art militaire chez les Romains, 
nouvelles observations critiques pour faire suite à celles du chevalier Fo- 




PÉBIODIQUES. 



283 



lard et du colonel Guischardt (C. Lacour-Gayet). — Kinoh, Sur le texte 
de Quinte-Curce (S. Dosson). — Klette, Wycherley, sa vie et ses œuvres 
dramatiques (Ch. J.). — Variétés : H. Gaidoz : M. de Belloguet, M. Gaidoz 
et la Celtomanie. — Du 7 Juillet : Eschyle, Agamemnon, p. p. Margo- 
liouth (Henri Weil). — Andrse, La voie Appienne , son histoire et ses 
souvenirs et Sénèque dans sa >illa de la voie Appienne (G. Geffroy). — 
Kervyn de Lettenhove, Les Huguenots et les Gueux, II, 1567-1572 (T. 
de L.), — Du 14 : Thèses de M. Jullian : Les protectores et les domestici 
des Augustes et les transformations politiques de l'Italie sous les empe- 
reurs romains. — Du 21 : Thèses de M. Goelzer : Sulpice Sévère et Etude 
lexicographique et grammaticale de la latinité de Saint Jérôme. — Lettre 
de M. Salomon Reinach sur les manuscrits, etc., laissés par Ch. Tissot. 

Sooiété royale belge de Géographie. Bulletin publié par les soins de 
M. J. Du Fief, secrétaire général de la société ; 8 e année. 1884. N° 2. 
Mars- Avril. 

Sommaire : Buonfanti. Le Sahara et le Soudan occidental. — Alphonse 
Wauters. Du rôle des grandes villes et leur importance politique et 
sociale. — A. Bamps. La cinquième session du Congrès international des 
Américanistes (2 me article). — Alphonse Wauters. Attenhoven. — Géo- 
graphie commerciale. — E. Suttor. Chronique géographique. — Régions 
polaires. — Europe. — Asie. — Afrique. — Amérique. — Divers. — 
D r Janssens. Bulletin trimestriel de statistique démographique et de 
géographie médicale. Année 1884, l or trimestre. 

Blâtter fur das Bayerische Gymnasialschulwesen, redigiert von 
Dr. A. Deuerling. Mùnchen, Lindauersche Buchhandlung. 1884. 

Inhalt des IV. und V. Heftes, 

Schleussinger August, Caesars Rheinbrûcke. — Gôlkel H., Eine Inter- 
polation in Demosthenes' dritter olynthischer Rede. — Augsberger Jos., 
Hor. Carm. I, 1. — Wittauer A., Der Raub des Hylas. — Proschberger 
J., Zu Horaz carm. III, 5, 49-5.2. — Scholl F., Zu Cic. Tusc. I. 35, 85. — 
Zehetmayr, Debes ludibrium ventis. — Schmitz A., Der Geographie- 
unterricht in der fiinften Lateinklasse. — Hintner Val., Griechische 
Schulgrammatik u. Griechisches Ubungsbuch, angez. v. Gustav Krafft. — 
Koch D r Ernst, Kurzgefasste griech. Schulgrammatik, angez. v. J. Reger. 

Inhalt des VI. und VII. Heftes. 

Eussner A., Adversarien. VIII-X. — Brunner A., Einige Gedanken ùber 
die Erteilung der Censurnoten. — Rôckl S., Studien zu byzantinischen 
Geschichtsschreibern, I. — Kalb Wilh., Zur Laokoongruppe. — Augs- 
berger J., Hor. Od. I, 2. — Schâfler D r J., Ciceros Verhàltnis zur 
altrômischen Komôdie. — Homers Ilias, erklârt v. J. La Roche, angez. 
v. M. Seibel. — Ciceros Reden fur Murena und Sulla, herausg. v. Halm- 
Laubmann, angez. v. hr. — Caesari s comment, de bello gall.,erkl. v. R. 
Menge, angez. v. K. Metzger. — Die Aeneide Vergils, bearbeitet v. W. 




8 4 



PÉRIODIQUES. 



Gebhardi, angez. v. A. Deuerling. — Schultz- Oberdiek, Lateinische 
Spraohlehre, angez. v. F. S<hol1. — Proben altdeutscher Dichtung, 
au8gew. v. D r Richard Jonas, angez. v. D r Karl Zettel. — EgelhaafG., 
Grundzùge dt-r deutachen Litteraturgeschichte. — Riegel Hermann, Ein 
Hauptstùck v. unserer Muttersprache. — Geerling, Deutsche Metrik und 
Poetik. — Geerling, Deutsche Litteraturgesehichte, angez. v. Al. Baldi. 

Hermès, Zeitschrift fur classisohe Philologie, herausgegeben von 
Georg Kaibel und Cari Robert. — Neunzehnter Band. Zweites Heft. 
Berlin, 188 i. 

Inhalt : K. J. Neumann, die Fahrt des Patrokles auf dem kaspischen 
Meere und der al te Lauf des Oxos. — 0. Seeck. die Inschrit't des Caeionius 
Rufius Albinus. — G. Wissowa, uber die Proklos-Excerpte im Codex 
Yenetus A der Ilias. — Th. Mommsen, die Conscriptionsordnung der 
romischen Kaiserzeit. V. Die Standquartiere der Auxilien im Verhàltniss 
zu ihrer Heimath. VI. Die numeri. Die cunei. — A. Haebler, hat Strabo 
seine Géographie in Rom verfasst? 

Philologischer Anzeiger, herausgegeben von Ernst von Leutsch, 
Gôttingen. 

Inhalt des fûnften und sechsten heftes (mai,juni) 1884. 

Delectus inscriptionum graecarum propter dialectum memorabilium. 
Iterura composuit P. Cauer. — Emanuel Hoffmann, studien auf dem 
gebiete der lateinischen syntax. — Der hellenismus in Latium, von G. A. 
Saalfeld. — Ferd. Week, beitràge zur erklàrung homeriseker personen- 
namen. — Orphei Lithica. Accedit Damigeron de lapidibus. Rec. E. Abel. 
— Fr. Hillmann, de arte critica in Orphei Argonauticis factitanda capita 
duo. — Analecta Eratosthenica. Scripsit E. Maasz. — Aeschyli fabulae 
ixeT^«5 Xs»jpopoi in libro Mediceo mendose scriptae ex VV. DD. conjecturis 
emendatius editae cum scholiis graecis et brevi adnotatione curante P. A. 
Paley. — H. Dumbar, a complète concordance to the comédies and 
fragments of Aristophanes. — De Lucili saturarum génère dicendi. Scr. 
Max. Kleinschmidt. — Studia Luciliana edidit Fr. Marx. — M. Porci 
Catonis de agricultura liber, M. Terenti Varronis rerum rusticarum 11. 
III ex recens. H. Keilii. — H. Keilii, de libris manuscriptis Catonis de 
agricultura disputatio. — Der feldzug Caesars gegen die Helvetier, von 
H. Rauchenstein. — Fr. Seck, de Pompeii Trogi sermone. — Die corres- 
pondes Ciceros in den j. 43. 44, von E. Ruete. — Die briefe Ciceros an 
Brutus, in bezug auf ihre echtheit geprùft von L. Gurlitt. — Zu Ciceros 
briefwechsel mit M. Brutus von H. E. Schmidt. — De luba metrico. 
P. I. Scr. H. Wentzel. — Weltgeschichte von Leopold von Ranke. Bd. IV. 

Philologus. Zeitschrift fur das klassische Alterthum, herausgegeben 
von Ernst von Leutsch. — 1884. — Gôttingen. 

Inhalt des zweiten heftes. — Abhandlungen. — Apollodor ùber Xeno- 




PÉRIODIQUES. 



285 



phanes. von G. F. Unger. — Zu Thedphrastos. von G. F. Unger. — Zur 
wiener Apophthegmensammlung. von F. Lortzing. — Plat. Apol, 23 A. 
von Karl Fûsslein. — Die textur im Violarium der Eudokia. von Edwin 
Patzig. — Zur chronologie der letzten jahre des peloponnesischen krie- 
ges. von Julius Beloch. — Theocr. XXVII, 14. von C. Hartung. — Die 
begrùndung der construction des berliner penterenmodells. von Bernhard 
Graser. 

Jahresberichte. — Griechische und rômische mathematik. (Fortsetzung 
folgt). von Johan Ludvig Heiberg. — De Cic. or. pro Milone XXIV, 66. 
von Ferd. Bêcher. 

Jahresberioht iiber die Fortschritte der olassiaohen Alterthums- 
wissenschaft, herausgegeben von Iwan Mùller. 5 tes und 6 te » Heft. 
Berlin, Calvary 1884. 

Dritte Abtheilung. — Bericht ùber die Erscheinungen auf dem Gebiete 
der griechischen und rômischen Metrik. Vom Oberlehrer Professor Dr. 
Richard Klotz in Leipzig (Schluss folgt). 

Neue Jahrbucher fur Philologie und Paedagogik, herausgegeben von 
D r Alfred Fleckeisen und Dr. Hermann Masius. Leipzig, Teubner 1884. 

Jhnttes Heft. 

Erste Abteilung (129r Band ; . — Homerische problème, von F. Week 
in Metz. — Sparta und der ionische aufstand. von G. Busoll in Kiel. — 
Zu Sophokles Elektra [v. 1394]. von G. H. Mùller in Wongrowitz. — 
Zu Parmenides. von K. J. Liebhold in Rudolstadt. — Zu Isaios. von 
K. Lugebil in St. Petersburg. — Miscellen zur àltern rômischen ge- 
schichte. von F. Cauer in Berlin. — Die eleganz des Terentius im ge- 
brauch des adjectivums. von P. Barth in Liegnitz. — Zu Catullus 
[45, 8. 17]. von K. P. Schulze in Berlin. — Zu Livius [buch 27-30]. von 
Moritz Mùller in Stendal und F. Heidenhain in Strasburg (Westpreuszen). 
— Nochmals Ovidius gedichte aus der verbannung und die Varusschlacht. 
von Th. Matthias in Zittau. — Zu Eutropius. von C. Schrader in Dùren. 
-— Berichtigung zu Th. Bergks beitrâgen zur rômischen chronologie, von 
G. Hinrichsin Berlin. 

Zeitachrift fur die ôsterreichischen G-ymnasien : Verantwortliche 
Redacteure : W. Hartel, K. Schenkl, 1884. 

Inhalt des dritten Heftes : Erste Abtheilung. Abhandlungen. Uber 
Arnold Arlenius Peraxylus. von Professor Dr. M. Schanz in Wùrzburg. — 
Zu Herodianos. von K. Schenkl in Wien. 

Zweite Abtheilung. Literarische Anzeigen. Griechische Literaturge- 
schichte von Theodor Bergk. Zweiter Band aus dem Nachlass herausge- 
geben von Gustav Hinrichs. Berlin 1883, Weidmann. 8°. (XI und 544 SS.). 
Angez. von A. G. Engelbrecht in Wien. — De Pithoeanis in Iuvenalem 
scholiis, scripsit Ch. Stephan. (Doctordissertation.) Bonn 1882. 8<>. 76. SS. 
tome xx vu. 20 




286 



PÉRIODIQUES. 



Angez. von Rudolph Beer in Wien. — C. Julii Caesaris commentarii de 
bello gallico. Fur den Schulgebrauch erklàrt von Dr. Albert Doberenz. 
Mit einer Karte von Gallien, einer Einleitung, einem geographischen und 
grammatischen Register. 8. Aufl., besorgt von Dr. Gottlob Bernhard 
Dinter, Prof, an der Fùrsten- und Landesschule zu Grimma. Leipzig 
1882, Druck und Verela* von B. G. Teubner. XIV und 386 SS. 8°. Angez. 
von Ig. Prammer in Wien. 

lnhalt des vierten Heftes : Zweite Abtheilung. Literarisehe Anzeigen. 
De similitudinibu8 imaginibusque Ovidianis. Ad summos in philosophia 
honores ab amplissirao philosophorum Vindobonensium ordine rite impe- 
trandos seripsit Joannes Andréas Washietl. Wien 1883, Gerold. Angez. 
von Alois Siess in Graz. — C. Sallusti Crispi bellum Cat., bell. Jug. etc. 
rec. Augustinus Scheindler. Pragae 1883, Tempsky-Freytag. XVI, 130, 
VI SS. 8°. Angez. von J. M. Stowasser in Freistadt (Ob.-Osterr.). — Dr. J. 
N. Madvig. Die Verfassung und Verwaltung des rôraischen Staates. 
Leipzig, B. G. Teubner. gr. 8°. I. Bd. (XtV u. 596 SS.) 1881, IL Bd. 
(X u. 805 SS.) 1882. Angez. von Wiih. Kubitschek in Wien. — Archiv 
fur lateinisehe Lexicographie und Grammatik mit Einschluss des âlteren 
Mittellateins. Als Vorarbeit zu einem Thésaurus linguae latinae mit 
Unteratùtzung der k. bayerischen Akademie der Wissenschaften heraus- 
gegeben von Ed. Wôlfflin. Erster Jahrgang. I. Heft. Leipzig 1884. 
Teubner. 154 SS. Angez. von Joh. Huemer in Wien. — Vergleichende 
Grammatik der griechischen und lateinischen Sprache von Léo Meyer. 
I. Band. 2. Aufl. Berlin 1884. Weidmannsche Buchhandlung. VIII, 
1270 SS. 8°. Angez. von Gustav Meyer in Graz. 

Zeitsohrift far das Gymnasial-Wesen, herausgegeben von H. Kern 
und H. J. Mùller — Berlin, 1884. 

Mai, — Abhandlungen. Mitteilungen aus der Praxis des seminarium 
praeceptorum an den Franckeschen Stiftungen zu Halle. IV. Die Ovid- 
Lektùre in Tertia. Von dem Direktor der Franckeschen Stiftungen Dr. 0. 
Frick in Halle a. S. — Einige Bemerkungen zur Méthode des geogra- 
phischen Unterrichts. von Dr. H. Denicke in Marienwerder. 

Juni. — Abhandlungen. Zur Methodik des deutschen Unterrichts in 
Tertia. von Dr. R. Lehmann in Berlin. — Uber den Wert und Nutzen 
deutscher Nacherzahlungen. von Professor Fr. Bauer in Brûnn (Mâhren). 
— Zu Thukydides. von H. J. Mûller. 

Litterarische berichte. — P. Bartels, Die Bedeutung Herbarts fur die 
Pâdagogik als Wissenschaft, angez. von H. Kern. — H. Hempel, 
Lateinischer Sentenzen- und Sprûchwôrter-Schatz, angez. von Ober- 
lehrer Dr. C. Venediger in Spandau. — Aug. Haacke, Aufgaben zum 
Ubersetzen ins Lateinisehe fur Quarta und Tertia I, angez. von Professor 
Dr. C. Schultess in Hamburg. — V. Hintner, Griechisches Ubungsbuch, 
angez. von Dr. P. Weissenfels inZùllichau. — H, Mûller, Unregelmâssige 
griechische Verba, angez. von Professor A. Weiske in Halle a. S. — 




PÉRIODIQUES. 



287 



Ciceros Reden. von Professor Dr. F. Luterbacher in Burgdorf i. d. 
Schweiz. — Archâologie. von Oberl. Dr. Engelmann. (Fortsetzung folgt.) 

Philologisolie Rundsohau, herausgegeben von Dr. C. Wagener und 
Dr. E. Ludwig in Bremen 1884. 

10 Mai 1884. J. Sôrgel, Ausgewâhlte Reden des Demosthenes (J. Dreher). 
— Fr. Fritzsche, Lucian (E. Ziegeler). — L. Gurlitt, Ciceros Briefe an 
M. Brntus (E. Ruete). — J. H. Schmalz, Sallusti Crispi de bello Jugur- 
thino liber (E. Krah). — - M. Manitius, Anonymi de situ orbis libri duo 
(C. W.). 

17 Mai. J. Renner, Kritische und grammatische Bemerkungen zu Horaer 
(A. Gemoll). — J. Sôrgel, Ausgewâhlte Reden des Demosthenes (J. 
Dreher). — H. Bertrara, Platons Verteidigungsrede des Sokrates und 
Kriton (K. Reinhardt). — G. Gemss, Cornélius Nepos (C. W.). — J. J. 
Winckelmann's Geschichte der Kunst des Altertums (H. Neuling). — 
J. Beeger u. Fr. Zoubeck, J. A. Comenius, Grosse Unterrichtslehre ; G. A. 
Lindner, dess. Grosse Unterrichtslehre; C. Th. Lion, dess. Pàdagogische 
Schriften (W. Boetticher). 

24 Mai. Alfr. Pawlitschek, Uber die <jw?pû<yvv>j in Platons Charmides 
(Jos. Wagner). — C. Bursian, Der Rhetor Menandros; W. Nitsche, Der 
Rhetor Menandros (R. Volkmann). — Ig. Prammer, Die Historien des 
Tacitus (Ed. Wolff). — Fr. Prix, Sprachliches zu Columella (J. H. 
Schmalz). — H. Koob, De mutis quae vocantnr personis in Graecorum 
tragoediis (Ch. Muff). — H. Ziemer, Vergleichende Syntax der indoger- 
manischen Komparation (G. Vogrinz). — A. Probst, Beitrage zur lat. 
Grammatik II (H. Ziemer). — Witt, Uber den Genetiv des Gerundiums 
und Gerundivums in der lat. Sprache (M. Heynacher). — E. Koch, 
Kurzgefasste griech. Schulgrammatik (A. Fritsch). — Eines alten Sol- 
daten Rômerstudien nach der Natur. 

31 Mai — S. J. Cavallin, De Xenophonteo temporum et modorum usu 
(R. Hansen). — A. G. Engelbrecht, Studia Terentiana (E. Hauler). — 
Fr. List, Ubersetzung der Briefe des Horaz (E. Krah). — M. Jàhns, Càsars 
Kommontarien und ihre litterarische und kriegswissenschaftliche Folge- 
wirkung(R. Mengej. — 0. Enderlein, De M. Antonio oratore (Kraffert). — 
Dav. S. Margoliouth, Studia scaenica (Wecklein). — M. Bloomfieid, 
Historical and critical remarks introcfuctory to a comparative study of 
greek accent (G. A. Saalfeld). — Joh. Krassnig, Das Ubersetzen aus dem 
Lateinischen und Griechischen (E. Krah). 

7 Juni. A. H. Sayce, The ancient empires of the east. Herodotus I-III 
(J. Sitzler). — Fr. Violet, Der Gebrauch der Zahlwôrter bei Tacitu 8 
(Ed. Wolff). — Ed. v. Launitz, Wandtafeln zur Veranschaulichung antiken 
Lebens und antiker Kunst ; R. Bohn, Olympia (Neuling). — Th. Birt, De 
participas quae dicuntur perfecti passivi (G. A. Saalfeld). — H. Genthe, 
Grammatik und Schriftstellerlektùre im altsprachlichen Unterricht 
(Rothfucbs). — B. Arnold, Zur Frage der Uberburdung; Vict. Schlegel, 
Uber die gegenwàrtige Krisis im hôheren Schulwesen; H. Lâcher, Die 




2*8 



PÉRIODIQUES. 



Schuluberbûrdungsfrage; Th. Maurer, Peutsches Wort zur Ulierbùr- 
dungsfrage K. Schirmer). 

14 Juni. — P. Manns, Die Lehre des Aristoteles von der tragischen 
Katharsis; J. Egger, Katharsis-Studien 'A. Bullinger). — - Ed. Gross, 
Kritisches und Exegetisches zu Vergils Aeneis (0. Gùthling). — A. Fokke, 
Rettungen zu Alkibiades (C. A. vom Berg). — E. Meier und G. Fr. Schô- 
mann, Attischer Prozess, neu bearbeitet von J. H. Lipsius (G. F. Rettig). 

21 Juni. A. Matthias, Kommentar zu Xenophons Auabasis (R. Hansen). 

— H. Jungblut, Quaestiones de paroemiographis pars prior. De Zenobio 
(J. Sitzler). — M. Gitlbauer, Cornellii Nepotis vitae (C. W.). — E. 
Griinwald, Quintiliani et Taciti Dialogus ; L. Kletber, Tacitus in Dialogo 
(E. Wolff). — K. Pauli, Altitalische Studien. Zweites Heft (G. A. Saalfeld). 

— W. Bauer, Ubungsbuch zum Ubersetzen aus dem Deutschen ins 
Griechische (Schlichteisen). 

28 Juni. H. K. Benicken, Studien und Forschungen auf dem Gebiete 
der homerischen Gedichte (A. Gemoll). — David S. Margoliouth, Aeschyli 
Agamemno (R. Ellis). — 0. Eichert, Vollstandiges Wôrterbuch zu den 
Verwandîungen des Ovid (Bodenstein). — C. Ruck, De Ciceronis oratione 
de domosua ad pontifices (Kraffert). — G. Egelhaaf, T. Livii liber XXIII 
(Krah). — E. Meier und G. Fr. Schômann, Attischer Prozess, neu bear- 
beitet von J. H. Lipsius (G. F. Rettig). — P. Cauer, Deîectus inscrip- 
tionum Graecarum (C. Schaefer). — A. Schwarz, Lateinisches Lesebuch 
(K. Riedel). 

5 Juli. M. Sorof, De ratione, qua in ter eos codd. recc., quibus 
Aeschyli fabulae Prometheus, Septem, Persae continentur et c. Laur. 
interc. (Brinckmeier) . — Edm. Eichler, Deraosthenes erste Philippica 
doch eine Doppelrede? (W. Fox). — K. Peters, De Isocratis studio nume- 
rorum (Th. Klett). — H. St. Sedlmayer, Ovidii carmina selecta (R. 
Bodenstein). — R. Menge et S. Preuss, Spécimen lexici Caesariani (H. 
Kraffert). — OfJahn-A. Michaelis, Apuîeii Psyché et Cupido (Bintz). — 
Dittenberger, Sylloge inscriptionum Graecarum (R. Meister). — G. P. 
Weygoldt, Die Philosophie der Stoa (G. F. Rettig). - L. Gerîach, Théorie 
der Rhetorik und Stilistik <H. Thomas). 

12 Juli. F. Blaydes, Aristophànis Comoediae (0. Kahler). — H. F. 
Mùller, Dispositionen zu den drei ersten Enneaden des Plotinos. — J. H. 
Voss-F. Léo, Ubersetzung von Ovids Metamorphosen (0. Gùthling). — 
R. Hirzel, Untersuchungen zu Ciceros philosophischen Schriften (P. 
Schwenke). — A.Frigell, Titi Livii ab urbe condita liber II. (Th. Kiett). 

— A. Wiedemann, Agyptische Geschichte (J. Krall). Chr. Clasen, Histo- 
risch-kritische Untersuchungen ùber Timaios (L. Holzapfel). — Herm. 
Dierks, De tragicorum histrionum habitu scaenico apud Graecos (B- 
Arnold). — K. Reuter, Die Rômer im Mattiakerland (Otto). 

Berliner Philologisohe Woohenschrlft, herausgegeben von Chr. Belger, 
0. Seyffert und K. Thiemann. 1884. Calvary. 

10 Mai. — Kecensionen und Anzeigen : S. K. James, Homeri II. 




PÉRIODIQUES. 



280 



lib. XVIII (Gemoll). — H. Dierks, De tragicorum histrionum habitu 
scaenico apud Graecos (Wecklein . — D. L. Margoliouth, Studia scenica 
(Ch. Muff). — C. Wessely Prolegomena ad papyrorum Graecorum novam 
collectionem edendara (M. Gittlbauer). — H. Collitz, Sammlung der 
griech. Dialekt-inschriften (W. Larfeld). — F. List, Die Briefe des Horaz 
(G. Faltin). — C. Bruch, Roma. Lyrische Dichtungen aus dem rômischen 
Altertum (H. Magnus). — Q-. Landgraf, Ciceros Rede fur Sex. Roscius 
aus Ameria (J. H. Schmalz). — C. Meiser, Cornelii Taciti historiarum 
liber primus (A. Eussner). — F. W. L. Sohwartz, Prahistorisch-anthro- 
pologische Studien (R. Schrôter). — E. H. Meyer, Indogermanische 
Mythen (K. Bruchmann). — R. Cagnat, Etude historique sur les impôts 
indirects chez les Romains jusqu'aux invasions des Barbares \Ryck). — 
Auszûge aus Zeitschriften etc. 

17 Mai. — Originalarbeiten : R. Westphal, Platos Beziehungen zur 
Mueik III. — Reoenslonen und Anzeigen : D. S. Margoliouth, 
Aeschyli Agamemno (Wecklein). — Biographi Graeci qui ab Hesychio 
pendent rec. I. Flaoli (R. Gropius). — W. Nitsohe, Der Rhetor Menandros 
und die Scholien zu Demosthenes (Sôrgel). — Iosephus, Jûdische Alter- 
tûmer (P. Cassel). — Caesaris commentarii de bello Gallico par C. 
Ozaneaux (R. Schneider). — C. Taciti ab excessu divi Augusti libri rec. 
W. Pfltzner (Helmreich). — R. Kukula, De tribus pseudoacronianorum 
scholiorum recensionibus (G. Faltin). — R. Dezeimeris, Etndes sur le 
Querolus (H. Rônsch). — J. Huemer, Die Epitomae des Grammatikers 
Virgilius Maro (H. Rônsch). — J. Kaerst, Kritische Untersuchungen 
zur Geschichte des zweiten Samniterkrieges (H. Schiller). — H. Blùmmer, 
Winckelmanns Briefe an seine Zûricher Freunde ; J. Leasing, Winckel- 
mann8 Geschichte der Kunst des Alterthums nebst einer Auswahl seiner 
kleineren Schriften (Th. Schreiber). — Ausztige aus Zeitschriften cet. 

24 Mai. — Originalarbeiten : R. Westphal, Platos Beziehungen zur 
Musik IV. — Reoensionen und Anzeigen : F. Schubert, Sophoclis 
Electra (N. Wecklein). — H. Weissenborn, Die irrationalen Quadrat- 
wurzeln bei Archimedes u. Héron (Curtze). — Luoiano, Scritti scelti da 
I. Bassi ; Lucien, Dialogues des morts, par E. Tournier (0. Wichmann). 
— A. Scheindler, C. Sallusti Cripsi bellum Catilinae, bellum Iugurthi- 
num (C. Knaut). — C. Sallusti Cripsi de bello Iugurthino liber. Fur den 
Schulgebrauch erklârt von J. H. Schmalz (Kraffert). — A. Biese, Die 
Entwicklung des Naturgefïïhls bei den Rômern (L. Friedlander). — 
G. Fr. Unger, Kyaxares und Astyages (Keiper). — G. Uhlig, Die 
Stundenplâne fur Gymnasien, Realgymn. und lateinlose Realschulen in 
den bedeutendsten Staaten Deutschlands (Ellger). — Auszûge aus Zeit- 
schriften etc. 

31 Mai. — Originalarbeiten : R. Westphal, Platos Beziehungen zur 
Musik. V. — Reoensionen und Anzeigen : L. Campbell, Plato, The 
Theaetetus (Krohn). — J. Jakoby, Geist der griechischen Geschichte 
(A. Holm). — - R. Petersdorff, Eine neue Hauptquelle des Q. Curtius 




290 



PÉRIODIQUES. 



Rufus (H. Crohn). — W. H. Rosoher, Ausfuhrliches Lexikon der 
griechischen und romischen Mythologie (F. Cauer). — A. Milchhoefer, 
Die Anfànge der Kunst in Griechenland (Heidenhain). — A. Horawitz, 
GriechÎ8che Studien (Schepss). — Auszûgeaus Zeitachriften etc. 

7 Juni. — Originalarbeiten : H. Schiller, Ul>er den Stand der Frage, 
welchen Alpenpass Hannibal benutzt hat. I. — Recensionen und 
Anzeigen : O. I. Osterberg, De structura verborum cura praepoaitionibus 
compositorùm, quae extant apud C. Valerium Flaccum T. Papinium 
StatiumM. Valerium Martialem (K. E. Georges). — A. v. Bamberg, 
Griech. Schulgrammatik II ; M. Seyffert, Hauptregeln der griechischen 
Syntax; M. Seyffert et A. v. Bamberg, Règles fondamentales de la 
syntaxe grecque (W. Nitsche). — R. v. Soala, Der Pyrrhische Krieg 
(Egelhaaf). — A. v. Warsberg, Homerische Landschaften (J. Menadier). 

— J. L. Ussing, Fra Hellas og Lilleasieni Foraaret 1882 (L. B. Stenersen). 

— W. A. Becker, Gallus oder rômische Scenen aus der Zeit Augusts,.neu 
bearb. von H. Gôll (Ryck). — O. Schrader, Tier- und Pflanzengeographie 
im Lichte der Spracbforschung .Meyer). — J. Donaldson, Culture and 
Scholarship (Haverfield). — Auszûge aus Zeitachriften etc. 

14 Juni. — Originalarbeiten : H. Schiller, Uber den Stand der Frage, 
welchen Alpenpass Hannibal benutzt hat. II. — Recensionen und 
Anzeigen : E. Buohholz, Die Homerischen Realien (Hasper). — H. A. 
Holden, Xenophon, The Hieron; R. Shindler, Xenophon, The Hiero 
(Hager). — G. Andresen, Cornelii Nepotis Vitae (Gemss). — E. Dupuy, 
C. Taciti vita Agricolae und C. Taciti dialogus de oratoribus; A. C. Fir- 
manio, C. Cornelii Taciti Agricola et Germania (Helmreich). — A. Marx, 
Hùlfsbùchlein fur die Aussprache der lateinischen Vokale in positions - 
langen Silben (Bouterwek). — O. A. Ellissen, Der Sénat im Ostrômischen 
Reiche (R.). — P. Gardner, The types of greek coins (Weil). — A. 
Geniok, Griechische Keramik (Chr. B.). — Auszûge aus Zeitschrif- 
ten etc. 

21 Juni. — Originalarbeiten : H. Souiller, Uber den Stand der Frage, 
welchen Alpenpass Hannibal benutzt hat. III. -— Recensionen und An- 
zeigen : R. Prinz, Euripidis fabulae (Wecklein). — H. Dunbar, A com- 
plète concordance to the comédies and fragments of Aristophanes (O. 
Bachmann). — A. E. Chaignet, Essai sur la psychologie d'Aristote 
(Susemihl). — O. Gùthling, P. Ovidi Nasonis Fasti (Knaack). — R. Hir 
zel, Untersuchungen zu Ciceros philosophischen Schriften (P. v. Gizycki). 
P. Henry, Cicéron, pro Archia (P. Hellwig). — R. Peppmtiller, Th. 
Bergk, Kleine philologische Schriften (O. Seyffert). — Ausziige aus Zeit- 
sohriften, etc. 

28 Juni. — Recensionen und Anzeigen : G. Perrot et Ch. Chipiez, 
Histoire de l'art dans l'antiquité (Preuner) I. — W. C. Green, The Iliad 
of Homer (Geraoll). — H. v. Herwerden, Commentatio critica in Herodoti 
libros I et II (A. Bauer). — V. Egger, Disputationis de fontibus Diogenis 
Laertii particulam de successionibus philosophorum (F. Lortzing). — 




PÉRIODIQUES. 



291 



A. Pannenborg?, Der Verfasser des Ligurinus (A. Zingerle). — K. Seld- 
ner, Das Schlachtfeld von Pharsalus (R. Schneider). 

5 Juli. Recensionen und Anzeigen : G. Perrot et Ch. Chipiez, 
Histoire de Part dans Pantiquité (Preuner) II. — Mekler, Lectionum 
Graecarum Spécimen (K. Jùlg). — M. Albert, Le culte de Castor et Pollux 
en Italie (W. H. Rosher). — P. V. N. Myers, Outlines of Ancient History 
from the earliest times to the fall of the western Roman empire (Justi). 

— D. A. R. y Lluoh, La expediciôn y dominaciôn de los Catalanes en 
Oriente juzgadas por los Griegos (H. Wàschke). — K. Meissner, Kurz- 
gefasste latein. Synonymik nebst einem Antibarbarus (Nitsche) II. — L. 
Wiese, Pàdagogische Idéale und Proteste (C. Nohle). — Auszûge aus 
Zeitschriften, etc. * 

12 Juli. — Recensionen und Anzeigen : G. Perrot et Ch. Chipiez, 
Histoire de Part dans Pantiquité (Preuner) III. — P. R. Wagler, De Aetna 
poemate quaestiones criticae (A. Zingerle). — C. Schenkl, D. Magni 
Ausonii opuscula (H. Magnus). — Chr. Hauser, Caesaris commentarii de 
bello Gallico textus comparatio (R. Schneider). — C. A. Dauban, Récits 
historiques ou choix de lectures puisées aux sources de Phistoire et illus- 
trées d'après les monuments antiques. Histoire grecque (G. Hertzberg). 

— Jurien de la G-ravière, Les Campagnes d'Alexandre (W. Geiger). — 
G. Hertzberg, Griechische Geschichte (Peter). — O. E. Schmidt, Die 
letzten Kàmpfe der rômischen Republik (H. Peter). — E. Schiaparelli, 
Monumenti Egiziani rivenuti di recenti in Roma sulP area dell' Iséo del 
Campo Marzio (B.). — W.M. Flinders Pétrie, The Pyramids and temples 
of Gizeh (B.). — Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

Wochenschrift fur Klassisohe Philologie, unter mitwirkung von Georg 
Andresen und Hermann Heller, herausgegeben von Wilhelm Hirsch- 
felder. Leipzig, Freitag, Prag, Tempsky. 

14 Mai. — Rezensionen und Anzeigen : Furtwângler, Der Goldfund von 
Vettersfelde (L. v. Sybel). — UoUtyh, 'O vjlioç xarc* tous ^é^eis /xvâous 
(Gruppe). — Sartorius, Die Entwickelung der Astronomie bei den Griechen 
(M. Schmidt). — Aristophanis Ecclesiazusae ed. A. v. Velsen (J. Wagner). 

— Auszûge aus Zeitschriften : etc. 

21 Mai. — Rezensionen und Anzeigen : Hertzberg, Griechische Ge- 
schichte (G. J. Schneider). — Dopp, Quaestiones de marmore Pario 
(E. Hesselmeyer). — Manns, Aristoteles Katharsis u. Hamartia (A. Dôring). 

— Sôrgel, Au8gewàhlte Reden des Demosthenes. I. II. (J. Sitzler). — 
Heerdegen, Zu Ciceros Orator (Th. Stangl). — Vassis, Codicis Ciceroniani 
de oratore collatio (Th. Stangl). — Schmidt, Die letzten Kâmpfe der rôm. 
Republik (L. Gurlitt). — 0. Hamdy et Osgan, Le tumulus de Nemroud- 
dagh. — Week, Rudolf Kûnstler (Coste). - Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

28 Mai. — Rezensionen und Anzeigen : Hoepkens, De theatro Attico 
(Blùmmer). — Dunbar, Concordance to the Com. of Aristophanes (Zacher). 

— Euripides Medea von Bauer-Wecklein (Gloëï). — Sturm, De Livio et 




292 



PÉRIODIQUES. 



Antipatro (Egelhaaf). — Apulei Psyché et Cupido ed. Jahn-Michaelis 
(Koziol). — Opitz, In Iulio Floro spieilegium oriticum (H. J. Mûller). — 
Koziol, Lat Schul grammatik, ders., Lat. Ubungsb. (Prumers). — Rohde, 
Adjeetivum apud Caesarem et in Cirer, orat. (Eyfsenhardt). — Kammer, 
Homerische Vers- und Formenlehre ;Gemoll). Krichauff, De imaginum 
et transi, usu Sophocleo (Petersen). — Heller, Griechisehes Lesebuch 
fSitzler). — Hempel, Sentenzen- und Sprichwôrterschatz. — Heraraerling, 
Ubungsbuch (Rohmer). — Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

4 Juni. — Rezensionen und Anzeigen : Roscher, Lexikon der griechi- 
schen und rômischen Mythologie. Lief. 1-3 (Zinzow). — Meyer, Ver- 
gleichende Grammatik der griechischen und lateinischen Sprache ^Zacher). 

— Ari8tophanis Pax ed. Blaydes (J. Wagner). — Auszùge aus Zeitschrif- 
ten, etc. 

11 Juni. — Rezensionen und Anzeigen : Aristoxenus' von Tarent von 
Westphal (v. Jan). — Plutarchs Themistokles von Bauer (Schneider). — 
Archiv fur latein. Lexikographie und Grammatik. II. (G. L.). — Horatius 
Flaccus' Epistein, erkl. von Schûtz. — Gerth, Kurzgefasste griech. Sehul- 
grammatik (Biesenthal). — Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

18 Juni. — Rezensionen und Anzeigen : Umbrica. Interpretatus est 
Buecheler (Schweizer-Sidler). Treu, Sollen wir unsere Statuen beraalen? 
(Petersen). — Koch, Kurzgefasste griechische Schulgrammatik (Sitzler). 

— Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

25 Juni. — Rezensionen und Anzeigen : Gaumitz, Zu den Bobienser 
Cicero-Scholien (Stangl). — Hoffmann, Studien auf dem Gebiete der 
lateinischen Syntax (Heynacher). — Heiberg, Philologische Studien zu 
griechischen Mathematikern (Schmidt). — Neumann, Strabons Landes- 
kunde von Kaukasien (Schmidt). — Bender, Rom und rômisches Leben 
im Altertum (Engelmann). — De cura statuarum apud graecos scr. 
Kuhnertus (Petersen). — Harre, Lateinische Formenlehre (Prumers). — 
Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

2 Juli. — Rezensionen und Anzeigen : Langii de sacrosanctae potestatis 
tribuniciae natura (Regellj. — Salviani Presbyteri Massiliensis opéra quae 
supersunt ex recensione Pauly (Deutsch). — Trendelenburg, Die Lao- 
koongruppe und der Gigantenfries des pergamenischen Al tara (Blùmmer). 

— Herrlich, Grundriss der Mythologie der Griechen (Stengel). — Eyssen- 
hardt, Mitteil. aus der Stadtbibliothek zu Hamburg. — Auszùge aus Zeit- 
schriften, etc. 

9 Juli. — Rezensionen und Anzeigen : A. Mommsen, Kalenderwesen 
der Griechen (Holzapfel). — Kallenberg, Commentatio critica in Herodo- 
tum (Hintner). — Ciceronis de natura deorum libri très ed. May or (Goethe) 

— Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

16 Juli. — Rezensionen und Anzeigen : Schliemann, ïroja (Engelmann). 

— Bergk, Beitràge zu Rômischen Chronologie (Thouret). — Schiller, Ge- 
schichte der Rômischen Kaiserzeit, I (Violet). — Auszùge aus Zeitschrif- 
ten, etc. 




REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

EN BELGIQUE. 

Tome 27. B« Livraison. 



QUESTIONS D'ENSEIGNEMENT, 
LETTRES ET SCIENCES. 



L'HEXAMÈTRE ET L'ALEXANDRIN. 



(Suite et fin). 



VI. 



Les idées que nous venons d'émettre sur le rythme vont trou- 
ver une nouvelle application dans l'hexamètre et l'alexandrin. 

L'hexamètre, s'il était indivisé, serait en lui même trop long 
pour servir de division du temps. La lecture en prend environ 
quatre secondes; celle de l'alexandrin, trois. C'est pourquoi 
l'un et l'autre sont partagés en plusieurs tranches de même 
longueur. Les tranches de l'hexamètre sont de deux ou trois 
syllabes et portent le nom de 'pieds ; elles sont au nombre de 
six. L'alexandrin ne comprend que deux portions, chacune de 
six syllabes, appelées hémistiches. Le commencement du pied 
est marqué par une longue ; la fin de l'hémistiche, par une syl- 
labe accentuée. Au fond, l'hémistiche français équivaut à deux 
pieds latins ou grecs. Notons cependant ceci, c'est que, le 
français, ne tenant nul compte des longues et des brèves, deux 
hémistiches ou deux alexandrins ne sont pas rigoureusement 
égaux. Et je crois que c'est là l'une des causes qui ont donné 
naissance à la rime. Des vers blancs n'ont pas suffisamment 
l'air d'être des vers, parce qu'ils ne prennent pas exactement 
le même temps. 

On dit parfois de l'alexandrin qu'il a six pieds. C'est un abus. 
Rien ne marque les pieds de l'alexandrin. Dans les vers : 



Celui qui met un frein à la fureur des flots 
Sait aussi des méchants arrêter les complots, 



TOME XXVIl. 




294 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



si Ton peut à la rigueur trouver six pieds au premier, on ne 
pourrait en trouver que quatre dans le second. 

Le repos de l'hémistiche divise le temps en deux parties égales. 
Dans le vers de dix syllabes, le temps est divisé en deux parties 
inégales. En réalité une suite de vers de dix syllabes équivaut 
a des vers de quatre et de six syllabes entremêlés dont les plus 
longs seuls sont assujettis à la rime. 

Les vers de huit syllabes et moins n'ont point de repos fixes- 
Ils sont en effet suffisamment courts pour que la rime frappe 
au bout d'un temps facilement appréciable. La lecture du vers 
de huit syllabes prend deux secondes. Ce n'est pas trop. 

Cette remarque nous montre la profoude erreur des versifica- 
teurs modernes qui veulent supprimer le repos de l'hémistiche 
dans l'alexandrin. J'emprunte les exemples suivants à l'article 
de M. Guyau : 

Et les taureaux, et les dromadaires aussi... (L. de Lisle). 

Et triomphant dans sa hideuse déraison 

Comme des merles dans l'épaisseur des buissons 

Des grisettes qui lui trouvaient l'air distingué... (Coppée). 

Et j'aspire ton souvenir avec paresse.... (Aicard). 

Vous conseille d'appareiller pour les étoiles (Richepin). 

Des brises tièdes qui font défaillir le cœur (Guy de Maupassant). 

Peuvent audacieusement jouer leur rôle.... (Vergalo) 

Tout le monde se trouvait à bâbord, la tête 

Chaque homme peut user de son franc arbitre, et 
Sans pression aller, ou non, vers lui d'un trait 

On ne sait vraiment plus si l'on ne lit pas de mauvaise prose. 
A de si longs intervalles la rime ne peut pas suffire à faire re- 
connaître le rythme. M. Guyau fait remarquer avec justesse la 
différence de ces deux vers : 



Le premier, qui est de Victor Hugo, est brillant de pitto- 
resque; le second, forgé par M. Guyau pour prouver sa thèse, 
n'est plus un vers. Aussi les versificateurs de vrai talent ont 
toujours conservé le repos de l'hémistiche. 

Certes, il n'y a rien d'absolu dans ce repos, et puisque le vers 



L'alexandrin saisit la césure, — et la mord; 



et celui ci : 



La césure dans l'alexandrin disparaît 




l'hexamètke et l'alexandrin. 



295 



de huit syllabes est assez court pour faire sentir le rythme, rien 
ne s'opposerait à la rigueur à ce que l'on essayât un vers alexan- 
drin ayant un repos après la quatrième syllabe ou après la 
huitième. Mais je crois ne pas trop m'avancer en soutenant que 
la manière dont chez nous le sens du temps est organisé ne 
nous permet pas d'apprécier avec justesse des intervalles de plus 
de deux secondes. 

Il n'est pas dit non plus que, dans l'alexandrin et les vers de 
moindre longueur, même de cinq et de quatre syllabes, on ne 
puisse introduire d'autres temps forts que ceux de l'hémistiche 
ou de la rime. André Van Hasselt, un poète dont la Belgique n'est 
pas assez fière, l'a fait avec habileté et bonheur. Ses rythmes sont 
en beaucoup de points calqués sur le modèle des vers anciens. 



Hélas! | comptez | combien | d'étoiles 
La nuit | allume | au fond | des airs ; 
Comptez | les flots | où vont | les voiles 
Qu'on voit | courir | les vas | tes mers. 

Ou faut-il | la chercher | sur la terre, 
Ou faut-il | la chercher | dans le ciel, 
Cette Heur, | cette fleur | du mystère, 
Idéal | complété | du réel? 



Si tu veux, | belle enfant, | les trésors | de la terre, 

Les trésors | de la mer | et du ciel | sont à toi. 

Tous les biens | que l'on rêve | et tous ceux | qu'on espère, 

Je les mets | à tes pieds, | car le monde | est à moi. 

La har | pe du | printemps | réson | ne dans | les cieux. 
Le chant | des gais | oiseaux | remplit | les airs | joyeux. 

Je suis j le pâtre, | enfant, | de la hau | te montagne. 

Je vois | ramper | à mes pieds | les manoirs. 
Le jour | m'éclaire | avant | d'éclairer | la campagne 

Et brille | ici | plus longtemps i tous les soirs. 



Les fleurs | sont écloses, 
Les fleurs | du printemps. 
Hélas! | mais les roses 
Ne du | rent qu'un temps. 

Belle | enfant | qui rêves, 
Belle | enfant | tu suis 
L'onde | au bord | des grèves, 
L'astre | au fond | des nuits. 




206 



L'HEXAMÈTRE ET l' ALEX A NDRIN . 



On voit par ces modèles que le poète a généralement coupé 
son vers en iambes et en anapestes, et que les temps sont 
marqués par l'accent tonique, comme ils le sont en latin par les 
longues. 

Les vers rythmés sont éminemment propres au chant, et les 
compositeurs lyriques les avaient d'instinct introduits dans leurs 
opéras. M. Alvin, dans la préface qu'il a mise en tête des études 
rythmées du poète belge, en cite de nombreux exemples : 



Dieu | m'éclaire, 
Fil | le chère, 
Près | d'un père 
Viens | mourir etc. 

Amour sacré | de la patrie, 
Rends-nous l'auda | ce et la fierté. 
A mon pays | je dois la vie ; 
Il me devra | sa liberté. 

Tu ne peux | éprouver | ni comprendre 

Ces tourments | que nul mot | ne peut rendre; 

Ces combats | où la foi, | l'amour tendre, 

Le devoir | tour à tour | sont vainqueurs.... etc. 



Ces exemples, empruntés à Scribe, et tirés de la Juive, de la 
Muette et des Huguenots, prouvent que les vers lyriques ont 
besoin d'être ainsi rythmés. 



Il existe cependant une différence notable entre le vers rythmé 
français et l'hexamètre grec ou latin. Ne parlons pas de l'im- 
possibilité où est le français d'avoir des spondées. Les tentatives 
faites au quinzième et au seizième siècle pour calquer le vers 
français exactement sur le vers latin ne pouvaient aboutir, et 
pour cause. Parlons de l'accent tonique. 

L'accent tonique français se place toujours sur la dernière 
syllabe des mots, si l'on ne compte pas la syllabe muette finale. 
Il en résulte que les iambes, anapestes, et autres pieds dont on 
pourrait vouloir faire usage ne sont, en général, que des mots 
de deux, de trois ou de quatre syllabes. 

Les vers suivants de Van Hasselt : 



VIL 




l'hexamètre et l'alexandrin. 



297 



La rose s'effeuille 
Sous l'aile des venls. 
La tombe recueille 
Le bruit des vivants 



composés chacun d'un iambe et d'un anapeste, ont, la rime 
mise à part, la même harmonie que ces deux lignes de prose : 
La rose se fane sous Vaile des vents. La tombe recueille le bruit 
des mortels. 

Or, l'harmonie de la prose repose en partie sur la disposition 
des accents toniques. Voyez cette phrase de Bossuet : « Fêtes 
sacrées ( — | w w — ) ? mariage fortuné (ww — | ^ 
voile nuptial (— \ ^ w w — ), bénédiction (w w ■ w ^ — ), 
sacrifice (w >w w — w), puis-je mêler aujourd'hui ( — | w w — | 
^ w — ) vos cérémonies et vos pompes (w^ww — | — w) 
avec ces pompes funèbres — | w — | — w) ? et le comble 
des grandeurs (w w — | ^ ^ ^ - | ) avec leurs ruines 



Il manque peu de chose à ces lignes cadencées pour en faire 
des vers rythmés, abstraction faite de la rime. 

Chateaubriand nous fournirait de nombreux exemples d'har- 
monie rythmée. Je n'en prends qu'un : c'est le chant des Francs 
(VI e livre des Martyrs). 

Pharamond! Pharamond! nous avons combattu avec l'épée. 

Nous avons lancé la francisque à deux tranchants ; 

la sueur tombait du front des guerriers 

et ruisselait le long de leurs bras. 

Les aigles et les oiseaux aux pieds jaunes 

poussaient des cris de joie; 

le corbeau nageait dans le sang des morts; 

tout l'Océan n'était qu'une plaie : 

les vierges ont pleuré longtemps! 

Pharamond! Pharamond! nous avons combattu avec l'épée. 

Nos pères sont morts dans les batailles, 

tous les vautours en ont gémi : 

nos pères les rassasiaient de carnage! 

Choisissons des épouses dont le lait soit du sang, 

et qui remplissent de valeur le cœur de nos fils. 

Pharamond, le bardit est achevé, 

les heures de la vie s'écoulent, 

nous sourirons quand il faudra mourir! 



(w _ | w _ w) ? » 




2î)« 



L HEXAMETRE ET LEXAXDK1N . 



Encore une fois il ne serait pas difficile de donner à ces deux 
strophes un mètre absolument identique. 

Il résulte de ce qui précède qu'en français, si Ton découpait le 
vers en pieds analogues aux spondées et aux dactyles des anciens, 
on ne ferait que hacher menu de la prose, et que Ton tomberait 
forcément dans la monotonie. 

C'est ce dont on peut se convaincre en lisant les ingénieuses 
études de Van Hasselt. Bien entendu, je ne parle pas ici des vers 
destinés au chant. 

Cet inconvénient n'existe pas en latin ni en grec. La longue qui 
sert à marquer le commencement de la mesure, peut se trouver 
à n'importe quelle place des mots. Bien mieux, pour éviter que 
l'harmonie du vers ne coïncidât avec l'harmonie de la prose, où 
les mots forment des pieds naturels, les anciens établirent comme 
règle que cette longue devait au moins une fois, et, pour bien 
faire, deux ou trois fois, terminer un mot. De cette manière le 
temps du vers coupait le mot en deux. C est ce qu'on appelait 
césure. On appelait aussi césure la partie du mot qui se trouvait 
rejetée au commencement du pied. Chez les Grecs, la césure pou- 
vait se composer d'une longue et d'une brève. Dans ce cas, on 
l'appelait féminine. 

L'hexamètre comportait trois césures après les trois pre- 
miers pieds. Quand il n'y en avait qu'une, elle devait réguliè- 
rement se trouver après le deuxième pied. Le commencement 
des Géorgiques contient toutes les manières d'arranger les 
césures : 



Quid f'aciat laeÉ<ys aegvtes, quo sidere terrain 
Vertere, Ma?cen#s, ulmisque adjungere vites 
Convenir,- quae cura boum, qui cul tus habendo 
Sit pecort; a,\nbns quanta experientia parcis, 
Ilinc canere incipiam. Vos, o cîarissima mundi 
Luraina, labentem caeZo quae ducitis annum ; etc. 



Dans le vers français, il ne peut donc y avoir rien de semblable 
à la césure comprise de cette façon, si ce n'est la syllabe muette 
qui termine un mot et qui sert à former le commencement d'un 
iambe ou d'un anapeste : 



On dirait qu'une tromôe traverse le bois 
Où la meute obscure passe. 

Et du sombre veneur qui répond aux abois 
L'hallali remplit l'espace. 




l'hexamètke et l'alexandrin. 



299 



VIII. 



Mais le mot césure avait encore un autre emploi en versifica- 
tion. L'hexamètre est fort long. De là cette règle de le couper en 
deux tronçons qui se balancent en se faisant contrepoids. Les 
pieds du milieu ne se terminant jamais par un mot, il est im- 
possible de partager le vers en deux parties rigoureusement 
égales; la coupure tombe nécessairement au milieu du troisième 
ou du quatrième pied. Le vers est ainsi formé de deux portions 
qui sont entre elles comme cinq est à sept, ou comme sept est à 
cinq. Cette césure correspond donc au repos de l'hémistiche dans 
nos vers de douze ou de dix syllabes. Ce n'est pas à dire que ces 
vers dérivent de l'hexamètre ; on sait parfaitement le contraire ; 
ils ont pour origine le vers saphique, vers de dix ou de onze syl- 
labes qui avait une césure après la quatrième ou la sixième. 
Nous ne parlons ici que d'une correspondance de fait. 

Les deux moitiés du vers oscillent ainsi autour de la césure, 
et elles se font valoirmutuellement, soit en se complétant comme 
quand les adjectifs sont d'un côté et les substantifs de l'autre* 
soit en supposant l'une à l'autre par les mots et le sens. Il 
suffit d'ouvrir le premier poète latin ou grec venu pour s'en 
assurer. Voici par exemple, les premiers vers de la première 
églogue de Virgile : 



Tityre, tu patulae | recubans sub tegmine fagi 
Silvestrem tenui | musam meditaris avena; 
Nos patriae liiies | et duleia linquimus arva : 
Nos patriam fugimus | ; tu, Tityre, lentus in umbra 
Formosam resonare doees | Amaryllida sylvas. 



Dans les deux premiers vers, les adjectifs sont d'une part, 
les substantifs d'autre part ; dans le troisième, les deux com- 
pléments sont séparés; le quatrième oppose les deux sujets 
et leurs attributs ; le cinquième enfin sépare les verbes de leurs 
compléments. 

Et ces vers d'Horace sont-ils assez beaux : 



Le vers français, soumis aux exigences difficiles de la rime, 
et contraint d'ailleurs de se plier à la raideur de la syntaxe 



Rusticus urbanum | murem mus paupere fertur 
Accepisse cavo, | veterem vêtus hospes amicum. 




300 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



française, ne peut pas se livrer à d'aussi savantes recherches. 
Cependant il en offre quelques traces, c'est ainsi que les clas- 
siques viseront à placer dans le premier hémistiche, ou bien 
dans le premier vers, le complément d'un mot qui se trouvera 
dans le second. 
Voici le début d'Athalie : 

Oui, je viens dans son temple adorer l'Eternel ; 

Je viens, selon V usage antique et solennel, 

Célébrer avec vous la fameuse journée 

Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée. 

Que ces temps sont changés ! Sitôt que de ce jour 

La trompette sacrée annonçait le retour, 

Du temple, orné partout de festons magnifiques, 

Le peuple saint en foule inondait les portiques; 

Et tous, devant V autel avec ordre introduits, 

De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits, 

Au Dieu de Vunivers consacraient ces prémisses. * 

Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices. 

L'audace d'une femme arrêtant ce concours 

En des jours ténébreux a changé ces beaux jours. 

D'adorateurs zélés à peine un petit nombre 

Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre, 

Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal ; 

Ou même, s'empressant aux autels de Baal, 

Se fait initier à ses honteux mystères, 

Et blasphème le nom qu'ont invoqué leurs pères. 

Je tremble qu'Athalie, à ne vous rien cacher, 

Vous-même de l'autel vous faisant arracher, 

N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes, 

Et d'un respect forcé ne dépouille les restes. 

On le voit, grâce aux inversions que les vers seuls osent se 
permettre, le français obtient des effets — restreints, il est vrai 
— que le latin et le grec trouvaient sans peine. 

Cette manière de construire les deux hémistiches est surtout 
apparente dans les pentamètres. C'est au point qu'un bon quart 
des pentamètres renferment une rime. Citons comme spécimen 
le début d'une élégie d'Ovide (Tristes, I, 3) : 

Quum subit illius tristissima noctis imago, 
Quae mihi supremum tempus in urbe fuit; 

Quum repeto noctem qua tôt mihi cara reliqui, 
Labitur ex oculis nunc quoque gutta mets. 



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l'hexamètre et l'alexandrtn. 



301 



Jam prope lux aderat, qua me discedere Caesar 

Finibus extremae jusserat Ausoniae. 
Nec mens, nec spatium fuerant satis apta paranti : 

Torpuerant longa pectora nostra mora. 
Non mihi servorum, comitis non cura legendi ; 

Non aptae profugo vestis opisve fuit. 
Non aliter stupui quam qui Jovis ignibus ictus 

Vivit, et est vitae nescius ipse suae. 
Ut tamen hanc animo nubem dolor ipse removit, 

Et tandem sensus convaluere met; 
Adloquor extremum maestos abiturus amicos, 

Qui modo de multis unus et alter erant. 
Uxor amans flentem flens acrius ipsa tenebat, 

Imbre per indignas usque cadente gênas. 
Nata prooul Lybicis aberat diversa sub oris 

Nec poterat fati certior esse met. 



Sur ces dix pentamètres, il y en neuf formés d'après le patron 
décrit, et six qui renferment une rime. Sur les cinquante et un 
que comporte toute l'élégie, il y en a dix-neuf qui offrent cette 
dernière particularité. 



A côté de la césure régulière et obligatoire dont la place est 
fixée, l'hexamètre latin et surtout l'hexamètre grec acceptent 
une césure facultative et mobile, d'ordinaire mieux marquée, 
qui divise le vers en deux portions très inégales. 

Cette césure, les romantiques s'imaginent l'avoir inventée. 
Elle est tout simplement, comme le Jeu d'oie, renouvelée des 
Grecs. De plus elle se trouve à foison dans La Fontaine, et même 
dans Racine, comme nous le démontrerons bientôt. 

Mais ici nous retrouvons la règle énoncée à propos des petits 
et des grands vers : la césure mobile doit se justifier par l'im- 
portance absolue du fragment le plus court, et c'est ce qu'ou- 
blient fréquemment les versificateurs modernes qui s'imaginent 
à tort avoir fabriqué de beaux vers quand ils ont annihilé la 
césure classique et mis une autre à sa place n'importe où. 

Cette césure mobile peut se mettre au milieu d'un pied, par 
exemple, du second ou du cinquième et même du sixième, ou 
bien après un pied, par exemple, après le premier, le second, 
le quatrième ou le cinquième. Dans ce dernier cas, elle porte 



IX. 




302 



Ij'lircXAMKTllE KT L'ALEXANDRIN. 



le nom de diérèse ; une césure fréquente en grec est la diérèse 
après le quatrième pied, on la nomme césure bucolique. 

La césure facultative est la principale; elle se confond souvent 
avec la césure obligatoire, mais presqu'aussi souvent elle s'en 
distingue. Dans les citations qui suivent, nous la marquerons 
par deux traits, la césure régulière par un. trait 1 . Quelquefois 
il y a deux de ces césures dans le même vers. Cela se rencontre 
principalement lorsque l'un des deux fragments est très court. 

Voici le début du vingt-quatrième ebant de l'Iliade : 



Sur ces treize vers, on compte cinq césures bucoliques, une 
césure au milieu du second pied, une au milieu du premier pied, 
et une après le premier pied. Ces deux dernières surtout pro- 
duisent le plus bel effet. Ce mot x).*u-, rejeté au commencement 
du vers, équivaut par son poids à toute la tin; et la place choisie 
pour le mot Gtttioç indique bien le mouvement d'Achille se 
retournant et se mettant sur le dos. On voit aussi que les secondes 
parties de ces deux vers, vu leur longueur, sont de nouveau 
partagées en deux portions par une autre césure. 

Le vers Virgilien, quoique moins varié que le vers homérique, 
présente néanmoins assez souvent de ces coupes savantes. Voici 
la suite des vers déjà cités de la première églogue : 



1 Je m'écarterai parfois de la manière reçue de couper le vers. La raison 
de ces écarts se trouve donnée implicitement dans ce qui précède. 



AOto J'àyôv, || Àaot iïï Ooà; \ ini v^a; ex«otgi 

ETxî^vavr' îsvat . || roi. u'vj floonaio j/é^ovro 

v7rvov te yVjxspoû | raonr,^ vat ' || 'Avràp '\yiû.vjç 

K/aif, || y'ùov ÉTâj&ov | usuvvixsvg;, || o0<?£ 4 ouv uffvoç 

çpsi 7rav^ay.âTr,)û , || à)/' sTT&s^rT' svOa xaî evOa, 

II«Tpox)*ov îroGiwv J â^o^cTa te xaî psvo; r/j' 

r;^ (>T:ônoL tq)/jkvj<7£ | tùv avTw, || xaî 7râ0£v àlyect, 

àvJoûv te rto^suod; | à/systvâ T£ xûaara 7rcîp&>v 

twv ptpv/jTxô^svoç, || O'/Xsggv xaTa rjâxûnov êl(3sv, 

à).).0T' ère, 7r).svc»à; | x«T«xstp£vo{ , || a)^GTê <?avT£ 

V7TTIGÇ, || à').).OT£ $2 TrOÏJVÏîÇ* || TOTE cTgû&GÇ àv«TTà? 

iïïj£*j£VK à)/jo)v | 7raoà OrV || Ov<?É w-tv jjw» 




LHKXWKTKF FT l.'.U FX ANDMX. 



O Melîbœe, || deus j nobis haee otia fecit : 
Namque erit ille mihi j semper deus: jj illius aram 
Saepe tener nostrïs i al» ovilibus jj imbuet agnus. 
lile || meas errare hoves, J ut c-ernis. !, et ipsum 
Ludere quae velîem labmo ) pennisit azresti. 
— Non e^ui îem invideo. ' miror ma iris : || undique totis 
Fsque aleo turhntur agris 1 || En ipse eapellas 
Protenus aeger mo; !j hanc etiam vix. Titvre. diuo. 

Mais cest surtout Horace qui a su donner au vers latin une 
souplesse qui rivalise avec le grec. Ecoutez ce début de la 
troisième satire du premier livre : 

Omnibus hoc vitium est | cantorihus. |j inter amieos 

Ut nuuquam inducant animum | eantare rosratî, 

Injussi nunquam | désistant. || Sardus habebat 

Ille Tigellius hoc. || Ctesav. qui cogère posset, 

Si peteret per amicitiam | patris atque suam, || non 

Quidquam proficeret : || si collibuisset, || ab ovo 

Usque ad mala citaret: || Io Bacche! || modo summa 

Voce, || modo hac resonat \ quae chordis quattuor ima. 

Nil aequale honiini | fuit illi : || saepe velut qui 

Currebat fugiens hostem, || persaepe velut qui 

Junonis sacra ferret : || habebat saepe ducentos, 

Saepe decem servos; || modo reges atque tetrarchas, 

Omnia magna loquens, || modo : || Sit mihi meiTsa tripes || et 

Concha salis puri j et toga quae defendere frigus 

Quamvis crassa queat. || Decies centena dédisses 

Huic parco paucis j contento, || quinque diebus 

Nil erat in loculis. || Noctes vigilabat ad ipsum 

Mane, || diem totum | stertebat. || Nil fuit unquam 

Sic impar sibi. || Nunc aliquis | dicat mihi : || Quid tu? 

Nullane habes vitia? || Immo | alia et fortassc minora. 

De semblables vers on ne les trouve que dans La Fontaine 
et Victor Hugo. Les exemples abondent. Je choisis au hasard. 

Lui cependant || méprise une telle victoire, 
Tient la gageure à peu de gloire, 
Croit qu'il y va de son honneur 
De partir tard. Il broute, il se repose; 

Il s'amuse à tout autre chose 
Qu'à la gageure. A la fin, quand il vit 
Que l'autre || touchait presque au bout de la carrière, 
Il partit comme un trait; mais || les élans qu'il ht 
Furent vains: || la tortue arriva la première. 



(Le Lierre et la Tortue). 




304 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



Après quelques moments l'appétit vint: || l'oiseau, 

S'approchant du bord, vit sur l'eau 
Des tanches || qui sortaient du fond de ces demeures. 
Le mets ne lui plut pas; il s'attendait à mieux. 



Moi, des tanches ! || dit-il ; moi, héron, || que je fasse 
Une si pauvre chère! Et pour qui me prend-on? 
La tanche rebutée, il trouva du goujon. 
Du goujon ! || c'est bien là le dîner d'un héron ! 
J'ouvrirais pour si peu le bec! || Aux Dieux ne plaise! 
11 l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon 

Qu'il ne vit plus aucun poisson. 
La faim le prit : || il fut tout heureux et tout aise 
De rencontrer un limaçon. 

(Le Héron). 

J'ai eu un professeur de troisième qui dans chaque vers, pour 
ainsi dire, des auteurs qu'il nous expliquait, nous faisait admirer 
une harmonie imitative. Je crains vraiment de tomber dans le 
même travers ; et pourtant, cet enjambement furent vains me 
peint admirablement Tébahissement stupéfait du lièvre, et cet 
autre vit sur Veau des tanches fait vraiment surgir à mes yeux 
le poisson aux écailles vert-doré. Plus bas encore, la coupe du 
vers f ouvrirais pour si peu le bec me montre le dédain du héron 
qui s'en va en détournant la tête. Mais trêve aux commentaires, 
et continuons à citer. 

Quand je suis seul, || je fais au plus brave un défi; 
Je m'écarte, || je vais détrôner le sophi ; 

On m'élit roi, mon peuple m'aime; 
Les diadèmes || vont sur ma tête pleuvant: 
Quelque accident || fait-il que je rentre en moi-même; 

Je suis gros Jean comme devant. 

(La Laitière et le Pot au lait). 

Le financier, || riant de sa naïveté 

Lui dit: Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône. 



Tout le jour || il avait l'œil au guet, || et la nuit.... 

{Le Savetier et le Financier). 

L'homme eut peur : || mais comment esquiver, || et que faire ? 
Se tirer en Gascon d'une semblable affaire 
Est le mieux: || il sut donc dissimuler sa peur. 

{L Ours et V Amateur des Jardins). 



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l'hexamètre et l'alexandrin. 



305 



Parmi tant d'huîtres toutes closes 
Une s'était ouverte; et, baillant au soleil, 

Par un doux zéphyr réjouie, 
Humait l'air, || respirait, était épanouie, 
Blanche, grasse, || et d'un goût, à la voir, nonpareil. 
D'aussi loin que le rat voit cette huître qui baille : 
Qu'aperçois-je? || dit-il ; c'est quelque victuaille! 
Et, || si je ne me trompe à la couleur du mets, 
Je dois faire aujourd'hui bonne chère, || ou jamais. 
Là-dessus, || maître rat, plein de belle espérance, 
Approche de l'écaillé, allonge un peu le cou, 
Se sent pris comme aux lacs; car l'huître tout d'un coup 
Se referme. || Et voilà ce que fait l'ignorance. 



En étudiant ces vers, on voit que les plus beaux effets sont 
combinés avec des enjambements, et c'est ainsi que la petite 
moitié du vers reçoit une importance égale à la grande moitié. 

Qu'on n'aille donc pas s'imaginer que tous les enjambements 
du vers ou de l'hémistiche soient permis ou tolérables. Il est 
certes singulier que de bons versificateurs croient à cet égard 
n'avoir d'autre règle que leurs caprices et ceux de la rime, ou 
les hasards de la phrase. Voici, par exemple, une citation de 
Théodore de Banville (le trait simple marque un repos simple) : 

Il a perdu les yeux, dans une explosion 
De mine ; || et cependant qu'avec profusion 
Le gai soleil, | à qui le printemps s'accoutume, 
Jette' des taches d'or flambant | sur le bitume 
Et sourit dans le ciel qui va s'irradiant, 
Le travailleur blessé, devenu mendiant, 
Humble, || agenouillé sous une porte-cochère, 
Songeant à la longueur sans fin | des jours ingrats, 
Ouvre tout grands ses yeux affreux || et tend les bras. 

Que signifient toutes ces ruptures? quel est le charme qui en 
résulte? Sauf le dernier vers où la voix doit s'arrêter après 
affreux, pour obtenir l'équilibre des deux hémistiches, tout le 
reste ne vaut rien. 

Quelle différence avec ces vers de M. Déroulède : 

Ah que la mort du brave est belle ! || Qu'elle est belle 
La mort du combattant qui meurt | sans avoir fui I 
Vainqueur, || la gloire vient l'emporter sur son aile, 
Et, si c'est la défaite absurde ou criminelle, 
La honte des vaincus ne s'abat pas sur lui. 



(Le Rat et l'Huître). 




300 



l/lIKXAMKTKE ET i/aLKX AXDRIN. 



Il repose, || ayant fait son devoir pour la France, 
Innocent <Iu désastre, ignorant »!es affronts; 
Sa tombe || est un berceau d'iionir nr et d'espérance, 
Kt pour nous réveiller aux jours d'indilVérence 
C'est son souille vendeur qui passe | en nos clairons. 

Dans ces beaux vers, toutes les mesures à contretemps ont 
leur raison d'être, et constituent de véritables beautés. 

Voici maintenant du Victor Hugo. Chez lui aussi on n'a 
qu'à ouvrir au hasard pour trouver les effets les plus brillants 
et les plus imprévus : 

Seuls dans un lieu royal, côte à côte marchant, 
Deux hommes, || par endroits du coude se touchant, 
Causaient. || Grand souvenir qui dans mon co ur se grave! 
Le premier || avait l'air fatigué, triste et grave. 

C'était un roi, || vieillard à la tête ^blanchie, 
Penché du poids des ans et de la monarchie. 
L'autre || était un jeune homme étranger chez les rois, 
Un poète, || un passant, une inutile voix. 

(Les Rayons et les Ombres, le sept août). 

Mais c'est surtout dans les poésies lyriques que se rencontrent 
les plus beaux effets obtenus par la coupe insolite des vers et 
les enjambements. 

Peut-on trouver rien de plus beau que la strophe finale de 
Lazzara, le chef d'œuvre déjà cité? 

Ce n'est pas un pacha, || c'est un klephte à l'œil noir 
Qui l'a prise, || et qui n'a rien donné pour l'avoir; 

Car la pauvreté l'accompagne. 
Un klephte || a pour tous biens | l'air du ciel, » l'eau des puits, 
Un bon fusil | bronzé par la fumée, || et puis 

La liberté sur la montagne. 

Et ici on peut toucher du doigt la justesse de la théorie émise. 
Les deux hémistiches du premier vers se font équilibre; mais 
dans le second vers» les trois premières syllabes équivalent par 
le sens au neuf suivantes ; aussi vous pouvez vous arrêter sur 
elles et courir sur les autres. Même observation pour le qua- 
trième vers ; et quant au cinquième, c'est un vrai bijou. Après 
ces deux mots insignifiants par eux-mêmes et puis, on peut 
prolonger, pour ainsi dire indéfiniment, l'attente, tandis que 
la voix peut glisser sur toute la première partie. 



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l'hexamètre et l'alexandrin. 



307 



Citons encore le commencement des Fantômes (Orientales) : 

Hélas! || que j'en ai vu mourir | de jeunes filles! 
C'est le destin. || Il faut une proie au trépas. 
Il faut || que l'herbe tombe au trancliant des faucilles; 
11 faut || que dans le bal ! les folâtres quadrilles 
Foulent des roses sous leurs pas. 

11 faut || que l'eau s'épuise à courir les vallées ; 
Il faut || que l'éclair brille, | et brille peu d'instants ; 
Il faut || qu'avril jaloux brûle de ses gelées 
Le beau pommier, || trop fier de ses fleurs étoilées, 
Neige odorante du printemps. 

Oui, c'est la vie. || Apres le jour, | la nuit livide. 
Après tout, || le réveil, infernal ou divin. 
Autour du grand banquet | siège une foule avide ; 
Mais | bien des conviés laissent leur place vide, 
Et se lèvent avant la fin. 

Le lecteur aura remar<iué en même temps quelle majesté le 
petit vers final acquiert par le fait des quatre- alexandrins qui 
le préparent. 

X. 

Ces sortes de vers qui comptent une césure plus forte que la 
césure régulière, portent le nom de romantiques. Nous venons 
de voir qu'ils sont fréquents dans La Fontaine. Mais c'est une 
profonde erreur de croire qu'il n'y en a pas dans les autres poètes 
du XVII e siècle. Ils sont dans Racine aussi nombreux que les 
autres, surtout dans ses dernières pièces, encore je mets de côté 
les Plaideurs, La seule différence c'est que, chez lui, le repos 
de l'hémistiche n'est pas aussi effacé que chez Victor Hugo. On 
peut relire les vers de lui déjà cités. Ajoutons-y un morceau clas- 
sique par excellence, le songe d'Athalie, et marquons les repos 
principaux et les repos secondaires de chaque vers, on verra 
qu'il coïncident assez rarement avec l'hémistiche. 

C'était | pendant l'horreur d'une profonde nuit ; 
Ma mère Jézabel | devant moi s'est montrée, 
Comme au jour de sa mort | pompeusement parée ; 
Ses malheurs | n'avaient point abattu | sa fierté; 
Même | elle avait encore cet éclat emprunté 



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308 



l'hfxamètre et l'alexandrin. 



Dont elle eut soin | de peindre et d'orner | son visage, 
Pour réparer | des ans l'irréparable outrage : 
« Tremble, || m'a-t-elle dit, || fille digne de moi ; 
» Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi | sur toi. 
« Je te plains | de tomber dans ses mains redoutables, 
« Ma fille. » || En achevant ces mots épouvantables, 
Son ombre | vers mon lit a paru se baisser: 
Et moi | je lui tendais les mains | pour l'embrasser ; 
Mais | je n'ai plus trouvé | qu'un horrible mélange 
D'os et de chair ! meurtris et trainés dans la fange, 
Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux 

Que des chiens dévorants | se disputaient entre eux 

— Grands Dieux ! — dans ce désordre | à mes yeux se présente 
Un jeune enfant || couvert d'une robe éclatante, 
Tel qu'on voit des Hébreux les prêtres revêtus. 
Sa vue | a ranimé mes esprits abattus. 



Le grand prêtre | vers moi s'avance | avec fureur : 
Pendant qu'il me parlait, || ô surprise ! || ô terreur ! 
J'ai vu | ce même enfant , dont je suis menacée, 
Tel qu'un songe effrayant l'a peint à ma pensée. 
Je l'ai vu : || son même air, | son même habit de lin, 
Sa démarche, | ses yeux, | et tous ses traits enfin; 
C'est lui-même. || Il marchait à côté du grand prêtre. 



Seigneur, || de vos bienfaits mille fois honoré, 
Je me souviens toujours | que je vous ai juré 
D'exposer à vos yeux, | par des avis sincères, 
Tout ce que ce palais | renferme de mystères. 
Le roi | d'un noir chagrin paraît enveloppé : 
Quelque songe effrayant | cette nuit | l'a frappé. 
Pendant que tout | gardait un silence paisible, 
Sa voix | s'est fait entendre avec un cri terrible. 
J'ai couru. || Le désordre était dans ses discours . 
Il s'est plaint | d'un péril qui menaçait ses jours ; 
Il parlait | d'ennemi, | de ravisseur farouche, 
Même | le nom d'Esther est sorti de sa bouche. 
Il a | dans ces horreurs passé | toute la nuit. 
Enfin, || las d'appeler un sommeil | qui le fuit, etc. 



Du palais cependant il assiège la porte : 

A quelque heure que j'entre, | Hydaspe, || ou que je sorte, 

Son visage odieux m'afflige, | et me poursuit ; 

Et mon esprit troublé le voit encore | la nuit. 



Dans Esther (II, 1): 



Plus loin : 




.'hexamètre et l'alexandrin. 



309 



Ce matin | j'ai voulu devancer la lumière : 
Je l'ai trouvé | couvert d'une affreuse poussière, 
Revêtu de lambeaux, | tout pâle; || mais son œil 
Conservait | sous la cendre encor | le même orgueil. 

Au premier acte (scène III) : 

Et quel besoin | son bras (de Dieu) a-t-il | de nos secours? 
Que peuvent contre lui tous les rois de la terre? 
En vain | ils s'uniraient pour lui faire la guerre, 
Pour dissiper leur ligue | il n'a qu'à se montrer; 
Il parle, || et dans la poudre il les fait tous rentrer. 
Au seul son de sa voix la mer fuit, | le ciel tremble ; 
Il voit comme un néant | tout l'univers ensemble ; 
Et les faibles mortels, | vains jouets du trépas, 
Sont tous devant ses yeux | comme s'ils n'étaient pas. 

Enfin au troisième acte (scène IV) : 

Ce Dieu, || maître absolu de la terre et des cieux, 

N'est point tel | que l'erreur le figure | à vos yeux : 

L'Éternel | est son nom; || le monde | est son ouvrage; 

Il entend les soupirs de l'humble | qu'on outrage, 

Juge | tous les mortels avec d'égales lois, 

Et du haut de son trône interroge | les rois : 

Des plus fermes états la chute épouvantable, 

Quand il veut, || n'est qu'un jeu de sa main redoutable. 

Les Juifs j à d'autres dieux osèrent s'adresser : 

Roi, | peuples, || en un jour | tout || se vit disperser. 

Certainement chez Boileau le vers est frappé dans un moule 
beaucoup plus uniforme. Cependant en cherchant un peu, on 
en trouverait qui ont l'allure romantique : 

Là | parmi les douceurs d'un tranquille silence, 
Règne sur le duvet une heureuse indolence : 
C'est là || que le prélat, | muni d'un déjeuner, 
Dormant d'un léger somme, | attendait le dîner. 
La jeunesse en sa fleur | brille sur son visage : 
Son menton | sur son sein descend | à triple étage ; 
Et son corps | ramassé dans sa courte grosseur 
Fait gémir les coussins | sous sa molle épaisseur. 

Mais qu'il y a loin de ce rythme, qui côtoie de bien près la 
monotonie, et de ces timides effets à l'étonnante variété, et aux 
magnifiques surprises renfermées dans les vers du grand 
maître, de Victor Hugo : 

TOME XXVII. 22 



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310 



l'hexamètre et l'alexandrin. 



Non, H ce n'est pas d'amour qu'elle est morte : || pour elle, 
L'amour | n'avait encor ni plaisirs ni combats; 
Rien | ne faisait encore battre | son cœur rebelle; 
Quand tous || en la voyant s'écriaient : || Qu'elle est belle ! 
Nul || ne le lui disait tout bas. 

Concluons et résumons- nous. La versification repose entière- 
ment sur le rythme, sur la division du temps en parties égales. 
Le rythme est marqué en latin et en grec par l'apparition 
périodique de syllabes longues, en français par celle des accents 
toniques, et principalement par la rime. Le temps ne peut pas 
dépasser une certaine longueur. A côté de la mesure régulière, 
peut coexister une mesure irrégulière, une mesure à contre- 
temps, qui rompt la monotonie et d'où l'on peut tirer les plus 
merveilleux effets en amenant un contraste inattendu et en 
forçant le lecteur à rattraper par un artifice la mesure normale. 
Les grands poètes n'y ont pas manqué, à leur insu peut-être; 
tandis que les réformateurs systématiques ont le plus souvent 
fait de mauvaise prose sous prétexte de poésie. 



J. Delbœuf. 




CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



311 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS 

DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE BRUXELLES 



Les manuscrits grecs conservés à la Bibliothèque royale de 
Bruxelles sont au nombre de cent vingt-et-un et la plupart 
proviennent des bibliothèques des établissements religieux 
supprimés à la fin du XVIII e siècle; l'ancienne bibliothèque 
des ducs de Bourgogne ne paraît en effet avoir renfermé aucun 
manuscrit grec 2 . 

Parmi les établissements monastiques de Belgique, dont les 
collections ont contribué à former le fonds actuel des ma- 
nuscrits de la Bibliothèque royale, on doit mettre au premier 
rang la bibliothèque des Jésuites d'Anvers, qui, dès le commen- 
cement du XVII* siècle, possédait une assez belle réunion de 
manuscrits grecs. La meilleure partie de ces manuscrits était 
due au célèbre érudit anversois André Schott (1552-1629) 3 ; 



1 L'importance et l'utilité de cette notice n'échapperont à personne. 
A moins de passer de longues journées à Bruxelles, il était impossible 
jusqu'ici de savoir au juste ce que la Bibliothèque royale possède en fait 
de manuscrits grecs. V Inventaire général, le Catalogue méthodique et 
le Répertoire onomastique sont incomplets et renferment de graves 
erreurs. Grâce à M. Henri Omont, le savant attaché au département des 
manuscrits de la Bibliothèque nationale à Paris, les recherches devien- 
dront faciles : on a sous les yeux l'indication exacte des titres , du con- 
tenu, de l'âge et de la provenance des manuscrits grecs de notre principal 
dépôt. Plusieurs de ces manuscrits sont très précieux. La Revue est 
heureuse de pouvoir offrir à ses lecteurs un travail qui rendra de grands 
services aux philologues et qui sera certainement accueilli avec faveur 
en Belgique et à l'étranger. (N. D. L. R.) 

* On peut consulter sur l'histoire de la Bibliothèque royale de Bruxelles, 
la préface de M. Marchai, entête de V Inventaire des mss. de Vancienne biblio- 
thèque des ducs de Bourgogne (Bruxelles, 1839, in-fol.); l' Histoire des 
bibliothèques publiques de Bruxelles, par P. Namur (Bruxelles, 1840, in-8°); 
les Documents pour servir à l'histoire des bibliothèques en Belgique, par 
Aug. Voisin (Gand, 1840, in-8°), p. 119 ss., etc. 

3 Sur Schott, voyez : A. de Backer, Bibliothèque des écrivains de la 
compagnie de Jésus (Liège, 1869-1876, 3 vol. in-fol.) et la Nouvelle bio- 
graphie générale (art. Schott). Cf. aussi les curieux extraits de la corres- 
pondance de Schott qu'a donnés Ch. Graux, Essais sur la formation du 




312 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GBECS. 



Sweertius donne à la fin de ses Athenœ Belgicœ (1628, in-fol.) ! , 
les listes des manuscrits grecs de la maison professe des Jésuites 
d'Anvers et de ceux d'André Schott, parmi lesquels se trouvent 
les manuscrits grecs de Pierre Pantin 2 . Nous possédons du 
reste le catalogue de ses manuscrits grecs, que Pantin adressa 
l'année même de sa mort à Jean Meursius; J.-A. Fabricius Ta 
imprimé tout au long dans le tome XII de sa Bibliotheca grœca, 
(1740, in-4°), p. 311-316. 

Les autres établissements religieux de la Belgique ne four- 
nirent qu'un très petit nombre de manuscrits grecs, la liste 
suivante permettra d'en juger 3 : 

Jésuites d'Anvers, 63 manuscrits grecs. 



» de Bruges, 2 » » 

» de Bruxelles, 5 » » 

» de Douai , 1 » » 

» de Louvain, 1 » » 

» de Tournai, 1 » » 

» dTpres, 1 » » 



Chartreuse de S. Martin de Gérardmont, 1 ms. grec. 
Chanoines réguliers de S. Martin de Louvain, 1 ms. grec. 
En 1794, une grande partie des manuscrits grecs de la 
bibliothèque de Bruxelles fut transférée à Paris ; ces manuscrits 
entrés à la Bibliothèque nationale en 1796 furent rendus à la 
Belgique en 1815. Depuis cette date, il n'est entré que quelques 
manuscrits grecs dans la Bibliothèque royale de Bruxelles. 



fonds grec de l'Escurial (Paris, 1880, in-8°), pp. 444-50. — J'espère pouvoir 
prochainement publier un chapitre de l'histoire de la renaissance des 
études classiques au XVI* siècle en Belgique , et étudier en détail la for- 
mation des bibliothèques de Schott et de Pantin. 

1 Le catalogue des mss. grecs des Jésuites d'Anvers, donné par Sweer- 
tius, a été reproduit par Sanderus, Bibliotheca Belgica (1641, in-4°j, t. I, 
p. 334-335). 

2 Pierre Pantin, né à Thielt vers 1556, étudia à Louvain sous Schott, 
l'accompagna en Espagne et lui succéda comme professeur de langue 
grecque à Tolède; fut lecteur et bibliothécaire de Garcia de Loaysa, alors 
archidiacre , plus tard archevêque de Tolède ; doyen de Sainte-Gudule de 
Bruxelles en 1591, il mourut en 1611. Pantin légua à Schott tous ses 
manuscrits grecs. 

3 Les provenances des manuscrits sont toujours indiquées, entre paren- 
thèses, à la suite de chaque notice; elles sont aussi relevées dans l'Index 
alphabétique. 



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CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



313 



En 1827, les papiers des Bollandistes, restés dans l'abbaye 
de Tongerloo pendant la période révolutionnaire , firent retour 
à la Bibliothèque royale ; parmi ces papiers se trouvaient un 
certain nombre de copies de Vies de saints, en grec, qui 
forment aujourd'hui dix-sept volume» (n os 105-121) du fonds 
des manuscrits. 

En 1837 deux manuscrits grecs (n os 50 et 68) furent acquis 
à la vente de la bibliothèque de Rosny (n° 6 2355 et 2356 du 
catalogue de vente) ; il s'en trouvait un autre (n° 13) dans la 
bibliothèque Van Hulthem , réunie , cette même année , à la 
Bibliothèque royale. 

En 18 . . , l'acquisition de la bibliothèque musicale de 
M. F.-J. Fétis augmenta de deux (n° 8 8 et 9) le nombre des 
manuscrits grecs. 

Les manuscrits grecs, dont on trouvera plus loin les notices, 
ont été déjà sommairement décrits , avec les autres manuscrits 
de la Bibliothèque royale de Bruxelles, dans Y Inventaire et le 
Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale des ducs de 
Bourgogne (1839 et 1842). Une dizaine des manuscrits grecs de 
Bruxelles ont aussi fait l'objet de sept Rapports de Ph. Bernard, 
parus dans le Moniteur Belge 1843-1845 *. 

Pour faciliter les renvois dans l'Index alphabétique qui 
termine ce catalogue une numérotation factice a été donnée 



1 Une analyse des cinq premiers de ces rapports a été donnée par 
M. Aug. Sclieler dans le Serapeum, 1845, t. VI, p. 360-367. J'ai pu con- 
sulter à la section des manuscrits de la Bibliothèque royale de Bruxelles 
sept rapports de Ph. Bernard, tirés à part du Moniteur Belge, dont la 
rareté est peut-être le principal mérite, en voici les titres : 

1. Rapport à M. le Ministre de l'Intérieur au sujet de la paraphrase 
grecque de Théophile 1 déposée à la Bibliothèque royale, par M. Ph. 
Bernard, membre correspondant de l'Académie des Sciences et Belles- 
lettres de Bruxelles. — Bruxelles, imprimerie du Moniteur belge, rue 
N.-D.-aux-Neiges, 1843, in-8°, 13 pages. (La couverture imprimée sert de 
titre. — Le Rapport est daté du 28 décembre 1842). 

2. Rapport, etc. sur les manuscrits de Charles Langius *, déposés à 
la Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne, par Ph. Bernard, membre, 
etc. — Bruxelles, imprimerie du Moniteur belge, rue N.-D.-aux-Neiges, 
36, 1843, jn-8°, 16 pages. (La couverture imprimée sert de titre. — Le 
Rapport est daté du 28 juin 1843). 

1 Manuscrit, n° 613. 
* Mss. 744-755. 




314 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



aux manuscrits, mais immédiatement après ce numéro d'ordre 
suit, entre parenthèses, la cote sous laquelle chaque manuscrit 
est conservé à la Bibliothèque royale. Une concordance de ces 
cotes dans leur ordre numérique avec les numéros d'ordre 
donnés ici permettra de trouver aisément le numéro sous lequel 
chaque volume est décrit et donnera en même temps un état 
des manuscrits grecs de la Bibliothèque royale de Bruxelles 1 . 



3. Rapport, etc. sur un manuscrit grec et deux manuscrits latins des 
lettres de Phalaris 4 , déposés à la Bibliothèque royale, par Ph. Bernard, 
membre, etc. — Bruxelles, imprimerie du Moniteur belge t 1844, in-8°, 
23 pages. (La couverture imprimée sert de titre. — Le Rapport est daté 
du 30 janvier 1844). 

4. Rapport, etc. sur divers manuscrits grecs contenant la Rhétorique 
d'Hermogène et autres ouvrages analogues * , déposés à la Bibliothèque 
royale, par Ph. Bernard. — Bruxelles, imprimerie du Moniteur belge t 
rue N.-D.-aux-Neiges, 36, 1844, in-8°, 29 pages. (Le Rapport est daté du 
30 juin 1844). 

5. Rapport, etc. sur différents manuscrits grecs des œuvres de Philo- 
strate 3 , déposés à la Bibliothèque royale, par Ph. Bernard, membre, etc. 
et bibliothécaire de la Chambre des représentants. — Bruxelles, impri- 
merie du Moniteur belge, 1845, in-8°, 24 pages. (Le Rapport est daté du 
30 juin 1844). 

6. Rapport, etc. sur un manuscrit grec du Lexique de Suidas 4 , déposé 
à la Bibliothèque royale, par Ph. Bernard, membre , etc. et bibliothé- 
caire, etc. — Bruxelles, imprimerie du Moniteur belge, 1845, in-8°, 34 
pages. (Le Rapport n'est pas daté). 

7. Rapport, etc. sur deux manuscrits déposés à la Bibliothèque royale 
contenant l'un Abrégé des œuvres 5 et l'autre traduction latine des 
Histoires diverses d'Elien 6 , par Ph. Bernard, membre correspondant de 
l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-arts de Belgique 
et bibliothécaire de la Chambre des représentants. — Bruxelles, imprime- 
rie du Moniteur belge, Deltombe, imprimeur, 1846, in-8°, 40 pages. (Le 
Rapport est daté du 31 décembre 1845). 

» Mss. 11270-75. — * Mss. 11276-77, 11280, 11296-98 et 14773. — 
3 Mss. 4306-17 (et non 4006-17, donnés par erreur dans le texte du Rap- 
port). — « Ms. 11281. — 5 Mss. 1871-77. — 6 Mss. 797-98. 

1 Une liste des manuscrits grecs de la Bibliothèque royale de Bruxelles 
a été dressée en 1871 (d'après V Inventaire de M. Marchai), par M. Eich- 
hoff. Une dizaine de numéros qui figurent dans cette liste ne sont point 
des manuscrits grecs; je citerai les mss. de Langius (n 08 744-53), qui ont 
fait l'objet du second Rapport de Ph. Bernard ; un ms, autographe de 
Th. Canter (n° 4251) etc. 




CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



315 



LISTE DBS NUMÉROS DES MANUSCRITS GRECS DE LA BIBLIOTHEQUE ROYALE DE 
BRUXELLES ET CONCORDANCE AVEC LES NUMEROS DU PRESENT CATALOGUE. 



613 


38 


11259 


28 


11368 


92 


1282-83 


65* 


11261 


22 


11369-70 


54 


1871-77 


49 


11262-69 


64 


11371 


53 


2102-03 


26 


11270-75 


89 


11372 


63 


2302-04 


42 


11276-77 


101 


11373 


31 


2946-50 


88 


11278-79 


76 


11374 


93 


2952-53 


52 


11280 


71 


11375 


3 


2958-60 


91 


11281 


59 


11376 


102 


3529 


90 


11282 


100 


11377-80 


74 


3608 


47 


11283 


44 


11381 


34 


3639 


23 


11284 


12 


11382 


80 


3895-96 


30 


11288 


62 


11383-84 


94 


3932 


61 


11289 


5 


11385 


17 


4146 


43 


11290 


73 


11386 


32 


4152-53 


57 


11291-93 


95 


11387 


7 


4232-34 


14 


.11294-95 


72 


11388-91 


6 


4280-83 


77 


11296-98 


69 


11400 


87 


4306-17 


58 


11299-300 


41 


11728 


25 


4476-78 


70 


11301-16 


97 


11790 


11 


4523-24 


51 


11317-21 


98 


14124 


119 


4957 


10 


11322-26 


105 


14249 


35 


5353 


84 


11328 


33 


14255 


104 


5362-64 


99 


11329-31 


85 


14612 


81 


7020-21 


37 


11332-35 


4 


14773 


68 


7683-86 


24 


11336 


1 


14774 


50 


7962-64 


106 


11337-41 


46 


14870 


19 


8108-10 


67 


11342 


56 


14969 


66 


8155-62 


112 


11313 


75 


15076 


13 


8163-69 


115 


11344 


79 


18170-73 


83 


8191-93 


118 


11345-48 


45 


18174 


82 


8229 


107 


11349 


48 


18235-36 


121 


8230 


108 


11350 


60 


18864-74 


111 


8231 


109 


11351-52 


27 


18906-12 


113 


8232-33 


110 


11353 


21 


18967 


40 


8301 


29 


11354 


15 


21836 


18 


8368-71 


116 


11355-56 


36 


21942 


86 


8398-400 


120 


11357 


16 


21970 


103 


8436-38 


20 


11358 


2 


Fétis,1340 


8 


8450-51 


117 


11360-63 


39 


Fétis,1342 


9 


8599-600 


114 


11364-66 


55 




8761 


96 


11367 


78 







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316 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



CATALOGUE 

DE 8 MANU8CRIT8 OREC8 DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE BRUXELLES. 

Théologie. 

1 .(11336). Psalmi Davidis et Cantica. 

A la fin (fol. 268) on lit : « 'E'/Apasa ru So&v Sioû tô fa^Afav ik /*i 8 
i'juïîou tU m°. cccc°. xl° 3. »> et plus bas : « Liber Laurentii ac 

Joannis Pétri Fransci de Medicis, N° lxxvj°. » 

XV e siècle. (Copié par Jean Rhosos). Papier. 258 feuillets, 144 sur 
106 millim., rel. anc. estampée. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 38.) 

2 (11358). Evangelia IV., cum Synaxario (fol. 204). 

Au fol. 1 : « Johannes Livineius, canonicus et cantor Antverpiensis, 
dono Johannis Doverini canonici Leodiensis. » — Miniatures repré- 
sentant S. Marc (fol. 59™), S. Luc (fol. 97vo) et S. Jean (fol. 157vo). 
Au bas de l'encadrement du fol. 1, blason à demi effacé. 

XUIe siècle. Parchemin. 210 feuillets. 155 sur 115 millim., rel. anc. 
estampée. (Jésuites d'Anvers.) 

3 (11375). Evangelia IV. 

XIII e siècle. Parchemin, .... feuillets, 202 sur 144 millim. Peint. 
Rel. anc. estampée. (Capucins de S. Honoré, de Paris). 

4 (11332-35). Officia ecclesiastica ad usum monasterii Crypto- 
ferratensis. 

Fol. 1 : Ya>//oi tov opQpov. — Fol. 32: 'AnoAvrixioi roû o\ov eviavTov. — 
Fol. 46 *o : 'Avarrà*i^ta twv oxtwvj^wv, tùv toi* Ôsotoxc'oi? avTwv. — Fol. 50 : 
Kovray.ta rrji ùmpor/ixç Siorôxov. — Fol. 53 : 'Ap^r)... twv sù^wv tov opQpov, 
etc. — Fol. 54 : 'Ap^r)... twv eù/wv tov opdpov, etc. — Fol. 83 : 'A7ro)vTÎxia 
t>7ï oi>îî «^ôojuâào,. — Fol. 84 : TpoTZÔcpiM TÔiv àvxnzwsi/JM vxi xovTa/t'wv. — 
Fol. 88 : 'AvTi'pwva -rni ôsoto'xou ).syo/*ev« //.sTà tvjv àxo/ov0£av. 

XVI e siècle. Papier, 89 feuillets, 210 sur 154 millim., rel. parchemin. 

5 (11289). Officia ecclesiastica, cum notis musicis. 

Fol. 1 . "O>ov tov iviavTOV ovtws ^໣Tai Tixpà t&v Ta^yj. "Ayi©$, àôàvaro;... 

— Fol. 6 : Apyri ... twv ayj/Aaot'wv t>7$ ^a^Tixrç» rïyyrn ... Fol. 14 : 'Axo>ov06ta 
riQi Btîxi xai hpài XtiTOvpyixï tov «v àyfoi; Ttxrpàs >j/i.wv iwâvvov tov 

XpWJOSTÔjJiOV. 

XVII e siècle. Papier, .... feuillets, 140 sur 100 millim. Rel. veau 
estampée. (Jésuites de Louvain). 

6 (11388-91). Officia ecclesiastica, cum notis musicis. 

Fol. 1 : 'Ap-^r] ... twv *>j/xa&wv t>7? ^otXruYjq xkyyYH. — Fol. 17 : 'H Ôsta 

UiTovpyla tov [xiyklou Botjùtlov, etc. — Fol. 32 vo : Cycli solaris et lunaris. 

— Fol. 87 : De Bissexto : T>jv «apaxo*Ti tov X/sittov ... — Fol. 44 : Utpl 

twv àfltèsxa ÇwèVwv ràç ivtpylaç rjyovv Trpoyvwmxôv nôii /3a<«>îûsi 7râ<ya cvoctov 

Xpévov ... — Fol. 45vo-5ivo : Prières en arabe, à l'usage des Melchites. 



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CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



317 



— Fol. 53 vo : Ze)>jvoâfo/iiov. — Fol. 55 vo : Tableau de signes célestes. 
XVII<* siècle. Papier, 55 feuillets, 146 sur 98 millim. d. rel. 

7 (11387;. Officia ecclesiastica , cum notis musicis. 

Stichéraire , septembre-août. 

XVII e siècle. Papier, ... feuillets, 150 sur 100 millimètres. Rel. 
veau anc. (Capucins de S. Honoré , de Paris). 

8 (Fétis , 1340) « Hymni grjeci, cum antiquis notis musicis. » 

Au-dessous de ce titre on lit : « Donum v. cl. Sebastiani de Castro 
medici serenissimi ducis Mantuae. » 

XVII e siècle. Papier, 280 pages, 190 sur 135 millim. Rel. maroq. 
orange. 

9 (Fétis, 1342). « Octoechus. » 

Copie du ms. Grec 405 de la Bibliothèque nationale de Paris, par 
F. L. Perne, mai 1822. — Suivie d'une autre copie de V Octoechus 
(Venise, 1578, in- . n° B. 147 de la Bibl. nat. de Paris. 

XIX" siède. Papier, 204 et 13 feuillets. 292 sur 185 millim. D. rel. 

10 (4957). HOR^E GRjECO-LATlN^E. 

Fol. 1 : Dessiu à la plume représentant S. Benoît. — Fol. 139 : 
« Officium pro mortuis. » — Fol. 243 : Septem psalmi pœnitentiae. » — 
On lit au commencement et à la fin différents noms de possesseurs : 

« Hujus est possessor Joannes Guillebertus Furnensis, 1569. — Ex 
dono Antonii Waeghemaecker sum Guillelmi Mormentinii. Modo ex 
dono et munere haeredum predicti Mormentinii sum Caroli Huveterii, 
1572. — Sum Danielis Spittebrodii. — Ex libris Francisci Philippi 
B 1,1712.» 

XVI e siècle. Papier, 295 feuillets, 142 sur 92 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites d'Ypres). 

11 (11790). Hor^j ge^co-latin^:. 

XVI e siècle. Papier, .... feuillets, 140 sur 104 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites de Bruges). 1 

12 (11284;. Officium beat^e Marlœ. 

'H Xzirovpyix Tris ûyioti Map'a$ àzi nocpSk^v. EU rdv SpBpov. Xoùpi 
/.tyxpiTOifjiivr) ... — avec traduction latine interlinéaire. — Au bas du 
fol. 1, on lit : « ad usum fr. Xpophori Parisius Capucini. » 

XVII e siècle. Papier, 101 pages, 170 sur 110 millim. Rel. parchemin. 

13 (15076). Pbeces varue. 

Page a' : 'H twv tùxûv ftifiXo;. — Sur le fol. de garde, imprimé : » Ex 



1 Ce manuscrit est ainsi mentionné dans Sanderus, Bibliotheca Belgica 
ms., 1641, 1, p. 280 : « Ho rœ canonicœ grœco-latinae, in-8°. »> Doit-on voir 
le ms. suivant (n° 12) dans cet article de Sanderus qui suit (ibid.) : « Ilorse 
B. Virginis, et alise orationes grœcse. » 



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318 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



libris C. Van Hulthera Soc. R. agric. et botan. Gandensis prœsidis. • 
XVIII e siècle, Papier, 26 pages, 152 sur 98 millim. Rel. parchemin. 

14 (4232-34). Origenib, Severi Antiocheni et Theodori Mopsuest^e 
catena in joannbm. 

1° Fol. 1 : « 'Qpiyïvov; in S. Joannis evangelium caput I, ex catena 

GrffCOrum Patrum ... Avjfxiovpyàv rwv 7ràvrojv... »> 

2° Fol. 30 : * Vt\riip'j\j iirnxônov Avrioy^ilaç in caput I JoannÎB ... Et7rwv 
tc îv àpxft • • • * 

3° Fol. 58 : « SioStopov Mo^oue-m'*;. Merà rr,v et$ oùpavob$ àvâ>»j^iv ... — 
Cf. Caten. PP. in Joannem a B Corderio (Antverp., 1630, fol.), p. **3. 

XVII e siècle. Papier, 88 feuillets, 200 sur 160 millim. couv. parche- 
min. (Jésuites d , Anver8. — Schott). 

15 (11354). SS. Basilti homili^b in Hexaemeron et Gregorii Nysseni de 



1° Fol. 1 : S. Basilii Magni homiliœ IX in Hexaemeron. Incomplet 
du commencement : ... ïtcIt:i^ >è/&> *x^a ... 
2° Fol. : « B. Gregorii Nysseni de homine liber... Btoyiv. rii >} 

à/pifiompa. ... Desin. : ... xexpi/x/ASvvjv fj.ïv Çwçav ... 

XIII e siècle, Parchemin, .... feuillets, 186 sur 194 millim. Rel. par- 
chemin. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 33). 

16 (11357). S. Basilii adversus Eunomium libri V. 

Sur le fol. de garde en tête du volume : Johannes Livineius, cathe- 
dralis Antverp. canonicus et cantor. Redemi de libris Joh. Doverini, 
patricii Bruxellensis ac Leodiensis canonici, 1593, Leodii. » 

XVI e siècle. (Copié par Christophe Awer). 255 pages. 195 sur 130 
millim. Rel. anc. estampée (Jésuites d'Anvers). 

17 (11385). NONNI COLLECTIO HISTORI ARUM . 

1° Fol. 1 : Nonni collectio et expositio historiarum quarum S. Gre- 
gorius Nazianzenus meminit in priore invectiva adversus Julianum 
imp. 

2° Fol. 80 : — in II. invectiva adversus Julianum. 
3° Fol. 112 : — in laudatione funebri S. Basilii. 
t 4° Fol. 129 : — de sacris luminibus. 

XVI e siècle. (Copié par André Darmarios.) 145 feuillets. 208 sur 
145 millim. Rel. anc. estampée. (Jésuites d'Anvers. — Schott). 

18 (21836). S. Gregorii Nysseni tractatus in Psalmorum inscriptiones. 

A la fin (fol. 92), en écriture un peu différente : f ro notpà* fiipltov 
ï/pôifY) àià X£i/5«v hpko)$ 'Iwâvvou roi) Eù/5i7TtwTOu S7rixsx)vj//.év0u, eî$ XÉov, ,<x.fOi', 
/j.Yjvi aùyoûffTw. Sur le fol. de garde, en tête du volume : « Ex libris 
Wilhel. Lundani, 1576. » 

XVIe siècle. Papier, 92 feuillets, 210 sur 150 millim. Rel. parche- 
min. 

19 (14870). S. Gregorii Nysseni de beatitudinibus. 

A la fin (fol. 65), On lit : TeXewnfaavTOç fiv roû XoyoBkrov àvtizAypùHiOt èyà 



HOMINE. 




CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



319 



TÔ ilX&ÏTCOV TOVTO TOW, Ç/5l«' TjSî^OVTÔÇ 8T0U?, SV //.>JVÎ ff£7TT£//./3/5f&> , IV#. l/3'. et 

en tête du volume cette autre note : -J- Tô nocpôv fiifiXlov S irzpûyi&i Myovs 

toÛ Nû*«js Tpvjyopiou lypÔL^ri Stà xitpàs rou Ttoiï J.oyoBïrov 'AltÇàvèpov ùio'j 
5yj>a5vj ikpuxos toxj [iiyoù.Qv XoyoO'îrov... h tw izaLTpiaLpyiYùi ©ixou/Aevixw 0/so'v&> t»js 
Kwv*TavTivou7ro>sw5 àx/AaiavTo;, ou xaî rj îv tw T2).£i toû fiijlïiou iisyct-cr, «ii; 
t5io'xei/305 ÙTiôt.pyjn. àv5C7r}yjp&}7avTo; tô i»£Î7rov £ià tô TE/euT^-rai tôv pr,QivTX 
ùïov auTsû 7rpô toO )a^3sîv rcs/sx; tô fii[i\tov xaOà xàx£Îvo$ IxeI-tv? <r>3/z£Ïot iota ytipL 
Copié en 1593. Papier. 65 feuillets à 2 col., 198 sur 126 millim., 
Rel. orientale. (Ex libris gravé de Frédéric No» th.) 

20 (8436-38). S. Gregorii Nysseni epistola de virginitate. 

XVI e siècle. Papier, ... feuillets, 236 sur 170 millim. Couv. en par- 
chemin. {Jésuites d'Anvers). 

21 (11353). S. Joannis Chrysostomi homill® xxi. ad Antiochenos. 

Sur le fol. de garde en tête , on lit : « Legatum Johannis Dove- 
rini, patricii Bruxellensis ac canonici Leodiensis. — Contuîi cum 
antiquissimo codice in membrana descripto, qui apud D. Vamesium 
Lovanii servatur, in quo erant orationes XXI. et cum altero chartaceo 
valde vitioso. » 

XVI e siècle. (Copié par Christophe Auer). 683 pages. 218 sur 148 
millim. Rel. parchemin. (Jésuites d'Anvers). 

22 (11261). S. Joannis Chrysostomi homilijs xxi. ad Antiochenos. 

Fol. . Ejusdem homiliœ de simultate et ira deponenda , — in 
parabolam mille talentorum (fol. ), — in magnam hebdomadem 
(fol. ). 

Au fol. 1, on lit: « Ex D. Johannis Douverini, canonici Leodiensis 
apographo, 1572, descripsit Jo. Livineius. » 

XVII e siècle. Papier, 91 feuillets, 283 sur 198 millim. Rel. parche- 
min. (Jésuites d'Anvers). 

23 (3639). S. Joannis Chrysostomi homili^ ii-xxi. ad Antiochenos. 

XVI e siècle. Papier, ... feuillets, 294 sur 200 millim. Rel. estampée. 
(Martiniens de Louvain) ». 

24 (7683-86). SS. Joannis Chrysostomi et Gregorii Nazianzeni epistola. 

XV e siècle. Papier, ... feuillets, 329 sur 225 millim. D. rel. (Viglius). 

25 (11728). S. Joannis Chrysostomi epistol^b (numéro 43). 

XVIe siècle. Papier, pages 105-136, 328 sur 218 millim. D. rel. 

[A continuer). 



1 Dans le catalogue des mss. de la bibliothèque des chanoines réguliers 
de S. Martin de Louvain, rédigé en 1639, et publié par Sanderus, Biblio- 
theca Belgica ms., II, p. 218 : « D. Joannis Chrysostomi ... Homiliœ ad 
populum Antiochenum, grœce. » 



Digitized by 



320 



COMPTES RENDUS. 



COMPTES RENDUS 



Cours d'histoire de Belgique, à V usage de l'enseignement 
moyen du i rr et du 2* degré, par A. Lallemand et F. A. 
Mouzon. Liège, Dessain, 1884. — Un volume cartonné, de 
310 pages in-12, avec cartes et vignettes intercalées dans le 
texte. Prix 2 francs. 

Il est utile et même nécessaire que l'enseignement, en toutes 
matières, s'appuie sur un texte qui vienne en aide à la mémoire 
de l'élève et épargne une trop grande fatigue à son attention. 
Cela est surtout vrai de l'instruction primaire et moyenne. 
Délivré de la préoccupation d'être peu ou mal compris, le maître 
pourra consacrer tout son temps à l'explication orale qui, par 
les détails et les déductions, rendra sa leçon aussi fructueuse 
qu'attrayante. 

Il n'est donc pas étonnant que Ton voie se multiplier les 
manuels. Ne nous plaignons pas de cette abondance : elle 
atteste chez nos professeurs des habitudes laborieuses et le 
louable désir de faire porter le meilleur fruit à leur enseigne- 
ment. Cette multiplicité présente d'ailleurs le grand avantage 
de fournir au maître l'outil qui lui convient, en lui permettant 
de choisir, parmi les livres classiques, celui qui répond le mieux 
à sa propre façon de comprendre et de traiter son enseignement. 
Il importe, en effet, que celui-ci puisse n'être que le développe- 
ment du texte et n'en soit pas le continuel redressement, ce qui 
mettrait l'élève dans la fâcheuse alternative de se défier de son 
livre ou de son professeur. 

Rien n'est plus difficile que de faire un bon manuel d'his- 
toire, si l'on songe qu'il doit présenter un tableau concis 
et judicieux des faits où les choses secondaires disparaissent 
devant les principales. Ses qualités maîtresses doivent être 
Y exactitude et la précision. Il s'en suit qu'il y va de l'intérêt de 
tous de soumettre les ouvrages de ce genre à une critique à la 
fois sérieuse et bienveillante, qui, tout en applaudissant aux 
intentions ou aux mérites de l'auteur, lui signale les défauts à 
corriger ou des améliorations à introduire. 




COMPTES BENDUS. 



321 



MM. Lallemand et Mouzon n'en sont pas à leur coup d'essai, 
et le livre qu'ils viennent de publier est le sixième qui sort de 
leur active et féconde collaboration. Les premiers étaient des- 
tinés à certaines classes déterminées, ou bien à des écoles 
moyennes ou primaires ; celui-ci est annoncé comme étant « à 
l'usage de l'enseignement du 1 er et du 2 d degré » . Nous éprouvons 
quelque surprise à ce sujet, comprenant difficilement que le 
même manuel puisse servir à ces deux fins. Nous verrons 
plus loin si nous aurons à revenir sur cette impression. 

L'ouvrage est divisé en treize sections. La première traite de 
V époque préhistorique; les quatre dernières de la domination 
française (1794-1814), du régime hollandais, de la Belgique 
indépendante y et de la Constitution de 1831. Les huit autres 
divisions sont conformes à l'usage généralement adopté. 

Sans vouloir condamner le plan suivi par les auteurs, nous 
tenons cependant à leur soumettre quelques observations. Pour 
ce qui concerne les temps préhistoriques, la domination franque, 
les périodes féodale et communale, nous ne pouvons que répéter 
ce que nous avons déjà dit, dans cette Revue, à propos du livre 
de M. Roland ! . D'ailleurs, sur le dernier point les auteurs nous 
donnent raison eux-mêmes, puisqu'ils disent à la page 98 : 
« de ce qui précède, il résulte que les communes ne constituent 
» pas, même à l'époque de leur complet épanouissement, une 
» phase nouvelle et distincte dans notre histoire : elles faisaient 
» partie intégrante du système féodal et y introduisaient un 
» nouvel élément de complication ». 

Les auteurs ont eu l'excellente idée de présenter, au milieu 
ou à la fin de chacune des principales périodes, un tableau 
d'ensemble retraçant, à grands traits, la situation politique du 
pays ou l'état général de la civilisation. Tels sont les chapitres 
intitulés : des trêves de Dieu et des Paix publiques ; — la Bel- 
gique après les croisades ; - - Coup-oVœil sur la vie intérieure des 
communes ; — état de la civilisation à V époque des ducs de Bour- 
gogne-, — V époque de Charles-Quint ; — Coup-oVœil sur le XVII* 
siècle. Complétés et vivifiés par la parole du maître, qui saura 
y ajouter ce qui leur manque parfois au point de vue de l'exac- 
titude scientifique, ils pourront faire le sujet d'une intéressante 



Revue de Vlnstr. publ. tome XXVII, p. 58. 




322 



COMPTES RENDUS. 



étude comparative sur les tranforinations de notre vie sociale 
et politique aux différentes époques de l'histoire. 

Nous aimons moins les chapitres intitulés la Féodalité et les 
communes (pp. 51 et 95), qui servent, l'un et l'autre, d'intro- 
duction aux époques féodale et communale. Il nous semble qu'ils 
seraient mieux à leur place dans un manuel d'histoire du moyen- 
âge, où, par suite de l'impossibilité de traiter à part l'histoire 
de chaque pays, il faut bien s'en tenir à des généralités. Sans 
doute, ils sont bien faits et exacts dans l'ensemble ; mais il s'y 
rencontre aussi des détails qui ou bien ne s'appliquent pas à 
notre pays, ou bien sont absolument controuvés. C'est surtout 
dans le chapitre relatif aux communes que nous avons à signaler 
ces erreurs. Ainsi, nous ne pouvons admettre sans réserves la 
distinction établie par les auteurs entre les trois espèces de 
chartes (p. 97). D'autre part, s'ils ont raison de dire que « la 
ville-commune était, au « point de vue du droit public, un être 
» collectif placé vis à vis du prince dans une situation analogue 
» à celle des seigneurs féodaux », — l'assertion qu'elle « pouvait 
» perdre ses privilèges pour crime de félonie » nous semble 
hasardée à l'excès. Enfin, nous devons signaler surtout la phrase 
suivante : Y administration « était contiéç à des magistrats mu- 
» nicipaux choisis parmi les habitants et formant le commun 
» conseil, qui se composait de vingt-quatre membres élus par la 
» commune ». Nous avons déjà eu l'occasion de signaler la 
même erreur 1 , et nous nous demandons où les honorables 
auteurs sont allés puiser cette étonnante assertion. Est-il besoin 
de rappeler ici que les échevins étaient à la fois juges et admi- 
nistrateurs? Veut-on parler peut-être des assemblées populaires, 
qui sous le nom de Collace, grande commune, large conseil, etc. 
apparaissent à la période démocratique de nos communes? 
Mais on ne saurait ignorer que le nombre de leurs membres et 
leur mode de composition variaient d'une localité à l'autre. — 
Et un peu plus loin (p. 100), nous demanderons à MM. L. et 
M. comment ils peuvent avancer des propositions comme celle- 
ci : « le commerce, affranchi des péages de toute nature (c'est 
» nous qui soulignons) qui, sous le nom de barrières, de ton- 
» lieux, de droits d'étape, en paralysaient le libre essor, fit 



1 Revue de l'Instr. publique, tome XXVII, p. 60. 




COMPTES RENDUS. 



323 



• affluer, etc. » — « tout ce qui intéressait l'administration de 
» la commune était réglé par des magistrats (nous soulignons 
» encore) issus de f élection, ou désignés par le peuple lui-même, 
» convoqué, pour émettre son avis, sur la place publique, au son 
» de la cloche du ban! » — Ce que les auteurs disent des quatre 
confréries militaires (p. 102) s'applique-t-il à toutes les grandes 
communes du pays ? — Est-ce que le tableau qu'ils tracent de 
l'influence des communes (p. 103) n'est pas empreint d'un opti- 
misme un peu exagéré? — Et puisque nous sommes sur ce 
chapitre, il est absolument inexact de dire qu'en 1300 » les gens 
de métier avaient obtenu la prépondérance « au sein des com- 
» munes » — Il aurait suffi d'un peu d'attention pour éviter 
» ces imperfections. 

Les cartes explicatives insérées dans le texte sont générale- 
ment bien faites, et suffisamment claires. Nous estimons toute- 
fois que celles qui représentent la Gaule à t époque de Clovis, 
V empire de Charlemagne et le royaume des Pays-Bas sont d'une 
utilité contestable. Dans celle de la Lotharingie (p. 70), les 
divisions devraient être plus nettement marquées. Celle qui 
nous montre la Belgique sous la domination française est-elle 
bien exacte dans sa partie septentrionale? Enfin, nous deman- 
derons pourquoi, dans la carte intitulée : les Pays-Bas espagnols 
et les Provinces- Unies, les premiers portent le nom à 1 États de 
la Fédération d'Arras ? — Quant à la grande carte, représentant 
la Belgique féodale, elle manque tout-à-fait de clarté ; mais il 
serait facile de remédier à ce défaut en la coloriant à teintes 
plates. 

En ornant leur livre de vignettes, les auteurs ont voulu sans 
doute se conformer à l'excellent précepte pédagogique qui re- 
commande de s'adresser à la fois aux yeux .et à l'esprit de 
l'élève. Rien de tel, en effet, qu'un dessin bien fait, pour faire 
comprendre et saisir les choses, surtout lorsqu'il s'agit de décrire 
un objet d'art ou un monument. Mais pour que ce but éminem- 
ment utile soit atteint, il faut que les illustrations soient par- 
faitement exécutées, et surtout bien choisies. Or, sous ce dernier 
rapport, nous avons le regret de dire aux auteurs qu'ils n'ont 
pas été particulièrement heureux. Les vignettes qui représen- 
tent un château féodal, un chevalier, un moine, un pèlerin et 
nos rois Léopold I et Leopold II, sont absolument puériles, et 
partant de nature à faire tort à leur livre en lui donnant un 
aspect enfantin qui ne cadre pas avec sa valeur réelle. 




324 



COMPTES BENDUS. 



Par contre, les tables généalogiques, placées à la fin de l'ou- 
vrage, seront très utiles aux élèves pour se reconnaître dans 
le dédale généalogique des familles souveraines. Une seule 
observation : nous aurions préféré, là où il n'y a pas filiation 
directe, voir mettre à côté du nom les mots frère, neveu, etc., 
de manière à faire saisir comment la principauté a été transmise. 

Nous n'avons également que des éloges à donner aux « Notions 
sur la Constitution » qui terminent l'ouvrage. C'est court et sub- 
stantiel. Nous relevons cependant une omission : il n'est pas dit 
que la cour de cassation juge les ministres. 

Ces diverses observations ne nous empêchent pas de recon- 
naître et de répéter que le plan dé l'ouvrage est bien conçu. Il 
atteste chez les auteurs, non seulement un savoir réel, mais une 
longue et judicieuse pratique de l'enseignement. L'exécution 
en est, sous plusieurs rapports, également digne d'éloges : le 
récit, clair et substantiel, est souvent relevé par des détails 
intéressants ou des aperçus ingénieux; en un mot, il est agréable 
à lire. Aussi n'avons nous guère de critiques à formuler au 
sujet du style. Nous signalerons, en passant, une tournure peu 
correcte : « ils conçurent de leurs forces une confiance aveugle, 
dont les conséquences etc. (p. 136), — l'emploi abusif de marier 
pour épouser (l re table généalogique) - et quelques fautes 
typographiques : Eerlijke vrede pour heerlijke vrede (p. 76), 
l'an mille pour l'an mil, Bouvignes pour Bouvines (p. 115), con- 
serva pour conservât, Mandragon pour Mondragon (p. 243), 
Conseil de guerre pour Conseils de guerre (p. 103). Enfin nous 
ne savons pourquoi les auteurs décorent d'un accent circonflexe 
Louis de Maie et la Maie St-Martin. 

Ces qualités de composition et de style sont sans doute pré- 
cieuses dans un livre classique. Malheureusement, l'ouvrage de 
MM. L. et M. pèche, en maints endroits, au point de vue de la 
précision, et parfois même de la vérité historique. A côté d'un très 
petit nombre de fautes graves constituant de véritables erreurs, 
il y a bon nombre d'inexactitudes, d'indications incomplètes, 
d'assertions erronées ou contestables. Nous reconnaissons 
volontiers que beaucoup de ces imperfections proviennent, en 
quelque sorte forcément, de la grande concision du récit et que 
l'enseignement oral du maître les redressera aisément. Si nous 
les signalons, ce n'est point pour le vain plaisir de faire étalage 
d'érudition; c'est parceque nous ne saurions trop répéter que, 




COMPTES RENDUS. 



325 



dans un livre de classe, la qualité maîtresse doit être l'exac- 
titude. Nous le faisons d'autant plus tranquillement, que, dans 
beaucoup de cas, il suffira de légères retouches, d'un mot ajouté 
ou retranché, pour faire disparaître ces imperfections. Ceci dit, 
nous allons passer en revue les principaux points que nous 
voulons recommander à l'attention des auteurs. 

I. — Nous ne reviendrons pas sur les observations que nous 
avons faites relativement aux communes, mais nous sommes 
étonnés de voir les auteurs répéter les erreurs en quelque sorte 
stéréotypées relativement à Jacques Van Artevelde. Pour eux, 
le capitaine gantois est toujours Ruwaart de Flandre; il est le 
gendre de Sohier le Courtraisien ; il « conçut l'idée de faire 
» prononcer la déchéance du comte et de le remplacer par un 
» des fils du monarque anglais »; il est assassiné par Gérard 
Denys. — Dans la période espagnole, nous avons à relever éga- 
lement deux erreurs graves. MM. L. et M. confondent avec le 
conseil privé la consulte formée de Granvelle, de Viglius et de 
Berlaymont; parmi les autres membres du Conseil d'État, ils 
font de Philippe de Staden, Seigneur de Glayon et de Philippe de 
Montmorency, comte de Homes, un seul et même personnage 4 . 

— Nous lisons, à la page 232, que le conseil des troubles était 
presqu' exclusivement composé d'espagnols : la vérité est que, des 
douze membres du tribunal, trois seulement étaient espagnols : 
del Rio, Rhoda et Vargas. 

II. — Beaucoup d'autres inexactitudes sont encore à signaler. 
Nous allons les relever, à fur et à mesure qu'elles se présentent 
dans le texte, sans chercher aies classer par rang d'importance; 
plusieurs d'entre elles ne sont que de simples inadvertances. 

— (P. 38) « Carloman paraît avoir été sacrifié » il faudrait 
dire la famille de Carloman, etc. — En retraçant l'organisation 
carolingienne impériale, il n'y a guère lieu de parler de duchés, 
(p. 141), et il faut dire centenies ou (et non et) vicairies, les 
deux termes étant synonymes. — (P. 77) Baudouin VII se réserva 



1 En parlant des institutions de Philippe-le-Bon, les auteurs ont encore 
fait une confusion du même genre. En effet, ils parlent, sans dire ce que 
c'était, du Grand Conseil privé. Nous leurs ferons observer qu'ici grand et 
privé sont deux termes qui s'excluent. En réalité, il y avait le Grand Con- 
seil (qu'il ne faut pas confondre avec le Grand Conseil ou Parlement de 
Malines) et le Conseil privé. 

TOME XXVII. 23 




320 



COMPTES RENDUS. 



à lui seul le droit de chasse. — Que vient faire dans le Traité 
de Melun la prétendue clause relative au comté de Namur? — 
Robert d'Artois était le cousin et non le beau- frère de Philippe- 
le-Bel ; et, à ce propos, nous trouvons singulière l'idée de qua- 
lifier Charles de Valois, frère du monarque, par la simple 
dénomination de gentilhomme français. — Ce fut Philippe V 
le Long qui conclut la paix de 1320 avec les Flamands, et non 
Philippe-le-Bel (mort en 1314). — Charles-Quint est né le 25 
et non le 15 février 1500, et il est inexact de dire que, « le 25 
octobre 1 555, il renonça à la couronne d'Espagne et à la sou- 
veraineté du Pays-Bas » : ce fut cette dernière seule qu'il ab- 
diqua. — Page 219, au lieu de la Chambre des Comptes, il faut 
les Chambres 'il y en avait trois). — A la page 230, il est dit 
que : « les deux députés périrent en Espagne dans des circon- 
» stances criminelles, révélées, il y a peu d'années, par les 
» archives du donjon de Simancas » : cela n'est avéré que pour 
Montigny, et non pour de Berghes. — Ce ne fut pas un mois 
après, mais cinq jours avant la Pacification que don Juan arriva 
à Luxembourg. - Ce fut après, et non avant le coup d'état de 
ce dernier, que le prince d'Orange entra à Bruxelles. — Ce fut 
contre V armée des États, et non contre les troupes de Jean 
Casimir et du duc d'Alençon que don Juan combattit à Ryme- 
nam. — Maurice de Nassau, à la mort de son père, avait dix- 
sept et non vingt-sept ans; donc, il ne s'était pas déjà révélé, 
mais il se révéla comme un général accompli. D'autre part, 
quand les auteurs disent que les États lui conférèrent le pouvoir, 
ils emploient un terme évidemment impropre. — Enfin, à la 
page 255, nous constatons encore une erreur notable : le comte 
de Warfusée, y est-il dit, « prpscrit de la ville, avait espéré 
» rentrera ce prix en grâce auprès de l'évêque ». Le fait est 
que, condamné aux Pays-Bas pour malversations et exécuté en 
effigie à Bruxelles, Warfusée avait trouvé asile et bon accueil 
à Liège et que, désireux d'obtenir sa grâce du gouvernement 
espagnol, il avait espéré s'assurer auprès de lui l'appui de 
Ferdinand de Bavière en délivrant celui-ci de La Ruelle par 
un meurtre. — Disons enfin, pour terminer cette énumération; 
que le désir d'être concis à amené les auteurs à présenter un 
certain nombre de faits importants d'une manière trop som- 
maire, voire incomplète, parfois même inexacte. Tel est le cas, 
entre autres, pour Jacqueline de Bavière, Hugonet et Humber- 




COMPTES RENDUS. 



327 



court, le Sanglier des Ardennes, la captivité de Maximilien à 
Bruges, la Concession Caroline, l'expédition de Requesens contre 
la Zélande, Tédit perpétuel de Marche-en-Famenne. — Dans 
l'histoire de Charles-le-Téméraire, les auteurs disent (p. 186) 
qu'il « parvint à faire reconnaître ses droits éventuels à l'empire 
d'Allemagne » . Le dernier mot est de trop, et la phrase est am- 
biguë. Il vaudrait mieux, nous semble-t-il, dire : il parvint à se 
faire attribuer des droits éventuels, etc. — Enfin, on ne voit 
pas comment ni pourquoi il alla faire la guerre aux Suisses. 

III. Il nous reste à signaler aux auteurs quelques assertions 
erronées ou discutables. Nous rangeons parmi les premières 
celles qui suivent. — (P. 117) « puis, après s'en être séparée 
sous prétexte qu'il avait jadis reçu les ordres religieux, » etc. 
Nous ferons observer que ce n'était pas un prétexte, mais un 
motif de droit parfaitement valable. — « Le Limbourg fut réuni 
» au duché » (p. 1 27; et « le règne de Jean-le- Victorieux avait 
» procuré au duché, outre un accroissement considérable de 
» territoire » (p. 136). Le Limbourg fut si peu réuni au Brabant 
qu'il conserva ses lois, ses états, son organisation particulière ; 
la victoire de Woeringue n'amena entre les deux pays que ce 
qu'on appelle aujourd'hui une union personnelle. — Enfin 
(p. 296), la phrase : « Le lendemain des funérailles royales, le 
» 17 décembre, il fut proclamé roi des Belges, dans une assem- 
» blée des deux chambres » prise à la lettre, constitue une 
hérésie constitutionnelle. Aux termes de notre pacte fondamen- 
tal, la royauté est héréditaire, et Léopold II, en prêtant serment 
devant les deux Chambres réunies, prit simplement possession 
de ses pouvoirs constitutionnels, et fut, comme on disait an- 
ciennement, inauguré . 

Comme assertions hasardées ou contestables, nous avons 
également plusieurs exemples à citer. — (P. 59) St. Hubert, 
fils d'un duc d'Austrasie? — (P. 66) « Robert- le-Frison avait 
» embrassé le parti du pontife (Grégoire VII) contre le clergé. 
» Il était doué de sentiments très religieux. » Le fait d'avoir 
voulu, à deux reprises, imposer un évêque de son choix à 
Terouenne, et celui d'avoir soumis le clergé à l'onéreux droit de 
dépouille ne plaident pas complètement en faveur de cette thèse. 
— (P. 108) « C'est pendant le règne de Robert II de Jérusalem 
» que la plupart des villes flamandes obtinrent leurs premiers 
» privilèges municipaux » [?] — (P. 157) Une bataille sanglante 




328 



COMPTES RENDUS. 



eut lieu dans les rues de Gand [?] — La bourse « se tint d'abord et 
» longtemps dans la rue, devant la maison de la famille Van 
» der Beurse, d'où elle paraît avoir tiré son nom » (p. 181). 
Nous renvoyons les auteurs à l'intéressante étude de M. Ch. 
Verschelde sur les noms des rues et des maisons de la ville de 
Bruges. Ils y verront que la maison des Van der Beurse fut bâtie 
en 1453, et que la bourse ou réunion des marchands existait 
sans doute bien longtemps auparavant. — (P. 162) « La boussole 
» n'étant pas encore appliquée aux navires » (au 14 e siècle?) — 
Les auteurs parlant, à la page 165, des hôtels de ville et des 
beffrois, disent que les plus remarquables, construits ou com- 
mencés sous le régime communal, sont ceux de Bruges, de Gand 
et d'Ypres. S'il s'agit des beffrois, ils ont raison; pour ce qui 
est des hôtels de ville, ils se trompent en ce qui concerne celui 
de Gand qui ne fut commencé qu'en 1518. — La date de la con- 
struction de Péglise de St. Bavon à Gand n'est également pas 
exacte. — (P. 179) « En déguisant son despotisme sous les dehors 
du faste et des grandeurs, si contraires aux habitudes modestes 
et sérieuses de nos ancêtres, Philippe-le-Bon » etc. Que sous 
ce prince les habitudes de luxe se soient étendues et généra- 
lisées, d'accord; mais elles existaient antérieurement à lui, tant 
parmi le peuple qu'à la cour de nos divers souverains locaux. — 
Nous n'oserions pas l'affirmer, mais nous sommes tentés de croire 
que le landjuweel d'Anvers, dont les auteurs font honneur à l'épo- 
que bourguignonne devrait être reporté au siècle suivant, peut- 
être bien à l'année 1561. — Les États généraux « lui donnèrent 
pour époux Maximilien d'Autriche » (p. 192). — Les États- 
généraux n'eurent aucune part à la négociation de ce mariage 
qui fut conduite principalement par la duchesse douairière 
Marguerite d'York. — « Il n'y eut que la principauté de Liège 
» qui conservât son indépendance, et encore était-elle, de fait 
» soumise à l'autorité du pouvoir central » . C'est beaucoup dire 
et l'assertion est trop absolue; qu'est-ce d'ailleurs que ce pou- 
voir central, à propos de Liège ? Nous savons bien qu'il s'agit 
ici du Gouvernement des Pays-Bas, mais encore faut-il le dire. 
— Pour terminer, nous relevons, comme une simple inadver- 
tance et sans y attacher autrement d'importance, la phrase 
suivante (4 e croisade : p. 83) « le passé avait montré combien 
» il était nécessaire pour garantir le succès de l'avenir, d'avoir 
» en Asie un empire chrétien comme base d'opération ». 




COMPTES RENDUS. 



329 



IV. — Enfin, les auteurs ont quelque fois des exagérations 
de pensée et de langage qu'il importe de rectifier dans l'intérêt 
de la vérité historique. — (P. 198) « Les grands eussent rougi de 
savoir lire et écrire. » [Comment, en plein quinzième siècle?] — 
(P. 224) « La Belgique était unifiée, soumise au même régime, 
» aux mêmes lois »; — quelques lignes plus loin : «le pouvoir 
» absolu triomphant » (!) ; — et à la page suivante : « le manque 
» de sécurité pour les habitants paisibles, obligés de se con- 
» struire des maisons comme des forteresses, etc. » tout cela 
au temps de Charles-Quint ! 

Ces observations critiques, plus nombreuses qu'importantes, 
témoignent de l'attention avec laquelle nous avons examiné le 
livre de MM. Lallemand et Mouzon ; elles ne nous empêcheront 
pas de reconnaître qu'il est bien fait. Expliqué et commenté 
par un maître capable, il pourra être utilement employé pour 
l'étude élémentaire de l'histoire nationale. Nous ne faisons nulle 
difficulté pour dire que beaucoup de ces remarques n'auraient 
pas de raison d'être si l'ouvrage était seulement destiné à l'en- 
seignement moyen du second degré et aux classes inférieures 
des athénées et collèges. Mais, comme nous l'avons dit en com- 
mençant cet article, il est présenté comme devant servir pour 
le cercle entier de renseignement secondaire. Force nous est 
de faire à cet égard des réserves expresses. A notre avis, ce 
manuel ne satisfait pas assez aux exigences qu'on peut formuler 
pour un livre destiné à des élèves de rhétorique. Il manque de 
précision scientifique dans l'exposé des faits et n'est pas assez 
complet dans ses parties essentielles. La lutte des communes de 
Bruges et de Gand contre Philippe-le-Bon, la révolte de Gand 
sous Charles-Quint sont racontées d'une façon par trop sommaire. 
L'insurrection des Pays-Bas, depuis le départ de Philippe II 
jusqu'à la capitulation d'Anvers, tient en quinze pages; toute 
l'histoire du XVI e et du XVII e siècle n'en occupe que trente- 
cinq. Nous reconnaissons très volontiers que le récit de ces 
dramatiques événements est vivement mené : très suffisant pour 
les deux premiers cours concentriques, il nous semble n'être 
ni assez détaillé ni assez approfondi pour les classes supé- 
rieures. Au surplus, nous pouvons dire la même chose de l'ou- 
vrage tout entier. 




330 



COMPTER RENDUS. 



Nous ignorons si les auteurs croiront devoir se rallier à notre 
appréciation; ce <|ue nous savons, c'est qu'ils ont l'expérience 
et le talent nécessaires pour réussir, avec un peu de soin et 
d'attention, à faire un bon manuel d'histoire nationale. 



Studien und Forschungen auf dem Gebiete der home- 
rischen Gedichte und ihrer Literatur von D r H. K. 

Benicken. Innsbruck, Wagner, 1883. CCXLVII — 1312 pp. 
in-8°. 

M. Benicken n'est pas un inconnu pour nos lecteurs. Il a 
fourni à la Revue de V Instruction 'publique plusieurs articles 
intéressants, et l'on a rendu compte ici même de quelques-uns 
de ses ouvrages. On sait que -M. Benicken s'est consacré à 
l'étude de la question homérique. Disciple de Lachmann, il s'est 
proposé de mettre en pratique et de développer la fameuse 
théorie de son maître, la Lieder -Théorie. Le volume qu'il vient 
de publier traite du 12 e et du 13 e poème (lied) de la Colère 
d'Achille contenus dans les chants XIII, XIV et XV de l'Iliade. 
M. Benicken a réuni, discuté et passé pour ainsi dire au crible 
tout ce qui a été écrit sur la matière depuis Fr. Aug. Wolf. 

Les érudits allemands ne se rebutent pas facilement ; il n'est 
guère de tâche, si pénible et si minutieuse qu'elle soit, qui soit 
de nature à les faire reculer. Nous doutons cependant que, 
même dans son pays, M. Benicken trouve beaucoup d'imitateurs. 
La somme de travail qu'il a dû dépenser pour amasser et coor- 
donner ses matériaux et pour rédiger ce livre de plus de quinze 
cents pages, est véritablement effrayante. On peut faire ses 
réserves sur la théorie qu'il a embrassée, on peut critiquer la 
composition de l'ouvrage, trouver à redire à certains détails, 
mais on ne peut refuser un témoignage d'estime et de sympathie 
au philologue qui, dans une petite ville de l'Allemagne du Nord, 
au milieu des travaux du professorat et d'obstacles de toute 
sorte, a déployé une pareille activité et a fait preuve d'un pareil 
dévouement à la science. 

L'auteur, dans sa préface, reconnaît lui-même, avec une rare 
et touchante modestie, les imperfections de son œuvre. Il avoue 



P. J. WOUTEBS. 




COMPTES RENDUS. 



331 



qu'on y trouvera peu de chose de neuf et qu'elle laisse à désirer 
au point de vue de la forme. 

Les Studien und Forschungen ne sont, 1 en effet, ni commodes 
à manier 1 ni agréables à lire. Mais c'est une mine de renseigne- 
ments utiles, un répertoire indispensable à tous cçux qui dé- 
sirent approfondir la question homérique. 

Ce genre d'ouvrages ne se prêtant pas à l'analyse, nous devons 
nous en tenir à ces remarques générales. 



Étude lexicographique et grammaticale de la latinité de Saint 
Jérôme, par Henri Goelzkr, Maître de conférences à la Faculté des 
lettres de Paris, Docteur ès lettres. Paris, Hachette, 1884. Un vol. in-8° 
de XII-472 pp. 

L'étude vraiment scientifique de la grammaire des langues anciennes, 
si longtemps négligée en France, a reconquis dans ces dernières années 
une bonne partie du terrain perdu. Le livre de M. Goelzer est un témoi- 
gnage éloquent de cette renaissance. La solidité de la méthode, l'exac- 
titude des recherches, une science grammaticale étendue et sûre, un 
esprit de généralisation qui, tout en se maintenant dans de justes bornes, 
donne de la vie et de l'intérêt aux détails les plus minutieux et en 
apparence les plus arides, telles sont les qualités que nous sommes 
heureux de signaler dans cette Étude de la latinité de Saint Jérôme. 
Inutile de dire que M. Goelzer, qui a été à bonne école *, est au courant 
des travaux modernes qui, de près ou de loin, se rapportent au sujet 
qu'il a traité. 

U Introduction est destinée à caractériser la latinité de Saint Jérôme, 
à déterminer les différentes causes qui ont contribué à la former et 
les différents éléments qui la composent. Comme elle renferme en quel- 
que sorte la quintessence de l'ouvrage, on nous saura gré, pensons- 
nous, d'en faire une courte analyse. 

Pour se faire une idée juste de la langue de Saint Jérôme, il faut 



1 II n'y a point de division en chapitres, point d'arrêt ni de résumé dans 
cet énorme volume. Mais les en-tête des pages facilitent un peu les re- 
cherches. L'auteur promet, du reste, de donner au public un index détaille, 
qui formera un fascicule à part. 

* M. Goelzer est l'élève de Charles Thurot. Il a dédié son livre à 
M. Benoist , qui , par ses encouragements et ses conseils , a remplacé 
ce maître regretté. 



P. T. 




332 



COMPTES RENDUS. 



étudier non-6eulement ses écrits littéraires (Lettres, Vies des Saints, etc.), 
mais encore ses écrits théologiques. Sa latinité se révèle sous des aspects 
divers suivant qu'on la considère dans l'une ou dans l'autre de ces 
deux classes d'écrits. La première nous montre en Saint Jérôme le 
disciple de Donat et l'admirateur, l'émule de Cicéron et des autres grands 
écrivains latins; la seconde, le docteur chrétien, l'austère interprète 
de la parole divine, moins soucieux de bien dire que de rendre avec 
précision et énergie des pensées nouvelles et des sentiments nouveaux. 
Chez le prêtre de Stridon , à la fois lettré et théologien , le génie chré- 
tien s'unit à la culture païenne; et le double caractère de ce puissant 
esprit se retiète jusque dans son langage. 

La révolution que le christianisme opéra dans la conscience des peu- 
ples entraînait nécessairement une révolution dans le vocabulaire. Il 
n'y a donc pas lieu de s'étonner si Saint Jérôme usa largement du 
néologisme. Les noms abstraits notamment abondent dans ses écrits ; 
en cela, d'ailleurs, il n'a fait que suivre une tendance à laquelle le 
latin obéissait depuis longtemps et que se conformer à un besoin réel, 
celui d'exprimer les idées spéciales à la philosophie et à la théologie. 
Comme les autres Pères, il a admis en outre un grand nombre de 
mots grecs; mais beaucoup de ces termes, tirés des livres saints et 
relatifs aux principaux mystères de la religion chrétienne, étaient pour 
ainsi dire consacrés. Dans la création de mots composés, Saint Jérôme 
est loin d'avoir les mêmes scrupules que les écrivains latins de l'épo- 
que classique. On ne peut lui en faire un crime : ces mots, souvent 
expressifs et énergiques, furent des acquisitions durables pour la lan- 
gue et passèrent en partie dans les idiomes modernes. — L'influence 
du christianisme se manifeste non-seulement par l'accroissement du fonds 
de la langue, mais aussi par les changements dans la signification des 
mots. Ici, nous laissons la parole à M. Goelzer (p. 28-29) : 

« Parmi les changements de sens, les uns ont été imposés par les 
» besoins de la langue ecclésiastique et par une analyse plus complète 
« et plus pénétrante des idées et des sentiments humains; les autres 
» ont subi simplement l'influence qui pousse la pensée à renouveler 
» constamment son expression. Saint Jérôme emploie souvent les mêmes 
» mots que Sénèque , par exemple, mais il ne leur donne pas le même 
» sens; ce n'est pas plus extraordinaire que de voir Sénèque changer 
« la signification des termes cicéroniens dont il se sert. Au contraire, 
» la langue ecclésiastique a marqué d'un trait particulier les change- 
» ments qu'elle a introduits dans la signification des termes. 

» Pour désigner les idées religieuses, les auteurs chrétiens ne trou- 
» vaient en latin que des mots entachés de paganisme; il y avait là une 
» sérieuse difficulté à vaincre. Cette difficulté, les auteurs du Nouveau 
n Testament en grec l'avaient déjà rencontrée, et ils l'avaient sur- 
» montée en empruntant le grec parlé par les Juifs et en développant, 
» en approfondissant les anciennes significations. Comme l'avaient déjà 




COMPTES RENDUS. 



333 



» fait les Septante, ils prenaient un mot grec qui était la traduction 
» exacte d'un mot hébreu dans son sens premier, donnaient à ce mot la 
» même acception dérivée qu'avait reçue le mot en hébreu, et sur ce 
» sujet ils greffaient, pour ainsi dire, les nouvelles significations qu'ils 
» attribuaient au mot. Ainsi , dans le sermon sur la montagne, le mot 
» ôixaioffûvvj signifie aumône, mais comment? C'est que le mot hébreu 
» dont le sens premier est justice avait reçu le sens & aumône. De même 
« xfolfoç, traduction d'un mot hébreu qui veut dire frère, mais dans le 
» sens de issu de la même race, a pu être pris dans le sens chrétien, 
» c'est-à-dire appliqué à tous les hommes. 

» C'est x>ar une extension à peu près semblable du sens des mots 
» anciens que les écrivains chrétiens purent faire dire au latin ce qu'ils 
» voulaient. Le mot Dominus, par exemple, fut appliqué à Dieu, et de 
» là on tira l'adjectif dominicus; le mot passio, qui, dans la langue des 
» médecins, signifiait souffrance, maladie, fut exclusivement réservé 
» aux souffrances du Sauveur. Spiritus désigna V Esprit-Saint ; vita de- 
» vint synonyme de vita aeterna; tentare , tentatio prirent leur sens 
» spécialement chrétien , et judicium servit à exprimer l'idée du juge- 
v ment dernier, 

» Une autre source de néologismes d'expression très heureux fut four- 
» nie par la comparaison du christianisme à une loi nouvelle; un pareil 
» rapprochement devait bien se présenter à l'esprit d'un peuple aussi 
» ami de la science du droit que le peuple romain. De là tous ces termes 
» juridiques qui passent dans la langue chrétienne : praevaricare , prae- 
» varicatie, praevaricator , impraevaricabilis , etc. 

» Pour un Romain, le chrétien est aussi un soldat du Christ; de là 
» ces métaphores : disciplina, obéissance aux ordres de Dieu, discipli- 
» natus; tiro, tirocinium; rebellis ; refuga ; desertor, etc. » 

La syntaxe de Saint Jérôme a subi incontestablement l'action de la 
langue vulgaire ». La construction analytique se substitue fréquemment 
à la construction synthétique ; les cas ne paraissent plus suffisants pour 
marquer les rapports des noms entre eux et sont accompagnés de pré- 
positions, la proposition intinitive est restreinte par l'emploi de quod, 
quia, quoniam avec les verbes sentiendi et declarandi, etc. 



4 « Les pères de l'Église, dit fort bien M. Goelzer (p. 31), étaient 
»» entraînés, quoi qu'ils fissent, à se servir de la langue commune. 
» D'abord l'objet de leurs continuelles méditations, le Nouveau Testa- 
» ment, écrit en grec vulgaire, avait été traduit en latin vulgaire. 
» Avant de conquérir les hautes classes de la société, la religion nou- 
» velle n'avait-elle pas évangélisé les simples et révélé les choses du 
» ciel aux humbles et aux petits ? Puis les Pères , s'adressant très souvent 
» à des gens d'une éducation moyenne ou à un auditoire complètement 
» illettré, ne reculent pas devant l'emploi des mots et des tournures 
» populaires. » 



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334 



COMPTES RENDUS. 



Toutes ces innovations lexicographiques et grammaticales donnent à 
la langue de Saint Jérôme une physionomie moderne; ce n'est plus le 
latin pur, fidèle à ses origines nationales, c'est presque un idiome cos- 
mopolite. Mais, en dépit de ces irrégularités, on ne peut pas dire que 
Saint Jérôme écrive dans une langue incorrecte. Son commerce avec 
les grands modèles de la littérature latine l'a mis en garde contre la 
barbarie des expressions et des tournures. Des souvenirs classiques se 
rencontrent a chaque instant sous sa plume, et dans ses œuvres plus 
spécialement littéraires il fait preuve de goût et de respect pour la 
belle latinité. 

A la fin.de son introduction, M. Goelzer présente quelques obser- 
vations sur le style de Saint Jérôme. 11 note comme traits distinctifs 
de ce style la rapidité , les phrases courtes et détachées les unes des 
autres , la profusion des images , l'amour des saillies et des jeux de 
mois, le ton oratoire et la véhémence. 

Le corps de l'ouvrage de M. Goelzer est divisé en trois parties : 
la première est consacrée à la dérivation , la seconde à la flexion , la 
troisième à la syntaxe. M. Goelzer fait rentrer les changements de 
signification dans la dérivation, la formation des comparatifs et super- 
latifs dans la flexion. Nous ne pouvons approuver cette disposition : 
les changements de signification auraient dû être mis à part sous la 
rubrique Sêmasiologie ; quant à la formation des comparatifs et super- 
latifs, elle n'a rien de commun avec la flexion. Au lieu de réunir 
pour chaque classe de mots l'étude de la dérivation à celle de la com- 
position, nous aurions pris la dérivation et la composition comme divi- 
sions principales et nous aurions placé dans chacune d'elles les classes 
de mots comme subdivisions. Dans le chapitre de la syntaxe intitulé 
Observations sur V emploi des différentes parties du discours, nous ren- 
controns quantité de choses qui sont en réalité du domaine de la sêma- 
siologie , et d'autre part nous trouvons dans la dérivation des paragraphes 
(Adjectifs et participes pris substantivement , participes passés servant 
d'adjectifs) qui appartiennent plutôt à la syntaxe. Si l'ordre adopté par 
M. Goelzer nous semble sujet à critique, hâtons T nous d'ajouter qu'en 
pareille matière rien n'est plus difficile que de tracer un plan irré- 
prochable. 

Les fouilles patientes que M. Goelzer a faites dans les œuvres de 
Saint Jérôme lui ont permis de rectifier et de compléter en quelques 
points les études lexicographiques de ses prédécesseurs, parmi lesquels 
il convient de citer surtout MM. Quicherat et von Paucker. — Le cha- 
pitre sur les changements de signification contient beaucoup de remarques 
intéressantes et suggestives , pour employer un mot qui devient à la 
mode. — Pour la déclinaison et la conjugaison, Saint Jérôme n'offre 
qu'un petit nombre de particularités. — La syntaxe est traitée d'une 
façon assez développée; elle occupe près de cent cinquante pages. 
Néanmoins M. Goelzer, avec une modestie qui lui fait honneur, déclare 




COMPTES BENDUS. 



335 



(p. 437) qu'il doit y avoir laissé certaines lacunes; nous ne. sommes pas 
assez versé dans la grammaire de Saint Jérôme pour vérifier le fait. — 
Dans une courte Conclusion, l'auteur rappelle les idées qu'il a énoncées 
dans son introduction. — Une table analytique et un index alphabéti- 
que terminent le volume. 

M. Goelzer ne s'est pas contenté d'amasser des matériaux ; il a essayé 
d'élever un édifice, c'est-à-dire, sans métaphore, de composer un livre 
et de tirer des conclusions nettes des longues listes de mots et d'exem- 
ples qu'il a dressées. Cette tentative est des plus louables. Il faut des 
maçons, mais il faut aussi des architectes; et une œuvre largement 
conçue et exécutée comme celle de M. Goelzer est la bien venue au 
milieu de ce chaos de blocs informes qui encombre aujourd'hui le 
champ de la philologie. Cette œuvre n'est sans doute pas parfaite, 
l'auteur le sait mieux que personne; nous avons dit que l'ordonnance 
laissait à désirer et des critiques plus compétents que nous auront 
peut-être quelque chose à redire aux détails. Mais ce n'en est pas moins 
un travail sérieux et utile , digne d'être recommandé à tous les latinistes. 
11 leur fournira des renseignements précieux et des observations d'une 
portée plus générale que le titre ne le ferait supposer. 



Manuel d'archéologie étrusque et romaine, par Jules Martha, ancien 
membre des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, maître de confé- 
rences à la Faculté des Lettres de Lyon. Paris, A. Quantin, éditeur, 
7, rue Saint-Benoît. — Prix : 3 fr. 50, broché; 4 fr. 50, cartonné. 

Nous donnerons un compte rendu détaillé de cet intéressant ouvrage ; 
en attendant, nous reproduisons les lignes suivantes, pour le faire con- 
naître provisoirement : 

M. Quantin vient d'ajouter à sa Bibliothèque de l'enseignement des beaux- 
arts un nouveau volume, digne de ses devanciers et appelé à un égal succès. 
C'est un Manuel d'archéologie étrusque et romaine, par M. Jules Martha. 
L'auteur, qui a longtemps séjourné en Grèce et en Italie, était naturel- 
lement désigné pour un tel ouvrage. A la science de l'antiquité, science 
puisée aux meilleures sources et fortifiée par des observations personnelles 
faites au milieu même des ruines étrusques et romaines, il joint une qualité 
précieuse, qui semble parfois incompatible avec la science même, l'art de 
présenter les choses dans un langage clair et choisi. 

L'éveil de l'industrie et de l'art en Italie, l'influence de l'Orient apportée 
sur les côtes par le commerce, l'influence de -la Grèce se substituant peu 
à peu à celle de l'Orient, la naissance de l'art brutal et réaliste des Étrus- 
ques, art copiste dans ses procédés, mais original dans son esprit, enfin le 
développement de l'art romain considéré sous toutes ses formes (architec- 



P. Thomas. 




336 



COMPTES RENDUS. 



ture, peinture, sculpture, bronzes, céramiques, etc.), telles sont les ques- 
tions traitées par M. Martha. 

Nous avons ainsi l'exposé des progrès de la civilisation et de l'art en 
Italie depuis les temps préhistoriques jusqu'à la fin du monde antique, 
et ce tableau d'ensemble a d'autant plus de prix qu'on ne le trouverait 
nulle part, dans aucun ouvrage français ou étranger. 

Artistes, amateurs, gens du monde auront plaisir à lire cet élégant petit 
volume. Mais il s'impose tout particulièrement aux personnes qui voyagent 
en Italie ainsi qu'aux professeurs et aux élevés des lycées et collèges. Il a 
ce grand avantage de parler autant aux yeux qu'à l'esprit, grâce au choix 
heureux, à la variété, à la fidélité des illustrations, qui sont parmi les plus 
soignées et les plus fines. 



Elément! dl Geometria ad uso dei Licei per Aureliàno Faipoper, 

professore nel Liceo Marco Foscarini. Terza edizione migliorata. 
Venezia, Tipografia Emiliana, 1882. Un volume petit in- 8° de 536 
pages avec de nombreuses figures dans le texte. Prix : 4 francs. 

Les modestes Eléments de Géométrie de M. A. Faifofer dont nous 
venons de transcrire le titre sont, sans contredit, avec l'ouvVage immortel 
d'Euclide, le meilleur manuel de Géométrie élémentaire que nous con- 
naissions, tant au point de vue scientifique qu'au point de vue didactique. 
Un illustre géomètre italien, M. Beltrami \ a porté sur ce livre un juge- 
ment que nous ne pouvons mieux faire que de traduire ici pour nos 
lecteurs afin de leur donner une idée générale des Eléments de M. Faifofer. 

« Au point de vue purement didactique, dit-il, je crois que l'on ne 
peut faire aucune critique sérieuse de cet ouvrage. Il est rédigé avec 
soin jusque dans les moindres détails; les propositions sont arrangées 
dans l'ordre le meilleur, les démonstrations sont rigoureuses et l'auteur 
a partout gardé une juste mesure dans le développement des questions 
traitées. En un mot, c'est un excellent guide pour les élèves et pour les 
maîtres, qui peuvent néanmoins, à leur gré, donner plus ou moins 
d'importance à telle ou telle partie de la géométrie. 

Quant à la fidélité de l'auteur à la méthode euclidienne, on peut dire 
qu'elle est plus grande et, en tout cas, plus éclairée que chez d'autres 
auteurs qui s'asservissent davantage en apparence aux Eléments du grand 
géomètre grec. La théorie des proportions d'Euclide est réduite à des 
termes assez simples. A la vérité, afin de condenser davantage les nom- 



1 C'est M. Beltrami qui a enfin expliqué, il y a une quinzaine d'années, 
pourquoi le postulation d'Euclide est indémontrable par la géométrie 
plane. 




COMPTES RENDUS. 



337 



breuses propositions de cette théorie, nous aurions désiré que l'auteur 
eut conservé la définition euclidienne de la proportion, dans laquelle, 
ce nous semble, est exprimé avec une clarté admirable, le passage de 
la grandeur à la quantité. Mais, outre que cela est une simple vue 
personnelle, il faut bien ajouter que la pratique de l'enseignement élémen- 
taire peut faire préférer une définition autre que celle d'Euclide ». 

Au point de vue de la valeur scientifique du livre, la question prin- 
cipale étant celle du fameux postulat de la parallèle unique », nous nous 
contenterons de dire comment le professeur Faifofer, à cherché à con- 
cilier la rigueur absolue des principes avec les nécessités d'un enseigne- 
ment élémentaire. En premier lieu, il a, avec raison, exposé sans recourir 
à ce postulat, tout ce qui en est vraiment indépendant en géométrie 
plane 3 . De cette manière, un peu moins du premier quart de son livre 
ne contient que des déductions de principes absolument à l'abri de toute 
controverse 4 . 

L'auteur donne ensuite, au chapitre quatrième, la vraie définition des 
parallèles 5 et montre qu'il est nécessaire de recourir à l'expérience pour 
en déduire 6 un nouveau principe, non inclus dans les précédents, prin- 
cipe dont il fait ressortir la convenance et la simplicité. Evidemment 
il y a beaucoup de manières d'introduire le postulat de la parallèle 
unique et l'auteur en a choisi une que, sans aucun doute, d'autres 
jugeront, comme lui, la meilleure, sans qu'il soit possible de décider 
d'une manière absolument sans appel, la question d'opportunité soulevée. 
11 est difficile de aussi dire, si après avoir introduit le postulat, il convient 
ou non, d'indiquer, fut-ce sans démonstration, les principales consé- 
quences de la négation de ce principe. Le professeur Faifofer s'en est 
tenu au premier parti et, sans vouloir émettre une opinion sur ce point 7 , 



1 Nous nous séparons ici de M. Beltrami pour nous ranger à l'avis 
de M. Faifofer. Comme on verra plus bas, la définition d'Euclide est, 
dans la forme, plus abstraite que celle du savant professeur italien, et au 
fond, elles sont équivalentes. 

* Il y a une seconde question aussi importante au moins, celle de la 
mesure de la circonférence et des corps ronds. 

3 Et aussi, en géométrie solide. 

4 En tenant compte de la géométrie solide, deux septièmes. L'analyse 
prouve que les déductions euclidiennes sont aussi à l'abri de toute contro- 
verse. Mais, on ne sait pas, si c'est la géométrie euclidienne ou quelque 
autre géométrie qui est réalisée dans le monde extérieur. 

5 C'est à dire, la définition de Lobatschewski. 

6 Déduction par idéalisation, bien entendu. 

7 Suivant nous, il est impossible de traiter cette question, dans l'en- 
seignement moyen, sans ébranler chez les élèves, la foi dans la géométrie 
euclidienne (P. M.). 



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338 



COMPTES RENDUS. 



je me contenterai fie dire que l'exposition de l'auteur est absolument 
correcte dans la présente édition (différente de la première sur ce point 
comme sur d'autres encore). D'ailleurs, d'ici à longtemps, on n'arrivera 
pas à l'unité dans l'enseignement des lycées, sur la question du postulat ; 
mais en tout cas, celle qui a été adoptée par le professeur Faifofer est 
absolument irréprochable. » 

Après cette appréciation générale de M. Beltrami, nous allons passer 
en revue les vingt-trois chapitres dont se compose l'ouvrage en signalant 
chemin faisant ce que nous y trouvons de plus remarquable. 

Planimétrie. T. Notions fondamentales. Le but de la géométrie ration- 
nelle, dit M. Faifofer, est de ramener les propositions relatives à l'espace 
à un petit nombre d'autres appelées postulats, à peu près évidents, 
résultats d'expériences idéalisées. Les postulats choisis par l'auteur sont 
ceux d'Euclide. Pour la droite, ce sont donc les deux suivants : 1° On 
peut faire mouvoir une droite autour d'un point de manière qu'elle passe 
par un autre point quelconque; 2° deux droites qui ont deux points 
communs coïncident dans toute leur étendue. Pour le plan, c'est celui-ci : 
si une droite a deux points dans un plan, elle y est toute entière et un 
plan tournant autour de deux de ses points peut passer par un troisième 
point quelconque. Implicitement , l'auteur admet, de plus, n° 59, que la 
droite est une ligne infinie et non rentrante, ce qui exclut la géométrie 
doublement abstraite de M. De Tilly. 

M. Faifofer fait remarquer que les deux propositions suivantes : On 
peut faire la somme de plusieurs droites ou de plusieurs angles, dans tel 
ordre que l'on veut, peuvent être regardées comme évidentes ; mais on 
peut aussi , si on le veut , les démontrer après que l'on a prouvé qu'il 
est possible de partager une droite ou un angle en deux parties égales, 
comme il l'indique en note, pour les professeurs qui voudraient pousser 
la rigueur jusque là. En général, les notes d'un caractère méthodologique, 
que l'on trouve çà et là dans l'ouvrage, sont frappées au coin du bon sens. 

La division de la droite et de l'angle en deux parties égales se trouvent 
dans le chapitre premier parmi les constructions fondamentales. Ces 
constructions fondamentales sont exposées comme il suit : 1° on peut con- 
struire un triangle avec trois côtés dont chacun est moindre que la somme 
des deux autres [Dans un premier enseignement de la géométrie, peut- 
être serait-il plus facile de dire simplement avec Euclide : on peut con- 
struire un triangle équilatéral, ce qui suffit pour la suite et est beaucoup 
plus facile à exposer pour les élèves]. 2° Lemmes. *) Deux triangles s'ont 
égaux, si a = a! , b = C = C, /S) dans un triangle isoscèle, les angles à 
la base sont égaux. Démonstration par renversement , et démonstration 
d'Euclide. 3° Diviser un angle en deux parties égales. C'est ici que 
l'auteur a vraiment simplifié l'enseignement élémentaire, parce qu'il ne 
s'appuie par sur le théorème de l'égalité de deux triangles qui ont trois 
côtés égaux. Voici comment il procède : Soit A(B)C l'angle à partager 
en deux parties égales. Sur le côté BC, soit pris BE égal à BD, longueur 




COMPTES RENDUS. 



339 



choisie à volonté sur BA. Sur ED comme base, construisons un triangle 
isoscèle DEF. D'après le second lemme, les angles B(D)E, E(D)F sont 
égaux aux angles B(E)D, D(E)F ; donc B(D)F = B(E)F. Les triangles 
BDF, BEF sont égaux comme ayant BD = BE, B(D)F = B(E)F, DF = 
EF, donc, etc. Il est aisé de démontrer ensuite que l'angle A(B)C n'a 
qu'une seule bissectrice. Nous avons ici une petite critique à faire. 
L'auteur dit en note : le sommet F du triangle DFE tombera à l'intérieur 
de l'angle A(B)C, car il n'y a pas de raison suffisante pour qu'il tombe 
sur un côté plutôt que sur l'autre , ou extérieurement à droite plutôt 
qu'à gauche. 11 vaudrait mieux, pour éviter une objection, raisonner 
comme il suit : Si le point F était en dehors de l'angle ABC, par exemple, 
du côté de BC où ne se trouve pas A, on aurait l'angle F(E)D plus grand 
que l'angle C(E)D, ou que l'angle égal A(D)E, lequel surpasse F(D)E; 
donc dans le triangle isoscèle FED, un angle à la base F(E)D surpasserait 
l'autre F(D)E. Cette démonstration s'appuyant sur l'égalité des angles à 
la base extérieure du triangle isoscèle DBE, on doit supposer le lemme 
deuxième prouvé pour les angles à la base, extérieurs au triangle, comme 
chez Euclide. 4° Mener une perpendiculaire à une droite, par un point 
donné sur la droite , 5° ou extérieur. 6° Diviser une droite en deux 
parties égales. 7° Construire en un point d'une droite, un angle égal à 
un autre et ayant cette droite pour côté. L'auteur * aurait pu ajouter 
évidemment : 8° Construire un triangle égal à un triangle donné. 

Au point de vue théorique , ces constructions fondamentales sont indis- 
pensables pour pouvoir établir rigoureusement maints théorèmes ulté- 
rieurs; au point de vue pratique et didactique, elles permettent de donner, 
dès le début, les principes fondamentaux du dessin linéaire que, dans 
Legendre, on ne rencontre qu'après le second livre de ses éléments. 

La notation A(B)C pour désigner l'angle AB ayant pour côtés AB,BC, 
nous parait très heureuse parce qu'elle permet de remplacer les notations 
telles que angle ABC = angle MNP, par A(B)C = M(N)P, en supprimant 
le mot angle. Le plus souvent, il suffira, sur la figure, de chercher la 
lettre du sommet de l'angle, sans s'inquiéter des côtés, ce qui est facile, 
puisque les parenthèses la mettent en évidence. 

IL Angles et triangles, perpendiculaires et obliques. Comme Euclide, 
sauf pour l'égalité des deux triangles , qui ont trois côtés égaux, qui est 
traitée d'après Legendre. Inutile de dire que M. Faifofer, prouve que, 
dans un triangle , un côté est plus petit que la somme des deux autres. 
Sous ce rapport, même en France, on est revenu à la tradition euclidienne. 

III. Cercle. Rien de spécial. La question des positions relatives de 
deux circonférences ou d'une droite et d'une circonférence est traitée 
avec grand soin. 

IV. Les parallèles. L'auteur énonce le postulat sous la forme de Ger- 
gonne : Par un point, hors d'une droite, on ne peut lui mener qu'une pa- 
rallèle. 11 donne, en note, la définition de la parallèle due à Lobatschewski 
et, dans un appendice, prouve que l'on peut prendre pour postulat la 




340 



COMPTES BENDUS. 



proposition : il existe un triangle où la somme des angles est égale à deux 
droites. La démonstration du n° 214, relative à la somme des angles d'un 
polygone semble ne pas s'appliquer aux polygones à angles rentrants. 

V. Parallélogramme, points remarquables du triangle. VI. Angles 
inscrits dans le cercle, etc. Pas plus qu'Euelide et, avec raison, l'auteur 
ne traite Vinutile question de la mesure des angles par les arcs. 

VII. Equivalence des polygones, théorème de Pythagore, etc. La théorie 
de l'équivalence des figures est établie avec plus de rigueur que d'ordi- 
naire. Le théorème de Pythagore est démontré de trois manières diffé- 
rentes. Les conséquences en sont exposées sans recourir nullement à la 
théorie des proportions, il est à peine nécessaire de le dire. Le chapitre 
se termine par le partage de la droite en moyenne et extrême raison 
(sectio aurea) et par la division de deux droits en cinq parties égales. 
Peut être, la démonstration d'Euclide, pour la sectio aurea est un peu 
plus simple que celle de M. Faifofer. Le savant professeur vénitien fait 
remarquer, en note, page 194, que l'on admet au fond, ici un nouveau 
postulat, savoir qu'une figure ne peut être équivalente à une de ses parties; 
mais, dit-il, si l'on admettait pas cela, on pourrait d'une figure tirer une 
infinité de fois une autre , savoir la différence entre la figure donnée et la 
partie équivalente, et le reste serait toujours équivalent à la figure 
primitive, ce qui semble absurde. 

VIII. Polygones réguliers et figures polygonales régulières. 

IX. Proportions et proportionalité . Un des meilleurs chapitres du livre. 
On sait de quelle manière Legendre et ses continuateurs évitent (ou 
plutôt essaient d'éviter) de traiter ce sujet délicat : « Si on la proportion 
A * B \ \ C \ D, dit Legendre on sait que le produit des extrêmes est 
égal au produit des moyens. Cette vérité est incontestable pour les 
nombres; elle l'est aussi pour les grandeurs quelconques, pourvu qu'elles 
s'expriment ou qu'on les imagine exprimées en nombres et c'est ce qu'on 
peut toujours supposer : par exemple, si A, B, C, D sont des lignes, on 
peut imaginer qu'une de ces quatre lignes, ou une cinquième si l'on veut, 
serve de commune mesure et soit prise pour unité; alors A, B, C, D, 
représentent chacune un certain nombre d'unités , entier ou rompu, com- 
mensurable ou incommensurable et la proportion entre les lignes A, B,C,D 
devient une proportion de nombres. »> On voit que Legendre suppose : 
1° Une théorie purement arithmétique des proportions entre incommen- 
surables, ce qui certes est assez difficile. 2° Toutes les grandeurs que 
Legendre, dans son ouvrage, introduit dans des proportions, doivent 
préalablement être supposées exprimées en nombres, c'est-à-dire mesu- 
rées, et souvent ce sont ces proportions qui conduisent à la mesure même. 
Il y a là un cercle vicieux. Si l'on veut, croyons-nous, adopter cette marche 
dans l'enseignement, il faut s'inspirer de V Essai de M. de Tilly, qui, 
sur ce point, comme sur tant d'autres, a montré comment il faut procéder 
pour satisfaire aux exigences de la rigueur. 

Les anciens (et après eux, Newton, qui, sans doute, a employé la forme 



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COMPTES KENDUS. 



341 



géométrique dans ses Principes, pour rendre son livre inattaquable) ont 
procédé autrement. Ils ont fondé les éléments sur une théorie des pro- 
portions entre grandeurs géométriques qui est l'une de leurs plus belles 
créations scientifiques. Cette théorie est exposée dans le livre V d'Euclide 
et est fondée sur la définition suivante : « Quatre grandeurs A, B, C, D 
sont en proportion , si des mêmes multiples quelconques de la première et 
de la troisième sont égaux, supérieurs ou inférieurs simultanément à 
des mêmes multiples respectivement de la seconde et de la quatrième. » 
Autrement dit, quels que soient les entiers m et n, on doit avoir simul- 
tanément 

n A =• m B, n C = m D, 

ou 

n A ^> m B, n C > m D, 

ou enfin 

n A <( m B, n C < m D. 

M. Faifofer a pris une .définition différente, un peu moins abstraite. 
Pour lui, A est à B comme C est à D, si l'on a à la fois, quel que soit w, 



— B < A < g ^ D<C< !^ D . 

n n n ^ ^ n 

Il démontre rigoureusement, à partir de cette définition, les diverses 
propositions de la théorie des proportions entre grandeurs. La méthode 
de M. Faifofer, au fond, équivalente à celle des anciens, nous semble un 
peu plus simple au point de vue didactique. 

X. Segments proportionnels, dans le triangle, la circonférence. Au 
n° 390, nous remarquons le procédé de recherche d'une moyenne propor- 
tionnelle par les triangles isoscèles. Après le u° 388, nous aurions voulu 
voir exposer le procédé de recherche d'une quatrième proportionnelle par 
le compas seul (fondé sur Legendre, III, 32). XI. Similitude des polygones. 

XII. Aire des polygones. Le rapport incommensurable est ici défini 
avec soin. L'auteur, notons-le bien, n'avait nul besoin, au chapitre IX, 
de cette définition explicite. 

XIII. Rectification et quadrature approchée du cercle. Ce chapitre, à 
propos duquel l'auteur introduit la notion de limite, est extrêmement bien 
fait. M. Faifofer prouve qu'il existe une droite unique plus grande que 
le périmètre de tous les polygones inscrits au cercle, plus petite que le 
périmètre de tous les circonscrits et l'appelle, par définition, la longueur 
de la circonférence. Pour l'aire du cercle, l'auteur, se sert de la notion 
commune : figure plus grande qu'un polygone inscrit, plus petite qu'un 
circonscrit. 

TOME XXVII. 24 



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342 



COMPTES RENDUS. 



Stéréométrie. XIV. Plans et droites perpendiculaires. XV. Dièdres. 
XVI. Trièdres. Las questions relatives à ces trois sujets sont traitées 
sans intervention du postulat de la parallèle unique. L'existence d'un 
angle dièdre est prouvée par renversement en remarquant que l'on peut 
l'aire coinoider l'angle plan en un point A de l'arête avec l'angle plan 
en un point B, en les faisant venir l'un sur l'autre par rotation autour du 
milieu de AB. La somme des angles plans d'un angle polyèdre ou an- 
guloïde convexe étant moindre que celle des angles de l'anguloïde obtenu 
en prolongeant deux des faces de Panguloïde donné, ces faces étant séparées 
entre elles par une seule troisième, cette somme est moindre que la somme 
des angles plans a + £ + y d'un trièdre. On prouve, sans s'appuyer sur le 
postulat de la parallèle unique, que celle-ci est moindre que quatre droits, 
en remarquant que dans le trièdre ayant pour angles 2droits — a, 2droits 
— ,3, y, on a y < (2dr. — a) + (2dr. — l . Enfin M. Faifofer démontre, 
comme il suit, que deux trièdres qui ont leurs faces égales ont leurs 
dièdres égaux 1» soient deux trièdres ayant deux angles plans aigus et un 
troisième quelconque, égaux chacun à chacun. Dans l'un des trièdres, 
abaissons des perpendiculaires sur l'arête commune aux deux angles aigus 
de points choisis sur deux autres arêtes; du pied de ces perpendicu- 
laires le plus rapproché du sommet, ou d'un point plus rapproché, on 
pourra élever sur cette arête, deux perpendiculaires rencontrant les autres; 
de même dans le second trièdre; donc, etc. 2° Sur les arêtes SA d'un 
trièdre (S)ABC, prenons SA = SB = SC. Les trièdres (A)BCS, (B)CAS 
(C)BAS ayant leur sommets en A, B, C ont des faces aiguës le long de 
SA, SB ou SB. Donc, etc. 

XVII. Droites et plans parallèles. XVIII Prisme. Les questions d'équi- 
valence sont traitées avec plus de soin que d'ordinaire ; l'auteur s'en tenant 
strictement à la définition de l'équivalence ne peut évidemment pas 
s'appuyer sur des propositions telles que celles-ci : les moitiés de deux 
figures équivalentes sont équivalentes ; deux figures équivalentes restent 
équivalentes si l'on en retranche des figures équivalentes. XIX. Pyramide. 
L'équivalence (dans un sens plus général que précédemment) de deux 
pyramides de même hauteur et de base équivalente, est établie par le 
procédé d'Euclide et par celui de Legendre. XX. Polyèdres semblables. 
XXI. Volumes des polyèdres. 

Les deux derniers chapitres (XXII, XXIII) sont consacrés au cylindre, 
au cône et à la sphère. Ils sont de nouveau très bien faits au point de la 
rigueur des principes. On remarquera que l'ouvrage de M. Faifofer ne 
contient pas la théorie des triangles sphériques, qui, sans doute, ne fait 
pas partie de l'enseignement des lycées italiens. 

A la suite de la plupart des chapitres, on trouve des exercices dont 
les plus difficiles sont accompagnés d'indications destinées à en faciliter 



1 Ces démonstrations se trouvent aussi dans VEssai de M. de Tilly. 




COMPTES RENDUS. 



343 



la solution aux élèves. Il y en a mille en tout, sept cents sur la planimétrie, 
trois cents sur la stéréométrie. 

Ceux qui auront bien voulu nous suivre jusqu'au bout de cette longue 
analyse reconnaitront sans doute l'exactitude de l'appréciation de 
M. Beltrami et la nôtre : le livre de M. Faifofer est à peu près irréprocha- 
ble au point de vue didactique et au point de vue scientifique ; c'est un 
excellent Manuel de Géométrie élémentaire. 

1 er juillet 1884. P. Mansion. 



Eléments de Géométrie, par A. M. Leoendre, revus et mis en rapport 
avec les méthodes, scientifiques modernes, par Girard, capitaine en 
premier du Génie, Professeur à l'Ecole militaire, ancien Professeur 
de Mathématiques supérieures et de Mécanique. Edition conforme aux 
programmes officiels. Namur, Wesmael-Charlier, 1881. Un volume in-8* 
de XXVIII-255 pages, avec 406 figures dans le texte. Prix : fr. 3-50. 

Mémoire sur la Géométrie, précédée d'une théorie générale des sciences 
déductives, par Girard, Capitaine en premier du Génie, Professeur à 
VEcole militaire de Bruxelles. Namur, Wesmael-Charlier, 1881. Un 
volume grand in-8° de 165 pages. Prix : fr. 4-00. 

Nous signalons à nos lecteurs ces deux ouvrages, fondés sur des prin- 
cipes tellement différents des nôtres, que nous ne croyons pas pouvoir 
en faire un examen critique. P. M. 



Précis d'arithmétique théorique et pratique {texte flamand et texte 
français) par C. Bergmans, Docteur en sciences physiques et mathéma- 
tiques, Professeur à V Athénée et à l'Ecole normale des sciences de Gand. 
Gand, Hoste, 1884. Un volume in-8° de 343 pages. Prix : fr. 2-75. 

Une loi récente impose l'usage simultané de la langue flamande et de la 
langue française pour l'enseignement des mathématiques dans les éta- 
blissements d'instruction moyenne de l'Etat. Pour rendre possible 
l'exécution de cette loi, M. Bergmans a composé un Précis qui puisse 
servir de guide aux élèves auxquels l'une de nos deux langues nationales 
n'est pas encore très familière. 

Ce précis est un bon manuel d'arithmétique pratique. De nom- 
breux exercices bien classés suivent partout l'exposition sommaire des 
principes; de plus, dans le livre 111, ch. IV, on trouve cent problèmes 
de récapitulation, choisis par les questions des examens et des concours, 
et il y en a beaucoup d'autres encore, dans le questionnaire du chapitre 
suivant. Un résumé du calcul mental termine l'ouvrage l . 



1 Nous recommandons à nos lecteurs les considérations relatives à 
l'importance du calcul mental dont M. Bergmans a fait précéder l'exposé 
si pratique des procédés spéciaux de ce calcul. 




344 



COMPTES RENDUS. 



Au point de vue théorique, l'auteur s'est inspiré, en général, de princi- 
pes analogues à ceux de la Méthodologie de M. Dauge et nous n'ayons guère 
de critiques à faire sauf peut-être dans le chapitre de la division. 1° En 
premier lieu, il nous semble qu'il aurait fallu subdiviser l'exposé de la 
théorie, en un plus grand nombre de cas (43 : 8; 48857 : 8; 437 : 80; 
437 : 81 ; 43728 : 85). 2° Faire ressortir davantage que la division, 
qui est ici définie, avec raison, comme un partage, sert aussi à trouver 
combien de fois un nombre en contient un autre. Ce sont là les deux usages 
principaux de la division et le second aurait dû être mis en relief, au 
lieu d'être un peu perdu au milieu d'autres applications (n° 141) ». Mais 
ce sont là de petites taches, d'autant plus que l'auteur suppose partout 
la partie théorique de son livre complétée par l'enseignement oral et 
le nouveau Précis, fruit d'une longue pratique de l'enseignement élé- 
mentaire, sera sans doute très utile aux professeurs de sixième et de 
septième de nos athénées auxquels il est destiné. P. M. 



MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR ET DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Suppression de la section spéciale pour la formation de professeurs 
de sciences commerciales à l'école normale des sciences à Gand. 

Sur la proposition de notre Ministre de l'intérieur et de l'instruction 
publique , 

Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. l° p . Notre arrêté du 9 novembre 1880 est rapporté en ce qui con- 
cerne l'organisation à titre provisoire et d'essai d'une section spéciale pour 
la formation de professeurs de sciences commerciales à l'école normale des 
sciences de Gand. 

Sauf les cours donnés par M. Merten qui sont maintenus provisoirement, 
le prédit arrêté cessera d'être exécuté à partir de la fin de l'année scolaire 
1883-1884. 

Art. 2. Notre Ministre de l'intérieur et de l'instruction publique, chargé 
de l'exécution du présent arrêté, est autorisé à prendre les mesures néces- 
saires pour permettre transitoirement à l'élève de première année de se 
préparer à l'obtention du diplôme final. 



1 Dans le théorème du n° 123, il aurait fallu dire que la division doit 
se faire exactement. 



ACTES OFFICIELS. 




ACTES OFFICIELS. 



345 



ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. 

UNIVERSITÉ DE G AND. — PERSONNEL ENSEIGNANT. 



Par arrêté royal du 22 septembre 1884, M. De Bfabandere (Victor), pro- 
fesseur ordinaire à la faculté de droit de l'université de Gand , est chargé 
du cours de droit public, actuellement confié à M. Callier (Albert), profes- 
seur à la même faculté. 

M. Callier donnera le cours de droit commercial en remplacement de 
M. De Brabandere. 

Par arrêté royal de la même date, M. Nossent (Jules), professeur ordi- 
naira à la faculté de droit de l'université de Gand, est chargé de donner le 
cours de droit naturel, dont M. Seresia (Alfred), professeur extraordinaire, 
est déchargé. ' 

M. Seresia donnera le cours d'éléments de l'organisation judiciaire, de 
la compétence et de la procédure civile, en remplacement de M. Nossent. 

ENSEIGNEMENT MOYEN. 

ATHÉNÉES ROYAUX. — PERSONNEL ENSEIGNANT. — NOMINATIONS, 
DÉMISSIONS. , 

Par arrêtés royaux du 22 septembre 1884 ; 

1° M. Gérard (Eugène) est déchargé, sur sa demande, de ses fonctions de 
préfet des études de l'athénée royal de Liège et est admis à faire valoir ses 
droits à la pension. Il est autorisé à conserver le titre honorifique de ses 
fonctions ; 

2° M. Keiffer (D.), préfet des études de l'athénée royal de Namur, est 
nommé préfet des études de l'athénée royal de Liège, en remplacement de 
M. Gérard ; 

3° M. Harlaux (C.-C), préfet des études de l'athénée royal de Bouillon, 
est nommé préfet des études de l'athénée royal de Namur, en remplace- 
ment de M. Keiffer; 

4° M. Crutzen (G.) , professeur agrégé de l'enseignement moyen du 
degré supérieur pour l'histoire et la géographie, est nommé professeur 
dans les athénées royaux. Il est chargé de la chaire d'histoire et de géo- 
graphie à l'athénée royal de Verviers ; 

5° La démission offerte par M. Schreurs (A.), de ses fonctions de préfet 
des études de l'athénée royal de Gand, est acceptée. Il est admis à faire 
valoir ses droits à la pension et autorisé à conserver le titre honorifique 
de ses fonctions ; 

6° Démission honorable de ses fonctions est accordée à M. Van Dries- 
sche (E.), professeur de flamand à la section des humanités de l'athénée 
royal de Bruxelles, avec faculté de faire valoir ses droits à la pension. 

M. Van Driessche est autorisé à conserver le titre honorifique de ses 
fonctions. 




346 



VARIA. 



VARIA. 



ACADÉMIE ROYALE! 

DBS SCJENCE8, DES LETTRES ET DES BEAUX-ABTS DE BELGIQUE. 

Classe des Lettres. 

PROGRAMME DE CONCOURS POUR 1886. 
PREMIÈRE QUESTION. 

Faire l'histoire du cartésianisme en Belgique. 

DEUXIÈME QUESTION. 
Apprécier Vinfluence de Walter Scott sur le roman historique. 

TROISIÈME QUESTION. 
Faire l'histoire des origines, des développements et du rôle des officiers 
fiscaux près les conseils de justice, dans les anciens Pays-Bas, depuis le 
XV e siècle jusqu'à la fin du XVIII*. 

QUATRIÈME QUESTION. 
Faire, d'après les auteurs et les inscriptions, une étude historique sur 
l'organisation, les droits, les devoirs et l'influence des corporations d'ou- 
vriers et d'artistes chez les Romains. 

CINQUIÈME QUESTION. 
Faire un exposé comparatif, au point de vue économique, du système 
des anciens corps de métiers et des systèmes d'associations coopératives de 
production formulés dans les temps modernes. 

SIXIÈME QUESTION. 

Apprécier d'une façon critique et scientifique Vinfluence exercée par la 
littérature française sur les poètes néerlandais des XIII e et XIV e siècles. 

La valeur des médailles d'or présentées comme prix sera de huit cents 
francs pour chacune des cinq premières questions ; elle sera de six cents 
francs pour la sixième. 

Les mémoires devront être écrits lisiblement et pourront être rédigés 
en français, en flamand ou en latin. Ils devront être adressés, francs de 
port, avant le 1 er février 1886, à M. J. Liagre, secrétaire perpétuel, au 
Palais des Académies. 

L'Académie exige la plus grande exactitude dans les citations et 
demande, à cet effet, que les auteurs indiquent les éditions et les pages 
des livres qu'ils citeront, 



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VARIA. 



347 



Les auteurs ne mettront point leur nom à leur ouvrage ; ils y inscriront 
seulement une devise, qu'ils reproduiront dans un billet cacheté renfer- 
mant leur nom et leur adresse. Faute par eux de satisfaire à cette formalité, 
le prix ne pourra leur être accordé. 

PRIX PERPÉTUELS. 
PRIX DE ST AS S ART POUR UNE NOTICE SUR UN BELGE CÉLÈBRE. 

(Cinquième période : 1875-1880). 

Conformément à la volonté du donateur et à ses généreuses disposi- 
tions, la Classe des lettres offre, pour la 5 e période prorogée (1875-1880) 
de ce concours, un prix de mille francs à l'auteur de la meilleure notice, 
écrite en français, en flamand ou en latin, consacrée à la vie et aux 
travaux de David Teniers (né en 1610, mort vers 1690). 

Le délai pour la remise des manuscrits expirera le 1 er février 1886. 

Les concurrents se conformeront aux règles ci-dessus des concours 
annuels de l'Académie. 

GRAND PRIX DE STASSART POUR UNE QUESTION D'HISTOIRE NATIONALE. 

(Quatrième période : 1877-1882). 
Conformément à la volonté du fondateur et à ses généreuses disposi- 
tions, la Classe des lettres offre, pour la 4 e période prorogée ^1877-1882) 
de ce concours, un prix de trois mille francs à l'auteur du meilleur 
travail, rédigé en français, en flamand ou en latin, en réponse à la question 
suivante : 

Tracer, sur la carte de la Belgique et des départements français limi- 
trophes, une ligne de démarcation indiquant la séparation actuelle des 
pays de langue romane et des pays de langue germanique. Consulter les 
anciens documents contenant des no?ns de localités, de lieux-dits, etc., 
et constater si cette ligne idéale est restée la même depuis des siècles, ou si, 
par exemple, telle commune wallonne est devenue flamande, et vice versa. 
Dresser des cartes historiques indiquant ces fluctuations pour des périodes 
dont on laisse aux concurrents le soin de déterminer V étendue; enfin, 
rechercher les causes de V instabilité ou de V immobilité signalées. 

Le délai pour la remise des manuscrits expirera le 1 er février 1886. 

Les concurrents devront se conformer aux règles ci-dessus des con- 
cours de l'Académie. 

PRIX DE SAINT-GENOIS POUR UNE QUESTION D'HISTOIRE OU DE LITTÉRATURE 
EN LANGUE FLAMANDE. 

(Première période : 1868 1877). 

Conformément à la volonté du fondateur et à ses généreuses disposi- 
tions, la Classe des lettres offre, pour la l re période prorogée (1868-1879)» 
un prix de sept cents francs à l'auteur du meilleur travail, rédigé en 
flamand, en réponse à la question suivante : 

Letterkundige en wijsgeerige beschouwing van Coornhert's werken. 

(Étude littéraire et philosophique des œuvres de Coornhert). 



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348 



VAKIA. 



Le délai pour la remise des manuscrits expirera le 1 er février 1886. 
Les concurrents devront se conformer aux règles ci-dessus des con- 
cours annuels de l'Académie. 

PRIX TEIRLINCK POUR UNE QUE8TI0N DR LITTÉRATURE FLAMANDE. 

(Première période : 1877-1881). 
La Classe des lettres proroge jusqu'au 1" février 1886 le délai pour la 
remise des manuscrits en réponse à la question suivante mise au con- 
cours pour la l re période quinquennale du prix fondé par feu Auguste 
Teirlinck, greffier de la justice de jJaix du canton de Cruyshautem 
(Flandre orientale). 

Faire V histoire de la prose néerlandaise avant Mamiœ de Sainte- 
Aldegonde. 

Un prix de mille francs sera décerné à l'auteur du mémoire couronné. 
Les concurrents devront se conformer aux règles ci-dessus des con- 
cours de l'Académie. 

PRIX CA8TIAU. 

(Deuxième période : 1884-1886). 

La Classe rappelle que la deuxième période du prix Adelson Castiau 
sera close le 31 décembre 1886. 

Ce prix, d'une valeur de mille francs, sera décerné à l'auteur du 
meilleur travail belge, imprimé ou manuscrit : 

Sur les moyens d'améliorer la condition morale, intellectuelle et physique 
des classes laborieuses et des classes pauvres. 



NOTE SUR L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE EN FRANCE. 

Les intérêts de l'enseignement à tous les degrés ne cessent 
d'être l'objet des préoccupations de la France et tiennent la 
première place dans la sollicitude des Pouvoirs publics. 

Malgré les difficultés financières, les Assemblées délibérantes 
s'empressent d'augmenter les crédits alloués au budget de 
l'État, plaçant ainsi au nombre des premiers et des plus 
pressants devoirs du Gouvernement le relèvement des carac- 
tères par une forte instruction nationale. 

Dans ces dernières années, et surtout depuis les désastres 
de 1871, une vive impulsion a été donnée à tous les services 
de l'enseignement secondaire qui avait été en quelque sorte 
relégué à l'arrière plan. On comprend mieux l'importance de cet 



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VARIA. 



349 



enseignement qui seul peut assurer l'avenir de l'instruction 
primaire et qui représente pour les études supérieures un sur- 
croît de force et une garantie de succès. 

L'État et les villes consacrent d'un commun accord des 
sommes importantes à des dépenses de reconstruction , d'appro- 
priation et d'agrandissement des locaux. On s'efforce partout 
de donner aux lycées et aux collèges une meilleure installation 
pour l'hygiène et les besoins scolaires. 

Le Parlement français, par une loi qui date du 3 juillet 1830, 
a créé une caisse de Lycées, en la dotant tout d'abord d'un 
fonds de soixante-quinze millions de francs. 

Les améliorations projetées et décidées pour quatre seulement 
des Lycées de Paris représentent une dépense d'environ huit 
millions cinq cent mille francs, dont six millions pour Louis le 
Grand, quinze cent mille francs pour Saint Louis et un million 
pour Charlemagne et Condorcet. 

La situation du personnel enseignant préoccupe également 
l'administration supérieure de l'instruction publique. Cette 
situation ne cesse et ne cessera de s'améliorer. 

En 1865, il y avait en France soixante-dix-sept lycées dont 
le personnel coûtait huit millions trois-cent mille francs , soit 
cent huit mille francs par lycée. 

Il y en avait quatre-vingt-six en 1876 et le personnel a coûté 
onze millions et demi de francs, soit cent quarante-deux mille 
francs par lycée. 

Les quatre-vingt-dix lycées existant en 1884 nécessiteront 
une dépense de seize millions et demi de francs pour le person- 
nel soit cent quatre-vingt quatre mille francs par lycée. 

Cette dépense sera plus considérable encore dans un avenir 
prochain; car, sous le ministère de M. Ferry, la suppression de 
catégories de lycée a été décidée ; elle amènera une augmenta- 
tion de traitement pour le personnel des lycées de trois caté- 
gories inférieures. 

Ces renseignements — puisés à des sources officielles — 
peuvent donner une idée du mouvement imprimé par le Gou- 
vernement de la République française au développement de 
l'instruction secondaire. Ils témoignent aussi de sa sollicitude 
pour les intérêts du personnel enseignant. 



C. H. 




350 



PÉRIODIQUES. 



PÉRIODIQUES. 



Eu donnant les sommaires d'un certain nombre de recueils 
périodiques, nous n'indiquerons pas toujours tous les articles 
qui y sont contenus; nous signalerons surtout ceux qui nous 
paraîtront de nature à intéresser spécialement les professeurs 
et les hommes d'étude qui lisent notre Revue. 

Revue oritique d'histoire et de littérature, recueil hebdomadaire publié 
sous la direction de MM. S. Guyard, L. Havet, G. Monod, G. Paris. 

Sommaire du 28 juillet : Molière, Les précieuses Ridicules, p. p. Lang; 
Beaumarchais, le Barbier de Séville, p. p. Dobson (Gustave Larroumet). 

— Du 4 août : Bachmann, Spécimen d'un lexique d'Aristophane (Albert 
Martin). — Hild, Les fouilles de Sanxay (Camille Jullian). — César, la 
guerre des Gaules, p. p. Constana et Denis (Max Bonnet). — Dieulafoy, 
Les dérivés plastiques d'Isdoubar en Perse et en Grèce. — Du 11 : 
Wϔfflin. Archives de lexicographie et de grammaires latines ^P. A. Lejay). 

— Œuvres de Ghillebert de Lannoy, p. p. Potvin (A. Delboulle). — Les 
mémoires et relations politiques du baron de Vitmlles, p. p. Forgues 
(Francis Décrue). — Beer, La politique orientale de l'Autriche depuis 1774 
(Emile Bourgeois). — Du 18 : Thompson, L'exposition des œuvres de 
Wyclif'à la bibliothèque Royale (J. J. Jusserand). — Hubert, Etude sur 
la condition des protestants en Belgique ; Les réformes de Marie Thérèse 
dans l'enseignement moyen aux Pays-Bas ; L'origine des libertés belges (C). 

— Monchanin, Dumouriez (A. C). — Du 25 : W. Fœrster, Collection 
d'anciens textes français ; Voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Con- 
stantinople, 2*édit., p. p. Koschwitz; La chanson de Roland, texte de 
Châteauroux et de Venise, VII, p. p. W. Fœrster. — Du 1 septembre : 
L'Ysengrimus, p. p. E. Voigt (G. P.). — Du 8 : Thèses de doctorat 
ès-lettres : Haussoullier, Les tombeaux des Tanagréens et La vie muni- 
cipale en Attique ; Dunan, Les arguments de Zénon d'Elée et Essai sur 
les formes à priori de la sensibilité. 

Société royale belge de Géographie. Bulletin publié par les soins de 
M. J. Du Fief, secrétaire général de la société; 8 e année. 1884. N° 3. 
Mai- Juin. 

Sommaire : 0. Ruelens. La première édition de la table de Peutinger. 

— A. Bamps. La cinquième session du Congrès international des América- 
nistes (3 me article;. — J. Peltzer. Le Nouveau-Mexique. — Géographie 




PERIODIQUES. 



351 



commerciale. — E. Suttor. Chronique géographique. — Régions polaires. 

— Europe. — Asie. — Afrique. — Amérique. — D r Janssens. Bulletin 
trimestriel de statistique démographique et de géographie médicale. 
Année 1884, 2° trimestre. 

Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, nouvelle 
série, continuée sous la direction de MM. O. Riemann et E. Châtelain, 
Année et tome VIII. 3 e livraison. 31 Juillet 1884. 
Sommaire : Le mariage de Vespasien d'après Suétone, par Éd. Cuq. — 

Varroniana, par L. Havet. — Ad Hyperidis Demosthenicam, par F. Blass. 

— Ad Ciceronis Caelianam, par Em. Baehrens. — Platon, République, 
VIII, 11, p. 558, a, par H. Weil. — Cic. pro C. Rabirio perd, reo, V, 17, 
par L. Havet. — Une scholie inédite sur Lucien, par P. de Nolhac. — 
Bulletin bibliographique. — Revue des Revues et Publications d'Acadé- 
mies relatives à l'antiquité classique. 

Blàtter fur das Bayerische Gymnasialschulwesen, redigiert von 
Dr. A.Deuerling. Mùnchen, Lindauersche Buchhandlung. 1884. 

Inhalt des VIII. Heftes. 

Wecklein N., Bemerkungen zur Taurischen Iphigenie des Euripides. — 
Schleussinger A., Zur Rheinbrùcke. — Laurer J. C, Zu Caes, b. G. 5, 44, 
11, und 3, 21, 10. — Landgraf G., Zwei neue Caesar-Lexika. — Augsberger 
Jos., Hor. Od. I, 3. — Sepp B., Die Abfassungszeit der capitolinischen 
Fasten. — Kûnssberg H., Uber eine mathematisch-geographische Stelle 
bei « Theon ». — Euripides' Medea zum Schulgebr. v. Bauer- Wecklein, 
angez. v. K. Metzger. — Platons apologie des Sokrates u. Kriton v. Dr. 
E. Gôbel, angez. v. L. Haas. — Egger Jos., Katharsis-Studien, angez. v. 
Allons Steinberger. — Vollbrecht Wilh., Griechisches Lesebuch. — Meu- 
rer H., Griechisches Lesebuch mit Vocabular, angez. v. G Krafft. — Luber 
Dr. A., Die Vôgel in den historischen Liedern der Neugriechen. — Erotas, 
neugriech. Liebesdistichen, ûbers. von Dr. A. Luber. — Schôner Chris- 
toph. Uber die Titulaturen der rômischen Kaiser, angez. v. Albrecht 
Kôhler. — Bednarz Georgius, De uni verso orationis colore et syntaxi 
Boethii scripsit, angez. v. Th. Stangl. — Meissner Dr. K., Kurzgefasste 
latein. Synonymik, angez. v. J. Gerstenecker. — Kôrting Gustav, Ency- 
klopàdie u. Méthodologie (1er roman. Philologie, angez. v. G. Wolpert. 
— Villate Dr. C, Notwôrterbuch der franzôsischen und deutschen Sprache, 
angez. v. Jos. Steinberger. — Spelthahn J., Das Genus der franzôs. Sub- 
stantiva, ang. v. J. Wallner. — Wintergerst A.W., Vademecum hebraicum. 

— Weber Georg., AUgemeine Weltgeschichte, angez. v. F. Gruber. — 
Heigel K. Th., Das tagebuch Karls VII. — Arendts Dr. K., Géographie 
von Bayera, angez. v. Fr. Vogel. — Oppel A., Landschaftskunde, angez. 
v. G. Biedermann. — Grève Dr. Adolf, Fùnfstellige logarithmische und 
trigonometrische Tafeln. — - Bôcklen Dr. Otto, Analytische Géométrie 
des Raumes. — Spieker Th., Lehrbuch der ebenen Géométrie, angez v. 




352 



PÉRIODIQUES. 



S. Giïntber. — Féaux Dr. B., Rechenbuch u. geometr. Anschaunngslehre, 
angez. v. A. Sclimitz. 

Jahresbericht tiber die Fortschritte der classisohen Alterthnma- 
wi88enschaft, her«msgegcl>en vou lwan Muller. X Jahrgang, 12 Heft. 
Berlin, Calvary 1884. 

Zweite Abtheilung. Jahrenbericht ùber die Roraischen Bukoliker. Von 
Dr. V. Schaper in Berlin (Schluss). — Jahresbericht ùber Ovid 1881 bis 
Juli 18b3. Von R. Ehwald in Gotha. — Jahresbericht ùber die Litteratur 
zu IIoratiu8. Von Prof. Dr. Hirschlelder in Berlin. — Register. — Ver- 
zeidiniss der besprochenen Schriften. — Verzeichniss der behandelten 
Stellen. — n> Griechische Autoren. — b) Rômische Autoren. — Geogra- 
phisches Register. 

XI Jarhgang. 7 te " und 8 ton Ileft. Erste Abtheilung. Bericht ùber Aristo- 
teles und Theophrastos fur dus Jahr 1833. Von Prof. Dr. Susemihl in 
Greifswîild (Schluss f'olgt . 

Dritte Abtheilung. Jahresbericht fur romische Geschichte und Chrono- 
logie fiir 1883. V r on Dr. llerman Schiller, Gymnasial-Director und Uni- 
versitàts-Professor in Giessen (Schlussj. 

Zeitschrift fiir das G-ymnasial-Wesen, herausgegeben von H. Kern 
und H. J. Muller— Berlin, 1884. 

Juli-Angust. — Abhandlungen. Bemerkungen ùber den griechischen 
Unterricht. Von Dr. Georg Bordellé in Glogau. — Eine geschichtliche 
Préparation nac h den Herbartschen didaktischen Grundsàtzen Von Pro- 
fessor Dr. Rudolf Menge in Eisenach. — Bemerkungen zur Lateinischen 
Grammatik von Ellendt-Seyffert. Von G. von Kobilinski in Konigsberg i. Pr. 

Litterarische Berichte. G. Week, Rudolf Kùnstler, angez. von Ober- 
lehrer Dr. F. Rhode in Reichenbach i. Schl. Emanuel Hoffmann, Stu- 
dien auf dem Gebiete der lateinischen Syntax, angez. von Direktor D r H. 
S. Anton in Naumburg a. d. S. — M. A. Seyffert und H. Busch, Latei- 
nische Elementar-Grammatik, angez. von Oberlehrer Dr. H. Eichler in 
Frankfurt a. d. 0. — P. B. Sepp, Varia, angez. von Dr. F. Schlee in Berlin. 
— K. Erbe und P. Vernier, Mentor, vergleichende Wortkunde, angez. 
von Oberlehrer Dr. 0. Weissenfels in Berlin. — A. Hermann, Griechische 
Schulgrammatik, angez. von Professor A. Weiske in Halle a. d. S. 

Zeitschrift fiir die ôsterreichischen Gymnasien : Verantwortliche 
Redacteure : W. Hartel, K. Schenkl, 1884. 

Inhalt des fûnften heftes : Erste Abtheilung. Abhandlungen. Reim und 
Allitération in der griechischen Poésie. Von J. La Roche in Linz. 

Zweite Abtheilung. Literarische Anzeigen. Q. Ennius. Eine Einleitung 
in das Studium der romischen Poésie. Von Lucian Muller. St. Petersburg 
1884, C. Ricker. IX und 313 SS. 8°. Angez. von J. M. Stowasser in Frei- 
stadt (Ob.-Ost.). — P. Vergili Maronis Aeneis. Fùr den Schulgebrauch 




PÉRIODIQUES. 



353 



erklàrt von Dr. Oskar Brosin, Oberlehrer an der Ritterakademie zu Lieg- 
nitz. I. Bàndchen. Buch I — III. Wien 1^83, Verlag von Karl. Graeser. 
Druck von Friedr. Andr. Perthes in Gotha. Angez. von E. Eichler in Wien. 

— Detto, W. A., Horaz und seine Zeit. Ein Beitrag zur Belebung und 
Erganzung der altclassischen Studien auf hôheren Lehransalten. Mit al»- 
bildungen. Berlin 1883, VII. 189 SS. 8°. Angez. von F. Hanna in Krems. 

— Origines ariacae. Linguistisch-ethnologische Untersuchungen zur àl- 
testen Geschichte der arischen Vôlker und Sprachen. Von Karl. Penka. 
Wien und Teschen 1883, K. Prochaska. VII, 216 SS. 8°. Angez. von Gustav 
Meyer in Graz. 

Hermès, Zeitschrift fur classische Philologie, herausgegeben von 
Georg Kaibel und Cari Robert. — Neunzehnter Band. Drittes Heft. 
Berlin, 1884. 

Lihalt : H. Buermann, zur Textkritik des Isaios. — M. Schanz , zu den 
sogenannten Sia/é£eis. — L. Schwabe, die Opiniones philosophorum des 
Celsus. — Th. Mommsen , die italische Bodentheilung und die Alimen- 
tartafeln. — U. Wilcken, Papyrusurkunde ûber einen Sklavenkaut' aus 
dem Jahr 359 n. Chr. — K. Zacher, Leimruthen. — Th. Mommsen, Lin- 
gonische Legionsziegel. — U. v. Wilamowitz-Môllendorff, Hippys von 
Rhegion. 

Neue Jahrbùcher fur Philologie und Paedagogik, herausgegeben von 
D» Alfred Fleckeisen und Dr. Hermann Masius. Leipzig, Teubner 1884. 

Viertes und fùnftes Heft. 

Erste Abteilung (129r Band). — Untersuchungen zur griechischen 
geschichte. I. die Perser-expeditio* nach Delphoi, von H. R. Pomtow, 
z. z. in Rom. — Zu Thukydides, von K. J. Liebhold in Rudolstadt. — Die 
èÇwrepixoi lôyoi bei Aristoteles und Eudemos,von F.Susemihl in Greifswald. 

— Zu Lukianos, von J. Sommerbrodt in Breslau. — Zu Plutarchos, von 

F. L. Lentz in Kônigsberg. — Der bêcher des ziegenhirten bei Theokritos 
[1, 27 ff.], von K. Zacher in Breslau. — Zu Demosthenes friedensrede 
[§ 24], von K. J. Liebhold in Rudolstadt. — Die strophische gliederung 
in den stichischen partien des Terentius, von K. Meissner in Bernburg. 

— Die chronologie der correspondenz Ciceros seit Caesars tode, von 0. E. 
Schmidt in Dresden-Neustadt. — Wann wurde Apollon zum sonnengott ? 
von P. Stengel in Berlin. 

Sechstes Heft. 

Erste Abteilung (129 Band). — Das letzte chbrlied der Sophokleischen 
Elektra, von Th. Plùss in Basel. — Zu Saphokles Elektra (v. 92), von 

G. Kern in Frankfurt an der Oder. — Isaios bei Dionysios von Halikar- 
nasos, von H. Buermann in Berlin. — Zu der sphârik des Theodosios, von 
F. Hultsch in Dresden. — Miscellen, von K. E. Georges in Gotha. — 
Anz. v. H. Ziemer : vergleichende syntaxder indogermanischen compara- 
tion (Berlin 1884), von 0. Langlotz in Hameln. — Die annalen des Tanusius 




354 



PÉRIODIQUES. 



und Volusius, von L. Schwabe in Tiibingen. — Die abfassungszeit von 
Ciceros Cato maior, von Th. Maurer in Mainz. — Emendationes Vergi- 
lianae, von E. Baehrens in Groningen. — Zu Horatius oden [III 8, 5. 
II 1, 6J, von F. Harder in Berlin und A. A. Praeger in Aurich. — Zu 
Caesar, von H. Gilbert in Meiszen. 

Philologische Rundsohau, herausgegeben von Dr. C. Wagener und 
Dr. E. Ludwig in Bremen 1884. 

19 Juli 1884. — R. C. Jebb, Die Reden des Thukydides (L. Holzapfel). 

— P. Girard, Aristophon d'Azénia (A. Hôck). — J. Flacb, Biogrpphi 
Graeci (P. Pulch). — P. Heymann, In Propertium quaestiones gramma- 
ticae et orthographicae (E. Heydenreich). — P. Mirsch, De M. Terenti 
Varronis antiquitatum rerum humanarum libris XXV (G.K.). — P.Helwig, 
Ubersetzung ausgewâhlter Reden des Cicero (Hachtmann). — G. Andresen, 
Corn. Nepotis vitae (C. W.). — M. Sohneidewin, Homerisches Vocabula- 
rium (F. Week). — .J. P. Postgate, Transactions of the Cambridge 
Philological Society (H. Mùller). 

26 Juli. — C. Schmelzer, Platos ausgewàhlte Dialogue [Apologie und 
Krito] 'Sôrgel;. — Edm. Barth, Ueber Sprache und Verbum des Moretum ; 
C. v. Reiehenbach, Ueber die Echtheit des dem Vergil zugeschriebenen 
Moretum (H. Kern). — A. Frankel, Die Quellen der Alexanderhistoriker 
(L. Holzapfel). — H. Seume, De sententiis consecutivis Graecis (Ph. 
Weber). — L. v. Stein, Das Bildungswesen des Mittelalters (H. Richter). 

— G. Kôrting, Encyklopàdie und Méthodologie der romanischen Philo- 
logie (e— ). 

2 August. — V. Pfannschmidt, Uebersetzung von Sophokles' Werken 
(Hendess). — C. Schmelzer, Platos ansgewàhlte Dialoge [Apologie und 
Krito] (Sôrgel). — M. Seyffert, Xenophons Memorabilien (Ed. Weissen- 
born). — H. van Herwerden, Antiphontis orationes très (A. Hock). — 
R. Kukula, De tribus Pseudacronianorum scholiorum recensionibus (H. 
Schûtz). — R. Peiper, Alcimi Aviti opéra (F. Seller). — Th. Zielinski, 
De lege Antimachea scaenica (Wecklein). — L. 0. Brôcker, Moderne 
Quellenforscher und antike Geschichtsschreiber (L. Holzapfel). — Ad. 
Horawitz, Griechische Studien (R. Hartfelder). 

9 August. — Fr. Schubert, Sophoclis Electra (Heinr. Mûller). — W. 
Wayte, Demosthenes against Androtion andagainst Timocrates (J. Sôrgel). 

— D. Naguiewski, De Juvenalis vita observationes (A. Weidner). — 
0. Christ, De ablativo Sallustiano (J. H. Schmalz). — E. Kuhnert, De 
cura statuarum apud Graecos (G. Treu). — H. Stuerenberg, De Roma- 
norum cladibus Trasumenna et Cannensi (Hesselbarth). — Ig. Prammer, 
Schulwôrterbuch zu Caesars Commentarii de bello Gallico (Kraffert). — 
J. Hemmerling, Uebungsbuch zum Uebersetzen aus dem Deutschen ins 
Lateinische (W. Vollbrecht). 

16 August. — N. Wecklein, Ueber die Technik und den Vortrag der 
Çhorgesânge des Aeschylus (Brinckmeier) . — Th. Gomperz, Herodo- 




PÉRIODIQUES.- 



355 



teische Studien (J. Sitzler). — J. C. Laurer, Zur Kritik und Erklàrung 
von Caesars Bùchern ûl>er den Gallischen Krieg (R. Menge). — M. 
Sartorius, Die Entwicklung der Astronomie bei den Griechen bis Anaxa- 
goras und Empedokles (S. Gùnther). — G. Bréton, Essai sur la Poésie 
philosophique en Grèce (J. Sitzler). — A. Biese, Die Entwicklung des 
Naturgefûhis bei den Romern (G. Hess). — K. Baedeker, Griechenland 
(H. Neuling). 

23 August. — J. E. Kirchner, De litis instruments quae exstant in 
Demosthenis quae fertur in Lacritum et priore adv. Stephanum oratio- 
nibus (W. Fox). — M. Lehnerdt, De locis Plutarchi ad artem spectantibus 
(Bs.). — A. Kopp, De Ammonii, Eranii, aliorum distinctionibus synony- 
micis earumque communi fonte (G. Schoemann). — Wortmann, De com- 
parationibus Plautinis et Terentianis (F. X. Pflùgl). — Ch. Hauser, C. 
Julii Caesaris commentariorum de bello Gallico et de bello civili textus, 
qui vocatur, cum praeceptis grammaticis ab eodem scriptore in libris de 
analogia traditis comparatio (K. Riedel). — A. Wiedemann, Sammlung 
altagyptischer Wôrter, welche von klassischen Autoren umschrieben oder 
ùbersetzt sind (J. Krall). — K. Brugman, Uber Griechisch 
(H. Weber). — E. v. Stern, Catilina und die Parteikâmpfe in Rom 
(Hesselbarth). — F. Techmar, Internationale Zeitschrift fur allgemeine 
Sprachwissenschaft (C. Pauli). — G. C. Mezger, Ausgewâhlte Schulreden 
(G. Hess). 

30 August. — Ch. Heimreich, Kritische Beitrage zur Wûrdigung der 
, alten Sophoklesscholien (E. Rautenberg). — R. Zimmermann, Quibus 
auctoribus Strabo in libro tertio Geographicorum conscribendo usus ait 
(R. Hansen). — R. Leonhard, De codicibus Tibulli (J. Streifinger). — 
M. Bedjanic, De Horatii epistularum libro priore (K. Riedel). — A. Mayr, 
Stimmt der Cato und Atticus des Nepos in Sprache und Stil mit den 
demselben Schriftsteller zugeschriebenen Vitae ûberein oder nicht? (K. 
Riedel). — G. A. Saalfeld, Die Lautgesetze der griech. Lehn wôrter im 
Latôinischen nebst Hauptkriterien der Entlehnung (C. de Harlez). — 
E. Hoffmann, Studien auf dem Gebiete der lat. Syntax (Kluge). 

6 September. — G. Autenrieth, Wôrterbuch zu den homerischen Ge- 
dichten (F. Week. — H. Weil, Aeschyii Prometheus (Brinckmeier). — 
Ribback, De aristarchi Samothracis arte grammatica (G. Schoemann). — 
R. Westphal, Catulls Buch der Lieder (C. Ziwsa). — P. Thomas, Sallusti 
de coniuratione Catilinae liber (Ig. Prammer). — G. Braumann, Die Prin- 
cipes der Gallier und Germanen bei Caesar und Tacitus (R. Menge). — 
R. Zwirnmann, Uebersetzung der Lebensbeschreibungen des Corn. Nepos 
(K. Schirmer). — Val. Hintner, Herodots Perserkriege (J. Sitzler). 

Berliner Philologische Wochenschrift, herausgegeben von Chr. Belger, 
0. Seyffert und K. Thiemann. 1884. Calvary. 

19 Juli. — Originalarbeiten : N. Wecklein, Ueber die Textkritik des 
Aschylus. — Rezensionen und Anzeigen : H. K. Benicken , Studien 




356 



PÉRIODIQUES. 



und Forachungen auf dem Gel>iete der Homerischen Gedichte und ihrer 
Litteratur (R. Peppmùller). — Theophanis chronographia , rec. C. de 
Boor (Wâschke). — H. Bergson, Extraits do Lucrèce avec un commen- 
taire (Bouterwek). — P. Thomas, C. Sallusti Crispi de coniuratione Ca- 
tilinae liber (J. H. St hmalz). — L. Lévy, M. T. Ciceronis de legibus liber I 
(J. H. Schinalz). — J. de la Chauvelays , L'art militaire chez les Romains 
(R. Schneider). — J. Overbeck, Pompeji in seinen Gebàuden, Altertù- 
mern und Kunstwerken (Bôtticher). — G. Civinini, C. Zolfanelli e 
V. Santinl, I sette Colli, la villa Adriana e Apollodoro in Roma ( — 5.). — 
C. Maes, Vesta e Vestali (—s.). — R. Lanoiani, L'Atrio di Vesta (—;.)• 

— M. Albert, De villis Tiburtinis principe Augusto (—?.)• — H. Ziemer, 
Vergleichende Syntax der indogermanischen Komparatiou (H. Osthoff). — 
M. Bréal et A. Bailly, Les mots Grecs groupés d'après la forme et le sens 
(Ziemer). — Ph. Weber, Entwicklungsgeschichte der Absichtssàtze (G. 
Vogrinz). — R. Kohlmann , Ueber die Modi des griechischen und des 
lateiniscben Verbums in ihrem Verhaltnis zu einander (K. Thiemann). — 
F. Zambaldi, Metrica greca e latina (Klotz). — P. Fredericq, De l'en- 
seignement supérieur de l'histoire (A. Steudener). — Auszuge aus Zeit- 
schriften, etc. 

2 August. — Neugrieohisohe Philologie. — Originalarbeiten : Die 
Stellung des Latein in den hôheren Sohulen Neugriechenlands 
(Chr. B.). — Eine Mustersohule zu Athen (x und E.) — Verein 
IUPNA220Z (R. Weil). — Rezensionen und Anzeigen. 

16 August. — Originalarbeiten : C. Faltin, Polybios oder Livius? I. 

— Rezensionen und Anzeigen : L. Mûller, Luciliana (J. M. Stowasser). 

— Constans et Denis, Caesaris de hello Gallico commentariorum libri VII 
cum libro VIII (R. Schneider). — S. Preuss, Vollstàndiges Lexikon zu 
den pseudo-câsariani8chen Schriftwerken (G. Landgraf). — G. Lafaye, 
De poetarum et oratorum certaminibus apud veteres (E. Hiller). — H. 
Matzat, Rômische Chronologie I. (Holzapf'el). — E. Herzog, Geschichte 
der rômischen Staatsverfassung (H. Schiller). — H. Osthoff, Schriftsprache 
und Volksmundart (H. Ziemer). — Ed. Tournier, Clef du vocabulaire grec 
(E. Bachofj. — E. Wolfflin, Archiv fur lateinische Lexikographie und 
Grammatik mit Einschluss des àlteren Mittellateins (H. Ronsch) — Aus- 
zuge aus Zeitschriften , etc. 

23 August. — Originalarbeiten : G. Faltin, Polybios oder Livius? II. 

— Rezensionen und Anzeigen : G. Bréton , Essai sur la poésie philoso- 
phique en Grèce : Xénophane, Parménide, Empédocle (F. Lortzing). — 
F. Antoine, De casuum syntaxi Vergiliana (Gebhardi). — A. Weidner, 
Cornelii Nepotis Vitae (Gemb). — G. Gemss, Cornélius Nepos (P. Hirt). — 
L. O. Brôcker, Moderne Quellenforscher und antike Geschichtsschreiber 
(Steudener). — H. Matzat, Rômische Chronologie II. (Holzapfel). — 
Fr. Ohlenschlager, Pràhistorische Karte von Bayern (C. Mehlis). — 
Fr. Ohlenschlager, Schriften ûber Urgeschichte von Bayern und die Zeit 
der Rômerherrschaft daselbst (C. Mehlis). — E. Waldmann, Der Bern- 




PÉRIODIQUES. 



357 



stein im Altertum (H. Sclimidt). — W. Brambach, Hûlfsbûchlein fur 
lateinische Rechtschreibung (C. Wagener). — E. Appel, De génère neutro 
intereunte in lingua Latina (H. Rônsch). — Auszûge aus Zeitschrif- 
ten, etc. 

30 August. — Originalarbeiten : J. H. Schmalz, Zur historischen 
Syntax der lateinische Sprache. — Rezensionen und Anzeigen : H. Weil, 
Eschyle, Promethée enchaîné (Wecklein). — H. V. Kleist, Plotinische 
Studien (Kirchner). — O. Crusius, Analecta critica ad Paroemiographos 
Graecos (Jungblut). — F. Ritschelius , T. Macci Plauti comoediae (0. 
Seyffert). — H. Furneaux, Taciti annalium ab excessu divi Augusti libri 
(G. Helmreich). — F. Ch. Pôtter, Die Geschichte der Philosophie im 
Grundriss (Fr. Susemihl). — Lezioni di antichità Greche e Romane; G. 
Demichelis, Instituzione di antichità Greche; C. Fumagalli, Nozioni 
elementari sulle antichità private Greche e Romane (Winckler). — G-. 
Caland, De nummis M. Antonii III viri vitam et res gestas illustrantibus 
commentatio (A. Chambalu). — E. Kurtz und E. Friesendorff, Griechische 
Schulgrammatik (p.). — F.Hand's Lateinisches Uebungsbuch (Sorgenfrey). 
— Auszûge aus Zeitschriften , etc. 

6 September. — Originalarbeiten : E Fabricius, Zur Geschichte der 
griechischen Architekturl. — Rezensionen und Anzeigen : R. Hansen, 
Xenophons Anabasis (J. Sitzler). — A. Matthias, Kommentar zu Xeno- 
phons Anabasis (W. Vollbrecht). — F. Ritschl, T. Macci Plauti co- 
moediae II 4,5. (0. Seyffert) [Schluss]. — H. Usener, Organisation der 
wissenschaftlichen Arbeit (F. Lortzing). — M. Sartorius Die Entwiek- 
lung der Astronomie bei den Griechen bis Anaxagoras und Empedokles, 
in besonderem Anschluss anTheophrast (H. W. Schaefer). -— O. Keller, 
Der Saturnische Vers als rhythmisch erwiesen (R. Westphal). — F. Ra- 
morinus, Ad Otto Kelleri opusculum de versu Saturnio (R. Westphal). — 
Ch. S. Halsey, An Etymology of Latin and Greek (J. H. Schmidt). — 
E. Sohulze, Adiumenta Latinitatis (Mùller). — Auszûge aus Zeitschrif- 
ten, etc. 

Wochenschrift fur Klassische Philologie, unter mitwirkung von Georg 
Andresen und Hermann Heller, herausgegeben von Wilhelm Hirsch- 
felder. Leipzig, Freitag, Prag, Tempsky. 

23 Juli 1884. — Rezensionen und Anzeigen : Studniczka, Vermutungen 
zur griechischen Kunstgeschichte (Weizsàcker). — Ciceros Rede fur L. 
Flaccus von Du Mesnil (Lehmann). — Le favoie di Phedro (Màhly). — 
Drenckhahn, Leitfadenzur Lateinischen Stilistik (Andresen). — Auszûge 
aus Zeitschriften, etc. 

30 juli. — Rezensionen und Anzeigen : Sittl, Geschichte der griechi- 
schen Litteratur (Hubert). — Reuter, Die Rômer im Mattiakerland 
(Widmann). — A complète concordance to the Comédies and Fragments 
of Aristophanes by Dunbar (Kaehler). — Goelzer, Etude lexicographique 
et grammaticale de la latinité de Saint Jérôme (Meyer). — Buchhold, De 

TOME XXVII. 25 




358 



PÉRIODIQUES. 



paromoeoseos apud Rom. poctas usu (Thielmann). — Auszûge aus Zeit- 
schriften, etc. 

6 August. — Rezensionen und Anzeigen : Heeht, Zur Homerischen 
Semasiologie (I)ahms). — Dahms, Philol. Studien zur Wortbedeutung bei 
Homer (Anton). — Althaus. Conicctanea in Baccharum Euripidis locos 
(Gloël). — Egger, Katharsis-Studien (Manns). — Schmidt, Lateinische 
Schulgmmmatik (Schmidt). -— Fùgner, Câsarsàtze zur Einûbung der lat. 
Syntax (Andresen). — - Harre, . IIa»ptrcgeln der lateinischen Syntax 
(Prumcrs). — Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

13 August. — Rezensionen und Anzeigen : Sylloge inscriptionum 
Graecarum ed. Ditteiiberger (Cauer). — Collitz, Griech. Dialekt-lnschrif- 
ten. III. Hei't (Cauwerj. — Sieike, De Niso et Scylla in aves mutatis 
(Zinzow,. — Schmitt, Quaestiones chronologicae ad Thucyd. (Bauer). — 
Steringa-Kuyper, De fontibus Plutarchi (Bauer). — Auszùge aus Zeit- 
schriften, etc. 

20 August. — Rezensionen und Anzeigen : Bergk, Griechische Littera- 
turgeschichte. 2 Bd. ^Schroeder). — Pauli, Altitalische Studien. 2. Heft 
(O.G.). — Cauer, De labulis Graecis ad Homam cond. pertinentibus (0. G.). 

— Kaerst, Kritische Untersuchungen zur Geschichte des zweiten Sam- 
niterkrieges (Faltin). — Marx, Hulfsbùchlein f. d. Aussprache der lat. 
Vokale (W. Meyer). — Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

27 August. — Rezensionen und Anzeigen : Pôhlmann, Ubervôlkerung 
d. antik. Grossstàdte (Eyfsenhardt). — Lange, Die Kônigshalle in Athen 
(v. Sybel). — Aristotelis PoHtica tertium edidit Susemihl (Dembowski). 

— De Pausaniae periegetae studiis Herodoteis scripsit Wernicke (Weiz- 
sacker). — Jâhns, Càsars Kommentarien (Niemir). — Ploetz, Lateinische 
Elementar-Grammatik (Althaus). — Bleskes Elementarbuch der Latein. 
Sprache. — Andra, Heroen. Griechische Heldensagen. — Auszùge aus 
Zeitschriften, etc. 

3 September. — Rezensionen und Anzeigen : Dietrichson, Antinoos 
(Blùmner). — Schmeisser, Beitrage z. Kenntnis d. Technik d. etruskischen 
Haruspices (Gruppe). — Sedlmayer, Die Ausgrabungen auf d. forum 
romanum (Lohr). — M. Tulli Ciceronis Cato Maior, edited Reid(Lehmann). 

— Jàger, Geschichte der Romer (0. E. Schmidt). — Detto, Horaz und 
seine Zeit (Bolle). — Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

10 September. — Rezensionen und Anzeigen : Steffen, Karten von 
Mykenai (Hermann). — Haussoullier, La vie municipale en Attique (Dûbi). 

— Schinkel, Quaestiones Silianae (Sehlichteisen). — Clausen, Zum latei- 
nischen Unterrichte in der Sekunda des Gymnasiums (Prùmers). — Aus- 
zùge aus Zeitschriften, etc. 




NOTICE NÉCROLOGIQUE. 



359 



NOTICE NÉCROLOGIQUE. 



L'enseignement moyen vient de perdre un de ses professeurs les plus 
anciens et les plus distingués. M. Jean Grafé a été enlevé presque subite- 
ment à ses cours, à ses études et à l'affection des siens (10 juillet). 

M. Jean Grafé naquit à Luxembourg le 9 juin 1822. Après avoir fait 
de brillantes études à l'athénée de cette, ville, il alla suivre, à l'univer- 
sité de Gand, les cours de la faculté de philosophie. Puis il entra résolu- 
ment dans une carrière qui devait lui permettre de se livrer tout entier 
à son goût pour la philologie et les lettres. 

Envoyé en mars 1850 au collège communal de Bouillon pour y donner 
la classe de 4 e latine, il fut, dès l'année suivante, appelé à l'athénée 
royal de Namur, où il fut chargé du cours de 3 # latine et d'une partie 
de celui de poésie. Trois ans plus tard il était désigné pour occuper la 
chaire de 2 d « exclusivement. Enfin en 1870 il fut nommé professeur de 
rhétorique latine dans le même athénée qu'il ne devait plus quitter. 

C'est à s'acquitter de ces utiles fonctions que M. Grafé a consacré le 
meilleur de sa vie et les précieuses qualités dont la Providence l'avait 
doué. Nous n'avons pas à parler ici de sa douceur, de sa patience, du 
soin qu'il mettait à former, à les jeunes intelligences qui lui étaient con- 
fiées : les nombreux élèves qui ont eu le bonheur d'assister aux leçons 
de ce maître vénéré sont là pour témoigner de la bonté, de l'aménité 
de son caractère. Mais ce qui peut-être est moins connu, c'est l'étendue, 
la profondeur, la solidité du savoir qui soutenait cet enseignement. On 
peut dire que M. Grafé a fait de la philologie l'objet principal de son 
activité. 

Le latin, le grec, le sanscrit d'une part, l'hébreu et l'arabe de l'autre, 
le vieux français, le provençal et la plupart des langues dérivées du latin, 
l'allemand, l'anglais, le néerlandais, le russe ont été tour à tour étudiés 
et approfondis j>ar lui. Mais, tout en examinant ces idiomes dans leur 
structure et dans leur mécanisme, tout en les comparant entre eux suivant 
la méthode de Bopp et de Curtius, M. Grafé ne négligeait pas le côté 
interne et profond du langage. Il voyait, à travers l'immense variété 
des langues et des dialectes l'éternelle manifestation de la pensée hu- 
maine. Il savait goûter ces manifestations dans leurs formes les plus 
pures ; et son ame, toujours jeune et fraîche, s'enthousiasmait à la lecture 
des poèmes d'Homère ou de Virgile. N'est-ce pas pour initier ses élèves 
aux beautés du style de Tite-Live et en général aux secrets de la prose 
latine qu'il a composé ce cours de thèmes (1872), proclamé par la rédac- 
tion de la Revue de l'instruction publique le meilleur ouvrage en ce 
genre que nous possédions en Belgique. Différents articles ont paru de lui 




3G0 



NOTICE NÉCROLOGIQUE. 



dans la même Revue , les uns sur des questions d'étymologie, d'autres se 
rapportant à l'explication des auteurs classiques ; quelques-uns consistent 
en thèmes d'imitation. Mais il ne peuvent donner la mesure du talent et 
de l'érudition de M. Grafé. Peut-être découvrira-t-on parmi ses papiers 
quelques manuscrits dont la publication fera connaître plus exactement 
la valeur du savant dont nous déplorons la perte. 

Quant à lui, on peut dire qu'il n'a jamais envié les honneurs de la 
publicité. Simple, modeste il n'a eu d'autre ambition que celle de remplir 
son devoir. Sa volonté énergique a su lutter jusqu'à la fin contre les 
souffrances de la maladie, et même en dissimuler les atteintes aux yeux 
de ceux qui l'entouraient. La veille de sa mort, il s'acquittait encore des 
devoirs de sa profession, et l'on peut dire qu'il est mort debout. 



M. GR. 




REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

EN BELGIQUE. 

Tomo 27. 6e Livraison. 



QUESTIONS D'ENSEIGNEMENT, 
LETTRES ET SCIENCES. 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES PHILOLOGIQUES 
ET HISTORIQUES. 

24" Séance, tenue au Conservatoire royal de Bruxelles, 
le samedi 1 novembre 1884. 

La séance est ouverte à 1 heure, sous la présidence de 
M. Gantrelle, vice-président. 

Sont présents : MM. Wagener, secrétaire-général] Gilles, 
trésorier; De Block et Fredericq, secrétaires-adjoints ; Angenot, 
Biaise, Bley, Bocksruth, De Moor, Discailles, Dufief, Dupont, 
Gevaert, Harlaux, Hegener, Hoffmann, Lonchay, Magin, Motte, 
Peltier, Raskop, Roersch, Thomas, Vollgraff, Waltzing et 
Alph. Willems. 

M. le Président appelle M. Discailles pour lui remettre la 
médaille qui a été décernée par la Société à son Histoire des 
concours généraux en Belgique. M. Gantrelle déclare qu'il est 
très heureux de pouvoir offrir cette récompense à l'auteur pour 
cet ouvrage d'une utilité incontestable, qui a dû coûter de lon- 
gues recherches et a été exécuté avec une persévérance et une 
exactitude remarquables. L'auteur n'en est pas, du reste, à son 
coup d'essai. Son Histoire de Marie-Thérèse se distingue aussi 
par l'exactitude, comme par la netteté du style et une élégante 
simplicité. M. le président assure M. Discailles que la Société 
tient en très grande estime ses travaux historiques. {Applau- 
dissements). 

M. Discailles remercie le président et l'assemblée. Les distinc- 
tions les plus chères à un travailleur sont celles qui lui sont 
accordées par d'autres travailleurs, juges impartiaux et appré- 
ciateurs compétents. Il ne le nie pas, son Histoire des concours 
géniaux lui a coûté beaucoup de recherches et d'efforts. La 
Société a bien voulu en tenir compte ainsi que du but unique 

TOME XXVII. 26 



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362 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES 



de l'auteur : être utile à l'enseignement sans aucune idée de 
gain. M. Discailles dit qu'il est profondément touché de 
bienveillance que lui témoigne la Société et il lui présente ses 
remerciements sincères et affectueux. (Applaudissements). 

M. le président donne lecture de l'inscription gravée sur la 
médaille en vermeil et qui est conçue en ces termes : 

Eraesto Discailles 
quod 

historiam certaminum 
inter omnes alumnos 
scholarum belgicarum 
inde ab anno MDCCCXL 
propositorum 
tribus voluminibus 
accurata diligentia 
conscripsit. 

MDCCCLXXXIV. 

M. Wagener, secrétaire-général, donne lecture d'une lettre 
de M. Foccroulle, ancien professeur de l'athénée royal de 
Liège, par laquelle celui-ci déclare devoir donner sa démission 
à cause de l'état de sa santé. 

Trois nouveaux membres sont présentés et admis après 
les formalités réglementaires. Ce sont MM. Keelhoff, Théodore 
Preudhomme et Léon Preudhomme, élèves du doctorat en 
philosophie de l'université de Gand. 

M. Gilles, trésorier, présente le compte annuel. Déduction 
faite des quatre membres décédés (MM. Angenot, Dumont, 
Heremans et Grafé), la Société a compté 74 membres pendant 
l'année 1883-1884. Le boni s'élevait à 1647 fr. 73, qui, joints 
aux recettes ordinaires, ont donné un chiffre global de 2060 fr. 23. 
Les dépenses ne se sont élevées qu'à 160 fr. Reste donc un 
boni de 1900 fr. 23 c. 

Après l'approbation de ce compte du trésorier, M. Gantrelle 
fait remarquer qu'il y aurait lieu peut-être d'examiner la 
manière d'employer le plus utilement possible l'excédant, sans 
cesse plus élevé, qui clôture chacun des comptes. Il se demande 
s'il ne serait pas bon de l'employer à payer les frais de 
voyage des membres, dont plusieurs viennent de loin et ont 
à faire de ce chef des dépenses assez considérables. 

Après quelques observations de MM. Raskop et Dufief, cet 
objet est renvoyé à une prochaine séance. 



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PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



363 



M. Lonchay fait une communication sur la mission à Liège, 
en 1543, du conseiller Charles Boisot, qui fut envoyé plus tard 
par Charles-Quint à Metz, pour des affaires d'état analogues 
(cf. le livre récent de M. Ch. Rahlenbeck, Metz et Thionville). 
Boisot était allé à Liège pour instruire un complot ourdi en 
faveur de la France et dont l'annaliste liégeois contemporain 
Chapeaville ne dit presque rien. M. Lonchay a découvert aux 
archives du royaume à Bruxelles, dans la collection dite des 
Papiers d'Etat et de l'Audience, une série de pièces inédites, 
qui prouvent que les chefs de la conjuration étaient le chanoine 
Guillaume de La Mark et son frère Jean, Seigneur de Lumey, 
tous deux neveux de feu le prince-évêque Erard de La Mark. 
L'évêque régnant, l'incapable Corneille de Berg, était absent. 
Charles-Quint , d'accord avec la majorité du chapitre de 
St. Lambert, se substitua au souverain par son commissaire 
Boisot, qu'il fit appuyer par un petit corps d'armée. Grande 
fut l'émotion du peuple liégeois devant cette immixtion de 
Charles-Quint dans ses affaires. Les rapports secrets de Boisot 
jettent un jour tout nouveau sur le complot et sur les événe- 
ments qui suivirent. M. Lonchay donne lecture de ces rapports 
en les commentant. L'auteur se propose de compléter ses 
recherches et de les publier dans les Bulletins de la commission 
royale aV histoire. 

M. Thomas présente une note sur certaines incorrections 
dans l'emploi des négations en latin. Il étudie les passages 
suivants : Valère Maxime, livre III, ch. 8, § 3, Florus, livre III, 
ch. 17 (livre II, ch. 5 d'après la division moderne), Suétone, 
Vie de César, ch. 78, Vie de Tibère, ch. 45, Vie de Néron, ch. 42 
(cf. sur ces trois passages Madvig Adversaria critica, tome II, 
p. 573-574), Varron cité par Nonius Marcellus, p. 530 et 532 éd. 
Mercier = p. 618-620 éd. Quicherat, Térence, Hecyra, acte IV, 
scène 4, v. 25 = v. 647 (cf. Donat et Bentley ad h. 1.). Il con- 
state qu'on trouve tantôt une seule négation là où le sens en 
exige deux (M. Delbœuf propose une explication différente, 
Revue, tome XIX, p. 125), tantôt deux négations où il n'en faut 
qu'une. Des erreurs de* ce genre se rencontrent même chez les 
écrivains français. Il conclut qu'anciens et modernes ont par- 
fois péché contre la logique dans le cas, assez délicat, des 
négations doubles ; qu'il est alors inutile d'accuser les copistes 
et de proposer des corrections, comme on le fait souvent, en 
pareil cas, pour les auteurs grecs et latins. (Le travail de 




304 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES 



M. Thomas sera publié dans le numéro prochain de la Revue). 

M. Hegener dit que chez les auteurs anglais et allemands la 
double négation s'emploie souvent pour nier plus énergiquement. 
Klopstocket Shakespeare en offrent de nombreux exemples. 

M. Wagener rappelle qu'à la dernière séance de la Société 
il a parlé sur une question qu'il avait fait porter à Tordre du 
jour et qui était ainsi posée : « Comment faut-il traduire en 
français ou en flamand les textes grecs et latins? » Tous les 
orateurs qui ont pris part à cette discussion partageaient sa 
manière de voir. M. le président fit observer qu'on pourrait 
remettre à la séance suivante la rédaction d'une formule 
définitive. C'est pour se conformer à cette décision que M. 
Wagener dépose les conclusions qui suivent : 

I. Les professeurs s'efforceront d'obtenir de leurs élèves, à 
partir de la cinquième, que dans la traduction du latin et du 
grec en français ou en flamand, ils serrent les textes anciens 
d'aussi près que possible, tout en restant scrupuleusement 
fidèles au génie de la langue dans laquelle ils traduisent. 

II. A cette fin les professeurs feront faire à leurs élèves des 
exercices gradués, oralement et par écrit, en classe et à domicile. 

III. Dans les exercices oraux, qui devront être fréquents, le 
professeur provoquera l'initiative et stimulera l'émulation des 
élèves, en employant les procédés de la certatio des gymnases 
allemands, décrits par M. Michel Bréal dans ses Excursions 
pédagogiques, p. 25 et suivantes. 

IV. En exerçant les élèves à traduire de vive voix, les pro- 
fesseurs s'assureront d'abord que les élèves ont compris tous 
les détails du texte dont il s'agit de faire la version. 

V. Ils faciliteront le travail des élèves en leur suggérant les 
moyens les plus propres à rendre certaines tournures grecques 
et latines par des équivalents conformes au génie du français et 
du flamand. Ces moyens consistent entre autres à couper une 
phrase longue et compliquée en plusieurs phrases distinctes, à 
remplacer un participe par un substantif abstrait, etc. 

M. Wagener, développant ces cinq propositions, commence 
par décliner sa compétence. Il n'a jamais enseigné dans un 
athénée. Il croit cependant pouvoir hasarder quelques observa- 
tions. Quant à la certatio des gymnases allemands, on l'a parfois 
déclarée impraticable en France, où le livre de M. Bréal a 
provoqué une vive admiration, mais aussi des critiques non 
moins vives. Certes, ce procédé d'enseignement demande au 




PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



365 



professeur une contention d'esprit extraordinaire et une longue 
préparation. Aujourd'hui le professeur belge est surchargé 
d'heures de classe ; mais s'il n'avait que deux ou trois heures de 
cours par jour, il pourrait se préparer convenablement à cette 
certatio, qui alors porterait dans nos athénées les mêmes fruits 
que dans les gymnases allemands. Pour arriver à une bonne 
traduction, il faut faire un assez grand effort intellectuel. 
Il importe donc d'y intéresser la classe tout entière, afin de 
provoquer l'émulation et d'exciter l'imagination des élèves. On 
leur donnera ainsi cette souplesse, cette rapidité d'esprit qui 
leur manquent trop souvent en Belgique. D'un autre côté, les 
travaux écrits doivent donner lieu à une critique faite en classe 
par le professeur. Il serait bon que le professeur signalât, pour 
chaque phrase à traduire, l'élève qui en a donné la meilleure 
traduction. C'est un nouveau moyen d'émulation. Ainsi procé- 
dait feu le professeur Baron à l'Ecole Normale des Humanités 
de Liège, lorsque celle-ci était annexée à la Faculté de philo- 
sophie. Enfin, pour les équivalents à substituer en français ou 
en flamand aux tournures grecques et latines, il faut donner 
aux élèves des indications sur la route à suivre, mais ne pœ 
leur apporter des solutions toutes faites. Le but de ces différents 
exercices doit être de former des élèves qui, au sortir de leurs 
humanités, sachent convenablement le français et le flamand, 
ce qui est rare aujourd'hui. 

M. Hegener fait observer que tout ce que M. Wagener a 
dit des langues anciennes, s'applique aussi à l'allemand et à 
l'anglais. Certes le génie de l'antiquité est plus éloigné du nôtre 
que celui des peuples germaniques modernes, mais ce n'est là 
qu'une question de degré. M. Hegener déclare qu'il a employé 
avec succès dans sa longue carrière de professeur les procédés 
préconisés par M. Wagener. 

M. le président voudrait qu'on expliquât nettement ce qu'on 
entend par serrer le texte de près. Cette vieille formule, bien 
connue, est comprise différemment. Il s'agirait de dire quel- 
ques mots sur la méthode à suivre et d'entrer dans quelques 
détails qui fixeraient le sens de la formule. 

M. Wagener a eu en vue de s'élever contre le système de 
traduction, très en vogue, grâce auquel on ne traduit que par 
approximation, en se permettant de négliger une partie plus 
ou moins grande du texte à traduire. On loue beaucoup, mais 
bien à tort, certaines traductions d'auteurs grecs faites par 




3f,f, 



SOCIÉTÉ POUR LE PROGRÈS DES ÉTUDES 



d'excellents écrivains français, où une foule de pensées et de 
nuances sont complètement sacrifiées. Il faut, en effet, qu'en 
transvasant la pensée, on n'en laisse rien se perdre. 

M. Hegener pense que serrer le texte de près, c'est exprimer la 
pensée de l'auteur en français, comme celui-ci l'aurait exprimée 
lui-même, s'il s'était servi de cet idiome. On sourira peut-être 
de cette formule en songeant aux grecs et aux latins; mais il y a 
des exemples d'auteurs capables d'écrire eux-mêmes la langue 
dans laquelle on traduit leurs œuvres. Ainsi Alexandre de 
Humboldt connaissait bien le français; aussi revoyait-il toujours 
avec soin les traductions françaises de ses livres. 

M. Wagener fait remarquer que la formule indiquée par 
M. Hegener, tout en étant peut-être acceptable au point de vue 
purement littéraire, n'est pas en harmonie avec le but essentiel- 
lement pratique qu'il a eu surtout en vue. Il a voulu indiquer 
un moyen puissant propre à assouplir le style des élèves. Les 
Belges écrivent parfois correctement, mais en général lourde- 
ment. Pour échapper à ce manque de grâce, à cette raideur 
un peu innée, il faut soumettre les élèves à cette gymnastique 
littéraire dans laquelle on lutte corps à corps avec un texte 
difficile. En Belgique, à la Chambre et ailleurs, les langues 
anciennes ne sont pas en faveur. On leur reproche d'absorber 
beaucoup d'années d'études, au bout desquelles les élèves ne 
savent pas écrire convenablement leur langue maternelle. Ce 
reproche est injuste. Les langues anciennes peuvent exercer 
une très grande influence sur l'étude des deux langues natio- 
nales, si l'on donne tous ses soins à la traduction. C'est ce 
point que M. Wagener a voulu mettre en lumière. 

Après quelques autres observations de MM. Gantrelle, Dis- 
cailles et Hegener la discussion est close. 

M. Fredericq fait une communication sur le Repertorium 
historique hollandais et sur le Register des dissertations acadé- 
miques concernant l'histoire des Pays-Bas, dont de nouveaux 
suppléments viennent de paraître (Leicle, Brill, 1884). Ces 
deux ouvrages, indispensables aux spécialistes, sont trop peu 
connus en Belgique et en général à l'étranger. M. Fredericq 
annonce aussi la prochaine publication d'une Bibliographie 
historique belge, qui servira de complément au Repertorium 
hollandais. 

M. Thomas croit que, parmi les nombreux philologues que 
compte la Société, il y en a qui ont eu l'occasion, dans 




PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES. 



367 



leurs études, d'élucider certains points de critique et d'exégèse, 
de corriger par une conjecture heureuse quelque texte altéré, 
de trouver une explication satisfaisante d'un passage ordinaire- 
ment mal compris. Ces observations détachées, souvent on les 
garde dans ses papiers, puis on les néglige, on les oublie. 
Et cependant ces petites conquêtes de détail font avancer la 
science. 

Ne serait-il pas bon d'engager les auteurs de ces trouvailles 
à les communiquer au public? Et notre Société ne rendrait-elle 
pas service aux études philologiques en se chargeant de cette 
mission, en centralisant pour ainsi dire ces éléments épars et 
en les soumettant à une discussion scientifique? 

C'est pourquoi M. Thomas formule la proposition suivante : 

« 1° Les membres de la Société philologique et historique 
qui ont en portefeuille des remarques détachées, soit de 
critique, soit d'exégèse, qu'ils jugeraient de nature à présenter 
quelque intérêt, sont priés de les communiquer à M. le Secré- 
taire général un mois au moins avant chaque session. 

» 2° Les textes seront autographiés et distribués à tous les 
membres de la Société. 

» 3° Une place sera réservée dans l'ordre du jour de chaque 
session à la discussion de ces petits travaux. » 

M. Wagener appuie la proposition de M. Thomas. On publie 
trop peu en Belgique sur la philologie classique, bien que les 
professeurs travaillent. M. Wagener appelle surtout l'attention 
sur les interprétations nouvelles, qui sont aussi méritoires 
que les conjectures. 

M. Gantrelle fait observer que la Revue de f instruction publi- 
que a toujours ouvert ses colonnes à ce genre de travaux. Elle 
a même publié anciennement des corrections aux traductions 
françaises faites à Paris. L'auteur de ces articles était feu 
M. Loumyer. En général nous péchons en Belgique par une 
excessive timidité. Que de gens chez nous savent, et ne publient 
rien! A la timidité vient se joindre la peur de la critique. 
Est-ce que les maîtres eux-mêmes, Mommsen en tête, n'ont 
pas été critiqués par les philologues et par les historiens? 
M. Gantrelle fait appel au bon vouloir et au courage des 
jeunes professeurs. 

La proposition de M. Thomas est adoptée à l'unanimité. 

La séance est levée à 4 heures. 




368 



NOTE SUR DEUX PASSAGES DE JU VENAL. 



NOTE SUR DEUX PASSAGES DE JUVÉNAL. 



On lit généralement de la manière suivante les vers 127- 
131 de la première satire de Juvénal : 

Ipse dies pulchro distinguitur ordine rerum : 
sportula, deinde forum jurisque peritus Apollo 
atque triumphales, inter quas ausus habere 
nescio quis titulos Aegyptius atque Arabarches, 
cujus ad effigiem non tantum meiere ias est. 

ce qu'il faut comprendre de la manière suivante : « le jour lui- 
même est partagé par une suite de nobles occupations : d'abord 
la sportule, puis le forum et Apollon, qui s'entend au droit, 
et les statues triomphales, parmi lesquelles a osé avoir son 
inscription 4 , je ne sais quel Égyptien, arabarque par dessus 
le marché, contre la statue duquel il est permis de déposer des 
ordures de toutes sortes. » 

Il est évident que les trois derniers vers expriment le mépris 
du satirique pour le personnage en question, qui a osé désho- 
norer le forum par la présence de sa statue. 

Qu'est-ce, en effet, que ce personnage? C'est d'abord un Égyp- 
tien, c'est-à-dire un barbare, et le moins estimé de tous à cette 
époque*, comme le prouve déjà dans le texte le nescio quis, 
qui n'exprime que le plus profond dédain. Mais ce qui doit 
augmenter encore l'indignité de l'individu désigné, c'est qu'il est 
en même temps arabarque. Car la conjonction atque indique 
nécessairement que l'épi thè te arabarches se rapporte au même 
personnage que celle Aegyptius, et ajoute quelque chose de plus 
vil encore que ce qu'exprime le premier qualificatif. Or, il ne 
saurait en être ainsi pour le mot arabarches. C'était, en effet, le 
titre que portait W-ni^^ir^^ ou gouverneur général de la Thé- 



4 C'est-à-dire : a l'honneur d'avoir sa statue parmi celles des anciens 
triomphateurs. Cf. Marquardt, Rom. Staatsv., II, p. 573. 
a Voir Marquardt, ibid. t I, p. 287. 




NOTE SUE DEUX PASSAGES DE JUVENAL. 



369 



baïde, une des trois grandes provinces de TÉgypte sous l'empire 1 . 
Cet arabarches était généralement un Romain : on ne connaît, 
en effet, qu'un seul de ces fonctionnaires, le premier sous la 
domination d'Auguste, qui ait porté un nom grec ». 

Il ressort clairement de là que le titre très considérable 
d'arabarches ne saurait convenir à un Égyptien, ni, à plus forte 
raison, indiquer un personnage plus vil encore que l'Égyptien 
ordinaire. 

Cependant les manuscrits portent tous le même nom : tantôt 
sous la forme de Arabarches (PSw), tantôt sous celles de ara- 
barces ou arabartes (?) 3 . D'autre part, quelques manuscrits des 
plus récents présentent, au lieu de atque, la leçon aut*. Mais, 
vu le titre élevé et honorable de arabarches, la leçon aut ara- 
barches nous semble également inadmissible ici. 

Nous croyons donc qu'il faut changer le mot arabarches en 
celui d^4 labarches 5 , qui indique un fonctionnaire absolument 
différent du premier. Cet appellatif dérive, selon toute proba- 
bilité, de a>a6a qui, d'après Hésychius 6 , désigne de l'encre; il 
indiquait un fonctionnaire siégeant à Alexandrie, et chargé 
probablement du recouvrement de l'impôt indirect sur les 



1 V. C. J. G. y 4751 ; Letkonne, Recueil des Inscr. grecques et latines de 
VÉgypte, II, n° 180 : JGaûâio; Y'tfxivoi xpx&àpyjm xoù iitiiTpàTYiyoi Sr^xlSo^. A 

son gouvernement appartenait la contrée s'é tendant depuis le Nil jusqu'à 
la mer Rouge, et appelée spécialement Arabia. 

% C'est ïlToXtiixoiïoç 'HpxxAtlôov ÈTzuTpôcrriyoi ty)s 6yj6atoo?. (14 6 année d'Au- 
guste.) Cf. Letronne, o. c, II, n° 141. Pour les gouverneurs romains de la 
Thébaïde, v. C. J. G., n°" 4751, 4753, 4745 ; Obelli, Inscript, lat., n° 3881. 

8 P codicis Pithœani nunc Montepossulani lectio genuina ; S scholiorum 
lectiones ; w codices interpolati vel omnes vel plurimi ; ? codices interpolati 
aliquot, maxime recentiores. 

4 Aut : 5 . 

* Cette correction a déjà été laite par Weber; elle se trouve aussi dans 
une édition d'Anvers (1565) et dans deux de Paris (1613 et 1616), mais la 
plupart des éditeurs les plus récents semblent n'en avoir tenu aucun 
compte. 

6 Hesychii lexicon a. v. 5)a6a. /xé/av 5 ypàfofxiv. Cf. J. Alberti in Hesychii 
lexicon. Ce mot àiaSâ^* est formé comme les suivants : ilp^xpyY^, 
Sxïixpyoç (dans Hor. Od., I, 9, 8), e-jxipxpyrn, C.J. G. y n° 4794 ; mvrr^.ôvrxpyoi ; 
b «p%uv tyjç îrtvTyjxoffT^ roù résous xal twv 7rtvT>jxo<jTwv. Bekker, Anecd. graeca, 



p. 297. 




370 



NOTE SUE DEUX PASSAGES DE JU VENAL. 



animaux 4 . On a longtemps douté de la forme de ce mot. Cepen- 
dant il se rencontre non seulement à plusieurs reprises dans 
l'œuvre de Josèphe *, mais aussi, ce qui confirme définitivement 
l'orthographe, dans une inscription grecque trouvée en Carie 3 . 
Quoi qu'il en soit des fonctions de Talabarque \ il est certain 
qu'elles n'étaient pas de loin aussi élevées qne celles de l'ara- 
barque. On remarque, d'ailleurs, qu'elles étaient, sinon toujours, 
du moins la plupart du temps, remplies par des Égyptiens ou 
des Juifs de l'Égypte. C'est ainsi que Josèphe (Antiq. Jud. y 
xvm, 6, 3), parle d'un certain Alexandros, alabarque d'Alexan- 
drie, qui prêta au juif Agrippa une somme d'au moins cinq 
talents. Cet Alexandros était juif, comme l'était également 
l'alabarque Démétrius, dont il est question dans le vingtième 
livre du même ouvrage. Josèphe y dit, en effet (xx, 7, 3), Maptà/x^ 

.... ffuvwxyjffe Ay?jx>jTptw tm èv 'A^eÇav^pgta 'Iov<?at<»v 7rpr,jTeûovTi yÉvet rs 
xat 7t).oût&>* tôts $r) xat tïjv à^aêap^tav otjtoç et^g. 

Nous savons que le premier, Alexandros, avait été l'homme 
d'affaires d'Antonia, la mère de celui qui devint plus tard l'em- 
pereur Claude. C'était un homme riche et considéré 5 . 

Si l'on se demande maintenant à qui peut se rapporter l'allu- 
sion de Juvénal, nous croyons qu'il n'est guère possible d'y 
répondre d'une manière certaine. Quoi qu'il en soit, il ne nous 
semble pas permis d'admettre, avec Rudorff (Rhein. Mus., t. II), 
Haakh (Realencycl. de Pauly, vi, p. 1943 et suiv.), A. Weidner 
{D. J. Juvenalis Satirae a. 1.), et d'autres commentateurs, qu'il 



1 C'est ainsi qu'il faut lire, dans le Cod. Justin., rv, 61, 9 : « vectigal 
Alabarchiae (et non Arabarchiae) per Aegyptum atque Augustamnicara 
constitutum. 

* Flav. Joseph., Antiq. Jud. y xvm, 6, 3 ; xix, 5; xx, 5, 2. 

3 C.J. Ér.,n° 4267: in delta Xanthi, in basi rupta : n]o?[ £l ]&w vi ivyj 

4 V. l'allusion que Cicéron fait à Pompée (Epist. ad Attic, II, 17), en le 
nommant Alabarches. Le mediceus (xi) et les anciennes éditions ont ara- 
barches, mais cette leçon a été changée, d'après les manuscrits XYZ, en 
alabarches, c'est-à-dire : le douanier, parce que les tableaux portés dans le 
triomphe de l'an 61 faisaient connaître que les victoires de Pompée en Asie, 
avaient fait monter les revenus de 50 à 85 millions. Cf. Plut., Pompej., 45 ; 
Zonar., x, 5 : Cic. ad. Ate., i, 19, 4. Pompée avait rendu PAnti-liban tri- 
butaire (Id. ad Att.j il, 16). 

5 Flav. Joseph., Antiq. Jud., xix, 5, 1 ; xx, 5, 2. 




NOTE SUR DEUX PASSAGES DE JU VENAL. 



371 



s'agisse ici de Tiberius Alexandros, fils de l'alabarque Alexandros 
Lysimachos 1 . Cet homme, aussi distingué commç administrateur 
que comme guerrier, avait renoncé à la religion juive 5 , avait 
été créé chevalier romain 3 , et, après avoir gouverné la Judée 
comme procurator \ était devenu praefèctus Aegypti, c'est-à-dire 
vice-roi de l'Egypte s . Il n'avait donc jamais été alabarches ni 
arabarches, et nous trouvons, d'autre part, inadmissible que le 
satirique latin ait pu indiquer cet illustre et puissant chevalier 
romain par un nescio quis Aegyptius. Il nous semble donc beau- 
coup plus probable que Juvénal a fait ici allusion au père de 
Tibérius, à Alexandros Lysimachos, qui, nous l'avons vu, avait 
été alabarque à Alexandrie , et qui , grâce à ses trésors et à 
son influence personnelle comme à celle de son fils, a pu facile- 
ment obtenir une statue sur un forum de Rome. 



Dans un autre passage (Sat. v, 46 sqq) du même Juvénal, on 
trouve ces vers : 

Tu Beneventani sutoris nomen habentem 
siccabis calicem nasorum quatuor ac jam 
quassatum et rupto poscentem sulpura vitro ; 

qui s'explique d'ordinaire de la manière suivante : « Un verre 
déjà cassé, et qui demande du soufre pour être raccommodé 6 ». 
Cette interprétation, quelque naturelle qu'elle puisse paraître 
au premier abord, ne saurait cependant se maintenir. On cite 
souvent, pour l'appuyer, les passages suivants du poète Martial : 



Si, comme le suppose Weidner (ad Juv. v, 46), les sulpurata 
sont des marchandises raccommodées par le mastic de soufre, 



1 Id. ibid., xx, 5, 2. 
« Id. ibid., xx, 3. 

3 de la classe des illustres, Tacit., Ann. t xv, 28. 

4 Flav. Joseph., Antiq. jud. t xx, 3; Bell. Jud. II, 19. 

5 Id., Bell. Jud., il, 36 ; Tacit., Hist., i, 11 ; n, 74, 79 ; Suct., Vespas, 6. 

6 Cf. Vet. schol.: « Soient sulphure calices fractos, seu caldariolas com- 
ponere, vitrum solidare, id est, malthare. » 



Hoc quod transtiberinus ambulator 
qui pallentia sulpurata fractis 
permutât vitreis. (I, 42). 




372 



NOTE SUE DEUX PASSAGES DE JUVENAL. 



on peut se demander cependant ce que voudrait dire, dans 
ce cas, l'épithète de pallentia appliquée à ces objets. 



De ce passage, on peut rapprocher le suivant du même poète 
(xii, 57, 14). 



Ici encore, l'interprétation indiquée plus haut, est, à la ri- 
gueur, possible. Mais un troisième passage de Martial prouve 
clairement, à notre avis, que la sulpurata merx et les pallentia 
sulpurata n'étaient nullement des objets raccommodés au moyen 
d'un mastic de soufre. On lit, en effet, au livre x, n° 30 : 



Ce passage semble être l'interprétation de celui de Juvénal. 
Il s'agit ici des marchands de ces coupes cassées qui ne consen- 
tiraient pas à acheter sulpurato ramento les mauvais vers faus- 
sement attribués à Martial. Ici sulpuratus est accompagné d'un 
substantif, et celui-ci ne peut indiquer que de petits morceaux 
de bois, ou des copeaux. Or, nous venons de le faire remarquer, 
l'idée de Martial est la même que celle de Juvénal : ajoutons 
encore que chez le satirique le pluriel sulpura doit désigner 
plusieurs objets, et non une matière soufrée, un mastic que le 
singulier seul pourrait indiquer. 

Mais alors qu'étaient ces sulpurata rameuta et aussi les sul- 
pura de Juvénal? Nous croyons que c'était une sorte d'allu- 
mettes, de ellychnia ou mèches, à la fabrication desquelles 
servait le soufre. Pline, parlant des différents emplois du soufre 
dit, en effet, (N. H., xxxv, 50) : « Quarto autem ad ellychnia 
maxime con/îcienda » *. 

Cette marchandise sans grande valeur était vendue par des 



1 Les Vatinia sont les Beneventani sutoris nomen habentes calices de 
Juvénal. 

1 Le même auteur dit dans un autre passage (xxxvi, 19, 30), en parlant 
d'une pierre appelée pyrite : Hi exploratoribus castrorum maxime neces- 
sarii qui clavo vel altero lapide percussi scintillas edunt, quae exceptae 
sulfure aut fungis aridis aut foliis, dicto celerius ignem praebent. 



Nec sulpuratae lippus institor mercis. 



Vernaculorum dicta, sordidam dentem 
et foeda linguae probra circulatricis 
quae sulpurato nolit empta ramento 
Vatiniorum proxeneta fractorum 1 . 




NOTE SUR DEUX PASSAGES DE JUVENAL. 



373 



gens de rien, des colporteurs sortis des bas-quartiers 1 , et qui 
troquaient souvent ces allumettes contre des verres cassés, qu'ils 
faisaient ensuite refondre, ou, peut-être, raccommodaient d'une 
certaine manière. 

Des passages cités plus haut, on peut encore rapprocher un 
autre de Stace qui, dans ses Silvae, I, 6, 73, dit également : Hic 
plebs scenica, quaeque comminutis permutant vitricis gregale 
sulpur. 

Nous considérons donc le rupto vitro du satirique comme 
étant à l'ablatif, et nous donnons à poscere le sens de : offrir 
un prix, de même que dans les passages suivants : Plaut. Stick., 
I, 3, 68 : « Logos ridiculos vendo, agite, licemini. Qui coena 
poscit? ecqui poscit prandio? (Cf. Mercat., II, 3, 101) et Plin. 
N. H., XXXV, 10, 36 n° 13 : Me quinquagenis talentis poscit, » 
Les mots calicem .... rupto poscentem sulpura vitro se tradui- 
raient donc de la manière suivante : « Une coupe qui offre son 
verre cassé pour des allumettes. » 

Cette interprétation s'applique non seulement au passage 
qui nous occupe, mais aussi à tous ceux qui ont été cités 
en faveur de l'explication que nous désapprouvons. Dans 
Martial, I, 42, on comprend parfaitement l'expression pallentia 
sidpurata, du moment qu'on y voit des allumettes d'un jaune 
blanchâtre, et le vendeur de marchandise soufrée de xn, 57, 4 
est aussi, tout naturellement, le marchand d'allumettes. 



1 Transtiberinus ambulator (Màrt., i, 42); lippus institor (id., xi, 57, 14) 
proxeneta (id., x, 30) ; Stat. Silvae, i, 6, 73 : plebs quae ... gregale sulfur. 



R. De Block. 




374 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS 

DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE BRUXELLES. 
{Suite; voir p. 3U, 5e livr.) 

26 (2102-3). S. Joannis Chrysostomi epistol^. 

Page 211 : Lettre de Fronton du Duc à André Schott (Paris, 13 ocl. 
1611) avec une table des lettres de S. Jean Chrysostome. 

Page 217 : Fragmentum S. Joannis Chrysostomi orationis de eo quod 
nerao lseditur nisi a se ipso ; incip. : ... oub'hu oixooofiîxv ... 

Sur le fol. de garde en tète, on lit : « Misit apographum hoc e cod. 
Augustano Marcus Velserus M DXC VIN., xm. kl. octobris, » — et 
au dessous : « Pro dno Joanne Livineio. » 

XVIe siècle. Papier, 223 pages, 210 sur 165 millim. Couv. parche- 
min. (Jésuites d'Anvers.) 

27 (11351-52). Nemesii Emeseni de natura hominis. 

Le texte de Nemesius commence seulement au chapitre II : Aia- 
pwvEîrai *x" ov ••• — H es * précédé du texte imprimé de l'édition 
de Plantin, 1564, in-8°, avec la traduction de Nicaise van Ellebode, 
d'après une note de A Schott. 

Au commencement du texte manuscrit (fol. 20), cette note : Ojuroipoç 
rise/tvou cwpov, .ufox'. « Jo. Livineii ex dono Victoris Giselini. » 

XVI e siècle. Papier, 142 pages et fol. 20-113, 246 sur 170 millim. 
D. rel. (Jésuites d'Anvers.) 

28 (11259). S. Cyrilli Alexandrini commentarius in Joannem. 

Incip. : Meta tg-j roû uoivripoi... — Desin. : ... /xvjoa/jiws ôûva<y0ai. 1klo$. 

XVII e siècle. Papier. 109 feuillets, 210 sur 165 millim. Couv. par- 
chemin. (Jésuites d'Anvers.) 

29 (8301). S. Cyrilli Alexandrint homillsî Paschales xxx. 

Au \ ° du fol. de garde, en tête, on lit : « Emi hune ms. Cyrilli Toleti 
ex bibliotheca Alvari Gometii, cui in possessione Grsecarum litterarum 
successi, a secretario [Alfonso(?)] Castilonio, tredecim coronatis aureis 
- — 141 Andréas Schottus, 1582. » 

XVI* siècle. Papier. 279 feuillets, 280 sur 195 millim. Rel. parche- 
min. (Jésuites d'Anvers. — Schott.) 

30 (3895-96). Procopii Gaz^ei in Proverbia et in Cantica canticorum' 
selectarum expositiontjm epitome, B. Corderio interprète. 

Pages 1-247 : Comment, in Proverbia (gr.-lat.) : IpCa tUi toZ 
oofOiTÔcrov 2o>o/xwvto5 ... — Desin. (cap. 31) xat Tà etçaywyixà. Tklo$. 
Pages 1-163 : Comment, in Cantica canticorum (gr.-lat.) : Ai« twv 

cvt«û6« ysypa/A/ASvwv ... — Desin. twv oùpa.vio)v xsà xccQupdv. Tà TzpôfiuTVx. 
Nu/x^toç, o XpivToç ... 'Exx>vj7ta$ àxo7oudoi. 

XVII e siècle. Papier, 247 et 163 pages, 268 sur 200 millim. Couv. 
parchemin. (Jésuites d'Anvers.) 




CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



375 



31 (11373). jEneje Gazjei Theophrastus. 

Au fol. 1 v° on lit les vers suivants en l'honneur du grammairien 
Soissonnais Adrien Amerot (f 1560) : 



Sîvisas £evix«; ôs/vvço eù/xsvéw;. 

'Iàx&j^o; Aiasswptvo; "EMrçv 'Pàoioç. 
XVI e siècle. Copié par Jacques Diassorinos. Papier, 129 feuillets, 
192 sur 135 millim. Rel. ancienne estampée. 

32 (Ï1386). S. Joannis Damasceni sententlœ. 

Fol. 1 : Tow àyiwT«TOU 'Iwavvou toû Aajua7X>jvov. MîMovra; >J/*âs <zp%s,<j6xi 
filovdfùiv ... — Desin.: ... o 3è toutov ).à/3«v, toû viov ... 
Au bas du dernier feuillet, en écriture du XIV e siècle : Aùtyj >? /3t/3>© 5 

xàjuoû ©Eoàosfou jjlovu-^oÛ tov 'Pao\jvoû tow xè 'Ayiavoû, fu^ov 5s ccÙt/jv ix j^apuyrix^ 
toû Ti/xiwTàrou iv /Aova^ol; ts/5o5iaxo'vou xwpoû 'Avtwv^ou, xai oî àvay/jv0ay©vT£$ 
aùr/jv e5^£tt£ aùrov xà/AOÎ tw à/xapTw^w. 

Au v° du troisième fol. de garde, en écriture du XV e siècle : 
« Sententise Damasceni theologi diligentissimi |||| [2 lignes grattées] 
mccccxxij. » et au bas du fol. 1 : « Ex bibliotheca ff. Prsedicatorum 
Paris, in vico Sti. Honorati. » 

XIII e siècle. Bombycin, 171 feuillets, 165 sur 112 millim. D. rel. 
(Jacobins de St. Honoré, de Paris.) 

33 (11328). Joanni3 Moschi Pratum spirituale. 

Fol. 1 : « UxpôcSwsoç. 'Ap^vj twv ôivr/vfaswv. Twv iaptvwy ... — Desin. : 
« .. vïj7T£Û£iv, w*T£ YOfilÇiiv Tivâ^, sequentia desiderantur in codice a 
Daniele Hœschelio, Davidis ex fratre nepote, descripto perinde ut 
habuit anno 1613. » — Suit en 6 feuillets une table des initia des 
422 chapitres. 

XVII e siècle. Papier, 296 pages et 6 feuillets. 326 sur 210 millim. 
Couv. parchemin. (Jésuites d'Anvers.) 

34 (11381). Palladii historia Lausiaca. 

Page 1 : Utpi 'Iwàvvou roû ix.Avxw ... > EQ&xi6c./j.r,v ouv iv toXç èploiç Auxû ... 
— Desin. : (de Hippolyto seniore)... yilotvBpuntoiç vfé«fc0>7. 

« E. ms. bibliothecse Augustanœ raûra; rà$ S^y^ui descripsit fide 
qua debuit Daniel, Davidis ex fratre nepos, Hœschelius, anno 1614, 
mense januario. » 



XVII e siècle. Papier, 116 pages, 202 sur 160 millim. D. rel. (Jésuites 
d'Anvers.) 




'Aopiavè, Çifaov àvSpàç rode. >àÇso êwpov 
Ktp/.<x'ftâov Aavaoû etye fiixpàv T£)i0si. 



Zâù; yùp àzi izpo'sôt.yzi nctp<x.TcXr}<sioi> iç tov o/xoXov 
*Q$ -fj Msaovfôou fQkyÇctro KaMio7rv?, 





37G 



CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



35 (14249). Mtchaelis Pselli du omnifaria doctrina. 

Sur le fol. de garde, on lit : «• Character gnecus, quo hic liber des- 
criptus est, est N. prœdicantis Lutherani Augustœ Vindelicorum, qui 
et descripsit ex bibliotheca Augustana S. Athanasium in Psalmos, 
grœce, quem habeo, necdum, quod sciam, versum in sermonem 
latinum. Otho Zylius, 1655, oct. »> 

XVII' siècle. Papier, 108 pages, 320 sur 200 millim. D. rel, 

Jurisprudence. 

36 (11355-56). Canones Apostolorum. 

Fol. 1 : Kavo'vt; r&iv Uyltav ' Anotrôlcav . Kavwv irpûTOç. 'Ep/x^viix. Tpili oè 
i£â:ravToç ùytO.ovii ... — ... (Kavwv m') ... xai Çéva rifc tvitjZîluç. Té/o^. 

Fol. 23: Tà TWV Ôf'ytxltiiV 70~J -kolIoltIou T/}Ç K wvjTavTivou7ro'/£&>$ OVÔJJLXTCC. 
01 roû /3a*i>i«> ùiol ... — ... xkt' àÇtav t<7$ no/tu;. T£>o$. 

XVI* siècle. Papier, 51 feuillets, 242 sur 165 millim. Couv. par- 
chemin. (Jésuites de Bruxelles.) 

37 (7020-21). Justiniani institutiones per Theophilum grœce versœ. 

Fol. a : Tableau de consanguinité. 

Fol. 1 : « Institutiones D. Justiniani in grecam linguam per Theo- 
philum olim traductœ, ac nunc primum in lucem restitutœ cura et 
studio Viglii Zuichemi Phrysii, quarum utilitatem abunde ejusdem 
déclarât prœfatio ad opt. max. irap. Carolum quintum. » — Cf. 
l'édition de Viglius, Bâle, Froben et Paris, Wechel, 1534, in-8°. 

A la fin : « Scripsit D. Viglio ut studiosis omnibus Hieronymus 
Agninus, Patavii, xv. kal. Decembris, a° salutis 1532. » — Suivent 
(fol. 316) 3 pages d'additions : « Lectori S. Cum jam hasce Institutiones 
imprimere cepissemus, allatum est nobis aliud exemplar ...» 

XVI« siècle. Papier, 317 feuillets, 300 sur 210 millim. Rel. anc. 
estampée. 

38 (613). Justiniani institutiones per Theophilum grœce versœ. 

Fol. 1 : Vocabularium latino-grœcum vocabulorum juris : « Habet, 
l%it. Ad pretium participandum, àâ npa.trïo\tfjL 7ra/5Tixi7râvoou/x ...» 

Fol. 10. « Principium institutionum imperialium. » 

Kn tête du fol. 1, on lit: « Descriptum exemplar ab Constantino 
natione Greco, Venetiis, anno 1533, ex veteri exemplari Jo. Baptistœ 
iEgnatii ad usum Viglii Zuichemi Phrysii ... * 

XVI # siècle. Papier, 276 feuillets, 302 sur 202 mill. Rel. estampée. 

Sciences et Arts. 

39 (11360-63). Joannis Stob^i sermones, Platonis dialogi et Plutarchi 

MORALIA. 

Fol. 1-68 : Joannis Stobœi sermones de virtutibus et \itiis : i. Utpi 

àptvfïi. UuBccyopcu; epvj* Xo»J /3iov ... — ... (XLVI. Ilepc nlovaLov) ... àXX' où% 
ûnocxovatTKt. »> 



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CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



377 



Fol. 1-72 : Platonis Phaedon (fol. 1), — Phaedrus (fol. 15 v°), — 
Gorgias (fol. 16 v°), — Minos (fol. 24), — Apologia (fol. 29 v°), — 
Timeeus (fol. 35), — Alcibiades prior et alter (fol. 48 v° et 54 v°), — 
Axiochus, sive de morte (fol. 57 v°), — Symposion sive de bono (fol. 
62 v°), — Alcyon, sive de metamorphosi (fol. 70 v°), — Fragmentum 
ex dialogo priore de anima (fol. 69). 

Fol. 1-63 : « 'Aizô twv ïjOi/ôîv tsû n\ovTÔip%ov. U&pi àpir/iç. Tà î/Aàna 
êoAÙ BepfioLhnv ...» 

De virtute (fol. 1), — de oraculorum defectu (fol. 1 v°), — de sera 
nimis vindicte (fol. 2), — de utilitate ex hostibus capienda (fol. 7 v°), 

— de discrimine amici et adulatoris (fol. 14 v°), — quomodo se quis 
citra invidiam laudare possit (fol. 20), — de ira cohibenda (fol. 21 v°), 

— de curiositate (fol. 25), — de animi tranquillitate (fol. 27 v°), — de 
inutili verecundia (fol. 33 v°), — de fraterno amore (fol. 36 v°), — de 
garrulitate (fol. 41), — de audiendo (fol. 46), — de amicorum multi- 
tudine (fol. 48 v°), — de cupiditate divitiarum (fol. 50 v°), — de fortuna 
(fol. 52 v°), — utrum majores animi an corporis passiones (fol. 55), — 
aqua an ignis utilior (fol. 56 v°), — de superstitione (fol. 59). 

XIV e siècle. Bombycin, 68, 72 et 63 feuillets, 225 sur 158 millim. 
Rel. anc. estampée. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 20.) 

40 (18967). Plutarchi opuscula moralia. 

De utilitate exinimicis capienda (fol. I), — de amicorum multitu- 
dine (fol. 14 v°), — de fortuna (fol. 24), — de cupiditate divitiarum 
(fol. 30), — de superstitione (fol. 40 v°), — oratio consolatoria ad 
Apollonium (fol. 56), — de curiositate (fol. 93), — de tranquillitate 
animi (fol. 108 v 0 ),— de immodica verecundia (fol. 132 v°), — de vir- 
tute et vitio (fol. 147), — de liberis recte educandis (fol. 149 v°), — 
quomodo quis in virtute proficere debeat (fol. 173 v°), — de garrulitate 
(fol. 195 v°), — de audiendo (fol. 225), — de non irascendo (fol. 249 v°), 

— utrum aqua an ignis utilior (fol. 276 v°), — bruta animantia ratione 
uti (fol. 284), — prœcepta moralia (fol. 302), — prsecepta connubialia 
(fol. 338 v°), — de virtute morali (fol. 356 v°), — non esse fœnerandum 
(fol. 381 v°), — ad indoctum principem (fol. 392 v°), — oportere 
philosophum cum principibus sermocinari (fol. 400), — de fraterno 
amore (fol. 409). — quomodo se quis sine invidia laudare possit 
(fol. 444). 

XIV e siècle. Bombycin, 450 feuillets, 296 sur 210 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 10.) 

41 (11299-300). Joannis Alexandrini [Philoponi] comment arius in 
aristotelis l1bros iii. de anima. 

Au fol. 1, on lit: « Latimeri liber. » 

XVI« siècle. Papier, 276 feuillets, 300 sur 198 millim. Rel. veau. 
(Jésuites de Bruxelles.) 

42 (2302). SlMPLICII COMMENTA RIUS IN EpICTETI ENCH[RIDION. 

A la fin, on lit recopié, comme le reste du manuscrit : 'Ey£Te//oày>j 

TOME XXVII. 27 




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CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS 



to notpov /8i£/fov Stà xtipoi IjxoZ || Mwàvvow t^&éw* ? Pwaou roZ Kprjroç || Iv erei 
à?rô X/sittoû ycvy^cwf || ,au£>j', /xaprlx (sic) x/j', || sv Bevenà ~ 1468. || 
Venetiis. 

XVII» siècle. Papier, 221 feuillets, 196 sur 158 millim. Rel. parche- 
min. (Jésuites d'Anvers.) 

43 (4146). PORPHYRIÏ DE ABSTINENTIA LIBBI IV. 

XVII* siècle. Papier, 127 feuillets. 198 sur 155 mill. Rel. parchemin. 
(Jésuites d'Anvers.) 

44 (11283). Manuelis Adramyttini collectio Sibylltnorum oraculo- 
rum, ad Angelum Politianum. 

XVI» siècle. Papier, 55 feuill., 200 sur 148 millim. Rel. parchemin. 
(Jésuites d'Anvers.) 

45 (11345-48). Erotiani et Galeni lexica medica, etc. 

Fol. 1 : Erotiani lexicon medicum. 
Fol. 25 : Galeni lexicon Hippocratis. 

Fol. 47 : Anonymi « theorica sphera?. » Ul&rw plv 6 &» 2<r«7fe, 

... — ... npo{iÏY]iJLCiTOiv &>v ÇvjTetv eîwOaaiv. 

Fol. 77 : Cl. Ptolemsei geographise libri MI, 3, 19 : 

Au fol. 1, 47 et 77, on lit : « T. Linacri liber. » 

XVI« siècle. Papier, 104 feuillets, 332 sur 230 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites de Bruxelles.) 

46 (11337-41). Actuarh opéra medica. 

Fol. 1 : Actuarii de actionibus et affectibus spiritus animalis 
ejusque victu libri IL 
Fol. 138 v° : Ejusdem de methodo medendi libri VI. 

Fol. 239 : « Toû uoroû 'AxTOuapfov t/j$ larpixvjs fxtdôSov fiifiXiov izzpl twv 
ev T/j iTripavefa îraôwv Tni ts xtjjaXvfc /jlxXiitu xal toû Xoœov <j<i>/xaT0$. [Table 
des chapitres.] 'Edoxd /xoi £ià ... — ... b Xôyoç reki'yj. 

Fol. 275 : Symeonis Sethi syntagma de cibariorum facultate. 

Au fol. 1, on lit: « Admodum R do Dno. D. Petro Pantino lingu» 
grsecse peritiss mo hune unicum ex multis libris ms. gr. atque latinis 
fœlic. record. D. Johannis Clementis avi mei in his tumultubus Belgii 
infœliciter amissis, fortuito reservatum, Ceesar Clemens nepos amico 
optimo D. D. D. 1607. » 

XVI 6 siècle. Parchemin et papier, 324 feuillets, 208 sur 140 millim. 
Rel. veau br. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 26.) 

47 (3608). Heronis Alexandrini spiritalia. 

Au fol. 1, on lit : « Collegio So. Jesu Bruxellis dono dédit ill. D. 
de Ribaucourt, 1642. » 

XVI» siècle. Papier, 39 feuillets, 334 sur 230 millim. Couv. parchem. 
(Jésuites de Bruxelles.) 

48 (11349). Heronis [Alexandrini] strategica. 

Fol. 1 : « "Hjîwvos Ttctpt^oXxi ex twv <jT/saT/r/ixwv 7r«/5«T«|ewv. Jltpi roû 7Tws 



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CATALOGUE DES MANUSCRITS GEECS. 



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ozï «ya7rw50ai tov <7Tpctr/)-/àv Ttocpà roû ùnoxupiov Xctoû. IoZtq ytvrrat orav... 

— ... 7re7ro{vjx£v. 

Fol. 32 V°: 2r/5«T/7yixà Trapay/Q/Aara. "On 5sl €7riy£f £<;8ai ... — ... 

à7T>.>7XTOU ô nOTOt/JLÔi. Ts/flÇ. 

A la fin, la signature : « - : Josepepantosa S rio del S to Officio. »> 
XVI e siècle. (Copié par André Darmarios.) Papier, 42 feuillets, 285 
sur 195 millim. Rel. parchemin. (Jésuites d'Anvers.) 

49 (1871-77). ^Eliani varia historia, Georgii Gemisti Plethonis opus- 
cula, etc. 

Fol. 1 : « Ex iEliano de varia historia, et ex historia animalium 

ejusdem. » AD.iàvou noixC/.*} Uropla.. Uzpi ^a>«yywv. <I>âAayysç tcc diplex. ... 

— ... xaî toûto oùx àyaQov. 

Fol. 35 : Georgii Gemisti Plethonis liber contra Scholarii defen- 
sionem Aristotelis. 

Fol. 103 : IWyiBuvqç Tizpl Gemv ysv^sw^ Six /aît*/?» ty)ç Tttpi yovscov Ixyo'vcu? 
où /u£e&iç Ù7ro0èa£&>5. Koiv&iv te a£ yuvaixwv ... — ... ©ut 7 àXXôusav. 

Fol. 125 : v» Meteora. — Grando non fit quando pluvia ... — de terrse 
motu, de cometis, de galaxia, de ventis ; — extraits, la plupart en grec. 

Fol. 130 : « De Nilo incremento (sic) variée sententise. MEyà/vj,- Si 
ouvris xnopîxç ... — ... 7r«|9aÔ£opw/A£v (fol. 133-140 blancs). 

Fol. 141 : Extraits divers : « De anima. » 'A^tot. 7r«Màxi$ tyuytfv xcdsî 
5.[xa. ffuA>.a/ii/3àvwv ... — Fol. 147 : « Averois. Intellectus non est corpus 
aut admixtum cum corpore... » 

Fol. 148 v° : « Olympiodorus in commentariis super Gorgiam. » 'Ev 
oSû july] ^ï7?siv... (fol. 149-155 blancs). — Fol. 155 v° : 'Ex twv BiuSopirou. 

T/jv ithrYjv ôpizocTO ... 

XV 6 -XVI e siècle. (Copié par Michel Apostolis, fol. 1-124.) Papier, 
155 feuill., 268 sur 198 millim. Rel. anc. estampée. (Jésuites d'Anvers. 

— Pantin, 15.) 

50 (14774). « Ex Leonis tacticis capita duo. » 

Fol. 1 : IIoXe/aixwv Tzxpxvxe.vwv SixTxÇiq ittpi èfoSwv àSoxr)Twv. A'. 'Ap^aToç 
7roû SiSxaxti >o'yos ... — ... (§ piS f ) ... y) IÇ a»v X7tsfuys.v. TéAo; to~j >.oyou. — 
Fol. 19 V° : 'OïaGra piv o£v dprççQw xat itepi rov twv IÇyJ<; ... — ... xpôip.tvoi 
SvoàvTY) rou Soxovvw rois tTte.py i OfjLivoiç. 

Ce manuscrit a autrefois appartenu à Francesco d'Asola, beau- 
frère d'Aide Manuce, et porte le n° xviu. de son catalogue. 

XVI e siècle. Papier, 28 feuillets, 208 sur 145 millim. Rel. parchem. 
(Bibliothèque de Rosny, n° 2356.) 

51 (4523-24). « Brevis ad philosophiam gr^ece tuendam apparatus, 

opère et studio Thomse Plumerden Londinensis et collegii Anglorum 
Duacensis socii. 1697. » 

En haut du titre, on lit : « Van Blotacque, ex dono authoris. » et 
« Redemptus a P. N. Fyes Soc ti8 Jesu. » 

XVI1 # siècle. Papier, 153 pages, 168 sur 105 millim. Rel. veau br. 
(Jésuites de Douai?) 



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CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



Belles-Lettres. 

52 (2952-53). Michàelis Syncblli methodus de syntaxi orationis. 

Fol. 1 : M(^ar/).5u TzpfjfivTipov 2j'//£/$u xo 7 j ù.izo^xo'ixAOxj Qpôvou twv 
MzvonoTZftlzi a'tryjîsi Aa^i^ov oia/.s'vou, 'fùoïd/'jj /ai /$/$Oît$u. 'H ttî^î t-£$ 

GVVTÛÇt'jii TO T j ).6yOV ... — ... ^O.TjSSU, 2» ^i/WV ap5T£. 

Fol. 94 V° : "Erepa T/ripuT*. "UQt Sri rôtv toZ Xo'you v^^ara ... — ... to} 

Fol. 105 : De metris. ris^t toS >jj9&>17oû fi'trpou kpfxr/jzlx àvscyxsu'a. Tô 
>$pwi'zàv fiirpov iÇôcfxirpôv imv ... — ... t>}v 7r>9xvjv /aa^avsrai. 

XV e siècle. (Copié par Jean Rhosos.) Papier, 119 feuillets, 148 sur 
100 millim. Rel. anc. estampée. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 39.) 

53 (11371). Theodori Prodromi ad qu.e9ita sebastocratoriss^ Irenes 

BREVIS ENARRATIO. 

Incip.: Ka6â7rsp tg àv9pw7Tivov 7<w/xa ... — ... à».* ùzi Itti/as/^ovto; •:• Tùo;. 
XVI e siècle. Papier, 96 feuillets, 215 sur 150 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 23.) 

54 (11369-70). Manuelis Moschopuli erotemata. 

Fol. 1 : Té hn 7rpo7«$Éa, nota, tôcsiç ... — ... twv ©xtw jitpw roû Xdyov 

A la fin, on lit l'ex-libris « Seleuci Chalchondylis et amicorum. » 
XVI e siècle. Papier, 92 feuillets, 214 sur 150 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 21.) 

55 (11364-66). Georgii Scholarii et Theodori Gaz^e grammatica. 

Fol. 1 : Georgii Scholarii de octo partibus orationis. 
Fol. 77 : Theodori Gazse introductionis grammaticse libri IV. 
XVI e siècle. Papier, 265 feuillets, 212 sur 152 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites de Tournai.) 

56 (11342). Manuelis Chrysolorje erotemata grammatica. 

Fol. 1 : Ms6o5o? twv xXtïewv xaî ntpi twv oxtw fjLEpùv tov \6yov 3uà ... 
MavovvjXos XpvîwAwpa. — A la fin : Tà IpoiSt/notToc. êVriv roZ Bsvroû/îas Tap).axoû, 
«os yïypaft b Aouxicç At/xospioç (?) savroû b àiâasxsttoç (sic): — Aaou$ toû 6s w. 

XV e siècle. Copié par Lucius jEmoerius(?). Parchemin, 43 feuillets, 
144 sur 92 millim. Peintures italiennes au fol. 1. Rel. parchemin. 

57 (4152-53). Gregorii [Georgii] Corinthi et Maximi Planudis de 

SYNTAXI. 

Fol. 1 : Georgii, Corinthi metropolitœ, Pardi dicti, de syntaxi, seu 
de solœcismo et barbarismo. 

Fol. 29 v°: Maximi Planudis de syntaxi verborum. 

Au fol. 1, on lit: « Petrus Pantinus R. P. Andrese Schotto in sem- 
piternum suse erga ipsum observantiae testimonium L. M. D. D. 
Madriti, A. D. iv. eid. septemb. CIOIOXCII. »> 

XVI e siècle. (Copié par André Darmarios.) Papier, 70 feuillets, 202 
sur 150 millim. Rel. parchemin. (Jésuites d'Anvers. — Schott.) 



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58 (4306-17). Varia grammatica, Luciani et Plutarchi opuscula. 

Fol. 1 : « Institutiones graecae grammaticae. Accentuum exquisita 
ratio. Etymologia. Ex Homero, Thersita et Chelys, cum scholiis 
Philip. Melancht. ... Tubingae, » (s. d.), in-4° (imprimé). 

Fol. 60 : « Epistolae graecae elegantissimae, ex diversis autoribus 
diligenter selectae. Luciani saturnalia. Eiusdem Cronosolon, i. Satur- 
nalium legum lator. Eiusdem epistolae saturnales. — (A la fin :) 
Lovanii, apud Theodoricum Martinum Alustensem. An. M. D. XX. », 
in-4° (imprimé). 

Fol. 100 : Luciani dialogi : 

De Somnio, seu vita Luciani (fol. 100); — Ad eum qui dixerat : 
Prometheus es in verbis (fol. 105 v°); — Epistola ad Nigrinum (fol. 
106 v°) ; — Nigrinus, sive de moribus philosophorum (fol. 107) ; — 
Judicium vocalium (fol. 113) ; — Tyrannicida (fol. 124 v°) ; — Halcyon, 
seu de transformatione (fol. 140) ; — Deorum dialogi xxvi. (fol. 150) ; 

— Dialogi marini xv. (fol. 163 v°); — Dialogi mortuorum xxx. 
(fol. 169). 

Fol. 130: « Abbreviationes grsecae » (alphab.). — Fol. 136 v° : 
« Abbreviationes quaedam grammaticorum proprise.» — Fol. 137: 
« Abbreviationes medicorum. » — Fol. 137 v° : « Abbreviationes 
sacrae scripturae » (abréviations de l'onciale). 

Fol. 184 : « Disciplina Christianorum fidelibus omnibus scitu ne- 
cessaria, una cum graeca translatione. » Prières, gr.-lat. 

Fol. 191-193 : Platonis epistolae, latine. Incip. : « Plato Dioni Syra- 
cusano bene agere. Puto manifestum esse... » (Epist. 4, 5, 6, 9, 10, 
11, 12.) 

Fol. 1-83 : Plutarchi opuscula moralia. 

De audiendo (fol. 1), — de virtute et vitio (fol. 14), — de fortuna 
(fol. 16), — de ratione audiendorum poetarum (fol. 19), — de utilitate 
ex hostibus capienda (fol. 44), — de amicorum multitudine (fol. 53), 

— de superstitione (fol. 58). — Fol. 69: Plutarchi Chseronei de 
liberor. institutione (gr. lat. — A la fin :) Apud Eucharium Cervicor- 
num, sexta die mensis julii, » in-4° (imprimé). 

XVI e siècle. Papier, 193 et 83 feuillets, 192 sur 136 millim. Rel. 
anc. estampée. (« Cartusise Silvae Sancti Martini prope Gerardi 
Montem in Flandria, 1665. ») 

59 (11281). Suuxai lbxicon [E de Gaisford], 

Fol. 631 : < E/3//.yjVSl'a TWV £7riTT|5aTSU/A«TWV XOCÊ 7To).£/UX«V TTapKTàÇeo» (f>Ù)V0)V. 

KxraXoyiiai ian ro zU ïôypvs ... — ... iÀàrrouç '/evwvrac. — (et en rouge, 
fol. 633 :) •:• Qzoû ro oôtpov /ai novoç, 'Iwawou : - 'Eretai&O/j || sv stsi ,v.vqz' : 
~ iv tvj Kopûvy : ~ 

XV e siècle. Papier, 633 feuillets, 300 sur 204 millim. Rel. anc. 
estampée. (Jésuites d'Anvers.) 

60 (11350). Julii Pollucis onomasticon. 

En tête, on lit : « Pétri Pantini decani », et plus bas, biffé : « R do 




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in Christo P. André» Schotto, Societ. Jesu sacerd. theologo, Carolus 
Verbeg. » 

XVI € siècle. Papier, 119 feuillets, 278 sur 194 millim. Rel. parche- 
min. (Jésuites d'Anvers. — Pantin, 6.) 

61 (3932). Lkxicon grjeco-latinum. 

Fol. 1 : Ae|t/ov /arec iTOiyilov )e|swv twv 'E).).»)vwv /ai twv AaWvwv. 'kpyn 
ro'j ypzpiiuTOi A.] "A, tanquara ''AIIO interjectio exel amant is.] ' kxroç. 
Insatiabilis, illesus, innocens. ] 'Aâgro;, pro «sct*;. Illaesus.] ''Aarat, 
nocet .... 

... 'Qx/ 9 ** ille color qui teritur a pictoribus.] *'Qf, âmes, vultus, 
aspectus, frons. 

Suit une liste de prépositions, adverbes, etc., (fol. 250 v°) : « Mèv, 
>;toi, quidem ; av, si, vel utique ... — ... i/are^ecv, utrinque. »> 

Fol. 252 : Menses jEgyptiorum, Macedonum, Hebraeorum et Athe- 
niensium. — Il y a deux listes des mois athéniens, l'une commençant 
par 'E/aTo/x^afwv, l'autre par Mouvu/fwv. 

XV* siècle, Papier, 253 feuillets, à 2 col., 250 sur 205 millim. Rel. 
parchemin. 

62 (11288). Etymologicon magnum et Manuelis Moschopuli paraphrasis 
in Iliada. 

Fol. 1 : Etymologicon magnum. 

Fol. 358 : Manuelis Moschopuli paraphrasis grammatica in duos 
priores libros Iliados (publiée d'après ce ms. par J. Scherpezel, 
Amsterdam, 1702, in-8°). 

XVIe siècle. Papier, 384 feuillets, 280 sur 200 mill. Rel. parchemin. 
(Jésuites d'Anvers. — Pantin, 7.) 

63 (11372). Anontmi lexicon et Manuelis Moschopuli schem:. 

Fol. 1 : Anonymi lexicon orthographicum : ... m/w; Si tô koivw; 

\tyô/j.i)>ov ... — ... ixniiÇ6/j.ivov Sî'fBoyyov. 

Fol. 45 : « Schedœ Moscopuli a Rob. Stephano éditée anno 1545, 

in-4°, ... p. 66 : Et; tôv ayiov Ttùpyiov, S/sâo; y*. rsw/syyjOsl; ùnô ®tov f 
àvt5et'-/0yj; ... — ... (S-/é5o; tO') ... £7rî ivvzyolî izoso^ 7râ; ht S7Tt ...» 

XVI e siècle. Papier, 133 feuillets, 198 sur 132 millim. Rel. parche- 
min. (Jésuites d'Anvers.) 

64 (11262-69). Varia de grammatica. 

Fol. 1 : [Nicolai Clenardi] Synonyma grœca : ... w O*a «tt* eùfoa /*ovt'yj;. 
Eùxaijsw, tùfopû, tvpoû ... — ... e'Oua ènl 7ra/3a/5).>j7£w;) ... npài Tra/îw^vj/Aîvov 
iruvTâïçcrai. 

Fol. 13 : De spiritibus : là a' itpà îau-rov -fJoyTai, 'Aa/iwv, àa7rro;, 6 
àizpomklxiTOi ... — ... [mpi twv èôvixwv xaî kfipxïxùv ©vo/jiàTwv) ... xai Ta 
TOiayra aTo'virra. 

Fol. 47 : M. T. Ciceronis somnium Scipionis, a Maximo Planude 
grœce versum. 



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CATALOGUE DES MANUSCRITS GRECS. 



383 



Fol. 56 : « 'û? particulae varise significatioixes. » Tô w; nova, -yyj^atvet; 



Fol. 57 : « XII. Herculis kbores. » Il/îdiro;. 'E£é//.yjve tôv Aio* 'H/sax)^.. 

Fol. 63 : « De XII. Herculis laboribus, ex Catalectis Virgilianis 
I. Compressit Nemea? primum virtute leonem ...» 

Fol. 64 : De heroico carminé : Tàrjpùiïxàv pkTpov i^â./j.s.rp6v sjtiv ... — .. 



Fol. 70: Georgii [Leontini] encomium Helenœ. 7ro>et /ùv ... 

— ... Ifxàv Si notiyviov. 

Fol. 73 v° : « Epitaphium Theodori Gaza?. » 'H ocrptxw voyl* .... 

XVI* siècle. (Copié par Michel Apostolis, fol. 1-69.) Papier, 73 
feuillets, 190 sur 140 millim. Rel. parchemin. (Jésuites d'Anvers. — 
Pantin, 32.) 

65 (1282-83). « Epitheta oileca Conradi Deineei latinitate donata, 

a° 1612. » 

Incip.: "A^avrsç, Abantes, Euboese populi ... — ... «//v©7rovo$, gravi- 
tatem adferens. Té>o$, etc. 

XVII e siècle. Papier, 495 pages, 300 sur 200 millim. Couv. par- 
chemin. (Jésuites de Bruges.) 

66 (14969). Indices verborum gr^corum, numéro cxxvm. 

XVIII» siècle. Papier, 128 doubles feuillets à 6 col., 584 sur 335 
millim. D. rel. 

67 (8108-10). Indices auctorum variorum gr.-lat. 

« Indices auctorum citatorum. 

Graec. Athenœo in AM7rvo«yt»Toû«. — Stephano mpi noXioiv. — Joan. 
Stobseo in sermonibus. — Parœmiographis grœcis, Zenobio, Dioge- 
niano sive ||. Diogene Laertio, in vitis Sophistarum. — Plutarcho 
in vitis et in opusculis moralibus. — Strabone in geographia. — 
Comicorum et tragicorum veterum nomina comœdiarum et tragœ- 
diarum, ut iEschyli, Sophoclis et Euripidis. 

Lat. Aulo Gellio in Noctibus atticis. — Macrobio in Saturnalibus. 

— C. Plinii naturalis historise. » 

XVIIe siècle. Papier, 122 feuillets, 330 sur 205 millim. D. rel. 
(Jésuites d'Anvers.) 

68 (14773). Hermogenis de formis oratoriis. 

Fol. 1 : Zoifnviiicv rohuv ï.ôyov noiti ... (de formis oratoriis, ed. 1569, 
p. 223). — Fol. 15 : UpoXtyô/xtvx rôv ISiSiv. Tov Ttohruov Xoyov 5ec ... — 

Fol. 15 v° : Hermogenes de formis oratoriis. 

XVI e siècle. Papier, 24 feuillets, 298 sur 222 millim. Rel. parchem. 
(Bibliothèque de Rosny, n° 2355.) 

(A continuer). 




ertyoi àîraôeîs xataûvrai. 




384 



l/lNSCRIPTION d'aDRAMYTIUM. 



L'INSCRIPTION D'ADRAMYTIUM. 

Mommsen a publié dans YEphemeris epigraphica, IV 212-222 
(1S81), avec un court commentaire, un. fragment d'une inscrip- 
tion grecque, retrouvé à Adramytium dans l'Asie Mineure, et 
qui avait paru en 1S75 et en 1877 dans des Revues grecques et 
en 1878 dans le Bulletin de correspondance hellénique. 

Nous reproduisons ci-dessous, ligue par ligne, ce fragment, en 
plaçant entre crochets les parties complétées par Mommsen ou 
par nous f . Le texte est suivi d'une traduction latine, faite 
d'après nos compléments. 

['TT ( o]*t|V/]ôv 

[^s^ooapiMv Èv]/.o^sTtw psrà 
fi-jpSoiAîov s j7Tâyvr.jy.ÔTa ^[7]- 
5 [j^ari ffv/x^ïîjro'j y.zpl yjï>pvç if :] 
\nkpi à^yù^oyio. sttiv JïjjaoTÎwf :~| 



1 Les compléments de la ligne 2 sont de Mommsen, et nous semblent 
certains. L'espace libre ne permet pas de compléter par un autre chiffre 
que par rpiô». A la ligne 3, Mommsen lit '\xvozpiw, nous préférons 
Q&poxpîto-j , d'abord, parce que ce mot a une lettre de plus, et remplit 
mieux l'espace libre ; en second lieu, parce que les affaires étrangères et 
provinciales se traitaient à Rome plutôt au commencement qu'à la fin de 
l'année. Voyez T. II, de notre ouvrage sur le Sénat de la République 
romaine, p. 156-157. — Les compléments de la ligne 1 et des lignes 4 à 8 
sont de nous. Aux lignes 4, 5 et 7, Mommsen ne propose- pas de complé- 
ments. A la ligne 6, il lit : [£v ififU]->yîa } et à la ligne 8 : [vxôi. rpot?oy.h]oi. 
De ces deux compléments le premier nous semble trop court, et le second 
trop long, pour convenir à la lacune. D'ailleurs, le complément de la 
ligne 8 suppose que le fragment en question est un s. c. ; opinion que nous 
croyons erronée. C'est pourquoi nous n'adoptons pas non plus le com- 
plément [povUuTY)p]îo>, proposé par le premier éditeur, Earinus. — Dans la 
liste des noms propres, nous avons suivi les compléments et les correc- 
tions de Mommsen, sauf à la ligne 10, où le nom gentilice n'a pas été 
complété par Mommsen. Nous lisons [*/aov]ioj, pour le motif que nous 
indiquerons plus loin. 



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l'inscription d'adramytium. 



385 



[<rv^6oy).]îw 7:(/.pr é (T0Lv Kôtvroç Kat- 

[xD.toç K]oivtou uîôç 'Avt>?var/?ç, Tât- 
10 [oç 4>)aoû]toç Tatou uîôç Ms[v]/}vîa, Mâ- 

[apxoç] IloÛTrioç Maâpxou 2xa7r[r]ta, Tâ- 

[toç Ko]pv>fttoç Maâpxou STïj^aTSt- 

[va, Aojûxtoç Mgpuoç Tatou Mg[v]rç- 

[vta, KJôivtoç Oùâ).ytoç Maâpxou 
15 [ ]ta, Asûxtoç 'loû^toç 2s?to[u] 

[ Jva, Tâtoç Kot^toç Tatou Aipiu- 

[Ka, n]Ô7r).toç "A^êtoç no7r>tov Kupg[t-] 

[va, Mâjapxoç Koffxwvtoç Maâpxou 

[T/jpJ/jTStva, riÔ7r),to; TsarTtoç 
20 [rio]7rXtou 'Apvïjvrryj^ Asûxtoç 'As- 

f...o]ç Àsuxtou [OùJ'^svTStva, Tâtoç Poû- 

(3ptoç Tatou rio7r[),i]).ta, Tâtoç Atxîvtoç 

Tato[u] Tïjp/jTctva, Mâapxoç <I>a)ipioç 

Maâpxou K^auo^ta, Mâvtoç Asuxi- 
25 ^toç Maâpxou rTr»>pigvTStva, A-û- 

xtoç 4>î).toç Asux[tou 2a6]argtva, Tâto[ç] 

At<?toç Tatou Kup[stva], Kôivtoç K).aû- 

[cT]toç 'A^tou IIo).).ta, Agûxtoç 'Avô- 

ytoç Tatou Mgvgtvta, 27r[op]toç Kapo- 
30 uOitoç Asuxtou 2a[6a]rstva, nÔ7r^[t]- 

oç Zgi^toç Aôuxtou Ta),sota, Tâtoç 

['A]vvioç Tatou 'Apvîjv<r>jç, Tâtoç Z«p(./rp[&j] 

[v]toç Tatou 4>a)ipva, Tvâtoç 'Oxraûtofç] 

[A]guxîou Atau)ia, Mâapxoç, 'Arco)).^!- 
35 oç Maâpxou Kapu)>Xîa, Agûxtoç 'A^stvt- 

oç Asuxtou Aspiwvta, Tâtoç Naûrtoç 

Kotvrou OùcTupta, Tâtoç INîpîTw- 

ptoç Tatou Aspuvîa, Asûxtoç Kopv>;) k [i]- 

oç Maâpxou P&)ptu).ta, Tvâtoç riop7rrç[i]- 
40 oç Tvatou KooTTopLgtva, nÔ7r).toç llo- 

[7rî])^ioç Iïo7r).tou TyjpïjTgtva, Asûxt- 

[oç SIT 

pr(aetorem) (a cl. III) 

kalendas (februarias) in comitio cum (consilio) caussa cognita, 
ex sénat us(consulto) de regione de qua (controversia) est, publiée 
(habere eam judicare) Pergamenos. In (consilio) fuerunt 



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3S6 



l'inscription d'adramytium. 



Q. Cae(cilius) Q. f. An. 
C. (Flav)ius C. f. Men. 
M. Pupius M. f. Scap. 
C. (Cor)nelius M. f. Stell. 



20 L. Anogius C. f. Men. 
Sp. Carvilius L. f. Sab. 
P. Silius L. f. Gai. 
C. (A)nnius C. f. Arn. 
C. Semp(ron)ius C. f. Fal. 



C. Didius C. f. Quir. 
Q. Claudius Ap. f. Poil. 



5 L. Meramius C. f. Men. 

Q. Valgius M. f 

L. Julius Sex. f 

C. CoeliusC. f. Aem. 
P. Albius P. f. Quir. 



25 Cn. Octavius L. f. Aem. 
M. Appuleius M. f. Cam. 
L Afinius L. f. Lem. 
C. Nautius Q. f. Vet. 
C. Nuraitorius C. f. Lem. 



10 M. Cosconius M. f. Ter. 
P. Gessius P. F. Arn. 
L. Ae..,L. f.Ouf. 
C. Rubrius C. f. Pobl. 
C. Licinius C. f. Ter. 



30 L. Cornélius M. f. Rom. 
Cn. Pompeius Cn. f. Crust. 
P. Po(pi)llius P. f. Ter. 
L 



15 M. FaleriusM. f. Claud. 
M' Lucilius M. f. Pom. 



L. Filius L. f. Sab. 
Ce fragment appartient à la traduction grecque d'un acte 
officiel fait à Rome concernant des cités de l'Asie Mineure. Le 
mot xopgTiw, et les noms de membres de familles sénatoriennes 
qui se rencontrent sur la liste des noms propres ne laissent 
aucun doute à cet égard. Il était donc naturel de supposer que 
notre texte est un fragment d'un sénatusconsulte, d'autaut plus 
que le Sénat avait la haute décision dans les affaires étrangères 
et provinciales. 

Cependant cette supposition se heurte à de graves objections. 

La rédaction de notre texte s'écarte absolument de la rédaction 
officielle et traditionnelle de tous les sénatusconsultes connus 1 . 

1° Dans les sctes, les noms des témoins de la rédaction sont 
toujours placés après l'indication de la date et du lieu, et avant 
l'énoncé de la décision. Dans notre texte, la liste des noms 
propres suit la décision. 

2° Dans les sctes, l'énoncé de l'objet se compose de deux 
parties : d'abord, la question soumise au Sénat par le relator, 
ou, dans les sctes concernant les affaires étrangères, la demande 
faite au Sénat par les députés étrangers; en second lieu, la 
réponse du Sénat, c'est-à-dire la sententia adoptée. Il est maté- 



1 Voyez notre Sénat, II, 209 suiv. 




l'inscription d'adramytium. 



387 



riellement impossible que ce genre de rédaction ait été suivi 
dans notre document qui ne contient que quatre courtes lignes 
(6-7) pour l'exposé de l'objet en question et de la décision prise ; 
et dans les parties de phrases conservées rien ne fait reconnaître 
une rédaction analogue à celle des sctes. 

3° dans les sctes conservés, le nombre des témoins de la 
rédaction varie de 2 à 12. Dans notre document, il y a au moins 
trente-trois noms. Il y a là un écart considérable, dont il est 
impossible d'expliquer le motif, surtout, comme Mommsen le 
fait remarquer, parce que l'objet de la décision est de minime 
importance. « Fieri tamen potest, ajoute-t-il (1. 1., 218), ut in 
senatusconsulto more sollemni per relationem facto nomina 
eorum qui decrevissent adscribenda fuerint, in senatusconsulto 
facto per solam discessionem numerus tantum ponendus, unum- 
que hoc senatusconsultum sit adhuc repertum factum per 
sententias latas more sollemni. » Cet essai d'explication ne nous 
satisfait pas. Il n'est pas probable que les sctes conservés, dont 
plusieurs se rapportaient à des décisions importantes 4 , aient 
été tous faits par simple discessio, et il n'est pas exact de dire 
que les sctes de la République mentionnaient en bas du texte le 
nombre des sénateurs présents 2 . Cette indication ne se 
trouve dans aucun des sctes conservés ; c'est une innovation de 
l'Empire \ 

Pour ces motifs, nous concluons que notre document n'est 
pas un fragment de sénatusconsulte. La rédaction est conforme 
à celle des édits des magistrats faits de comilii sentent ia. 
Mommsen a publié dans le Hermès, II, 103, le texte officiel 
d'un décret d'un proconsul de Sardaigne de l'an 68 après J. C. 
Après praescriptio : III idus Martias L. Helvius Agrippa procos. 
caussa cognita pronuntiavit — vient le corps du décret, et à 
la fin les mots : in consilio fuerunt, avec la liste des noms des 
assesseurs du conseil, classés par ordre hiérarchique. Plusieurs 
édits de ce genre se trouvent encore chez Josèphe, Antiq. 
jud., XIV, 10, et bien que l'historien juif ne reproduise pas 



1 Voyez notre Sénat, II, 207, n° 4. 
* Ib., II, 170. 

3 Ib., II, 170, n e 1. Sur l'origine de cette innovation, voyez ib., II, 



166 suiv. 




388 



l'inscription d'adramytium. 



toujours le texte officiel, Ton y reconnaît cependant une rédac- 
tion analogue à celle du décret sarde, par exemple § 2 : 



)îoy yvtopyç s7T2x/nva. sttsL..» (les noms des membres du conseil 
n'y sont pas mentionnés); § 13 : « Asûjuo; Asvt>oç vnoLroç slns. » 
Suit l'édit, puis « n*pr é fj<xv » avec les noms des membres du 
conseil. 

Cette analogie de rédaction nous porte à croire que notre 
document est un décret rendu à Rome (sv xo^etîm), à la suite 
d'une délégation du Sénat, par un préteur (dont le nom n'est 
plus lisible) assisté d'un conseil, sur une contestation 4 de fron- 
tières entre deux cités asiatiques, Adramytium et Pergame. Ce 
conseil, à Rome, ne se composait naturellement que de séna- 
teurs, et, comme dans tous les documents officiels, ces sénateurs 
ont dû être classés sur la liste d'après leur ordre hiérarchique, 
c'est-à-dire d'après les rangs sénatoriaux auxquels ils appar- 
tenaient. — Le décret est rédigé dans le discours indirect. Cela 
résulte de [*Tp]àT[y/]ov et surtout de l'accusatif : l^sy vwxôra. Les 
premières lignes, dont nous n'avons plus le texte, portaient 
probablement : Un tel, gouverneur de l'Asie, informe le peuple 
d'Adramytium que 

A quelle époque remonte notre document? 

Les sénateurs présents au conseil sont tous désignés par le 
nom de la tribu, mais sans aucune mention de cognomina. La 
désignation de la tribu dans les documents officiels, par exemple 
chez les témoins des sctes conservés, apparaît pour la première 
fois en 136 av. J. C. ; celle des cognomina, en 56 f . Notre 
document a donc été rédigé entre 136 et 56. D'autre part, il 
n'est pas probable, comme Mommsen le fait observer (1. 1., 
216), que notre décret soit antérieur à la soumission de l'Asie, 
c'est-à-dire à 133 avant J. C. Il ne peut non plus être postérieur 
à l'époque de Sulla. Parmi les trente-deux noms qui y sont 
mentionnés, on rencontre trop de personnages inconnus pour 
qu'ils appartiennent à l'époque de Cicéron. D'ailleurs, d'après 
Earinus et Mommsen, les caractères et l'orthographe de l'ori- 
ginal font supposer qu'il a été gravé dans les 30 ou 20 dernières 
années du II d siècle avant J. C. Toutes les indications concordent 



1 Foucart, S. c. inédit de Vannée 170. Paris 1872, p. 24. 





l'inscription d'adramytium. 



389 



donc à placer notre décret vers la fin du II d siècle avant J. C. 

Nous tâcherons de préciser encore davantage le moment de la 
rédaction. 

Parmi les sénateurs qui assistent au conseil se trouve men- 
tionné à la huitième place : C. Coelius C. f. Aemilia. Ce person- 
nage ne peut être autre que C. Coelius C. f. C. n. Caldus, 
comme il est désigné dans un nouveau fragment des Fastes 
Capitolins, reproduit dans rEphemeris epigr., IV, 253. Cet 
homo novus* fut tribun de la plèbe en 107 2 . Après avoir échoué 
dans la brigue de l'édilité 3 , il arriva à la préture en "99, et 
obtint la province de l'Espagne citérieure qu'il gouverna jus- 
qu'en 98. En effet, en cette année il eut pour successeur le consul 
Didius 4 . Il géra le consulat en 94 (Eph. ep., 1. 1.). D'après la 
place qu'il occupe sur notre liste, Coelius y figure comme séna- 
teur de rang prétorien. Le décret a donc été rédigé entre 98 et 
94 avant J. C. 

Ceci étant établi, reprenons la liste des sénateurs présents au 
conseil. 

En tête se trouvaient les sénateurs consulaires. Il n'y a pas 
de doute pour le premier. Quand au second nom, il est effacé 
en partie; mais il est plus que propable que sur 33 séna- 
nateurs-conseillers, il y avait au moins deux consulaires. Il n'y 
en avait pas plus ; le nom du troisième sénateur ne se rencontre 
pas sur les fastes consulaires. 

Le premier sur la liste s'appelle Q. Caecilius Q. f. C'est ou 
bien Q. Caecilius Q. f. Metellus Balearicus, qui fut consul en 
123, censeur en 120 avant J. C, ou bien Q. Caecilius Q. f. 
Metellus Nepos, qui fut consul en 98. Mais, comme nous 
croyons que le second sénateur était aussi consulaire, et que 



1 Cic, de or., I, 25 § 117 : Quis enim non videt, C. Coelio... magno honori 
fuisse, homini novo, illam ipsam, quamcunque assequi potuerit, in dicendo 
mediocritatem ? » 

* Il fut Fauteur de la lex Coelia tabellaria, qui introduit le scrutin secret 
dans les jndicia perduellionis . Cic, deleg., III, 16 § 36. Oros., V, 15. Dru- 
mann, III, 409. 

3 Cic, p. Plane, 21 § 52. 

* Wilsdorff, Fasti Hisp. prov., 110-111. Cf. Mommsen, Hist. de la raonn. 
rom., II, 506, n e 4. (Trad. de Blacas et de Witte.) 




390 



l'inscbiption d'adramytium. 



de 98 à 94 il n'y a pas eu de consul qui se soit appelé C, Cf. 1 , 
le premier doit être Q. Caecilius Metellus Balearicus. 

Parmi les consuls de 123 à 94 avant J. C, il n'y en a que 
deux qui s'appellent C, C. f. Ce sont C. Marius C. f., cos. en 107, 
et C. Flavius C. f. Fimbria, cos. en 104 (C. I., I, n° 568). La 
lacune correspond plutôt à cinq lettres (*i«ov) qu'à trois (u»p). 
C'est pourquoi nous avons préféré compléter Flavius. 

Avec le troisième nom commence la série des sénateurs pré- 
toriens : M. Pupius M. f., d'ailleurs inconnu, pourrait être le 
père adoptif de M. Pupius M. f. Piso Frugi Calpurnianus, 
qui fut questeur en 83, et dont le père adoptif était, au moment 
de l'adoption, summa senectute *. 

Le quatrième sénateur, deuxième du rang prétorien, est 

C. Cornélius M. f. Stellatina : « Vix ex Corneliis patriciis, 
dit Mommsen, 1. 1., 219; nam praenomen Gajus apud eos non 
reperitur. » 

Mommsen est dans l'erreur. Outre que Polybe (XXXII, 1) 
cite un C. (Cornélius) Lentulus, député du Sénat en 161, les 
deux prénoms C. et M. sont fréquents dans la branche patri- 
cienne des Cornelii Cethegi. Citons : 

C. Cornélius L. f. M. n. Cethegus, cos. en 197 (F. C). 

M. Cornélius C. f. C. n. Cethegus, cos. en 160 (F. C). 

C. Cornélius Cethegus, sénateur en 63 3 . 

Il ne semble donc pas y avoir de doute qu'il ne s'agisse ici 
d'un Cornélius Cethegus, patricien, peut-être un fils du consul 



Vers la fin de la liste, au n° 30, nous rencontrons 
L. Cornélius M. f. Romilia. « L. Cethegus, dit Mommsen, 
1. L, qui accusavit a. u. c. 605 (149 avant J. C.) Galbam, filius 
fortasse M. Cethegi consulis a. 594, potest hic indicari, cum 
praeter Cethegos praenomen Marci hac aetate Cornelii vix 
usurparint. » Nous croyons avec Mommsen qu'il est ici aussi 
question d'un Cethegus. Les prénoms l'indiquent. Mais il ne 
peut être fils de M. Cethegus, consul de 160, ni frère de C. qui 



1 Tels sont le prénom du second conseiller et le prénom de son père. 
Voyez plus haut. 

* Ps. Cic, de dom., 13 § 35. Voyez notre sénat, 1, 440, n° 25. 

* Voyez notre sénat, I, 463, n° 5. 



de 160. 




l'inscription d'adramytium. 391 

précède; car, placé vers la fin de la liste, il n'était que jeune 
questorien, tandis que C, placé le second des prétoriens, devait 
être déjà âgé. L. Cornélius peut avoir été petit-fils du consul 
de 160 4 . 

A C. Cornélius succède L. Memmius C. f., qui est probable- 
ment l'orateur L. Memmius, fils de C. Memmius qui fut tribun 
militaire en 134, et frère de C. Memmius, tribun du peuple 
en 111, qui fut tué pendant sa candidature au consulat en Tan 
100 2 . Il doit avoir géré la préture, comme son frère, entre 
110 et 100 avant J. C. 

Le sixième sénateur, Q. Valgius M. f., d'ailleurs inconnu, 
est le premier sénateur mentionné de la gens Valgia. 

Le septième est L. Julius Sex. f. « Pater opinor consulis 
a. 664 L. Julii L. f. Sex. n. Caesaris. » Il s'agit ici, cela est 
hors de doute, d'un Julius Caesar, sénateur patricien. Mais 
est-ce, comme le veut Mommsen, le père du consul de 90, qui 
fut préteur, au plus tard, en 93, tandis que lui-même, placé 
sur la liste immédiatement avant C. Coelius, fut préteur peu 
avant 99? Cela ne semble pas probable. Nous croyons que 
notre Julius fut le fils de Sex. Caesar, préteur urbain en 123 \ 

Après L. Julius suivent : 

C. Coelius, dont nous avons parlé plus haut, 

P. Albius P. f., sénateur inconnu, dont le nom gentilice figure 
ici pour la première fois dans les annales du Sénat. 

M. Cosconius M. f., d'après Mommsen, peut-être M. Cos- 
conius, préteur de 135 (Liv., Epit. LVI), à notre avis, un fils 
de celui-ci, et frère de L. Cosconius M. f., qui fut monétaire 
vers 114-109 avant J. C. *. 



1 Voici comment le stemma pourrait être proposé : 
M. Cethegus, cos de 160 

mT~ L. (149) ~~ (praetorius) 

L. (quaestorius). 

La différence de tribus n'empêche pas leur proche parenté. Voyez 
Mommsen, Eph. ep., II, 221-222. 

* Voyez le stemma de la famille chez Mommsen, Hist. de lamonn. rom., 
11, 430. 

3 Ps. Cic, de dom., 53 § 136. Cf. Auct. ad Herenn., II, 13 § 19. 

4 Mommsen, Hist. de la monn. rom., II, 362, no 170, 



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302 



l'inscbiption d'adramytium. 



P. Gessius P. f., sénateur inconnu, dont le nom gentilice 
figure ici pour la première fois 1 . 

Il est fort difficile de faire une conjecture sur le nom suivant. 
Le texte publié par Mommsen donne L. a* . . . ç L. f. Il nous 
semble impossible que la seconde lettre du nom puisse être 
un s. En effet, la diphthongue ae des noms comme Aebutius, 
Aelius, Aemilius, se rend toujours en grec par ai, et nous ne 
connaissons pas à cette époque un nom gentilice commençant 
par ae. On pourrait deviner un nom comme Albius, Alfius, 
Allius;mais, dans l'incertitude de la vraie leçon, nous préfé- 
rons ne pas faire de conjecture. 

Nous sommes disposé à croire qu'ici environ, du n° 12 au 
n° 15, finit la série des sénateurs prétoriens, et commence celle 
des sénateurs tribuniciens, qui se continue jusque vers le n° 23 
ou 24. De la sorte, les trois rangs sénatoriens les plus nom- 
breux, le rang prétorien, le rang tribunicien et le rang ques- 
torien, seraient représentés dans des proportions à peu près 
égales dans le conseil. De plus, ce qui semble prouver que les 
sénateurs du n° 13 au n° 23 sont de rang tribunicien, c'est 
que nous y rencontrons si peu de noms de familles sénato- 
riennes consulaires ou prétoriennes. Ainsi les n os 15, 17 et 20, 
M. Falerius M. f., L. Filius (ou Fillius) L. f., et L. Anogius 
C. f., sont les seuls sénateurs connus de leur gens respective. 
Les n os 16 et 22, M' Lucilius M. f. et P. Silius L. f., sont 
les premiers sénateurs connus qui portent ces noms genti- 
lices. Les n os 13 et 21, C. Rubrius C. f. et Sp. CarviliusL. f., 
appartiennent à des familles tribunitiennes 2 . Restent les n os 14, 
18, 19 et 23. Il est difficile de préciser la personnalité du n° 14, 



1 Une inscription sépulcrale, trouvée à Préneste, porte P. Gessius P. f. 
Vala. C. I., I, n<> 110. 

* Rubrius, tr. pl. en 133 (App., B. C, I, 14). Rubrius, tr. pl. en 123-122 
(Plut., C. Gracch., 10, cf. C. I., I, p. 56). C'est peut-être celui-ci même 
qui est cité ici. Des Rubrii sont arrivés à la préture plus tard, voyez notre 
Sénat, I, p. 458, n° 74. — Des Sp. Carvilii Maximi ont géré le consulat en 
293 et en 234; mais depuis lors, cette famille est considérablement déchue. 
Les deux seuls Carvilii qu'on mentionne dans la suite, Sp. et L., furent 
tribuns de la plèbe en 212 (ib., I, p. 344, n os 182-183) et ne gérèrent 
ucune magistrature supérieure. Notre Carvilius, qui s'appelle Sp., L. f., 
est sans doute un descendant d'un de ces Carvilii. 




l'inscription d'adeamytitjm. 



393 



C. Licinius C. f. Le prénom C. est porté par toutes les branches 
de cette gens qui étaient représentées au Sénat vers cette 
époque, les Crassi, les Luculli, les Nervae, les Getae, et il est 
encore en usage dans les branches qui apparaissent ensuite, 
les Muraenae, les Sacerdotes et les Macri. Il pourrait s'agir de 
C. Nerva, qui fut tribun vers 120 avant J. C. 4 , si celui-ci ne 
s'est pas élevé à la préture. 

Les n 09 18 et 23, C. Didius C. f. et C. Annius C. f., appar- 
tiennent à des gentes dans lesquelles il y avait à cette époque 
des familles consulaires ou prétoriennes; mais les différences 
de prénoms indiquent qu'ils n'étaient pas issus de ces familles-là. 
En effet, en 98, il y a un consul T. Didius T. f., et le même 
prénom T. est porté par les consulaires de la gens Annia : 
T. Annius T. f. Luscus, consul en 153 (F. C), et T. Annius 
Rufus, cos. en 128 (C. L, I, 532-533). Notre C. Annius C. f., 
de la tribu Arnensis, est peut-être le fils de C. Annius C. f., de 
la tribu Camilia, qui est cité comme témoin de la rédaction 
d'un s. c. en 135 2 . 

Quant au n° 19, Q. Claudius Ap. f., Mommsen (Eph. ep., IV, 
218) remarque : « Quamquam ex Claudiis patriciis nullum 
alium novimus praenomine Quintum, hune ex ea domo oriundum 
esse ostendit praenomen patris. » Nous ne pouvons souscrire à 
cette affirmation. Il y a peu de gentes patriciennes dont nous 
connaissions autant de membres avec leurs prénoms et les 
prénoms de leurs pères et grand-pères que de la gens Claudia. 
Jamais on n'y voit le prénom Q. Notre Claudius n'est donc ni un 
Pulcher, ni un Nero, les seules branches patriciennes de la gens 
Claudia qui soient encore mentionnées à cette époque. Au con- 
traire, parmi les Claudii plébéiens, nous rencontrons, par 
exemple, Q. Claudius Flamen, qui fut préteur en 208 3 , Q. Clau- 
dius Quadrigarius, l'annaliste, qui a vécu dans la seconde moitié 
du il siècle avant J. C. Le prénom Appius du père démontre-t-il 
nécessairement une origine patricienne? Je ne sache pas que les 
prénoms fussent une propriété des familles ; et je ne vois pas 
pourquoi un Claudius plébéien n'eût pu prendre un prénom 



* Cic, Brut., 34 § 129. 

« Voyez notre Sénat, I, 251. 

3 Voyez notre Sénat, I, 329, n° 92. 

tome xxvn. 



28 



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394 



l'inscription d'adkamytium. 



spécialement affectionné par les familles patriciennes de la même 
gens. Nous sommes donc d'avis que Q. Claudius était un sénateur 
plébéien, d'autant plus que la place qu'il occupe sur la liste, 
correspond au rang des séuaieurs tribuniciens. 

Nous avons dit plus haut que le rang questorien devait com- 
mencer approximativement au n° 24. Sur les neuf noms qui 
restent, les deux premiers, n' 8 24 et 25, et les trois derniers, 
n° 9 30-32, appartiennent à des familles sénatoriennes bien con- 
nues. Il n'en est pas de même des n° 9 26 à 29. 

Pour commencer par ceux-ci, le n° 27, L. Afinius L. f., 
absolument inconnu d'ailleurs, est le seul sénateur mentionné 
qui porte ce nom gentilice. 

Quant au n° 28, C. Nautius Q. f., il y a eu dans les premiers 
siècles de la République une branche patricienne consulaire, 
les Nautii Rutili. Le dernier est C. Nautius Rutilus, consul en 
287 *. Depuis lors, il n'en est plus question. Il n'est pas probable 
que notre Nautius descende de cette branche patricienne. 

C. Numitorius C. f., n° 29, est peut-être, dit Mommsen, 1. 1., 
ce C. Numitorius qui périt dans les proscriptions de Mariusen 
86 avant J. C. *, et qui semble s'identifier avec le monétaire C. 
Numitorius, dont les monnaies datent de la lin du n siècle 
avant J. C. 3 . 

Le n° 26, M. Appuleius M. F., se distingue par le prénom 
des Appulei Saturnini, qui siégeaient au Sénat aux deux der- 
niers siècles de la République, et qui portaient, outre les pré- 
noms C. et Cn., de préférence celui de L. 

En ce qui regarde les deux premiers noms de la liste des 
questoriens, C. Sempronius C. f., de la tribu Falerna, est pro- 
bablement un fils de C. Sempronius C. f., (de la tribu Falerna), 
qui fut témoin de la rédaction d'un s. c. en 133, et que nous 
avons identifié avec C. Sempronius C. f. C. n. Tuditanus, consul 
en 129 *. 

Cn. Octavius L. f., n° 25, « omnino ex posteris Cn. Octavii 
cos. a 589 (165 avant J. C), a quo originem duxit stirps Octa- 



« C. L, I, 518-519. 

* App., B. C, I, 72. Flor., III, 21 § 15. 
3 Mommsen, Hist. de la monn. II, 343. 

* Voyez notre Sénat, I, 252. 




l'inscription d'adramytictm. 



395 



viorum aetate libéra e reipublicae magis splcndida, puto nepos 
ejus ex filio Lucio alibi non nominato. » Ainsi s'exprime 
Mommsen, 1. 1. Nous pensons que notre Oetavius est Cn. Octa- 
vius Rufus, qui fut questeur en 10G (Sali., Jug., 104). 

Quant aux trois derniers, nous avons parlé plus haut du 
n° 30, L. Cornélius M. f. 

Le n° 31, Cn. Pompeius Cn. f., ne peut être le consul de 80 
père du grand Pompée. En effet, le consul de 80 s'appelle sur 
les fastes Capitolins Cn. Pompeius Sex. f. Cn. n. Strabo. 
D'après Mommsen, notre Pompeius était peut-être son oncle. 
D'après l'époque que nous assignons à notre document, notre 
Pompeius était plutôt le cousin germain du consul de 80; car 
il doit avoir géré la questure peu de temps après le consul 
de 89, peu après 100 avant J. C. ! . 
Enfin, P. Popillius P. f., par ses prénoms semble appartenir 
* à la famille consulaire des Laenates 2 . Il s'identifie peut-être 
avec P. Laenas, qui fut tribun de la plèbe vers 86 (Vell. Pat., 
II, 24 § 2), et qui a pu gérer la questure une dizaine d'années 
auparavant. 

A la suite de cette étude, nous compléterions la liste de la 
manière suivante : 

1 (Consul.). 1 Q. Caecilius Q. f. (Metellus Balearicus), cos. en 123. 

2 2C.(Fiavi)us C. f. (Fimbria), cos. en 104. 
3(Prélor.). 1 M. Pupius M. f. j 

4 2 C. (Cor)neliusM.f.(Cethegus; / patrie. 

5 3 L. Memmius C. f. > prêt, avant 99. 



6 
7 
8 




patrie. 



6 C.Coelius 



C. f . (Caldus^ 



prêt. en 99 (cons. en 94) 



1 Le stemma serait donc celui-ci : 

€n. Pompeius 



Cn. 



Sex. 



Cn-, Cn. f. 



Cn. (cos. 89) 



Sex. (philosophus). 



Cn. Pompeius Magnus. 



2 M. Popillius P. f. P. n. Laenas, cos. en 173. 
C. Popillius P. f. P. n. Laenas, cos. en 172. 
M. Popillius M. f. P. n. Laenas, cos. en 139. 
P. Popillius C. f. (P. n.). Laenas, cos. en 132. 




39G 



l'inscription d'adramytium. 



9 


7 P. Albius P. f. 


10 


8 M. Cosconius M. f. 


U 


9 P. Gessius P. f. 


12 


10 L. A.... L. f. 


13 (Tribun.) 


. 1 C. Rubrius C. f. 


14 


2 C. Licinius C. f. (Nerva) 


15 


3 M. Falerius M. f. 


16 


4 M' Lucilius M. f. 


17 


5 L. Fil(l)ius L. f. 


18 


6 C. Didius C. f. 


19 


7 Q. Claudius Ap. f. 


20 


8 L. Anogius C. f. 


21 


9Sp. Carvilius L. f. 


22 


10 P. Silius L. f. 


23 


HC.Annius Cf. 


24(Questor.; 


. 1 C.Sempronius C.f'.(Tuditanus) 


25 


2 Cn. Octavius L. f. (Rufus) 


26 


3 M. Appuleius M. f. 


27 


4 L. Afinius L. f. 


28 


5 C. Nautius Q. f. 


29 


6 C. Numitorius Cf. 


30 


7 L. Cornélius M.f.(Cethegus) 


31 


8 Cn. Pompeius Cn. f. (Strabo) 


32 


9 P. PopilUus P. f. (Laenas) 


33 


10 L. 



prêt, entre 99 et 95. 

tribun en 123-122 
tribun vers 120 



tribuns entre 120 
et 95. 



qu. avant 106. 
qu. en 106 



questeurs entre 106 
et 95. 



L'on remarquera que la liste comprend trois sénateurs patri- 
ciens : C. Corne^'us Cethegus, L. Julius Caesar et L. Cor- 
nélius Cethegus. Les deux premiers appartenaient sans aucun 
doute au rang prétorien. Us y occupent la deuxième et la cin- 
quième place. Ils ne sont donc pas inscrits avant tous les 
sénateurs plébéiens de rang prétorien. Le troisième sénateur 
patricien est du rang questorien, et \ place qui lui est assignée, 
nous permet également de conclure qu'il ne se trouvait pas en 
tête des questoriens. Partant, à l'époque où notre document 
fut rédigé, c'est-à-dire au commencement du l r siècle av?nt 
J. C, la règle suivie antérieurement pour le classement des 
sénateurs dans chaque rang était abandonnée. Les sénateurs 
patriciens n'avaient plus le pas sur les sénateurs plébéiens du 
même rang. Dès lors, un seu 1 principe subsista encore pour 
le classement des sénateurs de chaque rang : le principe de 
l'ancienneté. 

P. Willems. 



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COMPTEB RENDUS. 



397 



COMPTES RENDUS 



Platos ausgewahlte Dialoge erklàrt von C. Schmelzer. Vierter Band : 
Apologie. Krito. Berlin, Weidmann, 1883. Prix : M. 1,20. 

L'édition que nous allons examiner fait partie d'une collection de dia- 
logues choisis de Platon, dont quatre volumes ont paru jusqu'à ce jour : 
ils contiennent le Phèdre, le Banquet , le Phédon et les deux ouvrages qui 
nous occupent, V Apologie et le Criton. 

L'auteur, M. C. Schmelzer, directeur du gymnase de Hamm en West- 
phalie, énonce le dessein de quitter les sentiers battus de l'interprétation 
savante tant philologique que philosophique et d'ouvrir une voie nouvelle. 
Il a développé ses idées à ce sujet dans le premier volume, que mal- 
heureusement nous n'avons pas pu consulter; mais le commentaire sur 
l'Apologie et le Criton et surtout la petite préface qui le précède, nous 
indiquent suffisamment ce qu'il veut. Dans cette préface, où il attaque avec 
vivacité un de ses critiques — nous n'avons qu'à nous bien tenir — il 
donne lui-même à sa méthode d'interprétation le nom de populâr-asthe" 
tisch (populaire et esthétique). On pourrait, grâce à cette expression, 
croire qu'il n'entend faire que des notes d'esthétique populaire. Cepen- 
dant il n'en est rien; car, pour citer ses propres paroles, « une interpré- 
tation esthétique de Platon sans une interprétation philologique ou philo- 
sophique est une chose impossible ». Aussi a-t-il intercalé partout où 
l'intelligence du texte l'exigeait , de nombreuses explications de mots et 
de choses. Nous croyons donc rendre exactement sa pensée en disant 
qu'il a voulu composer un commentaire populaire , dans lequel l'élément 
esthétique , que les ouvrages d'érudition ont coutume de négliger, occupe- 
rait une place prépondérante. Il se propose de nous apprendre à apprécier 
et à admirer Platon l'artiste. Mais ce n'est là, à ses yeux, qu'une prépara- 
tion à des objets plus sérieux et plus difficiles à atteindre, quelque chose 
comme le gâteau du maître d'école dont parle Horace. Son but final est 
d'exciter la jeunesse à pénétrer jusqu'au cœur de la philosophie même. 
L'étude de Platon l'artiste est le chemin qui doit nous conduire à l'étude 
de Platon le philosophe. 

Ce plan peut se justifier et sa réalisation présentera sans doute des avan- 
tages divers. Voyons comment il a été exécuté. 

La forme du commentaire nous semble répondre aux vues de l'auteur. 
D'un côté, il vise le gros des lecteurs entendant le grec : il a 
donc eu raison de se débarrasser de tout l'attirail des citations chiffrées. 
De l'autre côté, c'est la liaison des idées et l'ensemble de l'ouvrage que 
son interprétation est destinée principalement à sous faire saisir et 




3')H 



COMPTES KENDUS. 



comprendre : il a donc encore eu raison de rejeter les annotations déta- 
chées et d'accorder la préférence à une espèce de paraphrase procédant 
chapitre par chapitre et renfermant les explications nécessaires. Les 
observations qu'il était impossible de faire entrer dans ce cadre, sont 
ajoutées à la fin de chaque résumé partiel. 

Cependant nous tenons à relever dès maintenant deux défauts : les 
paraphrases et les explications sont fréquemment prolixes; il y faudrait 
en général plus de concision. Et, quoique l'auteur ait proscrit l'érudition, 
il n'hésite pas, abandonnant ses principes, à discuter longuement des 
passages et des leçons, dès qu'il s'agit d'exposer ses propres découvertes 
(cf. Comm. p. 20, 34, 68, 74). 

A part la prolixité, les résumés sont presque tous bien faits. Mais nous 
ne pouvons partager la manière de voir du commentateur sur plusieurs 
points touchant l'Apologie, et d'abord sur ce que Socrate appelle la pre- 
mière accusation. 

M. Schmelzor est d'avis (Apol. ch. ni) que cette accusation est beau- 
coup moins grave que celle de Melétus, et qu'un Tl;j.r t u.% Sx-jutos qui n'aurait 
pis d'autre base paraîtrait même, ridicule. « Il n'y est pis question, » 
dit-il, « d'àT^îia.... ; un SizySiipiiv mùs vs*u$ est légèrement indiqué. » 
« Tandis que donc la véritable oia ( 3s>>; ue fait de Socrate qu'un mpup'/%Çô<iMi 
ou un Tttpiyipdy.wo;, qu'un fainéant et un flâneur', Melétus et ses co- 
accusatcurs vont jusqu'à le déclarer athée et corrupteur de la jeunesse. » 

Cet*e opinion n'est pas fondée. Il est vrai que dans l'accusation for- 
mulée d'après les bruits courants il n'est pas question d'une manière 
esrpres&e de l'athéisme ni de la corruption de la jeunesse : et cependant 
ces deux chefs d'accusation s'y trouvent. S'occuper de physique, faire 
d'une mauvaise cause une bonne (tôv vîttw >©■/©> -/.pzîrru ncuu) et enseigner 
ces choses d'une part, nier l'existence des dieux et corrompre la jeunesse 
d'autre part, étaient des idées inséparablement associées et presque con- 
fondues dans la conscience populaire: pour présenter les unes à l'esprit 
des juges, la mention des autres n'était nullement nécessaire. C'est ce 
que Socrate dit du reste lui-même ch. n : oî yùp x/.oùojtz; ^-/«Dvrai t$ù; TaOra 
Ç/îToûvra,- ovok Szoui vo/iiÇtiv, et quand il répète ch. x la 3ia,3o/#j dont tous les 
philosophes étaient victimes, il y comprend explicitement le Szobî p/j 

De plus, comment son intention aurait-elle été de montrer que la pre- 
mière accusation était la moins grave, alors que peu de moments aupara- 
vant il vient d'avouer qu'il craint les premiers accusateurs plus que Melétus 
et Anytus, et que plus tard encore il déclare catégoriquement ch. xvi : 

xat tsjt Iîtiv o ïiii a?|0vj7£i, zôc'jnzp oûpf n où Ms>v;t(35 ovoi ''Avut^j, à)./' r, twv 7TG//wv 
Cia^cj.vj ts zat ySôvoi? 



1 Cette traduction ne donne ni le sens de mpiytpdfitvoi ni même celui de 

Tïzpizp'/oL£d>j.zvo:. 




COMPTES RENDUS. 



399 



Cette partie du discours a évidemment le double but que voici : 1° d'ex- 
pliquer aux juges qu'il se distingue complètement des physiciens et des 
sophistes, qu'il n'y a donc pas lieu de lui imputer ce que le peuple avait 
coutume d'imputer à ces gens, et 2° de leur exposer comment il s'est fait 
qu'il a été accablé des mêmes reproches. 

Nous n'approuvons p.is davantage ce que l'auteur dit des réponses de 
Melétus (ch. xn à xv). Se rangeant, probablement sans le savoir, en partie 
à l'avis de M. L. Georgii, dont Zeller a déjà réfuté les raisons l , il nie l'au- 
thenticité de ces réponses. Il s'exprime même quelquefois comme s'il 
admettait que Socrate, jouant à la fois son propre rôle et celui de Melétus, 
s'était répondu à lui-même. C'est ainsi du moins qu'on est forcé de com- 
prendre les mots p. 29 : « L'ironie consiste, je pense, justement en ce que 
V orateur attribue (unterschiebt) de telles réponses à ses adversaires » (cf. 
Comm. p. 27,30b, 32 a ). Mais puisque cette opinion ne nous semble pas 
être sérieusement soutenable, nous la mettons sur le compte du langage 
inexact du commentateur, et nons pensons qu'il a voulu dire simplement 
que les réponses de Melétus telles que nous les lisons aujourd'hui dans 
l'Apologie, n'ont pas été faites par lui en justice, mais sont une invention 
de Platon. 

Quoiqu'il en soit, les trois arguments qu'il allègue en définitif pour 
contester cette authenticité, sont également illusoires. 

La résistance et l'hésitation de l'accusateur, « exposé à la risée du public » 
amènent naturellement de nombreuses pauses : ces pauses, entre-coupant 
le discours, choquent le goût de M. Schmelzer (ch. xiv, Comm. p. 30). 
Elles feraient, à l'en croire, trop mauvaise figure — comme si jamais 
orateur, par un motif aussi futile, eût laissé échapper l'avantage de triom- 
pher! D'ailleurs toutes les conditions rendant vraisemblable l'incident 
tel que Platon le décrit, sont réunies. Tl y aurait lieu de s'étonner si Socrate, 
en se défendant, n'avait pas essayé d'appliquer cette siérait; (cf. Comm. 
p. 34*) qu'il considérait comme sa mission, tandis que Melétus, qui devait 
connaître la force dialectique de son adversaire, avait toutes les raisons 
d'éviter une discussion. C'est aussi ce qu'il évite manifestement. Souvent 
il ne répond pas du tout aux questions proposées ; et dans les cas où il a 
répondu, il l'a fait sous l'influence soit d'un motif d'intérêt personnel 
évident soit de la contrainte légale ; car la loi exigeait qu'il répondît. 

Mais voici ce que M. Schmelzer, interprétant la loi, objecte p. 29 a : « Mal- 
gré les paroles : zxàxpivxi, w 'yaâi' xat yàp b vo/ao; xe).sûsi ànoxptvîtâxi 

il n'est point du tout probable qu'un accusateur ait été forcé de répondre 
à des .... questions.... qui.... n'avaient aucun rapport à l'affaire ... . et que 
Melétus et Anytus aient été assez sots pour répondre comme le chapitre 
précédent (xm) l'indique. » 



1 L. Georgii : Platons Apologie und Kriton ûbersetzt. Cf. Zeller, Philo- 
sophie der Griechen, il 1 , 1, p. 163, n. 1. 




400 



COMPTES RENDUS. 



Les réponses à des questions qui ne paraissent avoir aucun rapport à 
l'affaire sont très rares. Si l'on écarte la première question du 12 e et la 
première du 13 e chapitre {Zllo n $ *tï. - ©ù-/ oi //sv xt)..), lesquelles n'ont rien 
d'embarrassant pour l'accusateur, il n'en reste en substance que deux. Pour 
obtenir une réponse à celle du ch. xn — ri; aÙToù$(scil. t©ù$vsous) falrioui 
7roieî; — Socrate exerce une contrainte en menaçant de tirer une conclusion 
défavorable du silence de l'adversaire : ôpïi, w Mï/vjtî, ©Tt uyis....; xxi roi où/. 

o.X'sypôv ioi Bo/ii etvai /ai t/avôv Tixjjunpiov ou 5>j «ycî» ).é/w, Sri tjoi oùSh //e//*>/j/ev ; 

Celui- ci consent à répondre pour échapper au reproche d'insouciance, de 
légèreté, d'ignorance. Mais après avoir répondu une fois, il lui a fallu 
donner toutes les réponses subséquentes de ce chapitre. Sur cette nécessité 
M. Schmelzer lui-même semble être d'accord avec nous (Comm. p. 27 b ). 
Cependant, une page plus loin (28 b ), il se contredit ; il croit que Melétus 
aurait pu opposer cette fin de non-recevoir : « Je ne sais si parmi les 
hommes que tu (Socrate) cites, il y en a qui corrompent la jeunesse ; je 
ne puis donc pas les poursuivre ; mais ce que je crois savoir, c'est que ta 
doctrine exerce une influence nuisible sur les jeunes gens. » 

Cette" observation n'est pas juste. Caries questions dont il s'agit (ch. xii) 
sont faites de façon que Melétus était forcé à déclarer si, oui ou non, 
les différentes catégories de gens citées (àx/soaraf, pouUurod, &xxX»j«a*Tatj 
corrompaient la jeunesse ou la rendaient meilleure (p. ex. rl 5è ô^; 0Î81 oi 
à/pooLTOLl fiiÏTtovi Tzoïoûw, f, ov ;). Une réponse évasive de sa part : «Je ne sais 
si parmi les hommes que tu cites, il y en a qui corrompent la jeunesse »>, 
aurait été en même temps l'aveu qu'il ne savait pas si ces hommes ren- 
daient la jeunesse meilleure. Elle aurait donc servi les intentions de l'ac- 
cusé, qui voulait seulement prouver que Melétus ne s'était guère soucié 
d'éducation et d'instruction (ch. xi, p. 24c, ch. xn, p. 25c). 

La seconde question se trouve ch. xm : Irnv oùv oçni poùXzroci ùno twv 

Mais précisément dans ce passage Socrate invoque la loi. Devra -t-on 
maintenant supposer que Platon, qui écrivait cependant pour des lecteurs 
athéniens, ait foulé aux pieds la vraisemblance au point de faire invoquer 
à Socrate les lois là où il y était le moins autorisé? Nous ne le croirons 
jamais. Mais en admettant même que la loi ait eu la restriction que M. 
Schmelzer imagine, à qui, demanderons-nous, appartenait-il de décider, en 
cas de refus, si l'accusateur devait répondre? Evidemment ce n'était pas 
à l'accusateur, mais aux juges. Or les juges ne pouvaient-ils pas forcer 
celui-ci à répondre, comme ils l'ont forcé quelques instants après ch. xv, 
p. 27c : «a? wvvjîa?, on /Ao'yi; ànixplvto ûizô'tovtù)vI otvot'/y.xZô/jLtvQi, ? 

Par un troisième argument l'auteur prétend qu'assurément Melétus n'a 
pas fait la réponse ch. xiv, p. 26b: (oùtmI voi So/.ôt oùôïvx vo/j.lïtu &eôv elvai ;) 
où /j-hroi (j.à M' oùê' èno^riouv, « parce qu'il l'avait déjà faite peu aupara- 
vant (26 c : rà noipôcTioLv où vofxi^tie) et qu'il lui était impossible de la répéter 
d'une manière encore plus énergique après le blâme compromettant dont 
il était frappé par Socrate pour avoir imputé à ce dernier la doctrine 
d'Anaxagore. » 




COMPTES RENDUS. 



401 



Mais pourquoi n'aurait-il pas répété sa réponse ? Supposé que l'orateur 
Peut compromis, aurait-il plutôt dû se taire, avouer son erreur et aug- 
menter l'impression défavorable produite dans l'esprit des juges? Il est 
clair que le meilleur parti à prendre était d'affirmer d'une manière encore 
plus énergique son assertion antérieure. 

Enfin, ce qui est le plus étrange, c'est la façon dont M. Schmelzer 
défend les sophismes des chapitres xn à xv, surtout celui du ch. xv. 
Puisqu'il attribue une bonne partie des réponses de Melétus à l'imagina- 
tion de Platon, peut-être aurait-il été conséquent d'attribuer les sophismes 
également à celui-ci. Il ne l'a pas fait; mais il conteste que des esprits 
aussi ouverts que Socrate et Platon n'aient pas reconnu la fausseté de leurs 
raisonnements, et ne pouvant se persuader « que de si nobles cœurs 
se soient servis de ruses d'avocats », il s'efforce de les excuser comme suit 
p. 34* : « Socrate », dit-il, « poursuit dans le passage en question un autre 
but que celui de se défendre ; il ne veut que démontrer on Ms/vjtw oùèiv 
/*£/«/>7X£ mpi &v Xto/.pxTY) tUàtyu, ou, comme il le résume ch. xvi, on où/, àdt/w 

/.ara t>jv MO.yitqv '/p<x.f/]V, 

Il nous est pénible d'avouer que nous ne comprenons rien du tout à 
cette proposition. C'est un non-sens à nos yeux. Car comment Socrate 
peut-il échapper au reproche d'avoir usé de stratagèmes, parce qu'il en a 
usé, non pour se défendre, mais pour se rire de l'imbécillité He Melétus 
(cf. Apol. 27 A) ? Est-ce qu'un honnête homme — et Socrate l'était! — 
emploie jamais des moyens illégitimes? Et n'est-ce pas se défendre que de 
montrer que l'accusateur a agi à la légère, qu'il n'entend rien aux choses 
dont il parle et que l'on n'est pas coupable suivant l'accusation ? D'autres 
savants — et avec raison — ont trouvé précisément une partie du sophisme 
en ce que cette dernière preuve n'est pas établie. 

Il faut considérer les raisonnements de tout le passage (ch. xn à xv) 
comme sincères et sérieux, et nous ne doutons pas que l'auteur ne s'en 
convainque après avoir relu attentivement ce que dit à ce sujet Zeller, 
Philosophie der Griechen, II 3 , 1 , p. 163, n. 1. 

Le jugement que nous sommes forcé de porter sur les notes esthétiques, 
explicatives et critiques, est à peine plus favorable. Les premières sont 
relativement les meilleures. L'art du style qui consiste dans le choix et 
l'arrangement des expressions et des périodes, est relevé avec beaucoup 
peut-être avec trop de soin. Car M. Schmelzer réussit à découvrir des artifi- 
ces de composition là où nous ne savons trouver que la marche naturelle 
du langage et des idées 'cf. Comm. p. 8 à 10, 15«, 22», etc.). Mais si les 
observations de ce genre, quelquefois peu fondées, sont en général d'une 
certaine justesse, il nous semble s'écarter davantage de la vérité et passer 
la mesure en ce qui concerne les traits de raillerie et d'ironie qu'il attribue 
à Socrate. Selon lui, Socrate aurait feint d'avoir été mis dans l'embarras 
par l'oracle de Delphes (p. 18 h ); il aurait recherché les entretiens avec 
ses concitoyens uniquement en vue de se moquer de leur ignorance (p. 21 b ); 
c'est en tournant les accusateurs en ridicule qu'il aurait espéré triompher 




402 



COMPTES RENDUS. 



d'eux (p. 27 a ). Conséqucmment il ne ferait pour ainsi dire que railler: 
tout trahirait un tel esprit, jusqu'aux phrases les plus simples et les plus 
innocentes, que certainement personne d'entre ceux qui écoutaient sa 
défense n'a comprises de cette façon (cf. Comm. p. 15«, 16", 21 h , 53", 59 h , 
62a). 

Dans d'autres cas sa véritable pensée et son intention sont confondues 
avec l'effet produit sur l'auditoire. Il en est ainsi de sa proposition 
(ch. xxvi) d'être nourri au prytanée:àen croire le commentateur, c'est 
une plaisanterie. De fait, elle était sérieuse ; elle exprimait le sentiment 
inébranlable que le philosophe avait de son innocence et de son mérite 
— quoique, dans les circonstances existantes, elle dût non seulement 
exciter le rire, mais encore faire croire que celui qui l'avançait était à 
peu près fou. 

Une erreur semblable a été commise dans l'interprétation du ch. iv , 
laquelle ne présente presque rien de bon et de solide. Un petit extrait 

suffira pour le montrer (p. 15 b ) : « Le comique résulte d'une part de 

cette supposition éminemment plaisante (scil. w Kxi/fa, tl ph eov rù mH 
7rw)w y.oV/w iysvs-yàïîv xt>.), qui, si elle allait directement à l'adresse de 
Callias, reviendrait à dire : si tu étais un cheval ou un bœuf — ; d'autre 
part des paroles vûv & ( i7rsi£)j ivSpùmv srro'v, qui sont comme une expres- 
sion de regret : mais, puisque — malheureusement — ils sont des hommes 
etc. » Une plaisanterie de ce goût se passe de commentaires. 

Les notes explicatives proprement dites laissent également beaucoup 
à désirer. Pour quelques observations bonnes et originales (cf. Comm. 
p. 19 b , 25 rt , 42b), on en rencontre plusieurs qui sont fausses. En voici des 
exemples : 

Apol. I, p. 17A : iUyov. » Ils essayaient de parler. » Mais si Socrate s'est 
presque méconnu lui-même (o/tyou s//.auT$û è7rs>a&©/«7v), les accusateurs ont 
certainement parlé avec beaucoup de persuasion. Cf. Krûger § 52, 1, 1. 

lbid. xiv, p. 26E : rs /.où ©0™$ xtotzx ovra. M. Schmelzer affirme 

qu'une dépréciation de la philosophie d'Anaxagore, que ces mots ont 
paru présenter aux savants, serait déplacée dans- le discours, et il traduit: 
« D'autant plus qu'il s'agit de questions de nature si étrange et si bizarre. » 
Il faut traduire : d'autant plus que ces doctrines (26 d Taûra... //.avààvî j~ 
fftv sont si étranges. La critique d'Anaxagore ne disparaît donc pas. 

Ibid. xvm, p. 31B : inxvoLtr^jvr^txi. « Le mot àvà du composé désigne 
la répélition. » (!!). 

Ibid. xxvi, p. 36B : ti/xoctoli VoZv pot b ivtp &avâfTou. D'après l'auteur 
(p. 52«) pot serait datif éthique. (!!). 

Ibid. xxvi, p. 37A : « Le Prytanée (où Ton nourrissait les hôtes de 
l'État) était situé sur l'acropole. » (??). 

Ibid. XXVII, p. 37 A : et vjv ù/jûLv vôfxoi, &;mp /ai a»oi$ àvSpciinou, nzpi Savàrou 
//.vj fj.iy.-i Yjfj.ïpxv fj-ovov xphuv. « Si vous aviez la coutume, juges, comme 
d'autres hommes, p. ex. moi et mes amis t de délibérer mpi Skvxtov, c'est-à- 
dire sur la mort, sur ce qu'elle est et sur ce qu'elle signifie, non pendant 




COMPTES RENDUS. 



403 



un seul jour etc. » — Comment M. Sihmolzer croirait-il sérieusement qu'il 
s'agit ici d'une délibération philosophique sur la mort et non de la déli- 
bération qui précède le verdict en matière capitale ? Si cette délibération, 
dit Socrate, durait plus d'un jour, j'aurais le temps de vous démontrer 
qu'aucun homme ne fait le mal volontairement {i/.à-j lïvui //.vjàba àoi/.eïv 

Crit. I, p. 43B : sùô 1 av aÙTÔ$ fôùov sv Tssaûrvj ts àypvrzviz xai >Û7T>j slvai, 
à))à /.xi no~j îrâ/ai £ay/iâîj&> cltàx'jôtj.ïJii û; >jâï&)$ zaSr-'JGu:. « Moi aussi je serais 
décidé à ne pas vivre dans une insomnie et une tristesse aussi grande 
(savoir qu'on dit être celles de ceux qui sont condamnés à mort), mais 
cependant je t'admire depuis longtemps en contemplant la douceur de ton 
sommeil. » 

Cette interprétation est fausse. D'abord elle n'explique pas pourquoi 
Criton aurait pour Socrate cette vive admiration qu'il lui témoigne de 
nouveau immédiatement après, s'il est décidé, lui aussi, à en agir do même 
dans une situation pareille. Ensuite le terme que l'auteur sous-entend 
comme corrélatif à roi^ôr-n à/fvTrvia, n'est nullement indiqué par le contexte. 
Enfin la traduction des mots à/) à /sa par « mais cependant » (aber doch) 
est tout à fait arbitraire. 

Ibid. vi, p. 46B : >j -Kpo5vi/.fr. iov n-AlcZ àf£a, û jjztôc nvoç (Schmelzer : //st« 
tiv*;) ofîôrvTii sivj. » Ta confiance (assurance) serait d'une grande valeur, 
si elle s'accordait notablement avec la justice. » - Platon vient de nous 
montrer l'ardeur, le zèle que mettait Criton à persuader Socrate, mais 
dans les prières répétées et pressantes qu'il lui fait employer, nous ne 
parvenons pas à découvrir la moindre con fiance , supposé même que np^-j^ix 
pût jamais prendre cette signification. Tiv^, qu'il faut traduire par « en 
quelque sorte », n'a pas besoin d'être accentué tivo's, malgré sa position 
avant otâô-Tr,T'>i, cf. Kûhner, Ausfiihrliche Grammatik § 470, n. 0. Avec 
à£ta s.- eut. Im'v, cf. Cron ad 1. Voici donc le sens du passage : Ton zèle 
(le zèle que tu mets à me persuader de m'enfuir de la prison* est (et non 
serait) d'une grande valeur, pourvu qu'il s'accorde tant soit peu avec la 
justice. 

Ibid. VIII, p. 47E : <w ro ZSiaqy /j.vj ).&)/?5CTai, ro Si dî/.aisv ivtv/jîtv. Il est 
évident que dans cette proposition on doit suppléer l'accusatif du relatif 
avec ovhriw. Selon l'usage de la langue (Krùger § 60, 6, 1-2), le régime 
d'©vtv>j*iv pourrait au*si être exprimé par aùr©. Ce n'est pas ici le cas, et 
si c'était le cas, l'exemple allemand de M. Schmelzer serait encore déplacé, 
parce que les deux verbes y régissent le datif : « dem das Ungerechte Scha- 
den bringt, das Gerechte aber niXtzt ihm, » 

Ibid. x, p. 49D : Spx oirus //.>j nxpx âo'£av op'Aoy-Ôç. « Prends garde que 

tu ne conviennes de quelque chose d'étrange » (c'est-à-dire qui soit con- 
traire à l'opinion de la foule). 

Si Platon avait voulu dire cela, il aurait écrit nzpi rr,v twv 7to»mv SciÇzv. 
La proposition qui suit : otoa -/ùp on 6).0/oi; riii rajra /.ai do/.il /.ai fle'çsi, n'ex- 

jdique pas l'expression w-pà 3*£av, mais appelle seulement l'attention de 




404 



COMPTES RENDUS. 



Criton sur le peu de faveur dont jouit le précepte énoncé, et suppose que 
l'opinion de Criton est celle de la foule. 

Ibid. XIV," p. 52A : t«ût«i$ pa//.tv /ai vï.... Taï$ atTÉais èvsÇerôai. « Atrla 
ne signifie ni la faute, ni le reproche, mais la raison .... ». « Voilà les 
raisons qu'on t'opposera, à toi aussi, si tu exécutes ton projet. » — Mais 
exposer longuement à quelqu'un qu'il s'est rendu coupable d'une injustice, 
n'est-ce pas en même temps l'accabler de reproches? Cf. 52A : lao* av p.™ 

ci/.acw; /.zSxnroivTQ )iyovT£* (scil. oî vô/J.oi). 

Le texte que l'auteur a adopté est celui de C. F. Hermann. Il aurait été 
assurément désirable qu'il eût modifié ce texte partout où la leçon des 
manuscrits, mieux constatée aujourd'hui, l'exige. Il ne l'a pas fait. C'est 
ainsi qu'il conserve 29A //îvt'ôv au lieu de t5v, 31A opojwjra au lieu de 

/po^avTes, 33A Oia,3â).)ovr-:$ fit au lieu de o\aj9à)/ovre; è/jcs, 54A rl ûaî au lieu 

de ri 5k. Les changements qu'il a introduits, consistent à écarter simple- 
ment les crochets de Hermann, p. ex. p. 19D roû;, p. 19E olo's T'iirh, p. 27E 

T»jv /poLf/jv TstÔTyjv, 32B /.al IvavTta î^^iaà/iiyjv, 33D /ai Ti/AW|5*Z(ïàai, 36C svTaûâa 
r t a, 36 D tevai, 47 C >o'you;. 

Dans deux passages cependant il a entrepris de justifier son opinion. 
D'abord Apol. ch. V, p. 20C il défend la proposition : cl /*>j n InpoLms 
à))otov Vj oi -nolloi. Il fait remarquer qu'il convient que les deux questions - 
rà <xov t{ hn Ttpà'/ii.y. ; 7ro&ev ai àia/Sskaî a>Tai yeydvanv; - qui ne sont qu'une 
forme de la question pressante, soient motivées d'une façon analogue et 
également pressante, c'est-à-dire par la répétition du motif (ioû où&v xt>. - 
eè fiYi ti xt>.) — observation esthétique très fine, mais qui à elle seule ne 
résoud aucune difficulté. 

L'autre passage se trouve Apol. xv, p. 27E : il m i7r:rwv pïv noùôxq >JyotTo 
r t /.ai ovwv roitç >?//idvou>. Nous aussi, nous sommes d'avis que les mots toù* 
Yipiôvovi sont indispensables : il faut que Socrate marque bien qu'il s'agit 
de tniitov 7raï5e? qui ne portent jamais eux-mêmes le nom de i7T7roi. 

Mais l'hypothèse qui sert à expliquer r, /.al ©vwv est dépourvue de toute 
vraisemblance. L'auteur suppose qu'une interruption /.ai ovwv, par laquelle 
Platon aurait voulu dépeindre l'agitation de l'assemblée, part de l'auditoire 
et détermine l'orateur à ajouter >j /ai ovwv, i. e. f, tu^wv /.ai ovwv. Comment ! 
>î /ai ovwv signifie >5 t7T7rwv /ai ovwv ! Comment ! d'après les intentions de 
Platon le lecteur athénien — qui n'est pas un philologue — devrait 
reconnaître d'abord que le cri /ai ovwv vient de l'auditoire et puis conclure 
à l'agitation de la foule ! Nous croyons que l'auteur plaisante. 

Ses propres corrections — qu'il a modestement placées dans le texte — 
ne sont pas plus heureuses. La première porte sur l'Apologie, ch. vu, 
p. 22A : tva fj.01 xai àv»>6y/To; yj pavriioc ysvoiro. M. Schmelzer remplace 
avUey/Tos par àv£>eyxTo$ (forme qu'il dérive du verbe àve>syx«> examiner de 
nouveau, Eur. Ion 1470). Le sens serait : « Je m'efforçais de réfuter de 
nouveau l'oracle. » — Mais où voit-on que Socrate ait réfuté une première 
fois l'oracle pour pouvoir tenir ce langage ? 



Après tant d'autres enfin notre auteur essaie de corriger Oit. ix, p. 48E. 




COMPTES BENDUS. 



405 



Il écrit : &ç iyù itipi izo\).oû 7roiGÛ//.ai 7cùaod ut tolxjtol TtpàrTtiv, à»à fivj «xovra 
(scil. ci raÛTa Ttpkrrtiv). Son texte a la leçon Tuivocç (Hermann); maii 
nous avons pensé d'après le commentaire qu'il fallait mettre muai ; car 
itûaau seul s'accorde avec l'explication donnée : « Je serai bien aise, si je 
puis te persuader d'en agir ainsi (savoir >j àvrdâyeiv d 7ryj l^eis >j nocZvxi 7rc»àxiç 
poi Ikyovra tov uvtov ).oyov), mais je ne désire pas que tu le fasses à contre- 
cœur. » 

Cependant la construction devient ainsi trop forcée. On est tenté de 
rattacher «xovra au régime « de mïaxi plutôt que de suppléer <sï rayra 
7rp«TT£iv et de faire dépendre cet accusatif avec l'infinitif directement de 
irtpl iroXXoZ iroLoZ/MOLi. On ne voit pas non plus clairement à quoi rocûra se 
rapporte. D'après l'auteur, raûra npccrruv représente l'alternative >5 «vn- 

Ikyiiv >5 7raûaai.... Or, 7rel7ai, dont raZroc npôczTtiv dépend, ne convient 

à aucun des deux membres de cette alternative. Car, d'un côté, Socrate 
sait bien que Criton a trop d'intérêt à le contredire, pour qu'il soit néces- 
saire d'employer la persuasion — dont d'ailleurs il n'y a pas de trace 
dans le contexte (cf. 49 A : nupà à-no/.phi^xi) . Au reste, comment aurait-il 
pu lui dire : je ne veux pas que tu m'opposes tes raisons à contre-cœur ? 
Et d'autre part, s'il espère faire cesser les prières répétées de son ami, 
c'est par un examen en commun qui doit prouver si la fuite de la prison 
est une action juste ou injuste ». 

Malgré les défauts et les négligences souvent manifestes que nous venons 
de relever, le commentaire de M. Schmelzer n'est pas dépourvu de mérite : 
il présente parfois des observations nouvelles qui sont justes, et en général 
il montre que l'auteur, dans les questions d'esthétique, possède réellement 
une aptitude spéciale. Mais aussi longtemps que l'ouvrage n'est pas revu 
et corrigé scrupuleusement sous tous les rapports, il nous est impossible 
de le recommander à qui que ce soit — si ce n'est aux critiques qui vou- 
dront faire leur métier. 

Gand. P. Hoffmann. 



1 Les fautes d'impression que nous avons remarquées, sont : Comm. 

p. 13 b £7TovfàviK, 1. t7T-, p. 27*> a7ravT«, 1. ccTravrc;, p. 28 b ixx^nasTixof, 1. - 

vrai. Au ch. xxi de l'Apologie il faut effacer la virgule entre 3>j//.oW et xa* 
et le point après f avouai. 



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400 



COMPTES RENDUS. 



INSCRIPTIONS GRECQUES RELATIVES AUX TRAVAUX PUBLICS. 

A Choisy, Études épigraphiques sur l'architecture grecque. Paris, 
1884. 4° 232 p. et 5 pl. (L'Arsenal du Pirée, les murs d'Athènes, 
l'Erechtheion, un devis de travaux publics à Livadie). 

E. Fabricuis. De arohitectura graeoa commentationes epigraphicae. 
Berolini, 1881. 80 p. et 1 pl. 

E. Kuhnbbt. De cura statuarum apud Graecos. Berolini, 1883. 8° 72 p. 
(Berliner Stud. f. class. Philol. u. Àrehteol., herausgegeben von F. 
Acherson. I.) 

Dans un précédent article j'ai, en examinant quelques publications ré- 
centes, appelé l'attention des lecteurs de la Revue sur les progrès que 
l'étude des inscriptions latines a tait faire à l'histoire de la Rome impériale. 
Je voudrais montrer maintenant que, dans un autre ordre d'idées, l'épi- 
graphie grecque a donné des résultats non moins remarquables. 

Sans faire ici de l'épigraphîe un éloge pour le moins inutile, — tous les 
philologues étant d'accord sur l'importance de cette science, — je tiens à 
rappeler cependant que les auteurs grecs, tout comme les écrivains de Rome, 
nous renseignent bien mieux sur la vie de leurs héros, sur les conquêtes 
d'Athènes et de Rome, sur les guerres civiles qui ensanglantèrent les rues 
des villes antiques et causèrent la ruine des cités les plus florissantes que 
sur les institutions religieuses et politiques, sur la vie sociale et écono- 
mique de l'antiquité. A part de rares exceptions, c'est tout au plus si des 
indications, fournies comme par hasard par les historiens, les philosophes 
ou les orateurs, voire même par les poètes, nous permettent de lever quel- 
que peu le voile qui recouvre ces côtés si intéressants des anciennes civi- 
lisations. Les inscriptions viennent heureusement combler une grande 
partie de ces lacunes. Je pourrais dire ici jusqu'à quel point les institutions 
religieuses et politiques de la Grèce nous sont mieux connues depuis que 
nous les étudions à la lumière de la science épigraphique, mais j'ai préféré 
m'en tenir pour le moment à l'examen de quelques inscriptions grecques 
relatives aux travaux publics. La lecture des publications de MM. Choisy, 
Fabricius et Kuhnert me conviait à cette étude. Je ne fais ici qu'analyser 
les travaux de ces savants, et résumer, en les coordonnant, les résultats 
qu'ils ont obtenus. 

Rome nous a transmis de graves leçons de haute politique et un droit 
dont la rigoureuse logique est des plus remarquables, mais le caractère froid 
et positif du peuple romain n'est guère fait pour provoquer notre enthousi- 
asme. Athènes par contre reste toujours vivante au milieu de nous, grâces à 
l'éclat impérissable de ses chefs-d'œuvre artistiques. Toutes les nations ont 
recueilli une part plus ou moins grande de cet héritage des arts de la 
Grèce; et c'est encore travailler à la glorification de la cité la plus artiste 
qui fût jamais que de chercher, par l'interprétation de quelques textes 
çpigraphiques souvent informes, à éclaircir certains détails de l'histoire de 
l'architecture et delà sculpture grecques. Les ruines d'Athènes, d'Olympie 




COMPTES RENDUS. 



407 



ou de Pergame sont l'objet de l'admiration universelle; niais comment 
ces monuments ont-ils été construits, quelles en sont les proportions 
exactes, quel en était le plan, qui a présidé à leur construction, quels 
sacrifices pécuniaires le peuple s'est-il imposé pour les élever, ce sont-là 
autant de questions auxquelles, sans le secours des inscriptions, il serait 
presque toujours impossible de donner une réponse exacte et précise. 

Les inscriptions grecques relatives aux travaux publics sont assez nom- 
breuses. Ce sont pour la plupart des comptes et des devis. Elles nous 
font connaître le coût des travaux, le salaire des ouvriers, les attributions 
respectives des épistates, des architectes et des entrepreneurs; et plus 
d'une fois un cahier des charges nous permet de reconstituer, avec une 
entière certitude, le plan de quelque monument célèbre dont il ne subsiste 
plus aujourd'hui une seule pierre. Ces inscriptions nous instruisent enfin 
sur tout ce qui de près ou de loin est de la compétence de nos ministères 
des travaux publics. Les unes nous fournissent des détails de construction, 
les autres nous intéressent par leurs renseignements financiers ou écono- 
miques, d'autres encore nous mettent à même de déterminer les attribu- 
tions des magistrats chargés de la direction des travaux. 



Les inscriptions que j'appellerais volontiers archéologiques ne nous 
révèlent pas seulement de nouveaux noms d'artistes ou des termes tech- 
niques qui enrichissent la lexicographie, mais elles éclaircissent encore 
plus d'un point obscur de l'histoire des monuments antiques et nous 
initient aux méthodes et aux principes des architectes grecs; elles consti- 
tuent ainsi le meilleur complément des indications qui nous sont fournies 
par Vitruve. 

Le peuple ordonnait quelquefois de graver sur une stèle le texte du 
décret de construction ainsi que le devis, comme le prouve l'inscription 
de la restauration des murs d'Athènes , . Mais de plus, les magistrats, 
préposés aux travaux publics, ne se contentaient pas, pour couvrir leur 
responsabilité, de rendre compte au peuple de la manière dont ils avaient 
disposé des deniers publics ; ils faisaient quelquefois graver ces comptes 
et ces devis sur le marbre comme témoignage durable de l'intégrité de leur 
gestion. Ces inscriptions constituaient les archives authentiques des édifices 
à la construction desquels ces magistraîs avaient présidé. Nous possédons 
des devis des entreprises les moins importantes. Une inscription de plus 
de cent lignes nous donne le cahier des charges pour la pose de treize 
dalles d'un trottoir; et l'épistate des travaux publics publiait même des 
devis pour l'érection des statues 2 . 



1 C. I. A. ii, p. 167. Cette stèle coûta 50 drachmes, comme l'indique 
l'inscription elle-même, 1. 34. 

2 Demosth. de Cor., p. 268. 



I. 




408 



COMPTES RENDUS. 



Les devis sont quelquefois si précis et si détaillés que, quoique jamais 
un dessin n'accompagne le texte de l'inscription, l'étude seule de celle- 
ci nous permet de reconstituer, avec une entière certitude, le plan de 
Pédifice. Le plus complet des textes de ce genre est le devis de Parsenal 
du Pirée. 

Pour l'examen de ce texte, de même que pour celui des autres inscrip - 
tions relatives à la technique grecque dont nous aurons à parler dans cette 
étude, notre principal guide sera M. Choisy, le savant architecte si favo- 
rablement connu par ses beaux travaux sur l'art de bâtir des Romains et 
des Byzantins. 

Les auteurs anciens nous apprennent qu'Athènes, de même que Samos *, 
Rhode, Cyzique, Syracuse et d'autres villes maritimes, possédait des cales 
couvertes pour abriter les trières de sa flotte (ve«*ofcoi, ve^iov) et une sceu- 
othèque ou arsenal (a/euo&^/.yj, 07r>o&ï?x>7, armamentarium) suffisamment 
vaste pour qu'on put y déposer tout ce qui servait à l'appareillage et à 
l'armement (armamenta % ) de quatre cents trières 3 . Après la guerre du 
Péloponnèse, les cales couvertes et l'arsenal durent être reconstruits. Ce 
travail fut achevé pendant l'administration financière de Lycurgue. Les 
cales étaient au nombre de trois cent soixante et douze : quatre-vingt deux 
dans le port de Munychie, cent quatre-vingt seize dans celui de Zéa et 
quatre-vingt quatorze dans le Kantharos du Pirée 4 . Chaque cale ne ser- 
vait à abriter qu'une seule trière. L'architecte Phi Ion commença en 346 
et acheva en 328 5 la construction d'une nouvelle sceuothèque dont les 
auteurs anciens font le plus grand éloge. De même qu'Ictinus avait publié 
un livre sur le Parthénon, de même Philon décrivit son œuvre dans une 
publication spéciale 6 qui ne fut probablement que la répétition de l'exposé 
qu'il en fit avec tant de talent devant le peuple réuni au théâtre. Celui-ci 
n'admira pas moins son éloquence que la beauté de son arsenal. La sceuo- 



1 HebOD. III, 45; — Cf. Boeckh. Urkunden iïb das seewesen, S. 67. 

1 Ces agrès, <jxcv»j, étaient divisés en £0>iva, les agrès de bois, et xpe/xaffrà 
qui comprenaient tous ceux qui n'étaient pas de bois. Les premiers étaient 
conservés avec les trières dans les cales, les autres dans l'arsenal. A Car- 
tault. La Trière athénienne. Paris, 1881, p. 170 et 179. 

3 Chiffre fourni par Strabon. Cicéron dit 300 et Pline 1000, mais il est 
probable que le CIO de Pline est une faute de copiste et qu'il faut lire CCC. 
Spon (Voy. en Grèce. II, p. 178) prend V armamentarium de Pline pour le 
port du Pirée lui-même. Talbot, dans sa traduction de la vie de Sulla de 
Plutarque, commet, dans une de ses notes, la même erreur. Vie de Sylla. 



* Boeckh. XJrk. s. 68; Milchhoefer. Karten v. Attica, i. s. 58. 
1 Foucart, dans le Bulletin de correspondance hellénique. 1882, p. 555. 
» VlTEUV. vu. pr. 



II, p. 470. 




COMPTES BENDUS. 



m 



thèque fut incendiée par Sulla, lors de la prise d'Athènes en Tannée 86 
Les auteurs anciens ne nous fournissent pas de plus amples indications 
sur cette célèbre construction. Il ne reste plus rien de l'édifice; et, si une 
inscription n'était venue nous éclairer à ce sujet, nous aurions du mal 
à nous faire une idée de ce que pouvait être la sceuothèque de la flotte 
athénienne f . Cette inscription est un devis descriptif dressé par l'épistate 
des travaux publics Euthydomos et l'architecte Philon d'Eleusis, fils 
d'Exekestidès ; c'est un programme de travaux devant servir de base 
pour le marché à conclure avec les entrepreneurs (/u*à«*à/«v*i), tout comme 
nos affiches d'adjudication et nos cahiers des charges. Cette inscription 
vient compléter heureusement les inventaires de la marine trouvés le 12 
septembre 1834, lors des travaux exécutés le long du port pour la construc- 
tion des bâtiments de la douane. Ces inventaires étaient gravés sur des 
plaques de marbre de l'Hymette et servirent à un aqueduc de la basse 
époque. D'autres fragments furent encore découverts dans la suite à l'A- 
cropole d'Athènes 3 . Ce sont, comme le dit fort bien M. Cartault dans son 
beau livre sur la Trière Athénienne, soit des inventaires des navires avec 
leurs agrès composant la flotte d'Athènes, soit le relevé des dettes des 
triérarques et des sommes payées par eux, soit des documents dans lesquels 
les Epimélètes des arsenaux font un compte exact des objets qu'ils ont 
reçus au moment de leur entrée en charge, et qu'ils transmettent à leurs 
successeurs. On comprend aisément combien ces inventaires sont précieux 
pour faciliter l'interprétation de l'inscription de l'arsenal. Celle-ci, gravée 
sur une plaque de marbre de l'Hymette, fut trouvée vers la fin du mois 
d'avril 1882 au Pirée dans YàSôi SwTst^a^ et publiée pour la première fois 
par M. Mélétopoulos dans le n° du 28 mai 1882 du journal la S^a^a,-. 
MM. Foucart *, Ludlow 5 et Fabricius 6 l'étudièrent ensuite, enfin M. 



1 Cic. de Orat. i, 62 ; Valère Maxime ne fait que répéter Cicéron. vin, 
12, 1 ; — Strab. ix. i, 15; Plin. H. N. vu, 38 ; Plut, Sulî. 14. 

9 Des fouilles pratiquées à l'endroit où l'inscription a été trouvée amè- 
neraient probablement la découverte de quelques restes de la sceuothèque. 
Des tambours et un chapiteau dorique, trouvés non loin de là, sont regardés 
par M. Milchhoefer comme provenant de la sceuothèque. Je ne saurais 
partager cette opinion, les j>il iers de la sceuothèque étaient en pierre 
d'Acté, tandis que les colonnes dont faisaient partie ces tambours et ce 
chapiteau sont en marbre pentélique. Cs. Milchhoefer. Karten v, Attika. 



1 Publiés par Boeckh dans ses Urkunden, et plus correctement dans 
V Ephemeris d' Athènes de 1857, cf. Cartault, La trière Athénienne , p. 5. 

4 Bulletin de correspondance hellénique, vi. 1882. 

5 American journal of philology t vol. m. Je n'ai pu examiner ce volume. 
• Hermès. 1882. xvn. s. 551-594; M. Dittenberger l'a reproduite aussi 

dans son excellent Sylloge inscriptionum graecarum, n° 352. 

TOMJÎ XXVII. 29 



I. 8. 48. 




410 



COMPTES RENDUS. 



Choisy vient de la commenter au point de vue de la technique architectu- 
rale grecque. Grâce à cette découverte ou parvient, sans grande difficulté, 
à reconstituer le plan de l'œuvre de Philon. Cette sceuothèque était une 
construction des plus simples. Bâtie au nord-est du port de Zea, et non 
pas, comme on Fa cru, sur le milieu de l'isthme qui sépare le Kantharos 
du port de Zea, la sceuothèque était un édifice Rectangulaire avec une 
double porte aux deux extrémités. Le linteau était en marbre pentélique, 
les jambages pouvaient, d'après le devis, être en pierre bleue de l'Hymette. 
Un des battants fut refusé parce qu'il ne s'adaptait pas à la porte Les 
pierres des murs avaient en parement une largeur de 4 p. ; les pierres des 
angles avaient en plus de cette largeur celle d'un triglyphe, soit en tout 
5 , / i p. Trente quatre fenêtres, garnies de volets de bronze, étaient prati- 
quées dans la partie supérieure de chaque mur latéral et trois dans celui 
des deux façades. La seule décoration de l'extérieur de l'édifice était une 
frise de triglyphes peints à l'encaustique. Chaque façade en avait seize. 

L'intérieur était divisé en trois nefs par deux rangées de trente-six 
piliers (yi'«ve>) en pierre d'Acté de trente pieds de hauteur. La nef centrale 
était dallée. Pour mieux conserver les agrès, le sol des deux nefs latérales 
était recouvert d'un plancher sous lequel l'air pouvait circuler. Le long 
des murs courait une double rangée de tablettes (/«so/jivai) . La tablette 
inférieure était à 4 pieds du sol; et on avait laissé un espace de 5 pieds entre 
celle-ci et la seconde. Sur ces tablettes étaient déposés les agrès des 
navires 2 . -Les voiles et les bandes de toile blanchçs 3 étaient conservées 
dans soixante-six coffres placés sous les tablettes et dans soixante-six 
autres qui se trouvaient à côté des piliers. 

L'inscription de la sceuothèque est la première qui nous fasse connaître 
d'une manière précise les principes de la construction de la charpente 
grecque. Jusqu'à sa découverte nous devions nous contenter des vagues 
indications de Vitruve et des inventaires de l'Érechtheion qui ne nous 
apprennent que les noms des pièces de la charpente sans en indiquer la 
destination. La charpente apparente de la sceuothèque était des plus sim- 
ples ; ce n'était qu'un empilage de bois sans aucun effort de tension. Des 
architraves de bois [immXlot |û>iv«) reliaient entre eux les piliers de côté, 
et des poutrelles transversales (entrais, ^£70>v>j) ceux de lace. Ces entrais 
et ces architraves formaient un grillage sur lequel reposait le plancher 
incliné de la toiture. Une sous poutre (ùnôàrjpx) reportait sur l'entrai ou 
architrave transversale le poids du faîtage (*o/5v f aIa), et les chevrons 

4*1*7 toi) s'appuyaient sur le faitage, les grandes architraves et le mur 



1 Boeckh. Urkunden, XI, c. 50. 

* entre autres les ùtzoÇûiiqltk, ceintures de cordages renforçant le 

navire. 

3 IffTtci xod x<xpocppûfx>xTot. Uvxôc. Ces derniers étaient des bandes de toile 
dont on se servait pour préserver les navires. Cabtault, p. 62. 




COMPTES BENDUS. 



411 



extérieur. Le plancher du comble était composé d'une double couche de 
planchettes, disposées en forme de croix, et les tuiles de Corinthe repo- 
saient sur ce voligeage par l'intermédiaire d'une couche d'enduit. 

L'inscription du Pirée ne nous permet pas seulement de reconstituer le 
plan de la sceuothèque, mais les dimensions nous sont fournies avec tant 
de précision que toutes les proportions de l'édifice nous sont connues. 



Voici les principales : 

Largeur 55 p. 

Longueur 400 p. 

Hauteur de la façade au-dessus du socle . . 36 p. 

Hauteur des murs latéraux 27 p. 

Piliers : hauteur 30 p. 

— épaisseur au Stylobate ..... 2 p. 3 palmes. 
Portes : hauteur (y compris le linteau et la 

corniche) 18 p., donc '/* 36. 

— largeur 9 p. 

Corniche: longueur 27 p., donc 1 /a 55 . 

Fenêtres : largeur 2 p. 

— hauteur 3 p. 

Travées de la nef centrale, largeur .... 20 p. 

— — — hauteur .... 30 p. 
Examinez ces chiffres et vous ne trouverez que des cotes entières, sim- 



ples, sans fraction aucune, et les rapports sont tout aussi simples que les 
cotes. La hauteur minima est la moitié de largeur et la hauteur maxima 
les deux tiers de cette même largeur. Pour toutes les baies (portes, fenêtres, 
travées de la nef centrale) la proportion de la largeur à la hauteur est de 
2 à 3. Ici encore nous voyons, ce que M. Aurès avait déjà constaté aupara- 
vant, que les Grecs aimaient à rendre leurs dimensions exprimables par 
des nombres carrés, par les puissances des nombres. 
Ainsi : 36 = 6* 

27 = 3 3 
9 = 3 3 

De plus, sous l'influence probablement des théories j^ythagoriciennes, 
les architectes grecs donnent presque toujours la préférence aux rapports 
de 3 à 4. Ces mêmes principes sont appliqués à la sculpture, comme le 
prouve le canon de Polyclète a . Ces principes nous étaient déjà connus en 
grande partie, grâces surtout aux patients travaux de mesurage faits par 
M. Aurès sur le grand temple de Poestum ; mais il n'en était que plus in- 



1 Le pied grec = environ 0.308; le palme = '/ 4 de pied; le doigt = l j t 
de palme. Cette estimation n'est pas rigoureusement exacte comme l'a 
dernièrement démontré M. Doerpfeld. Arch. Zeit. 1881, s. 270. Cf.HuLTSCH 
ib. 1880, s. 92, 172 sqq. 

* Cf. Guillaume. Le Doryphore, dans Rayet, Monum., i, p. 7 et sqq. 



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412 



COMPTES RENDUS. 



téressant de voir confirmés les résultats de ces belles recherches par des 
documents aussi certains, aussi authentiques que l'inscription de la 
sceuothèque de Philon. 

(A suivre). Ad. de Ceuleneer . 



ACTES OFFICIELS. 



MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR ET DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Ordre de Léopold. — Nominations. 

Par arrêtés royaux du 5 octobre 1884 sont nommés : 

Chevaliers : 

M. Hivin (H.), préfet des études et professeur de rhétorique française 
au collège communal de Nivelles ; 
M. Foecroulle (P. -H. -A.), ancien professeur à l'athénée royal de Liège. 

UNIVERSITÉS DE L'ÉTAT. — PERSONNEL ENSEIGNANT. — NOMINATIONS 
ET CHANGEMENTS D'ATTRIBUTIONS. 

Par arrêté royal du 22 octobre 1884, M. De Cock (Adolphe), chargé de 
cours à la faculté de médecine de l'université de Gaud, a été nommé 
professeur extraordinaire à la même faculté. 

Il continuera à donner le cours de policlinique chirurgicale, bandages, 
appareils et petite chirurgie et donnera, en outre, la moitié du cours de 
clinique chirurgicale et consultations gratuites, en qualité de suppléant de 
M. le professeur émérite Soupart. 

Par arrêté royal de la même date, M. Van Bambeke (Ch.), professeur 
ordinaire à la faculté de médecine de l'université de Gand, a été déchargé 
du cours d'hygiène publique et privée. 

Par arrêté ministériel du 25 octobre 1884, M. Verstraeten (C), docteur 
en médecine, en chirurgie et en accouchements, docteur spécial en sciences 
naturelles, a été chargé de donner, à la faculté de médecine de l'université 
de Gand, le cours d'hygiène publique et privée. 

Par arrêté royal du 22 octobre 1884, M. Spring (Walther), professeur 
ordinaire à la faculté des sciences de l'université de Liège, a été chargé, 
en remplacement de M. Chandelon, professeur émérite, du cours de chimie 
approfondie inorganique, qui formera, avec celui de chimie organique 
approfondie, un cours unique intitulé : chimie générale approfondie. 



ENSEIGNEMENT MOYEN. 

ATHÉNÉES ROYAUX. — PERSONNEL ENSEIGNANT. — DÉMISSIONS. 

Par arrêtés royaux du 27 septembre 1884, sont acceptées : 
1° La démission offerte par M. Môhl (G.-C.-G.) de ses fonctions de 
professeur à l'athénée royal de Bruxelles • il est admis à faire valoir ses 



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ACTES OFFICIELS. 



413 



droits à la pension et autorisé à conserver le titre de professeur honoraire 
d'allemand à l'athénée royal de Bruxelles ; 

2° La démission offerte par M. Milz (J.) de ses fonctions de professeur 
à l'athénée royal de Liège ; il est admis à faire valoir ses droits à la pen- 
sion et autorisé à conserver le titre de professeur honoraire de rhétorique 
latine à l'athénée royal de Liège ; 

3° La démission offerte par M. Fleury (J.-J.) de ses fonctions de pro- 
fesseur de physique, de chimie et d'histoire naturelle à l'athénée royal de 
Liège, et professeur de physique et de chimie à la section normale d'en- 
seignement moyen pour filles, à Liège ; M. Fleury est admis à faire valoir 
ses droits à la pension et autorisé à conserver le titre honorifique de ses 
fonctions. 



Par arrêté ministériel du 16 octobre, sont admis à suivre les cours de 
l'école normale des sciences de Gand, pendant l'année scolaire 1884-1885, 
les jeunes gens dont les noms sont indiqués ci-après, savoir : 

A. — En qualité d'élèves de la première année d'études. — C. Wasteels, 
de Gand, avec jouissance d'une bourse ; ex œquo et chacun avec jouissance 
d'une demi-bourse d'études: MM. A. Cob, de Liège; A. Mineur, de 
Havelange. 

Sans bourse d'études. — MM. Dhondt, Meurice, Willem, Pacquet et 
Lecomte. 

B. — En qualité d'élèves de la deuxième année d'études. — MM. Stuy- 
vaert, Swaerts, Van Beveren, Haeken, Adrien, Blommaert, Albrecht, 
Fagnart, Van Laer, Henkels. 

C. — En qualité d'élèves de la troisième année d'études. — MM. Vanden 
Bogaert, Ramont, Joseph Wasteels, Liénard, Soons, Straatmans. 

Par arrêté ministériel du 18 octobre, sont admis à suivre, pendant l'année 
scolaire 1884-85, les cours de la section portant organisation d'un enseigne- 
ment normal destiné spécialement à former des professeurs à même d'en- 
seigner l'histoire et la géographie et les langues modernes dans les athénées 
et collèges de la partie flamande du pays, les jeunes gens dont les noms 
suivent, savoir : 

A . — En qualité d'élève de la première année d'études avec jouissance 
d'une bourse. — M. Titeca. 

B. — En qualité d'élèves de la deuxième année d'études. — a) section 
d'histoire et de géographie : MM. Jean Mulder et Jules Teirlinck. 

b) Section des langues germaniques : Césaire Pilatte. 

— Par arrêté royal du 6 octobre, il est accordé à M. Catalan, professeur 
émérite à la faculté des sciences de l'université de Liège, une pension 
annuelle et viagère de 7,666 fr. à charge du trésor public, avec entrée en 
jouissance au l #r juillet 1884. 



UNIVERSITÉ DE GAND. — ADMISSION. — PENSION. 




414 



PÉRIODIQUES, 



PÉRIODIQUES. 



En donnant les sommaires d'un certain nombre de recueils 
périodiques, nous n'indiquerons pas toujours tous les articles 
qui y sont contenus; nous signalerons surtout ceux qui nous 
paraîtront de nature à intéresser spécialement les professeurs 
et les hommes d'étude qui lisent notre Revue, 

Revue critique d'histoire et de littérature recueil hebdomadaire publié 
sous la direction de MM. S. Guyard, L. Havet, G. Monod, G. Paris. 

Sommaire du 15 septembre: Madvig, Syntaxe de la langue grecque, 
traduit par Hamant (Henri Goelzer). — Veyries, Les figures criophores 
(J. Martha). — Jullian, Les transformations politiques de l'Italie sous les 
empereurs romains (Paul Guiraud). — Flourac, Jean I, comte de Foix 
(A. Brutails). — Lettres de la marquise de Coigny et de quelques autres 
personnes (T. de L.). — Thèses de M. Brunei : Décadence de la tragédie 
chez les Romains sous le règne d'Auguste et Les philosophes et l'Académie 
française au dix-huitième siècle. — Du 22 septembre : Catalogues des col- 
lections de manuscrits du Britisch Muséum (P. M.). — Les fables de La- 
fontaine, p. p. Legouez (A. Delboulle). — .Nécrologie : Albert Dumon. 
— Du 29 septembre : Wellhausen, Prolégomènes de l'histoire d'Israël. 
I. — Edon, Nouvelle étude sur le chant lémural, les frères Arvales et 
l'écriture cursive des Latins. — Jullian, Les « protectores » et les « do- 
mestici » des Augustes (P. G.). — Noguier, Inscriptions de la colonie 
romaine de Béziers (Albert Martin). — Diez, la poésie des troubadours, 
2 e édit., p. p. Bartsoh (A. Darmesteter). — Du 6 octobre: Blooh, Les 
origines du sénat romain ; Willems, Le sénat de la république romaine 
(Camille Jullian). — Chroniques de Matthieu Paris, vi et vu, p. p. Luard 
(Ch. Bémont). — Recueil de textes de l'ancien français, p. p. Foerster 
et Koschwitz (A. Darmesteter). — Du 13 octobre : Aristophane, les Gre- 
nouilles, p. p. Merry (Albert Martin). — Trigev, La procession des 
Rameaux aux Mans (H. de Curzon). — Godefroy, Dictionnaire de l'an- 
cienne langue française, lettre E. (A. Jacques). — Breymann, De la 
physiologie des sons (A. D.). — Du 20 octobre : Gemoll, Les Géoponiques ; 
Kûhnert, Du soin des statues chez les Grecs (Albert Martin). — Vitu, 
Le jargon du xv« siècle, étude philologique (T). — Correspondance de 
Mal] et du Pan avec la cour de Vienne, p. p. A. Michel (Jules Flammcr- 
mont). — Dillmann, Le gymnase réal (Alfred Bauer). — Cuervo, Dic- 
tionnaire de la langue castillane (Alfred Morel-Fabio) . — Du 27 octobre : 




PÉRIODIQUES. 



415 



Lœschcke, L'épisode de l'Ennéakrounos dans Pausanias (Paul Girard). — 
Kervyn de Lettenhove, Les huguenots et les gueux, III (T. de L.) — 
Mémoires de la duchesse de Tourzel (A. Chuquet). — Du 3 novembre : 
J. Girard, Études sur la poésie grecque (C). — Constans, Chrestomathie 
de l'ancien français (A. Darmesteter). — Lettres de Mercy. — Argenteau 
à Starhemberg, p. p. Thiirheim (A. Chuquet). — Variétés : A. Gazier, 
Les comédiens et le clergé au xvne siècle, réponse à M. Livet. — Adolphe 
Régnier. — Du 10 novembre : Oh. Tissot, Géographie comparée de la 
province romaine d'Afrique (Salomon Reinach). — L. Favre, Dictionnaire 
historique de l'ancien langage françois par Lacurne de Sainte-Palaye. — 
Karl Hillebrand (A. Darmesteter). — Du 17 novembre : Sayce, Principes 
de philologie comparée, traduit par Jovy (V. Henry). — Œuvres de A. de 
Longpérier, p. p. G. Schlumberger (A. de Barthélémy). — Le registre 
de Benoit XI, p. p. Grandjean (E. Berger). 

Société royale belge de Géographie. Bulletin publié par les soins de 
M. J. Du Fief, secrétaire général de la société ; 8 e année. 1884. N° 4. 
Juillet-Août. 

Sommaire : J. Liagre. Les marées. Étude de cosmographie terrestre. — 
A. Lancaster. Quatre mois au Texas. — J. Peltzer. Le Nouveau-Mexique 
(suite et fin). — Géographie commerciale. — E. Suttor. Chronique 
géographique. — Régions polaires. — Europe. — Asie. — Afrique. — 
Amérique. 

Blàtter fiir das Bayerische Gymnasialschulwesen, redigiert von 
Dr. A.Deuerling. Mùnchen, Lindauersche Buchhandlung. 1884. 

Inhatt des IX. Heftes. 

Proschberger J., Horat. carm. I, 25. II, 14. IV, 9. — Stich H., Zu 
Horaz. — Wirth Ch., Einige Bemerkungen zu Schleussingers Abhandlung 
ùber Câsars Rheinbrûcke. — Scholl F., Zu Tusc. V, 27, 28. — Qui nach 
quisquis und quicunque. — Schmaderer J., Die lateinischen Genusregeln 
in Reimen. — Deuerling A., Eine neue Zeitschrift f. d. hôhere Schulwesen. 
— Bùrchner L., Dr. Schliemann ùber seine Ausgrabungen in Tiryns. — 
Thucydides, erklàrt v. J. Classen, angez v. Sôrgel. — Englmann L., 
Syntax des attischen Dialekts, angez. v. G. Krafft. — M. Tullii Ciceronis 
Tusculan. d. 1. quinque, erkl. v. G. Tischer. — M. Tullii Ciceronis Cato M. 
et Laelius, ed. Th. Schiche, angezeigt von G. Landgraf, — Prammer lgn., 
Schulwôrterbuch zu Câsars Commentarii de bello Gallico. — Nachtrag z. 
Anzeige v. Prammer. — C. Juli Caesaris belli Gallici libri, rec. Bern. 
Dinter, angez. v. K. Metzger. — Cornelii Taciti histor. liber primus, ed. 
Carolus Meiser, angez. v. G. Helmreich. 

Jahresbericht iiber die Fortsohritte der classisohen Alterthums- 
wissensohaft, herausgegeben von Iwan Mûller. XI Jahrgang, 9 und 
10 Heft. Berlin, Calvary 1884. 

Erste Abtheilung. — Bericht ùber Aristoteles und Theophrastos fur das 




416 



PÉRIODIQUES. 



Jahrl883. Von Prof. Dr. Suscmihl in Greifswald (Schluss). — Jahresbe- 
richt ùber Homer. — I. Jahresbericht ùber bomerische Syntax und 
Sprachgebrauch fur 1881-1884. Von Professor Gotttried Vogrinz in 
Brùnn. — II. Jahresbericht ùber Ilomer. Ilôhere Kritik. Von Dr. C. Rothe 
in Berlin (Schluss folgt im nàchtsten Heft). 

Zweite Abthetlung. — Jahresbericht ùber Cicero. — I. Jahresbericht, 
ùber die Litteratur zu Cicero's Redcn aus den Jahren 1881, 1882, 1883. 
Von Dr. Gustav Landgraf in Schweinfurt. — II. Jahresbericht ùber die 
Litteratur zu Cicero's pbilosophischen Schriften aus den Jabren 1881-1883* 
Von Dr. P. Schwenke in Kiel (Schluss folgt im nàcbsten Heft). 

Elftes Heft. Erste Abtheilung. Jahresbericht ùber Homer. — II. Hôhere 
Kritik. Von Dr. C. Rothe in Berlin (Schluss). — III. Jahresbericht ùber 
die Homerischen Realien fùr die Jahre 1879-1883. Von Dr. A. Gemoll in 
Striegau. — Jahresbericht ùber die spàteren griechischen Geschichts- 
schreiber. 1873-1881. Von K. Scheukl. Prof, an der Universitàt Wien. 
(Schluss folgt im nàcbsten Heft). 

Zweite Abtheilung. Jahresbericht ùber Cicero. — II. Jahresbericht ùber 
die Litteratur zu Cicero's philosophischen Schriften aus den Jahren 1881- 
1883. Von Dr. P. Schwenke in Kiel (Schluss . — Bericht ùber die Lit- 
teratur zu den rômischen Historikern (ausser Tacitus) 1878-1882. Von 
Professor Dr. A. Eussner in Wùrzburg. (Schluss folgt im nàchsten Helft.) 

XII Jahrgang.Erstes Heft. Dritte Abtheilung. Die in betreff der exakten 
Wi8senschaften im AHertum wàhrend der Zeit vom Oktober 1879 bis 
Schluss 1882 erschienenen "Werke, Schriften und Abhandlungen. Vom 
Gymnasial-Oberlehrer Maximilian Curtze in Thorn. — Jahresbericht ùber 
die Medicin bei den Griechen und Romern, Von Professor Dr. Th. Pusch- 
mann in Wien. — Jahresbericht ùber lateinische Lcxikographie. Von 
Professor Dr. Karl E. Georges in Gotha. (Schluss folgt im nàchsten Heft.) 

Philologischer Anzeiger, herausgegeben von Ernst von Leutsch, 
Gôttingen. 

Inhalt des siebenten heftes (juîi) 1884. 

Th. Birt, das antike buchwesen in seinem verhàllnitz zur literatur. — 
Quaestiones de trilogia Aeschylea s(;ripsit J. Wetzel. Berlin 1883. — 
P. N. Pappageorgos, beitràge zur erklàrung und kritik des Sophokles. — 
A. Willems, notes et corrections sur l'Hippolyte d'Euripide. Brùssel 1883. 
— De fonti di Strabone nella descriptione délia Campania di G. Beloch. 
Rom. 1882. — Quibus auctoribus Strabo in 1. III conscribendo usus sit 
quaeritur. P. I. pcr. R. Zimmermann. — J. E. Kirchner, de litis instru- 
mentis quae exstant in Demosth. quae fertur in Lac rit um et priore ad ver- 
sus Stephanum orationibus. — T. M. Plauti comoediae. Recensuit. ... 
F. Ritschelius. T. II f. 5 Poenulus. — A. Luchs, comment ationes proso- 
diacae Plautinae I. - P. Ovidii Nasonis Ibis. Ex coll. ... edidit R. Ellis. 
Oxoniae 1881. — A Biese, die entwicklung des naturgefùhls bei den 
Romern. Kiel 1884. — L. Traube, varia libamenta critica. Munchen 1883. 




PÉRIODIQUES. 



417 



Inhalt des achten und neunten heftes [aitgust, september) 1884. 

Beitràge zu Hesiodos von Dr. A. Rzach. Separatabdruck aus den Wiener 
studien. — G. Gilbert, Meletemata Sophoclea. Diss. inauguralis. — Emil 
Mùller, beitràge zur erklàrung und kritik des kônig Oedipus des Sophokles. 
I. II. — Les scolies du manuscript d'Aristophane à Ravenne. Etude et 
collation par M. A. Martin. — Untersuchungen ùber die quellen, verfasser 
und die abfassungszeit der Geoponica von Dr. W. Gemoll. (Berliner 
studien bd. I). — T. Macci Plauti comoediae. Rec. et enarravit J. L. Ussing. 
T. IV, 2. — A. Gellii Noctium Atticarum 11. XX. Ex recensione et cum 
apparatu critico Martini Hertz. V. I. — Cicero's rede fur S. Roscius aus 
Ameria. Mit den testinionia veterum und ... herausgegeben von G. Land- 
graf. Erste hâlfte. — Cicero's rede fur S. Roscius aus Ameria. Fur den 
schulgebrauch erklàrt von Dr. G. Landgraf. — H. Rubener, de Oratoris 
Tulliani codice Laurentiano disseruit collatumque protulit. — L. Lange, 
de sacrosanctae potestatis tribuniciae natura eiusque origine commentatio. 
— A. Eisenlohr, die anwendung der photographie fur monumente und 
papyrusrollen. 

Philologus. Zeitsohrift fiir das klassisohe Alterthum, herausgegeben 
von Ernst von Leutsch. — 1884. — Gôttingen. 

Inhalt des dritten heftes. — ï. Abhandlungen. — Dio Chrysostomos als 
historiker. Von H. Haupt. — Zu Statius Achill. T, 394. Von H. Deiter. — 
Strabons quellen fur das siebenzehnte buch. Von A. Vogel. — Cicer. Tusc. 
I, 36, 88. Von H. Deiter. — Zur attischen gesetzgebung ùber die inteBta- 
terbfolge. VonK. Seeliger. — Die vier zeitalter des Florus. Von G. F. 
Unger. — Zur lateinischen epigraphik und grammatik. Von \V. Weiss- 
brodt. — Zu Vergils Aeneis. Von A. Eussner. — II. Jahresberichte. — 
Griechieche und rômische mathematik. (Schluss). Von J. L. Heiberg. — 
Bell. Gall. VIII, 20, 1. Von H. Schiller. 

Neue Jahrbtioher ftir Philologie und Paedagogik, herausgegeben von 
D r Alfred Fleckeisen und Dr. Hermann Masius. Leipzig, Teubner 1884. 

Sieb entes Heft. 

Erste Abteilung (129r Band). — Der papyrus Massiliensis des ïsokrates. 
von F. Blasa in Kiel. — Zu Horatius oden [I 1]. von L. Reinhardtin Oels 
(Schlesien). — ima. nze.p6t.vra. von F. Week in Metz. — Timaios als quelle 
Diodors fur die reden des dreizehnten und vierzehnten bûches, von 
E. Bachof in Bremen. — «t$w« bei Homer. vonW. Heymann in Bremen. — 
Die errichtung der phyle Ptolemais. von J. Beloch in Rom. — Zu den 
geoponika des Cassianus Bassus. von G. Bilfinger in Stuttgart. — Zu 
Sophokles Antigone. von F. Kern in Berlin. — Ein verkanntes fragment 
des Archilochos. von F. Blàss in Kiel. — Zweite Abteilung (130r Band). — 
Litteraturbriefe ùber die neueste Litteratur des Horaz und verwandtes. 
von W. Gebhardi in Gnesen. (fortsetzung und schlusz,) 




418 



PÉRIODIQUES. 



Zeitschrift ftlr die ôsterreichischen Gymnasien : Verantwortliche 
Redacteure : W. Ilartel, K. Schenkl, 1884. 

Inhale des sechsten heftes : Erste Abtheilung. Abhandlungen. Lexika- 
lisches. I. Wôrter und Wortbedeutungen. — Aus des Optatus Milevitanus 
sechs Bûchera De schismate Donatistarum. Von H. Ronsch in Lobenstein. 

— 2. Der Schild des Abas. Von Th. Maurer in Mainz. 

Zweite Abtheilung. Literarische Anzeigen. Chronicon Parium recensuit 
et praefatus est Joannes Flach. Accedunt appendix chronicorum reliquias 
continens et marmoris spécimen partim ex Seldeni apographo partim ex 
Maassii ectypo descriptum. Tubingae (Fr. Fues) 1884 (XVII und 44 SS.) 
gr. 8". Angez. von A. G. Engelbrecht in Wien. — Cruindmeli sive Ful- 
charii ars metrica. Zum erstenmale herausgegeben von Dr. Joh. Huemer. 
Wien 1883, Hôlder. VIII, 52 SS. 8°. Angez. von J. M. Stewasser in Frei- 
stadt (Ob.-Oest.). — De génère neutro intereunte in lingua latina. Scripsit 
Ernestus Appel , Weilburgensis. Erlangae. In aedibus A. Deicherti 
MDCCCLXXXIII. 121 SS. 8». Angez. von J. Golling in Olmiitz. — Ver- 
gleichende Syntax der indogermanischen Comparation, insbesondere der 
Comparai ionscasus der indogermanischen Sprachen und sein Ersatz vou 
Dr. Armann Ziemer. Berlin 1884. XII, 282 SS. 8°. Angez. von Gustav 
Meyer in Graz. 

Inhalt des siebenten heftes : Erste Abtheilung. Abhandlungen. Ueber 
Horaz Episteln II 1. Von J. N. Fischer S. J. in Feldkirch. — Zu Tacitus. 
Von Ig. Prammer in Wien. 

Zweite Abtheilung. Literarische Anzeigen. Sophoclis tragoediae. Scho- 
larum in usum edidit Frider. Schubert. Pragae-Lipsiae, Tempsky-Freytag. 

— I. Antigone. II. Oedipus rex. Angez. von J. Rappold in Villach. — Ueber 
einige neuere Liviniana I. Angez. von A. Zingerle in Innsbruck. 

Zeitschrift fur das Gymnasial-Wesen, herausgegeben von H. Kern 
und H. J. Mùller— Berlin, 1884. 

September. — I. Abteilung. Abhandlungen. Der parataktische Uebergang 
us Relativsàtzen in Demonstrativ- oder Hauptsàtze. Von Gymnasialdi- 
rektor Dr. Grosser in Wittstock. — Warum machen die Schùler Fehler? 
Von Dr. H. Draheim in Berlin. 

II. Abteilung. Litterarische Berichte. Cornélius Nepos, herausgegeben 
von G. Gemss, angez. von Dr. W. Hinze in Berlin. — R. Heger, Leitfaden 
fur den geometrischen Unterricht, angez. Professor Dr. W. Erler in 
Zùllichau. — W. Fahrman, Analytische Géométrie, angez. von Oberlehrer 
M. Schlegel in Berlin. — B. Féaux, Rechenbuch und geometrische 
Anschauungslehre. angez. vou Professor Dr. A. Kallius in Berlin. 

October. — I. Abteilung. Abhandlungen. Uber Versetzungen. Von Ober- 
lehrer Dr. 0. Weissenfels in Berlin. Zu livius. Von H. J. Mùller. 

II. Abteilung. Litterarische Berichte. F. Basedow, Schulsyntax der 
mustergiiltigen lateinischen Prosa, angez. von Dr. M. Hùbner-Trams in 
Charlottenburg. — Aug. Fick. die homerische Odyssée in der urspriing- 




PÉRIODIQUES. 



419 



lichen Sprachform wiederhergestellt, angez. von Oberlehrer Dr. A. Fritsch 
in Hamburg. 

Philologische Rundschau, herausgegeben von Dr. C. Wagener und 
Dr. E. Ludwig in Bremen 1884. 

13 September. — J. Jlberg, Studia Pseudippocratia (Fr. Poschenrieder). 

— A. Otto, Versumstellungen bei Properz ; ders. Versumstellungen in den 
vier ersten Elegien des vierten Bûches des Properz; K. Kirchner, De 
Propertii libro quinto (E. Eidenreich). — Jos. Sarrazin, Uebersetzung von 
Suetons Werken (K. Schirmer). — J. Hôpken. De theatro Attico (N. Week- 
lein). — B. Hasenstab, Studien zur Variensammlung des Cassidorius Senator 
(Fr. Vogel). — F. M. Madvig, Syntax der griech. Sprache (Ph. Weber). — 
R. Rôdiger, Griech. Sigma und Jota in Wechselbeziehung (G. A. Saalfeld). 

20 September. — E. Buchholz, Anthologie aus den Lyrikern der 
Griechen (J. Sitzler). — Westermann-Rosenberg, Ausgewâhlte Reden des 
Demosthenes (W. Fox). — L. Hervieux, Les fabulistes latins (C. W.). — 
G. Klinger, De decimi Livii libri fontibus (Fr. Luterbacher). — B. Leh- 
mann, Das Volk der Sueben von Caesar bis Tacitus (Hahn). — E. Schwe- 
der, Beitrage zur Kritik der Chorographie des Augustus (R. Hansen). — 
E. Schmolling, Ueber den Gebrauch einiger Pronomina auf attischen 
Inschriften (G. A. Scalfeld). 

27 September. — G. Schilling, Ueber die Tmesis bei Sophocles (H.Anton). 

— R. D. Archer-Hind, The Phaedo of Plato (Bs.). — Wcsterman-Rosen- 
berg, Ausgewâhlte Reden des Demosthenes (W. Fox). — B. Delbriick, Ein- 
leitungin das Sprachstudium (G. A. Saalfeld). — M. Vigié, Études sur les 
impôts indirects romains Vigesima Libertatis (S. Herrlich). — G. A. Saal- 
feld), Der Hellenismu8 in Latium (0. Weise). — K. Vollmoller, Romanische 
Forschungen. — E. Kammer, Homerische Vers- und Formenlehre 
(E. Bachof). 

4 Oktober. — L. Ditlmeyer, Quae ratio inter vetustam Aristotelis rheto- 
ricorum et graeeos codices intercédât (A. Bullinger). — A. Baar, Lucians 
Dialog « Der Pseudosophist ; » ders. Luceanea (E. Ziegeler). — D. Rohde, 
Adiectivurn quo ordine apud Caesarem et in Ciceronis orationibus coniunc- 
tum sit cura substantivo (F. Bêcher). — W. Pfitzner, Cornelii Taciti ab 
excesBU Divi Augusti libri. Partie. II. (E. Wolft"). — Studniczka, Vermu- 
tungen zur griechischen Kunstgeschichte (ç). — K. Kunze, Griechische 
Formenlehre (E. Bachof. — 0. Schlemm, Ueber gymnasiale Erziehung 
(K. Schirmer). 

11 Oktober. — 0. Bachmann. Lexici Aristophanei spécimen (0. Kaehler). 

— F. Krebs, Prâpositionsadverbien in der spâteren historischen Grâcitat 
(Ph. Weber). — Ivo Bruns, Lucrez-Studien (A. Kannengiesser). — A. Zin- 
gerle, Ovidii Métamorphoses (Bodenstein). — R. Bolzenthal, De graeci 
sermonisproprietatibus, quae in Ciceronisepistulisinveniuntur(Fr. Bêcher). 

— P. Hellwig, Uebersetzung von Ciceros Bûchern vom hôchsten Gut uud 
Uebel (Hollstein). — W. Pfitzner, Cornelii Taciti Annales (E. Wolfl). — 



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420 



PÉRIODIQUES. 



Ph. Weber, Entwickelungsgeschichte der Absichtssàtze (G. Brauning). 

— G. A. Saalfeld, Haus und Ilof in Rom im Spiegel griech. Kultur. 
(O. Weise). — M. Steyfferts Uebungsbuch zum Uebersetzen aus dem Deut- 
ins Griechi8che, herausgegeben von A. v. Bamberg (E. Bachof). 

18 Oktober. — W. Chriet, Homer oder Homeriden? (Ed. Kammer). — 
G. Kern, Sophocles Antigone (Metzger). — M. Kulla, Quaestiones Statianae 
(F. Gustafsson). — W. E. Heitland, Citeronis oratio pro C. Rabirio 
(H. Sehiïtz). — H. Koziol, Lateinische Schulgrammatik (V. Thumser). 

25 Oktober. — H. Freericks, De Aeschyli Supplicum choro (Ch. Muff). 

— Anton, De origine libelli mpi fv/5i xai yùnoi (G. F. Rettig). 

— E. Eyth, Plutarch's Kônigs- und Feldherrnsprûche (C. Stegmann). 

— C. J. Gry8ar-M. Gitlbauer, Horatii carmina selecta (R. Kakula). — 
K. Sittl, Geschichte der griech. Litteratur bis auf Alexander (A. Gemoll). 

— G. Treu, Sollen wir unsere Statuen bemalen? (H. Neuling). — F. Schul- 
te88, Vorlagen zu lat. Stilùbungen (K. Heldmann). 

1 November. — R. Dahms, Philologische Studien zur Wortbedeutung 
bei Homer (F. Week). — E. Mûller, Beitragezur Erklàrung und Kritik des 
Konigs Oedipu8 des Sophokles (G. H. Mùller). — H. J. Nassau Noordewier, 
Demosthenica (Sôrgel). — Fr. Kaulen, Flavius Josephus' Jûdische Alter- 
tûmer (C. Ziwsa). — Apollonius von Tyana ûbersetzt von Ed. Baltzer 
(G. Fr. Rettig). — Fr. Susemihl, De carminis Lucretiani prooemio 
(A. Kannengisser). — G. C. Wittstein, Die Naturgeschichte des C. Pliniua 
Secundus. — J. Jacoby, Geist der griechischen Geschichte (Rob. Schmidt). 

— M. Erdmann, ZurKunde der hellenischen Stadtegrûndungen (Hahn). — 
Fr. Frôhlich, Die Gardetruppen der rômischen Republik (R. Menge). 

— Wilhelm von Humboldt, Sprachphilosophische Werke (O. Weise). 

8 November. — F. Decker, Ueber die Stellung der hellenischen Frauen 
bei Homer (A. Gemoll). — Fr. Rassfeld, De versibus suspectis et interpo- 
Iatis fab. Sophocl. quae iuscribitur Ocd. Colon. (H. Mûller). — A. Keil, 
Ueber den platonischen Dialog Parmenides (Nusser). — M. Evers, Xeno- 
phon quomodo Agesilai mores descripserit (Rob. Schmidt). — M. Baege, 
De Ptolemaeo Ascalonita (R.). — Das Gemàlde des Kebes, ûbersetzt von 
F. S. Krauss (K. K. Miiller). — G. F. Unger, Der Periplus des Avienus 
(R. Hansen). — Sauer, Das Daimonion des Sokrates und seine Dentungen 
(B. Pansch). — O. A. Hoffman, De imperatoris Titi temporibus rectedefi- 
niendis (Weidemann). — W. Lûbke, Geschichte der Architektur (H. Neu- 
ling). — R. Adamy, Einfùhruug in die antike Kunstgeschichte (H. Neuling). 

Berliner Philologische Wochenschrift, herausgegeben von Chr. Belger, 
O. Seyffert und K. Thiemann. 1884. Calvary. 

6 September. — Originalarbeiten : E. Fabrioius, Zur Geschichte der 
griechischen Architektur I. — Rezensionen und Anzeigen : R. Hansen, 
Xenophons Anabasis (J. Sitzler). — A. Matthias, Kommentar zu Xeno- 
phons Anabasis (W. Vollbrecht). — F. Ritsohl, T. Macci Plauti cômoe- 
diae II 4,5. (O. Seyffert) [Schulss], — H. TJsener, Organisation der 




PÉRIODIQUES. 



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wissenschaftlichen Arbeit (F. Lortzing). — M. Sartorius, Die Entwick- 
lung der Astronomie bei den Griechen bis Anaxagoras und Empedokles, 
in besonderem Anschluss au Theophrast (H. \V. Schaefer). — O. Keller, 
Der Saturnische Vers, als rhythmisch erwiesen (R. Westphal). — F. Ra- 
morinns, Ad Otto Kelleri opusculum de versu Satumio (R. Westphal). — 
Ch. S. Halsey, An Etymology of Latin and Greek (J. H. Schmidt). — 
E. Schulze, Adiumenta Latinitatis (Mùller). — Ausziige aus Zeit- 
schriften, etc. 

13 September. — Originalarbeiten : E. Fabricius, Zur Geschichte 
der griechischen Architektur II. — Rezensionen und Anzeigen : 
J. U. Faesi, Homers Odyssée (A. Gemoll). — K. F. Ameis, Homers 
Odyssée, Schulausgabe (A. Gemoll). — O. Brosin, P. Vergili Maronis 
Aeneis (K. Schaper) I. — F. Techmer, Internationale Zeitschrift fur 
allgemeine Sprachwissenschaft (Ziemer). — K. Krumbacher, Beitràge 
zu einer Geschichte der griechischen Sprache (G. Meyer). — G. Schmitz, 
Monumenta tachygraphica Codicis Parisiensis Latini 2718 (Gitlbauer). — 
G. Maspero, Guide du Visiteur au Musée de Boulaq (B.). — Ausziige ans 
Zeitsohriften, etc. 

20 September. — Originalarbeiten : H. Rônsoh, Miszellen. ùber 
antlare und anclare und zu Hadriani reliquiae. — Rezensionen und 
Anzeigen : E. Kammer, Homerische Vers- und Formlehre (R. Pepp- 
mùller). — G. Nicolas, Antigone tragédie de Sophocle (H. Mûller). — 
André-Charles Brotier, Théâtre d'Aristophane (Fr. Witten). — Ro. D. 
Aroher-Hind, Plato, The Phaedo (Lewis Campbell). — O. Brosin, 
P. Vergili Maronis Aeneis (C. Schaper) II. — A. v. Kampen, Descriptions 
nobilissimorum apud classicos locorum (R. Schneider). — M. Seyfferts, 
Uebungsbuch zum Uebersetzen aus dem Deutschen in das Griechische 
(W. Vollbrecht). — E. Châtelain, Lexique latin-français à l'usage des 
candidats au baccalauréat ès lettres ; F. Jacob, Lexique étymologique 
latin-français (P. Dettweiler). — K. A. Schmid, Geschichte der Erziehung 
von Anfang an bis auf unsere Zeit (Schepss). — Auszùge aus Zeit- 
sohriften, etc. 

27 September. — Originalarbeiten : W. Paul, Kritische Bemerkungen 
zu Càsars Commentarii de bello Gallico I. —Rezensionen und Anzeigen : 
E. Piooolomini, Sulla morte favolosa di Eschilo, Sofocle, Euripide, Cra- 
tino, Eupoli (K. Jûlg). — E. Maass, Analecta Eratosthenica (Knaack). — - 
G. Hirsohfelder, Q. Horatius Flaccus (G. Faltin). — K. Nipperdey- 
Andresen, Cornélius Tacitus (G. Helmreich). — W. Pfitzner, Cornelii 
Taciti annales (Helmreich). — W. Deecke u. C. Pauli, Etruskische For- 
schungen und Studien (G. Meyer). — Th. Bergk, Beitràge zur rômische 
Chronologie (L. Holzapfel). — G. Maspero, Recueil de travaux relatifs à 
la philologie et à l'archéologie égyptiennes (B.). — G. C. Mezger, Ausge- 
wàhlte Schulreden (Ap.). — Auszûge aus Zeitsohriften, etc. 

4 Oktober. — Originalarbeiten : W. Paul, Kritische Remerkungen 
zu Càsars Commentarii de bello Gallico. II. — Rezensionen und Anzei- 




422 



PÉRIODIQUES. 



gen : — Soholia in Pindari epinicia ad librorum mss. fidem ed. E. Abel. 
I. — Th. Mommsen, Rea gestae divi Augusti (W. Nitsche). — B. Haas- 
souiller, La vie municipale en Attique (Buermann). — A. Probst, 
Beitrasre zur lateinischen Grammatik (II. Schweizer-Sidler). — K. Bur- 
sian, Geschiehte der klassischen Philologie in Deutsehland von den 
Anfàngen bis zur Gegenwart (E. Heitz). — L. v. Stein, Die innere Ver- 
waltung (Hartfelder). — Auszûge aus Zeitsohriften, etc. 

11 Oktober. — Originalarbeiten : W. Paul, Kritische Bemerkungen 
zu Càsars Commentarii de belîo Galîico. III. — Rezensionen und An- 
zeigen : Soholia in Pindari epinicia ad librorum mss. fidem ed. E. Abel. 
II (M. Schmidt). — T. E. Page, Q. Horatii Flacci Carminum 1. II u. III 
(G. Faltin). — R. Men e, Caesaris commentarii de bello Gallico (R. Schnei- 
der). — F. Fita, Epigrafia Romana (H. Haug). — F. Robiou, Les insti- 
tutions de la Grèce antique (Buermann). — R. Brown, jun., Eridanus, 
River and constellation (G. Knaack). — K. Hempel, Lateinischer Senten- 
zen- u. Sprichwôrterschatz ; G. H. Opsimathes, rNQMAI sive thésaurus 
sententiarum et apophthegmatum ex scriptoribus Graecis praecipue poetis 
(II. Genthe). — C. Paucker, Vorarbeiten zur lateinischen Spracbge- 
schichte (Schnorr v. Carolsfeld). — R. F., Die Irrwege der Gymnasial- 
lehrmethode (A/s.). — Auszûge aus Zeitsohriften, etc. 

18 Oktober. — Originalarbeiten : G-. J. Schneider, Die Akropolis 
von Rhamnus. — Rezensionen und Anzeigen : N. Wecklein, Die Tra- 
gédien des Sophokles, Die Trachinierinnen (H. Mûller). — H. Merguet, 
Lexikon zu den Schriften Càsars und seiner Fortsetzer, 1. Lief.; H. Meu- 
sel, Lexikon Caesarianum, Fasc. 1 (R. Schneider). — F. Eyssenhardt, 
Hadrian und Florus (Soltau). — C. Lampe, Die athenische Kriegstriere 
(Herbst). — J. Jung, Leben und Sitten der Romer in der Kaiserzeit ; 
C. A. Dauban, Histoire Romaine (S.). — B. Delbrûck, Einleitung in das 
Sprachstudium (Ch. Bartholomae) . — H. Koziol, Lateinische Schulgram- 
matik und Lateinisches Uebungsbuch (P. Hellwig). — P. W. Forchham- 
mer, Zur Reform des hôheren Unterrichtswesens (A/s.). — Auszûge aus 
Zeitsohriften, etc. 

25 Oktober. — Rezensionen und Anzeigen : R. Westphal, Aristoxe- 
nus von Tarent. I (E. v. Stockhausen). — E. C. Ferrini, Institutionum 
Graeca paraphrasis Theophilo Antecessori tributa (J. B. Télfy). — 
C. Mûller, De nonnullis doctrinae gnosticae vestigiis (Th. Ziegler). — 
J. Brix, Ausgewâhlte Komôdien des T. Maccius Plautus. I (0. Seyffert). 
M. E. Dupuy, Taciti Historiarum libri V (A. Eussner). — M. Dunoker, 
Geschichte des Altertums. I (A. Holm). — H. Reuchlin, Regeln ûber 
Behandlung der Dass-Sàtze im Lateinischen (Hellwig). — Auszûge aus 
Zeitsohriften, etc. 

1 November. — Rezensionen und Anzeigen : R. Westphal, Aris- 
toxenus von Tarent. II (E. v. Stockhausen). — F. Schubert, Sophoclis 
Philoctetes (Wecklein). — H. Bender, Anthologie aus rômischen Dich- 
tcrn (I£. P. Schulze). — I. Prammer, Schulwôrterbuch zu Càsars Com- 




PÉRIODIQUES. 



423 



mentarii de bello Gallico (Schneider). — F. Ramorino, Frammenti Filo- 
logici (Haverfield) . — M. Duncker, Geschichte des Altertums. II (A. Holm). 

— M. Sales y Ferré, Compendio de Historia Universal (F. Justi). — 
Th. Ortvay, Hydrographie Ungarns (A.). — Auazûge ans Zeitschrif- 
ten, etc. 

Wochensohrift ftir Klassische Philologie, unter mitwirkung von Georg 
Andresen und Hermann Heller, herausgegeben von Wilhelm Hirsch- 
felder. Leipzig, Freitag, Prag, Tempsky. 

17 September. — Rezensionen und Anzeigen : Bergk, Kleine philologische 
Schriften. I. Bd. (Niemeyer). — Weniger, Der Gottesdienst in Olympia 
Susemihl, 1. De carminis Lucretiani prooemio (Harder). 2. De vitis 
(Stengel).— Tisiae. Lysiae, etc. (Heller).— Nicolai, Materialien zum mùnd- 
lichen und schriftlichen Ubersetzen aus dem Deutschen ins Griechische. 

— Seyfferts Uebungsbuch zum Uebersetzon aus den Deutschen in das 
Griechische von A. V. Bamberg. — Auszûge aus Zeitschriften, etc. 

24 September. — Rezensionen und Anzeigen : Mayer, De Euripidis 
mythopoeia capita duo (Gloël). — Uhle, Quaestiones de orationum Demos- 
theni falso addictarum script oribus (Windel). — Archiv fiir lat. Lexiko- 
graphie und Grammatik von Wôlfflin (Landgraf ). — Herrmann, Griechische 
Schulgrammatik, 2. Aufl. (Sitzler). — Christinger, Mens *sana in corpore 
sano. — Meyer, Die Pflege des ldealen auf unseren hôheren Schulen. — 
Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

1 Oktober. — Rezensionen und Anzeigen : Bergk, Griechische Littera- 
turgeschichte. 3. Bd. (Wecklein). — Fuchs, Geschichte des Kaisers 
L. Septimius Severus. — von Keitz, Uber Tierliebhaberei im Altertume 
(Zacher). — Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

8 Oktober. — Rezensionen und Anzeigen : Frôhlich, Die Bedeutung des 
zweiten punischen Krieges fur die Entwickelung des rôm. Heerwesens 
(Faltin). — Fuchs, Gesch. d. Kaisers L. Septimius Severus [Schluss] 
(Violet). — Sophoclis Electra edidit Schubert (Gleditsch). — Euclidis 
Elementa edidit Heiberg (Schmidt). — Martials Buch der Schauspiele von 
Friedlànder (Gilbert) . — Sebulze, Rômische Elegiker (Fisch). — Nitzsch, 
Luther und Aristoteles. — Jùrgen Bona Meyer, Luther als Schulbefreier. 

— Wie studiert man klassische Philologie und Geschichte? — Auszùge aus 
Zeitschriften, etc. 

15 Oktober. — Rezensionen und Anzeigen : Iloffory, Professor Sievers 
und die Principien der Sprachphysiologie (Mahlow). — Rôdiger, Griech. 
Sigma u. Jota in Wechselbeziehung I (Zacher). — Die Tragôdien des 
Sophokles von Wecklein (Gleditsch) . — Schleussinger, Studie zu Càsars 
Rheinbrùcke (Schneider). — M. Tulli Ciceronis Laelius edited Reid. — 
C. Juli Caesaris Belli Gallici libri VII ed. Dinter. — Der Hellenismus in 
Latium von Saalfeld. — Der Cicérone von Burckhardt und Bode. — 
Auszùge aus Zeitschriften, etc. 

22 Oktober. — Rezensionen und Anzeigen : Evers, Das Emporkommen 




PÉRIODIQUKS. 



424 



(1er persischen Macht un ter Cyrus (Keiper). — Rôdiger, Griech. Sigma u. 
Jota i. Wechrelbeziehung II (Zacher). — Euripides Iphigenie bei den 
Tauriern von Bauer u. Wecklein (Gloël 1 . — Singer, Humanistische Bildung. 
Die beiden Elektren (Wecklein). — Hartfelder, Deutbche Uebersetzungen 
klass. Schriftsteller. — Kirchhoff, Itede zur Feier des 3 August 1884. — 
Auszùge au8 Zeitschriften, etc. 

29 Oktober. — Rezensionen und Anzeigen : Mûller, Sprachgeschicht- 
liche Studien (Meyer). — von Pflugk-IIartung, Perikles als Feldherr 
(Schneider). — Herodots Perserkriege von Hintner (Kallenberg). — Studi 
di filologia greca, publicati da Piccolomini . — Auszûge aus Zei tsehrif ten , etc . 

5 November. — Rezensionen und Anzeigen : Essen, Ein Beitrag zur 
ljôsung der aristotelischen Frage (Susemihl). — Bradley, Die Staatslehre 
des Aristoteles (Susemihl). — Kàgi , Griechische Schulgrammatik 
(Schweizer-Sidler). — Historische u. philologische Aufsâtze, Ernst Curtius 
gewidmet. — Auszûge aus Zeitschriften, etc.